Quelques résultats d'une enquête sur le logement.

De

Euvrard (F), Rempp (Jm). Paris. http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0058722

Publié le : lundi 1 janvier 1962
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
MINISTÈRE DES FINANCES ET DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES
INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE ET DES ÉTUDES ÉCONOMIQUES
ETUDES
ET
CONJONCT
Dix-septième année
N° 10
Octobre
1962
PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE
e108, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI )
J. P. 210070.
CDAT
16734QUELQUES RÉSULTATS
D'UNE ENQUÊTE SUR LE LOGEMENT
Une enquête sur le logement a été effectuée en mars 1961; limitée à la population non agricole,
elle fait suite à d'autres études sur ce sujet et en particulier à une enquête de 19S5.
Certains de ses résultats sont analysés ici. L'enquête révèle une augmentation notable de la
proportion des propriétaires depuis 1935. Elle met en évidence le manque de confort de beaucoup
de logements. Une proportion non négligeable de logements neufs apparaissent surpeuplés; les varia-
tions du surpeuplement des logements en fonction du statut d'occupation sont mises en relief. Enfin,
l'étude apporte certains éléments d'information sur la variation des loyers payés en fonction du degré
de confort et de la dimension du logement, de l'importance de la commune de résidence et du mode
de détermination du loyer.
Introduction logement a été effectuée en mars et avril 1961 par
l'I.N.S.E.E. et le C.R.E.D.O.C. à la demande du
L'insuffisance du nombre des logements ne cons-
ministère de la Construction. Elle fait suite à une
titue pas le seul élément d'un problème qui touche
enquête analogue effectuée en 1955 (2). Les premiers
particulièrement notre pays. Certes, pendant de résultats de l'enquête de 1961 sont analysés simul-
nombreuses années, la construction de logements tanément dans trois articles. Le Bulletin statistique
n'a pas été assez développée en France et ce n'est
du ministère de la Construction traite spécialement
pas avant 1959, qu'a pu être atteint le nombre
du confort et de la dimension du parc des logements
annuel de 300.000 à 350.000 logements terminés. actuels; dans Consommation, n° 3, 1962, sont
La crise présente un autre aspect important :
étudiés en particulier les dépenses de logement
de nombreux logements vétustés, exigus, difficiles
des ménages et les souhaits exprimés par les candi-
d'accès, inconfortables... sont inadaptés à la vie dats à un nouveau logement; le présent article
de leurs occupants. analyse sommairement la méthode d'enquête,
De plus, la nature particulière de ce service, souligne quelques-uns des résultats étudiés par
la diversité des mesures législatives le concernant, ailleurs et présente une courte étude sur les loyers
ont contribué à rendre le marché du logement payés en fonction de la dimension, du degré de
relativement rigide. Aussi toute politique en cette confort et de la localisation des logements.
matière se heurte-t-elle au problème de la disparité
des prix sur ce marché. La faiblesse des loyers
I. Présentation de l'enquêtea amené certains propriétaires à négliger toute amé-
lioration ou même l'entretien des logements existants. 1° LE CHAMP DE L'ENQUÊTE
Mais dans quelle mesure les ménages vont-ils actuel-
Le champ de l'enquête est limité, comme enlement accepter de consacrer à leur logement une
1955, à l'ensemble des résidences principales occu-part plus importante de leur revenu, en contre-
pées par des ménages non agricoles (dont le chefpartie d'un confort meilleur?
n'est ni agriculteur exploitant, ni salarié agricole).
Afin d'apporter quelques éléments d'information
Les problèmes du logement des agriculteurs sont
sur certains de ces problèmes, une enquête sur le
en effet différents de ceux des autres ménages.
(1) Le présent article a été rédigé par M. Jean-Michel Rempp, (2) Voir en particulier :
meadministrateur et M Françoise Euvrard, chargée de mission; 1. a Une enquête par sondage sur le logement », Études
les résultats analysés ici ont été étudiés en collaboration avec statistiques, n° 2, 1957.
eM. Guillot et M" Salembien du C.R.E.D.O.C. et M. Janke- 2. « La demande de logements en France », Annales
lovitch, administrateur de l'I.N.S.E.E., détaché au ministère de Recherches et de Documentation sur la Consom-
de la Construction. mation, avril-juin 1957.
