LE MALADE IMAGINAIRE

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LE MALADE IMAGINAIRE OU LE SILENCE DE MOLIERE Dossier réalisé par Fatima BELAID-TADJINE Adaptation Et Mise en scène d' Arthur NAUZYCIEL
  • monde de deuils, de jalousies, de colères, d'amour et de théâtre
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  • histoire de famille, de deuil et de théâtre
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Publié le : lundi 26 mars 2012
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LE MALADE IMAGINAIRE
OU
LE SILENCE DE MOLIERE
Dossier réalisé par Fatima BELAID-TADJINE


Adaptation
Et
Mise en scène d’ Arthur NAUZYCIEL
Le Malade imaginaire (1673 ; publication posthume)

'Cette comédie-ballet en trois actes et en prose, précédée dun prologue et accompagnée
' 'dintermèdes dont la musique a été composée par Marc-Antoine Charpentier, est dune ampleur
et d'un faste, qui, comme c'était déjà le cas pour Le Bourgeois gentilhomme, en font un
somptueux spectacle, plus proche par sa conception globale et sa réalisation des grandes pièces
de Cour et des opéras de Lulli et Quinault que des - grandes comédies - de Molière lui-même.
Aussi, quoique la comédie proprement dite occupe la plus grande part, quoique le prologue et le
premier intermède paraissent être mal liés à celle-ci, ne faut-il pas dissocier les divers éléments
d'un spectacle qui forme un tout : ultime pièce donnant à voir le jeu des apparences et de la
'réalité ainsi que le pouvoir de lillusion, elle utilise précisément les parties chantées et dansées en
ce sens, comme le montrent aussi bien le ballet des Égyptiens (Second Intermède) qui plonge
'Argan dans un rêve destiné à casser lillusion de sa maladie et le pouvoir illusoire des médecins,
que la réception fictive du malade dans le corps des médecins qui termine la comédie en même
'temps que le spectacle. Il nest donc pas exagéré de voir dans cette oeuvre la somme du théâtre
'de Molière : on y retrouve les thèmes des comédies précédentes (dénonciation de limposture,
satire de la médecine et du formalisme, triomphe de la jeunesse), la plupart des personnages
' '(Argan, successeur dOrgon et des autres maniaques, Béline, lépouse intéressée qui renvoie à
'Tartuffe ou M. Diafoirus à Trissotin), la structure de lintrigue (face au fou qui veut marier sa fille à
' 'lhomme qui flatte sa manie, alliance du reste de la famille), lesthétique du ridicule et les procédés
de la farce, enfin une théâtralité généralisée qui débouche sur la fantasmagorie endiablée de
Monsieur de Pourceaugnac et du Bourgeois gentilhomme.

G. Forestier, MolièreNotes d’intention
La reprise d’un spectacle

« Le Malade imaginaire ou Le Silence de Molière » était mon premier spectacle.
Nous l’avons créé il y a six ans.
En mai 2004, à l’initiative du Centre dramatique national de Montreuil nous lui avons
redonné corps, souffle et vie pour 15 représentations exceptionnelles.
J’ai accepté cette proposition parce qu’il est actuellement presque impossible de voir ou
revoir une première mise en scène. Et alors que je venais de présenter « Oh les beaux
jours » au théâtre National de l’Odéon, et avant la création de « Place des Héros » salle
Richelieu à la Comédie Française, nous pouvions ainsi offrir aux spectateurs la
possibilité de s’inscrire dans une histoire, de tisser des liens d’une création à l’autre, de
découvrir le spectacle fondateur, celui qui contient déjà tous les autres, et qui veut tout
embrasser, car c’est le premier.
Spectacle sur l’intime, l’abandon de la mort, la mémoire et la transmission, mêlant la
vraie vie au théâtre, ou le théâtre à la vie, il réunissait mon propre père et des acteurs
amis. Le spectacle a tourné en France en 1999 et 2000, et nous l’avons recréé au théâtre
de l’Ermitage de Saint Petersbourg en invitant Elena Rufanova (comédienne fétiche de
Andrei Sokourov) à jouer en russe le rôle d’Esprit-Madeleine Poquelin.
Rejouer ce spectacle, c’est témoigner de cette aventure, d’un parcours artistique, et de
ce que nous étions. Mais nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui, et c’est donc
au présent et sans nostalgie que nous avons de nouveau raconté cette histoire de
famille, de deuil et de théâtre.
Suite au succès rencontré lors de ces représentations, nous avons décidé de reprendre
le spectacle en tournée en 2006, avec la même équipe.
A. Nauzyciel avril 2005


