Au centre des débats internes qui traversent l'OZP depuis plusieurs années sur l'avenir de l'éducation prioritaire on trouve un constat des situations extrêmes ne sont pas vraiment prises en compte qui appellent des solutions plus radi cales que les actuelles ZEP

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Au centre des débats internes qui traversent l'OZP depuis plusieurs années sur l'avenir de l'éducation prioritaire, on trouve un constat : des situations extrêmes ne sont pas vraiment prises en compte, qui appellent des solutions plus radi- cales que les actuelles ZEP. Des territoires en déshérence Le dispositif ZEP, beaucoup trop étendu,masque l'existence de terri- toires très minoritaires où le service public est défaillant, où l'exclusion se transmet d'une génération à l'au- tre et où se forment des ghettos ethniques. Dans ces territoires, on constate à la fois des performances scolaires très faibles (mesurées par les évaluations nationales et par les parcours scolaires), la disparition de toute mixité sociale (les enfants des classes moyennes et des catégories intermédiaires qui subsistent dans ces zones «évitent» leurs établisse- ments scolaires) et la fuite des enseignants, qui demandent leur mutation. La population de ces territoires en déshérence peut représenter, en première approximation, entre 2 et 5 % de la population des écoles et collèges publics, alors que les ZEP et REP scolarisent 22 % des élèves. Les carences des ZEP Le dispositif ZEP, tel qu'il fonctionne le plus souvent,ne permet pas de faire face aux besoins des populations de ces territoires. Non piloté, il se réduit à l'octroi de quelques moyens supplé- mentaires (d'un montant d'environ 10 %) et de quelques primes qui sont perçues comme des compensations aux conditions de travail difficiles et rarement comme ce qu'elles de- vraient être: des leviers de mobilisa- tion autour d'

  • zep

  • temps de travail en équipe

  • res- ponsables de l'éducation priori

  • avenir des zep actuelles

  • acteurs de zep-rep

  • affectation des moyens supplé- mentaires en priorité aux condi- tions de développement du travail collectif et du partenariat


