FIFA : programme de J. Champagne pour la FIFA du XXI siècle

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Mardi matin, le Français Jérôme Champagne a rendu public son programme pour prendre la présidence de la fédération internationale, lors des élections qui se dérouleront en juin 2015.

Publié le : mardi 21 octobre 2014
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LETTRE N°6 ANNEXE I e MON PROGRAMME POUR LA FIFA DU XXI SIECLE 1POUR UNE FIFA PLUS DEMOCRATIQUE, PLUS REPRESENTATIVE DU MONDE ET PLUS INCLUSIVE Comme toute structure vivante, la FIFA doit s’adapter en permanence et apporter des solutions aux questions qui se posent à sa gouvernance, mais surtout à la gouvernance du football qui est sa mission première. 1.1RENFORCER LA PLACE DES FEDERATIONS NATIONALES La FIFA a été créée en 1904 par et pour ses fédérations nationales membres. Cette structure doit non seulement être respectée,mais elle doit être aussi renforcée. Ce sont les fédérations qui, au niveau national, représentent le « peuple du football » à travers leurs joueurs, leurs clubs, leurs ligues et leurs fans. C’est seulement au niveau desfédérations nationales que peuvent se trouver les points d’équilibre entre football amateur et football professionnel, entre les intérêts des clubs et ceux des équipes nationales, entre le court terme (gagner des compétitions), et le moyen terme (former de s jeunes talents, leur permettre de grandir et d’évoluer dans les meilleures conditions possibles) et réussir ainsi à préparer l’avenir.Dans cet esprit, je propose ce qui suit : Réserver aux présidents des fédérations nationales la majorité des sièges au sein du Comité Exécutif de la FIFA(voir annexe II), Elire ces sièges au Congrès de la FIFAau moment de l’élection du président de la FIFA pour créer, ce serait une première, unevéritable« majorité de gouvernement » au bénéfice de la cohérence (voir annexe II), Dans tout système démocratique, la personne choisie pour conduire un paysdispose d’une majoritéde gouvernement cohérente afin d’appliquer le programme pour lequel elle a été élue. Etablir que les présidents des fédérations nationales élus au Comité Exécutif par le Congrès perdent leur siège s’ils perdent leur responsabilité nationale. Leur remplacement pourrait se faire par le président de la fédération nationale du même continent n’ayant pas été élu, mais ayant reçu le nombre de votes immédiatement inférieurlors de l’élection initiale. Une autre option serait par une nouvelle élection lors du Congrès de la FIFA suivant pour la durée restante des quatre années du mandat initial. Inscrire dans les statuts le fait que chacune des fédérations nationales dispose d’au moins un poste dans les commissions techniques de la FIFA. De même dans chacune de ces commissions, un quota de sièges sera réservé aux propositions faites par les fédérations nationales indépendamment des nominations proposées par les confédérations. Faire élire les membres de la Commission des Associations par le Congrès de la FIFA.
