Vers une typologie des emplois de l'intervention sociale : Le département de l'Isère : Observer les emplois et les qualifications des professions de l'intervention sociale

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Cette étude présente une analyse des métiers de l'intervention sociale qui est une part de l'action sociale. Dans une première partie, les auteurs ont voulu borner le champ de l'intervention sociale, ses spécificités, ses besoins, ses actions. La seconde partie dresse pour chaque profession rencontrée une analyse technique du poste, son statut, ses missions. Pour certaines professions le parcours professionnel est explicité. La troisième et dernière partie est la synthèse des deux précédentes et propose une classification en trois secteurs, les formations qui y préparent et celles qui ont été suivies par différents acteurs en poste .
Publié le : vendredi 1 mai 1998
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Source : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/004000212-vers-une-typologie-des-emplois-de-l-intervention-sociale-le-departement-de-l-isere
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Vers une typologie des emplois
de l’intervention sociale
Le département de l’Isère
"Observer les emplois et les
qualifications des professions de
l’intervention sociale"
I - RAPPORT PRINCIPAL
La documentation Française : "Vers une typologie des emplois de l’intervention sociale : Le département de l’Isère :
""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."Nous remercions vivement toutes les personnes
qui ont accepté de participer à ce travail et nous
ont accordé beaucoup de leur temps
Cette étude a été réalisée dans le cadre du programme de
recherche "Observer les emplois et les qualifications des
professions de l’intervention sociale", commanditée
conjointement par la CNAF, le CGP, la DAS, la DIJ,
la DIV, la MIRE, le SESI, la CDC.
La recherche confiée au GREFOSS a fait l’objet de deux
conventions d’étude distinctes : avec la CNAF
le CGP (convention n˚ 18-(convention n˚ 95-438) et
1995).
La documentation Française : "Vers une typologie des emplois de l’intervention sociale : Le département de l’Isère :
""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."INTRODUCTION
Le présent rapport a été réalisé dans le cadre du programme de recherche piloté par la MIRE
"Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale", entre
janvier 1996 et avril 1998.
Ce programme, partant d’un constat d’opacité du champ de l’intervention sociale, poursuivait
deux objectifs principaux :
- établir les critères de bornage de ce champ, en fonction du postulat de son élargissement
par rapport au champ connu de l’action sociale, et recenser les emplois d’intervenants
sociaux que l’on y observe ;
- analyser les formes de l’intervention sociale, de manière à proposer une typologie, un
classement de ces formes qui tiennent compte des métiers constitués comme des métiers
nouveaux.
Ces objectifs reposaient sur deux hypothèses qui ont fonctionné à la fois comme guide de la
démarche et comme questionnement permanent, dès le départ :
- il y aurait un champ de l’intervention sociale à redéfinir, mais qui existe comme entité ;
il y aurait une opposition entre un "noyau dur" de ce champ, constitué par les professions-
sociales historiques, et une série d’emplois périphériques, plus ou moins structurés,
venant faire concurrence à ce noyau dur.
Ces deux représentations traversent l’ensemble des débats qui ont eu lieu au cours de ce
programme de recherche et seront, pour partie, invalidées au terme de notre propre démarche.
A ces deux objectifs correspondaient deux phases de travail :
- une phase quantitative, c’est-à-dire un repérage quantifié des emplois d’intervenants
sociaux, à partir d’une enquête auprès des organismes employeurs, devant permettre une
cartographie du champ ;
- une phase qualitative, à partir d’interviews approfondies auprès d’un panel d’intervenants
sociaux, pour qualifier les contenus d’emploi, les trajectoires, et les qualifications de
ceux-ci, devant permettre d’expliciter l’évolution des professions et des compétences à
l’oeuvre dans le champ.
Il est apparu, de fait, une constante interaction entre approches quantitatives et qualitatives,
surtout au cours de la première phase. Celle-ci a permis d’explorer largement les différents
domaines de l’intervention sociale, mais le passage par une analyse qualitative préalable, qui
aurait donné lieu à la construction de catégories homogènes, ou au moins de critères homogènes
de définition de sociale, aurait permis d’établir de manière plus fiable une base de
données correspondant à une conception ouverte du champ.
