La traduction

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  • difficultés d'ordre lexical

  • usted avec l'association des pronoms cod

  • difficultés de compréhension particulières

  • emploi des pronoms personnels

  • bastante avec le substantif dans bastantes veces

  • odette

  • substantif coche du genre masculin

  • lettre d'odette au comte de forcheville

  • forcheville con


Publié le : mardi 19 juin 2012
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Source : reunion.iufm.fr
Nombre de pages : 19
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Le texte proposé à la session 2004 était tiré de la première partie intitulée Du côté de chez Swann et publiée en 1913 du roman cyclique de Marcel Proust A la recherche du temps perdu . Le premier volume se compose de trois parties et les candidats devaient traduire un passage de la deuxième Un amour de Swann . Lextrait se situe à un moment où les relations entre Odette et Swann deviennent tendues : elle le congédie un soir, refuse de lui ouvrir sa porte un autre jour, il déchiffre à travers lenveloppe une lettre dOdette au comte de Forcheville et peu de temps après, les Verdurin organisent une partie à laquelle Swann nest pas invité, puis il est exclu de leur salon : cest la disgrâce. La scène qui nous intéresse intervient juste avant ces dernières péripéties et elle illustre parfaitement latmosphère qui règne. Le passage, qui se caractérisait par un certain équilibre entre récit et dialogue, ne présentait pas de difficultés de compréhension particulières. Il ny avait guère que lavant-dernière phrase qui par son étendue et surtout la complexité de sa structure due à lenchaînement de plusieurs subordonnées pouvait poser quelques problèmes. Les candidats devaient procéder à lanalyse logique de la phrase avant de la traduire. Un obstacle supplémentaire à la compréhension de ce passage a révélé le manque de culture de certains candidats : le nom de Combray  ne leur évoquant rien, ils en ont fait un personnage à qui sadressait Françoise ! Proust nétant pas un écrivain mineur, cela aurait dû être connu des candidats. Le lexique était dune relative simplicité : aucun terme vraiment difficile. La plupart des mots appartenaient à la langue courante. Citons à titre dexemples les substantifs voiture, départ, portière, secondes, rendez-vous, colère, besoin, poulet, paysan, malheur ou les verbes monter, attendre, ramener, croire, reconduire, rentrer, demander (  bien des candidats confondent encore pedir  et preguntar ), revenir, laisser, essayer, sourire, permettre, supporter, appartenir, comprendre, obéir, arracher, écraser, partir, savancer, arriver ( confusion des verbes llegar et ocurrir ) . Dautres mots étaient guère moins usuels : se ranger, place, tendre ( la main ), façons, manières, agoniser.   Le texte de Proust se caractérisait par une grande variété de formes verbales avec un emploi remarquable des temps composés. Les erreurs sur la formation de ces derniers en espagnol nont pas été rares, certains candidats utilisant les verbes ser ou estar , ce qui est tout simplement inadmissible à un concours de ce niveau. Si le jury a admis que les candidats ne rendent pas lantériorité avec le passé antérieur comme en français, en revanche il a exigé deux quils le fassent avec le plus-que-parfait. Dune manière générale, tout changement de temps intempestif a été sanctionné. Dautre part, il convenait de respecter la concordance des temps chaque fois quelle simposait et dutiliser les modes à bon escient. Ainsi, dans la dernière phrase du texte, il ne fallait pas employer le subjonctif mais lindicatif puisquil sagissait dune subordonnée interrogative indirecte et non dune conditionnelle, ce que semblent ignorer nombre de candidats. Enfin, les barbarismes verbaux ont fait lobjet de lourdes sanctions et toutes les fautes daccent ont été comptabilisées, avec sévérité quand laccent figurait sur la désinence dun prétérit fort. Si les difficultés dordre lexical étaient peu nombreuses, le passage contenait en revanche beaucoup de structures grammaticales qui permettaient aux candidats de montrer leurs compétences en la matière et