Numéro 6 - Le stress : différences hommes-femmes

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Numéro 6 - Le stress : différences hommes-femmes

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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LE MAGAZINEOFFICIEL DUCENTRE DÉTUDESSUR LE STRESSHUMAIN
Le Centred’études surle stress humaina pour missiond’améliorer lasanté physiqueet mentale desindividus en leurfournissant uneinformationscientifi quede pointe sur leseffets du stresssur le cerveauet le corps.
Institut de la santé des femmeset des hommes (ISFH)Institute of Gender and Health (IGH)
Le stress :différences hommes-femmes
ÉditorialDébutons avec le terme sexe. Vous serez peut-être surprisPar Tania Elaine Schramek, B.A., M. Sc.d’apprendre qu’il y a quatre façons de répondre à la question:Traduction : Marie-France Marin, B.A., M. Sc.qu’est-ce que le sexe? Afin de comprendre pourquoi, nous de-vons d’abord comprendre la distinction entre détermination duVcoetutse  preetimtep cliasseseozù uvonu sq dueevsetzi ionndinqauierre voettrevosuesxe.voPyleuz-sdeéxeniestsednitffléarednéctieartimoinnasteixouneldleu.sLeexsedcicotimomnenaéitraesntbcioolnosgtiiqtuuéesetôt simple, n’est-ce pas? Vous n’avez qu’à dire si vous êtes un des processus qui établissent et transmettent la spécificationhomme ou une femme. Pour la plupart d’entre nous, il n’y a riendu statut sexuel.En français, la détermination du sexe, le faitde compliqué là-dedans. Mère Nature a décidé et nous a ensuite d’être un homme ou une femme, origine du moment où l’ovuledotés du nécessaire pour être soit un homme ou une femme. Et de la mère et le sperme du père se rencontrent pour débuter levoilà, notre sexe a été déterminé. Mais est-ce que cela veut dire processus de la vie. Par contre, la différenciation sexuelle dé-que notre genre nous a également été assigné? coule du processus développemental permettant de devenir unhomme ou une femme. En d’autres mots, il s’agit de la façonDans la littérature scientifique et dans les publications dont nous devenons le sexe qui nous a été assigné au momentdestinées au grand public, les termes sexe et genre sont sou- de la détermination du sexe. Chez les humains, la première moi-vent utilisés de façon interchangeable. Dans notre domaine, tié de la différentiation sexuelle se produit dans l’utérus (le dé-nous voyons des titres comme «Différences de sexe par rapportà la réactivité au stress» ou «Différences de genre par rapport àla réactivité au stress», et plusieurs prennent pour acquis qu’il… dans ce numéro duMammouth Maga-s’agit de la même chose. Par contre, vous noterez que dans cezine, nous n’utiliserons pas ces termes denuméro duMammouth Magazine, nous n’utiliserons pas cessemetermes de façon interchangeable, précisément parce qu’ilsnefqauçiolsn  ninet seirgcnhia negnet apbalse ,l ap rmécêime chnotsep.arce signifientpas la même chose.
Stress: Le sexe a-t-ilquelque chose à y voir?veloppement du cerveau et la formation des orga-nes sexuels internes et externes), alors que l’autremoitié se produit à la puberté (lorsque les organessexuels mûrissent à leur forme adulte).Les quatre niveaux de ladifférenciation sexuelleAbordons maintenant les quatre types de sexementionnés ci-haut. La recherche nous a apprisque chaque sorte de sexe dépend et est affectéepar les autres sortes. Tout cela débute avec le sexechromosomique (aussi appelé sexe génétique) parlequel un XY fait de vous un homme et un XX faitde vous une femme. La différence découle de laprésence du chromosome Y. Le sexe chromoso-mique est établi au moment de la conception etdéterminera quelles gonades (testicules pour leshommes et ovaires pour les femmes) se formerontchez le fœtus. Ensuite, il y a lesexe gonadique,qui détermine l’environnement hormonal danslequel le fœtus se développera. Voilà qui soulèveun aspect important. En réalité, il n’y a pas d’hor-mones spécifiques aux femmes ou aux hommesparce que les deux sexes ont les mêmes hormonesen circulation dans leur corps. La différence entreles hommes et les femmes se situe dans la quan-tité de chaque hormone. Les hommes ont plus detestostérone que d’estrogène et de progestérone,mais ces deux dernières hormones sont tout demême présentes. Par contre, chez les femmes, c’estl’inverse. Elles ont plus d’estrogène et de progesté-rone, mais elles ont également de la testostérone.La troisième caractéristique du sexe est lesexe morphologique. Cela décrit la forme et letype de corps que nous avons. J’ai mentionnéplus tôt que chaque type de sexe est dépendante étaient vus comme étant lerésultatde la biologie.et affectée par