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CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES DÉCEMBRE 1998 Les métiers de l'électronique FLORENCE PIAUD OBSERVATOIRE DES MÉTIERS Les cahiers de l'observatoire des métiers

  • électroniciens

  • développement de l'électronique programmable

  • réalisation de la maintenance matériel du parc informatique

  • exigence des orientations de la recherche

  • application de l'électronique

  • maîtrise en laboratoire de l'élaboration


Publié le : mardi 1 décembre 1998
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DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES DÉCEMBRE 1998
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Les métiers de lélectronique
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
FLORENCE PIAUD OBSERVATOIRE DES MÉTIERS
SOMMAIRE
LES ÉVOLUTIONS DES MÉTIERS DES ITA EN ÉLECTRONIQUE AU CNRS ............. 2
P ARTIE I. L ES IMPACTS DES ÉVOLUTIONS TECHNOLOGIQUES EN ÉLECTRONIQUE SUR LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES DE L ENSEMBLE DES ÉLECTRONICIENS ................................................ 2 A) Des transformations technologiques modifient les pratiques professionnelles de l’ensemble des électroniciens du CNRS ............................................................. 2 B) Des pratiques amenées à évoluer sous l’exigence des orientations de la recherche. ....................................................................................................... 3 C) L’électronique, un champ d’intervention distinct de celui de l’informatique.......... 4
P ARTIE II. L ES FICHES D EMPLOIS TYPES RECOUVRENT DES SITUATIONS ET DES MODALITÉS NON UNIFORMES D APPLICATION DE L ÉLECTRONIQUE AU CNRS ............................................... 4 A) L’environnement d’application de « l’électronique conceptuelle »....................... 5 B) L’environnement d’exercice de « l’électronique d’application »........................... 6
C ONCLUSION ......................................................................................................... 6
GLOSSAIRE …………………………………………………………………………………..8
Les cahiers de l’observatoire des métiers « Les métiers de l’électronique »   Florence Piaud Décembre 1998
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L es évolutions des métiers des ITA en électronique au CNRS
Les nouvelles fiches d’emplois types de 1998 sont le fruit d’un travail de concertation entre des spécialistes 1 ,  des participants à des groupes de travail et l’observatoire des métiers, elles sont la photographie des conditions d’exercice de l’électronique au CNRS. Les fiches d’emplois-types, dans leur ultime version, cristallisent dans leur rédaction, les évolutions des pratiques professionnelles des électroniciens dans l’intervalle de rédaction séparant les deux référentiels (1982 et 1998). Cependant, ces fiches en tant que photographies actuelles n’explicitent pas les modifications technologiques survenues et dont dépendent, désormais, le développement et la nature de l’activité des électroniciens au CNRS. L’exploitation de ces informations, recueillies au cours des groupes de travail métier et lors des réunions de synthèse des spécialistes, permet de constituer une grille de lecture concomitante et complémentaire aux nouvelles fiches .
