Urbanisation et métropolisation en Amérique Latine

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Urbanisation et métropolisation en Amérique Latine

Publié le : lundi 11 juillet 2011
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THEME 1 : LES ÉTATS-UNIS ENTRE MULTILATERALISME ET UNILATERALISME DEPUIS LE DEBUT DU XXEME SIECLE Multilatéralisme: principe selon lequel les Etats acceptent de régler des questions ou des différends géopolitiques par une coopération sur un pied d’égalité et dans un esprit de compromis. Unilatéralisme: principe selon lequel un Etat impose des choix à ses partenaires ou à la communauté internationale tout entière, sans les concerter ou négocier avec eux. Cela correspond à une volonté de puissance de type hégémonique et non un leadership. Thèmes: les relations qu’entretiennent les États-Unis vis-à-vis de l’extérieur -isolement ou engagement -engagement multilatéral ou unilatéral Champ d’étude: - dimension diplomatico-stratégique.  -dimension économique, commerciale, financière et monétaire.  -dimension culturelle. Problématique: Les États-Unis ont été les premiers de loin et les plus grands promoteurs de règles et institutions multilatérales (Wilson, Roosevelt, George Bush père). En même temps ils n’ont pas hésité à remettre en cause ces institutions et ont toujours évité de s’engager dans l’ordre qu’ils préconisent. Pourquoi cette hésitation permanente ? Accroche: - rôle de Wilson à Versailles (1919) mais refus de la ratification en 1921.  -ordre mondial de Bush père ; « désordre mondial » de Bush fils. I] Jusqu’en 1945 : une puissance qui hésite à rompre avec un isolationnisme pourtant dépassé et qui choisit plutôt l’unilatéralisme. A/ Les circonstances géopolitiques du début du siècle périment l’isolationnisme traditionnel. ·Au XIXème siècle, l’engagement des États-Unis se limite au commerce : Raisons : un manque de volonté : -Priorité de la conquête du territoire et de son aménagement. -Peu d’intérêt dans les affaires européennes. -La Grande-Bretagne empêche l’émergence de puissances menaçant les États-Unis et reste mesurée face aux États-Unis. -Sentiment exceptionnaliste (destinée manifeste de O’Sullivan) : -Incarner un monde nouveau et édifier une nouvelle Jérusalem (plan religieux). -Incarner le pays de la seconde chance. -Incarner la terre de liberté. Nuances : -Doctrine Monroe qui légitime l’intervention (Amérique Latine). -Perry ouvre le Japon en 1854. -Politique de la porte ouverte en Chine en 1899. ·Au début du XXème siècle, les États-Unis s’ouvrent : Raisons :
-Fin de la frontière. -Emergence d’une puissance économique : recherche de débouchés. -Emergence d’un impérialisme américain (amiral Maham) donc intervention. Nouveautés : -Guerre contre l’Espagne. -Corollaire Théodore Roosevelt à la doctrine Monroe (« Big Stick ») : possibilité pour les États-Unis d’exercer un pouvoir de police internationale et notamment en Amérique Centrale pour les matières premières et sur le plan géostratégique : puissance Atlantique et Pacifique (canal Panama). -Médiation entre Japon et Russie (traité de Portsmouth) et entre France et Allemagne (traité à Algésiras). Tournant : -Intervention de 1917 : - menace sur le commerce et sur le remboursement des prêts. - liens historiques (Grande-Bretagne ; Lafayette). - défense de la démocratie contre l’autoritarisme. - messianisme Wilsonien - Rôlemajeur joué parles États-Unis : - plan moral, financier, logistique et militaire. - conclusion des traités. Obligation de s’intéresser au reste du monde au sortir de la Guerre : -Cette nouvelle réalité s’impose pour plusieurs facteurs : - 1ere puissance économique et monétaire. - équilibre européen menacé par le révisionnisme, par la menace communisteetparlevidegéopolitiqueenEuropecentraleetorientale.B/ Le wilsonisme est une réponse multilatéraliste au nouveau statut international des États-Unis. ·Il repose sur : -La destinée manifeste et le sentiment d’exceptionnalisme. -L’idée que les États-Unis doivent aboutir à un système multipolaire de sécurité collective car l’équité est un facteur d’équilibre. -D’où un interventionnisme fondé sur : - la défense de la démocratie et des droits de l’homme - l’association de l’ensemble des démocraties pour alléger le coût de la policeinternationale.·Il est repoussé par des États-Unis qui ne sont pas prêts : -Refus de Versailles, échec des Démocrates. -Facteurs : -Refus des inconvénients du Wilsonisme :  -obligation d’intervenir  -obligation de diminuer les droits de douanes pour aider les  démocratiesà se relever par le commerce. -Les Républicains prônent le retour à la normale
