Le statut fonctionnel des bifaces au Paléolithique moyen récent dans le Sud-Ouest de la France : étude tracéologique intégrée des outillages des sites de La Graulet, La Conne de Bergerac, Combe Brune 2, Fonseigner et Chez-Pinaud / Jonzac

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Sous la direction de Jacques Jaubert, Hugues Plisson
Thèse soutenue le 04 décembre 2008: Bordeaux 1
La fonction des bifaces, dont la présence est récurrente au Paléolithique moyen récent, a jusqu’à présent fait l’objet de rares études tracéologiques, dont les résultats ne permettent pas de se prononcer quant-à leur rôle précis en tant qu’outils et pourvoyeurs d’éclats. Les bifaces du Moustérien de Tradition Acheuléenne, tout comme leurs sous-produits de fabrication, sont ici étudiés du point de vue de leur fonctionnement, grâce à une approche tracéologique, celle-ci étant intégrée à des observations d’ordre technologique, morphologique et techno-fonctionnel. En amont, la constitution d’un large référentiel expérimental de traces d’utilisation sur les bifaces a notamment permis de dégager des critères spécifiques à ces outils pour l’interprétation des traces macroscopiques (esquillements, émoussés) en terme de modes de fonctionnement. Les bifaces MTA ne sont pas des outils polyfonctionnels : dans un premier temps, ces pièces, présentant souvent des bords latéraux convergeant vers une pointe, ont très largement servi à la boucherie, probablement lors de déplacements. De plus rares bifaces, présentant un tranchant distal transversal, ont été recherchés à d’autres fins, vraisemblablement pour hacher du bois. Les bifaces, longuement ravivés, ont gardé leur mode de fonctionnement initial tant que les propriétés fonctionnelles des bords ont été conservées. Les pièces dénaturées ont ensuite parfois été réutilisées en tant que percuteurs ou pour racler des matières minérales, sur les sites résidentiels. Les éclats de taille de biface bruts et retouchés en racloirs ont parfois été utilisés, plus spécifiquement pour la découpe de matières animales tendres dans le cadre de la boucherie. L’hétérogénéité des éclats utilisés, notamment leurs dimensions et les étapes de façonnage dont ils sont issus, argumente en faveur de la récupération de sous-produits et non d’une production volontaire prédéterminée.
-Biface
-fonction
-tracéologie
-expérimentation
-boucherie
-Paléolithique moyen
-Moustérien de Tradition Acheuléenne
-Sud-Ouest de la France
The function of handaxes, frequent during the recent Middle Palaeolithic, has been rarely explored by use-wear studies, the results of which do not allow us to know their exact role as tools and cores. We have studied some handaxes of Mousterian of Acheulian Tradition and their manufacture by-products: the interpretation of their use, revealed by use-wear analysis, is integrated into a technological, morphological and techno-functional approach. Initially, a large experimental referential of use-wear traces on handaxes was carried out: we have, thereafter, proposed some specific criteria to determine the use of handaxes thanks to macroscopic use-wear (edge damage, edge rounding). MTA handaxes are not multifunctional: firstly, these tools, which often have two convergent lateral edges and a distal point, were widely used for butchering activities, possibly during displacements. Fewer handaxes, characterized by a distal and transversal edge, were used in a different way, probably to chop wood. Handaxes were conserved and resharpened over a long time and were used until the functional features of the working edges changed. Then, the denaturated handaxes were sometimes re-used as hammers or to scrape mineral materials. Manufacture flakes, retouched or not in scrapers, sometimes show wear-traces: they were almost solely used to cut soft animal tissues during butchery. The used flakes are very different in size, and they come from various manufacturing stages : so these flakes have probably not been produced intentionally but rather opportunistically picked up in knapping accumulations.
Source: http://www.theses.fr/2008BOR13662/document
Publié le : mercredi 26 octobre 2011
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N° d’ordre : 3662
THÈSE

présentée à

L’UNIVERSITÉ BORDEAUX I

École doctorale des Sciences du Vivant, Géosciences et Sciences de l’Environnement

par

Émilie CLAUD


POUR OBTENIR LE GRADE DE

DOCTEUR

SPÉCIALITÉ : Préhistoire et Géologie du Quaternaire




Le statut fonctionnel des bifaces au Paléolithique moyen récent dans
le Sud-Ouest de la France

