Les diatopismes du français en Vendée et leur utilisation dans la littérature : l'œuvre contemporaine d'Yves Viollier, The Diatopic Elements of Western French (Vendée) and their Usage in Literature : the Works of the Contemporary Novelist Yves Viollier

De
Publié par

Sous la direction de Christian Schmitt, André Thibault
Thèse soutenue le 18 décembre 2010: Université de Bonn, Paris 4
Cette thèse de doctorat étudie l'utilisation discursive des régionalismes, ou diatopismes, du français en alliant les perspectives de la linguistique variationniste et de l'analyse du discours. L'étude fournit un développement conceptuel, terminologique et méthodologique détaillé en matière de diatopie et des contraintes qui pèsent sur l'usage de diatopismes dans le discours. Elle explicite en particulier la méthode d'analyse appliquée en termes différentiels, pour la description des diatopismes et l'interprétation des sources et des enquêtes de terrain menée par l'auteure, ainsi que pour l'analyse du discours. À partir de l'analyse des procédés discursifs qui présentent les diatopismes en autonymie (les mises en relief) et de leur distribution discursive, un nouveau paradigme sociopragmatique permet d'interpréter les caractéristiques pragmatiques et sociolinguistiques des diatopismes dans le discours. Le corps de l'analyse est présenté sous la forme d'articles dictionnairiques, complétant un modèle lexicographique différentiel de rubriques qui sont consacrées aux aspects discursifs et sociopragmatiques des diatopismes étudiés. L'analyse philologique porte sur tous les diatopismes qui sont mis en relief dans l'ensemble des vingt-six romans grand public du Vendéen Yves Viollier, publiés de 1972 à 2009, et qui appartiennent à la communauté sociolinguistique de ce dernier. L'étude montre que les mises en relief, tributaires de l'orientation réaliste des romans étudiés, sont relativement rares, et que la création de l'ethos du 'régional' passe dans ceux-ci par un choix original de diatopismes, et non par des clichés largement partagés.
-Variation diatopique du français
-Lexicographie différentielle
-Sociolinguistique historique
-Analyse de corpus
-Littérature française et régionaliste
-Pragmatique
-Analyse du discours
-Linguistique
This doctoral dissertation studying the use of French regionalisms, or diatopicisms, in literature, is situated in the fields of variationist linguistics and of discourse analysis. The study offers a detailed description of the concepts and current terminology in the recent discipline of Francophone differential linguistics as well as in the related branches of French discourse analysis. It pays particular attention to the methods applied in the identification of diatopic elements and the interpretation of existing sources – completed by field studies conducted by the author – as well as for an appropriate discourse analysis of diatopicisms in literature. Developing a new sociopragmatic paradigm, the author analyses the strategies that present meta-linguistically highlighted diatopicisms and their textual distribution in order to interpret what these procedures say obliquely about the diatopicisms in terms of their pragmatic and sociolinguistic characteristics. The large corpus analysis is presented in the form of dictionary articles, based on a model developed in French differential lexicography, and enriched by sociopragmatic sections. The author analyses all highlighted diatopicisms in the twenty-six popular novels of Yves Viollier which belong to the latter's sociolinguistic community (Vendée). The study shows that the strategies highlighting diatopicisms in the analysed novels – published from 1972 to 2009, realist and partly regionalist – are relatively rare. The ethos of the novelist's home region is partly created by the use of diatopicisms – but this is achieved through original choices, rather than largely shared stereotypes.
-Diatopic variation of French
-Differential lexicography
-Historical sociolinguistics
-Corpus analysis
-French literature general and regional
-Pragmatics
-Discourse analysis
Source: http://www.theses.fr/2010PA040111/document
Publié le : mardi 1 novembre 2011
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Université
Paris‐Sorbonne
(Paris
IV)
 Philosophische
Fakultät
der
Universität
zu
Bonn

École
Doctorale
V
'Concepts
et
langages'
 
Institut
VII,
Abteilung
für
Romanistik




Les
diatopismes
du
français
en
Vendée













 et
leur
utilisation
dans
la
littérature
:



 l'œuvre
contemporaine
d'Yves
Viollier




 Thèse
inaugurale
en
cotutelle
pour
l'obtention
du
grade
de


 DOCTOR
PHILOSOPHIAE
(Dr.
phil.)


 présentée
et
soutenue
le
18
décembre
2010
par


 