                                                                1 Les « spécialistes », professionnels des métiers de l’électronique associés à la démarche de révision des Fiches d'emplois types initiée par l’observatoire des métiers, ont été , principalement, recrutés au sein du réseau professionnel « groupe IAO » Pour plus de renseignements sur ce réseau, il est possible de consulter le site web suivant. : iao.obspm.fr ou de contacter R. Briot (Roger.Briot@CNRS-DIR.fr) ou R.Bellenger (Remy.Bellenger@obspm.fr). Ce réseau s’est constitué à partir d’une action d’évaluation nationale, initiée par la cellule des ressources technologiques, afin de recenser les besoins de formation des laboratoires dans le domaine des nouvelles technologies d’IAO/CAO électronique. Les cahiers de l’observatoire des métiers « Les métiers de l’électronique » Florence Piaud Décembre 1998
Les transformations survenues et les pratiques professionnelles afférentes peuvent être présentées en deux temps : - Premièrement, les évolutions technologiques, caractérisées par l’émergence de nouveaux modes opératoires bouleversent les pratiques et impliquent d’autres savoir-faire (Partie I) - Deuxièmement, l’existence des situations et des modalités non uniformes
d’application de l’électronique au CNRS attestent d’une diversité des activités nécessitant une mobilisation différenciée des compétences (Partie II)
Partie I. Les impacts des évolutions technologiques en électronique sur les pratiques professionnelles de l’ensemble des électroniciens Des transformations technologiques se sont produites ces dernières années, ayant des conséquences sur l’ensemble de la population des électroniciens. Les développements et les nouvelles orientations en cours correspondent aux objectifs visés par le champ de la recherche qui contribue à son tour à renforcer et à définir les compétences professionnelles nécessaires à l’exercice du métier. Si la tendance a pendant longtemps été à la confusion entre l’informatique et l’électronique - les électroniciens étant les plus pressentis pour faire face aux besoins dans le domaine de l’informatique - de nouvelles pratiques professionnelles propres à chacun de ces métiers ont émergé ces dernières années. A) Des transformations technologiques modifient les pratiques professionnelles de l’ensemble des électroniciens du CNRS La première caractéristique de l’évolution de l’électronique au cours de cette décennie est double. Elle concerne à la fois la fabrication d’équipements électroniques à l’aide de circuits intégrés et la transformation des méthodes de réalisation des composants. La fabrication d’équipements électroniques est transformé par le développement des circuits intégrés capables d’effectuer, chacun, un nombre de plus en plus grand de fonctions. Cette première amélioration de la capacité a pour 2
conséquence de réduire la taille des ensembles électroniques produits et d’accroître la performance de réalisation d’un ensemble par l’offre de fonctions supplémentaires. Parallèlement à cette capacité fonctionnelle accrue des circuits intégrés, leurs modes d’assemblages se sont modifiés. Le montage manuel se raréfie au profit d’une réalisation à l’aide d’outillages automatiques, les robots, pilotés par des logiciels. Les outils développés sont nombreux et servent tant à la saisie graphique, qu’à la conception et à la synthèse de circuits dits FPGA (Nom générique pour toute logique programmable par l’utilisateur, et reprogrammable éventuellement), mais aussi au placement -routage de cartes. Des logiciels de simulations numériques et analogiques se développent conduisant à une maîtrise en laboratoire de l’élaboration d’une instrumentation spécifique. La seconde caractéristique du domaine de l’électronique est l’intensification de l’industrialisation de la production de composants qui épargne au laboratoire la conception des plus communs pour se tourner vers un marché externe sur lequel ils peuvent les acquérir. Il s’agit désormais davantage d’exercer une veille technologique pour repérer les produits nouveaux, et de savoir effectuer des comparaisons critiques. La troisième caractéristique de l’évolution de l’électronique est le développement au niveau numérique de l’électronique programmable au lieu et place de l’électronique utilisant les composants discrets (composants n’accomplissant qu’une seule fonction). En effet, la substitution de composants intégrés (composants accomplissant de multiples fonctions tels les FPGA) aux composants discrets permet d’améliorer la qualité de traitement de l’information en minimisant les distorsions du signal. Le développement de l’électronique programmable a contribué à faciliter le développement de tests automatiques. Il s’est produit au cours de cette période une généralisation des tests automatiques par des machines utilisant des calculateurs permettant de réitérer des séquences de tests. La standardisation des composants et leur plus grande complexité nécessite de procéder à un plus grand nombre Les cahiers de l’observatoire des métiers « Les métiers de l’électronique » Florence Piaud Décembre 1998