les autres. Il s’agit ici d’un exemple Il s’agit d’un point de vue totalement opposé auxReiter le dit bien lorsqu’il décrit le genre comme étant « L’ensemble desdispositions par lesquelles une société transforme la sexualité biologi-que en produit de l’activité humaine » (Reiter 1975: 159).parfait, puisque la forme et le type de corps que théories actuelles selon lesquelles la biologie estnous avons sont largement influencés par les diffé- un déterminant mais que l’apprentissage et l’en-rentes hormones que nous avons et leur quantité vironnement définiront ce qui prévaudra réelle-respective, ce qui est également influencé par les ment. Nous pouvons être reconnaissant pour cesgonades que nous avons, qui a été précédemmentinfluencé par les chromosomes dont nous avons1. Bien que nous voyions les choses comme étant noireshérité. Donc, cela revient à dire que plus il y a deêotureblcaonncshideésr(éhcoommmmeeoéutafentmumne)c,onmtêinmueulme.sPeaxrecdoenvtrraiet,testostérone en circulation, plus gros seront nosafin de simplifier un peu les choses, nous avons optémuscles et nos os et plus nous aurons de poils.pour une distinction homme-femme. Cela ne signifieNotre corps sera donc celui d’un homme1.oauucguenneremseqntuiqiumhpoormtemnet.etfemmesontlesseulssexes
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Finalement, il y a le sexe comportemental années de batailles durement gagnées et d’étudesqui décrit les séries de comportements spécifiques scientifiques (et les publications à ce sujet pour-à un sexe qui différencient les hommes des fem- raient probablement remplir la salle dans laquellemes. Ce dernier s’explique facilement. Maintenant, vous êtes présentement) pour tout cela.avant d’envoyer des lettres à l’éditeur, souvenez-vous que ces catégories de détermination de sexe C’est donc ici que la distinction entre sexeont été développées et décrites lorsque ces rôles et genre fait son entrée. Le sexe comportemental,spécifiques à chaque sexe étaient clairs et qu’on les comme il est décrit ci-haut, s’inscrit maintenantcroyait biologiquement déterminés. En effet, pen- dans la catégorie du genre. Seriez-vous surprisdant longtemps, l’éducation et l’environnement d’apprendre que lorsque vous cochez la case H/F,En réalité, il n’y a pas d’hormones spécifi ques aux femmes ou aux hom-mes parce que les deux sexes ont les mêmes hormones en circulationdans leur corps. La différence entre les hommes et les femmes se situedans la quantité de chaque hormone.vous répondez également ce que vous percevezêtre votre genre et pas nécessairement votre sexe?Voici pourquoi. La raison pour laquelle vous co-chez homme ou femme c’est parce que vous vousidentifiez à ce genre ou encore vous affirmez vo-tre identité de genre. Il s’agit là d’un sujet plutôtcontroversé et nous pourrions probablementconsacrer au moins trois numéros duMammouthMagazineà ce sujet sans avoir complètement cou-vert le domaine. Reiter le dit bien lorsqu’il décrit legenre comme étant «L’ensemble des dispositionspar lesquelles une société transforme la sexua-lité biologique en produit de l’activité humaine»(Reiter 1975: 159). S’identifier comme étant mas-culin ou féminin, c’est donc identifier son genre.Une psychologue bien connue du nom de SandraLipzitis Bem a développé une théorie du genrequi explique comment les individus en viennentà utiliser le genre comme une catégorie organi-sationnelle dans tous les aspects de leur vie. Ellepostule que nous traitons l’information que no-tre culture nous fournit sur ce qui est considérécomme étant masculin ou féminin et que nousajustons nos comportements en conséquence. Lapremière exposition aux rôles de genre dans no-tre vie provient du temps que nous passons avecnos parents. Nous apprenons à marcher et à parleravec nos parents, mais nous apprenons égalementcomment penser et agir. Les différences de genresont indiquées plus tôt qu’on ne le pense.Les études montrent que dès lapetite enfance, les parents onttendance à traiter leurs enfantsdifféremment selon leur sexe.Les études montrent que dès la petite en-fance, les parents ont tendance à traiter leurs en-fants différemment selon leur sexe. Par exemple,en gardant la notion que les filles sont plus fragileset vulnérables, les parents ont tendance à accourir
No 6, mars 2009 MAMMOUTHMAGAZINE
… pendant longtemps, l’éducation et l’environnement étaient vus com-me étant lerésultat de la biologie. Il s’agit d’un point de vue totalementopposé aux théories actuelles selon lesquelles la biologie est un déter-minant mais que l’apprentissage et l’environnement défi niront ce quiprévaudra réellement.