La genèse du spectacle
Raconter son histoire
Mon histoire commence en un lieu où il n’y a plus d’hommes, plus de langage, plus de
nom.
En m’apprenant à compter avec les chiffres du numéro tatoué sur son avant-bras, mon
grand-père m’a inoculé Auschwitz.
J’ai connu les chiffres avant les lettres. Ces chiffres indélébiles étaient son nom.
Derrière les lettres de mon nom, il y a l’histoire des souffrances de ma famille, et celles
de millions de gens.
Pendant des années, parfois toute leur vie, les survivants n’ont rien dit. Quand mon
grand-père me parlait, j’essayais de comprendre ses phrases faites de mots étrangers,
des bribes d’une autre langue, perdue, bientôt oubliée.
Une langue d’avant l’horreur et qui ne se reconstituera jamais vraiment. Alors, la plupart
du temps, il se taisait.
Mon père, lui, me racontait l’histoire que son père n’avait jamais pu lui raconter, et qu’il
avait apprise par d’autres.
C’est me raconter cette histoire qui fait de lui un père.
C’est la dire et ne jamais oublier qui ferait de moi un homme.
Alors je deviendrais père à mon tour.
Et si je disais: «Pardonnez moi, mais je ne peux pas»...
Si je ne voulais pas être un bon fils...
Si je voulais que rien ne reste après moi et que tout meure...
«J’ai voulu arrêter tout cela», crie Esprit-Madeleine Poquelin.
«Ah, il n’y a plus d’enfants...En vérité, je n’en puis plus.», murmure Molière.
«Le Silence», c’est l’histoire d’une fille qui a dit «non» au théâtre, «non» à sa famille,
«non» à son père, «non» à son nom.
« Le Malade Imaginaire », c’est l’histoire d’un homme qui meurt au théâtre,
en rêvant que sa famille lui pardonne d’être né «Poquelin» et de mourir «Molière»...
Arthur Nauzyciel, novembre 1997. 1Réunir le Silence de Molière et le Malade imaginaire

Le point de départ et d’aboutissement de ce texte est l’image énigmatique de la fille
unique de Molière, Esprit-Madeleine Poquelin, dont toute l’existence fut entourée d’un
profond silence. C’est le récit d’une enfance au sein d’une famille d’acteurs, un monde
de deuils, de jalousies, de colères, d’amour et de théâtre. Esprit-Madeleine se raconte et
raconte son père. Cette histoire, au centre du Malade Imaginaire, en révèle une autre,
intime et secrète, faite des liens père\fille, maître\élève, metteur en scène\acteur. Il n’y
est finalement pas question de médecine, ou alors de celle qui guérit les âmes et les
cœurs trop lourds. Cette médecine, c’est l’Art, ses médecins sont les acteurs, ceux «qui
écrivent sur le sable», comme le disait Antoine Vitez, qui aurait pu être notre Argan...

Un questionnement sur sa condition d’homme de théâtre

Je trouve dans Le Malade imaginaire des résonances, des réponses aux questions que
je me pose, en tant qu'acteur, sur ma relation aux maîtres, sur la nécessité de faire du
théâtre aujourd'hui, et comment. Je n'ai pas décidé d'être metteur en scène. C'est la
matière même de la vie, des rencontres, des histoires d'amour et des histoires de deuil,
des histoires de théâtre, qui fait qu'un jour on découvre un texte, qui avec le temps
devient spectacle.
Tout a commencé il y a deux ans. A l'école Claude Mathieu, alors que j'animais un atelier
sur Molière. Le thème retenu était celui de « l'enfer familial ». Je me suis aperçu que
chez les gens très jeunes, y compris ceux qui n'avaient jamais vu jouer une pièce de

1 «Ce silence, cette sereine absence de bonheur n’arrivent pas à me libérer de certaines pensées, de
certains fantômes, de certains remords. Je me sens responsable de n’avoir rien fait: de n’avoir pas honoré
mon père, de ne l’avoir pas assez aimé, de ne l’avoir pas défendu après sa mort... Dans sa dernière
comédie, la dernière justement, mon père avait mis en scène une petite fille. J’étais à cette époque une
fillette entre sept et huit ans. Sans aucun doute, mon père, en écrivant cette scène avait pensé à moi, il
l’avait écrite pour moi. Mon père a affronté le risque de mettre en scène une enfant, pour le simple goût de
la voir jouer, et il l’a fait pour moi. Un certain nombre de tentatives pour me faire jouer furent
organisées...»