Étude tracéologique intégrée des outillages des sites de La Graulet, La Conne de Bergerac,
Combe Brune 2, Fonseigner et Chez-Pinaud / Jonzac


Thèse dirigée par Jacques JAUBERT et Hugues PLISSON

Soutenue le 4 décembre 2008


Après avis de :

Mme Patricia ANDERSON, Directeur de Recherche au CNRS
M. Alain TUFFREAU, Professeur à l’Université de Lille I

Devant la commission d’examen formée de :

Mme Patricia ANDERSON, Directeur de Recherche au CNRS Rapporteur
M. Pascal DEPAEPE, Directeur Scientifique et Technique de l’INRAP Examinateur
M. Jean-Michel GENESTE, Conservateur général du Patrimoine Exam
M. Jacques JAUBERT, Professeur à l’Université de Bordeaux I Directeur
Mme Cristina LEMORINI, Professeur à l’Université de Rome La Sapienza Examinateur
M. Hugues PLISSON, Chargé de Recherche au CNRS Directeur
M. Jürgen RICHTER, Professeur à l’Université de Cologne Examinateur
M. Alain TUFFREAU, Professeur à l’Université de Lille I Rapporteur


2008
1
2
Remerciements


Je tiens en tout premier lieu à remercier Jacques Jaubert pour m’avoir accordé sa confiance en acceptant de
diriger ce travail. À la fois étonné et entousiasmé lorsque j’ai émis le souhait de travailler sur la fonction des
outillages moustériens, sa présence, ni trop lointaine, ni trop envahissante, a été indispensable à la réussite de ce
« challenge », pour reprendre ces mots. Son soutien et ses conseils m’ont permis, dans les moments de doute,
d’avancer.

Je suis très reconnaissante à Hugues Plisson qui a accepté de remplir le rôle de tuteur et d’assurer ma formation
de tracéologue. Sa rigueur, sa passion, et sa disponibilité malgré la distance Aix-Bordeaux m’ont permis
d’apprendre et d’évoluer dans cette discipline, ce qui, je l’espère, va se poursuivre. Je le remercie également pour
m’avoir maintes fois fait profiter de ses compétences pratiques et théoriques dans le domaine de la microscopie :
ses conseils et son expérience ont permis d’équiper le laboratoire en instruments optiques adaptés et de me
constituer un équipement personnel. Enfin, ses encouragements ont été très importants pour la dernière étape de
finalisation de la thèse.

J’adresse toute ma reconnaissance et ma gratitude envers les membres du jury et je remercie particulièrement
Patricia Anderson et Alain Tuffreau pour avoir accepté de rapporter ce travail.

Je tiens à remercier Jacques Jaubert et Jean-Pierre Texier qui, du fait de leur soutien en DEA, m’ont permis
d’obtenir une Bourse BDI du CNRS, institution grâce à laquelle j’ai pu concentrer tous mes efforts sur ma thèse.

Plusieurs personnes doivent être remerciées pour m’avoir offert l’accès à leurs collections : Jean Airvaux,
Laurence Bourguignon, Michel Brenet, Jean-Jacques Cleyet-Merle, Luc Detrain, Claire Gaillard, Jean-Michel
Geneste, Milla Folgado, Jean-Jacques Hublin, Jacques Jaubert, Éric Labastie, François Lévêque, Iluminada
Ortega, Marie Soressi. Je remercie par ailleurs le personnel, les chercheurs et les étudiants présents lors de mes
visites au Musée National de Préhistoire des Eyzies, au Musée de l’Homme et au Centre National de Préhistoire
pour leur disponibilité, leur aide et nos échanges : Catherine Crétin, Jean-Philippe Faivre, Jean-Michel Geneste,
Bertrand Kervazo, Peggy Jacquement, Odile Romain et Alain Turq. Je souhaite plus particulièrement remercier
Jean-Michel Geneste et Alain Turq qui m’ont aidé, à travers nos discussions, à recentrer mon travail sur la
fonction des productions bifaciales.

