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BERIGTEN VAN HET HISTORISCH GENOOTSCHAP GEVESTIGD TE ZESDE DEEL, EERSTE STUK. TWEEDE SERIE. EERSTE DEEL, EERSTE STUK. UTRECHT, KEMINK EN GOON, 1857.
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Publié le : mardi 27 mars 2012
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BERIGTEN
VAN HET
HISTORISCH GENOOTSCHAP
GEVESTIGD
TE
ZESDE DEEL, EERSTE STUK.
TWEEDE SERIE.
EERSTE DEEL, EERSTE STUK.
UTRECHT,
KEMINK EN GOON,
1857.MÉMOIRES
SUR
LA GUERRE FAITE AUX PROVINCES-UNIES
EN L'ANNÉE
1672.
PAR MR. ABRAHAM DE WICQUEFORT.
Door mededeeling van den Heer Mr. J. A. Grothe ziet het
Historisch Genootschap zich in staat gesteld , de volgende
Mémoires van den bekenden A. de Wicquefort , over het ge-
beurde in 1672 uit te geven , naar een van het oorspronkelijke
handschrift genomen afschrift. Het behoeft wel niet opgemerkt
te worden , dat de naauwe betrekking , in welke de schrijver
tot den Raadpensionaris de Witt stond , aan zijne wijze van
beschouwing eene eigenaardige strekking moest geven , maar,
kan hij daarom ook al niet als een geheel onpartijdig beoor•
deelaar gelden , zijn geschrift bevat zoo vele bijzonderheden ,
zoo vele berigten uit dien voor het vaderland zoo belangrijken
tijd , dat het der mededeeling allezins waardig scheen , ook
na al hetgeen daarover reeds door anderen is uitgegeven.
Jean Armand Du-Plessis , cardinal de Richelieu , qui avoit
trouvé le moien de rendre les intérêts du mihistre inséparables
de ceux du souverain , n'eut pas sit6t désarmé la religion
1*4
re'forme'e en France , qu'il apliqua ses premières penséez aux
moiens d'abattre la puissance de la maison d'Autriche , qui
étoit en ce tems-la fort redoutable , et plus encor aux yeux
des ministres de France qu'elle ne l'étoit en effet. C'est lui
qui avoit fait agir Gustave Adolphe , roi de Suède, en Alle-
magne, qui s'étoit oposé avec vigeur aux progrèz des armes
d'Espagne en Italic , qui a‘ oit engagé les Provinces-Unies à
rejetter la paix avantageuse que les Espagnols leur ofroient,
et qui avoit porté Louis xiii, roi de France , à une rupture
déclarée avec les Espagnols. Son décèz et celui du roi , son
maitre, qui le suivit de prèz, aiant fait passer les affaires en-
tre les mains de Jules, cardinal (le Mazarin, sous la régence
d'Anne d'Autriche , mere de Louis xiv , ce ministre prévenu
d'une passion extrème de joindre les provinces de Flandre
la couronne de France , s'imagina qu'en abandonnant en apa-
rence les intérets du Portugal , et en restituant a la couronne
d'Espagne ce que l'on avoit conquis en Catalogue qui s'étoit
soulevée contr'elle , la cour de Madrid pourroit se résoudre à
les lui céder , et qu'un traits de paix pourroit dormer a la
France ce que ses armes n'avoient pas pit conquerir pendant
une guerre de plusieurs annéez. Il n'y a point d'artifice dont
it ne se servtt pour y réussir pendant la négociation de Mun-
ster , qui roula fort longtems sur ce principe. Mais it en
perdit l'espérance dèz que les Etats des Provinces-Unies en-
rent fait leur traits au commencement de l'année 1648. I1
ne consideroit pas qu'en unissant les provinces de Flandre à
la couronne de France, it la faisoit devenir 1'objet de la jalou-
sie de toutes les autres puissances de la chrêtienté, puis qu'elle
succécloit sinon au dessein que l'on disoit que l'Espagne avoit
pour la monarchie universelle , du moins á l'espérance et aux
moiens d'y pouvoir parvenir un jour quand elle voudroit l'en-
treprendre. Aussi fut ce un des plus puissans motifs qui
portèrent les Etats a traiter avec l'Espagne à l'exclusion de
la France: comme de l'autre coté le cardinal Mazarin ne dis•
simula pas dèz ce tems-là le mécontentement que la France en5
avoit pris; comme elle n'a pas manqué de s'en ressentir depuis
toutes les fois que l'occasion s'en est présentée. L'on pout dire
anciennes maximesque c'est cet &ranger qui en renversant les
lui avoient aquis taut de gloire etdu conseil de France qui
les 2 derniers rois, Henry le Grand et Louisd'avantages sous
le Juste , a rompu avec ses meilleurs amis pour en faire de
dans l'école de Ma-nouveaux , et que ses successeurs nourris
commun maitre, ont contraints leurs plus ancienschiavel, leur
et fideles alliéz de se joindre et de s'unir inséparablement avec
leurs ennemis commons pour s'oposer à leurs violences.
