Vivre ensemble plus longtemps - Enjeux et opportunités pour l'action publique du vieillissement de la population française

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Le vieillissement de la population française s'accélère. Essentiellement lié à la montée en âge des générations nombreuses du baby-boom et à l'allongement de l'espérance de vie, il transforme en profondeur la société, modifie l'économie des relations intergénérationnelles et peut être porteur d'inégalités fortes. Comment organiser une société dans laquelle les individus vivront et seront actifs plus longtemps ? Telle est la question au coeur de ce rapport, qui met en lumière les enjeux du vieillissement pour l'action publique dans des domaines très divers - emploi, logement, urbanisme, sécurité, santé. Ce rapport propose des pistes de réflexion et d'action afin d'infléchir les conséquences du vieillissement dans un sens favorable à une meilleure cohésion sociale.
Publié le : vendredi 1 octobre 2010
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Source : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000662-vivre-ensemble-plus-longtemps-enjeux-et-opportunites-pour-l-action-publique-du
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Le vieillissement de la population française s’accélère. Essentiellement lié à la montée en âge des générations nombreuses dubabyboom à et l’allongement de l’espérance de vie, il transforme en profondeur la société, modifie l’économie des relations intergénérationnelles et peut être porteur d’inégalités fortes.
Comment organiser une société dans laquelle les individus vivront et seront actifs plus longtemps ? Telle est la question au cœur de ce rapport, qui met en lumière les enjeux du vieillissement pour l’action publique dans des domaines très divers – emploi, logement, urbanisme, sécurité, santé.
Si relever le défi du vieillissement est une urgence pour l’ensemble des acteurs, c’est surtout une occasion unique de repenser notre pacte social. Ce rapport propose des pistes de réflexion et d’action afin d’infléchir les conséquences du vieillissement dans un sens favorable à une meilleure cohésion sociale.
Diffusion Direction de l’information légale et administrative LadocumentationFrançaise Tél. : 01 40 15 70 00 www.ladocumentationfrancaise.fr
Imprimé en France Df : 5RD23630 ISBN : 9782110083241 Prix : 14,00 euros
2010 no28
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Questions sociales
Travaux coordonnés parVirginie Gimbert et Clélia Godot
Vivre ensemble plus longtemps
ENJEUX ET OPPORTUNITÉS POUR L’ACTION PUBLIQUE DU VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION FRANÇAISE Travaux coordonnéspar Virginie Gimbert et Clélia Godot 2010
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VIVRE ENSEMBLE PLUS LONGTEMPS
Vincent Chriqui,directeur généraldu Centre d’analyse stratégique
Avant-propos
La population française vieillit rapidement : en 2005, un individu sur cinq était âgé de 60 ans ou plus ; la proportion sera d’un sur trois en 2050. Cette accélération prévisible du vieillissement tient essentiellement à la montée en âge des générations nombreuses dubaby-boomprogression de l’espérance de vie, le pluset à la souvent en bonne santé. Au niveau individuel, il s’agit donc d’une très bonne nouvelle. Au niveau collectif, les conséquences du vieillissement dépendront largement des réponses sociales et politiques qui seront apportées. Si l’on ne prend aucune mesure, un scénario « au fil de l’eau » pourrait s’accompagner d’importants risques économiques (croissance faible) et sociaux (conflits entre générations, inégalités accrues). À l’inverse, ce rapport du Centre d’analyse stratégique montre que des consé-quences « maîtrisées » du vieillissement sont à notre portée, à condition de ne pas différer plus longtemps une adaptation de l’action publique et des modes de vie aux nombreux enjeux que ce phénomène recouvre (emploi, logement, urbanisme, santé, dépendance, etc.).
Construire une réponse efficace au vieillissement sup-pose d’abord de s’adresser à l’ensemble des individus et d’intervenir tout au long du cycle de vie. Vivre plus vieux en bonne santé et être actif plus longtemps, cela se prépare dès l’enfance et la jeunesse : une éducation de qualité est le premier déterminant d’une bonne hygiène de vie et d’une insertion satisfaisante sur le marché du travail.
Cette perspective générale n’exclut évidement pas de développer des politiques ciblées afin de répondre aux besoins spécifiques des populations les plus âgées.
