Note de Synthèse 2005 TELECOM Management

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Examen du Supérieur TELECOM Management. Sujet de Note de Synthèse 2005. Retrouvez le corrigé Note de Synthèse 2005 sur Bankexam.fr.
Publié le : jeudi 8 mars 2007
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         EGEMTNMANA   Année 2005   èreannée Concours d entrée en 1     Epreuve de Note de Synthèse     Durée : 4 heures  Coefficient : 12   En vous appuyant sur le dossier suivant, rédigez une note de synthèse de 4 à 5 pages sur le thème suivant :   « Les enjeux de la musique en ligne»          N.B.: Ce document comporte 42 pages.
 
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CONTENU DU DOSSIER :   1. « La musique en ligne payante poursuit son essor aux Etats-Unis» Les Echos – 15 Février 2005  2. AFP et Reuters, « Le marché légal de la musique en ligne a décuplé en 2004 » Le Monde – 19 Janvier 2005  3. Nicolas Rauline, « Les ventes de musique en ligne multipliées par dix en un an ». JDN - 20 Janvier 2005  4. la musique, des notes négatives etVéronique Mortaigne, « Pour l’industrie de positives » Le Monde – 24 Avril 2004  5. Yves Mamou, « Sony veut défier Apple sur la musique en ligne » Le Monde – 18 Mars 2004  6. Grégoire Poussielgue, « La baisse du marché français du disque commence à s’enrayer » Les Echos – 20 Janvier 2005  7. « Les Majors imposent leur loi à la musique en ligne américaine » L’Expansion.com  8. Marc Chevallier, « La guerre de la musique en ligne » Alternatives économiques  9. Nathalie Brafman, « Les professionnels décidés à enrayer le piratage sur Internet » Le Monde – 17 Juillet 2004  10. Grégoire Poussielgue, « L’industrie du disque croit à la répression du piratage » Les Echos – 08 Octobre 2004  11. Eric Nunès, « Pair à pair : les réseaux parent et ripostent » Le Monde – 01 Novembre 2005  12. « Des professionnels du disque appellent au « respect » de la musique » Les Echos – 08 Février 2005  13. Paul Philipon-Dolle, « Le téléchargement de fichiers menace t’il le marché du CD ? » L’Expansion.com  14. Véronique Mortaigne, « Le téléchargement, un débat sans fin » Le Monde – 12 Février 2005    
 
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15. Grégoire Poussielgue, « La guerre des prix a débuté dans la musique en ligne » Les Echos – 18 Août 2004  16. Eric Parmantier, « Une musique en ligne payante, mais de qualité » Libération – 15 Février 2005  17. : « les pirates » de plus en plus concurrencésGrégoire Poussielgue, « Musique en ligne par le légal » Les Echos – 20 Décembre 2004  18. « Internet bouscule les circuits de rémunération de la filière musicale » Alternatives Economiques  19. Grégoire Poussielgue, « Une campagne de prévention contre la piraterie sur Internet » Les Echos – 22 Décembre 2004  20. Jean Martin, « L’approche internationale du droit d’auteur » Problèmes politiques et sociaux, n° 893 – 01 Octobre 2003  21. Florent Latrive, « Musique en ligne, attention à la déconnexion » Libération.fr – 28 Juillet 2004  22. Grégoire Poussielgue, «Le très difficile pari de la musique en ligne face aux sites gratuits » Les Echos – 14 Janvier 2005  23. Lucas van Grinsven et Brett Young, « Alliance Nokia/Microsoft dans la musique en ligne sur mobile » Reuters – 15 Février 2005  24. Estelle Dumout, « Musique en ligne : l’UFC poursuit Apple et Snoy » ZDNET – 14 Février 2005  25. Grégoire Poussielgue et Enguérant Renault, « La chaîne M6 et la radio NRJ s’essaient à la téléphonie mobile » Les Echos – 14 février 2005             
 
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La musique en ligne payante poursuit son essor aux Etats-Unis Les Echos du 15 février 2005   Selon une étude réalisée par Ipsos, près d'une personne sur deux (47 %) âgée de plus de 12 ans ayant téléchargé de la musique sur Internet en décembre 2004 aux Etats-Unis l'a fait sur un site payant. Ce pourcentage n'atteignait que 22 % en décembre 2003. Les 18-24 ans constituent la tranche d'âge ayant le moins payé puisqu'ils ne sont que 39 %, contre 52 % pour les 12-17 ans, 50 % pour les 25-34 ans et 53 % pour les 35-54 ans. Selon la même étude, 11 % de la population des Etats-Unis âgée de 12 ans et plus a partagé des fichiers sur Internet sur des sites «peer to peer», une proportion en déclin par rapport à 2003 (13 %) et 2002 (19 %). Parallèlement, le pourcentage de la population ayant téléchargé des fichiers musicaux de façon payante atteint aussi 11 % en décembre 2004, mais il se compare à 4 % en décembre 2003 et 2 % en décembre 2002.      
 