GIOVANNI MACCHIA, Le Silence de Molière, 1985
Molière, un certain style, une certaine tradition étaient encore très présents. Toutes les
filles, par exemple, jouaient Dorine les mains sur les hanches. J'ai voulu comprendre
d'où ça venait, comment la tradition était devenue style. Nous avons repris le travail de
lecture en essayant d'oublier l'interprétation générée par une idée du personnage, une
idée du style, une idée du genre. Afin de dire, de jouer ce qui était vraiment écrit. Afin de
le rendre effectif. Ce qui m'a permis de réentendre tout particulièrement la scène entre
Louison et Argan de l'acte II. Cette scène qui n'a pas de nécessité apparente au sein de
l'intrigue est mystérieuse, détentrice d'un secret. Comme j'étais curieux d'approcher ce
secret, je me suis mis à lire des biographies de Molière et notamment le texte de
Giovanni Macchia, Le Silence de Molière. Il s’agit d'une conversation imaginaire avec
Esprit-Madeleine Poquelin, la seule enfant Poquelin qui ait survécu. Où elle dit que
Molière a écrit pour elle la scène de Louison, et qu'elle a refusé de jouer. La réplique
d'Argan, «Ah ! Il n'y a plus d'enfants... En vérité je n'en puis plus», prend alors un sens
très fort : il n'y aura pas de transmission puisque sa fille unique renonce définitivement
2au théâtre .
Arthur Nauzyciel










2 Nous ne pouvons pas faire comme si nous étions des incroyants. Désormais il faut choisir sa croyance.
Le salut nous viendra de l’écriture et du langage. Si nous refondons la langue, nous pourrons résister.
Ensuite en reprenant l’autre pour ne pas le perdre. Reprendre la langue, se reparler et reprendre l’autre.
Enfin, il faut reprendre le monde. Il ne faut pas fantasmer sur l’au-delà du monde, sur l’au-delà de la
Terre, et sur l’au-delà de l’homme. L’homme n’est pas le centre du monde, il est la fin du monde. La
première façon de s’aimer, c’est la parole...
PAUL VIRILIO Cybermonde ~ la politique du pire, 1996



L’EQUIPE

LE MALADE IMAGINAIRE
ou
LE SILENCE DE MOLIÈRE

D’après Le Malade Imaginaire de Molière et Le Silence de Molière de Giovanni Macchia

MISE EN SCENE ET ADAPTATION : ARTHUR NAUZYCIEL

SCENOGRAPHIE : CLAUDE CHESTIER
CREATION COSTUME : CLAUDE CHESTIER / PASCALE ROBIN
CREATION LUMIERE : MARIE-CHRISTINE SOMA
SON : XAVIER JACQUOT
CREATION MUSICALE : JEAN-CHRISTOPHE MARTI
avec :
Hélène Babu, Gilles Blanchard, Mickaël Duglué, Nanou Garcia, Pierre Gérard, Arthur
Nauzyciel, Émile Nauczyciel, Stéphanie Schwartzbrod, Jean-Philippe Vidal, Catherine
Vuillez.








Le metteur en scène

Arthur Nauzyciel est né à Paris en 1967.