Je suis extrêmement reconnaissante à Anne Delagnes tout d’abord pour m’avoir encouragée à mener une
approche technologique des bifaces car sans elle mon travail n’aurait pas eu la même portée. De plus, elle n’a pas
hésité à m’accorder de son temps pour me former, m’encadrer, toujours avec patience et tact, et a assuré une
relecture efficace. Je tiens également à remercier les enseignants et organisateurs du stage « Technologie de la
pierre taillée préhistorique et expérimentation » organisé au Cépam à Valbonne en 2006, notamment Pierre-Jean
Texier, Pierre Bodu, Serge Maury et Jacques Pelegrin, pour leur formation, leurs conseils, leurs encouragements
et le cadre très agréable dans lequel nous avons pu travailler. Les discussions avec les participants ont également
été enrichissantes humainement et archéologiquement parlant : merci à Aude, Émilie, Héloïse, Patricia, Clara,
Élisa, Amaranta… et tous les autres.

Ce travail n’aurait pas pu être réalisé sans l’aide des nombreuses personnes ayant participé, de près ou de loin,
aux expérimentations : j’aimerais ici leur exprimer ma reconnaissance. Serge Maury a pris beaucoup de son
temps et de son énergie pour fabriquer et raviver des dizaines de bifaces destinés aux utilisations expérimentales :
sans lui, le référentiel tracéologique spécialisé sur les bifaces n’aurait tout simplement pas pu être constitué.
D’autres archéologues m’ont également taillé des bifaces et d’autres supports ou ont participé à ces
expérimentations, et je les en remercie sincèrement : Michel Brenet, Loïc Daulny, Milla Folgado, Jean-Michel
Geneste, Michel Lenoir, Vincent Mourre et Jacques Pelegrin.
Le PCR « des Traces et des Hommes », dirigé par Céline Thiébaut, a servi de cadre pour un grand nombre
d’activités expérimentales. Merci à Céline de m’avoir permis d’y participer, notamment de coordonner un thème
sur la fonction des bifaces, et, avec Vincent Mourre, pour leur accueil chaleureux à Ménerbes. Merci à tous les
participants pour le partage des compétences, les discussions et aussi les fou-rire lors des séances expérimentales
communes : Aude Coudenneau, Marie-Pierre Coumont, Guillaume Asselin, Cédric Beauval, Gema Chacón,
Sandrine Costamagno, Loïc Daulny, Magali Gerbe, Vincent Mourre, Noëlle Provenzano, Lauriane Streit et Céline
Thiébaut.
3J’ai eu la chance de participer au « Programme d’études taphonomiques en contexte périglaciaire actuel», qui
m’a permis de mettre en place des expérimentations sur les modifications post-dépositionnelles liées à la
solifluxion et d’être en contact avec d’autres spécialistes, géoarchéologues, lithiciens ou archéozoologues,
concernés par les problèmes de conservation de vestiges. Je tiens donc à remercier Pascal Bertran, directeur du
programme, et tous les participants : Cédric Beauval, Florian Berrouet, Stéphane Boulogne, Michel Brenet,
Sandrine Costamagno, Catherine Ferrier, Bertrand Kervazo, François Lacrampe, Véronique Laroulandie, Arnaud
Lenoble, Jean-Baptiste Mallye, Bertrand Masson, Vincent Mourre, Wilford O'Yl, Marion Sasias, Céline Thiébaut
et Luc Vallin. Je remercie aussi Arnaud Lenoble et Marilyne Barisic pour la mise à disposition de pièces
expérimentales, abrasées ou piétinées.
Merci également aux personnes, appartenant ou non au monde de la Préhistoire, et aux institutions grâce
auxquelles certaines expérimentations ont été possibles parce qu’elles ont mis à disposition des locaux ou des
matières parfois difficiles à se procurer (carcasses d’animaux, peaux, bois de cervidé, résine de pin, ocre, cire,
silex…) : les Abattoirs de Bordeaux, notamment le Dr. Touloulou et Oradou, la Réserve Naturelle Géologique de
Saucats-la-Brède, en particulier Yves Gilly, l’Éco-musée de Marquèze dans les Landes, le Parc du Moulineau à
Gradignan, Marie Soressi, Morgan Roussel, Bernard Douet, Fernand Lecossois, Jean-Jacques, Chrystelle,
Jacqueline et François Le Roux. Je remercie par ailleurs Jean-Baptiste Mallye pour la mise à disposition des
outils en silex utilisés pour « préparer » ses petits carnivores.