Publié le : mardi 19 juin 2012
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Source : cndp.fr
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Au centre des débats internes qui
traversent l’OZP depuis plusieurs
années sur l’avenir de l’éducation
prioritaire, on trouve un constat:
des situations extrêmes ne sont
pas vraiment prises en compte,qui
appellent des solutions plus radi-
cales que les actuelles ZEP.
Des territoires en déshérence
Le dispositif ZEP, beaucoup trop
étendu,masque l’existence de terri-
toires très minoritaires où le service
public est défaillant, où l’exclusion
se transmet d’une génération à l’au-
tre et où se forment des ghettos
ethniques. Dans ces territoires, on
constate à la fois des performances
scolaires très faibles (mesurées par
les évaluations nationales et par les
parcours scolaires),la disparition de
toute mixité sociale (les enfants des
classes moyennes et des catégories
intermédiaires qui subsistent dans
ces zones «évitent» leurs établisse-
ments scolaires) et la fuite des
enseignants, qui demandent leur
mutation.
La population de ces territoires en
déshérence peut représenter, en
première approximation,entre 2 et
5 % de la population des écoles et
collèges publics, alors que les ZEP
et REP scolarisent 22 % des élèves.
Les carences des ZEP
Le dispositif ZEP
,
tel qu’il fonctionne
le plus souvent
,
ne permet pas de faire
face aux besoins des populations de
ces territoires.Non piloté,il se réduit
à l’octroi de quelques moyens supplé-
mentaires (d’un montant d’environ
10%) et de quelques primes qui sont
perçues comme des compensations
aux conditions de travail difficiles et
rarement comme ce qu’elles de-
vraient être: des leviers de mobilisa-
tion autour d’un projet.
L’énergie
,
ici ou là, d’acteurs de
terrain, souvent peu soutenus par
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Les positions de l’Observatoire
des zones prioritaires (OZP)
Ces dernières années, l’Observatoire des zones prioritaires (OZP) a été amené à adopter des
positions très critiques contre l’abandon effectif de toute politique d’éducation prioritaire
depuis 1990, comme cela avait été déjà le cas dans les périodes précédant les deux relances
de 1989 et 1998. Ces critiques visaient la dilution du dispositif, qui en est venu à inclure 22 %
des élèves des collèges publics et 18 % des élèves des écoles, mais aussi l’absence de tout pilo-
tage de ce dispositif. Plus les ZEP devenaient le symbole politique fort d’une action en faveur
des plus défavorisés, plus leur image se réduisait à une attribution de moyens que l’on croyait
importants.
Le communiqué repris intégralement ci-dessous, en date du 24 avril 2005, reflète bien les posi-
tions de l’OZP avant que le débat ne soit ouvert par le ministre actuel, d’abord à froid en
août 2005, puis à chaud pendant la crise de l’automne.
Communiqué – 25 avril 2005
« Des projets exceptionnels provisoires (PEP)
pour des sites urbains prioritaires en éducation (SUPE) »
l’institution, ne suffit pas à sortir
ces territoires de leur marasme.
Les exemples, nombreux, de ZEP
qui réussissent ne se situent pas
dans ces territoires en déshérence,
car les conditions de la réussite,
plus exigeantes qu’ailleurs, sont
aussi plus difficiles à réunir dans
les cas extrêmes.
Il est donc nécessaire de concevoir
une nouvelle politique pour ces
territoires, politique qui tirerait la
leçon de vingt-trois ans d’éduca-
tion prioritaire, avec ses impul-
sions, ses relances, mais aussi ses
périodes d’abandon et de perte de
sens.
Des initiatives plus radicales
Alors que dans ces territoires le
service
public
est
souvent
défaillant, il s’agit au contraire
d’offrir le meilleur du service
public (plutôt que de donner seule-
ment plus).Pour cela,il faut réunir
les conditions de la réussite : le
travail en équipe, un tutorat péda-
gogique pour tous les élèves, la
mise en oeuvre d’une pédagogie
différenciée pour des classes hété-
rogènes.
Ce qui nécessite:
1) un projet mobilisateur fondé sur
un diagnostic partagé;
2) la nomination de personnels
volontaires pouvant se mobiliser
autour d’un projet et solidaires de
populations «en grande difficulté»;
3) une équipe de direction mobili-
satrice;
4) du temps pour le travail en
équipe accompagné, le suivi des
élèves, les relations avec les
familles,le partenariat – les person-
nels bénéficieraient d’un service
aménagé prenant en compte ces
objectifs et ces charges;
5) un accompagnement dense des
enseignants, implanté dans la
zone. À titre d’exemple, le disposi-
tif d’accompagnement suivant
peut être proposé: dans ces terri-
toires, des enseignants, à raison
d’un professeur pour vingt,
seraient, après avoir reçu une
formation,déchargés à tiers temps
pour écouter et observer leurs
collègues, organiser des forma-
tions, animer un travail collectif