plus vite vers une petite fille en pleurs que vers rial afin de voir en quoi consiste la révision par lesun petit garçon, bien que les garçons soient plus à pairs) et répliquées, qui montrent que la biologierisque de la mort du nourrisson. Les petites filles a une influence importante sur le comportementse font plus cajoler que les petits garçons et, au (voir encadré 1). Par contre, il y a aussi d’autresfur et à mesure qu’ils vieillissent, ces derniers ont études qui sont crédibles pour les mêmes raisonsle droit d’essayer davantage de nouvelles choses et qui montrent que les comportements spécifi-comparativement aux petites filles du même âge. ques au sexe sont appris. Que devons-nous croire?De plus, par inadvertance, les parents apprécient Je ne peux certainement pas vous donner la répon-des choses différentes de leur fille ou leur garçon. se; en fait, personne ne le peut. Par contre, nousAlors que les filles se font souvent dire qu’elles sont pouvons affirmer que les rôles de genre sont large-mignonnes et jolies, les garçons se font davantage ment basés sur ce que notre propre culture dicte.féliciter pour leurs progrès, «tu es un grand gar- Après tout, nous ne regardons pas les autres payspour déterminer nos rôles de genre. De plus, nousavons tendance à accepter les rôles de genre de no-nDeonntc , plaers  rleô lebsi adise  gdee nlrae  ssoacpiaplriesan--tre culture comme étant des faits et nous croyonstion.Comprendre comment la biologie et l’environnement interagissent pourçon; tu arrives à te tenir debout tout seul». Donc,ppearrtm eentttrree  llee sf daiet udx,ê ctroen sutni thuue munaien ,b ounn nheo amvemneu, eu àn ee xfpelmormere. ou quelque au fil du temps, les filles apprennent qu’elles sontappréciées pour leur beauté et les garçons, pourleurs accomplissements. Plusieurs diraient que le que les mêmes règles s’appliquent partout pour illustrer la situation. Dans le marché du travail derôle principal du soin des enfants, dans la plupart tout le monde. Bien qu’il s’agisse d’une tendance l’avant deuxième guerre mondiale, les emplois dedes sociétés, est réservé aux femmes. Par contre, normale, elle en reste tout de même erronée. bureau étaient réservés aux hommes. Par contre,lorsque les deux parents s’occupent de l’enfant, les pendant la guerre, les femmes ont envahi le mar-études montrent que les garçons vieillissent avec Voici pourquoi. Par exemple, en Europe ché du travail et les mêmes emplois de bureau (parla notion internalisée que la responsabilité du soin préindustrielle, il était impensable pour une exemple, secrétaires) sont devenus des emploisdes enfants n’est pas exclusive aux femmes. Les en- femme de devenir médecin. Par contre, dans la davantage pour les femmes, et ils le sont d’ailleursfants apprennent donc de ce qu’ils voient. Cela est même période de l’histoire en Russie, les soins de encore aujourd’hui. Plusieurs emplois ont doncégalement vrai pour les traits et croyances négati- santé étant considérés comme un rôle féminin, les changé de genre.ves. Un garçon qui grandit dans une maison où le femmes étaient médecins. Les rôles de genre nepère bat sa mère risque davantage de devenir, à sont donc pas les mêmes dans chaque culture et, La petite cloche qui sonne dans votre têteson tour, abusif physiquement. La même logique conséquemment, les résultats des études réalisées en ce moment se manifeste juste à point. Le gen-s’applique aux filles. Elles deviennent souvent vic- en Amérique de Nord ne peuvent pas s’appliquer re, l’identité de genre et les rôles de genre ont ettimes de violence conjugale à l’âge adulte lorsque partout. Également, plusieurs études ont montré continuent de changer et d’évoluer avec le tempsleur mère était elle-même battue par leur père. Il que les hommes sont meilleurs que les femmes en et ce, d’une place à l’autre. Cela signifie qu’une vueest important de mentionner que les influences de ce qui a trait à l’orientation spatiale et à la rotation déterministe du sexe ou du genre est trop rigide etrôle de genre ne se limitent pas à la maison. Tout mentale. Nous en sommes éventuellement arrivés à ne prend pas en considération la réalité de ce qu’unce qu’un enfant voit à la télévision, dans les medias accepter cela comme une certitude dans le domai- être humain (femme ou homme) est vraiment.ou chez ses amis contribuent à la façon dont il in- ne des sciences cognitives et comme une différence Nous changeons, nous nous adaptons et nous ap-tégrera ce qu’un homme et une femme devraient bien établie entre les sexes. Le problème est que prenons toujours plus. Également, nous faisonsêtre. Donc, les rôles de genre s’apprennent par le si nous testons des gens de différentes cultures, peut-être tout cela différemment selon notre sexe.biais de la socialisation. nous n’obtenons pas les mêmes résultats. Les fem- Nous (en tant qu’humains) assumons trop souventque différent signifie pire que ou moins que. NousPar contre, nous pouvons affi rmer que les rôles de genre sont largementn’avons pas besoin d’une montagne d’évidencesbasés sur ce que notre propre culture dicte. Après tout, nous ne regar-scientifiques pour réaliser que ce n’est pas la bonnefaçon de voir les choses.dons pas les autres pays pour déterminer nos rôles de genre.Une chose est sûre; les hommes et les femmesLe problème c’est qu’il ya plusieurs études mes Inuits qui vivent dans le nord du Canada ne sont différents. Si nous étions pareils, quel seraitcrédible [c.-à-d., bien menées, révisées par les performent pas moins bien que les hommes sur les alors le but de l’existence de deux sexes? Il y a sû-pairs (voirMammouth Magazine numéro 3édito- tâches spatiales. Voici un autre exemple pour bien rement quelque chose au-delà des différences liées
MAMMOUTHMAGAZINE  No 6, mars 2009
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No 6, mars 2009 MAMMOUTHMAGAZINE