de mesures tests qui nécessite des « bancs de mesures » automatiques ou semi-automatiques et rapides. Au travers de ces évolutions technologiques, brossées à grands traits, on mesure la transformation des pratiques professionnelles signifiée, le plus caricaturalement, par la redéfinition du rapport matériel au composant. Le savoir-faire tactile se soustrait de la pratique au profit de réalisations conçues et effectuées par l’intermédiaire et à l’aide de l’outil informatique. Les évolutions professionnelles des électroniciens au CNRS s’inscrivent également dans le cadre des exigences de la recherche qui orientent et définissent les compétences à acquérir par les électroniciens afin qu’ils puissent satisfaire avec la plus grande efficience technique la demande des chercheurs. B) Des pratiques amenées à évoluer sous l’exigence des orientations de la recherche. Le rapport de la section 8 2  du Comité national mentionne l’importance des travaux de recherche engagés sur « les semis conducteurs et plus particulièrement sur la miniaturisation des composants micro-électroniques et son impact sur les circuits, les structures à base de semi-conducteurs composés et leur application à l’électronique et à l’optoélectronique ». Les composants électroniques à semi-conducteur constituent les éléments actifs des circuits intégrés et sont à l’origine de toutes les avancées technologiques. Ces nouvelles technologies vont vers la conception de circuits spécifiques à une application (ASIC). Par ailleurs, l’enjeu de la miniaturisation perd de sa force au profit d’une avancée importante dans le domaine de l’architecture des circuits intégrés permettant d’accroître l’efficience du traitement de l’information. Les avancées dans le domaine de la recherche en électronique n’innervent pas le monde des électroniciens de manière homogène. En fonction de la problématique du laboratoire dans lequel intervient                                                                 2  Nous nous référons pour cette partie au rapport de conjoncture du Comité Nationale de la recherche scientifique de 1996 et plus particulièrement aux informations contenues dans le rapport de la section 8 du Comité National. 3
l’électronicien, les exigences en matière de compétences et de mises à jour de celles-ci ne répondront pas aux mêmes impératifs. C) L’électronique, un champ d’intervention distinct de celui de l’informatique Si le groupe professionnel des électroniciens est désormais bien identifié dans ses champs d’intervention et par ses métiers, il a existé pendant longtemps une confusion avec un domaine de proximité : linformatique. Cette confusion provenait à la fois de : -la diffusion de l’informatique dans les laboratoires ; - d’un recours à des composants identiques bien que leur utilisation en soit différente. - La diffusion de l’informatique dans de nombreux laboratoires s’est accompagné d’un besoin de maintenance du parc. Les électroniciens ont été alors désignés pour accomplir à la fois la réalisation de la maintenance matériel du parc informatique (dans laquelle ils étaient plus susceptibles d’être compétents), et la maintenance logiciel du parc ( champ d’intervention spécifique aux informaticiens). Or, l’activité de maintenance nécessite des compétences que les électroniciens ne possèdent pas systématiquement. L’intervention sur les ordinateur demeure spécifique même si l’ordinateur est composé de dispositifs électroniques. Ainsi, de la même manière qu’un électronicien ne peut être capable d’intervenir sur l’ensemble des dispositifs électroniques existants, l’activité de maintenance du parc informatique requiert des savoir-faire particuliers. Par ailleurs, on constate une transformation de l’activité des électroniciens. L’intervention des électroniciens sur les dispositifs électroniques ne consistent plus à détecter la panne sur une carte et de la réparer mais d’opérer son simple remplacement. Le rapport des électroniciens à la conception et à l’intervention possible sur la carte se trouve ainsi modifié du fait de la production en série de cartes standards sur le marché par des entreprises de pointe. En même temps qu’une partie des électroniciens « migrait » vers l’informatique, le travail de l’électronicien était modifié d’une action d’intervention et de réparation à une activité de détection de la panne et
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« d’échange standard » de la pièce défectueuse. - La seconde confusion (recours à des composants identiques mais utilisation différente) s’est estompée plus rapidement. La distinction informatique/électronique s’est faite peu à peu au début des années 80 et résulte d’une utilisation différenciée des microprocesseurs par ces deux communautés. Les informaticiens conçoivent à l’époque le microprocesseur comme le moyen de réduire le volume de leur unité de traitement tandis que les électroniciens voient, dans ce matériel, une possibilité de combiner à une réduction de volume de leur électronique une augmentation de capacité. De plus, ce composant sera de plus en plus utilisé par les électroniciens comme élément d’élaboration des interfaces entre le matériel et le logiciel utilisé. Les finalités d’application divergeant sur ce matériel, les formations à l’utilisation et au développement des microprocesseurs seront scindées et leur contenu différera en fonction des destinataires. L’ensemble des transformations technologiques n’affectera pas de manière uniforme les pratiques professionnelles des électroniciens. En fonction de leur rattachement à différents laboratoires, la pratique de l’électronique et le niveau de compétences requis vont se différencier.
