Les Différences de performance économique entre les exploitations agricoles françaises

De
Présentation des problèmes méthodologiques liés à la définition et à l'évaluation de la performance économique et des résultats d'une étude sur l'ensemble des exploitations françaises du RICA (Réseau d'information comptable agricole national). Puis étude des différences de performance économique et mesure des effets différenciés de la réforme de la PAC pour les exploitations céréalières (exploitations céréales grandes cultures) et pour les exploitations bovines (exploitations bovins lait et exploitations bovins élevage et viande).
Publié le : mercredi 1 février 1995
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LES DIFFÉRENCES DE PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
ENTRE LES EXPLOITATIONS AGRICOLES
RÉSUMÉ
FRAN AISES
En r—partissant les exploitations agricoles françaises en cinq classes de performance —conomique, cette —tude propose une analyse de leurs caract—ristiques et de leurs trajectoires. Elle s©appuie pour cela sur une approche multicrit–res de la performance —conomique appliqu—e  un —chantillon constant du R—seau d©Information Comptable Agricole national (1990 - 1992). Apr–s une premi–re analyse toutes orientations de production confondues, d©autres analyses ont —t— men—es sur les orientations de production (c—r—ales et viande bovine), particuli–rement sensibles aux modifications de la r—forme de la PAC.
La typologie de la performance —conomique mise en oeuvre s©appuie sur quatre indicateurs de r—sultat (valeur ajout—e brute / produit brut ; annuit—s / exc—dent brut d©exploitation ; r—sultat net d©exploitation / unit—s de travail agricole familial ; autofinancement net / actif total). Elle r—partit les exploitations en cinq classes de performance —conomique en fonction de leur nombre de position favorable par rapport  la valeur m—diane des ratios de leur population d©appartenance.
Les exploitations les plus performantes ont une meilleure productivit— des facteurs de production (consommations interm—diaires, travail et foncier), un niveau d©intensification plus —lev— et un —quilibre financier plus solide. L©âge de l©exploitant et sa formation agricole initiale apparaissent, en revanche, comme des crit–res non discriminants de la performance —conomique. Les exploitations agricoles poursuivent de surcroît des trajectoires diff—rentes, caract—ris—es essentiellement par une croissance rapide pour les plus performantes et par une d—capitalisation des actifs et une d—t—rioration des —quilibres financiers pour les autres.
Les r—sultats des simulations de la r—forme de la PAC  horizon 1996, confirment les effets diff—renci—s selon les rendements techniques mais ils montrent aussi le maintien de la hi—rarchie ant—rieure des revenus entre exploitations. Ces r—sultats soulignent surtout que la capacit— d©adaptation des exploitations au nouveau contexte —conomique est d©autant plus importante que le niveau de performance —conomique est —lev—.
MOTS CLÉS : PERFORMANCE ÉCONOMIQUE - EXPLOITATIONS AGRICOLES -RÉFORME DE LA PAC - DIAGNOSTIC - TRAJECTOIRE - RICA FRANCE
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INTRODUCTION
I- UNE APPROCHE MULTI-CRITÈRES ET PLURIANNUELLE DE LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
1-1- M—thode d©analyse des diff—rences de performance
De l©analyse de groupe aux mesures de l©efficacit— —conomique
Quatre indicateurs de r—sultats
Cinq classes de performance —conomique
Int—rêts et limites de la typologie
1-2- L©application de la typologie  l©—chantillon RICA
Un —chantillon constant sur trois exercices
Des —carts importants de r—sultats entre les exploitations
Des rythmes de croissance plus rapides pour les exploitations performantes
Une grande dispersion des performances par classe de dimension
Les effets diff—renci—s de la r—forme de la PAC
et OTEX
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II- LES EXPLOITATIONS CÉREALIÈRES
2-1- Les exploitations "c—r—ales" Des diff—rences significatives selon les r—gions De meilleurs rendements c—r—aliers dans les exploitations performantes Les exploitations peu performantes ont une faible productivit— du travail La r—forme de la PAC est p—nalisante pour les exploitations  haut rendement
2-2-
Les exploitations "c—r—ales et grandes cultures"
De nombreuses exploitations performantes en Champagne Ardennes Une liaison positive entre le rendement c—r—alier et la performance —conomique Les —carts de performance —conomique s©accroissent sur la p—riode Des —carts importants pour les exploitations de plus de 100 hectares Un impact n—gatif de la r—forme plus limit— que pour l©OTEX nÊ11
