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EPREUVES D'ADMISSIBILITÉ

  • épreuve d'admissibilité


Publié le : mardi 19 juin 2012
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Source : reunion.iufm.fr
Nombre de pages : 13
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EPREUVES DADMISSIBILITÉ
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Rapport sur lépreuve de commentaire dirigé en langue espagnole
Discours radiodiffusé prononcé par le Général Franco le 18 juillet 1936
Considérations générales sur les objectifs de lépreuve
Pour cette épreuve, comme pour lépreuve de composition en Français, on attend du candidat quil montre quelques qualités fondamentales qui sont autant de pré requis pour son futur métier de professeur des Lycées et Collèges. Ces pré requis sont les suivants :  En tout premier lieu, une bonne maîtrise de la langue espagnole simpose, naturellement, et nous ne reviendrons pas sur ce premier point.  Au-delà de la stricte maîtrise de la langue, la précision et la rigueur dans le choix du lexique et dans les enchaînements sont indispensables. Si le jury peut, à la rigueur, accepter de sanctionner légèrement telle ou telle erreur ponctuelle et vénielle, il se doit en revanche dêtre intransigeant sur les incohérences conceptuelles et les confusions syntaxiques, car ce type de fautes révèle une pensée incertaine peu compatible avec le métier denseignant.  On attend aussi du futur professeur une bonne compréhension des questions qui lui sont posées. Dérouler linterminable ruban des connaissances acquises au cours de lannée sur le programme révèle un défaut de discernement rédhibitoire. Si lon attend du candidat quil sache comprendre le sens des questions qui lui sont posées et quil sache y répondre clairement sans développements hors sujet ne signifie pas quil doive répondre schématiquement. Après avoir posé les termes de la question, il faut savoir construire sa réponse en lalimentant des connaissances nécessaires. Autrement dit, les développements hors sujet ne sauraient masquer lindigence des réponses ; mais il faut aussi savoir fournir des explications suffisantes à laide dillustrations et dexemples pertinents.  On attend enfin que le futur professeur sache lire un document avec un minimum de distance critique, et évite de prendre au pied de la lettre tout ce qui est proposé à sa lecture. Aussi le candidat doit-il se montrer capable de détecter lironie et lhumour, de reconnaître les topiques culturels ou idéologiques, de saisir les objectifs poursuivis par le recours à telle ou telle figure rhétorique… En bref, en se soumettant à cet exercice du commentaire dirigé, le futur certifié doit montrer quil sait être à lécoute des documents et des questions que ces documents suscitent. Il doit montrer sa capacité à y répondre clairement, de façon construite, argumentée, illustrée, et sans digressions inutiles. Il doit formuler ses réponses dans une langue riche, certes, mais précise, sans ces fioritures qui souvent dissimulent mal la vacuité du contenu ou la confusion conceptuelle, voire —dans le pire des cas— lignorance des connaissances les plus élémentaires. Le sujet proposé a été choisi dans le but de vérifier et dapprécier chez les candidats la maîtrise de ces pré requis.