Les difficultés méthodologiques propres à cette démarche seront explicitées dans la première
partie du rapport.
Notre étude a porté sur le département de l’Isère.
La phase quantitative a fait l’objet d’un premier rapport intermédiaire en octobre 1996.
La qualitative a fait d’un deuxième en mai 1997.
La documentation Française : "Vers une typologie des emplois de l’intervention sociale : Le département de l’Isère :
""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."Le présent rapport ne reprend pas l’intégralité des résultats obtenus au cours de ces deux
phases. Il tente de restructurer l’ensemble des autour d’une lecture globale,
de manière croisée les résultats quantitatifs ettransversale aux deux phases, et qui utilise
qualitatifs.
Cette lecture globale s’articule autour de trois questions principales :
- La reconstruction d’une typologie des formes de l’intervention sociale, à partir d’une
il s’agit là d’une partie des résultats de la phasedescription raisonnée des contenus d’emploi :
qualitative, qui sert de support aux argumentaires des questions suivantes.
- La confrontation entre le champ dessiné par cette typologie et le champ structuré par les
professions sociales instituées : il s’agit de récapituler les différents types d’analyses effectués
(quantitatifs et qualitatifs) et leurs principaux résultats pour traiter de la question du
la nécessité de dépasser cepositionnement respectif des anciens et nouveaux métiers, et montrer
clivage.
il s’agit de discuter de cette notion et de- La délimitation du champ de l’intervention sociale :
proposer un autre postulat d’analyse, autour de fonctions sociales transversales à différents
champs de l’action publique.
Une synthèse des deux rapports intermédiaires, où l’on trouvera davantage de précisions sur le
déroulement des deux enquêtes, quantitatives et qualitatives, et sur les enseignements qu’elles
ont apportés, figure dans un rapport annexe au rapport principal.
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""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."1 Approche des formes de
l’intervention sociale à partir
d’une description raisonnée
des contenus d’emploi
La documentation Française : "Vers une typologie des emplois de l’intervention sociale : Le département de l’Isère :
""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."Introduction de la première partie
L’ensemble du programme de recherche sur "l’observation des emplois et des qualifications
des professions de l’intervention sociale" repose sur une première interrogation relative aux
la méthode pertinente pour les appréhender.formes actuelles de sociale et à
C’est aujourd’hui un lieu commun que de se référer à l’hypothèse d’une crise, ou d’un
malaise, des professions sociales dites "installées", identifiées par les diplômes traditionnels
de l’action sociale. Cette crise est provoquée par la déstabilisation du champ social face à la
montée des nouvelles formes de la question sociale, générées elles-mêmes par les mutations
économiques et socio-culturelles contemporaines.
L’analyse de ces mutations et des évolutions lourdes des problèmes sociaux auxquels
s’affronte la société ne rentre évidemment pas dans le champ direct de cette recherche et les
1ouvrages de référence qui permettent de les cadrer abondent sur le sujet .
Mais notre objet propre de recherche est de réfléchir aux conséquences que ces
transformations induisent dans les modes d’appréhension et les modes d’approche du champ
de l’intervention sociale.
Ce terme même d’intervention sociale, usité depuis quelques années dans les politiques
publiques, a été retenu dans la problématique de l’appel d’offre pour signifier le choix d’une
démarche d’analyse postulant l’existence d’un champ plus large que celui structuré par les
professions sociales actuellement certifiées, et provoquer une démarche de recherche autour
de nouveaux modes de catégorisation des intervenants sociaux.
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""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."1 Hypothèses et méthodes de la démarche
d’enquête
Il s’agit donc de nommer des emplois relevant de l’intervention sociale en se privant a priori,
par choix méthodologique provisoire, des repères d’identification fournis par le recours aux
professions et qualifications.
Nous avons opté, en conséquence, pour une démarche entièrement inductive, basée sur un
inventaire des emplois et l’observation empirique de leurs contenus d’activité.
Ce choix d’une démarche pragmatique requiert deux phases successives d’investigation
comportant chacune de sérieuses difficultés méthodologiques.