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1.2ADAPTER LES INSTITUTIONS AUX EVOLUTIONS DU MONDE La question du poids relatif des continents au sein de ses institutions et de la répartition des places dans ses compétitions, a de tout temps fait débat au sein de la FIFA. Par exemple en 1966, les fédérations africaines avaient boycotté la Coupe du Monde en Angleterre en raison du refus de la FIFA de leur reconnaître une entrée directe à la phase finale de la compétition. En fait, la FIFA est confrontée aux mêmes débats que les institutions internationales à propos de la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies ou des droits de vote du Fonds Monétaire Internationale qui représentent le monde tel qu’il était et non pas tel qu’il est aujourd’hui. Les inégalités entre continent sont d’un autre tempsalors qu’il nous faut regarder le présent et se tourner vers l’avenir.Il faut donc établir un nouvel équilibre plus juste et plus représentatif entre les continents, et ce dans au moins quatre domaines : er A la tête de la FIFA, élireà l’avenirensemble sur un même « ticket » le président et le 1 viceprésident, les deux candidats associés étant obligatoirement originaires de deux continents différents. Cette formule garantira la légitimité du président intérimaire si le président de la FIFA en venait à ne plus être en mesure d’assumer ses fonctions. Elle sera aussi un symbole fort de l’universalité de notre organisation et de l’obligation de prendre en compte la diversité des besoins du football à travers la planète. Au sein du Comité Exécutif, attribuer un siège supplémentaire aux cinq continents non-européens(voir annexe II). Au niveau de l’administration de la FIFA, élargir le recrutement à l’ensemble de la planète, Je suis par conviction opposé à un système de « quotas», formels ou non écrits, tels qu’il peut en exister à la Commission européenne ou aux Nations Unies. Il me paraît néanmoins indispensable de disposer des expertises d’originesethniques, sociales et culturelles plus diverses au niveau des échelons supérieurs de la FIFA. Au niveau de la Coupe du Monde, lancer immédiatement une large réflexion sur la répartition des 32 places. Le débat est toujours le même qu’en 1966 et malheureusement, les arguments pour refuser de changer aussi :"le football de certains continents n’aurait pas le niveau", "il devrait d’abord prouver ses succès",etc. Or la dernière Coupe du Monde au Brésil a montré, une nouvelle fois, que le monde du football évolue en permanence. L’Europe avec l’Allemagne en juillet dernier a été le premier continent à gagner trois titres mondiaux consécutivement, mais sept de ses treize équipes ont été éliminées dès la phase de poule. L’Amérique du Sud a montré sa force traditionnelle. L’Amérique, toujours,mais celle du Centre, a créé la surprise de la Coupe du Monde avec le Costa Rica. L’Afrique a, pour la première fois, qualifié deux équipes en huitièmes de finale et aurait pu en avoir trois, sans compter que le Ghana et l’Algérie ont sérieusementmalmené le futur vainqueur…Je ne suis pas favorable à une formule à 40 équipes car la Coupe du Monde est déjà devenue trèstrop ? - lourde à organiser avec 32 équipes. De plus, parmi les formules envisageables, celle avec 10 groupes de 4 équipes imposerait de qualifier des « meilleurs deuxièmes » avec des risques de comportement antisportif. Celle avec 8 groupes de 5 augmenterait de 50% le nombre total de matches. 2
1.3RECONNAITRE LE ROLE DES CONFEDERATIONS Certes, les confédérations ne sont pas membres de la FIFA, mais comment ne pas reconnaître qu’elles jouent un grand rôle dans le football? Il est donc indispensable de clarifier et de formaliser ces relations par des contratsen ligne avec l’article 20.4 des statuts de la FIFA.Ces contrats pourraient : Formaliser des délégations de compétences (par exemple:l’organisation des phases qualificatives), Définir des contrats d’objectifsles subventions financières que la FIFA accorde aux pour confédérations (par ex. subventions aux fédérations nationales pour les déplacements de leurs équipes nationales dans les compétitions continentales, cofinancement de projets de développement), Formaliser la qualité automatique de vice-présidents de la FIFAtous les six présidents pour des confédérations, Réserver aux confédérations une positionchacune des commissions techniques de la dans FIFA.1.4ASSOCIER LES ACTEURS AU PROCESSUS DE DECISION Depuis une vingtaine d’années, nos états ont renforcé la participation de ce qui est appelé la « société civile ». Dans le football, cette « société civile» s’est aussi organisée avec la FIFPro, qui regroupe 56 associations ou syndicats nationaux de joueurs professionnels, avec l’EPFL et ses 29 ligues européennes et avec les organisations de clubs européens (G-14 puis ECA), ces deux dernières n’étant pas encoremondialisées, ni totalement représentatives. De plus, la gouvernance du football sortira renforcée de l’intégration de ces acteurs de notre sport dans le processus de décision, à la fois pour mieux préparer en amont les règlements et les décisions et mieux les appliquer en aval. Je propose donc qu’un siège au Comité Exécutif soit réservé(voir annexe II): A la FIFProen la personned’un représentant choisipar elle, A une future FIF-Ligues, mondialisée, pyramidale et démocratique, une fois qu’elle aura été créée, A une future FIF-Clubs, mondialisée,pyramidale et démocratique, une fois qu’elle aura été créée. 1.5FINALISER LA CARTE DES MEMBRES DE LA FIFA La FIFA compte aujourd’hui 209,mais sa carte n’est passuffisamment complète pour que notre engagement pour un football mondial soit pleinement réalisé. Il faudra donc préparer l’intégration de fédérations: De plusieurs états indépendants de l’Océan Pacifique: Kiribati, îles Marshall, Micronésie, Nauru, Palau, en dotant leurs fédérations d’un statut peut-être particulier, Du Kosovodont l’affiliation est actuellement bloquée pour des raisons extra-sportives, De quelques territoires non-indépendants(cinq départements français d’outre-mer, un territoire administré par les Etats-Unis). Il faudra aussi soutenir etencouragerla réunification du football dans certains pays(par ex. Chypre, Somalie-Somaliland).