3J. P. 210070.840 QUELQUES RÉSULTATS D'UNE ENQUÊTE SUR LE LOGEMENT
2° DÉFINITION les ménages soumis à l'enquête au moyen d'un
questionnaire qui comprend quatre parties :a. Le ménage
a. Un tableau de composition de ménage com-
Le ménage est composé de l'ensemble des per- portant pour chacun des membres du ménage,
sonnes résidant normalement dans le logement, quelques caractères essentiels : lien avec le chef
ainsi que de certaines personnes apparentées mais de ménage, âge, sexe, activité professionnelle.
absentes de longue durée au moment de l'enquête Une question concernant le lieu de résidence en 1954
(en particulier : militaires du contingent, élèves donne des indications sur la mobilité des personnes
internes, vieillards vivant en hospice, malades en situées dans le champ de l'enquête; la limitation
sanatorium...). La définition du ménage est donc de celui-ci constitue, de ce point de vue, un handi-
la même que celle de l'enquête sur l'emploi d'oc- cap non négligeable;
tobre 1960 (3) ; elle diffère de celle du Recensement b. La deuxième partie du questionnaire traite
de 1954 ou de l'enquête sur le logement de 1955, de la dimension, du confort, de l'ancienneté et
qui ne comprend pas les absents de longue durée.
du statut d'occupation des logements; ces ques-
tions sont étudiées également dans d'autres enquêtes
b. Groupe principal et groupe secondaire (par exemple enquête sur l'emploi d'octobre 1960),
mais il est indispensable de connaître ces éléments;Afin de pouvoir étudier certaines formes de
en effet, ils contribuent à déterminer l'importancela demande de logement, le ménage est parfois
des charges financières ou l'opinion que se faitdécomposé en plusieurs groupes. On a ainsi défini
un ménage sur son logement;le « groupe secondaire », qui est composé d'un
c. L'analyse des charges financières porte surgroupe de personnes du ménage, ne comprenant
pas le chef de ménage ni son conjoint et formé : les loyers et charges des locataires et également
sur les versements des ménages accédant à la pro-— soit d'un couple et éventuellement de ses
priété (autres que l'apport initial); en effet si parenfants (non mariés);
nature ces payements constituent un rembourse-— soit d'une personne non mariée (4) et néces-
ment de dettes et non le prix d'un service commesairement d'au moins un de ses enfants non marié;
le loyer, le comportement des ménages accédant-— soit d'un sous-locataire (5).
à la propriété n'est pas très différent de celui desLe reste du ménage définit le groupe principal.
locataires, du fait des prêts actuellement accordés.La plupart des ménages sont formés d'un seul
Néanmoins, si des résultats sommaires concernantgroupe unique.
ces versements peuvent être présentés dès main-
tenant (7), la complexité des échéances de rembour-3° LES BUTS DE L'ENQUÊTE
sement, lorsque plusieurs prêts différents sont
L'enquête permet de mettre à jour les statis-
accordés simultanément, est telle que leur analyse
tiques sur le confort, la dimension, le statut d'occu-
est délicate;
pation des logements actuels (6). Elle permet de
d. Un ensemble de questions d'opinion constitue
connaître quels sont les loyers et charges payés
la quatrième partie de l'enquête. Comme en 1955,
par les locataires. Pour la première fois une enquête
deux « questions filtres » fondamentales analysent
touchant une fraction importante de la population
dans quelle mesure les ménages s'estiment mal
fournit des indications sur les remboursements
logés et souhaitent changer de logement; leur
de prêts des ménages accédant à la propriété.
rédaction est la même dans les deux enquêtes
Une étude de l'opinion des ménages sur leur loge-
afin de mieux pouvoir mesurer l'évolution de
ment et une approche de la demande de loge-
l'opinion depuis 1955. Les ménages s'estimant
ments constituent un apport appréciable.
mal logé ou souhaitant changer de logement ont
pu expliquer leur attitude (8).