Stress: Le sexe a-t-ilquelque chose à y voir?à la reproduction? Nous en sommes arrivés à ceque nous sommes aujourd’hui probablement par-ce que certaines de ces différences nous rendentcomplémentaires. Dans ce cas, ni l’acquis, ni l’innéne gagnent. Ne pas être capable d’admettre que labiologie influence le comportement et que l’envi-ronnement affecte la biologie, correspond à nierle sens des connaissances que nous possédons.Comprendre comment la biologie et l’environne-ment interagissent pour permettre le fait d’être unhumain, un homme, une femme ou quelque partentre les deux, constitue une bonne avenue à ex-plorer. Par contre, ce qui est certain c’est que leshommes et les femmes sont exactement les mêmespour la chose la plus importante; nous sommestous des humains et donc, nous méritons la mêmeconsidération et les mêmes droits.Dans ce numéroUn des aspects sur lequel les femmes et les hom-mes sont définitivement différents est par rapportau stress. La façon dont nous percevons le stress, laréponse physiologique et les moyens de s’y adap-ter différent entre les deux sexes, selon plusieursétudes. Les femmes sont aussi plus à risque de dé-velopper des maladies physiques et mentales liéesau stress. Les explications de ce phénomène ainsique les facteurs qui contribuent à ces différencesconstituent le sujet de ce numéro duMammouthMagazine.Il y a plusieurs variables (biologiques,psychologiques, cognitives, environnementales,pour n’en nommer que quelques-unes) à considé-rer lorsqu’on s’attarde aux différences de sexe/gen-re. C’est donc pourquoi chaque article du numéro6 ne fait que cela, explorer une variable différentequi est en lien avec les différences de sexe/genrepar rapport au stress.Dans la section du profil d’un chercheur,Lyane Trépanier résume une entrevue réaliséeauprès du Dr Ron Sullivan, chercheur au Centrede recherche Fernand-Seguin, qui étudie les dif-férences d’anatomie du cerveau entre les hommeset les femmes et leurs liens avec les réactions destress. De son côté, Robert Paul Juster différencieles réactions (psychologiques et physiques) faceau stress. Par contre, une fois que nous avons ré-pondu à un agent stressant, que se passe-t-il dansnos têtes? Dr Pierrich Plusquellec, chercheur invitéau Centre de recherche Fernand-Seguin, expliquela façon dont on jongle avec les agents stressantsune fois la réaction passée et l’impact de ces der-niers sur notre vulnérabilité à la dépression et auxtroubles anxieux. De plus, Dr Plusquellec expliquecomment les hommes et les femmes diffèrent à ce
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comme vous l’avez peut-être remarqué, nous avons ne nous informe pas réellement et peut nous me-tendance à adopter une perspective évolutionnaire ner à des conclusions erronées. Étant donné quelorsque nous décrivons la réponse de stress et son les résultats de recherche influencent souvent lesutilité; d’où notre cher Mammouth… Robert Paul comportements du grand public liés à la santé, ilJuster résumera ce sixième numéro avec une pers- peut s’agir d’un problème.pective différente sur certaines des variables dis-cutées dans le numéro, mais cette fois-ci dans un La réalité est que le genre n’est pas statiquecontexte d’évolution. En utilisant la théorie évolu- et s’inscrit plutôt sur un continuum qui est définitionnaire comme toile de fond, il expliquera quelle par notre culture, notre religion, notre locationutilité peuvent avoir eu certaines différences de géographique, notre orientation sexuelle et notresexe à l’époque où nous chassions le mammouth. ethnicité (pour en nommer que quelques-uns).Conséquemment, d’importants défis attendentUn des messages-clé de ce numéro est qu’il la science. En incorporant la notion de genre enexiste des différences de sexe et de genre par rap- recherche, nous compliquons les choses à unport au stress. Mais, existent-elles vraiment? Au niveau, mais il nous sera probablement possibleniveau physiologique, nous pouvons certainement d’expliquer certains résultats contradictoires et dedire oui; mais lorsque nous nous attardons à des s’approcher de plus en plus des réponses que nous
Les chercheurs ont trouvé qu’en retranchant les questions clairementbiaisées sur le genre et en analysant de nouveau les données, les diffé-rences de sexe obtenues préalablement disparaissent.variables cognitives, psychologiques et sociales, la cherchons. On ne fait que commencer à compren-ligne séparant les deux sexes devient très brouillée dre les différences de sexe et de genre et encorepuisque ces variables s’inscrivent davantage dans le beaucoup de travail doit être fait à cet égard. Lors-cadre du genre. Nous ne discutons pas des différen- que nous avons planifié ce numéro duMammouthces de genre de façon détaillée dans ce numéro. LaMagazine, nous ne savions pas que la directriceraison de cette omission délibérée est bien simple; du Centre d’études sur le stress humain, Dre Soniatrès peu de choses sont connues sur ce sujet. En Lupien, aurait le grand honneur de recevoir uneeffet, peu de chercheurs dans notre domaine sont Chaire de recherche pour chercheur chevronné deconscients de cette distinction entre sexe et genre l’Institut de la santé des femmes et des hommeset, s’ils le sont, la façon dont les études sont menées des Instituts de recherche en santé du Canada pourne permet pas d’adresser cette notion de genre. son désir de différencier les différences de sexe etde genre face au stress. Ce numéro tombait doncIl y a toujours des tendances en sciences et, juste à point! Nous célébrerons cet évènement lorsprésentement, l’une d’elles est de revoir certaines d’une rencontre scientifique réunissant plusieursétudes dans lesquelles des différences de sexe ont chercheurs renommés du domaine des effets duété observées et d’analyser de nouveau les données sexe et du genre sur la santé mentale. Le but deen utilisant cette fois-ci une approche basée sur cette rencontre du 27 mars 2009 est de compren-le genre au lieu d’une approche dichotomique du dre les connaissances actuelles, d’identifier ce quisexe. Par exemple, plusieurs des questionnaires que doit être fait et de proposer des façons d’y arriver.nous utilisons pour des études psychologiques ont Un rapport résumant les points discutés lors deété développées il y a plusieurs années. Certaines cette journée sera disponible sur notre site inter-questions reflètent donc les points de vue (et donc net. Sur cette note, nous espérons que vous appré-les rôles de genre) de l’époque. Les chercheurs ont cierez ce numéro duMammouth Magazine !
