La couleur de Dieu ? Regards croisés sur la Nation d'Islam et le Rastafarisme, 1930-1950, Black peoples, black gods : a comparative analysis of the Nation of Islam and Rastafari, 1930-1950

De
Publié par

Sous la direction de Claudine Raynaud
Thèse soutenue le 30 juin 2008: Tours
Envisagé à travers le prisme de la diaspora africaine et la période historique qui fait immédiatement suite aux activités de Marcus Garvey, ce travail s'interroge sur les contextes qui ont donné naissance à la Nation d’Islam afro-américaine et au rastafarisme jamaïcain. Ces deux expressions nationalistes noires des Amériques ont choisi de mener leurs luttes identitaires respectives par le biais de la religion. La Nation d’Islam et le rastafarisme, par les discours qu’ils développent, soulèvent également des questions fondamentales relatives aux processus historiques et sociaux de racialisation caractéristiques de la diaspora africaine des Amériques.
-Rastafarisme
Using the analytical tool of the African diaspora and based on the historical context that immediately followed the activities of Marcus Garvey and the Universal Negro Improvement Association, this work delves into the contexts that gave rise to the American Nation of Islam and the Jamaican Rastafarianism. These two black nationalist expressions chose to launch their respective struggle for self-determination through religion. The Nation of Islam and Rastafarianism, through the discourse they have initially articulated, both raise fundamental questions regarding distinctive historical and social processes of racialization in the African diaspora of the Americas.
Source: http://www.theses.fr/2008TOUR2009/document
Publié le : mercredi 26 octobre 2011
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UNIVERSITÉ FRANÇOIS - RABELAIS
DE TOURS


ÉCOLE DOCTORALE SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE
GROUPE DE RECHERCHE ANGLO-AMERICAINE DE TOURS (GRAAT)

THÈSE présentée par :
Maboula SOUMAHORO

soutenue le : 30 juin 2008


pour obtenir le grade de : Docteur de l’université François - Rabelais
Discipline/ Spécialité : Anglais/Civilisation

LA COULEUR DE DIEU ?
REGARDS CROISES SUR LA NATION
D’ISLAM ET LE RASTAFARISME,
1930-1950


THÈSE dirigée par :
Mme RAYNAUD Claudine Professeur des Universités, université François - Rabelais

RAPPORTEURS :
Mme CHRISTOL Hélène Professeur des Universités, université Aix-Marseille I
M. GOMEZ Michael des Universités, New York University (Etats-Unis)


JURY :
Mme CHIVALLON Christine Directeur de Recherche CNRS, IEP de Bordeaux
Mme CHRISTOL Hélène Professeur des Universités, université Aix-Marseille I
Mme COQUET-MOKOKO Maître de Conférences, université de Tours François - Rabelais
M. GOMEZ Michael
Mme RAYNAUD Claudine Professeur des Universités, université de Tours François - Rabelais
1
A mon Père. A mon Oncle. A Bouna et Zyed. Pour ma Mère et mon sang.
2
Remerciements

Mme Claudine Raynaud, ma directrice de thèse, pour avoir pris le risque et accepté le défi.

Les membres du jury: Mme Chivallon, Mme Christol, Mme Coquet-Mokoko et M. Gomez qui ;
chacun, m’ont fait l’honneur d’accepter de lire mon travail et d’effectuer le déplacement pour la
soutenance. Je tiens particulièrement à remercier Christine Chivallon et Michael Gomez dont les
travaux ont largement influencé cette thèse.

Le Groupe de Doctorants de l’université de Tours François-Rabelais et tout particulièrement Suzette
Tanis-Plant, Laetitia Langlois, Emmanuelle Andres et Fabien Desset..
Le GRAAT (Groupe de Recherche Anglo-Americaine de Tours), pour le soutien matériel, logistique et
amical.

Merci à ma famille (diasporique), dispersée de tous les côtés de l’Atlantique:
Hadja Bamousso, le modèle.
Mes frères (Mamadou, Hallassane, Gento, Gilles et Richard) et sœurs (Massiamy, Boutou,
Momo, Myriam, Selbé et Inzata), la force et l’inspiration.
Mon neveu et mes nièces (Naomi, Ismaël, Iman, Soheïla, Diane, Kayla et Lana).
Mon filleul et mes filleules.
Tonton Ben, Tatie Jen, les familles Compaoré et Ouédraogo, Aïcha.
Au Tana de Sumanguru, qui veille H24.

Merci à mon mentor, le Professeur Ehiedu Iweriebor (City University of New York, Hunter College,
Etats-Unis). Aucun mot ne saurait exprimer ma gratitude pour le soutien inconditionnel, les conseils,
la confiance et l’amour constamment et inlassablement témoignés.