4° LE QUESTIONNAIRE
L'étude des prix qu'accepteraient de payer les
Les enquêteurs de l'I.N.S.E.E. ont interrogé candidats à un logement neuf a été menée avec
un soin tout particulier (7); ces ménages ont pu
examiner le plan d'un logement (type logéco à
(3) Voir compte rendu dans Études statistiques, n° 2, 1962 normes améliorées) correspondant au nombre
et n° 4, 1962 (à paraître).
de pièces qu'ils jugeaient nécessaire; sur le vu de(4) Veuve, divorcée ou célibataire.
(5) On remarquera qu'un groupe secondaire est donc formé,
soit d'un noyau secondaire au sens du Recensement de 1954
(cf. par exemple Études statistiques, n° 2, 1961), soit d'un (7) Cf. Consommation, n° 3, 1962 : « Les conditions de
sous-locataire. logement des Français en 1961 ».
(6) Elle est limitée, il est vrai, aux logements occupés par (8) Cette partie du questionnaire n'a pas encore été
des ménages non agricoles. dépouillée.QUELQUES RÉSULTATS D'UNE ENQUÊTE SUR LE LOGEMENT 841
ce document, ils ont déclaré quels étaient les de 1954 par un échantillon représentatif de loge-
versements (loyers ou échéances de rembourse- ments achevés après le Recensement de 1954;
ment) qu'ils accepteraient de payer s'ils occupaient 1.700.000 logements environ ont été construits
le logement neuf proposé ; ce jeu auquel ils se sont entre mai 1954 et mars 1961; ces logements ont
livrés avec beaucoup de bonne volonté a permis de des caractéristiques évidemment très particulières
donner un support concret à ces questions d'opi- et leurs occupants ont un comportement très diffé-
nion délicates (9). rent de celui des autres ménages. Néanmoins,
Cet effort n'ayant pas été fait en 1955 les données du fait de l'absence de base de sondage uniforme
et de la difficulté de désigner les logements dedes deux enquêtes ne sont certainement pas par-
faitement comparables sur ce point. façon précise à partir des permis de construire
en particulier, il y a une marge d'incertitude assezLes divers membres d'un même ménage ne
élevée dans les résultats relatifs aux logementssouhaitent pas toujours vivre ensemble. Une partie
de la demande provient de personnes isolées ou neufs.
de groupes de personnes souhaitant se détacher b. Il est difficile, surtout sept ans après le Recen-
d'un noyau principal. Il est très difficile d'analyser sement, de soumettre à l'enquête les ménages
cette fraction de la demande; car tout fractionne- habitant certains types de logements. Par exemple,
ment des ménages comporte une part d'arbitraire. les ménages vivant dans des hôtels ou des garnis
Dans l'enquête sur le logement de 1961, les ques- sont toujours sous-représentés, la base de sondage
tions d'opinion ont été posées séparément aux constituée par un recensement ancien étant peu
groupes secondaires et au groupe principal. On adéquate pour cette population mouvante.
peut penser en effet que les membres des groupes c. On a limité le champ de l'enquête en éli-
secondaires peuvent avoir une certaine autonomie minant du tirage de l'échantillon les logements
par rapport au reste du ménage. Néanmoins, occupés en 1954 par un ménage agricole. Il fallait
malgré ces précautions, une partie de la demande y adjoindre un échantillon des logements occupés
de logements échappe à l'enquête (par exemple, en 1954 par un ménage agricole et en 1961 par
celle du fils d'un chef de ménage attendant pour un ménage non agricole. Un échantillon représen-
se marier d'avoir trouvé un logement). De plus, tatif de ces logements a été tiré parmi les logements-
il est certain que les réponses du groupe principal échantillon de l'enquête sur l'emploi d'octobre 1960
et des groupes secondaires d'un même ménage ayant subi cette mutation.
ne peuvent pas être toujours données en toute On a opéré de même pour les logements vacants
liberté, indépendamment l'une de l'autre. et secondaires en 1954, mais occupés en octobre
En fin de questionnaire sont posées quelques 1960 par un ménage non agricole.