C/ Le choix d’un unilatéralisme qui conduit à l’échec. ·Le thème d’ « America first », une autre conception face à la situation héritée de la guerre : -La prospérité est privilégiée aux États-Unis. -Le contact avec l’étranger est évité. -Souveraineté absolue des États-Unis. -On ne croit pas en les vertus de la sécurité collective. ·Mais pas de retour à l’isolationnisme mais choix d’un unilatéralisme qui est en fait de l’isolationnisme mais adapté au statut de la puissance américaine : -Réaction américaniste : - quotas. - tarif Fordney McCumber. - puritanisme des WASP. - prohibition (Volstead Act). - résistance face à la modernisation (société conformiste : Babbit de LewisStClair).-Unilatéralisme sur le plan économique (politique budgétaire, douanière et monétaire de 1921). -Sur le plan géostratégique (refus d’intégrer la SDN sans pour autant signifier un non-engagement : réparations, conférence de Washington, politique du Big Stick) ·Echec de l’unilatéralisme : -Crise de 1929 aggravée par l’échec de la Conférence de Londres. -Incapacité à empêcher l’essor des dictatures (doctrine Stimson en Mandchourie et loi de neutralité avec la Clause cash and Carry). I] Une superpuissance multilatéraliste et donc leader pendant la Guerre Froide de 1945 à 1990. A/ Le retour à un choix multilatéraliste s’impose au lendemain de la 2ème Guerre Mondiale. ·Une première esquisse qui échoue avec la Guerre Froide : -il y a un retour à un Wilsonisme avec Roosevelt de 1944 à 1947 : il y a une prise de conscience des erreurs du passé d’où le rôle majeur des États-Unis dans la création d’institutions multilatérales (ONU et Bretton Woods). ·Limites : -Véto au conseil de sécurité -Les États-Unis entendent assumer le système économique et monétaire. B/ Un multilatéralisme qui s’impose pragmatiquement dès 1947. ·Echec car déclenchement de la Guerre Froide dès 1947 : -Un nouveau multilatéralisme non plus onusien mais dans le cadre d’une alliance étroite avec des partenaires. -Endiguement face au communisme. -Système élaboré avec des anti-communistes où les États-Unis assument le leadership : - militaire : OTAN
- économique : Plans Marshall et Dodge, aide à la reconstruction. - politique : Alliance Atlantique et résolution Van den Berg. ·Succès de la nouvelle approche : -Communisme endigué, vaincus réintégrés. -Prospérité économique des Trente Glorieuses. -Facteurs : - Gagnant pour tous car les alliés sont défendus et les idées américaines sonttriomphantes.- Les États-Unis exercent un leadership et non une hégémonie. C/ Derrière ce multilatéralisme des pratiques unilatérales perdurent et ont même tendance à s’accroître avec la Guerre Froide. ·Exemples : -Le dollar, monnaie dominante. -Politique et militaire : Vietnam, soutient aux dictatures (Pinochet). -Economique : rejet de l’OIC en 1947, protectionnisme et tensions (Suez). ·Raisons : -Multilatéralisme qui fonctionne mal sur le plan diplomatico-stratégique (différentiel de puissance entre les États-Unis et l’Europe : échec de la CED). -Sentiment de déclin dans les années 1960 et 1970 à la vue du rattrapage des anciens vaincus ou Alliés. ème -génération de néo-conservateurs (avec Reagan) quiPolitique : émergence de la 2 refusent la détente et trouvent que les Alliés ne financent pas assez la défense. ·Conséquences : -Gestion solitaire du dollar et des taux d’intérêts. -Clauses commerciales -Dettes qui anéantissent le Tiers-Monde. -Tout ceci sans pour autant rompre avec les Alliés. III] Une hyper puissance à vocationhégémonique qui semble s’affirmer dans l’ère de l’après Guerre Froide. A/ Un multilatéralisme dégradé dans les années 1990. ·La fin de la Guerre Froide n’aboutit pas à un renforcement du multilatéralisme qui était pourtant une alternative possible : -Maturation de la mondialisation à la fin de la Guerre Froide, dont les problèmes semblent à résoudre au niveau mondial (terrorisme, pollution, épidémies, lutte contre le trafic de drogue …). -Sentiment de déclin aux États-Unis (Paul Kennedy avec sa théorie de déclin dû à la sur-expension impériale l’emporte sur Fukuyama et sa théorie de fin de la démocratie avec le triomphe du modèle américain). ·Les tendances unilatéralistes progressent sous Clinton : Facteurs : -findelapeurducommunisme.- déception envers l’ONU dont le renouveau est éphémère, inefficace etdont le coût augmente.