 


 Inka
WISSNER



Discipline
:
Linguistique

–

Romanistique
:
philologie
française


Jury
de
thèse
:
les
professeurs
des
universités

M.
Peter
BLUMENTHAL
 Universität
zu
Köln

M.
Jean‐Pierre
CHAMBON
 Université
Paris‐Sorbonne
(Paris
IV)

M.
Andres
KRISTOL
 Université
de
Neuchâtel

M.
Franz
LEBSANFT
 Rheinische
Friedrich‐Wilhelms‐Universität
zu
Bonn

M.
Christian
SCHMITT
‐‐Universität
zu
Bonn

M.
André
THIBAULT
 Université
Paris‐Sorbonne
(Paris
IV)


Sous
la
direction
des
professeurs
des
universités


M.
Christian
SCHMITT



et
 M.
André
THIBAULT


Présidents
du
jury
:
les
professeurs
des
universités

M.
Jean‐Pierre
CHAMBON
 (pour
l'Université
Paris‐Sorbonne)

M.
Franz
LEBSANFT
 (pour
l'Université
de
Bonn)



 Bonn
/
Paris
 2010





Inaugural‐Dissertation
 vorgelegt
 von
 Inka
 Wissner
 aus
 Siegburg
 (Deutschland)
 zur

Erlangung
des
akademischen
Grades
doctor
philosophiae
(Dr.
phil.)
der
Philosophischen

Fakultät
der
Rheinischen
Friedrich‐Wilhelms‐Universität
Bonn
und
der
Universität
Paris‐
Sorbonne
(Paris
IV),
am
18.
Dezember
2010
erfolgreich
verteidigt.





2







«
Quand
 j'écris,
 un
 régionalisme
 est
 

pour
moi
naturel
dans
des
situations
 

bien
précises,
où
il
peut
être
le
mot


[…].
 Là,
 j'ai
 plaisir
 à
 le
 mettre.
 En

même
temps,
je
pense
au
lecteur.
Je
 

suis
sûr
que
ça
a
une
forte
poétique,
 

qui
ne
s'y
trouverait
pas
autrement.


Donc
 là,
 je
 retrouve
 avec
 plaisir
 les

mots
de
l'enfance,
dans
la
mesure
où
 

ils
 apportent
 un
 supplément
 –
 une
 

valeur
ajoutée.
»
(Yves
Viollier
2006,


entretien
 oral
 informel
 avec
 nous‐
même)
 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 «
Ces
 régionalismes
 [d'entre
 Loire
 et

Gironde]
 peuvent
 paraître
 quantité


négligeable
et
ils
ont
d'ailleurs
été
souvent


 négligés
ou
mal
traités
jusque
là
dans
les


 dictionnaires.
 Pourtant,
 ils
 ponctuent
 la

langue
 de
 tous
 les
 jours
 à
 laquelle
 ils


donnent
sa
tonalité
particulière
:
ils
sont


 au
 paysage
 linguistique
 ce
 que
 sont
 les


 tuiles
romaines
dans
le
paysage
humain,

ils
ont
l'odeur
de
fraîchin
des
conches
du


marais,
 ils
 fleurent
 de
 bon
 le
 tourteau


 fromager,
ils
ont
la
simplicité
du
broyé
ou


 de
 la
 galette,
 le
 velours
 insidieux
 du

pineau
et,
par
leurs
origines,
sont
souvent


hors
 d'âge
 comme
 les
 grands
 cognacs
»


 (Pierre
Rézeau
1986c,
309)