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Ce rapport montre bien que, dans la plupart des cas (adaptation des logements, sécurisation des domiciles et de l’espace public, montée en nombre et en gamme des emplois des services à la personne, conciliation entre aide familiale et activité professionnelle, suivi médical, etc.), la mise en place de dispositifs dédiés à ces segments de la population tend à bénéficier au plus grand nombre et à améliorer le bien-être de tous. Toutefois, pour être soutenable et équitable d’un point de vue inter-et intra-générationnel, le financement de ces politiques supposera sans doute la mobilisation de ressources déjà dédiées aux seniors et aux personnes âgées, et le recours à d’autres dispositifs de prévoyance individuelle ou collective.
Pour une meilleure efficacité, l’action publique doit également mieux prendre en compte la coexistence au sein de la famille élargie de quatre générations, et non plus de trois. L’économie des relations intergénérationnelles s’en trouve modifiée et rendue plus complexe. Alors que l’ensemble du système de protection sociale repose toujours implicitement sur un schéma à trois générations, il est impératif de repenser notre action dans un schéma qui intègre une « génération en plus ».
Face au défi du vieillissement, les pouvoirs publics ont un rôle majeur à jouer. D’abord par souci d’équité et d’attention aux plus vulnérables, mais aussi parce que l’intervention des pouvoirs publics, loin de se substituer à la responsabilité individuelle et aux solidarités familiales, vient généralement les renforcer, les suppléer ou éviter l’épuisement des acteurs. Face notamment à la dépendance, la qualité de la vie des aidants familiaux est une priorité : c’est pourquoi il faut faciliter l’accès au congé pour solidarité familiale ou développer les centres d’accueil temporaire et les équipes de personnel mobile intervenant à domicile. Par une action concertée des différents acteurs impliqués, il apparaît possible d’orienter les conséquences du vieillissement dans un sens favorable à une meilleure cohésion sociale.
Je tiens à remercier l’ensemble des chargés de mission et conseillers scientifiques du Centre d’analyse stratégique qui ont contribué à l’élaboration de ce rapport, dont le mérite essentiel est de proposer un regard à la fois éclairé et optimiste sur les opportunités que présente le vieillissement.
Introduction
Sommaire
Vivre plus longtemps en bonne santé : des réalités contrastées
LA « VIEILLESSE N’EST QU’UN MOT 1» Clélia Godot et Vanessa Wisnia-Weill
2UN VIEILLISSEMENT COGNITIF RÉUSSI, CONDITION DU BIEN-ÊTRE DANS LA LONGÉVITÉ Sarah Sauneron et Olivier Oullier
Le marché du travail à l’épreuve du vieillissement : défis et opportunités
3LE VIEILLISSEMENT : QUELS IMPACTS SUR L’EMPLOI ET LES MÉTIERS ? Tristan Klein
4MODÈLES DE CARRIÈRE ET LOGIQUES DE FIN DE VIE ACTIVE : QUELLES LE NS DELACOMPARAISONEUROPÉENNEÇ?OClélia Godot
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Une population vieillissante : des réponses spécifiques ou orientées vers le bien-être de tous ?
5VIEILLISSEMENT ET SÉCURITÉ : COMMENT MIEUX PROTÉGER LES SENIORS ? Olivier Renaudie
6HABITAT ET URBANISME FACE AU VIEILLISSEMENT Catherine Collombet
7LE SYSTÈME DE SANTÉ FACE AU DÉFI DU VIEILLISSEMENT Virginie Gimbert
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Une génération en plus : des rapports intergénérationnels modifiés et des politiques publiques à réorienter 201
8L’ÉTAT PROVIDENCE, MULTIPLICATEUR DES SOLIDARITÉS FAMILIALES ? ARGUMENTS POUR UN MODÈLE DE SOCIÉTÉ « MULTI-SOLIDAIRE » Vanessa Wisnia-Weill
9AIDER LES AIDANTS : QUELS DISPOSITIFS POUR ACCOMPAGNER LES AIDANTS FAMILIAUX DES PERSONNES ÂGÉES DÉPENDANTES ? Charlotte Barbe et Virginie Gimbert
10LA FISCALITÉ DES SENIORSClément Schaff
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Conclusion
Liste complète des propositions
Les auteurs
SOMMAIRE
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Introduction
Lpresussecolieivedemenlisslatdealitopupanenovastnamrofsnartgeâdretuuctrs.nEenuidomîartrenropndfocafiontidieedneterpaiété,enotresoc France, selon les projections démographiques de l’INSEE, un habitant sur cinq est âgé de 60 ans ou plus en 2005 ; cette proportion passera à un sur trois en 2050. La prise en considération de ce processus est pour l’action publique à la fois une nécessité et un défi majeur.