11 L’inventaire des emplois de l’intervention sociale
La première phase consiste à procéder à l’inventaire des emplois entrant dans le champ de la
recherche à partir des appellations de postes et de la désignation par les employeurs de leur
qualité d’emplois de l’intervention sociale.
Mais le paradoxe central était de faire désigner a priori cette qualité d’appartenance au champ
de l’intervention sociale alors même qu’on ne disposait plus de critères pour le définir.
111 Hypothèse d e travail
La difficulté à cerner le contenu de l’action sociale lui est consubstantielle, sa signification
étant fluctuante et largement dépendante des représentations collectives et enjeux socio-
politiques propres à chaque époque. L’objet du "social", dans une même conjoncture, se
définit d’ailleurs différemment selon les acteurs concernés : le social des "partenaires
sociaux" n’est pas celui des "travailleurs sociaux". Cette ambiguïté de définition a été pour
partie contournée, dans la période historique récente, par le recours à une superposition entre
"champ social" et "institutions" ou "professions" sociales, au détriment d’une désignation par
les "produits" de l’intervention.
Etaient réputées "sociales" les modalités d’intervention opérant à partir d’institutions et de
professions spécialisées qui découpaient ainsi un champ sectoriel autonome au regard
d’autres modalités d’action publique.
Au cours des évolutions de la société, ce champ s’est transformé, élargi, abordant de
la créationnouveaux modes d’action et de nouveaux espaces, mais en procédant chaque fois à
la présence était requise pour "signer" laet à la certification de nouvelles professions dont
légitimité de l’intégration dans le champ social de ces nouveaux secteurs. Ainsi en a-t-il été,
par exemple, du développement de secteurs tels que l’animation ou l’aide à domicile.
C’est par la déconstruction de ce champ délimité par la présence de professions certifiées du
travail social que la recherche a été bâtie, pour tenter de dépasser la logique de structuration
par des filières administrativo-professionnelles, qui ne rendent pas compte de toutes les
transformations de l’intervention sociale, et d’inventorier un champ formé par l’ensemble des
la mise enmodalités d’action publique concourant au traitement de la question sociale et à
oeuvre des formes diverses de solidarité entre groupes sociaux inégaux.
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""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."Certes, ce repérage est empirique et met en oeuvre les représentations que se donnent les
chercheurs tant de la question sociale que de l’action publique, représentations forgées
la connaissance du terrain et des pratiques antérieures de recherche.notamment par
Deux éléments pouvant aider à une certaine objectivation ont été utilisés de manière croisée
pour opérationnaliser ce repérage de l’intervention sociale : la notion de "publics en difficulté
la présence d’un système institutionnel sur financements socialisés.sociale" et
. La notion de "publics en difficulté sociale"
Il a été choisi de prendre en compte tous les modes d’intervention auprès des publics désignés
comme étant en "difficulté sociale", qu’ils soient appréhendés individuellement,
collectivement ou sur une base territoriale.
Le critère du "public en difficulté" pour discriminer dans l’ensemble des interventions
publiques celles qui peuvent entrer dans le champ du social n’est pas sans ambiguïté. Les
publics visés par les dispositifs d’intervention relèvent de catégories floues et incertaines,
dans l’incapacité où l’on se trouve, au point d’avancement de la précarisation de la société, de
maintenir des distinctions claires entre publics traditionnels de l’action sociale, et "valides
la conjoncture", selon l’expression de R. CASTEL. Les catégories construitesinvalidés par
par les politiques publiques se transforment en permanence sous la pression des évolutions
sociales et les rapports de la marge à la norme apparaissent en pleine recomposition.
Ce critère du "public" fonctionne néanmoins de manière constante dans les représentations
communes sur la nature de l’intervention sociale, et c’est d’abord là-dessus que se fonde la
désignation, par les institutions elles-mêmes, d’un volet considéré comme "social" au sein de
politiques publiques généralistes.
Cette logique de publics a prévalu dans la désignation comme "intervenants sociaux" des
professionnels situés hors du champ social institutionnel et dépourvus de diplômes sociaux.