Les plaintes contitluclles des ministres de France , les mau•
eet Etat dans toutesvals offices qu'ils out rendu à ceux de
de l'Europe, leurs intrigues avec le protecteur d'An•les cours
lesgleterre, et avec le feu roi de Suède , à son prejudice,
ses vaisseaux de guerre out faites des naviresdepredations que
les dificultéz que les ambassadeursmarchands de ces pals, et
que de pouvoir conclure leextraordinaires rencontrèrent devant
traité de Paris en I'an 1662 aprèz 2 annéez de negotiation ,
en ont été des marques et des témoignages infaillibles. II est
l'auroient jamais conclu en effet sans lecertain aussi qu'ils ne
ce terns là de se rendrelessein que la France avoit forme dèz
par le traitemaitre des provinces de Flandre. Car encor que
reine sa femme eussentdes Pirenéez le roi de France, et la
renonce à tout ce que cetteformellement et solemnellement
père,princesse pouvoit prétendre de la succession du roi, son
quedu cots de la Bourgogne, en sorte taut en Espagne, que
ni annexer aucun de leursla France n'y pouvoit pas succéder,
couronne pour quelque prétexte, et en quelquedomaines à sa
qu'incontirient aprèz le décèz ducas que ce fut , si est ce
la que reine saroi Philippe iv, le roi de France prétendit
droit de devolu-femme devoit succéder en vertu d'un certain
tion, en Brabant et en quelques autres provinces des Pais-Bas
doit avoir lieu. Qu'elle n'avoit pas pilprétendu droit ou ce
que la renon-y renoneer au prejudice de ses enfans; et même
nolle , puls qu'elle se trouvoit acompagnée d'uneelation &oit 6
condition que le roi d'Espagne n'avoit pas acomplie en ne
paiant pas la dote qu'il avoit promise par le contract de ma-
riage. Les partisans de l'Espagne débattoient ces raisons , et
disoient que la dernière étoit ridicule, puisque faute de paier
une comme d'argent que les rois ne considéroient point , l'on
ne pouvoit pas détruire une renonciation solemnelle qui servoit
de fondement i la paix , et au mariage ; d'autant plus qu'il
étoit certain que ni l'un ni l'autre ne se seroient point faits
sans la renonciation. Et bien que les 2 rois eussent solem-
nellement promis par le même traits des Pircnéez, que les dif-
ferends qui pourroient naitre entre les 2 couronnes ne pour-
roient pas être vuidéz par les armes , qu'elles n'eussent essaié
auparavant de les ajuster à l'amiable , le roi de France ne
laissa pas en l'an 1667 d'entrer avec une armee dans les Pais-
Bas , sans aucune declaration précédente , et d'y prendre dans
fort peu de tems un si grand nombre de villes , que l'on eut
sujet de craindre la conquête de toutes ces provinces.
Tout le voisinage s'en allarma. Mais it n'y eut point de
puissance qui en considerat mieux les consequences que l'Etat
des Provinces-Unies , qui les fit représenter á l'Angleterre et
a la Suède, qui ofrit du secours à l'Espagne, et qui ne craig-
nit point de faire declarer à la France , qu'il seroit oblige de
de s'oposer au progrèz de ses armes, si elle continuoit de les
porter plus avant dans les provinces voisines. Le roi céda
aux puissantes intercessions de ces 2 couronnes et des Etats
des Provinces-Unies , et donna la paix á l'Espagne et à la
chrêtienté , permettant h toutes les autres puissances de l'Eu-
rope de la garantir , et de se joindre contre celui des 2 rois
qui vierdroit it la violer. Mais ce procedé d'une république
que les rois , ses prédécesseurs , avoient aids á former , á ce
qu'il disoit , lui déplut tellement , que l'on peut dire , que la
Triple Alliance qui se fit ensuite à la Haye entre l'Angleterre,
la Suède , et cet Etat , pour l'exécution du traits qui s'étoit
fait entre les 2 couronnes , a été ninon la seule , du moins la
plus essentielle cause de la guerre dont les particularitéz feront7
la plus considérable partie de l'histoire du terns. Et afin que
l'on ne puisse pas louter de cette vérité , je ne m'amuserai
pas à reporter les paroles de ressentiment qui échapèrent à
l'ambassadeur de France qui étoit a la Haye , et aux minis-
de Paris ; mais je me contenterai de fairetres de la cour
remarquer qu' Hugues de Lionne, sécrétaire d'état et des com-
affaires étran-mandemens du roi , alant le département des
la lettre qu'il écri-gères, s'en expliqua asséz nettement dans
ambassadeur extraordinaire à lavoit au comte d'Estrades ,
que le roi avoitHaye , du 18 Novembre 1667, ou it dit ;
des Etats aup ►èz du roiapris que Meerman , ambassadeur
proposer de son chef uned'Angleterre, qui n'avoit pas osé y
ligue pour la défense des Pais-Bas centre la France, en avoit
fait faire l'ouverture par le comte de Molina , ambassadeur
d'Espagne, et l'avoit fait assurer que ses maitres y étoient dis
Que l'on étoit plus aflig à la Haye qu'à Madrid des -pose'z.