aux examinateurs de départager ces derniers. Parmi les principales difficultés, citons : -lemploi récurrent de la préposition a  devant le complément dobjet direct représentant une personne, -lutilisation des prépositions a  et  en selon quil y a mouvement ou pas ( fréquentes confusions telles que subir en ou a Combray ) , -le choix entre ser et estar, en particulier lorsquils sont suivis dun participe passé, les candidats ne percevant pas toujours la distinction entre déroulement et résultat de laction, -lemploi des pronoms personnels compléments de la troisième personne, notamment quand ils se réfèrent à usted avec lassociation des pronoms COD et COI ( nombreuses erreurs dans la traduction de vous l, la lui )
         -les différentes modalités de l’accord des pronoms possessifs  la leur  et la sienne  et démonstratif celle de qui devaient être traduits respectivement par el suyo et el de puisqu’ils remplacent tous les trois le substantif coche  du genre masculin ainsi que de l’adjectif indéfini bastante  avec le substantif dans bastantes veces ,  -la traduction du relatif dont qui a posé problème à bien des candidats qui n’ont pas vu le rapport de possession qui unit les deux substantifs ainsi que celle de la conjonction de subordination que  qui remplace ici une autre conjonction quand deux subordonnées sont coordonnées et qui ne doit pas se traduire en espagnol, usage ignoré de l’immense majorité des candidats. Autre difficulté : les expressions introduisant les répliques des personnages, davantage de l’ordre de la langue parlée et souvent malaisées à rendre en espagnol. Les candidats devaient respecter le ton des propos de cette bourgeoise qu’est Madame Verdurin, qui, en dépit de l’indignation que suscite en elle l’attitude de Swann, ne se laisse jamais aller à la familiarité, encore moins à la vulgarité. Elle parle avec une certaine affectation empreinte de snobisme et il ne fallait surtout pas lui prêter des paroles que son statut de femme du monde lui interdisait de prononcer. Ultime remarque : vu l’importance du dialogue, il convenait de respecter la disposition typographique du passage, les points de suspension ainsi que les différents signes de ponctuation propres à la langue espagnole.
TRADUCTION PROPOSEE
 Los señores Verdurin hicieron subir a Forcheville con ellos, el coche de Swann se había colocado detrás del suyo cuya salida estaba esperando para decirle a Odette que subiera al suyo. - Odette, nosotros la llevamos, dijo la señora de Verdurin, nos queda un poco de sitio para Ud al lado del señor de Forcheville. - Sí, señora, contestó Odette.  - Cómo, pero creía que yo la acompañaba a Ud, exclamó Swann, diciendo sin disimulo las palabras necesarias, pues la portezuela estaba abierta, los segundos estaban contados, y no podía regresar sin ella en el estado en que se hallaba.  - Pero la señora de Verdurin me ha pedido…  - A ver, Ud bien puede volver solo, se la hemos dejado bastantes veces, dijo la señora de Verdurin.  - Pero es que yo tenía una cosa importante que decirle a la señora.  - ¡ Pues bien , se la escribirá!...  - Adiós, le dijo Odette dándole la mano.
 Intentó sonreír, pero parecía aterrado.  - ¿ Has visto los modales que gasta ahora Swann con nosotros ? le dijo la señora de Verdurin a su marido cuando hubieron vuelto. Creí que me iba a comer porque llevábamos a Odette. De verdad, ¡menuda indecencia! ¡ Pues que diga de una vez por todas que llevamos una casa de citas ! No entiendo cómo Odette aguanta tales modos. Parece realmente que está diciendo : Ud me pertenece. Le diré a Odette lo que pienso, espero que comprenda.  Y además añadió, al cabo de un rato, furiosa :  - Pero, ¡ habráse visto qué mala bestia ! empleando sin darse cuenta, y obedeciendo tal vez a la misma necesidad oscura de justificarse – igual que Françoise en Combray cuando el pollo se resistía a morir – las palabras que los últimos sobresaltos de un animal inofensivo que agoniza le arrancan al campesino que lo está aplastando.  Y cuando hubo salido el coche de la señora de Verdurin y avanzó el de Swann, su cochero, al mirarle, le preguntó si estaba enfermo o si había ocurrido alguna desgracia.