qui rendent les individus vulnérables aux maladies biaisées sur le genre et en analysant de nouveauliées au stress au cours de la vie. Elle aborde les les données, les différences de sexe obtenues préa-évènements d’avant la naissance jusqu’à la mort. lablement disparaissent. Il est donc important dePar la suite, Marie-France Marin ajoute une touche commencer à investiguer l’interaction entre le sexed’humour en expliquant comment les sexes dif- et le genre et son influence sur la santé physique etfèrent par rapport au support social. Finalement, mentale. Utiliser l’approche dichotomique du sexe
… peu de chercheurs dans notre domaine sont conscients de cette dis-tinction entre sexe et genre et, s’ils le sont, la façon dont les études sontmenées ne permet pas d’adresser cette notion de genre.
É D I T O R I A LLinß uence de la biologie sur le comportementVers laÞ n des années 1960, une sé- ne période de temps. Ces mêmes rats ontrie d’expériences chez les animaux ont permis éventuellement arrêté de monter, mais leurde débroussailler plusieurs choses que nous expérience leur a permis de continuer pen-connaissons aujourd’hui sur les hormones et dant un certain temps malgré l’absence desles comportements spécifi ques au sexe. Les hormones.chercheurs ont trouvé que lorsqu’un rat mâleest castré à la naissance et, qu’il n’est donc pas Qu’en est-il des humains ? L’étude desexposé à la testostérone lors de sa puberté ou effets d’organisation et d’activation chez lesau cours de sa vie, il n’adoptera pas les com- humains est plutôt complexe. Il existe toutportements sexuels typiques du rat mâle. Ils de même quelques études avant-gardistesont constaté la même chose chez les femelles qui nous ont fourni des évidences assezà qui on retire les ovaires à la naissance. Ils ont solides que la biologie infl uence les com-donc conclu que les hormones sont nécessai- portements spécifi ques au sexe. Certainsres pour que ces comportements spécifi ques enfants sont nés intersexes, ce qui signifi eau sexe soient exprimés. Chez les rongeurs, que bien qu’ils soient génétiquement hom-les comportements spécifi ques au sexe aux- qu’ils appelaient l’hypothèse organisation / acti- me ou femme, ils peuvent avoir les organesquels je fais référence sont la lordose et la vation, était juste. Dr Young a démontré que des génitaux d’un homme et d’une femme. Lors-monte. Lorsqu’une femelle est sexuellement rats génétiquement mâles qui n’étaient pas expo- que les théories de genre ont débuté dansréceptive, elle arquera son dos et lèvera son sés aux hormones pendant leur développement les années 1970, le point de vue était que lafessier, c.-à-d., lordose, afi n de rendre l’accou- ne pouvaient pas adopter un comportement de socialisation (éducation et apprentissage)plement possible. Les rats mâles montent les monte plus tard. Après toutes ces expériences, établissait notre identité de genre et doncfemelles. Les chercheurs ont ensuite donné Dr Young a conclu que le cerveau devait d’abord que cette dernière était malléable et mo-aux rats mâles adultes de l’estrogène et de la être organisé d’une façon typiquement mâle afi n difi able. Dans un cas très connu, un enfanttestostérone aux femelles adultes afi n de voir qu’un animal puisse exprimer des comportements est né génétiquement mâle avec les organessi seulement les hormones pouvaient stimu- typiques d’un mâle. La même logique s’appliquait génitaux des deux sexes. Les docteurs ontler les comportements spécifi ques au sexe. pour les comportements typiques d’une femelle. procédé à la chirurgie afi n d’enlever les or-Même avec de la testostérone, les rats femel- La puberté, et donc un fl ux d’hormones, active les ganes génitaux mâles et on a dit aux parentsles ne montaient pas et les rats mâles avec régions du cerveau et du corps qui ont été organi- d’élever leur enfant comme une fi lle. C’est cede l’estrogène ne faisaient pas de lordose. Les sées pendant le développement. Pensez à l’exem- qu’ils ont fait, mais il n’en reste pas moinschercheurs ont donc conclu que les hormones ple suivant. Quelle est l’utilité d’une chaise ? S’as- que cette fi lle avait des problèmes d’iden-n’étaient pas suffi santes pour induire les com- seoir dessus. Est-ce qu’une chaise Ikea serait utile tité. Elle se sentait comme un homme etportements sexuels. Maintenant, gardez en si on la laissait dans sa boîte ? Non. Nous devons s’identifi ait davantage à ce genre. Après destête qu’afi n que les hormones (ou tout autre d’abord l’assembler et ensuite l’utiliser. C’est la années de combat face