de son maitre faisoient en Flandre. Qu'ilprogrèz que les armes
reconnoissoit bien avoir ttèz prudemment fait de ne s'être point
ouvert aux Etats de son lessein. Mais aussi qu'il avoit résolu
de s'en ressentir, et de leur en rende le double, quelque chose
qui en put arriver.
ce fut ce tems-là que la France déterminaEt de fait dèz
et qu'elle commence àde faire la guerre aux Provinces- Unies,
prendre ses mesures pour cela. L'on y faisoit de tems en terns
des levéez et des recrues. Le roi se plaisoit à faire faire l'cxer-
les faire camper,cice a ses troupes, et à en faire la revue, a
et même à les conduire avec l'artillerie jusques sur les fron-
tiéres, afin de les acoutumer à la fatigue et à la guerre avant
qu'elle fut déclarée.
Jean de Witt, qui comme premier ministre des Etats d'Hol-
avoit Presque toute la direction des affaires , voiantlande ,
qu'il se formoit sur sa tête une tempête capable de faire échouer
le vaisseau dont it tenoit le gouvernail , et prévoiant la néces-
sité ou it se trouveroit bient6t de laisser au prince d'Orange
le commandement des armes, si t'Etat étoit obligé de les met-8
tre en campagne , theha de conjurer forage , en faisant repré-
senter au roi de France les avantages que cette couronne don-
neroit à I'Angleterre si elle contribuoit au rétablissement du
prince d'Orange , qui, h. ce qu'il disoit, dépendoit absolument
des volontéz du roi de la Grande Bretagne, son oncle. C'étoit
autrefois le sentiment de la cour de France , et l'on avoit vu
ici depuis quelques annéez son ambassadeur aller de porte en
porte, protester aux députéz des Etats d'Hollande, que le roi,
son maitre, ne soufriroit pas que l'on changeát ici la forme
du gouvernement. Que lors qu'on avoit conclu le dernier traits,
la Hollande n'avoit point de Gouverneur. Qu'il avoit traits
avec les Etats , et qu'il n'entendoit pas voir un Prince à la
t&e des affaires de ces pals. En effet le roi de France ho-
noroit ce ministre de son estime en ce tems•là. Mais depuis
la guerre de FIandre et la Triple Alliance cette estime étoit
changée en aversion , et l'afection qu'il avoit eue pour lui, en
une haine irréconciliable. lye Witt en e'crivant en l'an 1671
á M. de Pomponne , qui étoit en Suède , a l'ocasion de sa
promotion a la charge de sécrétaire d'état , lui fit connoitre
qu'il seroit bien aise de l'entretenir lors qu'au retour de son
ambassade it repasseroit par ces provinces , de l'état present
affaires , et Iles intérêts du roi , son maitre. Son inten-des
tion étoit de lui représenter combien it importoit à la France
de s'oposer a l'autorité que le roi d'Angleterre aquéreroit en
ces pals , si I'on inettoit les armes et les forces de l'Etat en-
tre les mains du prince d'Orange , son neven. Mais le roi
qui avoit déjà forms son lessein de rompre, et qui lie vouloit
pas apuier une faction dont les chefs Stoient les auteurs de la
Triple Alliance , ordonna a Pomponne d'éviter sa rencontre ,
et de prendre son chemin par Cologne. Le même roi qui
avoit eu une grande passion pour l'établissement de ce ministre
pendant les premières annéez de l'ambassade du come d'Es-
trades , n'en avoit pas moms alors pour sa ruine ; jusques lá
qu'il ne dissimula point dans sa déclaration que le changement
de ministère étoit l'objet de ses armes, et non la conquête des9
Provinces-Unies. Mais comme it falloit se servir d'un autre
prétexte que de celui de la Triple Alliance, laquelle les 2 cou-
ronnes d'.4ngleterre et de Suède étoient obligéez de garantir ,
l'on en chercha , et ii ne fut pas fort difficile de le trouver
dans le commerce , dont Jean Baptiste Colbert qui s'en étoit
fait donner l'intendance , faisoit le premier intérêt de la cou-
ronne.