Je suis reconnaissante à Jean-Luc Guadelli et Éric Pubert qui se sont rendus très disponibles pour réaliser
plusieurs tests relatifs aux empreintes et moulages de pièces expérimentales et qui m’ont appris à effectuer ces
manipulations. Grâce à leur aide et aux conseils de Francesco d’Errico, j’ai pu trouver les solutions adaptées à
mes besoins. Un grand merci également à tous les deux pour vos conseils, votre écoute et votre patience au
quotidien. Je tiens aussi à remercier Sylvain Pasty pour les dessins des nombreux bifaces de Jonza, ainsi que Loïc
Daulny et Alexandre Michel pour leurs conseils relatifs aux projections. Le Conseil Général de Dordogne a mis à
disposition du laboratoire, avant qu’il en soit équipé, un microscope métallographique avec lequel j’ai travaillé
pendant les deux premières années de ma thèse : je remercie sincèrement Serge Maury et Jean-Pierre Chadelle
pour ce long et indispensable prêt.

Un grand merci à toutes les personnes qui m’ont accordé de leur temps pour discuter autour du matériel ou des
possibilités d’interprétation de traces problématiques, notamment Aude Coudenneau, Enza Spinapolice, Loïc
Daulny, Serge Maury, Céline Thiébaut, Vincent Mourre, Jacques Pelegrin, Hugues Plisson, Veerle Rots et Marie
Soressi. Je tiens aussi à remercier Sylvie Beyries, Patrica Anderson et Cristina Lemorini, pour leurs
encouragements et leurs conseils, lors de congrès ou séminaires.

L’équipe de l’IPGQ et, à une autre échelle, le laboratoire PACEA m’ont accueilli et ont mis à disposition les
moyens nécessaires à cette thèse : je remercie plus particulièrement les directeurs, Jacques Jaubert, Jean-Pierre
Texier et Anne Delagnes pour l’équipement du laboratoire en matériel optique et photographique. Un grand merci
à Geneviève Peyres, Michèle Charuel, Sylvie Djian et Éric Pubert pour leur disponibilité, gentillesse et efficacité.
Merci aussi à mes collègues et ami(e)s chercheurs, doctorants, post-doctorants, étudiants ou ingénieurs, de
l’IPGQ ou de passage, avec qui j’ai partagé des moments sympathiques et qui m’ont encouragé et conseillé :
Dominique, Catherine, Véronique, Enza, Céline, Isabelle, Sandra, Anne-Laure, Solange, Tsenka, Émilie, Myriam,
Anne, Loïc, Seong-Jin, Jean-Luc, Pierre-Yves, Gérald, Mathieu, François, Jean-Baptiste, Arnaud, Alex, Alain,
Florian, Frédéric et les Williams. Merci beaucoup Céline pour ta relecture attentive, efficace et intégrale du
manuscript. Pour votre aide et votre soutien moral lors de la préparation de la soutenance, merci beaucoup Véro,
Céline, Anne et William… Un merci spécial à Enza avec qui j’ai partagé notre bureau pendant la rédaction de ma
thèse : pour ton soutien lors des moments de doute, tes relectures, ton aide pour effectuer les corrections, les
discussions passionées sur les Néandertaliens, et tout simplement, sur la vie.