COMMENTAIRE DE LA TRADUCTION
M. et M me Verdurin firent monter avec eux Forcheville, Los señores Verdurin hicieron subir a Forcheville con ellos, Notons tout d’abord qu’en espagnol le substantif masculin pluriel sert à désigner dans certains cas un couple.Le jury a accepté également El señor y la señora Verdurin ainsi que les formes abrégées correspondantes El Sr. y la Sra. , à condition toutefois de respecter l’emploi des minuscules et des majuscules respectivement. Ont été sanctionnées l’omission de l’article défini devant les substantifs señor  et señora , l’utilisation de don  et doña  qui, rappelons-le, ne peuvent précéder qu’un prénom et l’absence de traduction de M. et de M me . Si le jury a accepté les verbes pedir,mandar  ou decir  quand ils étaient suivis de la conjonction de subordination que  et du verbe subir  à l’imparfait du subjonctif (concordance des temps oblige), il n’a pas admis en revanche la construction avec l’infinitif. Les barbarismes verbaux ont été lourdement sanc-tionnés. Pour traduire le pronom personnel, il n’était pas possible d’utiliser la forme réfléchie consigo , puisque le sujet du verbe monter et le pronom complément eux ne renvoient pas à la même personne. L’omission de la préposition a devant le complément d’objet direct représentant une personne est consi-dérée, faut-il le rappeler, comme une des erreurs les plus graves. la voiture de Swann sétait rangée derrière la leur el coche de Swann se había colocado detrás del suyo
Outre coche (“ Carruaje.Vehículo para viajeros; especialmente, el tirado por caballerías “, selon la défi-nition de María Moliner), on pouvait penser à carruaje . Carro,vehículo,carroza  ne convenaient pas, carreta était un contresens. D’autres formes verbales ont été admises telles que se había puesto, (se) había aparcado, mais pas se había estacionado , jugée sans doute trop moderne. Le verbe estar suivi du participe passé indiquait non pas l’action elle-même, mais le résultat de cette dernière. Il ne fallait pas oublier que la préposition detrás se construit avec de . La variante detrás del de ellos a été acceptée. De trop nombreux candidats ont mal traduit le pronom possessif : il convenait d’employer la forme mas-culine el suyo qui s’accorde avec el coche . A cet égard, toutes les incohérences ont été sanctionnées.
dont il attendait le départ cuya salida estaba esperando
La traduction du pronom relatif constituait la principale difficulté de ce segment. Il fallait absolument utiliser la forme cuyo puisque le pronom possessif qui remplace un nom et le substantif départ sont liés par un rapport de possession et veiller à l’accord du relatif avec le nom qui suit. On ne pouvait employer ni del que ni del cual , dont n’étant pas complément d’un verbe ni d’un adjectif. Si les substantifs partida et marcha ont été acceptés comme synonymes de salida,  il n’en a pas été de même  pour ida ni pour arranque,  encore moins pour despedida , qui a été considéré comme un contresens. Il était possible de traduire attendre par aguardar.
pour faire monter Odette dans la sienne. para decirle a Odette que subiera al suyo. Même si le jury n’a pas pénalisé les candidats qui ont choisi de rendre le parallélisme de construction, il lui a semblé préférable d’avoir recours à une autre structure plus idiomatique. Dans ce cas, il importait de respecter la concordance des temps, comme nous l’avons vu plus haut. Les deux erreurs les plus fréquentes ont été l’omission de la préposition a devant le complément d’objet direct de personne (après le syntagme verbal hacer subir ) et surtout la construction erronée du verbe subir avec la préposition en au lieu de a comme il se doit après un verbe exprimant un mouvement. Rappelons d’autre part qu’il vaut mieux ne pas traduire les prénoms que d’en traduire certains et pas les autres ou de mal les traduire. - Odette, nous vous ramenons, dit M me Verdurin, - Odette, nosotros la llevamos, dijo la señora de Verdurin,
Au lieu de llevar , il était possible d’employer acompañar , mais pas traer qui ici faisait contresens, tout comme llevamos a casa  sans l’adjectif possessif su , absolument indispensable dans ce cas. Autre contresens : volver a puisqu’il n’y avait pas réitération de l’action. Beaucoup d’erreurs quant à l’utilisation des pronoms personnels : le au lieu de la , seule forme correcte du complément d’objet direct féminin singulier d’un point de vue normatif. Les erreurs concernant le verbe dire , qu’il s’agisse d’un changement de temps ( dice)  ou, plus grave encore, d’un accent écrit sur un prétérit fort (*dijó ), ont été lourdement sanctionnées. Pour M me  Verdurin, le jury a accepté aussi la señora Verdurin et la de Verdurin (pensons à la de Bringas ).
nous avons une petite place pour vous à côté de M. de Forcheville. nos queda un poco de sitio para Ud al lado del señor de Forcheville.
La traduction littérale était tout à fait envisageable ( tenemos ), mais la suite de la phrase a donné lieu à de multiples maladresses. D’abord le choix du substantif ( lugar , asiento , espacio ), ensuite le gallicisme constitué par l’adjectif pequeño antéposé. Le jury a relevé d’autres erreurs plus graves telles que des formes erronées du diminutif (* huequito  au lieu de huequecito que justifie la présence d’une diphtongue) ou encore la traduction de petite place par plazoleta, plazuela ou placita. Plusieurs prépositions ont été acceptées : junto a ainsi que sa variante littéraire junto de et même cabe , forme archaïque d’un usage exclusivement littéraire. Par contre, cerca de était inexact et al costado de impropre. Il fallait garder la particule en espagnol et donc écrire el señor de Forcheville.