- Monde unipolaire qui devient unilatéraliste : on passe du « concert desnation » à une « nation orchestre » ou « nation indispensable » selon M.Albright-avecladécenniedecroissanceetlouverturesurlanouvelletechnologie,lesÉtats-Unisreprennent confiance et donnent même des leçons (Denver, réunion du G7). Limites : -répulsionaurecoursàlaforcearmée-volontéderetrouverunerégulationbudgétaire:- performances économiques exceptionnelles. - limitation des dépenses militaires. - partage du fardeau militaire. - Maintient de la globalisation :  -Accords de Dayton (question sur la Bosnie).  -Kyoto voulu par Clinton. B/ Après cette période, un unilatéralisme déterminé semble triompher avec Bush junior. ·Des manifestations spectaculaires dès le début de son mandat : -Refus du protocole de Kyoto. -Projet Missile Défense (qui remet en cause le traité ABM). -Refus de la cours pénale internationale. -Facteur : changement de courrant dans l’équipe Bush : le multilatéralisme est considéré comme un moyen et non comme une fin. ·Le 11 Septembre consacre le triomphe de l’unilatéralisme : Facteurs : -Sentiment d’être en légitime défense. -L’opinion et le Congrès acceptent des engagements extérieurs. -Sentiment de croisade morale contre les « forces du mal » (discours 2002), contre « l’Axe du Mal » avec l’idée de retour à la destinée manifeste. -Influence des néo-conservateurs (les Wilsoniens bottés) : ils exportent la démocratie, y compris par la force. Interventions : -Afghanistan, Irak -Sur le plan économique : échec du cycle de Doha. C/ Même si le multilatéralisme n’est pas forcément mort. ·Le deuxième mandat de Bush, avec l’arrivée de Condoleeza Rice montre une évolution : -Justification de l’intervention en Irak. -Question du Liban : l’ONU fait un moratoire. -Dossier Iranien (accord entre Europe et Etats-Unis) ·Pourquoi l’unilatéralisme n’est-il pas forcément bénéfique pour les Etats-Unis ? -Il remet en cause l’exceptionnalisme américain. -Il est contradictoire avec les valeurs américaines. -Il est contre le libre échange et la mondialisation : l’économie américaine n’est pas isolée.
-Il est difficilement envisageable sur le plan militaire : il faut partager le fardeau selon la thèse de Todd. -Il n’est pas tenable sur des questions universelles (environnement). -Il peut se retourner contre les Etats-Unis : anti-américanisme et risque de constituer un mauvais exemple d’où la perte de légitimité et donc de puissance. Conclusion : L’unilatéralisme constitue le stade suprême et à la fois le fossoyeur de l’exceptionnalisme américain. L’ambivalence est bien une caractéristique de l’attitude américaine. Elle s’explique par cette idée d’exceptionnalisme qui fonde l’identité américaine : -La démocratie et le besoin d’un ordre international les poussent au multilatéralisme. -La conscience d’être un peuple choisi pour guider et sauver l’humanité les pousse vers l’unilatéralisme.
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