questions sur les revenus du ménage (10). Les taux de sondage retenus sont de :
1/625 pour les logements achevés après le Recen-
sement de 1954;
5° LA MÉTHODE D'ENQUÊTE
1/1 000 pour les logements tirés du fichier des
L'échantillon des ménages a été constitué sur feuilles de logement du Recensement de 1954.
des bases voisines de celles de l'enquête sur l'em- 13.000 ménages environ ont été soumis à l'enquête.
ploi d'octobre 1960, présentée dans le numéro Le plan de sondage et les méthodes de tirage
d'Études statistiques d'avril-juin 1962. Seuls les de l'échantillon sont à peu près identiques à ceux
points les plus importants sont soulignés ici. de l'enquête sur l'emploi (11).
Les adresses des logements soumis à l'enquête Les ménages n'ayant pu être contactés ou ayant
ont été tirées dans le fichier des feuilles de logement refusé de répondre sont relativement nombreux
du Recensement de 1954. Ce fichier présente pour une enquête de ce type (5,9 % de refus,
plusieurs inconvénients du fait de son ancien- 4,7 % de ménages absents de longue durée, 1,2 % de
neté. logements non identifiés). Deux raisons principales
a. Il est indispensable de compléter l'échan- peuvent expliquer ce fait.
tillon de logements tirés à partir du Recensement 1. Le contact avec la population non agricole
est plus difficile qu'avec les agriculteurs.
2. L'enquête sur le terrain à dû se dérouler
dans des délais assez courts et à une époque où
(9) La méthode avait été testée à Rennes et à Constantine
au cours d'enquêtes effectuées par ia Société d'Économie et de
Mathématiques appliquées.
(10) Le questionnaire a pu être mis au point à la suite
d'une enquête-pilote effectuée dans la région de Marseille (11) Cf. le volume « Plan de sondage des enquêtes I.N.S.E.E.,
par le C.R.E.D.O.C. et la direction régionale de l'I.N.S.E.E. octobre 1960 », par M. Chartier, ou l'article sur l'enquête
de Marseille. « Emploi » d'octobre 1960, Études statistiques, n° 2, 1962.
3.842 QUELQUES RÉSULTATS D'UNE ENQUÊTE SUR LE LOGEMENT
un gros effort était demandé par ailleurs aux enquê- des ménages non agricoles ou à une sous-population
teurs de l'I.N.S.E.E. ; en effet certains résultats d'effectif important (ensemble des locataires...),
de cette enquête ont du être fournis très rapide- elle devient considérable lorsque cette population
ment pour pouvoir être utilisés pour la prépa- est numériquement faible (de l'ordre de 50 ou 100
e
ration du IV plan d'équipement et de moderni- dans l'échantillon). Par ailleurs, même pour l'en-
sation. semble des ménages non agricoles, il est difficile
Le redressement de l'échantillon a été effectué de mesurer des variations de structure au moyen
sur des bases analogues à celui de l'enquête sur de deux enquêtes successives; ce fait est d'autant
l'emploi d'octobre 1960. plus vrai que ces variations sont plus faibles en
valeur relative; il est, par exemple plus facile de
connaître la variation des loyers moyens de 1955
6° LA VALIDITÉ DES RÉSULTATS
à 1961 que celle de la proportion des ménages
a. Les erreurs de mesure ayant deux personnes, même si pour une enquête
donnée, le loyer moyen est connu avec une précision
Sur des sujets aussi délicats que le logement,
relative moindre que cette proportion.les erreurs de mesure peuvent être assez impor-
tantes. Pour les questions de fait abordées égale-
7° L'EXPLOITATION DES RÉSULTATSment dans d'autres enquêtes (confort, dimension,
statut d'occupation) les déclarations sont relati-
Une exploitation rapide des résultats principaux
vement exactes; le plus souvent, ce sont l'erreur
a été effectuée dans le cadre de la préparation du
aléatoire ou éventuellement les changements de eIV plan à laquelle ont collaboré, en particulier,
définition qui limitent la précision des évaluations
le ministère de la Construction et le C.R.E.D.O.C.
des variations depuis 1955. Néanmoins, certaines
Ce sont certains de ces résultats qui sont présentés
difficultés sont apparues du fait de l'absence de
ici; ils sont provisoires.
base de sondage suffisamment sûre pour tirer
Une exploitation plus complète de l'enquête
des échantillons de logements neufs.
est en cours.