- Oui, Madame, répondit Odette. - Sí, señora, contestó Odette.
Variante possible: respondió . En revanche, le jury n’a pas admis la forme abrégée de señora . D’autre part, il a sanctionné l’omission de l’accent grammatical sur l’adverbe sí ..
- Comment, mais je croyais que je vous reconduisais, - Cómo, pero creía que yo la acompañaba a Ud,
Comme dans le cas précédent, l’absence d’accent grammatical sur l’interjection cómo a été sanctionné. En revanche, le jury a accepté deux types de ponctuation, avec ou sans points d’exclamation. Il a admis également l’omission des pronoms personnels sujet et complément dans la mesure où elle ne nuisait pas à la clarté de la phrase. D’autres traductions étaient possibles : si creía que  et la iba a acompañar , mais il importait de choisir deux verbes différents pour rendre reconduire  et ramener . A ce sujet, signalons que conducir n’a pas été accepté, pas plus que reconducir ni volver a conducir qui était tout simplement un contresens. Certaines inexactitudes vamos, vaya, anda, oiga ont été légèrement sanctionnées, oye qui implique aussi un changement de personne l’a été plus lourdement.
sécria Swann, disant sans dissimulation les mots nécessaires, exclamó Swann, diciendo sin disimulo las palabras necesarias,
Le seul verbe possible pour s’écrier  était exclamar  qui ne s’emploie pas à la forme pronominale en espagnol : gritar a été considéré comme un contresens. Les structures mientras decía ou al decir  n’ont pas de sens ici : relisons l’ensemble de la phrase pour nous en convaincre. L’expression sin disimular a été acceptée comme variante, mais pas sin disimulación qui était maladroit ni sin rodeos pour le moins inexact ni sin esconder  incorrect.
car la portière était ouverte, les secondes étaient comptées, pues la portezuela estaba abierta,los segundos estaban contados,
Variantes acceptées pour la conjonction de coordination car : porque, ya que, puesto que. Pour la  portière , on avait le choix entre le diminutif  portezuela, terme spécifique pour la voiture, et la puerta, terme générique. Les contresens portera ou portada ont été lourdement sanctionnés. Autre difficulté lexicale pour bon nombre de candidats : les secondes  traduit par las segundas. L’ignorance d’un mot usuel a surpris le jury qui, par ailleurs, n’a pas admis el tiempo estaba contado, jugé inexact. Mais le principal écueil de ce segment était bien la traduction du verbe être . Ici estar puisqu’il s’agit du résultat d’une action. Il fallait répéter le verbe comme dans la phrase française. Certaines traductions
iban pasando los segundos ou quedaba poco tiempo ont été interprétées comme un refus plus ou moins délibéré d’éluder la difficulté. et il  ne pouvait rentrer sans elle dans létat où il était. y no podía regresar sin ella en el estado en que se hallaba. L’omission de l’accent sur la désinence du verbe poder  a été considérée comme une erreur grave : la conjugaison d’un verbe aussi usuel devrait être parfaitement maîtrisée à ce niveau. On pouvait employer volver au lieu de regresar et se encontraba , voire estaba à la place de se hallaba. De même, le jury a accepté tal como  ou tal y como pour traduire dans l’état où , mais il a considéré comme des inexactitudes conforme, visto, debido a, en ese estado et comme des erreurs plus graves en este estado et surtout en el estado donde. - Mais M me Verdurin ma demandé… - Pero la señora de Verdurin me ha pedido… Beaucoup d’erreurs sur le choix du verbe en espagnol : bien sûr c’était pedir qui s’imposait, Madame Verdurin ne cherche pas à savoir quoi que ce soit ! Les points de suspension qui ne devaient pas être omis correspondent en fait à une invitation de Madame Verdurin. Pour ce qui est du temps, le jury a accepté, non sans réticence, le prétérit, même si à ses yeux il convenait d’utiliser le passé composé pour une action qui venait de se dérouler. - Voyons, vous pouvez bien revenir seul, - A ver, Ud bien puede volver solo, D’autres traductions de Voyons  étaient possibles : Vamos, Vaya, Mire, Pero bueno , certaines formes telles que Anda, Venga, Oiga, Hombre  ou la traduction littérale Veamos étaient maladroites, voire inexactes. L’adverbe bien devait être obligatoirement antéposé en espagnol. Ya a été accepté comme synonyme de bien. Sí que, perfectamente s’éloignaient trop de