3 Remerciements
À l'issue de la grande aventure que représente pour moi l'accomplissement de cette thèse, un
regard rétrospectif met tout d'abord en évidence que la complexité et la durée du projet ont
dépassé de loin ce que j'avais pu imaginer il y a six ans.
À l'origine de cette découverte a été le professeur Ch. Schmitt, qui lors de mon assistanat au
Département d'Études Romanes à l'Université de Bonn m'a confié le projet d'étudier les
régionalismes et leurs fonctions dans la production littéraire d'Y. Viollier. Ma reconnaissance
profonde va aussi vers le professeur A. Thibault de l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV), qui
en 2005 a accepté la co-direction d'une cotutelle internationale, et aux côtés de Ch. Schmitt
m'a accompagnée avec le soutien scientifique nécessaire, et des encouragements constants.
Je remercie également le professeur J.-P. Chambon pour ses précieux conseils, et tous les
membres du jury pour leurs relectures : les professeurs P. Blumenthal, J.-P. Chambon, A.
Kristol, F. Lebsanft, Ch. Schmitt et A. Thibault, ainsi que le pré-rapporteur M.-D. Glessgen.
Au laboratoire ATILF-CNRS à Nancy, je souhaite remercier l'équipe de Linguistique historique
française et romane, en particulier le directeur du centre du FEW J.-P. Chauveau. Depuis
2005, j'ai pu bénéficier de ses conseils éclairants pour l'analyse lexicographique différentielle,
ainsi que pour la recherche documentaire à la bibliothèque wartburgienne. Soient aussi
remerciés les autres équipes du laboratoire pour leur soutien documentaire et technique.
Mes remerciements vont également vers l'écrivain Yves Viollier, qui a bien voulu m'accorder
quatre longs entretiens fructueux, et qui a donné son accord pour la publication des extraits
tirés de ses romans. M'a été accordé le droit de reproduire les extraits de citation de
ses romans publiés chez Robert Laffont, ainsi que les images citées en annexe (chap. 7.5) qui
ont été tirées d'ouvrages publiés par De Boeck-Duculot, les Éditions de Linguistique et de
Philologie, Geste Éditions, ainsi que les Presses Universitaires de Rennes.
Merci aussi aux informateurs d'avoir accepté de répondre aux enquêtes que j'ai menées en
Vendée en 2006 et 2009 – pour leur confiance, et pour le temps et l'accueil chaleureux qu'ils
m'ont accordés, en particulier les informateurs P. D. et Y. D., P. V., G. V., ainsi que Cl. M.
Vu la situation précaire dans laquelle je me suis retrouvée en tant que doctorante, les
déplacements réguliers qu'impliquait le projet de recherche – entre Bonn, Paris, et l'est et
l'ouest de la France – ont été possibles grâce aux organismes qui ont accordé des bourses et
des aides financières. D'abord la Universitätsgesellschaft de Bonn, qui m'a attribué une bourse
de doctorat d'une durée exceptionnelle de trois ans, puis le Deutscher Akademischer
Auslandsdienst, ayant accordé une bourse de recherches à l'étranger. Ont aussi été d'un grand
secours des bourses d'étude du Ministère des Affaires Étrangères de la République française
et de l'Association française des Femmes Diplômées des Universités, ainsi qu'une aide à la
mobilité dans le cadre de la cotutelle de thèse, de l'Université franco-allemande de Saarbruck.
Au cours de l'avancement des recherches, des regards extérieurs ont été nécessaires, et sont
particulièrement appréciés de la part de collègues et amis attentifs et généreux. Je remercie
pour leurs relectures A. Wirth, aujourd'hui à l'Institut Émilie du Châtelet LAMOP (CNRS-
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), S. Miech (Nancy), et en particulier F. Lagueunière.
Non seulement ses commentaires ont été enrichissants grâce à son expérience de rédactrice au
FEW et au DRF, mais elle m'a aussi accordé un soutien scientifique et amical incomparable,
sans lequel il m'aurait été difficile de terminer ce projet à temps.
Soient également remerciés ici pour leur aide en matière informatique Laurent Borne, ainsi
qu'en particulier Nathanael et Verena Wissner, surtout pour l'élaboration des cartes.
La réalisation d'une cotutelle de thèse présuppose un excellent suivi scientifique, mais aussi
un cadre de vie favorable, dont j'ai pu bénéficier. Je tiens à exprimer ma gratitude profonde à
mon père Michael Wissner, qui m'a toujours soutenue et orientée avec amour et délicatesse,
m'a fait confiance, et m'a donné l'envie de ne jamais cesser d'apprendre et de découvrir.
Cette thèse ne serait pas non plus ce qu'elle est sans Damien Lapierre, mon mari, qui m'a
acceptée en même temps que ce projet. En tant que connaisseur de la flore et de la faune, il a
relu des épreuves, tout comme le botaniste Roger Marciau – et il a eu la patience et l'énergie
de me soutenir à chaque instant des six années de travail, afin de m'aider à le mener à bien.
Ce voyage plein de découvertes m'a fait parcourir un chemin raboteux, mais m'a fait mûrir. Il
m'a aidé à comprendre que le travail que je soumets aujourd'hui n'est pas un résultat parfait et
clos, mais le début d'un autre voyage, peut-être encore plus ardu, mais non moins enrichissant.
4 Table des matières
I. ABRÉVIATIONS,
SYMBOLES
ET
SIGLES
………...…………………………………………………………………………...8

