[Le] TGV : l'événement des années 80 dans les transports.

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Michard (D), Poincelet (M). http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0006994

Publié le : jeudi 5 décembre 2013
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VOYAGEURS
LE TGV :
L'ÉVÉNEMENT DES ANNÉES 80
DANS LES TRANSPORTS
Daniel MICHARD et Martine POINCELET
Les années 1980 ont connu une croissance continue des transports de
voyageurs. Au cours de la décennie 1970 le développement des auto-
routes et de l'aérien semblait marquer le déclin irréversible du chemin
de fer. Le lancement du TGV a complètement renversé la perspective, et
reposé le problème de la concurrence entre moyens de transport. Dix
ans de comparaison des statistiques, entre le Sud-Est et le reste de la
France, livrent sur cette question des indications très intéressantes.
Le succès - Le TGV a relancé la fréquentation de la 1ère classe
Pour l'ensemble de la France hors Sud-Est, la baisse de fréquentation de lacommercial
du TGV 1 ère classe a été régulière jusqu'eM 987, année à partir de laquelle on as-
siste à une légère remontée.
En comparaison, sur le Sud-Est, le rôle d'entraînement joué par le TGV est
spectaculaire : l'augmentation du trafic atteint +105 % en 10 ans, et ce ré-
seau représente maintenant à lui seul plus que tout le reste de la France.
Seuls continuent à être
300
*- > exploités traditionnel-»- > •» • - horsSE 1èridass a—.•« •SNCF 1ère classe — ' lement quelques tron-
M4HHO200
" SE 1ère et asse çons et les trains de
rGvn rodasmillions voyageurs.km nuit ou internationaux,mu
100 soit moins de 10 % du
trafic. Sur le TGV, lar
. . . . . . saisonnalité du trafic et
1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 sa concentration sur
les axes économiques principaux montrent bien qu'il s'agit pour beaucoup
d'une clientèle d'affaires, la plus soucieuse des meilleures conditions de vi-
tesse et de confort.
L'effet de trafic additionnel pour le rail, déjà commenté en juin 1987 dans les
Notes de synthèse, n'a donc pas été un phénomène transitoire mais du-
rable, permettant de récupérer ou de gagner sur une clientèle pourtant for-
tement sollicitée par la concurrence des autres moyens.
- Le TGV a aussi profité à la 2ème classe
En dehors du Sud-Est, le trafic de la 2ème classe n'a pratiquement plus bou-
gé par rapport au ni-1500
veau atteint en 1981.
SNCF2ème classe
hors SE2àm,jdass 9 * Ce plafonnement en vo-
1000
lume, s'il correspond à
Ht*****
Vnec(3SSBmillions voyageurs.km un recul en part de mar-

/- ^500 ché, constitue une per-TGV2
formance en comparai-
. . .
i • i son de nombreux au-
1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990
très pays.
Par contre sur le Sud-Est, couvert à 80 % par le TGV, l'augmentation du tra-
fic touristique a également été importante : supérieure à 75 %, elle prolonge
et l'accentuant la tendance déjà positive du début des années 80.© O.E.S.T.
Février 1990
SVOYAGEURS
- Le TGV a contribué à redresser l'exploitation de la SNCF
La structure du trafic de la SNCF, par zones et par Classes, s 'est donc
trouvée profondément modifiée en dix ans , comme le montrent les deux
diagrammes ci-dessous. La part du Sud-Est, de 32 % de l'ensemble des
grandes lignes en
en 1988 ™en 1979 SE hors TGV 1979 (7% pour la
.1èreStructure du trafic •"""" Ibme -—____^ 1ère, 25 % pour la
de la SNCF 2ème), est passée à
46 % (11 % et 35 %)
% du total en 1988, avec des
conséquence bénéfi-
f^rss/%
N ques rapides.fdre /
----~J»m</ Cette évolution du tra-
fic sur un créneau de clientèle particulièrement flatteur a contribué à reva-
loriser complètement l'image technique et commerciale du chemin de fer,
suscitant depuis de nombreux projets en France et à l'étranger, en Europe
et hors d'Europe.
Le TGV a également permis de redresser la situation financière de l'ex-
ploitation de la SNCF, en lui offrant les conditions d'une politique tarifaire
pratiquement autonome sur un réseau à la fois rationnalisé et fréquenté
au maximum.
Cette évolution du trafic de la SNCF n'a pas été sans conséquence sur leLes effets de
profil de progression des autres modes et le volume global des transports,concurrence
avec là encore une différenciation très importante entre les deux partieset de
de la France, à mettre en parallèle avec le rôle joué par le TGV.trafic
Dans le Sud-Est on constate que la progression des divers modes est par-du TGV
tout forte et relativement homogène, s'étageant entre +77 % (autoroutes)
et +105 % (SNCF 1ère classe).
Dans le reste de la France l'évolution a été globalement plus faible et
moins homogène : le doublement du trafic autoroutier et rexplosion" de
l'aérien (+300 %) s'opposent à la stagnation d'ensemble du trafic SNCF.
Dans la comparaison
400
SNCF 1ère classe et r de la SNCF 1ère
non SEaé•tonvoie aérienne
300 classe et de l'aérien
SE là,eclasi a présentée ci-contre la
200 mtm W" "' différence entre lesy 1indice 100 en 1979 i Eaorkm*** yg deux zones, depuis
100
1979 et surtout depuisiorsSt • 1èreclasse
1986 semble bien te-
1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990
nir à l'apparition du
TGV. Celui-ci s'avère capable de concurrencer l'aérien là où il existe ;
ailleurs son absence provoquerait maintenant l'effet inverse, la désaffec-
tion de la clientèle pour le train, quand il ne présente pas les mêmes quali-
tés de vitesse, de confort et de fréquence que l'avion.
Ces effets directs de concurrence intermodale ne sont pas les seuls à
prendre en compte. Le volume global des transports s'est, en effet, beau-
coup plus développé dans le Sud-Est que dans l'ensemble des autres ré-
gions. Aux retombées du trafic induit par l'extension d'une desserte fer-
roviaire moderne s'ajoutent celles des effets indirects de croissance
exercés sur l'ensemble de l'espace économique régional •
© O.E.S.T.
Février 1990

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