à son identité, ellemessager chimique) puissent exercer leurs ef- même chose pour nous. Nous devons construire a décidé de changer de sexe et de redevenirfets, elles doivent se lier à des récepteurs. Par les régions du cerveau et du corps avant de pou- un homme, ce qui a énormément amélioréexemple, lorsque la testostérone est libérée, voir les utiliser d’une façon propre à un homme sa qualité de vie. Des études plus récenteselle remonte au cerveau et se lie aux récep- ou à une femme. Par contre, le style et le modèle confi rment que l’identité d’une personne estteurs des régions du cerveau responsables du sont complètement au choix du designer ! Vous généralement confi rmée vers l’âge de quatrecomportement sexuel et alors, le comporte- ne pouvez pas activer (puberté) quelque chose ans et que l’environnement ne peut pas vrai-ment de monte devient possible. qui n’a pas été auparavant organisé (développe- ment arriver à changer l’identité de genrement et exposition aux hormones). d’une personne.Sachant cela, et voyant les résultats deleurs études, les chercheurs ont alors postulé Plusieurs années plus tard, un groupe deDonc, si javais à résumer toutes cesqu’il devait y avoir des évènements tôt dans le chercheurs différent a montré que la biologie estétudes dans mes propres mots je diraisdéveloppement qui préparaient le cerveau à importante, mais peut-être pas déterminante.que ces expériences semblent suggérerrecevoir de la testostérone (c.-à-d., des récep- Dans une expérience, ils ont laissé des rats avoirque lexpression des rôles de genreteurs) et qui préparaient le corps à se dévelop- beaucoup d’expériences sexuelles avant de les(c.-à-d., comment nous démontrons notreper comme un mâle. Cela permettrait ensuite castrer. De façon intéressante, les rats ont conti-féminité ou notre masculinité) est baséel’expression de comportements spécifi ques nué à monter des femelles même s’ils n’avaientlargement sur notre culture et notre so-aux mâles. WC Young et ses collègues ont plus de testostérone. Donc, l’apprentissage etcialisation, mais la tendance à sidentiÞ eralors débuté une série d’expériences élégantes l’expérience peuvent déjouer la physiologie. Parà un genre est beaucoup plus biologique.et complexes pour déterminer si leur théorie, contre, cela est vrai seulement pour une certai-MAMMOUTHMAGAZINE  No 6, mars 2009 5
Comment le cerveau dun homme diffère de celuidune femme face au stress?Les réponses dans le profil d’un chercheur : Ron Sullivan, Ph. D.
Par Lyane Trépanier, B.A.nauté scientifique concentrait ses recherches sur laTraduction : Marie-France Marin, B.A., M. Sc.façon dont les hommes répondent au stress, maisn’examinait pas les mêmes questions chez les fem-Ron Sullivanest un neuroscientifique compor- mes. Voilà qui est plutôt surprenant, étant donnétemental et un assistant professeur au départe- que son superviseur de doctorat, Dre Sandra Wi-ment de psychiatrie de l’Université de Montréal. De telson, a démontré qu’il existe des différences ana-plus, il est chercheur associé au Centre de recherche tomiques entre les hémisphères droits et gauchesFernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine. Drchez les hommes et les femmes. C’est d’ailleursSullivan cherche à comprendre comment le stress ce qui a mené Dr Sullivan à s’interroger sur lesau cours de l’enfance et la relation mère-enfant raisons pour lesquelles les femmes ne recevaientpeuvent influencer la façon dont une personne réa- pas autant d’attention scientifique et n’étaient pasgira au stress à l’âge adulte. De plus, Dr Sullivan est étudiées dans les recherches sur le stress. Alorsparticulièrement intéressé à comprendre comment qu’il était un étudiant gradué, il se souvient qu’onces expériences précoces affectent différemment les retirait automatiquement les rats nouveau-néshommes et les femmes. Ses recherches portent sur lorsqu’il s’agissait de femelles, étant donné que lesdes études humaines et sur des modèles animaux expériences n’étaient réalisées que sur les mâles.des troubles d’anxiété. À travers ces études, il a non Selon Dr Sullivan, la raison pour expliquer ce biaisDr Sullivan cherche à comprendre comment le stress au cours de l’enfance et la relation mère-enfant peuvent infl uencer la façon dont une personne réagira au stress à l’âge adulte.seulement découvert que les hommes et les femmes est fort simple: les mâles n’ont pas les mêmes fluc-présentent des différences anatomiques du cerveau, tuations hormonales que les femelles. Étant donnémais que l’activité de leur cerveau face à une