II. INTRODUCTION
………………………………………………….………………..…………………………………………...10

III. PROBLÉMATIQUE
……………………………………………………………………………………………………..………11

1.
 LE
FRANÇAIS
CONTEMPORAIN
DANS
SA
VARIATION
DIATOPIQUE...................................13

1.1.
 DIATOPICITÉ
ET
RÉGIONALITÉ
DU
FRANÇAIS
STANDARD............................................13

1.2.
 UNE
FRANCOPHONIE
RÉGIONALISÉE
ET
SES
VARIÉTÉS
DIATOPIQUES.......................................................16

1.3.
 LES
DIATOPISMES................................................................................................................19

1.4.
 L'ARÉOLOGIE
D'UNE
FRANCOPHONIE
PLURICENTRIQUE..............................................26

1.5.
 LA
DIATOPIE
ET
SA
LÉGITIMITÉ
DANS
LA
SOCIÉTÉ........................................................29

2.
 LA
VARIATION
DIATOPIQUE
DANS
LE
DISCOURS
LITTÉRAIRE...........................................37

2.1.
 UNE
ANALYSE
DE
CORPUS
:
POURQUOI
UNE
ŒUVRE
LITTÉRAIRE
?...........................37

2.2.
 LE
CORPUS
D'ANALYSE
:
L'ŒUVRE
DU
VENDÉEN
CONTEMPORAIN
YVES
VIOLLIER................................40

2.2.1.
 La
Vendée
et
le
Centre­ouest
:
paysage
linguistique
et
culturel.............41

2.2.2.
 L'œuvre
d'Yves
Viollier
dans
le
champ
littéraire
francophone...............................................54

2.3.
 DÉCRIRE
L'UTILISATION
DISCURSIVE
DE
DIATOPISMES
DANS
LA
LITTÉRATURE
FRANCOPHONE.........65

2.3.1.
 Un
bilan
chronologique............................................................................................................................65

2.3.2.
 Une
approche
sociopragmatique.........................................71

2.3.2.1.
 L'exploitation
de
diatopismes
:
implications
et
contraintes..............72

2.3.2.1.1.
 Le
discours
littéraire
comme
dispositif
de
communication.....................................................................72

2.3.2.1.2.
 Les
contraintes
discursives
d'une
stratégie
de
discours...........72

2.3.2.1.3.
 Un
positionnement
littéraire
et
ses
conventions
stylistiques.................................................................72

2.3.2.2.
 Les
mises
en
relief
métalinguistiques
et
leur
interprétation.............72

2.3.2.2.1.
 Emploi
et
modalisation
autonymiques.............................................................................................................72

2.3.2.2.2.
 Les
unités
compositionnelles
du
discours.......72

2.3.2.2.3.
 Le
marquage
typographique.................................................................................................................................72

2.3.2.2.4.
 Les
gloses.......................................72

2.3.2.2.5.
 Une
question
de
fonctions
ou
d'actes
de
langage
?......................................................................................72

2.4.
 DÉCRIRE
LES
DIATOPISMES
DANS
L'APPROCHE
DIFFÉRENTIELLE..............................72

2.4.1.
 La
collecte
des
diatopismes.....................................................................................................................72

2.4.2.
 L'identification
des
diatopismes
du
français...................72

2.4.3.
 Les
outils
de
description
des
diatopismes.........................72

2.4.3.1.
 Établir
un
corpus
de
référence.......................................................................................................................................72

2.4.3.2.
 Le
corpus
de
référence
minimal.....72

2.4.3.3.
 Enquêtes
orales.....................................................................................................................................................................72

2.4.3.4.
 Le
corpus
de
référence
élargi..........72

2.4.4.
 Exploiter
le
corpus
de
référence............................................................................................................72

2.4.4.1.
 Le
corpus
différentiel
du
français
contemporain...................................72

2.4.4.1.1.
 Dictionnaires................................................................72

2.4.4.1.2.
 Documentation
préparatoire
du
DRF................................................................................................................72

2.4.4.1.3.
 Base
de
données
en
ligne........................................72

2.4.4.2.
 Le
corpus
général
du
français.........................................................................................................72

