IPAG epreuve de synthese 2007

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CONCOURS IPAG 2007 EPREUVE DE SYNTHESE Durée : 3 heures Coefficient attribué à cette épreuve : 3 Il est demandé au candidat de faire la synthèse en 400 mots (avec une tolérance de plus ou moins 10%) de l’ensemble des documents. Le candidat doit mettre un signe après chaque groupe de 50 mots et indiquer, en fin de copie, le nombre total de mots. La synthèse demandée ne saurait être un résumé successif des différents documents. Elle doit être un texte entièrement rédigé, construit autour d’une problématique posée en introduction, ordonné selon un plan clair et s’achevant par une conclusion. Il n’est pas nécessaire de faire référence aux documents (“ le document 1 précise…, “ Untel s’oppose à… ”). Au final, le lecteur de la synthèse doit pouvoir comprendre, sans avoir à se reporter aux documents, les enjeux du débat posé par les différents documents. Nous attirons l’attention du candidat sur : • la nécessité absolue de poser une problématique d’ensemble permettant ensuite d’ordonner de manière logique et nuancée les arguments ; • l’importance des qualités d’orthographe et de rédaction. - 1 - Document 1 : La situation agricole de l’Afrique La baisse globale des revenus tirés des produits agricoles d'exportation pénalise l'agriculture africaine. En avril 2005, la CNUCED a publié une étude dont certaines conclusions sont pour le moins éloquentes : on y apprend par exemple, en ce qui concerne les termes de ...
Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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CONCOURS IPAG 2007   EPREUVE DE SYNTHESE  Durée : 3 heures  Coefficient attribué à cette épreuve : 3
     Il est demandé au candidat de faire la synthèse en 400 mots (avec une tolérance de plus ou moins 10%) de l’ensemble des documents.un signe après chaque groupe de 50 mots etLe candidat doit mettre indiquer, en fin de copie, le nombre total de mots.   La synthèse demandée ne saurait être un résumé successif des différents documents. Elle doit être un texte entièrement rédigé,construit autour d’une problématique posée en introduction, ordonné selon un plan clair et s’achevant par une conclusion.Il n’est pas nécessaire de faire référence aux documents (“ le document 1 précise…, “ Untel s’oppose à… ”).   Au final, le lecteur de la synthèse doit pouvoir comprendre, sans avoir à se reporter aux documents, les enjeux du débat posé par les différents documents.    Nous attirons l’attention du candidat sur :   la nécessité absolue de poser une problématique d’ensemblepermettant ensuite d’ordonner de manière logique et nuancée les arguments ;    l’importance desqualités d’orthographe et de rédaction. 
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Document 1 : La situation agricole de l’Afrique  La baisse globale des revenus tirés des produits agricoles d'exportation pénalise l'agriculture africaine. En avril 2005, la CNUCED a publié une étude dont certaines conclusions sont pour le moins éloquentes : on y apprend par exemple, en ce qui concerne les termes de l'échange, qu'entre 1961 et 2001 « les prix moyens des produits de base agricoles vendus par les PMA (Pays les moins avancés) ont chuté de près de 70 % par rapport aux prix des produits manufacturés achetés aux pays développés ». En valeur réelle (c'est-à-dire en terme de pouvoir d'achat), le prix du cacao est passé de 125 cents par livre en 1971 à 32 cents en 2001, celui du café de 188 cents à 40 cents, celui du coton de 158 cents à 39 cents, etc. Cela signifie qu'un planteur de café, de cacao ou de coton gagne quatre fois moins bien sa vie que ses parents il y a trente ans. Le planteur de café ne touche que 10 % du prix de vente final du produit au détail contre 29 % pour le torréfacteur et 22 % pour la grande surface qui le commercialise. Cette proportion tombe à 4 % pour le coton et à 2 % pour la banane. En plus de la dépréciation de ses produits d'exportation, l'agriculteur africain est confronté à la concurrence accrue des produits importés. Les gouvernements des États africains se retrouvent alors à faire le grand écart entre les organisations agricoles africaines, qui militent pour le rétablissement de barrières commerciales afin de protéger les produits locaux, et les bailleurs de fonds, qui exigent toujours plus de libéralisme en échange de leur soutien financier. C'est ainsi que les brisures de riz asiatiques ou les poulets congelés européens participent à la rapide évolution des habitudes alimentaires des gens des villes au détriment des produits de l'agriculture africaine. Face à la disparition progressive des débouchés traditionnels, les campagnes s'appauvrissent et sont désertées. Le sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hong Kong en décembre 2005 marque une étape décisive dans la mise en place des nouvelles règles commerciales internationales sur le plan agricole. Les plus optimistes ont qualifié de « modestes » les avancées en faveur des pays en développement, s'appuyant notamment sur la résolution américaine sur les subventions cotonnières. Il faut dire que, dans l'ensemble, le constat est plutôt sombre : les préférences commerciales que l'Union européenne accordaient aux pays ACP depuis trente ans disparaissent progressivement. Alors que l'Union européenne a longtemps constitué le principal débouché des PMA pour leurs produits agricoles, dans le cadre de la convention de Lomé et de l'accord de Cotonou, la libéralisation du marché paraît désormais inexorable. Cette érosion des préférences est particulièrement flagrante dans le cas de la banane, avec la suppression des quotas au 1er janvier dernier, mais touche tous les produits en général. Dans le cadre des négociations en cours des accords de partenariat économique (APE) et des accords de l'OMC, l'Union européenne entend obtenir l'ouverture des frontières des pays en développement à ses biens industriels et à ses services en contrepartie de l'ouverture de son propre marché à leurs produits agricoles. La libéralisation des échanges multilatéraux dans le cadre de l'OMC se double ainsi d'une multiplication des accords de libre-échange régionaux entre l'Union européenne et d'autres blocs commerciaux comme les pays du pourtour méditerranéen dans le cadre du processus de Barcelone. Les pays africains subissent d'autant plus les effets induits par ce nouveau régime libéral qu'il ne remet pas en cause le principe de la progressivité des droits de douane. Selon ce principe, les produits à l'état brut sont moins taxés que les mêmes produits transformés. (…) Le système n'incite pas - c'est le moins qu'on puisse dire - les pays producteurs de produits agricoles à développer une industrie de transformation qui serait pourtant créatrice d'emplois et de valeur ajoutée. Si la Côte d'Ivoire est le premier exportateur mondial de cacao, l'Allemagne occupe ce rang pour les produits chocolatés. (...)