III- LES EXPLOITATIONS BOVINES
3-1- Les exploitations "bovins lait"
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Les exploitations performantes plus nombreuses en Bretagne et Rhônes Alpes36 Extensification et faible productivit— pour les exploitations les moins performantes
Six exploitations laiti–res sur dix en situation —conomique favorable 38
Des —carts de performance imponants parmi les plus de 200 000 litres de lait Un effet tr–s favorable de la r—forme avec les aides sur le maïs fourrage40
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3-2-
Les
exploitations
"bovins
—levage et
viande"
De bonnes performances —conomiques dans les r—gions du massif central
La performance —conomique augmente avec le niveau d©intensification
D—capitalisation et faible efficacit— productive pour les moins performantes
Les —levages de plus de 30 vaches allaitantes et de 40 ha
Les moins performants sont plus soutenus par la r—forme de la PAC
Les transferts publics repr—sentent plus des deux tiers de l©EBE
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
GLOSSAIRE DES SIGLES
DOCUMENTS ANNEXES
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INTRODUCTION
Les recherches conduites depuis plusieurs ann—es sur les agriculteurs en difficult— financi–re nous ont amen—  souligner l©ampleur des diff—rences de r—sultats —conomiques entre les entreprises agricoles. Ces diff—rences, cumul—es sur plusieurs ann—es, se traduisent par des situations financi–res contrast—es, avec une forte rentabilit— pour certaines et un —tat proche de la d—faillance pour d©autres.
En —conomie de march—, la performance —conomique d©une entreprise agricole mesure sa capacit—  affronter la concurrence vis  vis des autres unit—s produisant les mêmes biens. Elle est toujours relative aux r—sultats obtenus par les autres entreprises, voisines g—ographiquement ou plus —loign—es mais pr—sentes sur le même march— europ—en. Cette capacit— concurrentielle, qui —volue dans le temps, en fonction des innovations mises en oeuvre et des investissements r—alis—s, traduit  la fois l©efficacit— technique de l©entreprise et son positionnement tant  l©achat qu© la vente par rapport aux prix des facteurs et des produits.
En agriculture, ces —carts de performance entre les exploitations sont le plus souvent —tudi—s en terme de revenu agricole. Pour ne pas limiter notre approche  celle des —carts de revenu, nous avons choisi une approche multicrit–res afin de prendre —galement en consid—ration la situation de chaque exploitation sur le plan de son efficacit— productive, de sa capacit—  faire face  ses dettes et de ses disponibilit—s en autofinancement. Nous proposons pour cela une typologie  cinq classes reposant sur la combinaison de la position relative de chaque exploitation par rapport  la m—diane de quatre ratios d©analyse de r—sultats.
Une premi–re partie pr—sente les probl–mes m—thodologiques li—s  la d—finition et  l©—valuation de la performance —conomique ainsi que les r—sultats d©une —tude sur l©ensemble des exploitations agricoles françaises du RICA. Pour affiner l©analyse et mesurer les effets diff—renci—s de la r—forme de la PAC, nous avons dans une deuxi–me —tape appliqu— cette typologie aux exploitations des syst–mes de grandes cultures (OTEX 11 "c—r—ales" et 12 "c—r—ales et grandes cultures) puis aux exploitations des syst–mes d©—levage bovins (OTEX 41 "Bovins lait" et 42 "Bovins, —levage et viande"). Enfin, pour mettre en —vidence l©ampleur des diff—rences de performance dans tous les secteurs de production de l©agriculture française, un tableau synth–tique est pr—sent— dans le document annexe pour chacune des d? sept orientations de la classification OTEX.
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I- UNE APPROCHE MULTI-CRITÈRES ET PLURIANNUELLE DE LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
Cette premi–re partie pr—sente tout d©abord les principaux choix m—thodologiques effectu—s pour —tudier les diff—rences de performance —conomique entre les exploitations agricoles. Ils concernent la s—lection des indicateurs de la performance selon un gradient d©efficacit— —conomique et la m—thode de construction d©une typologie. Ils portent ensuite sur les modalit—s d©application de cette typologie  une base de donn—es, en l©occurrence ici celle du R—seau d©Information Comptable Agricole.