Partie II. Les fiches d’emplois types recouvrent des situations et des modalités non uniformes d’application de l’électronique au CNRS Les conditions d’exercice de l’électronique au CNRS ne sont pas uniformes. Deux situations-types significatives permettent de rendre compte des différentes conditions d’exercices de l’électronique impliquant pour chacune des situations, l’accomplissement d’activités et la détention de compétences distinctes. Cet état de fait est signifié dans la reconfiguration de la cartographie de l’électronique de 1991 dont les principaux changements, sont les suivants : - dédoublement de l’emploi type sur le niveau d’ingénieur d’étude,
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- une fusion des emplois types pour trois niveaux de corps (AJT/ T/AI)et leur agrégation en un seul par niveau de corps. Deux environnements conditionnent la nature des activités et des compétences à mettre en œuvre en électronique. On constate d’une part la prégnance dans certains laboratoires de « l’électronique conceptuelle » et d’autre part, dans d’autres unités de recherche de la prédominance de « l électronique d’application ». A) L’environnement d’application de « l’électronique conceptuelle »  Cet environnement recouvre les situations dans lesquelles l’électronicien intervient soit autour d’un gros équipement spécifique pour la recherche scientifique, soit dans une activité de type projet.. Il peut s’agir de travailler soit au développement, à l’entretien et au maintien de performances d’un instrument compte tenu des évolutions du domaine, soit de participer à la construction d’un instrument dont la commande est extérieure au laboratoire. Dans l’un comme dans l’autre cas, l’objectif est de concevoir de nouveaux dispositifs électroniques à partir de spécifications fonctionnelles. Ces deux types d’interventions font davantage appel à « l’électronique conceptuelle » dans la mesure où les instruments à concevoir ou à développer sont inscrits dans de grands projets scientifiques dans lesquels il est demandé un fort niveau de performance. Il s’agit de pouvoir intervenir dans les mêmes domaines que l’électronique industrielle de pointe ; voire en amont de celle-ci en proposant des adaptations ou des extensions des performances qu’elle réalise. Les électroniciens intervenant sur ces projets ressentent l’impératif de maîtriser à la fois les plus récents outils mais également de pouvoir appliquer les procédures de gestion de projet conformément à ce qui se pratique dans l’industrie afin de pouvoir réaliser des coopérations avec celle-ci.. Le réseau des électroniciens (Groupe IAO) correspond à une organisation dont la finalité est le maintien à niveau des compétences relativement aux évolutions du domaine. A cette fin, le réseau pourvoit essentiellement aux besoins en formation et en information des agents oeuvrant dans un environnement d’application de « l’électronique conceptuelle ». Les cahiers de l’observatoire des métiers « Les métiers de l’électronique » Florence Piaud Décembre 1998
On constate la mise en place de nombreux stages en vue de répondre aux différents besoins des laboratoires pour maîtriser les nouvelles technologies électroniques (nouveaux matériaux et pratique de logiciels à diffuser à l’ensemble des électroniciens). On recense ainsi plusieurs actions dont l’organisation est impulsée voire assurée par le réseau des électroniciens faisant preuve d’une volonté marquée de les rendre accessibles au plus grand nombre possible. Les formations repérées sont en correspondance avec les compétences retenues dans les fiches d’emplois types. On trouve ainsi des formations ayant trait aux langages et outils de modélisation (Summit), de conception (VHDL,Verilog), aux composants programmables (FPGA, micro contrôleur, DSP) et aux circuits intégrés programmables. L’ensemble de ces formations recouvrant les spécificités de l’électronique numérique, analogique ou mixte. Par ailleurs, des formations particulières ont pu avoir