situa- que le stress affecte les hormones, il est donc plustion stressante est différente. facile d’étudier des relations de cause à effet chezles hommes puisqu’on ne doit pas prendre enL’intérêt du Dr Sullivan à comprendre le fonc- considération les variations cycliques des niveauxtionnement du cerveau a débuté à un très jeune d’hormones. «Il y a plusieurs complexités en ce quiâge lorsqu’il a vu pour la première fois une image a trait aux hormones et au stress chez les femmes»,d’un cerveau humain alors qu’il regardait à la télé- souligne Dr Sullivan.vision l’émission animée par David Suzuki,Natureof Things.C’est en grande partie ce qui l’a inspiré La recherche d’aujourd’hui révèle que leset poussé à poursuivre un doctorat en neuroscien- maladies liées au stress, comme les maladies car-ces comportementales à l’Université McMaster diovasculaires et la dépression, affectent les hom-(Hamilton). Il a terminé ses études doctorales en mes et les femmes différemment. Selon Dr Sullivan1995 pour ensuite poursuivre ses recherches liées «nous découvrons que les femmes traitent et in-au stress, aux hormones et au développement d’ul- terprètent le stress et les émotions différemmentcères lors de ses études post-doctorales au Centre des hommes». Il explique que l’amygdale, unede recherche de l’Hôpital Douglas à Montréal. Il structure responsable du traitement des émotionss’est joint ensuite à l’équipe de l’Université de Mon- et de la régulation de la sécrétion d’hormones, esttréal et du Centre de recherche Fernand-Seguin présente à la fois dans l’hémisphère gauche et l’hé-en 2001. Depuis, Ron Sullivan mène une carrière misphère droit. Les scanographies du cerveau mon-productive en publiant ses travaux dans de presti- trent qu’une réponse de stress augmente davantagegieuses revues et en présentant ses données dans l’activité de l’amygdale de l’hémisphère droit chezdifférentes conférences scientifiques, et ce, partout les hommes, alors que chez les femmes, l’activitédans le monde. de l’amygdale gauche est plus prononcée. «Cettedécouverte importante nous donne des pistes d’in-Lorsqu’on lui demande ce qui l’a poussé à vestigation intéressantes pour nous éclairer davan-orienter sa recherche sur les différences neurolo- tage sur les raisons pour lesquelles les femmes sontgiques entre les hommes et les femmes, Dr Sullivan deux fois plus à risque de développer des problè-répond que jusqu’à très récemment, la commu- mes de santé liés au stress que les hommes».
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Comment tout cela se rapporte au stress vécuau cours de l’enfance? Nos structures cérébralesainsi que la connectivité entre ces structures sont,en partie, formées par nos expériences de vie. Lefait de grandir dans un environnement où une vi-gilance constante est requise, comme dans le casde négligence ou d’abus par exemple, risque d’af-fecter la façon dont le cerveau est activé et traiteun agent stressant, ce qui, par le fait même, risqued’affecter notre réactivité au stress à l’âge adulte. DrSullivan souligne que les femmes activent différen-tes parties du cerveau de manière distincte lors detâches cognitives qui ne sont pas seulement liées austress, mais qui requièrent également les systèmesimpliqués dans la mémoire ou les émotions. Celaaffecte d’ailleurs à quel point un évènement seraremémoré par la suite. Il est donc important d’étu-dier l’adversité familiale précoce et la façon dontelle peut mener à différentes réponses au stresschez les hommes et les femmes. «Nous ne savonspas s’il s’agit d’un bon ou mauvais modèle intrin-sèquement, mais personne ne s’est penché sur laquestion. Clairement, davantage d’investigationssur le sujet sont nécessaires», précise Dr Sullivan.… jusqu’à très récemment, la communautéscientifi que concentrait ses recherchessur la façon dont les hommes répondentau stress, mais n’examinait pas les mêmesquestions chez les femmes.En regardant vers l’avenir, Dr Sullivan croitque de plus en plus d’attention sera consacrée auxdifférences hommes-femmes dans le domaine de larecherche en santé. Étant donné que le stress chro-nique est un important précurseur de plusieurs ma-ladies chez les hommes et les femmes, Dr Sullivanprévoit poursuivre ses investigations neuroscienti-fiques sur le stress et les différences entre les sexes.Comprendre comment le stress affecte les hommeset les femmes différemment aura plusieurs implica-tions importantes dans le traitement de divers pro-blèmes de santé, incluant la santé mentale, la santécardiovasculaire et le bien-être personnel.