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Questions de méthode :
Lire le sujet: La première étape incontournable dans la démarche de l’épreuve consiste à lire attentivement et activement le sujet (le document puis les questions). Par activement , on entend que cette première lecture tient compte de toutes les informations qui entourent le document afin de les mettre en relation pour identifier précisément sa nature et en tirer les premières conséquences. Aller directement à l’information sur l’auteur du document permet dès l’abord de situer le sujet dans le programme et dans l’alternative littérature ou civilisation. Dès lors qu’il sait devoir se situer dans une épreuve de civilisation, le candidat sait qu’il doit bannir de son lexique le mot « narrateur » mais qu’il ne doit pas pour autant se désintéresser de la forme, même si parfois le sujet ne comporte pas de question sur cet aspect, ce qui n’est pas le cas dans le sujet du concours 2004. Le candidat se souviendra aussi tout au long de sa première lecture de l’identité de l’auteur, afin de maintenir en alerte son esprit critique. Dans le cas qui nous occupe, un nombre surprenant de candidats ignoraient que Bahamonde était tout simplement le deuxième nom de Franco, et que Francisco Franco Bahamonde, Comandant Général des Canaries, était tout simplement celui qui allait devenir quelques mois plus tard le Généralissime. Cette ignorance a parfois conduit à d’étranges confusions (certains, par exemple, ont cru qu’il y avait deux généraux : un général Franco, et un général Bahamonde). Au-delà de l’anecdote, une telle ignorance inquiète le jury car elle révèle une inculture historique et culturelle d’autant plus choquante qu’elle concerne non seulement la question au programme mais aussi une période fondamentale de l’histoire mondiale et hispanique récente. Néanmoins, les candidats qui ont su lire les autres informations (date du document et document lui-même) ont pu limiter la portée et la gravité de leur première erreur et ont su éviter le contresens généralisé sur le document. D’autres, qui ne se sont pas donné la peine de lire la date (18 juillet 1936), ou qui avaient fait l’impasse sur la fin de la question au programme, se sont enlisés dans des anachronismes effarants, s’évertuant à appliquer à la première République et au début de la Restauration les propos tenus par Franco dans ce document. Quand ils n’ont pas présenté Franco comme un fervent partisan de la démocratie ! Enfin, pour un commentaire de civilisation, il est indispensable d’identifier le type de document et ses destinataires en se préoccupant du support, ces informations devant donner des pistes d’interprétation sur le sens et sur les caractéristiques formelles du document. En guidant la première lecture, toutes ces informations permettront un gain de temps précieux lors de l’élaboration du commentaire. Organiser ses réponses Dans un deuxième temps, le candidat sera bien inspiré de ne pas s’engager immédiatement dans les réponses avant de les avoir toutes lues et d’avoir évalué le sens de chacune d’elles. Les questions posées devront servir de fil conducteur pour une autre phase de relecture du document. Le candidat doit en effet veiller à l’équilibre des différentes parties, qui doivent présenter des volumes similaires. Il est donc indispensable, au cours de la deuxième phase du travail, de se livrer à des lectures
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complètes et orientées du document afin de l’appréhender dans sa totalité pour chaque question. On distribuera ainsi équitablement les éléments qui alimenteront chaque partie et l’on évitera de la sorte les répétitions abusives. Certes, le candidat peut répondre aux questions dans le désordre, et en ce cas, il devra apporter une attention particulière à la présentation des paragraphes, et ne pas omettre de reporter la numérotation, afin d’éviter toute confusion et toute ambiguïté. Néanmoins, il est recommandé au candidat de faire confiance au concepteur du sujet qui formule généralement ses questions selon un ordre imposé par la logique et le bon sens. N’est-il pas alors plus simple de suivre cet ordre dans les réponses que l’on numérotera (bien que cela ne soit pas obligatoire)? On n’oubliera pas enfin qu’un document de civilisation est une source d’information historique, mais que cette source ne prend sens que dans sa relation avec d’autres éléments d’information qui l’éclairent. Les questions ont généralement pour objectif de permettre au candidat de mettre en valeur ce réseau par un va et viens du texte à son contexte.