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Reste l'initiative TSA (Tout sauf les armes), lancée en février 2001, qui accorde le libre accès au marché communautaire sans droits de douane et de contingents à tous les produits originaires des PMA : viandes, produits laitiers, fruits et légumes frais et transformés, céréales, etc. Mais pour pouvoir en bénéficier, la procédure administrative est tellement complexe que bon nombre d'opérateurs de ces PMA s'en trouvent découragés (...) Le développement des exportations agricoles africaines est également freiné par le fait que l'Union européenne impose des barrières sanitaires de plus en plus contraignantes. Bruxelles fixe des normes très strictes, en particulier autour des pesticides et autres produits chimiques utilisés pour la culture ou la conservation des fruits et légumes. Si ces règles se justifient dans la mesure où elles assurent une meilleure protection au consommateur, dans les faits, elles excluent du marché européen les petits producteurs qui n'ont pas les moyens de s'adapter à ces législations.  Antoine Labey, L'état de l'Afrique 2006, Hors série n°12,Jeune Afrique   Document 2 : Atouts et faiblesses des économies africaines  L'évaluation des atouts et des faiblesses des économies africaines dépend largement des regards que l'on adopte vis-à-vis de l'Afrique, des horizons que l'on considère et des lunettes que l'on porte. Ces lunettes peuvent être de couleur noire, le noir de l'afro-pessimisme -depuis les trois parques malthusiennes (les guerres, les épidémies et les famines) jusqu'à la « négrologie » de Stéphane Smith. Elles peuvent être roses, le rose de l'afro-optimisme ou bien grises comme l'afro-réalisme décrivant des Afrique plurielles, ambiguës et évolutives. Elles peuvent être adaptées aux hypermétropes (les « télescopes ») : les lunettes macroéconomiques de l'économie mondiale donnent à voir une Afrique marquée par la marginalisation, la stagnation de longue durée et la perte de compétitivité. Elles sont parfois conçues pour les presbytes (les « microscopes ») et prennent alors en compte la diversité des reliefs, les « dynamiques du dedans » et les différentes pratiques économiques de survie et d'ingéniosité des acteurs, entreprenants à défaut d'être entrepreneurs. Le regard peut également se porter de différentes façons : regarder dans un rétroviseur, dans le « miroir de l'histoire », nous montre à la fois les permanences et les ruptures des structures. Ainsi l'Afrique, avant la vague des indépendances, était à dominante rurale, elle est aujourd'hui presque à moitié urbanisée ; elle comptait 210 millions d'habitants en 1960, plus de 700 millions en 2000 et elle devrait être peuplée de 1,3 milliard de personnes en 2025. Le regard peut également se porter sur le court terme et prévoit dans ce cas une croissance moyenne pour les 48 États d'Afrique subsaharienne de l'ordre de 5 % par an, une amélioration des indicateurs financiers en termes d'inflation ou de poids de la dette dans le PIB et une réduction de 60 % de la conflictualité en dépit des conflits qui secouent aujourd'hui le continent (au Darfour, en République démocratique du Congo ou en Côte d'Ivoire). S'il se porte sur le long terme, le regard observe les transformations d'économies de rente en économies d'accumulation et voit la nécessité de mettre en place une croissance durable, de générer des progrès de productivité, et d'avoir la capacité d'affronter les chocs et les défis du XXIe siècle en termes de construction d'avantages compétitifs et de changements de spécialisation. Ceci montre toute la nécessité de dépasser les oppositions simples et de mettre en perspective les dynamiques et les trajectoires plurielles des économies africaines.  Il existe toute une littérature cherchant à repérer les facteurs explicatifs des « trappes à pauvreté » africaines en mobilisant des travaux théoriques ou économétriques. Néanmoins,