lieu concernant les projets hors sol ayant pour objectif de développer les compétences requises inhérentes aux procédures de gestion de projet et méthodologie de développement de projet dans le cadre d’écoles thématiques 3 L’ensemble des stages organisés recrute la plupart des participants dans le vivier des électroniciens du réseau IAO, les organisateurs de ces stages regrettent que l’information ne soit pas diffusée plus largement dans la communauté professionnelle par d’autres canaux que celui du réseau. En effet, les propos entendus dans les groupes de travail au sujet des besoins en formation exprimaient souvent l’idée selon laquelle les offres de formation reçues n’étaient pas ciblées en amont et que la réception d’une multitude d’informations conduisait à ne pas repérer la session de formation pertinente. « L’électronique conceptuelle » ne recouvre l’activité que d’une minorité des laboratoires du CNRS. Plus généralement, on est confronté à des électroniciens faisant de « l’électronique d’application ».                                                                 3 Nous faisons référence aux deux sessions de l’école thématique du CNRS de 1994 et 1995, sous la direction de Françoise Perrier et Guy Serra, co-organisée par Remy Bellenger, sur les thèmes de « la conduite de grands projets en science de l’univers » et du « management des projets scientifiques »  5
B) L’environnement d’exercice de « l’électronique d’application » Cette situation, la plus courante au CNRS, est caractérisée par l’intervention de l’électronicien autour d’un équipement de laboratoire. Dans ce cadre, l’électronicien travaille en collaboration étroite avec le chercheur dans un processus alliant simultanément conception et adaptation d’un équipement au gré du déroulement de l’expérimentation. Le développement de l’instrument n’est jamais totalement circonscrit. Soumis aux impératifs de l’expérience, il nécessite de la part de l’électronicien une forte réactivité, excluant parfois une investigation approfondie, au profit de l’apport de solutions immédiates et les plus adaptées aux contraintes de performances exigées. Cependant, ces interventions s’inscrivent davantage dans la mise en œuvre de technologies éprouvées que de techniques de pointe pour réaliser les manipulations ou les expériences demandées. La position de l’électronicien est souvent celle d’un individu isolé dans son laboratoire qui a peu l’occasion de lier des contacts avec d’autres électroniciens. Le maintien du niveau de compétences et des besoins en formation de cette population est à prendre en compte avec attention dans la mesure où il est courant que l’achat de matériel électronique ou l’envoi en formation ne soit pas une pratique du laboratoire. A terme, cette situation conduit l’électronicien à perdre rapidement ses repères face à l’évolution des outils et méthodes développés en électronique. Les agents faisant de « l’électronique d’application » sont les plus confrontés avec l’insertion de la maintenance du parc informatique du laboratoire dans leur activité d’électronicien. La distance à leur métier est donc complétée par cette activité « attribuée » dans laquelle il n’existe plus d’intervention directe sur la carte. La maintenance de premier niveau caractérisée par la substitution d’une carte en état à une carte défaillante contribue encore à éloigner l’électronicien du cœur de son métier. L’électronique d’application qui concerne en grande partie la population des niveaux de corps (AI/T/AJT) a été modifiée de surcroît par le développement de l’électronique de masse ayant pour conséquence la Les cahiers de l’observatoire des métiers « Les métiers de l’électronique » Florence Piaud Décembre 1998
disparition des activités de routage de carte, de câblages. Il s’agit pour cette population de veiller alors à ce que l’activité en électronique qu’elle accomplit soit suffisante pour garantir la conservation de leur compétence et leur permettre d’envisager une évolution de carrière.