5 2.4.4.2.1.
 Dictionnaires
généraux
du
français
moderne................................................................................................72

2.4.4.2.2.
 Bases
de
données
du
français
général
contemporain................................................................................72

2.4.4.2.3.
 Ouvrages
du
français
général
populaire
contemporain............72

2.4.4.2.4.
 Le
FEW............................................................................................................................................................................72

2.4.4.2.5.
 Dictionnaires
généraux
de
l'ancienne
langue72

2.4.4.2.6.
 Sources
modernes
et
historiques
en
matière
de
grammaire..................................................................72

2.4.4.2.7.
 Sources
modernes
et
historiques
:
phonétique
et
phonologie...............................72

2.4.4.2.8.
 Enquêtes
orales
:
le
français
contemporain....................................................................................................72

2.4.4.3.
 Le
corpus
régional................................................................72

2.4.4.3.1.
 Le
fonds
documentaire
du
FEW...........................................................................................72

e2.4.4.3.2.
 Les
ouvrages
régionaux
concernant
surtout
le
20 
siècle.........................................................................72

e e2.4.4.3.3.
 Les
ouvrages
régionaux
concernant
les
15 –19 
siècles...........72

2.4.5.
 Les
enquêtes
orales
en
Vendée...............................................................................................................72

2.4.5.1.
 L'approche
conversationnelle
dirigée.........................72

2.4.5.2.
 Accéder
aux
usages
d'une
communauté
de
locuteurs..........................72

2.4.5.3.
 Le
questionnaire
et
les
diatopismes
testés................................................................................................................72

2.4.5.4.
 Les
caractéristiques
des
témoins
et
les
points
d'enquête...................72

2.4.5.5.
 Le
déroulement
des
enquêtes.........................................................................................................................................72

2.4.5.6.
 Synthèse
des
résultats
d'enquête..................................................................................................................................72

2.5.
 PRÉSENTATION
DES
DONNÉES..........................................................................................72

2.5.1.
 Nomenclature...............................................................................................................72

2.5.2.
 Macrostructure.............................................72

2.5.3.
 Microstructure..............72

3.
 ANALYSE
DES
DIATOPISMES
DU
FRANÇAIS
EN
VENDÉE
DANS
L'OPUS
DE
VIOLLIER...72

3.1.
 LE
VOCABULAIRE.................................................................................................................................................72

3.1.1.
 L'univers
:
ciel,
atmosphère,
terre,
flore
et
faune..........72

3.1.1.1.
 Ciel,
atmosphère,
terre.......................................................................................................................72

3.1.1.2.
 Flore
et
faune..........................................................................72

3.1.2.
 Le
Pays
et
les
hommes...............................................................................................................................72

3.1.3.
 L'homme
:
être
physique
et
émotionnel.............................72

3.1.3.1.
 L'homme
:
être,
corps
et
santé........................................................................................................72

3.1.3.2.
 Nourriture................................................................................72

3.1.3.3.
 Comportement,
gestes,
caractère..................................................................................................................................72

3.1.4.
 L'homme
:
être
social.................................................................72

3.1.4.1.
 Sobriquets................................................................................................................72

3.1.4.2.
 Famille.......................72

3.1.4.3.
 Loisirs
et
fêtes........................................................................................................................................................................72

3.1.4.4.
 Travail........................................................................................................................................................................................72

3.1.4.5.
 Aménagement
de
l'espace,
moyens
de
déplacement............................72

3.1.4.6.
 Habitat,
la
maison
et
ses
dépendances........................................................................................................................72

3.1.4.7.
 Ustensiles
domestiques
et
meubles
traditionnels..................................72

3.1.5.
 Divers................................................................................................................................72

3.2.
 LES
DIATOPISMES
PHONÉTICO‐GRAPHIQUES.................................72

3.3.
 LES
NOMS
PROPRES.............................................................................................................72

6 4.
 RÉSULTATS............................................................................................................................................72

4.1.
 LES
DIATOPISMES
DANS
L'APPROCHE
DIFFÉRENTIELLE..............72

4.1.1.
 Caractéristiques
formelles.......................................................72

4.1.2.
 Caractéristiques
sémantiques................................................................................72

4.2.
 OBSERVATIONS
DISCURSIVES
QUANTITATIVES
ET
QUALITATIVES.............................................................72