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ces indicateurs statiques et statistiques ne parviennent pas à repérer les dynamiques et les changements structurels africains. Ces analyses révèlent toutefois certains aspects qui méritent notre attention, distinguant les « facteurs négatifs » des « facteurs positifs ». Les facteurs négatifs sont tout d'abord d'ordre économique : la spécialisation primaire, le faible taux d'épargne et sa fuite (40 %), le coût de l'intermédiation financière, le niveau des infrastructures, la faible participation à la valeur ajoutée internationale, la pression fiscale limitée, la faiblesse des investissements directs étrangers (IDE, 1 à 2 % du total mondial), l'importance des taux de rentabilité des investissements mais également des risques réels ou anticipés (près de 30 % pour les filiales des firmes multinationales sur des investissements de niche ou primaires), l'horizon à court terme des décideurs, la progression de la pauvreté, entre autres, en sont des exemples frappants. Ils sont ensuite d'ordre géographique (enclavement, climat, épidémies, immensité du continent et importance des coûts de transport, éloignement des grands circuits mondiaux, fragilité des sols et désertification, invasion des criquets pèlerins) mais aussi d'ordre historique (grands empires ou sociétés segmentaires avec peu d'Etats, à l'exception de l'Éthiopie, poids de la traite précoloniale, du commerce triangulaire et de la colonisation, rôle du capital marchand et du commerce import-export, capitalisme archaïque, balkanisation postindépendance - 48 États pour un PIB total de l'ordre de celui du Mexique ou de la Belgique -, légitimité contestée des frontières). En ce qui concerne la démographie, la rapidité de l'explosion démographique et urbaine et la transition démographique tardive sont des exemples de facteurs négatifs. Enfin ils sont d'ordre politique, comme le montre la faiblesse des États, le poids des conflits, la citoyenneté ébauchée, le climat des affaires, la corruption, les défaillances institutionnelles ou encore les problèmes de « gouvernance » qui règnent sur le continent. Les facteurs positifs touchent également le domaine économique : en effet, l'Afrique connaît des dynamiques commerciales certaines (exemple des corridors mis en place depuis la crise ivoirienne), les économies populaires sont importantes, l'essentiel des besoins du plus grand nombre est satisfait, le tissu économique et social est fort et les évolutions technologiques dans le domaine des Nouvelles technologies de l'information de la communication (NTIC) sont notables. Au niveau géographique, l'importance des ressources naturelles, la biodiversité et la grande diversité des écosystèmes constituent des atouts certains. On note par ailleurs des facteurs positifs d'ordre social (liens sociaux forts, impact des mécanismes redistributifs en dépit de certains infléchissements, accroissement de l'espérance de vie, des égalités entre les genres, de la scolarisation), démographique (densification ou encore meilleure occupation des espaces), politique (modes de négociation, pluralité des compromis, non réductible à des régimes autoritaires et à la « politique du ventre »), et enfin, culturel - l'Afrique mondialisée peut paraître, en retour, « mondialisatrice » dans la création culturelle. (...). Selon les stratégies, un handicap peut relever du défi et de l'atout, comme le montre l'exemple des pressions démographiques sur les hauts plateaux bamiléké ou kenyans ; de la même façon, un atout peut devenir un handicap : la « malédiction pétrolière » au Nigeria, au Tchad, en Guinée équatoriale, en Angola, en République démocratique du Congo en sont des exemples probants. (...). Les trajectoires des économies africaines sont donc diverses. (...). Les Afrique sont paradoxales et contrastées : le continent voit des Etats en guerre (au Darfour, en République démocratique du Congo et en Côte d’Ivoire), des «failed» ou «collapsed states» (au Liberia, en Sierra Leone, en Somalie), mais aussi des pays dynamiques, en Afrique australe et orientale, vers l’Océan indien (Botswana ou Maurice), alors que l’Afrique du Sud est semi-industrialisée. Le contraste est également grand concernant les processus de régionalisation (relatives réussites de la Communauté de développement de l’Afrique australe - SADC - et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine - UEMOA).  