Je voudrais également remercier les professeurs et chercheurs qui, au fil des années, ont largement
contribué à mon développement intellectuel : Mme Judith Ezekiel, M. Diallo, M. Colin Palmer, M.
Manning Marable, M. James Cone, M. David Scott, M. Payne, M. Mahmood Mamdani, Mme Maryse
Condé, M. Edouard Glissant, M. Robin Kelley, M. Robert Hill, M. Rupert Lewis et Mme Maureen
Warner-Lewis, M. Barry Chevannes, M. Barnor Hesse.

Nombreux sont les établissements universitaires et les personnels administratifs qui m’ont preté main
forte au cours de la recherche et de la rédaction qu’a nécessité le présent travail:
Sharon Harris de l’Institute for Research in African American Studies (IRAAS, Columbia
University), Mmes Hannoun et Gerez des départements de LEA et d’Anglais de l’université de Tours
Franois-Rabelais, Jean Muteba Rahier (Florida International University) et la promotion 2004 du
séminaire doctoral « Interrogating the African Diaspora », le CERCAA-CNRS et la Maison de
l’Anthropologie et de l’Ethnologie de l’université Paris X-Nanterre, Arlette Frund et le Cercle
d’études Afro-Américaines (CEAA), la Jeune Equipe d’Etudes Afro-Américaines de Tours.

Aux amis, nombreux, qui m’ont soutenue de près ou de loin. En particulier, l’ADM, l’Amicale du
Kremlin, le Séminaire, Benetton et La Fe !, Pika, Otu, Ibou, Joce et Hadja, mais aussi Négroblaster et
Elhadj (et sa famille), Shakita, Koolshen, Chida, Imani, Mpress et Gay.
Aux co-doctorants : Jovonne, Jed, Russell, Liz, Mariam, Diarapha, Samir, Noëlle, Lise, Sujaya,
Champa, Peter et Mikaila.

Enfin, merci aux personnes qui ont participé aux interviews : Lauren Alfred (merci également pour la
musique exceptionnelle), Ira, M-1 et en particulier Kahleb et Generrol.
Merci également à la mosquée n°7 de la Nation d’Islam (Harlem) ainsi qu’à la mosquée de Miami.

3Cette liste ne saurait etre exhaustive, que ceux dont les noms n’apparaissent pas veuillent bien accepter
mes excuses les plus sincères. Je voudrais dire merci à toutes les personnes qui, directement ou non,
ont contribué à l’aboutissement de ce travail. Ali bradi.

Résumé
Envisagé à travers le prisme de la diaspora africaine et la période historique qui fait immédiatement
suite aux activités de Marcus Garvey, ce travail s'interroge sur les contextes qui ont donné naissance à
la Nation d’Islam afro-américaine et au rastafarisme jamaïcain. Ces deux expressions nationalistes
noires des Amériques ont choisi de mener leurs luttes identitaires respectives par le biais de la religion.
La Nation d’Islam et le rastafarisme, par les discours qu’ils développent, soulèvent également des
questions fondamentales relatives aux processus historiques et sociaux de racialisation caractéristiques
de la diaspora africaine des Amériques.

Mots-clés : diaspora ; diaspora africaine ; Amériques noires ; Etats-Unis, Jamaïque ; Afro-américains ;
Afro-jamaïcains ; nationalisme noir ; panafricanisme ; religion ; Marcus Garvey ; Universal Negro
Improvement Association (UNIA) ; Nation d’Islam ; rastafarisme.


Résumé en anglais
Using the analytical tool of the African diaspora and based on the historical context that immediately
followed the activities of Marcus Garvey and the Universal Negro Improvement Association, this
work delves into the contexts that gave rise to the American Nation of Islam and the Jamaican
Rastafarianism. These two black nationalist expressions chose to launch their respective struggle for
self-determination through religion. The Nation of Islam and Rastafarianism, through the discourse
they have initially articulated, both raise fundamental questions regarding distinctive historical and
social processes of racialization in the African diaspora of the Americas.


Keywords : diaspora, African diaspora ; Blacks in the Americas ; United States of America ; Jamaica,
African Americans ; Afro-Jamaicans ; black nationalism ; panafricanism ; religion ; Marcus Garvey ;
Universal Negro Improvement Association (UNIA) ; Nation of Islam ; Rastafarianism.



