Quelques éléments pour la correction du commentaire :
Question n° 1 : Situar este documento en su contexto histórico, e indicar los objetivos perseguidos con los destinatarios expresamente designados. Pour la réponse à cette première question, des connaissances historiques s’imposaient, naturellement, ainsi qu’une première lecture centrée sur l’identité de l’auteur, la date du document, ainsi que l’appréciation attentive du premier paragraphe. Les données fournies en référence permettent d’affirmer tout d’abord qu’il s’agit d’une déclaration du général Francisco Franco Bahamonde, Général Commandant en chef aux Canaries. Elles permettent d’affirmer que cette déclaration est formulée très tôt dans la matinée du 18 juillet 1936. Mais ces données n’apportent strictement aucune information si l’on ne précise pas que ce général est le futur Généralissime, et que cette déclaration a lieu au tout début du soulèvement militaire contre le gouvernement du Front populaire. D’où la nécessité de situer le document dans son contexte historique. On évoquera les circonstances immédiates : à la suite de la victoire du Front Populaire le 16 février 1936, un certain nombre de militaires de haut rang ont radicalisé leur position hostile au gouvernement de la République et préparent activement un coup d’état. Les événements se précipitent avec l’assassinat, le 13 juillet, du député cédiste José Calvo Sotelo et les généraux Mola, Sanjurjo, Queipo de Llanos, Goded, Cabanellas, etc. arrêtent la date du 18 juillet. La garnison du Maroc ayant pris les devants, le soulèvement fut avancé de quelques heures. Il faut aussi évoquer quelques éléments expliquant la situation de Franco au début du soulèvement. Après la victoire du Front Populaire, Franco a été relevé de son poste de Chef de l’Etat Major et éloigné des centres de décision madrilène, comme les autres chefs militaires auxquels le Front populaire n’accorde pas sa confiance. Mola est envoyé dans le nord de l’Espagne, Franco aux Canaries. On peut ajouter que Franco n’a pas adhéré immédiatement au projet de coup d’Etat mis en place par ses collègues dès le mois de mars, et qu’il a fallu pour le convaincre lui donner des garanties. Pour expliquer l’évolution de Franco vers l’adhésion au coup d’Etat, on peut ajouter quelques précisions sur sa carrière, sans sombrer pour autant dans le hors sujet biographique. On peut évoquer la fermeture par Azaña de l’Académie
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militaire de Saragosse que dirigeait le jeune général depuis sa création par Primo de Rivera. On peut noter qu’en revanche les gouverments de droite de la République ont donné leur confiance à Franco: la répression du mouvement des Asturies lui fut confiée, et il fut par deux fois nommé Chef de l’Etat Major. On peut enfin rappeler les lines étroits qu’entretient Franco avec les africanistes dont il fait partie depuis son séjour militaire au Maroc. Prudent en tous cas, Franco évita de se montrer résolument hostile à la République, et référa se ranger du côté d’une idée autoritaire et répressive de cette dernière. On évoquera aussi les circonstances à moyen terme afin d’expliquer la radicalisation de l’armée : agitation endémique depuis le 16 février, préparation du coup d’Etat, négociation des généraux avec la droite et l’extrême droite. On évoquera enfin brièvement les circonstances lointaines : l’attitude de l’armée depuis la proclamation de la République, les différentes phases de la deuxième République. Il faudra surtout rappeler que les généraux avaient accepté la République « par défaut » plutôt que par conviction.  Le candidat devra veiller à être bref sur les circonstances à moyen terme et les circonstances à moyen terme, faute de quoi le hors sujet est assuré. Quant à l’évocation de la Restauration et de la dictature de Primo de Rivera, il était impératif de l’éviter, sauf éventuellement au détour d’une phrase, de façon très allusive. Ainsi tout développement sur les relations entre Franco et Primo de Rivera était-il ici hors sujet. On pouvait en revanche s’y livrer à l’occasion des réponses à la troisième question, nous le verrons plus loin. La réponse à la première question devait comporter trois éléments : à la contextualisation  évoquée plus haut devaient s’ajouter des précisions concernant les objectifs et les destinataires du document. De nombreux candidats ont commis contresens sur la question. Il ne s’agissait pas de lister les objectifs du coup d’Etat, comme beaucoup de candidats l’ont compris, mais de préciser les objectifs poursuivis auprès des destinataires du document : « los objetivos perseguidos con les destinatarios ». En ne lisant pas attentivement et rigoureusement la question, beaucoup de candidats n’ont pas répondu à la totalité de la question, et ont perdu beaucoup de temps hors sujet. La réponse était pourtant simple : il s’agissait par ce discours de convaincre les destinataires du bien fondé du soulèvement, et de les engager à s’y joindre. Pour cela, Franco fait appel à la fibre patriotique, « la Nación os llama a su defensa ». Quant aux destinataires, il ne s’agit pas que de l’armée, mais aussi d’une partie de la population civile que Franco prétend nombreuse (« cuantos »), patriote (« amor a España ») et catholique (« santo amor »). Il faut noter que « A cuantos sentís el santo amor de España » précède l’appel à l’armée, qui de ce fait apparaît comme un sous-ensemble de l’ensemble patriote. Pour étoffer ce paragraphe, le candidat pouvait brièvement souligner quelques aspects rhétoriques : l’injonction (¡ Españoles !), le tutoiement marque de la camaraderie, voire la fraternité dans une mission partagée. Mais il devait en ce cas annoncer qu’il reviendrait plus loin sur ces aspects. Il lui fallait en effet réserver l’essentiel de ces considérations rhétoriques pour la question 4. D’une certaine façon, la deuxième partie de la réponse à cette question tenait lieu de transition vers la réponse à la question suivante qui interrogeait sur le « comment convaincre ».