Le vieillissement évoque spontanément des représentations sociales négatives, voire angoissantes. Au niveau individuel, il désigne un processus inéluctable qui s’accompagne de pertes irréversibles. Au niveau collectif, il est associé à une série de problèmes économiques et sociaux qui semblent souvent difficiles à surmonter : une société vieillissante serait sur le déclin, en perte de croissance. Le financement de l’ensemble du système de protection (retraites, santé, risque de dépendance) serait rendu incertain, jusqu’à menacer l’existence même d’un dispositif mis en place à un moment où les plus âgés étaient rares et les jeunes générations nombreuses. Mais il faut aller au-delà de cette vision simplificatrice le vieillissement est : un processus protéiforme aux conséquences multiples et contrastées. Si on le considère comme une contrainte, le risque est élevé que les réformes envisagées pour y répondre produisent des ajustements relativement marginaux, peu durables et éventuellement contestés. Ce scénario « au fil de l’eau » conduirait selon certains experts à une situation où le vieillissement se traduirait effectivement par un ensemble de phénomènes négatifs à court terme pour le vivre ensemble : déclin économique, hausse du chômage, accroissement des inégalités et des clivages entre les « gagnants » et les « perdants » des réformes, montée des tensions sociales, voire de conflits importants entre générations ou entre groupes sociaux, etc.1
Or, à y regarder de plus près, le vieillissement est d’abord et avant tout synonyme de longévité accrue pour tous, et plus encore, delongévité accrue en bonne (1) Voir les trois scénarios prospectifs sur les conséquences du vieillissement en France en 2030inGodet M. et Mousli M. (2008),Le vieillissement, une bonne nouvelle ?, Conseil d’analyse économique, Paris,La Documentation française.
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santéil conviendrait de l’envisager davantage comme un défi à. En ce sens, relever qui pourrait s’accompagner de nombreuses opportunités pour l’économie et la société française. La question centrale devient donc la suivante : comment organiser une société dans laquelle les individus vivront et seront actifs plus longtemps ?
Ce rapport souhaite présenter une vision non stéréotypée du vieillissement, en décryptant ce processus et ses conséquences au niveau collectif et pour l’action publique. Sans prétendre à l’exhaustivité, il s’appuie sur l’examen de domaines variés de l’action publique, ce qui permet de repérer des tendances convergentes ou au contraire des spécificités. Déceler les opportunités qui découlent du vieillissement afin de pouvoir les saisir avant qu’il ne soit trop tard constitue une priorité de l’action publique. Ce rapport présente des pistes de réflexion et des propositions en ce sens.
En France, quelles caractéristiques du vieillissement ? Le vieillissement de la population est un processus long, qui a débuté au XIXesiècle et concerne aujourd’hui l’ensemble des pays à des rythmes et selon des ampleurs différents. Ce qui est singulier dans la situation actuelle, c’est l’extrême rapidité de ces évolutions. En France, le processus sera marqué par une nette accélération entre 2005 et 2035 : alors qu’en 2005, 20,8 % de la population résidant en France métropolitaine avait 60 ans ou plus, cette propor-tion pourrait atteindre le seuil des 30 % dès 20351. Cette accélération est liée à l’arrivée à ces âges des générations nombreuses issues dubaby-boom, c’est-à-dire nées entre 1946 et 1975. Entre 2035 et 2050, en revanche, la progression sera plus modérée, du fait à la fois de générations moins nombreuses arrivant à l’âge de 60 ans et de la disparition progressive des générations dubaby-boom, qui parviendront alors à des âges de forte mortalité.
La théorie présente ce processus comme la résultante de quatre formes de vieillissement2 par le haut », est consécutive à l’allongement. La première, dite « de la durée de la vie. La seconde, dite « par le bas », est induite par la réduction durable du taux de fécondité sous le seuil de remplacement des générations, qui provoque un rétrécissement de la pyramide par sa base. La troisième forme de vieillissement tient à l’arrivée à un âge avancé des générations dubaby-boom, qui viennent gonfler la pyramide au niveau des groupes intermédiaires ou âgés.
(1) D’après les projections de l’INSEE de 2005. (2) Héran F. (2010), « L’inexorable privilège du vieillissement »,Alternatives économiques, Générations », Hors série n° 85, avril. «
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