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Le marché légal de la musique en ligne a décuplé en 2004  LE MONDE 19.01.05 Avec AFP et Reuters   La Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI) a estimé à 7 000 le nombre d'actions en justice intentées en 2004 par des maisons de disques contre des particuliers qui téléchargent illégalement des fichiers musicaux.  Le nombre de fichiers musicaux téléchargés légalement et achetés sur Internet a été multiplié par dix en 2004 par rapport à 2003, a annoncé mercredi 19 janvier la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI).  L'IFPI, qui regroupe 1 450 producteurs et distributeurs d'œuvres phonographiques dans le monde, a également souligné que la lutte contre le piratage avait fait des progrès significatifs en 2004 grâce au développement de l'offre légale sur Internet et aux actions en justice contre des particuliers.  L'IFPI a estimé à 200 millions le nombre de morceaux de musique téléchargés légalement en 2004 en Europe et aux Etats-Unis, contre 20 millions en 2003."Ce chiffre montre pour la première fois que les maisons de disques ont réalisé des ventes significatives grâce à la technologie numérique",a estimé l'IFPI dans son rapport annuel sur la musique numérique.  L'IFPI a cité une étude d'un cabinet spécialisé estimant à 330 millions de dollars le montant total des transactions faites sur Internet pour télécharger légalement des morceaux de musique, chiffre qui pourrait être multiplié par deux en 2005.  "L'offre numérique de musique est en train de proliférer : le nombre de sites légaux est désormais de 230, contre 50 l'année dernière alors que les maisons de disques ont mis sur Internet une grande partie de leur catalogue",l'IFPI, dont le siège est à Londres.a relevé "Au total, un million de morceaux et titres sont disponibles sur Internet, le répertoire disponible a donc plus que doublé en un an",s'est félicitée l'IFPI.  "LE PIRATAGE DEMEURE UN PROBLÈME TRÈS IMPORTANT"  Selon le rapport, l'attrait pour la musique numérique s'explique en grande partie par le succès de l'iPod, le baladeur numérique d'Apple, qui s'est vendu à dix millions d'exemplaires. Autre facteur positif relevé par l'IFPI,"des sites[de musique en ligne]comme iTunes et Napster sont devenus de véritables institutions connues dans le monde entier".  L'IFPI a toutefois souligné que"la musique en ligne en était toujours au stade de l'enfance avec une personne sur dix seulement téléchargeant légalement des titres".  "Le piratage demeure un problème très important, mais la campagne d'actions en justice entamée par l'industrie phonographique aide à contenir ce phénomène", souligné le rapport. a
 
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L'IFPI a estimé à 7 000 le nombre d'actions en justice intentées en 2004 par des maisons de disques contre des particuliers qui téléchargent illégalement des fichiers musicaux.  "Cela concerne pour le moment huit pays (Autriche, Canada, Danemark, France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne et Etats-Unis) et il est clair qu'il y aura en 2005 encore plus d'actions en justice dans encore plus de pays", prévenu l'IFPI. a"Les actions en justice ont un impact", a estimé John Kennedy, président et directeur général de l'IFPI, lors d'une conférence de presse, qui a rappelé que"les téléchargeurs pirates sont de tous âges et de toutes conditions sociales".  "Les actions en justice que nous avons entamées attirent l'attention des gouvernements et des fournisseurs d'accès à Internet sur notre problème",a-t-il poursuivi."Et savoir maintenant que le monde du cinéma et de la télévision est également confronté au problème du piratage est, dans un sens, une bonne chose, car ce sont des industries qui sont habituées à faire du lobbying auprès des gouvernements",a souligné John Kennedy.  
 