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Comment répondre aux défis du XXIe siècle ? Doit-on passer par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ou par l'African Growth Opportunity Act(AGOA)1 ? Qu'en est-il des pays émergents, de l'accord de partenariat de Cotonou2? Comment satisfaire les Objectifs de développement pour le Millénaire ? Comment agir aux niveaux national, régional et international de manière complémentaire ? Il y a certainement une nécessité d'accroître les flux et de les rendre plus prévisibles, par le biais notamment de l'Aide publique au développement (APD) - Plan Blair IFF («International Finance Facilities»), taxations et commission pour l'Afrique -, de doubler l'aide pour sortir des « trappes à pauvreté » et pour entraîner le secteur privé. L'attractivité des investisseurs nationaux et étrangers supposent des investissements d'infrastructures physiques et sociales et un environnement institutionnel et politique réducteur d'incertitude. Néanmoins, il reste que «the development is made at home» (le développement est interne). L'aide peut appuyer des processus internes mais pas s’y substituer.  Philippe Hugon,Atouts et faiblesses des économies africaines, Les défis de l’Afrique, Dalloz, 2005   Document 3 : L'Afrique minée par l'évaporation fiscale  Et si l'Afrique, toujours présentée comme un débiteur croulant sous la dette publique, était, en fait, un créditeur net ?«La fuite de capitaux de l'Afrique subsaharienne représente 30 milliards par an en moyenne, soit, depuis dix ans, 274 milliards de dollars, plus que le montant de la dette. Ce que les chefs d'Etat du G8 saupoudrent d'une main, ses banques internationales, ses paradis fiscaux, les bidouillages fiscaux de ses multinationales le reprennent de l'autre.»John Christensen sait de quoi il parle. Pendant onze ans, cet économiste britannique a été le principal conseiller fiscal de Jersey, l'un des plus juteux paradis fiscaux britanniques, qui détiennent à eux seuls, selon l'ONG Christian Aid, 800 milliards de dollars. Lors du Forum social européen de Florence, en 2002, John Christensen a jeté les bases d'un réseau mondial pour la justice sociale : Tax Justice Network (1). Mais quand des ONG font vivre 200 salariés permanents, lui n'a qu'un demi-poste à son côté. Il s'appuie sur des pointures de la fiscalité, originaires d'une douzaine de pays du Nord, qui travaillent gratuitement : experts en exportations, avocats d'affaires, conseillers de multinationales.«On pense toujours taxes dans un contexte de concurrence entre Etats, comme en France, avec l'affaire Montebourg sur la Suisse. On ne fait jamais le lien entre fiscalité et pays en développement. Or c'est la conditionsine qua nonpour une réelle lutte contre la pauvreté». Libéralisation. venu lancer une antenne africaine de sonA Nairobi, Christensen est association :«La bataille sera longue avant de faire prendre conscience de l'injustice fiscale»,qui voit«les richesses de son continent siphonnées».Sans parler de la corruption, qui ponctionnerait 148 milliards par an, et de ces contribuables qui fraudent ou surfent sur un taux d'imposition sur le continent de 15 % du PIB, contre plus du double en Europe. Le vent de libéralisme en Afrique n'a rien arrangé.«Les revenus issus des droits de douane représentent 40 % des recettes fiscales des pays,Alex Cobham, du St Anne's College, à Oxford.note Mais                                                  1 L’African Growth Opportunity Act, en place  mispar les Etats-Unis en 2000, permet à certaines productions des 38 pays bénéficiaires d’exporter sans droit de douane vers le territoire états-unien. 2en matière d'aide et de commerce, conclu entre 77 de Cotonou est un accord de partenariat global,  L'Accord pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et l'Union européenne. Signé en juin 2000 pour une période de vingt ans révisable tous les cinq ans, il a pour objectif la lutte contre la pauvreté, le développement durable et l'intégration progressive des pays ACP dans l'économie mondiale.
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la libéralisation du commerce ampute cette manne. Si l'on abaisse totalement ces droits, il faudra doubler l'aide publique au développement pour compenser le manque à gagner». Pour attirer les investisseurs étrangers, les gouvernements, pressés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, instituent des impôts sur les sociétés de plus en plus bas. En Zambie, par exemple, le secteur du cuivre, privatisé en 1996,«taxe les firmes à 22 %, septième plus faible ponction au monde. Et les royalties, de 3 % en 1995, sont tombées à 0,6%,estime Alex Cobham.Le gouvernement ne touche que 1 % des revenus générés par le cuivre».Pourtant, quand le secteur est crucial, la fiscalité ne décourage pas les firmes étrangères. Le Botswana récupère ainsi 70 % des profits des diamants. La liste est longue du bonneteau fiscal auquel se livrent la plupart des grandes firmes, rappellent les experts de Tax Justice Network. Lobbying pour des exemptions, évitement fiscal des multinationales, évasion fiscale pure et simple, blanchiment...«Au Nigeria,le pétrolier Shell a dû verser, l'an dernier,18 millions de dollars pour bidouillage fiscal»,raconte un juriste de Lagos. Une des raisons pour lesquelles, ajoute Nick Shaxson, un expert néerlandais,«en trente ans, le PIB nigérian est resté stable, 1 000 dollars par habitant, quand le taux de pauvreté de la population a doublé, de 35 à 70 % de la population». Volonté.Peut-être faudrait-il imposer la transparence aux multinationales sur ce qu'elles paient et ce qu'elles gagnent ? Il faut un minimum de volonté et d'indépendance politique. Ellen Johnson Sirleaf, nouvelle présidente du Liberia, a ainsi demandé à revoir les termes du contrat avec Mittal, qui avait négocié une exemption fiscale totale pendant cinq ans en 2005...  (1) Le réseau est financé par des ONG (Christian Aid, Oxfam) et une fondation (Joseph Rowntree), www.taxjustice.net.  Christian Losson, Libération, 22 janvier 2007   Document 4 : La population africaine : une croissance en péril  En 2002, la population du continent a atteint 832 millions d'habitants, avec un des taux d'accroissement le plus élevé de la planète (20 millions par an). Les estimations pour les cinquante prochaines années ne vont pas dans le sens d'un ralentissement d'après le rapport 2002 du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), le continent pourrait compter 2 milliards d'habitants d'ici 2050.  Les quarante-cinq Etats situés au sud du Sahara - exception faite de l'Afrique du Sud dont le taux de fécondité décroît - conservent la plus forte croissance démographique au monde (7 enfants par femme). Contrairement aux pays à la démographie « assagie » (de 1,9 à 2,8 enfants par femme), ces pays ne parviennent pas à enclencher une dynamique de développement, dans un contexte où l'épargne et les investissements sont rares.  Cependant, selon un dossier de la revue françaisePopulation et avenirde novembre-décembre 2003, si les gouvernements ne réussissent pas à endiguer le fléau du sida d'ici à 2050, la population pourrait baisser dans certains pays d'Afrique, avec un déficit de 19 % par rapport aux prévisions pour 38 pays du continent. L'Afrique australe risque d être la plus ' touchée : la population d'Afrique du Sud pourrait passer de 44 millions aujourd'hui à 40,2 millions, celle du Botswana de 1,7 à 1,3 millions et celle du Lesotho de 1,7 à 1,3 million (…).  Avec 15 millions d'Africains décédés depuis l'apparition du VIH/sida, l'Afrique est de loin le continent le plus affecté par le virus. En 2003, selon l'Onusida (Programme établi en 1994
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par une résolution du Conseil économique et social des Nations Unies), 26,6 millions de personnes vivant au sud du Sahara sont atteintes (dont 1 million âgées de 15 à 24 ans), soit les trois quarts des malades dans le monde. Complétant ces chiffres alarmants, le dernier rapport de l’Onusida souligne que le fléau touche 9% des Africains adultes, tandis que 11 millions d’enfants ont perdu un ou leurs deux parents des suites du sida. En 2010, on prévoit 20 millions d’orphelins en Afrique subsaharienne (...).  Au regard des ravages que provoque le sida, il est évident que la lutte contre la pandémie est devenue une, voire la priorité de l'Afrique. La détérioration des conditions sanitaires et épidémiologiques met en péril toute initiative africaine pour lutter contre la pauvreté. La dynamique d'une renaissance du continent pourrait être entravée par le fléau à moins qu'un projet comme le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) ne devienne une réelle priorité. L'ampleur de l'épidémie de sida a de multiples incidences économiques et, dans un contexte d'endettement et de manque de financement pour le développement, modifie considérablement les priorités budgétaires. La pandémie alourdit les dépenses de santé et de prise en charge des orphelins, au détriment des dépenses allouées à des secteurs tels que l'éducation. Elle coûterait entre 0,3 et 1,5 point de PNB à l'Afrique par an.  Questions Internationales, La Documentation française, n°5 janvier-février 2004   Document 5 : Un continent mondialisé... pour le meilleur et pour le pire  Cette Afrique qui apparaît encore dans les médias comme archaïque, qui y est trop souvent résumée soit à un zoo géant, dans lequel des peuples bons enfants et très peu vêtus se livrent à des danses exotiques, soit à une gigantesque catastrophe humanitaire, terrain de déploiement privilégié des ONG du monde entier, a pourtant remarquablement su s'adapter à la mondialisation. Il n'est qu’à observer dans les villes la multiplication des cybercafés et, partout, l'usage effréné des téléphones cellulaires pour monter toutes les opérations imaginables, politiques, commerciales et culturelles, entretenir le tissu serré des relations sociales et des réseaux, sans lequel l'Afrique n’existerait pas, pour comprendre à quel point ce continent a su saisir le vent des opportunités de la mondialisation. Tous les pays africains sont aujourd'hui reliés à Internet, qui compte 1,3 million d'abonnés3 en 2002 ; or, il n'était que 11 pays en 1996. Avec 4 millions d'utilisateurs, soit 1 pour 200 habitants, l'Afrique est certes très loin de la moyenne mondiale (un internaute pour 30 personnes), mais tous les moyens de communication à distance y connaissent un développement exponentiel (ce qui pose d’ailleurs des problèmes de congestion des réseaux) : augmentation du nombre des abonnés à Internet de 123% en 2001, 28 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles en 2001 contre tout juste 2 millions en 1998 ! 6 pays seulement n’y avaient toujours pas accès en 2002. Prétendre que l'Afrique est à l'écart de la mondialisation est donc une erreur : elle est à l’écart de la mondialisation officielle, celle des circuits légaux et des investissements étrangers notamment. Mais elle est aussi complètement intégrée à l'économie mondiale, en ce sens que l'espace africain est ouvert à de multiples influences. L'intégration à l'économie mondiale se fait par l'existence de nombreux réseaux qui maillent l'Afrique : réseaux commerçants, des Libanais et des Syriens en Afrique de l'Ouest, des Indiens en Afrique de l'Est, diasporas installées de longue date, mais aussi réseaux                                                  3750 000 en Afrique du Sud, 250 000 en Afrique du Nord, 300 000 dans le reste du continent selon leRapport sur le développement en Afriquede la Banque africaine de développement (Economica, 2002).