Je tiens à remercier mes amis, qui depuis l’Auvergne ou d’ailleurs, m’ont soutenue dans cette entreprise qu’est la
thèse malgré la distance et mes absences récurrentes…merci Marie P., Anne-Clé, Aline, Lionel, Marie T., Julien,
Aurore, Mathieu…
Je terminerais par les personnes sans qui rien n’aurait été possible, car ils sont indispensables à mon équilibre et
qu’elles n’ont cessé de me soutenir sans jamais « me mettre la pression ». Merci Titia pour tes encouragements,
ton écoute et ton analyse éclairée lors des moments difficiles. Merci infiniment Maman et Papa pour votre
patience, votre confiance et votre soutien infaillible, qui m’ont aidé à travailler l’esprit serein... C’est aussi grâce à
tes attentions quotidiennes que ce travail a pu aboutir : merci mon chéri pour ton aide morale, pratique, pour ton
soutien et ton amour…
4
Sommaire


INTRODUCTION 7

PARTIE 1 : CADRE DE L’ETUDE 9
I. LES INDUSTRIES A BIFACES D’EUROPE OCCIDENTALE DU PALEOLITHIQUE MOYEN RECENT ..................................................... 11
1. Le Moustérien de Tradition Acheuléenne ...................................................................................................... 12
2. Le Moustéritype Quina .......................................................................................................................... 23
3. Le Vasconien ..................................................................................................................................................... 25
4. Les industries à bifaces du Nord de la France ............................................................................................... 29
5. Lestries à bifaces du Massif Armoricain............... 35
6. Bilan................................................................................................................................................................... 38
II. ÉTAT DES CONNAISSANCES SUR LE STATUT FONCTIONNEL DES PIECES BIFACIALES ................................................................. 41
1. Des éléments symboliques................................................................................................................................ 42
2. Des objets mobiles............................................................................................................................................. 43
3. Des objets longuement conservés .................................................................................................................... 45
4. Des outils polyfonctionnels ?............................................................................................................................ 48
5. Des nucléus pourvoyeurs d’éclats.................................................................................................................... 76
6. Conclusions sur le statut fonctionnel des bifaces et objectifs du travail ...................................................... 83

PARTIE 2 : MATERIEL ET METHODES 87
I. INTRODUCTION : CHEMINEMENT GENERAL ................................................................................................................................ 89
II. COMPOSITION DU CORPUS ARCHEOLOGIQUE ET ECHANTILLONNAGE....................................................................................... 90
1. Séries expertisées et sélectionnées ................................................................................................................... 90
2. Échantillonnage au sein des séries................................................................................................................... 91
III. APPROCHE TECHNOLOGIQUE : ETUDE DES MODALITES DE PRODUCTION ET CONFECTION ..................................................... 95
1. Caractérisation des pièces bifaciales............................................................................................................... 95
2. Caract des éclats ................................................................................................................................ 98
IV. APPROCHE MORPHOLOGIQUE ET TECHNO-FONCTIONNELLE : CARACTERISATION DES ZONES ACTIVES OU PREHENSIVES ... 102
1. Les modules des supports............................................................................................................................... 106
2. Les modules des talons ................................................................................................................................... 106
3. Les angles de coupant et de bord................................................................................................................... 106
VI. APPROCHE TRACEOLOGIQUE OU FONCTIONNELLE................................................................................................................ 109
1. Définition et histoire des méthodes et des recherches en tracéologie .........................................................109
2. Techniques utilisées pour l’analyse fonctionnelle ........................................................................................ 114
3. Traces et fonction : définitions et critères de description utilisés....... 116
4. Stigmates d’usure : description, expérimentations et clefs d’interprétation............................................. 126
VII. ENREGISTREMENT DES DONNEES.......................................................................................................................................... 211