4

Table des matières


Dédicace 2

Remerciements 3

Résumé 4

Table des matières 5

Introduction: Race, nationalisme et religion dans la diaspora africaine des Amériques 7
I.1 La notion de "diaspora" appliquée aux Amériques noires 7
I.2 Le nationalisme noir 31
I.3 Panafricanisme et panafricanisme 37
I.4 La Nation d'Islam et le rastafarisme à la lumière du Garveyisme 44

Partie1: Les activités de Marcus Garvey et l’Universal Negro Improvement Association51
1.1 Introduction 52
1.2 Le fondamentalisme africain 77
1.3 La Black Star Line Steamship Incorporation 88
1.4 Le retour en Afrique 96
1.5 La presse 102
1.6 Marcus Garvey, l'Universal Negro Improvement Association et la religion 112
Conclusion partie1 125

Partie2: La Nation d'Islam, une "nation" dans la nation ...............................................131
2.1 Introduction 132
2.2 Esclavage et conversion au christianisme 135
2.3 Le christianisme afro-américain 151
2.4 Liens historiques entre les Afro-américains et l'islam 172
2.5 Grande Migration et urbanisation de la communauté afro-américaine 180
2.6 Le XXè siècle et le rejet du christianisme: le Moorish Science Temple of America et le
mouvement Ahmadiyya, 1893-1930 185
2.7 La Nation d'Islam: "Première Résurrection" 203
Conclusion partie2 246

Partie3: Le rastafarisme, le prisme de l'Ethiopie .............................................................249
3.1 Introduction 250
3.2 Esclavage en Jamaïque 255
3.3 Organisation de la société jamaïcaine 267
3.4 Les Afro-jamaïcains et le rapport au christianisme: les religions africaines, caribéennes,
églises baptistes et méthodistes 274
3.5 Migrations jamaïcaines au début du XXe siècle 287
3.6 La nation éthiopienne et la tradition éthiopianiste dans le contexte international des
années 1930 298
3.7 Emergence du rastafarisme 313
5Conclusion partie3 346



Partie4: Nation d'Islam et rastafarisme : regards croisés................................................354
4.1 Le racialisme religieux 355
4.2 La territorialisation 365
4.3 Le processus d'humanisation du divin 376
4.4 « Négritude » et africanité 382
Conclusion générale 386

Bibliographie ........................................................................................................................395
B.1 Diaspora 395
B2. Nationalisme noir, P(p)anafricanisme 402
B.3 Nation d’Islam, histoire afro-américaine 406
B.4 Rastafarisme, Jamaïque 413
B.5 Marcus Garvey, UNIA 431
B.6 Divers 437

Index ......................................................................................................................................443



6INTRODUCTION :

Race, nationalisme et religion dans la diaspora africaine des
Amériques


I.1 La notion de « diaspora » appliquée aux Amériques noires
Le sujet de cette thèse porte sur l’apparition des deux mouvements
socio-politico religieux que sont la Nation d’Islam afro-américaine et le
1rastafarisme jamaïcain . A travers le prisme de la diaspora africaine et la
période historique ayant immédiatement fait suite aux activités de Marcus
Garvey, notre propos entreprendra la description et l’analyse des contextes
qui favorisèrent l’émergence de ces deux expressions nationalistes noires
des Amériques ayant choisi de mener leurs luttes identitaires respectives par
le biais de la religion.
Les « Amériques Noires » telles qu’elles ont été conceptualisées
2dans les travaux de Roger Bastide (1967) sont constituées de l’espace
géographique, culturel et historique des Amériques « découvertes » puis
colonisées par les Européens à partir de la fin du XVe siècle. L’espace
géographique que couvrira cette thèse sera l’archipel des Antilles, plus

1 En anglais : « Rastafari » ou « rastafarianism ». Autres traductions usitées en français :
« rastafarisme » et « rastafari ». Voir Chrisine Chivallon, La Diaspora noire des
Amériques. Expériences et théories à partir de la Caraïbe, Paris : CNRS Editions, 2004 et
Dominique Curtius, Symbioses d’une mémoire. Manifestations religieuses et littératures de
la Caraïbe, Paris : L’Harmattan, 2006. Pour le présent travail, nous emploierons
« rastafarisme ».

2 Un concept à travers lequel l’anthropologue français met en lumière une double culture
s’exprimant de manière simultanée par le biais de la résistance culturelle manifeste dans la
reconstruction de modèles d’identification marqués par leur origine africaine d’une part, et
la rupture avec ces mêmes modèles d’identification d’origine africaine du fait de la pression
exercée par les milieux esclavagistes, d’autre part.