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Les ventes de musique en ligne multipliées par dix en un an Nicolas RAULINE, JDN  Pour l'Ifpi, 2004 aura constitué un tournant pour l'offre légale de musique sur Internet. Et les revenus pourraient encore être doublés cette année. 5)002/10/02(    Les téléchargements légaux de musique ont été multipliés par dix en un an. C'est la principale conclusion du rapport de l'Ifpi (Fédération internationale de l'industrie phonographique) sur le marché de la musique en ligne. Le nombre de morceaux téléchargés en 2004 s'élèverait à 200 millions, contre 20 millions en 2003. Citant une étude de Jupiter Research, l'Ifpi évalue à 330 millions de dollars le chiffre d'affaires du marché l'an passé. Des revenus qui pourraient être doublés cette année. Il faut dire que l'année 2004 a été marquée par un enrichissement sensible du contenu proposé : le catalogue des plus grosses plate-formes légales est passé de 500.000 morceaux disponibles à un million.   Dans les prochaines années, le total des ventes de musique sur Internet pourrait représenter le quart du chiffre d'affaires total des majors. Les marchés les plus dynamiques se situent en Europe, le continent comptant 150 des 230 plate-formes en activité dans le monde. Le Royaume-Uni compte 30 services de téléchargement répertoriés, contre une vingtaine en Allemagne et une dizaine en France. Le marché asiatique se montre, lui, particulièrement actif pour le téléchargement de musique sur mobile. Globalement, l'écart se réduit entre l'Europe et les Etats-Unis, qui reste le marché numéro un avec 142,6 millions de morceaux téléchargés en 2004 et 5,5 millions d'albums. En Europe, c'est encore le Royaume-Uni qui arrive en tête des ventes avec 5,7 millions de titres téléchargés.  Au niveau des plates-formes, l'iTunes Music Store continue de dominer outrageusement le marché. L'offre d'Apple a dépassé les 100 millions de titres téléchargés dès le mois de juillet 2004, profitant de l'écrasante domination de l'iPod sur le marché des baladeurs numériques. Depuis son lancement, iTunes aurait vendu près de 230 millions de titres.  L'Ifpi souligne que l'année a été rythmée par les ouvertures de nouvelles plates-formes, dont Wal-Mart aux Etats-Unis en mars, et iTunes et MSN Music en Europe de l'Ouest dans la deuxième partie de l'année. Le rythme devrait s'accentuer cette année, avec d'importants lancements en prévision : celui d'iTunes au Japon, ou encore celui de Rhapsody sur plusieurs marchés européens. Autre signe avant-coureur, les ventes se sont accrues au fil de l'année 2004 pour atteindre un pic au mois de décembre. Aux Etats-Unis, elles sont allées jusqu'à sept millions par semaine.   L'Ifpi, qui regroupe 1.450 producteurs et distributeurs d'oeuvres phonographiques dans le monde, n'en oublie pas pour autant le piratage. Selon elle, sur dix personnes téléchargeant de la musique en ligne, neuf le font illégalement. Des estimations qui sont toutefois au-dessus de tous les autres chiffres disponibles sur le sujet. L'Ifpi évalue également le manque à gagner dû au peer-to-peer à 2,1 milliards de dollars.   Dans le même temps, la fédération affirme que la lutte contre le piratage est sur la bonne voie, grâce aux 7.000 actions en justice engagées par les maisons de disques contre des particuliers aux Etats-Unis, au Canada, en France, en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni, au Danemark et en Autriche, et grâce à l'amélioration de l'offre des plates-formes légales. 
 
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Pour l'industrie de la musique, des notes négatives et positives  Le Monde du 24.04.04 Véronique Mortaigne   LES CHIFFRES parlent en noir, et les industriels du disque craignent l'effondrement de leur métier. Pour la quatrième année consécutive, le marché a chuté en 2003, de 7,6 % en valeur (32 milliards de dollars, 28,5 millions d'euros), selon la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI). Certains pays sont gravement touchés, la France (- 14,4 %), l'Allemagne (- 19 %), le Japon (- 9,2 %). Des secteurs entiers sont sinistrés, tel le disque simple (- 18,7 %), sans que la vidéo musicale, en expansion, compense les pertes.  Les industriels du disque ont immédiatement juxtaposé la progression de l'équipement en ADSL, permettant d'accéder avec facilité à la musique sur l'Internet, et celle de leurs méventes. Ils ont annoncé des vagues de licenciements, notamment 20 % des effectifs chez EMI, maison britannique qui avait besoin de redorer son blason auprès de ses actionnaires après l'échec de ses tentatives de fusion avec l'américaine Warner puis avec l'allemande BMG.  Les chiffres disent une vérité, pas toute la vérité. Ceux de l'IFPI sont fondés sur les ventes en gros (les disques sortis de leurs stocks). D'un côté, ils sont optimistes, puisque les invendus retournés par les magasins n'y sont pas comptabilisés et, de l'autre, pessimistes, en n'intégrant pas, par exemple, le chiffre d'affaires exponentiel des sonneries téléphoniques musicales (3 milliards de dollars) ni ceux, encore faibles, générés par la vente en ligne.  Dans les alertes rouges dispensées par les majors du disque, il n'est pas non plus rappelé que ces résultats sont encore supérieurs à ceux de 1992 (29 milliards de dollars), année charnière avant un décollage exponentiel des ventes (record : 40 milliards de dollars en 1996).  Dix ans après l'invention du CD, les producteurs bénéficiaient à plein de l'aura d'un support présenté comme indestructible, inusable, définitif, etc.  Mais, plus vite que les artistes, le support meurt - le microsillon commença à chuter en 1979, avant la commercialisation du CD en 1984. Mais, en 2000, le coup d'Etat d'un nouveau format n'a pas fonctionné. Et l'idée de la gratuité (Internet), opposée à la cherté du disque, a fait un putsch sur les mentalités.  GRANDE VITALITÉ DES CONCERTS  En serrant la vis économique, autant le PDG d'EMI, le Français Alain Lévy, que celui de Warner, Edgar Bronfman Jr., nouveau propriétaire de la major américaine, témoignent de comportements désormais classiques dans le monde de l'industrie : le plan social fait monter le cours en Bourse, un sain balayage des branches mortes (des musiciens devenus moins rentables en ce cas) est perçu favorablement par les actionnaires. Pauvres artistes, tristes produits !  Dans les majors, le gonflement structurel des coûts de production oblige à des ventes élevées
 