sur les pratiques et l’élaboration
de projets. Ce dispositif dans l’éta-
blissement serait complété au
niveau académique avec implica-
tion de l’IUFM;
6) l’affectation des moyens supplé-
mentaires en priorité aux condi-
tions de développement du travail
collectif et du partenariat et à un
accompagnement dense des
enseignants plutôt qu’à la dimi-
nution du nombre d’élèves par
classe, déjà réalisée largement
.
Dans ce nouveau dispositif, nous
proposons d’appeler ces territoi-
res «sites urbains (*) prioritaires
en éducation » (SUPE), appuyés
sur des « projets exceptionnels
provisoires» (PEP). Pour éviter une
nouvelle dérive inflationniste du
nombre des sites concernés, il
sera essentiel que les critères
objectifs qui rendent nécessaire
la création d’un SUPE soient
précisés et appliqués au niveau
national. Les projets des sites rete-
nus seront établis à partir d’un
diagnostic initial et déboucheront
sur la mise en oeuvre d’un
programme d’action sur cinq ans
incluant des modalités d’évalua-
tion régulatrice interne et externe.
L’avenir des ZEP actuelles?
L’OZP ne se bat pas pour l’attribu-
tion de primes de pénibilité aux
enseignants qui exercent dans un
environnement difficile ou pour
l’attribution à la marge de
quelques moyens supplémentai-
res. L’OZP n’a pas non plus de
raisons de s’y opposer – ces primes
ou ces moyens sont souvent justi-
fiés, mais ils ne changent pas la
situation des élèves scolarisés
dans ces zones, et c’est ce chan-
gement qui est notre objectif pre-
mier.
L’OZP souhaite que soient appli-
qués dans tous ces territoires les
principes suivants, fondateurs des
ZEP: une corrélation de droit entre
les moyens attribués et la compo-
sition sociale de la zone, le parte-
nariat avec le milieu environnant,
la coopération entre écoles et
collèges.
L’OZP souhaite aussi que soient
préservés et développés les acquis
des zones d’éducation prioritaires
qui se sont mobilisées autour de
projets ou de contrats de réussite.
Un bilan devrait être établi et les
conclusions tirées.
Enfin,nous réaffirmons la mission
d’une école «ordinaire» adaptée à
la diversité des élèves et de tous
les quartiers, y compris les quar-
tiers populaires, ceux-ci n’ayant
pas
a priori
vocation à entrer en
ZEP.
(*) Le cas des zones rurales relève d’autres
dispositifs.
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On voit que ces propositions débor-
dent la question des moyens
supplémentaires («donner plus à
ceux qui ont moins»),souvent utili-
sés pour diminuer les effectifs des
classes. Cependant, il s’est avéré
très difficile – et l’OZP n’y est pas
vraiment parvenu – de faire sortir
le débat de ces limites étroites. Si
nous demandons des moyens
importants supplémentaires pour
le dispositif resserré, ce n’est pas
essentiellement pour obtenir une
concentration de ceux-ci sur quel-
ques sites, mais d’abord pour per-
mettre d’y travailler autrement,d’y
assurer un accompagnement
dense des enseignants en ZEP, et
au total de garantir aux territoires
en déshérence ce qui n’a été réussi
que dans une minorité de ZEP.
Pour l’OZP,la ressource rare,ce sont
les équipes capables de réussir
dans un contexte difficile, et cette
ressource ne doit pas être diluée.
L’OZP met sous le terme de pilo-
tage des exigences fortes qui ne
sont pas toujours perçues.D’abord,
il s’agit que les décisions essen-
tielles concernant les ZEP soient
prises sur le terrain par des res-
ponsables de l’éducation priori-
taire. Par exemple, il peut sembler
évident que le choix des coordon-
nateurs de ZEP doive répondre aux
besoins de la ZEP; or, en l’absence
de pilotage, il arrive que les nomi-
nations servent d’abord à résou-
dre des problèmes de gestion de
personnels.De même,la formation
d’une équipe entre le coordonna-
teur,l’inspecteur de circonscription
et le principal de collège est un acte
essentiel de pilotage. Assurer un
accompagnement dense des per-
sonnels et une formation continue
demandent un pilotage fort.
L’OZP a, dans un communiqué du
15 décembre 2005, salué le «cou-
rage» du ministre de l’Éducation
nationale pour avoir osé entre-
prendre le resserrement du dispo-
sitif et annoncer des mesures pour
en assurer le pilotage. Cependant,
l’OZP regrette vivement le choix de
faire sortir les meilleurs élèves des
collèges de ZEP, le renoncement
affiché à un ancrage territorial et
le peu de place laissé aux écoles.
Pour consulter l’ensemble des positions de l’OZP,
voir son site :
www.association-ozp.net.
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pour les acteurs de ZEP-REP
un site associatif spécialisé
OZP
Observatoire des Zones
Prioritaires
revue de presse quotidienne, analyses, débats….
www
.association-ozp.net
OZP - 20 rue Henri Barbusse - 92230 GENNEVILLIERS
01 47 33 17 93
ozp.ass@wanadoo.fr
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