PARTIE 3 : RESULTATS : ANALYSE DES SERIES ET DISCUSSIONS 213
I. LES SITES ISSUS DES FOUILLES DE LA DEVIATION DE BERGERAC, DORDOGNE : COMBE-BRUNE, LA GRAULET ET LA CONNE DE
BERGERAC..................................................... 215
1. Présentation des sites et des collections étudiées.......................................................................................... 215
2. Étude morphologique, technologique et fonctionnelle des pièces bifaciales.............................................. 219
3. Bilan sur le statut fonctionnel des pièces bifaciales des sites de la déviation de Bergerac........................ 246
II. LE SITE DE FONSEIGNER, BOURDEILLES, DORDOGNE............................................................................................................. 248
5
1. Présentation du site et caractéristiques générales du niveau D supérieur................................................. 248
2. L’industrie lithique du niveau D supérieur (N=2067) : contexte typo-technologique .............................. 248
3. Échantillonnage et qualité de conservation de l’industrie en silex du niveau D supérieur ...................... 250
4. Résultats de l’analyse fonctionnelle .............................................................................................................. 254
5. Conclusion....................................................................................................................................................... 289
III. LE SITE DE CHEZ-PINAUD, JONZAC, CHARENTE-MARITIME ................................................................................................ 292
1. Présentation du gisement et des niveaux étudiés ......................................................................................... 292
2. Échantillonnage et évaluation de la qualité de conservation des éléments lithiques de l’unité
stratigraphique SW-US06-07............................................................................................................................. 295
3. Résultats de l’analyse fonctionnelle...................... 301

PARTIE 4 : SYNTHESE 461
I. LES BIFACES COMME MOYENS D’ACTION SUR LA MATIERE ...................................................................................................... 463
1. Les modes de fonctionnement « primaires » ................................................................................................ 463
2. Les modes de fonctionnements « secondaires »............................................................................................ 468
3. À propos des modes de préhension ............................................................................................................... 470
4. Particularités fonctionnelles des bifaces par rapport au reste de l’outillage............................................. 470
5. Bilan sur les modes d’utilisation des bifaces MTA ...................................................................................... 471
6. Modes de fonctionnement et mobilité ........................................................................................................... 472
II. LES BIFACES POURVOYEURS D’ECLATS................................................................................................................................... 475
1. Le fonctionnement spécialisé des éclats de taille de biface.......................................................................... 475
2. Des supports hétérogènes............................................................................................................................... 476
3. Un recours non systématique......................................................................................................................... 477
4. Quel statut pour les bifaces ?.............................................................................................. 478
III. QUELQUES PERSPECTIVES...................... 479
1. Le Moustérien de type Quina....................... 479
2. Le Vasconien ................................................................................................................................................... 479
3. Le Moustérien à bifaces triangulaires du Nord de la France .................................................................... 480
4. Le Micoquien d’Europe centrale..................... 480
5. Les industries « à influences micoquiennes » ............................................................................................... 480

CONCLUSION 483

BIBLIOGRAPHIE 485






6Introduction
Introduction


Ce travail s’intéresse au statut fonctionnel des bifaces, plus particulièrement à leurs modes de
fonctionnement en tant qu’outils et leur rôle de pourvoyeurs d’éclats, du fait de l’éventuelle utilisation des
éclats détachés lors de leur fabrication. En effet, si les hypothèses sur la fonction des bifaces sont
nombreuses, peu d’études ont contribué à la documenter en apportant des arguments fiables. Parmi
elles, les études tracéologiques ou fonctionnelles, se basant sur les traces liées à l’usage, sont assez rares,
souvent ponctuelles et ont livré des informations disparates. C’est notamment le cas pour les bifaces
moustériens d’Europe occidentale, dont la fonction reste à explorer plus largement. Cette question est
d’autant plus intéressante qu’elle s’inscrit dans les recherches contribuant à comprendre la variabilité des
industries moustériennes : la présence ou l’absence de bifaces constitue une caractéristique importante,
tout comme leurs différences morphologiques et/ou technologiques et les différences de composition des
assemblages lithiques associés aux bifaces, ces éléments ayant conduit à distinguer plusieurs faciès
d’industries. La présence de bifaces est justement récurrente au sein du Paléolithique moyen récent (du
stade isotopique 5 à 3) en Europe occidentale, par exemple dans le Moustérien de Tradition Acheuléenne
du Sud-Ouest de la France, le Moustérien à bifaces triangulaires plats du Nord de la France ou encore le
Moustérien à pièces bifaciales dominantes de Bretagne. La connaissance du statut fonctionnel des bifaces
est capitale pour discuter des relations entre ces industries, notamment leur éventuelle filiation, car elle
permettrait peut-être d’isoler des caractéristiques techniques indépendantes des paramètres fonctionnels,
donc, en l’absence d’autres facteurs de variation (liés à la matière première, à la mobilité, etc.), des traits
culturels.

