Les Populations en Amérique Latine, Peuplement et Dynamiques Démographiques

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Les Populations en Amérique Latine, Peuplement et Dynamiques Démographiques

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Thème 6 : Les populations en Amérique Latine, peuplement et dynamiques démographiques Intro: aspects en jeu : systèmes migratoires internes et externes, localisation dans l’espace, héritages de peuplement, évolutions naturelles de la population. Problématique: caractéristiques uniques du peuplement (natalité, mortalité, urbanisation, immigration). L’Amérique Latine appartient-elle au Sud par ses structures démographiques ou n’est-elle pas déjà au Nord ? I. Ni Nord, ni Sud : un Ouest, un Nouveau Monde du fait du rôle déterminant de l’immigration et de la décolonisation A. Une histoire démographique bouleversée par le choc de la conquête Origine du peuplement lourde d’implication politique : populations autochtones et premier processus de colonisation des populations venant deBéring.Les descendants des Indiens sont supposés être des colons, donc pas entière responsabilité des Européens. Fin 16°s. la conquête est une catastrophe sur le plan démographique : 50 M, puis 12 M en 1650, et 11 M au 18°s. Massacres, épidémies, désintégration culturelle (alcoolisme, suicide), travaux forcés (mita : corvée dans mines d’argent, Potosi, Pérou). Traumatisme de la mémoire lourde d’enjeux : stratification ethnique, métissage, revendications indigénistes. Des modalités différentes qu’ailleurs. B. Un peuplement conditionné par l’immigration Première étape : colonisation blanche à partir du 15°s. (traité de Tordesillas en 1494). Émigration relativement limitée (moyens de transport) issue de famillesaristocratiques. Conversion de l’Eglise, aventuriers motivés par le gain (mines). Deuxième étape : colonisation noire dans le cadre de la traite. Ressemblance avec Sud des Etats-Unis. Raisons : besoin de main d’œuvre dans une économie de plantation et manque relatif de main d’œuvre locale (controverse de Vallaloid). Conséquences : commerce triangulaire, 6 à 7 M de Noirs déplacés (1/3 au Brésil, 45% Caraïbes et Guyane, 10% en Amérique espagnole et le reste aux Etats-Unis). Traite abolie au 19°s. : 1888 au Brésil. Apport africain qui empreigne les cultures nationales (R. Bastide :Les Amériques noires). Troisième étape : émigration européenne massive (fin 19°s. début 20°s.) qui s’explique par la transition démographique, l’amélioration des transports, raisons politiques, avec des flux considérables mais tout de même inférieurs au Nord. Argentine : 6,3 M, Brésil : 4,2 M (1857-1930), Uruguay : ½ de la population étrangère à Montevideo en 1910. Essentiellement des Italiens, des Portugais, des Espagnols et des Allemands. On est loin des chiffres des Etats-Unis (30 M). Après 1945, renouveau de l’immigration en Argentine, au Brésil, au Venezuela (pétrole)… Quatrième étape : émigration asiatique (Japon et Chine) au Pérou et en Equateur. Renaissance démographique de l’Amérique Latine en raison de l’immigration. Conséquences : des Amériques Latines sur le plan démographique avec une Amérique indienne (Guatemala, Bolivie…), une Amérique métissée (70% de la population au Mexique, au Honduras…), une Amérique blanche (90% de la population en Uruguay, en Argentine…). Le Brésil comprend 40% de métis, 55% de blancs et 5% de Noirs. À l’échelle latino-américaine, les Indiens représentent 9% de la population, les Noirs 15%, les blancs et les métis 75%. Distinction par rapport à l’Amérique du Nord. C. La répartition inégale de la population dans l’espace est largement le fait de cette colonisation et cette immigration Idée générale : vide et ville. Facteur géographique avec milieux naturels hostiles (déserts : Mexique, Chili, et la forêt équatoriale). Facteur historique : densités élevées dans les terres montagnardes andines ou sur les plateaux mexicains. Sinon, l’essentiel du peuplement s’est faite sur le pourtour du continent. Peuplement qui résulte d’une logique d’extraversion de l’immigration et non de l’économie. Amérique de Sud : 2 2 densité faible (20 hab./km ) dominée par le Brésil (185 M). Amérique centrale : densité de 100 hab./km 2 dominée par le Mexique (105 M). Densité élevée aux Caraïbes : 166 hab./kmet 40 M dont 11 M à Cuba, 9 M en République Dominicaine et 8 M à Haïti. L’intérieur des terres est moins peuplé en proportion par rapport aux Etats-Unis. II. Plusieurs caractéristiques placent cependant l’Amérique Latine au Sud A. Une démographie du Sud Précoce et brutale. L’essentiel à partir de 1950-1965 : croissance de 2,8%/an contre 2 en Asie et en Afrique. Causes : diminution des épidémies, augmentation de la santé, baisse de la mortalité infantile (30 à 40 pour