Ce ministre pour attirer et rétablir le commerce dans le roi-
aume, se servoit des mêmes moiens que l'on a acoutumé d'em-
ploier ailleurs pour le bannir et pour le détruire, et ne craignoit
point de ruiner les marchands de France, pourvu qu'il incom-
modat ceux d' Hollande. II faisoit de terns en tems augmenter
les droits d'entrée de toutes les marchandises, et denréez e'tran-
gères , et tachoit de faire faire dans le roiaume toutes sortes
de manufactures , croiant pouvoir faire porter partout ailleurs
celles de leur facon et fabrique, et pendant qu'il ruinoit la plu"-
part des marchands par ses monopoles , se faisant donner et
à ceux qu'il produisoit , des privilèges et octrois de plusieurs
manufactures , jusqu'à faire faire des Menses aux particuliers
d'y travailler pour leur plaisir ou pour leur commodité. II ne
comprenoit pas que la Hollande est proprement le magasin de
la France , ou plutót de tout l'univers, et que les marchands
Hollandois qui ne subsistent que par le ménage , n'étant que
les commissionnaires des marchands Francois, ne faisoient que
débiter les marchandises de France en toutes les autres parties
de l'Europe.
Pour tácher de ramener les esprits , et de remettre cette
affaire au premier etat , comme aassi pour représenter à la
cour de France l'intérêt qu'eile y avoit , l'on y avoit envoié
Pierre de Groot, pensionnaire dc la ville de Rotterdam, com-
me une personae qui n'y pouvoit pas être désagréable, et qui
avec toutes les autres qualitéz capables de la faire réussir ,
possedoit ce que les Francois apellent 1'art de plaire. 11 avoit
de plus la confidence du premier ministre d'Hollantle , avec
lequel it avoit contracté une étroite amitié depuis plusieurs10
annéez : de sorte que l'on eat VI espérer un trèz heureux
sa négotiation, si les affaires y eussent été tantsuccèz de
soit peu disposéez.
Au mois de Juin 1670, c'est à dire environ 2 mois decant
qu'il partit , it eat ocasion de voir à la Haye le comte d'Es-
trades , ci-devant ambassadeur extraordinaire de France en ce
pals, qui y étoit venu faire un voiage (a ce qu'il disoit) pour
ses affaires particulières. Dans une conversation qu'ils eurent
ensemble dans une maison particulière, et en présence d'une
personne de qui je le tiens immédiatement , de Groot lui dit :
qu'aiant été nommé à l'ambassade de France , et n'étant pas
encor déterminé dans la confusion ou il voioit les affaires
s'il l'accepteroit , ou non , it seroit bien aise de prendre avis
et conseil de lui, comme d'un de ses plus anciens smis, dans
une conjoncture si délicate. D'Estrades n'hésita pas à lui re-
pondre , et lui dit qu'il n'étoit point capable de le conseiller;
fut le bien venu , et quemais qu'il ne doutoit point qu'il n'y
l'on ne fit à sa personne toutes les civilitéz qu'il pourroit de'-
sirer, tant á cause de son mérite personnel , qu'à cause de
l'estime et du souvenir que l'on avoit encor pour le nom et
pour la mémoire de son père. Mais que les esprits étoient
tellement aigris qu'il falloit du tems pour les radoucir, et qu'il
ne voioit point d'aparence que sa négociation put réussir si
l'on ne changeoit ici de conduite et d'intétêts. Que le prince
de Condé et le maréchal de Turenne conseilloient la guerre, et
qu'ils n'avoient pas beaucoup de peine à la persuader à un jeune
roi a qui la fortune rioit, qui se plaisoit à faire parler de lui,
et qui cherchoit toute sa réputation dans la gloire de ses ar-
mes. Que le marquis de Louvois-Tellier, qui avoit le dépar-
tement de la guerre , et l'oreille du maitre , y trouvoit son
compte, par ce que le voiant engagé dans des affaires de cette
nature clont it avoit la principale direction , il le possédoit
presque seal , et renduit les autres ministres inutiles. Que
Colbert mêrne ne seroit pas marri de faire noïer dans la con-
les hautes espérances qu'il avoit donnéezfusion de la guerre

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