Les déclarations des ménages concernant le
montant de leur loyer sont parfois approximatives;
IL Les logements et leurs occupantsnéanmoins dans 60 % des cas, les enquêteurs
ont pu se reporter à des pièces justificatives. Dans une étude statistique du parc des loge-
Certains remboursements de prêts à des ments, la description des logements ne peut être
employeurs, des amis... n'ont-ils pas été oubliés? complète : des choix s'imposent.
Il y a peut-être lieu de le craindre et les déclarations Par exemple, le nombre de pièces, mieux connu
relatives auxs doivent être exami- des ménages que la surface du logement, sera retenu
nées ultérieurement de façon plus approfondie. comme caractéristique de la dimension du loge-
Quant aux réponses aux questions d'opinion, ment.
il semble que dans l'ensemble la sincérité des De même l'étude en profondeur du confort
ménages ne puisse être mise en doute. Mais dans ne serait possible que dans une enquête utilisant
quelle mesure, même vraisemblable, leur attitude les services de véritables experts. On s'est contenté
est-elle mûrement réfléchie? Dans quelle mesure de poser quelques questions simples sur certains
la personne soumise à l'enquête est-elle en état éléments de confort qui ont permis de classer les
d'exprimer l'opinion qui sera celle du ménage logements en quatre catégories :
au moment des décisions? Dans quelle mesure, 1° Logements n'ayant pas l'eau;
l'image de la demande que l'on se fait ainsi ne 2°s avec eau, mais sans installations
diffère-t-elle pas de celle qui se manifestera au sanitaires (12), ni W.-C. ;
cours des prochaines années? Une telle méthode 3° Logements avec eau et l'un seulement des
d'approche est un pari; il vaut, à notre avis, d'être deux équipements (installations sanitaires ou W.-C.) ;
tenté. 4°s avec eau, installations sanitaires
et W.-C.
b. L'erreur aléatoire Parmi les variables caractérisant la localisation
géographique, l'importance de l'agglomération a
L'erreur aléatoire résulte du fait que seul un été retenue ici (code des catégories de communes
échantillon des ménages est soumis à l'enquête
du Recensement de 1954).
et non l'ensemble des ménages appartenant à
la population étudiée. Négligeable pour des don-
nées de structure (nombre de pièces, chauffage (12) Installations sanitaires : baignoire, douche ou lavabo
central..., masse des loyers) relatives à l'ensemble installés dans le logement.QUELQUES RÉSULTATS D'UNE ENQUÊTE SUR LE LOGEAIENT 843
Les résultats donnés concernent seulement les semble que, même pour les logements anciens
logements occupés par des ménages non agricoles, touchés par l'enquête, la proportion des proprié-
soit environ 12.200.000 logements en 1961 (13). taires augmente avec le temps. Cette observation
mériterait confirmation, mais elle pourrait avoir
plusieurs explications : certains immeubles ou
1° LE STATUT D'OCCUPATION
maisons louées ont été vendus (en copropriété par
DES LOGEMENTS
exemple) ; peut être les logements qui ont été détruits
Depuis 1955, la répartition des logements non ou transformés ou qui sont devenus vacants entre
agricoles selon leur statut d'occupation s'est quelque les dates des deux enquêtes étaient-ils occupés le
peu modifiée (tableau I). Quelle que soit la catégorie plus souvent par des locataire en 1955 ; l'abandon de
l'agricullure enfin, peut être une des causes dede communes, la proportion des propriétaires est
en augmentation. Cette évolution s'explique en l'augmentation de la proportion des propriétaires
partie par le nombre relativement élevé de logements non agricoles, dans la mesure où cette mutation
n'est pas accompagnée d'un changement de résidence.neufs dont l'occupant est propriétaire. Mais il
TABLEAU I
Statuts d'occupation comparés en 19SS et 1961
(Unité : % de logements)
Enquête sur le logement 1961
Enquête
Dont : Dont :Statut d'occupation sur le logementLogements Logements
Ensemble achevés avant achevés après 1955
mai 1954 mai 1954
Propriétaires 39,4 37,5 51,5 35,0
dont :
Propriétaires d'une maison individuelle 30,7 29,7 37,2s de l'ensemble d'un immeuble collectif. 3,0 3,3 1,1s de leur logement dans un immeuble
en copropriété 5,7 4,5 13,2
Logés par l'employeur 8,2 8,5 6,5 8,9
Locataires d'un logement loué vide 41,7 42,0 39,1 47,0s d'unt loué meublé 1,5 1,6 0,6 1,1
Locataires d'un hôtel ou d'un garni5 s1,8 2,0
Sous-locataires 0,5 0,5 0,3 0,7
Logés gratuitement 6,2 6,9 1,9 5,3
Autres cas 1,0 1,2 0,1
ENSEMBLE 100,0 100,0 100,0 100,0
Parallèlement, la proportion des locataires d'un pation. Aucune variation vraiment significative ne
logement loué vide a diminué. peut être notée.