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Question n°2 : Enumerar y comentar los argumentos esgrimidos aquí para legitimar el alzamiento militar. Le jury a valorisé dans les réponses à cette deuxième question la capacité des candidats à réaliser une synthèse par regroupement de sous thèmes en noyaux cohérents. Le document proposé au commentaire peut être découpé en trois parties. Les deux premières parties (§ 1 à § 4 puis § 5 à §11) évoquent les maux contre lesquels se prononce le général, et la troisième partie (du § 12 à la fin) exprime la condamnation de ces maux et annonce la révolte nationale. Ce discours dénonce tout d’abord (première partie) un chaos généralisé : désordre politique et anarchie dans les villes et dans les campagnes, « la anarquia reina… » (§2), paralysie de l’économie « huelgas revolucionarias… » (§3), ruine culturelle « los monumentos y tesoros … » (§3). Encore faut-il mettre ces affirmations à l’épreuve des faits de façon contradictoire. On attendait du candidat qu’il évoque les frémissements populaires qui ont suivi la victoire électorale de février 1936. On attendait aussi qu’il montre comment Franco joue sur la crainte de certaines catégories de la population qui ont gardé, déformé et amplifié par la propagande, le souvenir des couvents et des églises brûlées pendant l’été 1931, de la grève révolutionnaire qui a mis l’Espagne à feu et à sang deux ans plus tôt en 1934 . Si le constat du chaos est susceptible de faire réagir le destinataire, le fait que ce chaos soit parfois encouragé, voire provoqué par ceux-là même qui devraient le combattre constitue un argument plus efficace encore. La démission des autorités est donc systématiquement évoquée afin de rendre plus insupportable le scandale : deux fois au § 2, une fois au § 3, encore une fois au § 4. Le candidat devait être amené à s’interroger sur la réalité de cette démission, et tenter de pondérer les propos de Franco ; sur quels faits se fonde-t-il ? (Consignes de non-intervention, mais aussi gouvernement débordé sur sa gauche et harcelé par la droite). On observera que la République en tant que telle n’est mise en cause à aucun moment, et même que, plus loin, au cours de la deuxième partie, le locuteur se pose en partisan d’une légalité républicaine selon lui bafouée : forces armées et police neutralisées et ridiculisées (§ 5), outils de la démocratie pervertis (justice, § 8, Constitution, § 7, et 10, système des partis, § 9). Ce discours constitue une attaque résolue de toute l’action politique qui a conduit à l’accord (le pacte) du Front populaire et à sa victoire. On a apprécié les développements qui ont su rapprocher ce discours de la famille des discours de la droite autoritaire fascisante, capables de s’emparer des outils du discours démocratique et de le détourner. En revanche on a sanctionné les emplois abusifs de termes tels que « fascisme » ou « communisme », ou la confusion  entre « régime » et « gouvernement » qui empêchait de rendre compte avec précision des enjeux du soulèvement. Dans cette perspective, la troisième et dernière partie offrait de riches possibilités. Les candidats ont parfois noté l’appropriation de la devise de la Révolution française, mais n’ont que rarement su saisir le sens de son prolongement qui en annule les effets : égalité, liberté, fraternité. Mais aussi : unité (contre les séparatismes sur lesquels il fallait dire quelques mots, en particulier sur le catalanisme et la sensibilité des militaires sur ce sujet) et défense nationale (contre une agression étrangère supposée). On observe combien Franco insiste sur le rôle supposé de l’étranger, ce qui permet de faire passer une insurrection militaire pour une action de défense nationale. On remarque aussi le ton démagogique et l’insistance sur les masses, les pauvres, les victimes de la politique. Le projet est explicitement national et social, et l’on aurait apprécié que les candidats
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