C’est chaque fois au nom de leur intervention auprès de publics spécifiques identifiés comme
le comptage par les institutions etétant ceux de l’action sociale qu’ils ont été retenus dans
aucun de ceux qui ont été interviewés ultérieurement sur cette base n’a récusé son
1.appartenance au champ
C’est donc en référence à une logique de publics qu’a fonctionné essentiellement, dans le
travail d’enquête auprès d’institutions dont la mission générale ne les classe pas d’emblée
le champ social, le repérage de fonctions plus ou moins périphériques pouvant relever dedans
l’intervention sociale. Cette logique de publics fonctionne de fait comme un élément
déterminant des représentations collectives de ce qu’est l’intervention sociale.
. La présence de financements socialisés
Le repérage du champ de l’intervention sociale s’est opéré également par l’entrée des
financements socialisés. L’hypothèse était que tout organisme ou institution employant des
intervenants sociaux était amené, d’une manière ou d’une autre, et dans des proportions
à bénéficier de financements publics (Etat ou collectivités territoriales) ou semi-variables,
publics (organismes de protection sociale). En travaillant sur les budgets de ces institutions,
on pouvait donc à la fois recueillir une description de leur propre activité dans le champ
social, et repérer les organismes privés qu’ils étaient amenés à financer à ce titre.
Ce critère, tout autant que celui des publics, n’est pas sans poser question.
La présence de financements socialisés a toujours été considérée comme caractérisant le
la fois le secteur du strict bénévolat et celui duchamp social professionnel, excluant ainsi à
strict rapport marchand.
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""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."Certes, le mixage des sources de financement est depuis longtemps une réalité présente dans
1le champ social et devient aujourd’hui de plus en plus fréquent et de plus en plus complexe.
Mais la présence, même partielle, de financements socialisés apparaît comme un critère
le social se définissant comme un système multiforme de solidarité et donc dedécisif,
redistribution.
Ce critère peut aujourd’hui être questionné. Les techniques de solvabilisation de la demande,
qui renvoient un certain nombre de prestations de service dans un pur rapport marchand,
interrogent sur les effets produits dans les secteurs concernés, notamment en termes de
la probabilité d’un recours croissant à des professions libérales ouprofessionnalisation, avec
la déqualification qui pose problème en ce cas quedes sociétés privées. C’est peut-être moins
l’affaiblissement des logiques de redistribution.
Par ailleurs, le développement actuel de secteurs humanitaires et solidaires, pouvant
fonctionner sur fonds propres dans une économie du don ou de l’entraide renouvelée, ou sur
la base de redistributions privées (sponsorisation), pose également la question de l’intégration
de ces secteurs dans le champ social.
Le choix méthodologique retenu est donc critiquable. L’observation empirique montre
la phase actuelle, rares sont les services et associations qui ne bénéficientcependant que, dans
2d’aucun financement public, même très partiel , le nombre et la nature des opérateurs privés
financés par la collectivité ayant au contraire été très élargis dans le cadre des dispositifs liés
aux nouvelles politiques transversales. C’est plutôt la généralisation des multi-financements
qui s’impose pour l’heure.
La démarche adoptée dès lors fut la suivante :
- identifier dans les budgets des grands employeurs du champ social (ayant compétence
dans ce champ) d’une part leurs propres modalités directes d’intervention, d’autre part
les organismes privés bénéficiant de financements sociaux. Ce procédé permet
évidemment de retrouver les services et associations classiques, mais aussi d’inventorier
des qui ne sont pas positionnés centralement dans le champ social, mais y
entrent dans le cadre de dispositifs divers (Programme Départemental d’Insertion,
Fonds de Solidarité Logement, Fonds d’Action Sociale, etc...) et deviennent dès lors
susceptibles de disposer d’intervenants sociaux ;
- identifier dans les budgets d’institutions non positionnées centralement dans le champ
social (exemple : Direction Départementale de l’Equipement, Direction Départementale
du Travail, etc...) des lignes budgétaires particulières signant leur participation directe
ou indirecte à des missions relevant de l’intervention sociale.
La démarche ne consistait en aucun cas en une analyse budgétaire des financements de
l’intervention sociale. La présence d’une ligne budgétaire n’a servi que d’indicateur au
repérage de services, organismes, ou de postes relevant de ce champ.