l’original. Ne pas le traduire constituait une omission. Il importait d’utiliser deux verbes différents pour traduire revenir  et rentrer , vu plus haut. Le jury a choisi de rendre le premier par volver , qui correspond aux propos de Madame Verdurin, et le second par regresar , inséré dans le récit et donc plus adapté à la langue écrite qu’ à la langue parlée. Bien sûr il fallait écrire solo sans accent puisqu’il s’agit de l’adjectif et non de l’adverbe. nous vous  lavons laissée assez de fois, dit M me Verdurin. se la hemos dejado bastantes veces, dijo la señora de Verdurin. Même si le prétérit a été accepté, le passé composé est préférable ici : le lien avec le présent est implicite. Ce segment a donné lieu à deux solécismes graves. Le premier concerne l’emploi des pronoms personnels : lorsque le pronom personnel complément d’objet indirect le  est associé au pronom personnel complément d’objet direct féminin singulier la , il prend la forme se et le précède toujours. Le jury a donc sanctionné sévèrement le la dejamos  tout comme la dejamos a usted  ou la dejamos  avec omission du pronom personnel complément d’objet indirect. Le second se rapporte à la structure assez de fois : bastante est ici un adjectif indéfini qui s’accorde en nombre avec le substantif veces . Suficientes n’a pas été accepté, pas plus que muchas, tantas, varias ou unas cuantas qui dénotaient à tout le moins un manque de rigueur. Ya dans ya se la hemos dejado a été considéré comme un ajout inutile et donc légèrement sanctionné. - Mais cest que javais une chose importante à dire à Madame.
- Pero es que yo tenía una cosa importante que decirle a la señora. Il ne fallait pas omettre de traduire la conjonction de coordination Mais qui devait être rendue par Pero et non par Pues . Les candidats devaient s’en tenir à la lettre du texte et éviter de remplacer la structure qu’il contenait par d’autres structures telles que tenía que, debía, había de . Rappelons que selon la norme, deber de exprime la probabilité, même si l’usage ne respecte pas toujours la distinction établie par la Real Academia Española entre deber et deber de . Le jury a accepté algo importante comme variante de una cosa importante , mais il a logiquement considéré algo de importante comme un solécisme grave. La traduction de la préposition à a souvent donné lieu à une utilisation incorrecte des prépositions a, de, por et para . Au lieu de decirle a la señora , le jury a bien sûr admis decir a la señora , moins idiomatique cependant.
- Eh bien ! vous la lui écrirez… - ¡ Pues bien, se la escribirá !... Pues a été accepté, pues bien valorisé. Le ton exclamatif s’applique à toute la phrase, d’où la présence du point d’exclamation après le verbe. Quant aux points de suspension, ils sont placés après et non avant le point d’exclamation, étant donné la fonction emphatique qui est la leur : ils n’indiquent pas une interruption de l’énoncé, mais mettent en relief de façon expressive l’exclamation. Les candidats devaient faire preuve de la plus grande vigilance et respecter la cohérence du pronom personnel complément direct par rapport au mot retenu pour la traduction de la phrase précédente : se la escribirá ou se lo escribirá selon qu’ils avaient utilisé auparavant una cosa importante ou algo importante. Pour la traduction des deux pronoms personnels compléments, le jury renvoie les candidats à l’analyse du segment étudié plus haut nous vous l’avons laissée assez de fois, dit M me Verdurin. En ce qui concerne le temps de la phrase, l’impératif a été accepté, à condition de rajouter l’accent rendu nécessaire par la présence des pronoms enclitiques, mais le présent du subjonctif et le futur proche ont été considérés comme des changements de temps non justifiés.
- Adieu, lui dit Odette en lui tendant la main. - Adiós, le dijo Odette dándole la mano. Adiós est un mot oxyton : il doit donc s’écrire avec un accent sur la dernière syllabe. Au lieu du gérondif, le jury a accepté également la structure al darle dans la mesure où les deux actions sont simultanées. D’un point de vue lexical, tender, alargar la mano ont été admis, estrechar, ofrecer,presentar la mano ainsi que dar un apretón jugés inexacts ou maladroits, alzar, extender, coger, dirigir, acercar considérés comme des contresens et donc  sanctionnés plus sévèrement.