Parallèlement à une licence d'art plastique et une maîtrise d'études
cinématographiques, il entre à l'école du Théâtre National de Chaillot, dirigé par
Antoine Vitez, qui sera son professeur de 1986 à 1989.
Depuis, il a joué sous la direction de B. Bonvoisin, M. Didym, J.-M. Villegier, L.-C.
Sirjacq, C. Rist, D. Podalydès, E. Vigner, A. Françon, J. Nichet, L. Pelly, A. Vassiliev, Tsai
Ming Liang...
Artiste associé au Centre Dramatique de Bretagne (CDDB-Théâtre de Lorient)
depuis 1996, il fonde sa compagnie à Lorient en 1999,(Compagnie 41751/Arthur
Nauzyciel), et y crée sa première mise en scène
Le malade imaginaire ou le silence de Molière d'après Molière et Giovanni
Macchia. Après une première tournée en France, le spectacle est sélectionné dans le
cadre du programme Européen AFAA/Générations 2001, et est recrée au Théâtre de
l’Ermitage à Saint Petersbourg en 2000, avec la comédienne russe Elena Rufanova, puis
tourne en Russie et de nouveau en France en 2001.
En mai 2000, à la demande de l'Ecole Nationale de Musique et de Danse de
Lorient, il met en scène au CDDB un opéra contemporain de Philippe Dulat, chanté par
120 enfants, Le voyage de Seth.
En avril 2001, pour le 7 Stages Théâtre, il crée pour la première fois aux Etats-
Unis: Black Battles With Dogs/(Combats de nègre et de chiens), de B.M Koltès à Atlanta,
qu'il adapte et retraduit en anglais, avec une équipe américaine.
Le spectacle est repris en France en 2002.
En juin 2003, il crée à Lorient Oh les beaux jours, avec Marilù Marini, qui sera présenté dans le cadre du Festival International de Buenos Aires au Teatro San Martin,
à Barcelone et au Théâtre National de l'Odéon (Paris) avant une tournée en France et à
l'étranger (Casablanca, Meknes, Marrackeh, Rabat).
En mai 2004, Le malade imaginaire ou le Silence de Molière est présenté au CDN
de Montreuil.
En juin et juillet 2004 Oh les beaux jours est repris en espagnol au teatro San
Martin à Buenos Aires (prix de la critique, meilleur spectacle étranger, meilleure
actrice).
En septembre 2004, il crée en anglais dans une traduction de Martin Crimp pour Emory
Theatre, à Atlanta : Robero Zucco de B. M. Koltes.
Black Battles With Dogs/(Combats de nègre et de chiens) est présenté à Chicago
et Boston en octobre 2004.
En décembre 2004, il met en scène Place des Héros, de Thomas Bernhard,
présenté pour la première fois à la Comédie Française (salle Richelieu)- inscription au
répertoire.

Il est lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs (Hong Kong, Taipeh, Beijing).















LES COMEDIENS :
GILLES BLANCHARD
Formation à l’Ecole du Théâtre National de Chaillot dirigée par Antoine Vitez.
Au théâtre, Gilles Blanchard a joué notamment sous la direction d’Antoine Vitez Le
soulier de satin de Claudel (1988) ; Michel Didym Au perroquet vert d’Arthur
Schnitzler (1989) ; Martine Viard Kagel de Georges Aperghis (1989) ; Michèle Guigon
Cabaret (1992) ; Christian Colin TDM 3 de Didier-Georges Gabily (1996) ; Arthur Nauzyciel
Le Malade imaginaire ou Le Silence de Molière (1999) et Pile ou pile au CDDB de Lorient
(2003).Il etait également artiste associé au CDDB Lorient (direction Eric Vigner) et il a
signé quelques mises en scène dont : Ubu d’après Alfred Jarry/Nada Théâtre 1990),
Pourquoi pas l’Antarctique (2003). Il vient de réaliser Tête d’Or de Paul Claudel, pour le
cinéma.
MICKAËL DUGLUE
Formé au théâtre universitaire de Lorient (1994-1997) Mickaël Duglué a suivi les ateliers
du CDN de Lorient avec Arthur Nauzyciel, Laurent Poitrenaux et Eric Vigner.
Au théâtre, il a joué sous la direction d’Arthur Nauzyciel Le voyage de Seth (2000), Le
malade imaginaire ou Le Silence de Molière (2001 et 2004) ; Jacques Duparc dans
Passionnément (2003) et Yes ! à l’Opéra de Rennes (2002).
NANOU GARCIA
Au théâtre, Nanou Garcia a joué notamment sous la direction de Geneviève de
Kermabon Freaks de Tod Browning (1987) ; Jérôme Savary Marylin Montreuil (1991/92),
Chantecler d’Edmond Rostand (1995), L’important d’être constant d’Oscar Wilde (1997),
Le Bourgeois gentilhomme de Molière (1998) ; Arthur Nauzyciel Le malade imaginaire ou
Le Silence de Molière (1999) ; Yves Beaunesne L’éveil du printemps de Frank Wedekind,

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