Il faut être, par contre, très prudent pour inter- Les maisons individuelles sont fréquemment
préter les résultats relatifs aux autres statuts d'occu- occupées par leurs propriétaires (tableau II); au
contraire, les appartements situés dans les immeubles
collectifs sont le plus souvent loués. Remarquons
que plus de la moitié des propriétaires d'un
(13) Le nombre de logements occupés par des ménages
logement situé dans un immeuble collectif sont desnon agricoles tiré de l'enquête est de 300.000 plus faible que
copropriétaires, même pour les logements anciens;celui de l'enquête sur l'emploi d'octobre 1960 (11.900.000
contre 12.200.000). Il semble que certains ménages d'inactifs, cette proportion a beaucoup augmenté depuis 1954.
probablement d'anciens agriculteurs, aient échappé à l'enquête
sur le logement. Néanmoins on a conservé le nombre brut
fourni par l'enquête. (14) A partir des résultats du Recensement de 1962.844 QUELQUES RÉSULTATS D'UNE ENQUÊTE SUR LE LOGEMENT
TABLEAU II
Statut d'occupation et type d'immeuble
(Unité : % de logements)
Logements anciens (1)
Logements
Statut d'occupation Ensemble Dont : Dont :
neufs (2)Ensemble Maison Immeuble
individuelle collectif
Propriétaires 39,4 36,7 55,4 15,9 52,0
dont :
Propriétaires de leur maison ou de leur
immeuble 33,7 32,4 55,1 7,1 39,9s de leur logement dans un immeu-
ble en copropriété 5,7 4,3 0,3 (3) 8,8 12,1
Logés par l'employeur 8,2 8,4 8,0 8,7 7,8
Locataires d'un logement loué vide 41,7 42,7 26,3 61,2 36,4s d'unt loué meublé 1,5 1,7 0,6 2,8 0,6
Locataires d'un hôtel ou d'un garni 1^58 e 3,91
Sous-locataires 0,5 0,6 0,2 1,0 0,2
Logés gratuitement 6,2 6,9 8,5 5,1 2,7
Autres cas 1,0 1,2 1,0 1,4 0,2
ENSEMBLE . 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Importance relative (en %) 100,0 83,0 39,2 . 43,8 17,0
(1) Achevés avant 1949.
(2)s en 1949 ou après.
(3) Ce cas correspond à un logement ayant plusieurs propriétaires (plusieurs frères par exemple) et peut être aussi à quelques erreurs
d'observation.
2° LE CONFORT DES LOGEMENTS 3° LE DEGRÉ DE PEUPLEMENT DES LOGEMENTS
Le tableau III donne la répartition des logements Dans quelle mesure les logements sont-ils sur-
selon leurs équipements en eau, W.C. et installa- peuplés ou au contraire insuffisamment occupés?
tions sanitaires pour chaque catégorie de communes.