Cette méthode a permis de prendre comme entrée dans le champ social les différentes
missions d’action publique en direction de publics en difficulté, en passant par les employeurs
potentiels d’intervenants sociaux.
Cela ne résout pas la question du bornage du champ, mais permet de porter l’attention sur ce
que nous pouvons désigner comme de nouveaux "champs-frontière" avec le champ social
3classique , champs-frontière nouveaux au sens où la logique professionnelle n’y est pas
la recherche que d’en observer la présence, ouimmédiatement repérable. Ce sera l’objet de
les modalités qu’elle prend. Mais cette démarche se présente donc sur la base d’une
observation empirique des "raisons pratiques" des institutions (publics ciblés, financements
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Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."mobilisés, missions institutionnelles). présentant entre elles suffisamment de proximité pour
faire l’objet d’un classement dans le champ de l’intervention sociale.
112 Méthode d’enquête
Le champ de l’étude, sur la base de ces hypothèses de travail, a donc été construit à partir de
1trois sources combinées :
- l’utilisation du fichier FINESS pour un premier inventaire des gestionnaires
d’équipements et de services sanitaires et sociaux pour les catégories retenues dans ce
fichier ;
- une enquête systématique par interview directe auprès de toutes les communes de plus
de 10 000 habitants, les services du département, les organismes de protection sociale,
les services de l’Etat, les associations gestionnaires les plus importantes ;
- une enquête postale auprès d’autres organismes et associations répondant aux critères
d’identification précédemment exposés.
Ces différentes approches ont permis de constituer une base d’employeurs recouvrant à la fois
le champ social classique et ce que nous avons dénommé les "champs-frontière", à savoir :
- le champ de la formation non qualifiante, des formations-insertion, de la lutte contre
l’illettrisme ;
- le champ du logement : logement transitoire, logement d’urgence, gestion locative
sociale, accompagnement social lié au logement, accès au logement des personnes
défavorisées ;
- le champ de l’insertion professionnelle et de l’insertion par l’activité économique :
structures d’insertion, services d’orientation et bilan, services d’accompagnement à
l’emploi ;
- les politiques de la ville et de la gestion sociale urbaine.
Le champ de l’intervention sociale ainsi défini apparaît comme un champ ouvert dont les
limites ne sont pas véritablement cernables. Celles-ci varient selon les configurations locales
et selon les évolutions des modalités de l’action publique. Il se présente alors non comme un
système institutionnel, mais plutôt comme un système local d’acteurs publics et privés.
Il ne s’articule pas en cercles concentriques autour d’un centre, mais se fabrique plutôt par
collage de systèmes d’action hétérogènes, dont le rapprochement est légitimé principalement
Il est composé par des transferts de fonctions d’un secteur à unpar une logique de publics.
autre, des jeux de substitution, de segmentation, de spécialisation. Il conviendra, après
l’examen des formes d’activités que cela recouvre, de reprendre le débat pour savoir s’il est
légitime alors de parler d’un champ de l’intervention sociale, ou s’il ne s’agit que d’un effet
théorique de construction produit par la démarche de recherche.
Cette étape a toutefois permis d’obtenir trois résultats :
- la constitution d’une base d’institutions et d’organismes employeurs d’intervenants
sociaux dans différents secteurs ;
- un repérage quantitatif significatif, même s’il ne peut être exhaustif, de quelques 6 000
emplois qualifiés par les employeurs "d’intervenants sociaux", avec des intitulés de
postes et, pour 70 % d’entre eux, des indications sur les qualifications des personnes
occupant ces postes.
Pour ce repérage, on a dû effectuer une inversion du sens de la démarche empirique.
Alors que l’investigation sur la nature des employeurs reposait d’abord sur les
La documentation Française : "Vers une typologie des emplois de l’intervention sociale : Le département de l’Isère :
""Observer les emplois et les qualifications des professions de l’intervention sociale"" / Elisabeth Maurel, Michelle Daran, Dominique Mansanti ;
Groupe d’étude et de formation sur le sanitaire et le social ; Mission interministérielle recherche expérimentation."

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