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avant seuil de rentabilité - pour un album produit ici et ayant peu de chances de faire le tour du monde pour y être amorti, autour de 100 000 exemplaires.  Dans le collimateur des PDG comptables, les jeunes n'ayant pas fait assez vite leurs preuves, les vieux qui ont un nom « qui ne correspond plus à leur chiffre d'affaires ». Ou dont l'image de marque a faibli.  Mais à tout malheur bonheur ; des indépendants sont là, prêts à offrir d'excellents plans de reconversion, certes sans les fastes passés, mais avec décence et passion, aux laissés-pour-compte : c'est le cas d'Epitaph (Tom Waits) aux Etats-Unis, de Biscoito Fino (Maria Bethania) au Brésil, de Naïve (Marianne Faithfull, Henri Tachan) en France.  Les chiffres de l'IFPI ne rendent pas non plus compte de la valeur symbolique. 20 % des effectifs d'EMI, ce sont 1 200 licenciements. Autant dire rien comparé aux dégâts sociaux subis par les ouvriers de l'industrie sidérurgique ou alimentaire. Mais, remarquait récemment un patron de presse, « si le poids économique de la filière musicale était calculé au nombre de colonnes écrites sur les artistes dans les journaux, alors, là, quelle puissance ! ».  Ces chiffres alarmistes induisent l'idée que la musique serait en perdition. Mais les concerts témoignent d'une grande vitalité - notamment dans un secteur dit sinistré, la musique classique -et la pratique amateur n'a jamais été aussi florissante.  La taxe parafiscale (chanson, jazz, rock, variétés...) prélevée en France sur les billets d'entrée au spectacle a connu en 2003 une progression de 27 % (13,2 millions d'euros), selon le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV), qui la centralise. Les PDG mondiaux n'auront peut-être pas en tête la qualité de la production française en 2003 et des spectacles qui s'ensuivirent - Jean-Louis Murat, Etienne Daho, Alain Bashung, Juliette Gréco, Henri Salvador, Keren Ann, Mickey 3D, pour ne donner que quelques exemples - afin de démentir devant leur conseil d'administration l'assertion selon laquelle le lien entretenu avec cet art par le public serait défunt.  Reste que, dans cette histoire, chacun prend ses responsabilités. Ou pas. On remarquera le silence assourdissant des grands artistes de variétés français, sur tous les chapitres. On remarquera la mollesse des pouvoirs publics à lutter contre la contrefaçon industrielle du disque, dont la Chine est une tête de pont, et qui touche très durement quelques-uns des gros marchés (l'Espagne, l'Italie, le Brésil). On remarquera, enfin, la logique dépassionnée et consumériste des acheteurs de musique, ravis d'acquérir pour un dixième de leur prix normal des clones d'albums ou de télécharger gratuitement sur Internet, sans même chercher à savoir à qui profite le crime.  Napster, Kaazaa ou Morpheus, les logiciels de partage malins qui ont fait le bonheur des financiers cachés derrière eux, ont valu aux Etats-Unis une volée de procès à des utilisateurs. La fronde judiciaire menée par la RIAA, syndicat des producteurs américains, devrait s'étendre à l'Europe. L'appareil juridique est encore incomplet, et le lobby des fabricants de matériel, des opérateurs de téléphonie mobile, des fournisseurs d'accès à l'Internet est très puissant.  En France, la directive européenne sur l'économie numérique (LEN) a été adoptée en seconde lecture au Sénat, le 9 avril. Elle précise les obligations des hébergeurs et des fournisseurs d'accès
 