Le nombre de logements n'ayant pas l'eau a diminué a. L'étude du degré de peuplement
sensiblement depuis 1954 (15), en particulier dans
L'étude du surpeuplement peut être abordéeles communes rurales. On remarquera le nombre
au moyen de questions d'opinions. Dans l'enquête
relativement élevé de logements parisiens sans
sur le logement de 1961, il a été demandé auxconfort; aussi à Paris, la dispersion des logements
ménages qui souhaitaient changer de logement ouselon leur degré de confort est-elle peut être plus
qui s'estimaient mal logés quelles étaient les raisonsélevée qu'ailleurs. La proportion des logements
de cette attitude; parmi les motifs envisagés, onpourvus du chauffage central est de 39,5 % pour
mentionnait : « le logement est trop petit ». Lela région parisienne, elle n'est que de 22,4 % pour
dépouillement de cette question nous permettrales autres unités urbaines de plus de 100.000 habi-
ultérieurement d'avoir des indications sur le seuil
tants et tombe à 15,3 % pour les petites villes et
de surpeuplement qui, combiné éventuellement àagglomérations et enfin à 6,7 % pour les communes
d'autres facteurs, suffit à inciter un ménage àrurales.
rechercher un autre logement.
Les autres méthodes couramment employées
sont normatives. Une méthode, utilisée ici, consiste(15) Qui était compris au Recensement de 1954 entre
à se servir d'une grille de peuplement, classant les3.300.000 et 3.900.000.TABLEAU III
Le confort des logements
(Nombres en milliers de logements)
Villes Villes
France entière et
Communes rurales agglomérations et agglomérations Région parisienne
non agricolede moins de 100.000 habitants
de 100.000 habitants et plus *—
^Nombre NombreNombre Nombre Nombre
IImmeubles construits avant 1915 :
Logements sans eau 915 38,0 400 105 9,7 185 13,6 1.60517,9 <©s avec eau, sans W.-C, ni sanitaire 260 10,8 485 35,0 445 32,7 1.57021,8 380 in
32,7 28,3Logements avec eau, avec. oue (a) 940 39,0 865 38,8 355 385 2.545
22,6 25,4s avec eau, avec W.-C. et sanitaire 295 12,2 480 21,5 245 345 1.365
TOTAL 2.41 2.410 100 2.230 100 1.085 100 1.360 100 7.085 100
S
Immeubles construits entre 1915 et 1948 :
taLogements sans eau 6,0 280 10,6125 23,0 85 10,0 25 5,0 45
§js avec eau, sans W.-C, ni sanitaire 50 . 9,0 50 5,0 60 11,0 110 15,0 270 9,9
Logements avec eau, avec. oue (a)... 240 44,0 480 54,0 255 47,0 250 34,0 1.225 44,7s avec eau, avec W.-C. et sanitaire 24,0 37,0 335 45,0 950 34,8135 31,0 205275 i?
TOTAL 550 100 890 100 545 100 740 100 2.725 100
Immeubles construits après 1948 :
Logements sans eau 10,4 20 2,5 8 4 69 3,437 1,8 1,0 gs avec eau, sans W.-C, ni sanitaire. 3 0,8 3 0,4 1 0,2 2 0,5 9 0,4
Logements avec eau, avec. ou sanitaire (a)... 37 10,4 58 13 3,0 13 3,2 121 6,07,1s avec eau, avec W.-C. ete 280 78,4 732 90,0 421 95,0 390 95,3 1.823 90,2
TOTAL 100 100 409 100 2.022 100357 100 813 443 g
Ensemble des logements (b) :
9,4 16,5Logements sans eau 1.08 1.082 32,5 505 12,8 141 6,8 238 1.966s avec eau, sans W.-C, ni sanitaire 312 9,4 545 13,8 442 21,3 570 22,4 1.869 15,7
30,0 657 25,8 32,9Logements avec eau, avec. oue (a) 1.22 1.222 36,8 1.407 35,7 623 3.909s avec eau, avec W.-C. et sanitaire 708 21,3 1.488 37,7 869 41,9 1.079 42,8 . 4.144 34,9
TOTAL 3.324 100 3.945 100 2.075 100 2.544 100 11.888 100
(o) En général avec W.-C. et sans sanitaire, l'inverse est beaucoup plus rare (environ 290.000 logements dont 150.000 en région parisienne et 110.000 dans les villes de province).