4.2.1.
 Deux
acteurs
à
l'origine
des
mises
en
relief
:
l'auteur
et
l'éditeur.........................................72

4.2.2.
 Répartition
discursive
des
mises
en
relief
et
des
diatopismes..................72

4.2.2.1.
 Où
les
diatopismes
sont‐ils
mis
en
relief
et
utilisés
dans
les
romans
?.........................72

4.2.2.2.
 Où
et
quand
les
diatopismes
mis
en
relief
sont‐ils
utilisés
?..............................................................................72

4.2.2.3.
 Les
diatopismes
non
mis
en
relief
et
d'autres
stratégies
de
discours...........................72

4.3.
 LES
MISES
EN
RELIEF
:
ANALYSE
SOCIOPRAGMATIQUE.................................................................................72

4.3.1.
 Emplois
et
modalisations
autonymiques
:
des
stratégies
de
discours..................................72

4.3.2.
 Comment
l'auteur
met
en
relief
les
diatopismes
qu'il
utilise...................72

4.3.2.1.
 Les
marques
typographiques
:
guillemets
et
italiques.........................................................................................72

4.3.2.2.
 Les
gloses
:
commentaires
métalinguistiques,
tournures
de
citation
localisatrices,
définitions.......72

4.3.3.
 Le
dire
que
véhiculent
les
mises
en
relief..........................................................................................72

4.3.3.1.
 Non‐coïncidences
du
dire
que
véhiculent
les
mises
en
relief............................................72

4.3.3.2.
 Modes
du
dire
:
à
qui
les
diatopismes
sont‐ils
attribués
?..................................................72

4.3.3.3.
 Des
mises
en
relief
descriptives,
metteurs
en
scène
de
l'usage........................................72

4.4.
 LES
DIATOPISMES
ET
LEURS
VALEURS
SOCIOLINGUISTIQUES......................................72

4.5.
 FINALITÉS
DE
L'UTILISATION
DES
DIATOPISMES
MIS
EN
RELIEF................................72

5.
 CONCLUSIONS
ET
PERSPECTIVES...................................................................72

6.
 RÉFÉRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
ET
SITOGRAPHIQUES.....................................................72

7.
 ANNEXE...................................................................................................................72

7.1.
 LES
SIGLES
BIBLIOGRAPHIQUES
ET
SITOGRAPHIQUES..................................................72

7.1.1.
 Les
sigles
du
corpus
de
référence..........................................................................72

7.1.2.
 Autres
sigles...................................................72

7.2.
 LE
CORPUS
PRIMAIRE..........................................................................72

7.2.1.
 Références
bibliographiques
:
l'œuvre
d'Yves
Viollier.................................72

7.2.2.
 Résumés
des
romans
constituant
l'œuvre
d'Yves
Viollier..........................72

7.3.
 INDEX
DES
DIATOPISMES
D'AUTRES
AIRES
LINGUISTIQUES
QUE
LA
VENDÉE
QUI
SONT
MIS
EN
RELIEF

DANS
L'ŒUVRE
D'YVES
VIOLLIER.................................................................................................................................72

7.4.
 INDEX
DES
DIATOPISMES
DU
FRANÇAIS
EN
VENDÉE
QUI
SONT
MIS
EN
RELIEF
DANS
L'ŒUVRE
D'YVES

VIOLLIER
:
NOTRE
NOMENCLATURE.............................72

7.4.1.
 Index
par
champs
sémantiques.............................................................................................................72

7.4.2.
 Index
alphabétique.....................................72

7.5.
 LES
CARTES...........................................................................................................................72

7.5.1.
 Départements
de
la
France
continentale..........................72

7.5.2.
 Le
Strich.
Ordre
géolinguistique
de
Walther
von
Wartburg....................................................72

7.5.3.
 L'aire
du
poitevin­saintongeais,
dans
le
Centre­ouest................................72

7.5.4.
 Carte
physique
de
la
Vendée...................................................................................72

7.5.5.
 Organisation
de
l'espace
en
Vendée
:
réseaux
de
communication.........................................72

7.5.6.
 Points
des
enquêtes
de
terrain
EnqWissVendée
2006­2009.....................72

7 

I. Abréviations, symboles et sigles
Dans notre travail, nous recourons aux abréviations, symboles et sigles qui ont aujourd'hui
généralement cours en linguistique romane (repris à LRL 2005, 53-91 ; HSK 2003, XXIV-LXI ;
FEW ; TLF), et plus particulièrement en linguistique différentielle française (v. DRF ;
DRFA ; DSR ; DHFQ, li-lvii, et lvi notamment pour les marques d'usage). Ils ne sont pas
explicitement repris ici.
Notre liste des abréviations, qui donne les termes dans leur forme considérée comme la plus
neutre (c.-à-d. le singulier masculin sauf cas particuliers), inclut seulement celles qui sont
proposées par nous-même ou qui sont d'une fréquence particulière :