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à Internet - pour la musique et le cinéma, il s'agit du respect du code de la propriété intellectuelle.  Comme parade à la crise, les industriels promettent des fusions, jusqu'à la création d'un trio de majors contrôlant près de 80 % du marché. Mais la concentration a donné, dans ce que les maisons de disques considèrent comme annexes à leurs activités, des résultats contestables : l'étroitesse étourdissante de l'offre à la télévision et sur les radios musicales, dites jeunes, la disparition des disquaires indépendants et des points d'écoute ont orienté les consommateurs vers les hypermarchés (seuls points de vente pour qui n'habite pas une métropole), guidés dans leur choix par les campagnes de pub.  LE MODÈLE SE CRAQUELLE  Cette économie désaxée a généré ses marges. A l'intérieur même des grandes maisons de disques aussi, des labels ont jusqu'alors gardé des rôles historiques, ont formé des niches - de Blue Note à Deutsche Grammophon ou Labels. Mais pour combien de temps ? L'éviction d'EMI par Alain Lévy, début avril, d'un tenant de la diversité, Emmanuel de Buretel, ex-patron de Virgin France, devenu PDG d'EMI pour l'Europe continentale en 2001, laisse présager du pire.  Puisque le modèle se craquelle, il faut changer. Les modes de distribution, d'écoute, de fabrication. Les musiciens électroniques, qui ont créé leur propre réseau sans business plan, l'ont compris il y a vingt ans. Tout en évoquant la possibilité de composer une oeuvre titre par titre - ce qu'a longtemps pratiqué le Français Jean-Louis Murat sur son site -, Thom Yorke, chanteur de Radiohead, déclarait à l'agence Associated Press : « Ça a toujours été album, album, album. Des choses comme iTunes ou le fait que les gens individualisent les morceaux, c'est bien. J'écoute moi-même tout le temps de la musique de manière aléatoire », promettant un séisme artistique salvateur.   
 
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Sony veut défier Apple sur la musique en ligne.  Olivier Bomsel, chercheur au centre d'économie industrielle de l'Ecole des mines de Paris  « Le tout-gratuit est une formidable captation de valeur »  Le Monde du 18.03.04 Propos recueillis par Yves Mamou    Quel est le bilan des échanges musicaux sur Internet ?  Les échanges gratuits de musique sur Internet, grâce à des logiciels « peer to peer » (de personne à personne) [Kazaa, eDonkey, BitTorrent...], contournent massivement les droits de propriété intellectuelle. Chaque utilisateur peut diffuser à coût nul, sans perte et sans aucun sentiment de fraude, des fichiers musicaux. Cette circulation croissante pose aujourd'hui un problème technique, industriel et juridique majeur.  Concrètement, quelles en sont les conséquences ?  Il y a tout d'abord une chute du consentement à payer. La baisse des ventes de disques coïncide avec l'utilisation grandissante du haut débit. Pour la première fois, une invention technique ne structure pas un nouveau marché avec ses nouveaux modes de distribution. Les labels sont dissuadés d'investir dans la vente de musique en ligne parce que le fichier musical doit être crypté pour être vendu. S'il est crypté, l'utilisateur final doit investir aussi pour y avoir accès. Autant dire que l'intérêt de ce dernier ira naturellement à un produit ouvert et gratuit.  Les initiatives Internet des labels qui ont commercialisé des musiques payantes ont tourné court. D'où l'extrême prudence actuelle des producteurs de films vis-à-vis de la distribution numérique. Cette prudence bloque aujourd'hui leurs investissements.  Peut-on aller contre l'idéologie du tout-gratuit sur Internet ?  La rapidité avec laquelle se déploie l'Internet haut débit est une bonne chose, mais elle pollue l'industrie des contenus. Le tout-gratuit est en réalité une formidable captation de valeur. L'industrie des contenus subventionne à fonds perdus non seulement les internautes, mais aussi les fournisseurs d'accès à Internet, les réseaux de télécommunication, les fabricants d'ordinateurs, de baladeurs numériques, de disques durs.  L'incitation à passer du bas débit au haut débit aboutit à une subvention de 10 euros par mois et par abonné, soit 360 millions d'euros par an pour un total de 3 millions d'abonnés. Cette subvention forcée affaiblit l'industrie des contenus et n'est pas viable à terme.  
 
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