1-1- M—thode d©analyse des diff—rences de performance
Apr–s avoir —tudi— les risques financiers dans l©agriculture française et identifi— les exploitations en difficult— [Blogowki etal,1994], il nous est apparu n—cessaire de mieux expliquer l©origine de ces situations de d—s—quilibre persistant pour une part croissante des exploitations agricoles. Au del des facteurs conjoncturels li—s aux accidents climatiques ou aux variations brutales des prix sur certains march—s, qui peuvent accentuer ou ralentir leur apparition, les difficult—s financi–res de certaines exploitations agricoles sont, sur le long terme, la manifestation d©une moindre efficacit— —conomique de ces derni–res,
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En effet, sur le march—, la concurrence met en —vidence les avantages comparatifs des entreprises entre elles. C©est elle qui d—termine leur —volution relative, le d—veloppement de certaines et  l©oppos— la fragilit— financi–re et la cessation d©autres, moins performantes. Pour observer ce ph—nom–ne, il a toujours —t— important pour les —conomistes et les gestionnaires d©—valuer les diff—rences de performances entre les entreprises et de tenter de les expliquer.
De l©analyse de groupe aux mesures de l©efficacit— —conomique
Les —tudes conduites par les centres de gestion s©appuient, depuis de nombreuses ann—es, sur la traditionnelle analyse de groupe. Elles reposent tr–s souvent sur la comparaison entre des groupes de "tête" et des groupes de "queue"  partir de la r—partition des exploitations selon les quartiles d©un indicateur de marge brute ou de revenu. R—alis—es le plus souvent  l©—chelle d©une petite r—gion agricole ou d©un d—partement, ces analyses ont pour objectif l©—laboration de r—f—rences pour le conseil aux agriculteurs [Guide de la D—cision, 1995]. Elles permettent, pour une orientation de production donn—e, d©identifier les —carts de coût (exemple : coût des aliments concentr—s par litre de lait produit) ou de performance technique (exemple : rendement laitier par vache ou par hectare de SFP) et de mettre en —vidence les marges de progr–s pour les exploitations les moins performantes.
Dans la perspective d©analyser les avantages comparatifs, l©—tude des coûts de production moyens par des m—thodes —conom—triques [Butault J. P., Cyncynatus M., 1991] apporte un —clairage sur la comp—titivit— relative des agricultures de r—gions diff—rentes  l©—chelle nationale ou europ—enne. Il est ainsi possible d©—valuer une comp—titivit— "volume" et une comp—titivit— "prix", mais ces estimations impliquent des calculs complexes et des choix m—thodologiques forts pour l©estimation des coefficients techniques. Elles font l©hypoth–se d©un coût de production moyen qui refl–te l©agr—gation de populations souvent tr–s disparates. L©approche des —conomies d©—chelle [Hassan, Rousselle, 1991] au sein de diff—rents pays ne l–ve pas pour autant la question de l©h—t—rog—n—it— des agricultures, car dans chaque classe de dimension —conomique subsiste une forte disparit— des coûts.
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La mesure de l©efficacit— relative entre les entreprises agricoles a fait de nouveaux progr–s avec le recours aux m—thodes non param—triques et notamment avec la m—thode dite DEA (Data Envelopp Analysis) r—cemment d—velopp—e en France [Piot, Vermersch, 1993 et Boussemart 1994]. En cherchant  mesurer une efficacit— volume et une efficacit— prix, la m—thode permet d©identifier des agriculteurs efficaces et d©autres non efficaces, car ext—rieurs  la courbe enveloppe repr—sentant l©optimum de la combinaison des facteurs de production. Elle permet —galement de mesurer l©inefficacit— qu©ils serait possible de r—duire sans avoir besoin au pr—alable de sp—cifier une fonction de production.