Char. (en) Charente inf. informateur(s), informatrice(s)
CharM. (en) Charente-Maritime LoireA. (en) Loire-Atlantique
c.-à-d. c'est-à-dire orig. selon le texte original
com. commentaire p.-ê. peut-être
comm. pers. communication personnelle poit. ; Poit. (en) poitevin ; (dans le) Poitou
dial. (en) dialecte ; dialectal (en pragm. pragmatique
parlant de faits de langue) région. régional ; régionalement
diat. diatopie ; diatopisme ; saint. ; (en) saintongeais ; (en)
diatopique
Saint. Saintonge
DSèvres (dans les) Deux-Sèvres vend. ; (en français / dialecte) vendéen ;
fr. de réf. français de référence, v. chap. Vend. (en) Vendée
2.4
fr. gén. français général, v. chap. 1.1
fr. stand. français standard, v. chap. 1.1

Toutes les abréviations, conventionnelles ou personnelles, sont appliquées systématiquement
en note infrapaginale, dans notre analyse de corpus (chap. 3) et dans les passages entre
parenthèses, lorsque cela permet d'améliorer leur lisibilité.
L'emploi de crochets carrés à l'intérieur de citations indique toujours que le texte qu'ils
entourent n'est pas dû à l'auteur cité, mais qu'il a été ajouté par nous-même pour des raisons
2de lisibilité. Ceci concerne entre autres l'indication de synonymes généraux (précédée du
signe « = ») pour les faits de langue diatopiquement marqués qui sont absents de notre
nomenclature. Une barre oblique indique un changement d'alinéa ou de page. Le symbole
« * » à droite d'un mot indique sa présence dans notre nomenclature (v. chap. 3).
À l'intérieur des citations provenant d'autres ouvrages (exception faite du corpus primaire),
nous uniformisons de la façon suivante sans remarque explicite ultérieure :
• utilisation systématique d'accents sur les lettres majuscules,
• utilisation de minuscules dans les définitions (sauf pour l'écriture de noms propres),
• utilisation systématique de guillemets anglais (" ") pour des guillemets définitoires, et de
guillemets simples (' ') pour des guillemets de citation d'auteurs,
Pour les abréviations, nous recourons systématiquement aux emplois suivants :
• s.v.' (sub voce) sert à renvoyer à un mot-vedette ; 'syn.' (et non pas 'synon.') à synonyme ;
'dep.' à depuis ; 'dans' (et non pas 'ds') à dans ; 's.' à 'siècle' ; 's.m.' et 's.f.' à substantif
masculin et substantif féminin (et non pas 'n.m.' et 'n.f.') ;