6) Y compris ceux dont l'âge n'a pas été déclaré (57.000 logements, dont 34.000 en région parisienne).846 QUELQUES RÉSULTATS D'UNE ENQUÊTE SUR LE LOGEMENT
logements en cinq catégories, d'après le nombre du ménage. Le tableau A indique quelle est la grille
de pièces du logement et le nombre de personnese peuplement utilisée habituellement.
TABLEAU A
Normes de peuplement
Nombre de
personnes 1 2Nombre ^"~""~^^ 3 4 5 6 7 8 et plus
de pièces principales^ ^
\ \ \ \ \ \/ \ / / / / /1 P. N S A s r s r s r S C S C S C.
\/ / / / / /\ \ \ \\/ \
\ / \ \ \ / \\ / /SsM. P N s r s r2 SsA. s r s. c. S. C.
/ / / / \ /\ \ \
\ \ / \ \\
3 SsM. P. N, P N P N S A S A s. c. S. C.
/ / / / /\ \\
\\ \ / \/ /\4 Ss A SsM SsM. P N P N P N S. A. s. c.
/ \ / /\ \ \N/
\ \ \ \/ // \SsA.5 Ss A. SsA. SsM SsM P. N.P N P. N.
/ \ / / /\ \\ / \
\ \ \ / \ y \ \// \SsA. SsA. SsA Ss A Ss A SsM. SsM./ | P. N
/ / / /\ \ \ / \ \ /\ / \lL
S. C. = Surpeuplement critique.
P. N. = Peuplement normal.
S. A. =t temporairement admissible.
Ss A. = Sous-peuplement accentué.
Ss M. ~t modéré.
La répartition des logements selon le degré de et des propriétaires. Tandis que les locataires (et
peuplement dépend de la définition adoptée pour particulièrement ceux qui habitent des meublés,
le calcul du nombre de pièces et du nombre de des garnis...) habitent souvent des logements trop
personnes et cette influence rend délicates les com- petits, beaucoup de logements occupés par leurs
paraisons dans le temps. Dans les résultats présentés propriétaires sont sous-peuplés. Ces observations
ici, les absents de longue durée (militaires du con- ont plusieurs explications :
tingent, élèves internes...) sont inclus dans l'effec- Les logements occupés par leurs propriétaires
tif du ménage, contrairement à l'exploitation du sont en moyenne plus grands que les logements
recensement de 1954 ou de l'enquête sur le loge- loués (graphique II).
ment de 1955. Le nombre de pièces principales Beaucoup de propriétaires sont âgés; du fait de
comprend, en plus des pièces d'habitation, la cui- leur âge, ils hésitent à envisager un déménagement,
sine lorsqu'elle sert de salle commune. Si cette défi- lorsque le nombre de personnes de leur ménage
nition diffère légèrement de celles qui ont été diminue, au moment du départ de leurs enfants,
précédemment utilisées, il est néanmoins intéres- par exemple.
sant de comparer entre elles le degré de peuple- L'importance du loyer des locataires pourrait
ment de différentes sous-populations. — à la rigueur — inciter ceux-ci à déménager,
lorsque leur logement est sous-peuplé; lorsqu'ils
n'ont plus de ressources suffisantes, les proprié-
b. Degré de peuplement et statut d'occupation
taires préfèrent renoncer à entretenir correctement
Le graphique I met en évidence les différences leur logement, plutôt que d'accepter les ennuis et
les frais d'un déménagement.dans l'importance du surpeuplement des locataires»47QUELQUES RÉSULTATS D'UNE ENQUÊTE SUR LE LOGEMENT
GRAPHIQUE I
Degré de peuplement et statut d'occupation
v- • -H Soi» - ptupltment modéréSurpeuplement critique
t-I-'*.-j Sous-ptupltment accentué| Surpeuplement temporairement admissible
\//A Peuplement normal £tairei de leur mo/s rl nn
rie
proP

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