mille), faible mortalité (15 pour mille dans les années 1950, 5 pour mille au Mexique aujourd’hui). Cela traduit l’extrême jeunesse de la population. La fécondité baisse : 40 pour mille dans les années 1950, 30 pour mille dans les années 1980, car faible niveau d’éducation, pauvreté, enfants qui représentent moins une charge qu’un apport de revenu, influence de la religion catholique (familles nombreuses, absence de contraception). Modification de l’apport géopolitique des populations :  mériue tats-Unis Latine 1940MM 140 126 1980M X 360 2005 560M 290M B. Un continent jeune, caractéristique des pays du Sud À l’échelle de l’Amérique Latine, les moins de 15 ans représentent 40% de la population en 1960 contre moins de 5% pour les plus de 60 ans. Aujourd’hui, les chiffres sont respectivement de 30% et 8%. Cette jeunesse témoigne d’une transition inachevée (Guatemala, Haïti, Honduras) caractéristique de ces pays du Sud. D’autre pays connaissent une transition tardive : Pérou, Bolivie, Equateur. Tout cela suggère les défis que devront représenter l’éducation, la formation, les tensions sur le marché du travail, les inégalités et la pauvreté (9 M d’enfants dans les rues). C. Un espace devenu terre d’émigration comme les autres régions du Sud Difficile à évaluer en raison de l’importance des clandestins et de la porosité des frontières. Les migrations internes sont faibles. Raisons : recherche d’emploi, faiblesse des migrants politiques (40000 en 2000-2005 i.e. 4 fois moins qu’en France et 15 fois moins qu ‘aux Etats-Unis) liée à la quasi-absence de conflits entre pays. Homogénéité de l’Amérique Latine si l’on raisonne par zones : les populations émigrées représentent 1,1% aux Caraïbes, 0,8% en Amérique Centrale et 1,1% en Amérique du Sud. Le Mexique attire une émigration de transit (0,5% de la population). Les flux internes sont donc limités. Les soldes migratoires sont presque partout négatifs : territoire d’émigration avec comme destination principale les Etats-Unis (latinos). Système migratoire intracontinental et Sud-Nord. L’Europe comprend 1 M de latinos (39 M aux Etats-Unis), 1 M également au Japon, en Israël et au Canada. Les migrations ne constituent pas forcément une perte nette. Retour au pays fréquent, atténuation des pressions sur le marché du travail, transferts financiers importants (investissements de développement : BTP, école, tourisme), expatriés qui servent de réseaux. Même si désavantage pour pays de départ : brain drain des classes moyennes, dépendance par rapport aux transferts financiers, difficile intégration des émigrés (déracinement culturel, conditions de travail difficiles, coûts…). III. Mais l’Amérique Latine se distingue du Sud pour ressembler au Nord A. Un fait urbain, qui par son ampleur, la distingue du Sud Taux d’urbanisation qui tourne autour de 80% (équivalent de l’Europe) contre 40% en Asie et en Afrique. Causes : héritage de l’époque coloniale, urbanisation antérieure à l’industrialisation. Des villes confirmées après l’indépendance des classes bourgeoises créoles. Les Etats se sont construits à partir des villes. La puissance urbaine est servie par l’extraversion des économies (productions primaires). Époque où se constituent les grands domaines (hacienda, facienda) et donc accaparement des terres par une oligarchie rurale. De plus, émigrations européennes, migrations des régions pauvres et rurales, mirage que représente la ville. Tout cela aboutit à un entassement urbain (favelas…). Mégapolisation qui tranche par rapport à d’autres pays du Sud par son importance : macrocéphalie littorale (Santiago du Chili, Montevideo, Buenos Aires) même si certaines trames urbaines sont complexes (Colombie, Mexique). B. Une transition démographique plus précoce et donc une décélération plus rapide Double calendrier. 1960-1965 : diminution de la fécondité corrélée à une diminution de la mortalité infantile. 1980-1985 : déclin rapide du solde naturel d’autant plus que la fécondité continue de régresser. L’évolution de la composition par âge de la population traduit même le début d’un vieillissement par le bas et par le haut. C. Une Amérique Latine a déjà rejoint le Nord ou s’en rapproche par la dynamique démographique
Deux échelles principalement. Différences entre pays : les pays en dessous du seuil de renouvellement des générations et au-dessus de l’espérance de vie sont le Costa Rica, le Brésil, la Barbade, Porto Rico…). D’autres sont proches de la sortie de la transition démographique (20 pays) : Caraïbes, Argentine, Chili, Guyane française…Enfin, les groupes en phase terminale sont le Mexique, le Venezuela, la Colombie… À l’intérieur de ces pays : inégalités ethniques fortes, écarts entre populations blanches, métissées, noires et indiennes. Écarts régionaux significatifs : 20 ans entre le Nordeste et le Sudeste. La géographie de la population présente un sous-continent assez peu dense même sisa population a multiplié par 7,5 depuis 1960. En ce début du XXIe siècle l’Amérique Latine présente un visage assez hétérogène avec quelques caractéristiques du Sud, même si, sur le plan des structures démographiques, elle se rapproche du Nord. Cette évolution peut constituer un atout.
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