Le transport des produits vivriers en Côte d'Ivoire : enjeux et stratégies pour le développement

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Domaine: Sciences de l'Univers, Sciences de l'Homme et Société
Ce travail analyse l'intégration de la dimension transport dans la production vivrière et sa commercialisation. Il reconstitue dans le cas de la Côte d'Ivoire la chaîne de transport en étudiant toutes les étapes du parcours des produits, depuis les champs jusqu'aux zones de consommation. En considérant l'écoulement des produits vivriers dans son environnement socio-économique, la thèse décrit et analyse d'abord les circuits de commercialisation, l'organisation des opérations de transport et les relations entre les opérateurs économiques et les stratégies mises en oeuvre. Identifiant ensuite les contraintes, les blocages et les enjeux correspondants, elle s'achève sur des propositions relatives à la contribution du transport pour assurer, dans de meilleures conditions économiques, l'approvisionnement des centres urbains, principaux débouchés de l'agriculture vivrière. Les contraintes résident dans les mécanismes réglementaires et le fonctionnement du transport routier de marchandises, dans les problèmes de surcoût et la non rationalisation des circuits, dans l'insuffisance des moyens de transport au niveau le plus bas de la hiérarchie du système de transport et des marchés en milieu rural, dans le caractère atomisé et dispersé de la production vivrière qui, ajouté à la faible accessibilité des zones de production, rend peu efficace l'organisation de la collecte et de l'évacuation des produits vers les marchés urbains et, enfin, dans la faiblesse de la trésorerie des commerçants privés. L'enjeu d'une bonne organisation du transport n'est pas seulement d'assurer la rentabilité des prestations des transporteurs mais aussi de permettre aux producteurs d'écouler plus régulièrement leurs récoltes et d'améliorer leurs revenus. Compte tenu de la part élevée du prix de transport dans les coûts de commercialisation, les grossistes s'approvisionnent en priorité dans les zones de proximité, ce qui pénalise les zones de production reculées. Au niveau des grands centres urbains de consommation comme Abidjan, le transport constitue un facteur de compétitivité et de concurrence. L'ouverture de la thèse sur les problèmes de la compétition entre produits domestiques et produits importés, cultures vivrières et cultures d'exportation permet d'analyser l'influence des aspects extravertis du système de production-commercialisation. Les produits importés comme le riz importé ainsi que les cultures d'exportation connaissent une meilleure organisation du transport assurant une meilleure utilisation des véhicules et des opérations de transport plus rémunératrices. Cette compétition se traduit bien souvent en terme d'offre de transport insuffisante pour les produits vivriers locaux. Des éléments d'action, prenant en compte non seulement le volet transport mais considérant aussi des aspects commerciaux, agricoles et institutionnels, sont élaborés afin d'assurer une bonne articulation entre le transport en zone de production (transport local) et le transport interrégional. Les propositions d'ordre organisationnel, technique et financier ont été formulées dans le but de rendre plus efficace l'ensemble du système production-commercialisation des produits vivriers et d'impulser par là une plus grande dynamique de développement en milieu rural.