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2POUR UN FOOTBALL REEQUILIBRE ET UNE GLOBALISATION MIEUX PARTAGEE La globalisation du football a été un succès pour notre sport. Les audiences de la dernière Coupe du Monde l’ont encore largement démontré. Mais cette globalisation s’est traduite par une forte polarisation économique ayant elle-même entraîné des déséquilibres sportifs préoccupants et un déclin marqué de l’incertitude du résultat. Cette prévisibilité accrue des compétitionss’observent avec des résultatsaujourd’hui de plus en plus déterminés par des décisions prises en dehors du terrain. Cette polarisation économique sur une minorité de clubs et de compétitions d’Europe occidentale s’est de surcroit renforcée par les conséquences de l’arrêt Bosman (appel d’air des joueurs vers l’Europe mais aussià l’intérieur de l’Europe au détriment desligues non-européennes et de certaines ligues européennes). L’écart entre les continents s’est accru. Le football européen a perdu l’homogénéité qui était la sienne, il y a vingt ans. Et trop de championnats nationaux sont monopolisés par un voire deux clubs. A mon sens, ces déséquilibres constituent le défi central du football pour les dix-quinze prochaines années. 2.1PLACER LA LUTTE CONTRE LES DESEQUILIBRES DU FOOTBALL AU CENTRE DE L’ACTION DE LA FIFA Dès le 30 mai 2015, il faudra s’atteler à cette tâche complexe et difficile : Mettre sur pied un « Haut Conseil mondial pour le développement du football »,composé de membres représentatifs de notre diversité de situations, Etablir un calendrier de travail rapide, Etudier sans tabou toutes les options possibles(contribution sur les droits TV perçus hors du territoire des compétitions, protection de la formation, des clubs et des pays formateurs, mesures pour renforcer le pourcentage de joueurs éligibles dans les équipes nationales, réforme des formats des compétitions, etc.). Ce Conseil aura pour tâche la définition des stratégies et des programmes de développement (avec pouvoir de décision et de contrôle) pour assurer la transparence et la traçabilité des fonds utilisés. Il faudra aussi rationaliser l’empilement actuel des programmes de développement, réduire les frais de gestion et mieux contrôler l’utilisation et l’efficacité de ces fonds.Cette lutte contre les déséquilibres doit s’accompagner d’efforts financiers. En effet, il ne paraît pas opportun de conserver un niveau de réserves de 1,5 milliard de dollars à la FIFA au moment où tant de fédérations membres rencontrent des difficultés financières face à l’augmentation du nombre de compétitions auxquelles elles doivent participer et à la diversification de leurs activités. La nécessité de s’auto-assurer et donc de garder des réservesne doit pas empêcher l’affectation d’une partie de ces réserves à un effort accru en matière de développement. 2.2RENFORCER LE SOUTIEN FINANCIER AUX FEDERATIONS LES MOINS PRIVILEGIEES Tout en préservant des réserves suffisantes autour du milliard de dollars, il est possible de : Doubler le Programme d’Assistance Financière pour les 100 fédérations dont les budgets sont les plus faibles, Examiner la possibilité de le faire pour les 50 suivantesen fonction des résultats financiers de la FIFA, Financer les nouveaux programmes suivants.