Conclusion On peut observer deux populations d’électroniciens au CNRS. La première met en œuvre « l’électronique conceptuelle ». Elle nécessite l’organisation d’une veille métier centrée sur les évolutions de l’électronique et la mise en œuvre de dispositifs de formation permettant d’accéder à la maîtrise des avancées technologiques. Cette population est déjà organisée en réseau. Celui-ci a besoin d’être pérennisé dans ses actions. A son initiative, une réflexion a déjà été engagée sur les compétences constitutives des métiers spécifiques à l’environnement de « l’électronique conceptuelle ». Le maintien des performances de ce groupe est du à l’exercice de leur activité professionnelle dans un contexte qui le confronte sans cesse à du matériel de pointe dont l’utilisation nécessite une mise à jour constante des connaissances et des savoir-faire. Cette population travaille très souvent en interaction avec différents laboratoires (coopération CNRS ou internationales) et/ou en fonction de demande d’industrielles. Ce contexte accroît l’importance accordée à la méthodologie utilisée et permet de mieux distinguer le niveau d’intervention de chacun dans le process. La seconde population, la plus nombreuse est celle qui met en œuvre « l’électronique d’application ». Elle est caractérisée principalement par l’isolement des électroniciens dans les laboratoires et une absence d’échange dans un réseau professionnel. L’électronique mise en œuvre est davantage une électronique « éprouvée » qu’une électronique « de pointe » en raison le plus souvent d’équipements électroniques « traditionnels et restreints » des laboratoires. Pour cette population, la veille métier a effectuer est différente de la première. Il s’agit 6
d’une part de tenter dans un premier temps de la fédérer afin qu’il puisse y avoir, éventuellement, une mise en commun de compétences et de moyens entre les laboratoires à partir d’action à l’initiative des électroniciens. Il est nécessaire également que cette population ait accès à des informations sur les avancées de l’électronique. Au delà de l’utilisation, il s’agit de maintenir cette population au faîte des nouveaux produits et des nouvelles techniques. D’autre part, cette population nécessite davantage un suivi individuel en raison de l’isolement de chacun dans les laboratoires. Il s’agit de veiller à ce que l’électronicien ne devienne pas celui qui intervient dans un champ de plus en plus large perdant au fur et à mesure les compétences acquises lors de sa formation initiale. Enfin, l’ensemble de la population des électroniciens reste une population sensible quant au maintien de son niveau de compétences tant les avancées dans le domaine de l’électronique sont rapides et nécessitent d’autres modes d’appréhensions des problèmes à résoudre (exemple de l’électronique numérique et de l’électronique analogique).
Les cahiers de l’observatoire des métiers Les métiers de l’électronique » « Florence Piaud
Décembre 1998
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G L O S S A I R E D E L ’ E L E C T R O N I Q U E E T D E L ’ E L E C T R O T E C H N I Q U E
¨  Electronique - électrotechnique:  Lélectronique  peut être définie comme une partie de la physique qui étudie, utilise et met en œuvre les variations des grandeurs électriques pour capter, transmettre et exploiter de l’information. L’électronique recouvre tout ce qui concerne « les faibles puissances »  dénommées également « courants faibles ».  Lélectrotechnique  consiste en l’application des lois de la physique à la production, au traitement et à l’utilisation de l’énergie électrique. L’électrotechnique se rapporte aux fortes puissances ou « courants forts ». Elle comprend tout ce qui concerne les lignes à hautes tension, la traction électrique, les transformateurs… L’électrotechnique regroupe trois technologies : l’électronique de puissance, l’électronique traditionnelle et l’informatique industrielle. ¨  Analyse fonctionnelle :  Lanalyse fonctionnelle est une méthode permettant d’organiser le traitement d’un besoin scientifique exprimé (demande de création ou d’amélioration d’un produit, d’un processus ou d’un service). Elle doit aboutir à l’identification précise du besoin scientifique par une démarche interactive de définition du besoin entre l’utilisateur et le fournisseur (objectif, limites, contours de ce qui est recherché). L’identification explicite et rigoureuse du besoin de l’utilisateur permet au fournisseur de le traduire en fonctions à remplir par le produit qui sera crée ou développé en réponse.  Ces fonctions, exprimant le besoin de l’utilisateur, sont recensées, hiérarchisées et prennent en compte les contraintes environnementales dans lesquelles elles sexerceront. Les cahiers de l’observatoire des métiers « Les métiers de l’électronique » Florence Piaud Décembre 1998