7spécifiquement la Caraïbe anglophone à travers la Jamaïque, île faisant
partie des grandes Antilles, et l’Amérique du Nord, à travers les Etats-Unis.
L’espace que nous venons de définir, parce qu’il englobe de manière
simultanée la géographie, l’histoire et des expressions culturelles diverses,
nécessite un cadre théorique qui permette une approche systématique. Le
concept de diaspora remplira ce cadre ; ainsi nous appliquerons ce modèle à
la Nation d’Islam, au rastafarisme et aux activités qui furent menées par
Marcus Garvey et l’Universal Negro Improvement Association (UNIA).
Apparues dans deux centres urbains des Amériques des années 1930
(Detroit aux Etats-Unis et Kingston en Jamaïque), la Nation d’Islam et le
rastafarisme découlent logiquement de l’UNIA du militant jamaïcain Marcus
Garvey. Toutefois, pour ces deux groupes, la lutte menant à la libération
totale du Noir des Amériques repose presque exclusivement sur le rapport à
la religion et plus particulièrement au christianisme. Parce qu’ils
renégocient les limites entre sacré et profane, la Nation d’Islam et le
rastafarisme s’interrogent sur les enjeux de la représentation du divin et son
impact au niveau historique et politique. De ce fait, l’orientation donnée à
cette thèse visera à souligner le questionnement fondamental auquel tentent
de répondre ces deux groupes, comme nous le verrons, chacun à sa façon.
Quels sont le sens et le poids qui doivent être attribués à une telle
interrogation portant sur l’existence présumée de liens entre race et
religion ? Quelle portée cette interrogation peut-elle revêtir dans le contexte
des populations d’origines africaines lointaines de ces deux pays des
Amériques? Car si l’on se penche sur ces deux groupes que sont les Afro-
Américains et les Afro-Jamaïquains, force est de constater très rapidement
8la complexité des élans identitaires qu’ils formulent dans une dynamique de
résistance politique, culturelle ou religieuse.
L’île de la Jamaïque et les Etats-Unis sont les aires géographiques et
politiques situées au cœur de notre étude. L’histoire de ces deux pays ne
peut être dissociée de celles de la traite négrière et de l’esclavage, du
colonialisme et du racisme institutionnel. Ce dernier est utilisé dans le
présent travail comme désignant toute forme et tout exercice d’oppression et
de discrimination basés sur l’appartenance « raciale » à l’échelle nationale,
garantis par l’Etat aussi bien de jure que de facto. Cet ensemble de données
historiques contribua à conférer un aspect spécifique aux relations raciales
qui régissent les différentes communautés de ces pays, ainsi qu’à la
constitution de différentes identités au sein même de ces groupes. Il s’agira
donc de prendre pour point de départ le domaine des relations interraciales
pour parvenir à celui des relations intra-raciales ou ethniques. Ainsi, l’on
passera des contextes particuliers des deux pays étudiés, avec leur
opposition, faussement simple, entre Noirs et Blancs, à l’étude plus nuancée
des identités noires qui ont été élaborées par la Nation d’Islam et le
rastafarisme à l’intérieur même des populations d’origine africaine dont sont
issus ces deux groupes.
Dans la communauté scientifique française et francophone, le terme
« diaspora » a rarement été utilisé pour décrire les populations noires des
Amériques. Ce choix sémantique s’oppose au fait que le terme en question a
été accepté dans le monde anglophone, et plus spécifiquement nord-
3américain, depuis 1966 (Chivallon, 2004, 32). Christine Chivallon explique

3 George Shepperson, « The African Abroad or the African Diaspora », African Forum, 2,
1966, p. 76-93.
9la cause de cette différentiation terminologique en invoquant le caractère
« discriminatoire » que revêt ce déni du statut de diaspora à certaines
populations du globe qui en ont pourtant toutes les caractéristiques
(Chivallon, 2004, 32-33). Cependant, dans le but de nuancer ce concept
généralisant que peut s’avérer être la diaspora des Amériques noires, notre
travail propose de discerner les deux grandes orientations que peut prendre
le terme : la diaspora africaine et la diaspora noire. Le premier terme est
décrit comme classique en ce qu’il fait référence aux divers héritages
africains et le positionnement central qu’occupe le continent d’origine, la
terre-mère, dans la construction identitaire. Le second terme, quant à lui,
s’inscrit dans un cadre contemporain et décentralise le continent africain
pour se concentrer sur la signification de la question raciale dans l’aire
Atlantique. Dans ce cas de figure, les travaux de Paul Gilroy (1993)
représentent un archétype théorique reconnu (Chivallon, 2004, 33-34).
Scientifiquement appréhendée comme un « tryptique » composé de
l’identité, du territoire et de la mémoire, la diaspora noire ou africaine des
4Amériques est liée à la notion d’hybridité . Les penseurs du courant
postmoderne, dont Homi Bhabha, envisagent le « tryptique » diasporique
comme un espace interstitiel permettant de s’éloigner autant que possible de
toute catégorisation binaire - forcément limitée - qui ne reflète aucunement
la réalité (Bertomière ; Chivallon, 2006, 16-17). L’approche des Amériques
noires à travers le prisme diasporique met en avant les thèmes de l’identité,
de la communauté, de la nation, et du transnationalisme. La diaspora peut


4 Soit « le troisième espace, celui de l’entre-deux », selon les travaux de Christine
Chivallon, La Diaspora noire des Amériques. Expériences et théories à partir de la
Caraïbe, Paris : CNRS éditions, 2004, et ceux de Paul Gilroy, The Black Atlantic :
Modernity and Double Consciousness, Cambridge : Harvard University Press, 1993.
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