Il essaya de sourire, mais il avait l’air atterré. Intentó sonreír, pero parecía aterrado. Tratar se construit avec la préposition de , contrairement à intentar et à procurar. Ni ensayar ni probar n’étaient acceptables ici. Sonreír a été trop fréquemment mal accentué quand il n’était pas inaccentué. La forme pronominale a été admise. Mis à part le changement de temps qui n’a pas été respecté par certains candidats, les principales erreurs étaient d’ordre lexical. Tout d’abord l’expression avoir l’air , souvent traduite de façon maladroite tener cara de, pinta de, traza de ou par un gallicisme tener el aire,  ensuite le participe passé à valeur d’adjectif pour lequel le jury a accepté les variantes abrumado, afligido, abatido, anonadado , mais a
refusé toute une série d’inexactitudes ou de faux sens tels que asombrado  et les mots de sens voisin extrañado, estupefacto, atónito ou asustado, desconcertado, desgraciado, desanimado, deshecho , descompuesto. En dépit d’une prétendue ressemblance avec le français, atareado  était, quant à lui, un contresens fâcheux.
- As-tu vu les façons que Swann se permet maintenant avec nous ? - ¿ Has visto los modales que gasta ahora Swann con nosotros ?
Le passé composé s’impose en espagnol puisque la scène à laquelle se réfère Madame Verdurin vient de se dérouler et que le lien est explicitement établi avec le moment présent dans la proposition subordonnée relative. Les verbes notar et fijarse ( en) convenaient également. Outre modales , on pouvait utiliser modos, formas, maneras, mais pas malas maneras qui est une interprétation du texte ni la manera como se porta,  actitudes, comportamiento qui en changent la lettre. Certains candidats ont été tentés de traduire par libertades , mais il s’agissait d’un contresens. Si gasta a été valorisé, la traduction littérale se permite  était possible . En revanche, se otorga  a été légèrement sanctionné. dit M me Verdurin à son mari quand ils furent rentrés. le dijo la señora de Verdurin a su marido cuando hubieron vuelto.
Variante acceptée: dijo la señora de Verdurin. On pouvait très bien employer le prétérit volvieron au lieu du passé antérieur, l’espagnol préférant souvent les temps simples aux temps composés. Al volver  exprime la simultanéité de deux actions : il était impossible d’utiliser cette structure ici dans la mesure où le passé antérieur indique clairement l’antériorité d’une action par rapport à l’autre. Cuando estuvieron en casa était inexact de même que cuando hubieron llegado : llegar n’est pas synonyme de volver. Entrar était un contresens qui témoigne de la confusion fréquente en français entre entrer et rentrer . Una vez en casa a été considéré comme un refus de traduire le texte. Les erreurs les plus graves ont été le changement de temps cuando habían vuelto , la structure una vez vueltos , (impossible avec un verbe intransitif) et surtout les aberrations telles que cuando *  estuvieron vueltos ou cuando * fueron vueltos ! Une telle ignorance de la formation des temps composés en espagnol est inadmissible de la part de futurs professeurs d’espagnol.
J’ai cru qu’il allait me manger, parce que nous ramenions Odette. Creí que me iba a comer porque llevábamos a Odette.
Pour traduire le premier verbe, il fallait assurément choisir le prétérit et non le passé composé dont l’emploi a été rejeté : en effet, Madame Verdurin évoque un fait ponctuel qui s’inscrit dans le passé, fût-il récent, sans aucun lien explicite avec le présent, les autres verbes de la phrase étant d’ailleurs à l’imparfait de l’indicatif. Dans le cas où le candidat avait utilisé le passé composé, l’omission de l’accent sur le i de creído a été sanctionnée. Plus que l’inexactitude estaba a punto de comerme , c’est le changement de mode que me fuera a comer que rien ne justifiait qui a surpris le jury. Si celui-ci a refusé la structure por poco suivie de l’imparfait de l’indicatif, il l’a en revanche valorisée quand elle précédait un présent de l’indicatif. On pouvait penser aussi à la tournure voisine poco faltó para que me comiera. Au lieu de  comer , tragar a été accepté, mais pas devorar  qui force le texte ni morder , matar  qui le trahissent. Il convenait de respecter le temps du dernier verbe de la phrase et de ne pas oublier l’accent écrit : llevábamos . Si on choisissait d’utiliser la préposition por suivie de l’infinitif pour exprimer la cause, il
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