Raisonner en termes de fonction permet de ne pas limiter le champs des possibles à celui des éléments et des systèmes existants et donc de permettre l’innovation.  Lanalyse fonctionnelle est mise en œuvre à l’étape d’ébauche du projet scientifique mais également au fur et à mesure de son déroulement pour «contribuer à partir de l’énonciation des fonctions à l’élaboration de « produits » qui contribuent chacun à la réalisation du projet.  Cette démarche permet de surcroît de garder la mémoire, tout au long du projet, des options fonctionnelles choisies et à terme d’élaborer une critique.  Lanalyse fonctionnelle est conclue par l’élaboration du cahier des charges fonctionnelles qui contient « la liste » des fonctions que doit contenir le produit à fournir. Les solutions de mises en œuvre de ces fonctions seront contenues dans les spécifications techniques toujours conformes au cahier des charges fonctionnelles. ¨  Système d’acquisition de données en temps réel :  Un système dacquisition de données en temps réel est un dispositif composé de différents éléments ayant pour finalité l’obtention de mesure. Ce système peut être interface avec un système de traitement informatique des données La notion de « temps réel » est une corrélation entre les caractéristiques temporelles du système d’acquisition de mesure et les contraintes du système à mesurer. ¨  Capteurs et actionneurs :  Un capteur est un dispositif de perception utilisé pour détecter toutes sortes de phénomènes physiques : déplacement, vitesse, accélérations, pressions, contraintes, vibrations, magnétismes. Les capteurs sont intégrés à un système, qui à partir du signal émis par le capteur, réagit aux phénomènes mesurés en mettant en œuvre un processus de « réponse à la situation » par l’intermédiaire d’actionneurs . ¨  Procédure  de  validation  des  performances  :  Les performances sont des niveaux de capacité que doit satisfaire le produit, système ou service fourni conformément au résultat recherché dans un projet. 8
 La procédure de validation de performances est une méthode ayant pour objectif de permettre tout au long de la phase d’accomplissement du projet d’opérer une vérification de la conformité des capacités et du fonctionnement des produits ou services fournis. Cette procédure suppose qu’il soit établi un lien entre le besoin scientifique exprimé et les modalités de vérification des performances définies lorsque le projet est spécifié. ¨  Distinction électronique a n a l o g i q u e / é l e c t r o n i q u e n u m é r i q u e :  Les techniques analogiques sont fondées sur le traitement de l’émission de signaux continus ou non échantillonnés. L’électronique analogique applique les grandes fonctions de d’amplification, de modulation, de redressement pour traiter et capter l’information. Le signal analogique traverse un certain nombre d’éléments de chaînes avant d’arriver à un indicateur. Cette transmission n’étant parfaite qu’à titre exceptionnel, le signal subit une distorsion.  Les techniques numériques transforment le signal analogique en signal numérique afin de minimiser les déformations du signal lié aux composants. Les techniques numériques sont fondées sur le traitement de signaux échantillonnés ou discrets. Le courant reçu est coupé en paliers et une combinaison numérique est attribuée à chaque résultat. La finesse de la numérisation (quantité d’échantillons pour un temps donné) détermine alors la qualité de l’information numérisée.  Le terme numérique est équivalent au terme logique. ¨  Interface et interfaçage :  Une interface : Dispositif (matériel et logiciel) qui assure la jonction entre deux éléments d’un système (ex : le câble qui relie l’écran au disque dur est un interface). L’interface est un mécanisme qui permet la transmission d’information.  Un interfaçage : Mise en œuvre des liaisons et connexions de plusieurs systèmes au moyen d’interfaces.( ex : l’interfaçage au micro ordinateur des circuits logiques, des mémoires...) ¨  Normes et techniques d’interconnexion, interconnexions normalisées : Les cahiers de l’observatoire des métiers « Les métiers de l’électronique » Florence Piaud Décembre 1998