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2.3AIDER LES FEDERATIONS NATIONALES A AIDER LEURS LIGUES ET LEURSCLUBS Beaucoup a été fait ces vingt dernières années par la FIFA et les confédérations pour le succès des compétitions mondiales et continentales,mais le football au niveau national a souffert. Le football national doit être la priorité de la FIFA pour les prochaines années. A mon sens, nous devrons : Analyser en détail la situation des 3.000 clubs-environ-de première division dans le monde, Recenser les besoins pays par paysces clubs (terrains de compétitions, terrains de d’entraînement, académie nationale de formation gérée par la fédération, etc.), Définir les programmes spécifiquesà mettre en œuvre.2.4CONSTRUIRE 400 TERRAINS DE JEU EN QUATRE ANS Deux actions sont envisageables : Construire ces 400 terrainsen fonction des besoins des fédérations, des ligues et des clubs, mentionnés ci-dessus, Lancer une étude de faisabilité sur la réduction du coût unitaire de ces pelouses avec plusieurs formules à étudier (la FIFA s’impliquant en direct dans la fabrication des pelouses?, la FIFA s’associant avec un industriel sur un programme à moyen-terme ?, la FIFA intervenant dans la chaîned’achat afin d’en optimiser les conditions financières ?).2.5ETABLIR UN PROGRAMME SPECIFIQUE POUR LES FEDERATIONS ILIENNES D’OCEANIE ET DES CARAIBES Certains peuvent penser à tort que les besoins de ces « petites » fédérations sont moindres du fait de la taille de leur population et du football local. Or, c’est l’inverse que nous observons. Une taille réduite signifie moins de moyens disponibles en provenance d’autres sources (gouvernements, télévisions, secteur privé). Leur isolement, la dépendance au transport aérien coûteux pour les déplacements internes de leur championnat et externes pour leurs équipes nationales, leur structure en archipel, etc., requièrent des soutiens supplémentaires. Il faudra donc : Etablir un programme spécifiquepour les fédérations d’Océanie et des Caraïbes, tout en l’étendant aux fédérations desautres continents se trouvant dans des situations similaires (Cap Vert, Comores, Maldives, Seychelles), Le doter d’un budget annueldans une première phase de 30 millions de dollars par an pour financer les transports internes et externes avec l’aide de l’administration de la FIFA (voir ci-dessous). 2.6METTRE EN PLACE DES TASK-FORCES POUR LES FEDERATIONS DES PAYS CONTINENTS Ce programme viseinitialement trois pays, la Chine, l’Inde et l’Indonésie qui ensemble regroupent 40% de la population mondiale. Regroupant sous l’autorité de la FIFA des représentants des fédérations concernées, de l’AFC et des acteurs locaux, y compris les joueurs,ces « task-forces » seraient ouvertes à tous ceux (fédérations et ligues de pays tiers, gouvernements) souhaitant s’investir pour aider les footballs de ces pays.Il s’agirait d’offrir un «guichet » de service pour soutenir les fédérations de ces pays dans une approche multisectorielle (organisation de base,aussi marketing, télévision, mais professionnalisation du plus haut niveau, massification du football dans la population). Cela permettra aussi de faire des économies sur les dépenses d’administration enregroupant les efforts et d’affecter plus de fonds sur le terrain.5
Bien évidemment, d’autres «pourraient être créétask-forces » es pour d’autres fédérations nationales si cette méthode s’avérait efficace (par exemple pour le Nigeriaet la RD Congo). 2.7ETABLIR A LA FIFA UNE CENTRALE D’ACHATS AU SERVICE DU FOOTBALLPour beaucoup de fédérations nationales, les coûts d’achat des équipements du football sont trop élevés du fait de leur situation économiqueet de leur faible potentiel d’achat (absence demasse critique). Je propose donc : D’étudier la mise en place au sein de la FIFA, d’une «centrale d’achats», De lui confier la recherche des synergies et des économies d’échelleen matière d’achats de pelouses synthétiques, de ballons, de chaussures, de maillots, etc., De faire de même pour le transport aérienen négociant avec les grandes alliances mondiales de compagnies aériennes, D’ouvrir ce «aux fédérations nationalesservice » ,aussi aux clubs pour regrouper les mais achats de matériels.