No 6, mars 2009 MAMMOUTHMAGAZINE
Différences corps-tête face à la perception et à laréactivité au stress chez les hommes et les femmes
MAMMOUTHMAGAZINE  No 6, mars 2009
Par Robert-Paul Juster, B. A.Traduction : Marie-France Marin, B.A., M. Sc.Lfaa cpeearucxe apgteinotns sdtrue sssatnrtessdsi ffeètrelensteréntproenlseesssexes. Bien qu’il y ait des indices probants que libération de l’hormone de stress, le cortisol, facedes variations subtiles en termes d’interprétation à un stress aigu. D’autres études ont démontré quepsychologique et d’activité biologique puissent des niveaux plus élevés d’adrénaline et de pressionexpliquer ces divisions, les différences de sexe artérielle étaient observés chez les hommes. Uneface au stress représentent un domaine d’étude augmentation de cortisol, d’adrénaline et de pres-controversé et contradictoire. Selon une revue desdéceristtsr,elsessqfeuemlmeshroamppmoersteenttrsaupbjpeocrttieventmseynsttéplmuas-Si les femmes rapportent plus de détresse émotive, mais que les hom-esmes ont une plus forte réponse de combat-ou-fuite, est-ce que cela veuttPiaqruceomnetrnet,pcleusqudieesstysmuprtpôrmeneasndt,ecseasnttéqupehnysgiqéuneé.-dire que les femmes sont de Vénus et les hommes de Mars?ral, les hommes régissent biologiquement davan-tage que les femmes à un stress psychologique. Si posantes. Lorsque les individus sont bombardés et sion artérielle sont tous des bio-marqueurs d’uneles femmes rapportent plus de détresse émotive, affectés par des agents stressants qui activent répé- réponse de stress “combat-ou-fuite” qui est activéemais que les hommes ont une plus forte réponse titivement les réponses biologiques; les systèmes face à la perception d’un agent stressant. Il existede combat-ou-fuite, est-ce que cela veut dire que du corps s’usent et commencent à flancher. une hypothèse très populaire en science, celle deles femmes sont de Vénus et les hommes de Mars? laréactivité, qui suggère que des réponses biolo-La science a quelque chose à dire sur ce paradoxe En utilisant une approche environnementale giques et comportementales anormales au stressmythologique. Comme vous le verrez dans cet ar- et psychologique, Dre Nicole Weekes (2005) a éva- représentent un facteur de risque important pourticle, le corps et la tête vivent le stress en chœur, lué l’exposition au stress, la perception du stress les maladies reliées au stress. Par exemple, desmais les notes et les chansons que les scientifiques ainsi que les symptômes chez des jeunes adultes. études réalisées dans les années 1970 ont révéléentendent de chacun ne sont pas toujours logiques Cette étude a révélé que l’exposition au stress était qu’une activité plus importante des hormones deou en harmonie. liée à la santé chez les deux sexes, mais que la per- stress était liée à une augmentation du cholesté-rol, de la pression artérielle et du tabagisme – lesL’expression des émotions de façon plus intense est perçue commefcaacrtdeiuor-vsadsceurliasiqruese.tErandgitairodnannetlsenptoêutrelqeusemleaslafdeime-sétant au cœur de la plus grande vulnérabilité des femmes aux troublesmes manifestent plus de stress et de détresse quianxieux et dépressifs.les prédisposent à certaines maladies, il est plutôtétrange que les hommes réagissent plus aux stressLorsqu’ils mesurent le “stress,” les scien- ception du stress prédisait les symptômes de santé aigus de laboratoire.tifiques incorporent des connaissances de trois chez les femmes seulement. Cela suggère que lestraditions. Premièrement, la perspectiveenviron-hommes ont moins tendance que les femmes à Une distinction importante doit être faite ànementalese concentre sur des agents stressants dire qu’ils perçoivent et interprètent des agents ce stade; il y a une grande différence entre les ré-objectifs comme la fréquence d’exposition à un stressants qui les affectent. Comme observation ponses de stress hormonales face à un stress aiguvoisinage violent, des environnements de travail générale, pouvons-nous affirmer que les femmes et les variations cycliques normales au quotidienchaotiques ou d’autres contextes qui semblent visi- pleurent et que les hommes nient? L’expressionblement stressants. Deuxièmement, la perspective des émotions de façon plus intense est perçuepsychologique se concentre davantage sur la façon comme étant au cœur de la plus grande vulnérabi-dont les individus évaluent les agents stressants lité des femmes aux troubles anxieux et dépressifs.en termes de détresse émotive. Troisièmement, la Par contre, les hommes semblent réagir davantageperspectivebiologique se concentre sur les systè- au stress au plan biologique. Les femmes com-mes biologiques associés aux réactions de stress. muniquent peut-être plus leurs émotions et leursLes laboratoires qui tentent de comprendre les tracas que les hommes, mais lorsqu’on considèrecomplexités du stress évaluent donc le phénomène l’activité biologique, l’affirmation du “pleure ouen utilisant différentes mesures comme des ques- nie” témoigne d’un simplification excessive.tionnaires et des marqueurs biologiques commeles hormones de stress. Il est clair que le stress agit Au début des années 1990, les chercheurssur notre corps et peut avoir des effets néfastes sur européens ont tenté d’investiguer les différencesnotre santé par le biais des interactions de ces com- de stress en termes de réactivité face à des situa-
tions moyennement stressantes dans des laboratoi-res spécialisés en réponses de stress biologiques.Plusieurs études ont démontré systématiquementque les jeunes hommes réagissent deux fois plus
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