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autochtones, « mamas Benz » du Togo, Haoussas et Dioulas, que l'on retrouve dans toute l'Afrique occidentale et centrale, achetant leurs produits dans le monde entier ; réseaux illicites de tous les trafics qui trouvent une terre d'élection en Afrique, en profitant du manque de contrôle de la plupart des gouvernements sur leur territoire : déchets toxiques, narcotrafics, faux médicaments, cigarettes, et surtout armes en tout genre, des mines antipersonnel aux armes légères. Il est plus facile et moins coûteux dans maints pays africains d'acheter une kalachnikov qu'une boîte d'antibiotiques non périmés et non contrefaits, ou une trithérapie contre le sida. L’intégration africaine prend souvent l’aspect d’une mondialisation sauvage (...). L'Afrique s'est ainsi inventé un espace de modernité qui ne va pas toujours dans le sens attendu par le reste du monde. Elle a su mobiliser et déployer des avantages comparatifs insoupçonnés pour s'insérer dans la mondialisation libérale : « tout ce qui est interdit partout ailleurs a lieu en Afrique » résume le Congolais Bolya (Afrique, le maillon faible, Le Serpent à plumes, 2002). Elle est devenue l'espace des trafics illicites et du non-droit mais elle témoigne aussi de remarquables capacités d'adaptation et de mutation aux chocs externes. Combien de pays ravagés par une guerre civile rebâtissent à peine la paix revenue, se livrent à une intense activité agricole, commerciale, artisanale, reconstruisant les villes et les routes comme si rien ne s'était passé ! Le continent témoigne d'une remarquable capacité de « résilience », ce terme employé par les médecins pour désigner la capacité d'individus ayant subi de profonds traumatismes à se reconstruire.  Sylvie Brunel,L'Afrique, Éditions Bréal, Paris, 2005   Document 6 : A Pékin, la Chine et l'Afrique forgent un nouvel axe  Les Chinois ont déroulé le tapis rouge devant les dirigeants de 48 pays africains réunis à Pékin, du vendredi 3 au dimanche 5 novembre, pour un sommet qualifié d' « événement historique » par le président chinois Hu Jintao. Partout en ville, des affiches proclament les bienfaits de la « coopération sino-africaine » et ce sommet a été présenté par les autorités comme l'événement diplomatique le plus important jamais organisé en République populaire depuis la révolution de 1949. Cette réunion souligne en tout cas l'importance croissante que revêt le continent africain aux yeux du régime de Pékin : pour la Chine, il est vital de diversifier ses sources d'approvisionnement afin d'assurer la poursuite de sa croissance. Entre la Chine et l'Afrique, c'est une vieille histoire qui remonte au lendemain de la révolution maoïste : durant un demi-siècle, Pékin a multiplié les projets d'aide au développement du continent, finançant et construisant des grands projets d'infrastructure, voies de chemin de fer, routes, envoyant sur place quelque 16 000 médecins et infirmiers, distribuant des bourses pour permettre à de jeunes Africains de poursuivre leurs études dans les universités chinoises. Depuis les années 1960 jusqu'à la fin des années 1980, la relation Chine-Afrique était surtout de nature politique : les Africains percevaient la République populaire comme une nation phare du tiers-monde et le maoïsme servait parfois de référence idéologique en cette période postcoloniale. Pour les Chinois, l'Afrique était le lieu d'une lutte d'influence entre les acteurs de la guerre froide et la stratégie de Pékin était aussi de l'ordre de la géopolitique : il s'agissait, par exemple, de faire pièce aux visées soviétiques dans des pays comme l'Angola et le Congo. La chute du mur de Berlin, la poursuite de l'ouverture économique de la Chine et sa soif grandissante de matières premières et d'énergie ont modifié la donne. Désormais, les perspectives commerciales représentées par le continent noir et son potentiel en ressources
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énergétiques sont au coeur de la nouvelle stratégie chinoise en Afrique. Au-delà de la nécessité de s'assurer de nouveaux accès aux matières premières, la Chine entend également écouler un nombre toujours plus grand de produits made in China à bon marché sur les marchés africains. Le niveau de l'engagement de la Chine en Afrique est tel qu'il suscite cependant les critiques croissantes de tous ceux estimant que l'empire du Milieu y poursuit des visées « prédatrices » consistant à engranger le maximum de résultats économiques tout en étant peu regardant sur la moralité des régimes avec lesquels il traite au nom de sa « politique de non-intervention ». « Notre principe dans nos relations avec les autres pays est de ne jamais chercher à imposer notre système social, notre mode de développement, nos valeurs ni notre idéologie », a déclaré Liu Jianchao, un porte-parole du ministère des affaires étrangères. « La Chine ne pose aucune condition politique à sa coopération », a maintes fois déclaré le président Hu Jintao dans ses tournées africaines. La France, toujours sourcilleuse dès qu'il est question de menaces sur son « pré carré » africain, s'en inquiète, entre autres pays occidentaux. Pierre-Antoine Braud, chercheur à l'Institut d'études de sécurité, affilié à l'Union européenne (UE), met en garde : « La politique chinoise en Afrique pourrait contribuer à maintenir des types de gouvernance politique et économique qui sont au coeur des entraves à la croissance économique du continent africain.» La présence à Pékin, durant ce sommet, du président soudanais Omar Hassan Al-Bachir, dont le régime est accusé d'encourager un véritable génocide à l'égard des populations de la région du Darfour, ainsi que celle du dictateur zimbabwéen Robert Mugabe fait déjà grincer bien des dents à l'étranger. Jeudi, Hu Jintao a tout de même exhorté son homologue soudanais « à maintenir le dialogue avec toutes les parties concernées ». « Il faut être pragmatique, explique Xu Weizhong, directeur du département des affaires africaines de l'Institut chinois d'études contemporaines internationales. Personne n'a intérêt à provoquer l'effondrement du gouvernement du président Bachir ».  Bruno Philip,Le Monde, 04 novembre 2006   Document 7 : Les territoires des religions en Afrique : enjeux et acteurs  (…). Partout, les nouvelles églises ou sectes (ces catégorisations relevant moins de différences intrinsèques que de la perception qu’on en a) prospèrent, à la faveur d’un environnement global de crise qui constitue un terreau idéal pour les prophétismes, tout autant il est vrai que pour les charlatanismes de toute sorte. Ce foisonnement qui amalgame les résurgences d’expressions traditionnelles du religieux aux technologies modernes des télévangélistes, qui branche l’intégrisme islamiste sur le satellite, brouille la visibilité du paysage religieux. Celui-ci ne peut être décrypté indépendamment des pratiques culturelles et des contextes politiques : les aires et les frontières religieuses sont une des expressions de la construction globale des sociétés et des jeux de pouvoir sur lesquels elles se construisent. (…) Les configurations actuelles de l’Afrique sub-saharienne portent très fortement l’empreinte de cette compétition politico-religieuse qui accompagna le mouvement colonial. Or voici que l’actualité la réactive : le renouveau religieux qui affecte toutes les composantes de la nébuleuse chrétienne ne peut être analysé indépendamment de son arrière-plan géopolitique. L’essor des mouvements pentecôtistes ne bénéficie-t-il pas, par exemple, d’un soutien financier venu des pays anglo-saxons ? (…) Dans l’analyse de la propagation des religions, on se gardera d’oublier, surtout en ces temps de mondialisation, les acteurs exogènes. On a déjà évoqué le rôle missionnaire, aujourd’hui
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partagé par une multitude d’ONG, des églises chrétiennes. Elles n’ont plus l’attitude dominatrice qui fut souvent la leur à l’époque coloniale ; elles se sont faites discrètes, ne proclament plus d’objectifs de conversions massives et se consacrent au développement « par le bas ». Elles n’en sont pas moins des agents d’influence des pays du Nord. Quant à l’islam, il est ostensiblement aidé par quelques pays riches du Moyen-Orient, l’Arabie en première ligne, et par la Libye, les uns et les autres finançant la construction de mosquées ou d’équipements sociaux. L’Afrique devient un champ de compétition à l’échelle mondiale : le prosélytisme religieux y rejoint les stratégies politiques, en profitant de la faiblesse des Etats. (…).  Roland Pourtier, Actes du Festival International de Géographie de Saint-Dié des Vosges, 2002   Document 8 : La diaspora au service du développement  Dans une étude financée par la Banque mondiale, les pertes de main d'oeuvre encourues par tous les pays du monde par niveau de qualification ont été calculées, distinguant les individus faiblement qualifiés, les diplômés du secondaire et les individus ayant un diplôme supérieur. S'appuyant sur les statistiques d'immigration récoltées dans les pays de destination, l'étude permet de cerner la localisation des 4,6 millions d’Africains, qualifiés et non qualifiés, vivant dans l'OCDE. L'analyse porte donc sur les stocks d'émigrants plutôt que sur les flux. On constate que la grande majorité des émigrants africains est originaire d'Afrique du Nord (2,3 millions, environ 51%). Comparativement aux autres régions africaines, l'Afrique du Nord est la seule dont le poids dans l'émigration africaine totale se situe largement au-dessus de son poids démographique (22 %). L'Afrique de l'Est (852 000 immigrants) et l'Afrique de l'Ouest (770 000 immigrants) représentent respectivement 19% et 17 % de la migration globale africaine, c'est-à-dire des contributions inférieures aux poids démographiques de ces deux régions (respectivement 31 % et 28 %). Environ 7 % des migrants sont originaires de l'Afrique centrale (12 % de la population) et 6 % de l'Afrique australe (7 % de la population). La structure par qualification des émigrants africains varie selon les régions. La comparaison des contributions régionales à la migration qualifiée et à la migration totale montre que les individus provenant de l'Afrique subsaharienne sont en moyenne plus qualifiés que ceux originaires d'Afrique du Nord. Ce constat est dramatique dans la mesure où l'Afrique subsaharienne est caractérisée par un faible niveau de capital humain, c'est-à-dire un faible nombre moyen d'années de scolarité ou une faible proportion