e 3SIECLEPOUR UNE GOUVERNANCE ADAPTEE AU XXI Face au scepticisme ambiant, justifié ou non, vis-à-vis des institutions de tout ordre (gouvernements, entreprises privées, organisations internationales), la FIFA doit répondre à des demandes nouvelles. Ce qui était légal ou seulement acceptable ou toléré il y a vingt ans, ne l’est plusaujourd’hui. Nos opinions publiques et nos concitoyens demandent plus de transparence, d’éthique, d’efficacité et de proximité. Ceci n’est un jugement contre personne,mais un constat de fait. 3.1GOUVERNER PAR L’EXEMPLELà encore, il s’agit de contribuer à la reconstruction de l’image de la FIFA qui, et je l’ai dit souvent, est injustement accusée de tous les maux survenant dans la pyramide mondiale du football. Je propose donc les mesures suivantes : Pour lePrésident, je m’engage àrendre public mon salaireà informer la et Commission d’Ethique et la Commission d’Audit de l’état de mon patrimoine personnel au début du mandat afin de pouvoir le contrôler à la fin de celui-ci. Renforcer le code d’Ethiqueet son application, Faire gérer tous les contrats commerciaux de la FIFA (TV, marketing, etc.)par un organe autonome du Comité Exécutif sur les bases des meilleurs pratiques en matière d’appels d’offres, et ce afinde protéger les fonctions gouvernementales de la FIFA,par le Président et le Comité Exécutif, de tout soupçon en la exercées matière. 3.2LANCER UN PROGRAMME DE REDUCTION DES COUTS HORS DEPENSES DE DEVELOPPEMENT Sur la période 2015-2018 (source Rapport Financier 2013), la FIFA dépensera plus en coûts de fonctionnement (990 millions de dollars) qu’en projets de développement (900 millions).
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Cet effort doit aussi porter sur toutes les autres dépenses de la FIFA (par exemple plus de 2,5 milliards de dollars pour toutes les compétitions) qui,hors développement,atteignent 4 milliards sur la même période 2015-2018. Un objectif de 5% de réduction des coûts est un objectif réaliste ne remettant pas en cause les missions de la FIFA. Il représenterait un total potentiel de 200 millions de dollars et je vous propose que nous prenions la décision d’affecterautomatiquement toute économie aux projets de développement. 3.3RENFORCER L’ADMINISTRATION DE LA FIFAAfin de s’adapter en permanence aux défis de la gouvernance du football mondial, les mesures suivantes vous sont proposées : Créer une « Division des Fédérations nationales »,uniquementdédiée au suivi quotidien des besoins de vos fédérations en une sorte de guichet de service et renforcer une approche « sur mesure» des problèmes de chacune d’entre elles, Etablir une « Division du Football professionnel »en charge de toutes les questions touchant le football professionnel et dont les postes seront confiés à des spécialistes du secteur : (1) -élaboration et application des règlements en coopération avec les joueurs, clubs, ligues et fédérations, (2)renforcement et accélération des procédures juridictionnelles aujourd’hui trop lentes et trop coûteuses, et (3)mise en place des programmes de soutien au football national avec la Division du Développement. Créer un «centre d’analyse et de prévision»,sorte de « think tank  une » regroupant des spécialistes de tous les secteurs afin d’anticiper les évolutions et defournir des pistes pour les mesures à prendre pour le bien du football, Mettre sur pied une structure en charge de gérer les appels d’offres de la FIFApoint (voir 3.1), Mettre sur pied une centrale d’achatau sein de la « Division du Développement » (voir point 2.6), Elargir au monde entier l’appel aux ressourceshumaines pour bénéficier de la diversité de notre football (voir point 1.2). Il faudra enfinclarifier la définition du poste de secrétaire général: e Le système actuel est hérité de la conception britannique des clubs sportifs au XIX siècle avec une présidence honorifique et un secrétariat général exécutif. Par exemple, jusqu’en 2003, les compétences attribuées au Président de la FIFA dans les Statuts de la FIFA étaient minimales. Cette formule ne correspond plus à un système où la seule légitimité politique réside dans l’élection du Président de la FIFA au suffrage universel des 209 fédérations.De plus, la « présidentialisation » des Statuts de la FIFA accomplie en 2003 a été incomplète avec les articles sur les compétences respectives du Président (art. 32) et du Secrétaire Général (art. 72) créant une dichotomie et des doublons à la tête de la FIFA. Enfin, l’article 31.8 donnant au Comité Exécutif le pouvoir de refuser au Président de la FIFA le remplacement du Secrétaire Général donne à ce dernier les moyens de « jouer » entre les institutions pour se protéger et pour finalement obtenir une légitimité « politique» qu’un organe administratif non élu ne devrait pas avoir. Dans ce cadre et comme dans tout système démocratique, le Président de la FIFA doit pouvoir compter sur un « chef de cabinet» qui, quel que soit son titre, sert d’interface et garantit la cohésion entre l’action administrative et les décisions politiques.7
3.4NEGOCIER UNE CONVENTION COLLECTIVE MONDIALE JOUEURS-CLUBS Le football mondial a été « révolutionné » parl’arrêt Bosmannon seulement sur le fond des choses mais sur les méthodes car cet arrêt est le résultat de l’incapacité des institutions du football de l’époque d’écouter la base, de comprendre les nouvelles tendances et de dialoguer avec les acteurs du sport. Beaucoup a été accompli en la matière,et je suis fier du rôle que j’y ai joué (accord de 2001 avec la Commission européenne sur les transferts, mise en place de la Chambre de Résolution des Litiges paritaire, accord FIFA-FIFPRO en 2006, etc.). Mais il faut aller plus loin et je propose donc de: Lancer une « task-force »regroupant les acteurs du football professionnel, Négocier une « convention collective mondiale »clubs/ligues-joueurs, employeurs-employés, Inclure tous les élémentsaujourd’hui nécessaires: (1) « paquet de mesures » sur les transferts, la formation, etc., (2) définition du football et (3)spécificité » de la « modernisation et actualisation des règlements mondiaux du football professionnel. 3.5REDYNAMISER LA PARTICIPATION ET LES DEBATS AU SEIN DE LA FIFA Cette redynamisation est aujourd’hui indispensable et plusieurs mesures sont envisageables: Organiser le Congrès de la FIFA sur trois jours avec une journée consacrée à des thèmes proposés par les fédérations nationales et à des tables rondes et des forums dont les conclusions seraient débattues et éventuellement approuvées le dernier jour. Ceci peut être mis en place sans coût supplémentaire puisque les délégations sont présentes sur place pour cette durée. Consulter les fédérations nationalesla préparation des ordres du jour de toutes les sur réunions de la FIFA, Equiper toutes les fédérations nationales de capacité de vidéoconférencepour accroître les processus de consultation, mais aussi pour réduire les coûts, certains délégués pouvant parfois traverser le monde pour deux heures de réunion, Mettre sur pied des mécanismes de consultation systématique des fédérations(sondages sur toute question à débattre, etc.). 3.6RENFORCER LA DIMENSION MONDIALE DE LA FIFA La FIFA est une organisation mondiale, mais le football ne peut être envisagé uniquement sous l’angle d’une approche continent par continent. Nos six continents présentent individuellement des situations très contrastées. Les fédérations les plus privilégiées de chaque continent ont plus de points communs entre elles qu’elles n’en ont avec les fédérations les moins privilégiées de leur propre continent. En plus de penser le football par continent, ne serait-il pas aussi utile de réfléchir aux problèmes du football, par exemple par groupe de 50 fédérations du classement FIFA ? La problématique des fédérations dont les équipes nationales sont classées entre les positions 150 et 209 dudit classement, est globalement identique, quel que soit leur continent ! De la même manière, la dimension mondiale de la FIFA doit nous amener à recréer les conditions de la relation avec le peuple du football et notamment avec les joueurs licenciés à travers le monde. Plusieurs pistes devront être étudiées : Offrir plus de contacts aux fédérations nationales en dehors de leur continent(par ex. logement dans les Congrès de la FIFA par ordre alphabétique plutôt que par continent), pour multiplier les contacts intercontinentaux,
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