Cette approche comporte actuellement deux limites. Les hypoth–ses de base sur l©homog—n—it— des syst–mes techniques —tudi—s et sur l©—quivalence des potentialit—s agronomiques entre les exploitations (sol et climat) rendent, de notre point de vue, peu pertinentes les mesures de l©inefficacit— technique. De plus, les applications actuelles de la m—thode n©ont pas encore permis de prendre en consid—ration le coût r—el du capital emprunt— et surtout la r—mun—ration du travail familial qui constitue une part d—terminante des coûts de production des produits agricoles.
Quatre indicateurs de r—sultats
Nous appuyant sur l©exp—rience des constructions des groupes de risque [Blogowski, Colson, 1994], nous avons —labor— une m—thode simple de r—partition des exploitations d©un groupe donn— en classes de performance  partir de leur position par rapport  la m—diane de quatre indicateurs de r—sultats —conomiques.
*Le revenu UTAF)(RNE / p—rennit— des entreprisesest un des indicateurs cl—s de la agricoles. Tout agriculteur cherche  le maximiser ou plus simplement  l©optimiser en fonction de ses propres besoins et des perspectives qu©il donne  son entreprise. Aussi, le revenu agricole (revenu net d©exploitation ou revenu disponible) a toujours —t— au coeur des analyses —conomiques sur les exploitations agricoles. [Barkaoui etal,1991]. La Politique Agricole Commune s©—tant assign—e dans ses objectifs initiaux de parvenir  une parit— de revenu entre les agriculteurs et les autres cat—gories socio-professionnelles, de nombreux textes r—glementaires font explicitement r—f—rence  la comparaison du revenu de l©exploitation avec un revenu de r—f—rence.
L©observation des groupes d©exploitations agricoles montre, pour cet indicateur de revenu, une dispersion importante des r—sultats autour d©une valeur m—diane. La construction de ratios rapportant la valeur de cet indicateur  l©unit— de mesure du travail familial souligne que la variabilit— des r—sultats reste —lev—e dans toutes les classes de dimension —conomique et toutes les orientations de production.
La dispersion des revenus est bien la manifestation de diff—rences de performance que les analyses des centres de gestion mettent en —vidence en comparant les groupes  revenu faible aux groupes  revenu —lev—. Elles sont cependant peu pr—cises pour analyser les —carts de r—sultatsentrelesexploitationsayantpourorigineslesdiff—rencesd©efficacit—productive,de poids des charges de la dette ou de capacit— d©autofinancement.
*L©efficacit— productivdepeut être mesu r—e par le ratio valeur ajout—e©une entreprise brute sur produit brut (VAB / PB). Il permet de rendre compte de l©efficacit— interne du syst–me de production.
La valeur ajout—e correspond  la diff—rence entre la valorisation de la production et le coût des consommations interm—diaires n—cessaires  cette production. Elle mesure la richesse d—gag—e par l©exploitation au regard des facteurs de production achet—s. L©indicateur de valeur ajout—e brute a —t— pr—f—r—  celui de l©exc—dent brut d©exploitation pour prendre en compte la part de richesse cr——e par le travail salari—. Pour le d—nominateur, le produit brut a —t— retenu de pr—f—rence au chiffre d©affaires pour int—grer les subventions courantes d©exploitation (handicaps g—ographiques, accidents climatiques, primes aux vaches allaitantes, etc...) et de façon  mesurer la valeur de la production de l©exploitation. À l©avenir, pour les exercices
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comptables apr–s r—forme de la PAC, il sera n—cessaire de v—rifier l©opportunit— de conserver cet indicateur ou de lui substituer le chiffre d©affaires ou le produit diminu— des subventions d©exploitation. L©utilisation de ce ratio permet de bien distinguer les agriculteurs qui d—gagent une valeur ajout—e brute en ayant un volume de production tr–s important de ceux qui obtiennent la même valeur ajout—e brute mais avec un volume de production plus r—duit. Dans une hypoth–se de baisse des prix, les agriculteurs du premier cas seraient, en effet, plus fragilis—s et donc moins comp—titifs que ceux du second.