 Procédés réglant les modalités de fonctionnement de différents objets assemblés. Il existe pour chacun des objets des standards de connexion à respecter pour une utilisation conforme. Les interconnexions normalisées  sont des référentiels d’instructions établis pour assurer la jonction d’éléments de provenances différentes. ¨  Routage de carte électronique :  Le routage dune carte électronique consiste d’une part à réaliser le placement des composants sur une carte et d’autre part à faire l’implantation des pistes métalliques de liaisons entre les composants en fonction du schéma électronique. ¨  Composant :  Terme générique employé pour désigner l’ensemble des éléments intervenant dans l’élaboration d’un système. Un composant peut être aussi bien la carte mère d’un ordinateur qu’un petit élément comme une résistance, un tube électronique... Chaque type de composants se différencie des autres par un niveau différent d’intégration de fonctionnalités. ¨  Circuit intégré :  Composant intégrant un ensemble de fonctions pouvant atteindre une grande complexité ¨  Micro processeurs:  Un circuit intégré complexe contient une unité centrale de traitement arithmétique et logique et des sous-ensembles logiques d’accès aux instructions et aux données codées par l’utilisateur. Le microprocesseur doit être intégré lui même dans une carte électronique comprenant les composants nécessaires à son fonctionnement et à son interfacage. ¨  Micro contrôleurs :  Circuit intégré complexe, contenant une unité centrale de traitement arithmétique et logique ainsi que l’ensemble des sous-systèmes nécessaires à son fonctionnement. Le micro contrôleur ne nécessite que très peu de composants externes. Il est toujours dédié à des applications d’acquisition de données ou de contrôle de process. ¨  Circuit intégré spécifique (ASIC) 9
Acronym e s FPGA
FPLS ADSP DSP ASIC CCD CI DAC ou CDA
 Circuit intégré dont les fonctions sont définies par l‘utilisateur. Il utilise en général des bibliothèques standards de fonctions élémentaires propres à chaque fabricant , ou fondeur de composants. ¨  Exemples de composants : Signification Explication Field Nom générique pour toute Programmable logique programmable par Gate Array l’utilisateur, et reprogrammable éventuellement, logique combinatoire et séquentielle Field Composant de première programmable génération de logique Logique séquentielle Sequencer Analogique Digital Composant de traitement Signal Processing digitaux de signaux analogiques Digital Signal Processeur de signaux Processor digitaux, nom générique Application Specific Circuit spécialisé définie Integrated Circuits par l’utilisateur Charge Coupled Composant pour acquérir Devices des images, utilisé en astronomie et dans les caméscopes Circuit Intégré Digital Analogic Convertisseur d’une Converter, tension en un mot sur 8, 12 Convertisseur 16 ou 24 bits. Analogique Numérique ¨  Noyaux multitâches :  Un noyau multitâche est un élément de code qui peut être soit commercial soit fait par l’utilisateur. Le but de cet élément de code est d’assurer l’ordonnancement des fonctions ou tâches, écrites par le programmeur, afin de garantir une exécution optimum de ce code en fonction des contraintes également définies par le programmeur. Les cahiers de l’observatoire des métiers « Les métiers de l’électronique » Florence Piaud Décembre 1998
¨  L’électronique au CNRS :  Dans une volonté de schématiser les différentes conditions d’exercice du métier d’électronicien au CNRS ainsi que les contextes de mise en œuvre de l’électronique, il s’avère possible d’en rendre compte au travers de trois situations-types.  La première situation est celle caractérisée par l’intervention de l’électronicien autour d’un équipement de laboratoire. Dans ce cadre, l’électronicien travaille en collaboration étroite avec le chercheur dans un processus alliant simultanément conception et l’adaptation d’un équipement au gré du déroulement de l’expérimentation. Le développement de l’instrument n’est jamais totalement circonscrit. Soumis aux impératifs de l’expérience, il nécessite de la part de l’électronicien une forte réactivité, excluant parfois une investigation approfondie, au profit de l’apport de solutions Immédiates et les plus adaptées aux contraintes de performances exigées.  La seconde situation est celle caractérisée par l’intervention de l’électronicien autour d’un gros équipement spécifique pour la recherche scientifique. Dans ce cadre, l’électronicien travaille au développement, à l’entretien et au maintien de performances de cet instrument compte tenu des évolutions du domaine. Ils travaillent d’une part en relation avec les utilisateurs pour développer et adapter l’instrument mais intervient aussi dans son maintien comme concepteur du système  La troisième situation est caractérisée par l’intervention de l’électronicien dans une activité de type projet. Dans ce cadre, il s’agit de participer à la construction d’un instrument dont la commande est extérieure au laboratoire. Le temps de réaction pour sa construction est généralement supérieur à une année et nécessite un travail préalable de traduction de la demande scientifique avant la production de l’instrument. Une fois conçu, cet instrument est livré aux commanditaires dans le respect des contraintes de fonctionnement initialement définies.
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