DISCOURS PRONONCÉ EN SEANCE PUBLIQUE LE OCTOBRE

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1 Académie des sciences DISCOURS PRONONCÉ EN SEANCE PUBLIQUE LE 14 OCTOBRE 2003 PAR BERNARD MEUNIER EN HOMMAGE A FERNAND GALLAIS (1908 - 2002) Fernand Gallais est décédé à l'âge de 93 ans, entouré de sa famille et de ses proches, à Toulouse en février 2002. Après une éducation dans une famille lui ayant inculqué un profond respect du progrès scientifique, il obtient la même année, au Lycée Henri IV à Paris, les baccalauréats en Mathématiques Elémentaires et en Philosophie. La visite d'un hôpital avec un parent lointain, interne en pharmacie, et le goût précoce pour les expériences en chimie vont contribuer à l'orienter vers des études en pharmacie. En parallèle, il fréquente également les cours de deux grands de la chimie minérale à la Sorbonne : Georges Urbain et Paul Pascal. Il obtiendra ainsi son Doctorat en Pharmacie en 1934 et son Doctorat d'Etat en Sciences Physiques en 1938. Après cinq années d'internat en pharmacie, il sera pendant sept ans Chef de Laboratoire à la Faculté de Médecine de Paris. Tout en étant très proche à cette époque d'un chimiste des produits naturels comme Maurice-Marie Janot, sa passion pour la chimie minérale le conduit à l'étude des propriétés magnétiques des complexes de métaux de transition. Il va avoir ainsi l'occasion de faire des mesures de susceptibilités magnétiques au Laboratoire de Bellevue, dirigé alors par Gaston Dupouy.