* face La capacit— d©une entreprise  faire la charge de la dettpeeut être mesur—e par le ratio service de la dette sur exc—dent brut d©exploitation (SD / EBE). Plus que le seul montant des frais financiers, qui indique le coût de la r—mun—ration du capital emprunt—, celui du service de la dette (frais financiers  court et long terme + remboursement du capital des emprunts de plus d©un an) prend en compte l©ensemble des charges de la dette que les entreprises doivent financer  partir de l©exc—dent brut. Si le seuil de 0,8 de ce ratio a —t— retenu par l©administration comme plafond maximum pour l©attribution des aides  la modernisation (DJA et PAM), il n©empêche qu© des niveaux inf—rieurs, une charge de la dette —lev—e constitue un handicap pour les exploitations.
*La capacit— d©une entreprise agricole  autofinancer de nouveaux investissements total rapport—  l©actif du net le ratio de l©autofinancement parpeut s©—valuer bilan (AFN / TB). Ind—pendant des conventions comptables relatives au calcul des amortissements,  la r—mun—ration forfaitaire du travail familial ou des capitaux personnels, l©autofinancement net prend en compte la r—mun—ration r—elle du travail de l©exploitant et de sa famille, mesur—e par le montant des pr—l–vements priv—s (PP), comprenant les charges sociales de l©exploitant (CS) et les pr—l–vements familiaux (PF). L©autofinancement net peut s©—crire de la façon suivante : AFN = EBE - SD - PF - CS.
Le choix de l©actif total (y compris les immobilisations fonci–res) comme d—nominateur, de pr—f—rence au montant du produit brut ou des nouveaux investissements, permet de mieux appr—cier l©ensemble des capitaux engag—s par l©agriculteur et de donner plus de stabilit—  ce ratio tr–s sensible aux variations interannuelles des pr—l–vements familiaux.
Cinq classes de performance —conomique
Pour chacun des quatre indicateurs choisis, la position d©une entreprise par rapport  leur valeur m—diane permet d©appr—cier sa performance relative  l©—gard de l©ensemble du groupe. Une observation sur plusieurs ann—es,  partir de la moyenne des ratios sur quelques exercices comptables successifs, affine encore la pr—cision du diagnostic [Annexe 1-7]. Elle att—nue les effets conjoncturels (climatiques, techniques, —conomiques) pour mieux mettre en —vidence les diff—rences de r—sultats li—s  la structure (taille, combinaison productive),  la localisation (potentiel agronomique, r—seau de commercialisation) de l©entreprise ou  la qualification du travail et la gestion (technique et —conomique) du chef d©exploitation.
L©observation montre que la position d©une exploitation par rapport  la m—diane n©est pas identique pour les quatre indicateurs retenus. Ces ratios ne sont pas ind—pendants mais une part seulement (55 %  70 %) des exploitations en position favorable pour l©un des ratios l©est —galement pour un autre. Une approche empirique, attribuant un poids —quivalent  chacun de ces quatre indicateurs, offre ainsi la possibilit— de r—partir les exploitations entre cinq classes de performance —conomique.
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Chaque exploitation (j) obtient une note (Nj) correspondant  la somme des notes (nij) caract—risant l©exploitation (j) par rapport  la m—diane (M) de chacun des quatre ratios (ri). La note est —gale  z—ro quand la position de l©entreprise est d—favorable (nij = 0 si rij <= Mri) et —gale  un quand elle est favorable (nij = 1 si rij > Mri) [1]. En r—alisant le cumul des notes (Nj =Snij), il est alors possible de distinguer cinq classes pour caract—riser des niveaux diff—rents de la performance —conomique.
- "Tr–s faible" (ou classe 1) : sontles quatre ratios de l©exploitation inf—rieurs  la m—diane du groupe d©appartenance [Nj = 0].
- "Faible" (ou classe 2)trois des quatre ratios de l©exploitation sont inf—rieurs  la m—diane du groupe d©appartenance [Nj = 1].
- "Moyenne" (ou classe 3) sontdeux des quatre ratios de l©exploitation inf—rieurs  la m—diane du groupe d©appartenance [Nj = 2].
- "Élev—e" (ou classe 4) est inf—rieur  laun des quatre ratios de l©exploitation m—diane du groupe d©appartenance [Nj = 3].
- "Tr–s —lev—e" (ou classe 5l) sup—rieurs  la sontes quatre ratios de l©exploitation m—diane du groupe d©appartenance [Nj = 4].