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DES PONTS ET CHAUSSEES
A
THESE DE DOCTORAT DE L'ECOLE NATIONALE
DES PONTS ET CHAUSSEES
Présentée par
Aka ECHUI
en vue de l'obtention du titre de
Docteur de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées
Spécialité : Transport
LE TRANSPORT DES PRODUITS VIVRIERS
EN COTE D'IVOIRE : ENJEUX ET STRATEGIES
POUR LE DEVELOPPEMENT
Soutenue le 25 juin 1993
devant le jury composé de :
M. Maurice BERNADET Président et Rapporteur
Rapporteur M. Xavier GODARD
Examinateur M. Ezan AKELE r M. Emile LEBRIS
Directeur de thèse M. Michel SAVY
Ê.NP.C,
nui IIIIIIIMIIMIHIII ,_,* «
DOC09596
tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010à Yaba Marie
tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010REMERCIEMENTS
Cette recherche n'aurait pu être menée à son terme sans :
- le financement partiel de la Banque Mondiale, à travers le volet "Mise en place des
enseignements transport à l'Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics -
Yamoussoukro" (ENSTP) du 3èrae Projet de Développement Urbain (PDU 3) mis en
oeuvre en Côte d'Ivoire,
- le concours administratif de la Direction et Contrôle des Grands Travaux (DCGTX - Côte
d'Ivoire),
- le soutien logistique de l'ENSTP qui déploie des efforts pour la formation de ses
enseignants,
- le soutien du Département International de la Direction de la Formation Continue et de
l'Action Internationale (DFCAI) de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC).
Je remercie toutes les personnes^ au sein de ces organismes, qui m'ont aidé et, tout
particulièrement, M. Ezan AKELE, ancien Directeur Général de l'ENSTP, dont la
confiance a été une source précieuse de motivation et de persévérance.
J'exprime toute ma gratitude à M. Michel SAVY, Professeur à Ï'ENPC et Directeur
de recherche au Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS), pour avoir
dirigé ce travail. Sa patience, sa confiance et ses encouragements, pendant mon
"isolément" scientifique en Côte d'Ivoire, ont été des appuis précieux pour dépasser les
doutes. Ses conseils avisés et sa rigueur ont éclairé ma démarche en m'évitant de longs
moments de confusion. Bien plus encore, il a favorisé des contacts avec des personnalités
scientifiques de centres de recherche et établissements français d'enseignement
supérieur. Je mentionnerai notamment :
- M. Xavier GODARD, Directeur de recherche à l'Institut National de Recherche sur les
Transports et leur Sécurité (INRETS), responsable de l'équipe pays en développement,
- M. Alain BONNAFOUS, Professeur à l'Université Lyon II, ancien Directeur du
Laboratoire d'Economie des Transports (LET),
- M. Daniel L'HUILLIER, ancien Professeur à l'Université d'Aix-Marseille et Directeur
du Centre de Recherche d'Economie des Transports (CRET),
- M. Jacques Maurice LENGRAND, Directeur de l'Institut Universitaire de Technologie,
Directeur de recherche au CRET,
- M. Jean-François SOUFFLET, ancien Professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des
Sciences Agronomiques Appliquées (ENSAE) de Dijon.
Je tiens à leur exprimer toute ma reconnaissance.
Cette recherche doit aussi beaucoup à des entretiens qui m'ont été accordés par des
collègues et des personnes travaillant sur des questions similaires dans l'administration
et dans les organismes professionnels, et à des corrections et remarques de personnes
tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010qui ont accepté de lire le manuscrit. Je remercie en particulier M. Basile KEITA (Chargé
d'études contractuel à FINRETS et au LET), M. Bi-Nagoné ZORO et
M. Charles NICAISE (Chargés d'études à la DCGTX), M. Jean TOGUYENI (ancien
Professeur de transport à FENSTP), M. Mahamadou SAKO (Directeur des transports
terrestres), M. Abedjinan TANO (Directeur d'exploitation au Groupement Ivoirien des
Transports Publics), M. Georges ESSOH (Chargé d'études à l'Office de
Commercialisation des Produits Vivriers) et Mme Monique LOGIE (Directrice de
l'Inédite - Association pour la diffusion, l'édition et la publication).
J'ai été profondément marqué par l'atmosphère cordiale et l'environnement
scientifique motivants du LATTS qui m'a assuré d'excellentes conditions de travail. Je
tiens à exprimer toute ma reconnaissance à tous les membres du LATTS pour leur accueil
amical et la chaleur de leur soutien constant qui ont facilité mon insertion.
Enfin, pour leur aide et leurs encouragements, je remercie les responsables
centraux et régionaux du Ministère de l'Equipement (Côte d'Ivoire) et toutes les autres
personnes parmi lesquelles je tiens à mentionner M. Ahizi EHOLIE pour son hospitalité
lors de mon séjour à Paris.
tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010i
RESUME
Ce travail analyse l'intégration de la dimension transport dans la production vivrière et sa
commercialisation. Il reconstitue dans le cas de la Côte d'Ivoire la chaîne de transport en
étudiant toutes les étapes du parcours des produits, depuis les champs jusqu'aux zones
de consommation. En considérant l'écoulement des produits vivriers dans son
environnement socio-économique, la thèse décrit et analyse d'abord les circuits de
commercialisation, l'organisation des opérations de transport et les relations entre les
opérateurs économiques et les stratégies mises en oeuvre. Identifiant ensuite les
contraintes, les blocages et les enjeux correspondants, elle s'achève sur des propositions
relatives à la contribution du transport pour assurer, dans de meilleures conditions
économiques, l'approvisionnement des centres urbains, principaux débouchés de
l'agriculture vivrière.
Les contraintes résident dans les mécanismes réglementaires et le fonctionnement du
transport routier de marchandises, dans les problèmes de surcoût et la non rationalisation
des circuits, dans l'insuffisance des moyens de transport au niveau le plus bas de la
hiérarchie du système de transport et des marchés en milieu rural, dans le caractère
atomisé et dispersé de la production vivrière qui, ajouté à la faible accessibilité des zones
de production, rend peu efficace l'organisation de la collecte et de l'évacuation des
produits vers les marchés urbains et, enfin, dans la faiblesse de la trésorerie des
commerçants privés.
L'enjeu d'une bonne organisation du transport n'est pas seulement d'assurer la
rentabilité des prestations des transporteurs mais aussi de permettre aux producteurs
d'écouler plus régulièrement leurs récoltes et d'améliorer leurs revenus. Compte tenu de
la part élevée du prix de transport dans les coûts de commercialisation, les grossistes
s'approvisionnent en priorité dans les zones de proximité, ce qui pénalise les zones de
production reculées. Au niveau des grands centres urbains de consommation comme
Abijan, le transport constitue un facteur de compétitivité et de concurrence.
L'ouverture de la thèse sur les problèmes de la compétition entre produits domestiques et
produits importés, cultures vivrières et cultures d'exportation permet d'analyser
l'influence des aspects extravertis du système de production-commercialisation. Les
produits importés comme le riz importé ainsi que les cultures d'exportation connaissent
une meilleure organisation du transport assurant une meilleure utilisation des véhicules et
des opérations de transport plus rémunératrices. Cette compétition se traduit bien
souvent en terme d'offre de transport insuffisante pour les produits vivriers locaux.
tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010ii
Des éléments d'action, prenant en compte non seulement le volet transport mais
considérant aussi des aspects commerciaux, agricoles et institutionnels, sont élaborés
afin d'assurer une bonne articulation entre le transport en zone de production (transport
local) et le transport interrégional. Les propositions d'ordre organisationnel, technique et
financier ont été formulés dans le but de rendre plus efficace l'ensemble du système
production-commercialisation des produits vivriers et d'impulser par là une plus grande
dynamique de développement en milieu rural.
Mots clés : Economie du développement, Système de transport, Transport de
marchandises, Produits vivriers, Chaîne de transport, Maîtrise de transport, Distribution,
Commercialisation, Côte d'Ivoire, Afrique Sub-Saharienne.
tel-00529423, version 1 - 25 Oct 20101
TABLE DES MATIERES
tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010tel-00529423, version 1 - 25 Oct 2010

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