  • chimiste des produits naturels

  • membre correspondant

  • chimie minérale

  • professeur chaire

  • jeune chercheur

  • responsabilités d'enseignement et d'administration

  • chaire de chimie physique


Publié le : mercredi 1 octobre 2003
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1
Académie des sciences
DISCOURS PRONONCÉ EN SEANCE PUBLIQUE LE 14 OCTOBRE 2003
PAR BERNARD MEUNIER
EN HOMMAGE A FERNAND GALLAIS
(1908 - 2002)
Fernand Gallais est décédé à l'âge de 93 ans, entouré de sa famille et de ses proches, à Toulouse en
février 2002. Après une éducation dans une famille lui ayant inculqué un profond respect du progrès
scientifique, il obtient la même année, au Lycée Henri IV à Paris, les baccalauréats en Mathématiques
Elémentaires et en Philosophie.
La visite d'un hôpital avec un parent lointain, interne en pharmacie, et le goût précoce pour les expériences
en chimie vont contribuer à l'orienter vers des études en pharmacie. En parallèle, il fréquente également les
cours de deux grands de la chimie minérale à la Sorbonne : Georges Urbain et Paul Pascal. Il obtiendra ainsi
son Doctorat en Pharmacie en 1934 et son Doctorat d'Etat en Sciences Physiques en 1938.
Après cinq années d'internat en pharmacie, il sera pendant sept ans Chef de Laboratoire à la Faculté de
Médecine de Paris. Tout en étant très proche à cette époque d'un chimiste des produits naturels comme
Maurice-Marie Janot, sa passion pour la chimie minérale le conduit à l'étude des propriétés magnétiques des
complexes de métaux de transition. Il va avoir ainsi l'occasion de faire des mesures de susceptibilités
magnétiques au Laboratoire de Bellevue, dirigé alors par Gaston Dupouy. Sa rencontre avec ce dernier, va
largement contribuer à influencer sa carrière.
Après sa démobilisation à Toulouse en juin 1940, il rejoint la Faculté de Pharmacie de Paris pour un court
séjour avant d'être nommé Maître de Conférences à la Faculté des Sciences de Toulouse avec l'aide de
Gaston Dupouy, devenu entre temps titulaire de la chaire de physique de cette même université. Fernand
Gallais va succéder à Paul Sabatier comme enseignant de chimie minérale et va organiser le laboratoire le
mieux possible dans des circonstances particulièrement difficiles. Son enseignement de haut niveau sera à
l'origine de son premier livre,
Chimie Théorique et Expérimentale
, publié en 1950 et qui va marquer un
tournant dans l'enseignement de la chimie physique. Il en sera de même pour son livre
Chimie Générale
écrit
en 1958 en collaboration avec Guillaume Rumeau.
Professeur sans chaire en 1947, il sera titulaire de la chaire de chimie physique et chimie minérale en 1951.
En 1950, il prend également la direction de l'Institut de Chimie de Toulouse, celui-là même créé par Paul
Sabatier, et va oeuvrer pour sa transformation rapide en "Ecole Nationale Supérieure de Chimie". Ce sera
chose faite en 1953.
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Parallèlement à ces responsabilités d'enseignement et d'administration, il va créer une équipe de recherche
sur le magnétisme des complexes de métaux de transition, plus particulièrement sur l'étude de l'effet Faraday et
de son utilisation pour décrire les différents types de liaisons en chimie inorganique : la liaison "dative" était à
cette époque encore un mystère pour beaucoup de ses collègues chimistes.
Sa capacité à attirer des chercheurs de talents va lui permettre de créer en 1974, le Laboratoire de Chimie
de Coordination, une unité propre du CNRS qui compte maintenant parmi les meilleurs laboratoires de chimie
français. Il en assurera la direction jusqu'à la date de son départ en retraite en 1978.
Après avoir quitté la direction de l'Ecole de Chimie de Toulouse en 1964, il sera nommé directeur adjoint
du CNRS en 1965, puis directeur scientifique au sein de ce même organisme pour le secteur de la chimie et
des sciences médicales en 1966. Son action au CNRS coïncide avec la mise en place des équipes de
recherche associées et la construction de relations durables entre le CNRS et l'Université.
Un des grands talents de Fernand Gallais aura été de distinguer très rapidement les jeunes chercheurs
brillants. Patrick Cassoux, un des ses élèves, aime à rappeler que Fernand Gallais, nouveau directeur adjoint
du CNRS, lui avait présenté Olivier Kahn à l'âge de 22 ans comme étant "un jeune homme prometteur". Ce
dernier sera effectivement un des plus brillants chimistes de sa génération. Il sera élu Membre correspondant
de cette Académie en 1987, puis Membre en 1997. Nous sommes tous à regretter sa brutale disparition à
l'âge de 58 ans.
Fernand Gallais a été élu Membre correspondant de l'Académie des Sciences en 1966, puis Membre en
1973. Il avait un réel plaisir à venir le lundi pour rencontrer de nombreux amis au sein de la Compagnie. Par
ailleurs, il servira la communauté de la chimie en tant que Président de la Société Française de Chimie de 1978
à 1980.
Fernand Gallais aura été un enseignant de haut niveau et un organisateur efficace de la recherche en chimie
de coordination, à un moment où la France accusait un sérieux retard dans ce domaine. Il a toujours mis son
énergie au service de la collectivité et de l'Etat afin de construire un enseignement et une recherche de qualité
pour le bien de tous. En ce sens, il aura été un grand patron, travaillant avec élégance et courtoisie et réservant
une grande chaleur humaine pour sa famille et ses proches. Fernand Gallais était Officier de la Légion
d'Honneur et Commandeur des Palmes Académiques.
Nous remercions Mme Françoise Gallais et les siens d'être présents parmi nous pour l'hommage que
l'Académie rend aujourd'hui à celui qui aura été un de ses membres éminents.
PS. Beaucoup de détails de la vie de Fernand Gallais proviennent d'un entretien avec Pierre Braunstein,
Membre correspondant de l'Académie des Sciences, à l'approche du 90ième anniversaire de Fernand Gallais
(cet entretien a été publié dans
Coordination Chemistry Reviews
en 1998, vol. 178-180, pages 3-11) et de
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deux textes de Patrick Cassoux publiés, l'un dans les
Comptes Rendus de l'Académie des Sciences
en 2002,
vol. 5, page 185 et l'autre dans l'
Actualité Chimique
d'avril 2002, pages 63-64. Qu'ils soient remerciés tous
les deux pour ces données biographiques essentielles.
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