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Si les quatre indicateurs utilis—s —taient ind—pendants [Annexe 1-3], les classes de cette typologie comporteraient un nombre tr–s in—gal d©exploitations (rapport de 1  6 entre les classes 1 et 3). Du fait d©une relation imponante entre les quatre indicateurs utilis—s, les —carts observ—s entre les classes sur l©ensemble des exploitations de l©—chantillon RICA national constant 1990-1992 ne vont que de 1  1,5 [Graphique 1-1].
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Le test de Kendall sur l©analyse des coefficients de corr—lation de rangs entre les deux notes de chaque ratio et les cinq classes de la typologie, confirme bien la relation entre les diff—rents indicateurs choisis [Tableau n1-1 et Annexe 1-4]. Il met aussi en —vidence la forte corr—lation (coefficient Kendall©s tau-b sup—rieur  0,6) des ratios d©efficacit— productive (VAB/PB) de rentabilit— (RNE/UTAF) et de charge de la dette (SD/EBE) et la moindre contribution du ratio d©autofinancement (AFN/TB).
En —tant moins corr—l— que les autres ratios aux cinq classes de performance, le ratio d©autofinancement souligne la variabilit— des pr—l–vements familiaux. Certaines entreprises agricoles, de grande dimension, avec de bons r—sultats se trouvent fragilis—es par des niveaux —lev—s de d—penses priv—es (ph—nom–ne observ— plus souvent en exploitations c—r—ali–res). D©autres, aux performances techniques moyennes, connaissent une grande stabilit— dans leur d—veloppement, compte tenu de choix familiaux beaucoup plus strictes (situation fr—quente pour les exploitations sp—cialis—es en production bovine).
Int—rêts et limites de la typologie
Construite  "dire d©expert" pour être d©utilisation simple et facilement accessible, cette typologie tente de concilier la pertinence des ratios avec leur caract–re usuel. L©indicateur de revenu (RNE/UTAF) s©est impos— par la fr—quence de son emploi dans les analyses de groupe r—alis—es par les organisations professionnelles agricoles. Celui de l©efficacit— productive (VAB/PB) a —t— retenu car d—j mis en oeuvre dans le cadre d©une autre —tude en cours sur la comparaison des performances —conomiques entre les diff—rents pays europ—ens. L©indicateur d©autofinancement (AFN/TB) s©est r—v—l— indispensable pour appr—cier l©ajustement entre les r—sultats, les pr—l–vements familiaux et la trajectoire des exploitations qui en r—sulte (croissance ou d—capitalisation). Le ratio de charge de la dette (SD/EBE) a —t— ajout— apr–s discussion afin de mieux identifier, parmi les exploitations  faible performance —conomique, celles qui —taient aussi fragilis—es  court terme par une situation financi–re d—grad—e et les distinguer de celles qui le sont essentiellement pour des raisons structurelles (zone  handicaps, petites structures).
La r—partition des exploitations en position favorable par rapport  la m—diane des ratios par classe de performance —conomique montre bien dans ce sens, la contribution de chacun d©entre-eux  la classe. Ainsi, par exemple, dans la classe de performance dite "—lev—e", 40 % des exploitations ont un ratio d©autofinancement d—favorable alors que cette part est de seulement 20 % pour les trois autres ratios.
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En combinant plusieurs indicateurs, cette typologie permet de d—passer les limites des approches privil—giant un seul aspect de l©analyse. Le tableau crois— ci dessous entre les cinq classes de performance et les quartiles de revenu montre en effet que les revenus les plus —lev—s ne correspondent pas tous  des groupes de performance favorable.
Les exploitations du quartile sup—rieur de revenu se r—partissent pour la moiti— d©entres elles entre les classes 2 et 4. Dans le même temps, 40 % des exploitations de la classe 5 sont r—pertori—s dans le troisi–me quartile de revenu.
Le nombre de cinq classes, cons—quence du choix des quatre ratios, peut se r—v—ler parfois lourd d©utilisation. Il offre cependant la possibilit— de mieux mettre en —vidence les facteurs qui opposent les classes extrêmes (classes 1 et 5) et d©assembler le cas —ch—ant les exploitations performantes (classes 4 et 5) ou celles qui ne le sont pas (classes 1 et 2).
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