d'individus qualifiés. De nombreuses études s'intéressent aujourd'hui à l'impact des migrations internationales sur les pays d'origine. Les migrations non qualifiées sont généralement jugées très bénéfiques : elles allègent le pays d'une main-d'oeuvre excédentaire, favorisent la création de réseaux (notamment commerciaux) et les envois de fonds. En revanche, les effets de la migration qualifiée sont largement plus méconnus et sujets à controverse. On a coutume de mettre en évidence les coûts importants liés au départ des plus qualifiés. Et ce, en raison du lien d'entraînement qui existe entre travail qualifié et travail non qualifié, mais aussi de l'importance du capital humain pour l'innovation ou l'adoption des progrès technologiques. Mais des études ont montré que, malgré ces effets négatifs, des migrations pouvaient aussi avoir des conséquences indirectes positives. D'abord, sous forme d'effets d'incitation : les perspectives de migration qualifiée incitent les jeunes à se former. Mais aussi d'effets de réseau : les migrants qualifiés investissent dans leur pays d'origine ou facilitent le transfert de technologie. Sans oublier le phénomène des migrations retour. Il ressort des premières analyses empiriques qu'une émigration qualifiée modérée peut donc se révéler bénéfique pour
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le pays d'origine. Au niveau macroéconomique, le seuil critique peut être raisonnablement situé entre 15% et 20% : ainsi, de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, qui, connaissant des taux supérieurs à 20% souffrent d'une pénurie de capital humain, en particulier dans des secteurs stratégiques comme celui du médical. Selon la Banque mondiale, les transferts financiers représentent environ 232 milliards de dollars en 2005. Au cours des cinq dernières années, la partie de ces flux reçus par les pays en développement a doublé pour atteindre 167 milliards en 2005, soit 72 % de l'ensemble des envois des migrants internationaux. Aujourd'hui, les transferts financiers officiels des migrants représentent, pour les pays en développement, plus du double du montant total de l'aide au développement. Une somme déjà considérable, même si elle ne prend pas en compte les rapatriements effectués selon les canaux informels qui, selon certaines estimations, peuvent représenter 50 % des transferts officiels. Surtout que, contrairement à l'aide ou autres flux financiers envoyés vers les pays en développement, les transferts de fonds des migrants sont relativement stables. Bien minoritaires, les flux Sud-Sud existent aussi : les pays du Sud contribuent ainsi pour une part significative aux transferts reçus par les pays en développement (entre 30 % et 45 %). Au cours de la période 2000-2003, les données relatives aux transferts des travailleurs ne sont disponibles que pour 41 pays africains. Si l’on considère l'ensemble de ces pays, les transferts représentent entre 13 milliards de dollars par an. Avec 2 978 millions de dollars par an, le Maroc est le premier bénéficiaire à l'échelle du continent, suivi de l'Egypte (2 904 millions), du Nigeria (1 527 millions) et de la Tunisie (1 011 millions). Ces transferts représentent une source financière très importante de devises et contribuent de façon significative au produit intérieur brut des pays bénéficiaires (plus de 24% pour le Lesotho, 14,1% pour le Cap-Vert et 8,1 % pour le Maroc). Des enquêtes menées auprès des ménages ont montré que les transferts des travailleurs résidant à l'étranger ont eu un effet sur la diminution de la proportion des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté de l'ordre de 11 points en Ouganda et de 5 points au Ghana. Des questions demeurent pourtant quant à l'origine des transferts : les migrants qualifiés envoient-ils davantage ou moins que les migrants non qualifiés ? Et surtout, quel est l'impact réel des transferts des travailleurs sur le développement des économies bénéficiaires ?  Frédéric Docquier et Abdeslam Marfouk, L'état de l'Afrique 2006, Hors série n°12,Jeune Afrique    Document 9 : Le Maroc, oasis des délocalisations   C’est l'un des projets stratégiques du Maroc. Son nom : Casashore (Casablanca et offshore). Un chantier de 50 hectares à cinq kilomètres du centre-ville. D'ici à la fin 2007, 40 000 mètres carrés de bureaux auront été livrés. 250 000 le seront à la fin de 2009, pour un investissement de plus de 200 millions d'euros. Secteur visé : l'offshoring, c'est-à-dire les délocalisations d'investissements étrangers dans des centres d'appels, des fonctions administratives ou informatiques. Avec fierté, Naïm Temsamani, son directeur général, détaille ce que sera ce centre d'affaires: des bureaux à moins de dix euros le mètre carré, un réseau de télécommunications ultra-performant, de la visio-conférence... tout cela avec une fiscalité très attractive. « Les premiers contrats seront signés d'ici à la fin de l'année », assure M. Temsamani. Qui s'installera à Casashore ? A 95 %, des entreprises françaises. La France est aujourd'hui le premier investisseur étranger du royaume. 500 filiales de groupes français y emploient 65 000 personnes. Le pays est devenu l'une des destinations privilégiées pour le marché
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