C’est dans cette large problématique que s’intègre ce travail, qui s’est concentré sur un des faciès bien
représenté au cours de la phase récente du Paléolithique moyen récent : le Moustérien de Tradition
Acheuléenne ou MTA. Pour apporter de nouveaux éléments sur le statut fonctionnel des bifaces du
MTA, une étude tracéologique des bifaces, des éclats de taille de biface et dans certaines séries des autres
éléments de l’assemblage, a été réalisée. Cinq séries ont été analysées, provenant de différents sites : La
Graulet, La Conne de Bergerac et Combe Brune 2, qui se situent en plein air sur la déviation de Bergerac
en Dordogne, Fonseigner en Dordogne, situé en plein air à proximité d’un abri-sous-roche et enfin Chez-
Pinaud à Jonzac (Charente-Maritime), abri-sous-roche. Cette approche fonctionnelle est dite intégrée,
c’est-à-dire qu’elle a été combinée à des observations morphologiques, technologiques et techno-
fonctionnelles, afin d’identifier l’ensemble des facteurs influençant leur fonctionnement.


La présentation de ce travail suit le cheminement suivant :
Une première partie est consacrée au cadre de l’étude : elle présente les industries à bifaces du
Paléolithique moyen récent d’Europe occidentale, les différentes hypothèses et démonstrations
d’utilisation des bifaces et des éclats de taille au Paléolithique ancien et moyen, et énonce les objectifs du
travail.
La deuxième partie traite du choix des séries analysées, de l’échantillonnage et des méthodes utilisées.
Ces dernières relèvent d’approches technologiques, techno-fonctionnelles et tracéologiques, qui y sont
détaillées. Le référentiel expérimental tracéologique, comptant une centaine de bifaces et environ 250
autres outils bruts ou retouchés nous a permis de dégager des critères de reconnaissance des traces
d’utilisation, d’emmanchement, de transport, d’origine technologique, naturelle et accidentelle. L’accent a
été mis sur les transformations macroscopiques des bifaces lors de leur utilisation, car l’analyse des traces
tels que les esquillements, fractures et émoussés pour les interprétations fonctionnelles peut constituer un
éclairage complémentaire aux polis, rarement conservés pour ces périodes anciennes, voire des indices à
part entière.
Les résultats obtenus sur les sites archéologiques sont exposés dans la troisième partie : tout d’abord les
sites issus des travaux sur la déviation de Bergerac, puis Fonseigner, et enfin Chez-Pinaud/Jonzac. Les
interprétations fonctionnelles sont présentées séparément selon qu’il s’agit de bifaces, d’éclats de taille de
bifaces, de supports issus du débitage ou de nucléus.
7Introduction

Enfin, la quatrième partie propose une synthèse de l’ensemble des résultats concernant le statut
fonctionnel des bifaces MTA. Des perspectives d’études complémentaires sont également énoncées,
notamment sur les autres industries à bifaces du Paléolithique moyen récent du Sud-Ouest, du Nord de la
France, de Bretagne, ou encore d’Europe centrale, en rapport avec la problématique de départ.

8 Partie 1 : Cadre de l’étude




















Partie 1
Cadre de l’étude





Phillipson 1997












9 Partie 1 : Cadre de l’étude

























































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