2
C.-à-d. de formes sémantiquement identiques ou proches, indépendamment de considérations connotatives,
fréquentielles, paradigmatiques et syntagmatiques, de même que sociopragmatiques.
8 • parmi les marques des dictionnaires généraux, 'région.' renvoie à régional ; 'dial.' à
dialectal ; 'vx' à vieux ; et 'techn.' à technique et à terme de spécialisation.
Pour faire référence aux ouvrages consultés, nous suivons deux traditions de citation. Le
schéma habituel 'nom(s) d'auteur(s) + année de publication' est utilisé pour toutes nos sources,
exception faite du matériau qui fait partie de nos corpus de travail (v. chap. 2.2.2. et 2.4.3-
2.4.4). Pour ces derniers, nous suivons et adaptons systématiquement les sigles d'usage de la
lexicographie différentielle française (v. DRF, 1089-1118). Selon ce modèle unifié accessible,
nous indiquons d'abord le(s) nom(s) d'auteur(s) ou une forme abrégée (donnée omise en cas
de plus de trois auteurs). Commençant par une majuscule, suivent (accolés) éventuellement
un / des terme(s) frappant du titre de l'ouvrage cité (comme 'ÉvPhon'), et systématiquement
l'indication de la région à l'étude (comme 'Vendée') ou d'une forme abrégée (p.ex. 'Poit' ou
'MaraisV'). Ces données sont suivies de l'année de publication (p.ex. 'PignonÉvPhonPoit
1960' ou 'SvensonMaraisV 1959'). Dans notre analyse (chap. 3), nous ajoutons en outre une
date entre crochets carrés indiquant la période que concernent les données citées en cas de
divergence importante avec la date de publication de l'ouvrage (v. chap. 2.5 et 7.1).
Des ouvrages que nous utilisons ponctuellement, quoique pourvus d'un sigle par le DRF, sont
cités ici d'après le premier type de convention, afin de les distinguer typographiquement des
travaux appartenant à nos corpus de référence.
Les sigles construits sur le modèle de la lexicographie différentielle française sont également
proposés pour les ouvrages faisant partie de notre corpus (littéraire) primaire (v. chap. 2.2.2),
et constitués de trois éléments : 'nom d'auteur + terme remarquable du titre accolé + année de
publication' (p.ex. 'ViollierVigne 1994'). De la même façon, nos enquêtes linguistiques de
terrain sont citées de façon analogue au sigle proposé dans le DRF pour les enquêtes
entreprises dans le cadre du projet de ce dernier (v. 'EnqDRF 1994-96') : 'EnqWissVendée
2006-09'.
Tous les sigles de la tradition lexicographique française sont indiqués dans la bibliographie, à
leur place alphabétique, si nécessaire (ainsi 'DRF = Rézeau (ed.) 2001'), et à la suite des
références concernées. Ainsi, ils apparaissent entre parenthèses si repris au DRF, et entre
crochets carrés si nous les proposons de façon analogue (p.ex. '[SvensonMaraisV 1959]'). Des
crochets sont également utilisés pour indiquer des ajouts aux sigles proposés par le DRF,
entourant les éléments avec lesquels nous complétons éventuellement ces derniers pour des
raisons d'unification.
9 II. Introduction
Toute langue est inséparable de ses locuteurs. Les langues romanes contemporaines varient
donc dans leurs réalisations concrètes, selon différents facteurs, situationnels autant que
sociaux, diachroniques, et géographiques – ou mieux diatopiques.
C'est la variation diatopique qui nous intéresse ici en particulier. En ce domaine, les travaux
portent surtout sur les dialectes primaires, dont la plupart sont en voie de disparition, sous la
pression des langues romanes standardisées qui les dominent. Ces dernières sont pourtant
elles aussi caractérisées par une dimension diatopique, plus récente, inhérente, et bien vivante.
Notre analyse, résolument descriptive, portera sur une variété diatopique du français. Cette
langue se prête à notre analyse par la richesse de la documentation lexicographique – qui est
la plus élaborée parmi les langues romanes et les langues modernes en général : celle-ci
permet de mener des analyses philologiques approfondies, en synchronie et en diachronie. Le
français est en outre la langue romane la moins régionalisée, et la plus soumise à une attitude
collective unificatrice – d'où un important décalage entre les réalisations concrètes de la
langue et les représentations collectives que s'en font les locuteurs.
Nombreux sont en effet ceux, surtout dans l'Hexagone, qui vont jusqu'à nier l'existence d'une
variation régionale au sein de leur langue 'une et indivisible'. On observe cependant une
meilleure reconnaissance du français en tant que langue dynamique avec une variabilité
einhérente, y compris sa variation diatopique, depuis le dernier quart du 20 siècle notamment.
Ce changement se cristallise non seulement dans les sciences – aussi en linguistique romane,
et française depuis les années 1980 notamment. Il se manifeste également dans les
comportements langagiers des locuteurs francophones – aussi dans la littérature, gardienne et
créatrice des normes linguistiques dominantes.
La présente étude se propose de partir de la production romanesque d'un écrivain
contemporain vendéen, du Centre-ouest de la France, pour décrire comment les éléments du
français en Vendée sont utilisés, afin d'identifier les finalités pragmatiques de leur usage, ainsi
que ses implications sociolinguistiques.
Dans une démarche proprement philologique, l'analyse variationniste des particularismes
identifiés est pour cela complétée d'une approche que nous appelons sociopragmatique, et qui
vise à rendre compte de leur utilisation discursive particulière.
10

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