Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVIIIe siècle (tome 2

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  • mémoire - matière potentielle : du roi
LES JESUITES ET LA NOUVELLE-FRANGE A U X V I I I 0 S I È C L E D'APRÈS DES DOCUMENTS INÉDITS PAR LE P . CAMILLE DE R O C H E M O N T E I X de la Compagnie de Jésus AVEC CARTB T O M E S E C O N D PARIS A L P H O N S E P I C A R D E T F I L S , É D I T E U R S 82, RUE BONAPARTE, 82 1906
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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LES JESUITES
ET LA
NOUVELLE-FRANGE
0
A U XVIII SIÈCLE
D'APRÈS DES DOCUMENTS INÉDITS
PAR
LE P. CAMILLE DE ROCHEMONTEIX
de la Compagnie de Jésus
AVEC CARTB
TOM E SECOND
PARIS
ALPHONS E PICARD ET FILS, ÉDITEURS
82, RUE BONAPARTE, 82
1906 LES JÉSUITES
ET LA
NOUVELLE-FRANGE
AU XVIII" SIÈCLE MAÇON, PROTAT FRERES, IMPRIMEURS LES JÉSUITES
ET LA
NOUVELLE-FRANGE
AU XVIII» SIÈCLE
CHAPITRE SIXIÈME
Église du Canada.— Missions : A) du Saguenay : PP . Laure, Maurice,
Cocquart; B) des Abénakis : PP. Lauverjeat, Daniélou, de
Syresme ; C) de Lorette, du lac des Deux-Montagnes ; D) du Sault
Saint-Louis : PP. de Lauzon, Nau, Tournois; Ej de Michillimaki-
nac et des Hurons du Détroit : PP. Chardon, du Jaunay, de la
Richardie, Potier.
Le traité d'Utrecht fut suivi d'une paix de plus de
trente ans, paix unique et féconde dans l'histoire du Canada.
La découverte de pays inconnus à l'Ouest et au Nord-Ouest,
rétablissement de la colonie de la Louisiane, la fondation
de Louisbourg et de divers postes dans l'île Royale, à l'île
Saint-Jean, sur les rives du Saint-Laurent, aux grands
Lacs et sur les affluents du Mississipi, le développement de
la population, le progrès, peu considérable sans doute et
cependant réel, de l'agriculture, de l'industrie et du com­
merce, enfin la pénétration de l'évangile dans les régions
du Nord-Ouest et l'épanouissement des missions chez les
peuplades sauvages du Mississipi : tels furent les résultats
appréciables de cette période, relativement longue, de
tranquillité.
Jè&. et Nouv.-Fr. au t&* «. — T. //. X On n'a pas oublié l'aperçu général que nous avons donné
des œuvres catholiques, accomplies pendant l'épiscopat de
Mgr de Saint-Vallier, depuis son retour à Québec jusqu'à sa
mort. Sous ses successeurs, l'instruction religieuse des sémi­
naires et des écoles et l'administration des paroisses sui­
virent une marche ascendante *.
« La religion étant le premier objet que Sa Majesté se
proposait dans rétablissement des colonies », le Roi eut
soin de recommander à tous les gouverneurs, dans ses
instructions, « de donner une application de préférence à
tout ce qui pourrait en procurer l'avancement dans l'éten­
due de leur gouvernement ». Il y tenait d'autant plus pour
le Canada, que « cette colonie était la seule où un évêque
2fût établi ».
Afin d'arriver à ce résultat tant désiré, le Roi « recomman­
dait particulièrement — rien n'étant plus intéressant pour
le bien de la religion — la bonne intelligence entre les chefs
de tous les ordres dans la colonie », entre Tévêque, le gou­
verneur et l'intendant. Ils devaient se concerter dans
toutes les affaires qui pouvaient leur être communes^.
Le concert entre ces trois chefs n'exista pas toujours
malheureusement, même sur des questions de première
importance. Ils s'entendirent cependant, généralement par­
lant, de manière à établir sur de larges bases l'église
canadienne. Sous l'épiscopat du dernier évêque de la domi­
nation française, après cent trente ans de luttes et de
dévouement, le clergé de lu"* Nouvelle-France voyait ses
paroisses en bonne partie organisées, ses séminaires, ses
1. Cf. Mgr Têtu, Biographies de Mgrs de Mornay, Dosquet, de
Lauberîvière et de Pontbriand.
2. Mémoire du Roi pour servir d'instruction au sieur Marquis de la
Jonquière, 30 avril 1749. — Fait à Versailles. Louis. Contresigné :
ROUILLÉ.
3. Ibid, — 3 -
écoles et ses œuvres hospitalières fonctionnant avec régu­
1
larité . Si le progrès obtenu ne fut pas plus considérable,
la faute n'en peut être attribuée à ses prêtres, dont le zèle
est connu, mais au gouvernement de la métropole, qui
tout en désirant l'avancement de la religion, ne fit pas
assez pour le procurer.
Un point particulier resta toujours en litige entre les
évêques et les gouverneurs : ce fut la nomination aux
cures. Les cures étaient desservies par les prêtres séculiers
et par des Récollets ; et c'est l'évêque qui nommait à ces
cures. « L'usage suivi jusqu'à présent, disent les Instruc­
tions de 1749 à M. de la Jonquière, a été de lui laisser la
liberté de changer les curés ; et cet usage avait pour objet
de pouvoir distribuer dans chaque cure des sujets qui
1. D'après les Instructions du Roi à M. de la Jonquière, voici l'état
des maisons d'éducation et hospitalières en 1749 : « Les Jésuites ont un
collège à Québec, où les jeunes gens de famille reçoivent les prin­
cipes de Téducation ; et il y a un séminaire dont les prêtres des
missions étrangères ont la conduite... Il y a encore dans chacune
des villes de Québec, des Trois-Hivières et de Montréal, un hôpital
desservi par des religieuses Ursulines, et un quatrième à Québec
nommé l'hôpital général. Dans ce dernier sont reçus les vieillards
et les infirmes; et ils y sont entretenus de tout, au moyen des
secours que Sa Majesté accorde à cet hôpital. Il en avait été établi
un autre à Montréal pour le même objet, lequel était desservi par des
frères qu'on appelait les frères Charrons, mais le dérangement survenu
dans les affaires de cet hôpital l'a mis hors d'état de se soutenir. Les
religieuses qui desservent les trois autres hôpitaux doivent leurs
secours par préférence aux officiers et aux soldats des troupes, aux
équipages des vaisseaux de Sa Majesté, à ceux des navires mar­
chands, et ensuite aux habitants et autres qui en ont besoin. L'ad­
ministration en regarde particulièrement l'intendant... Il a été établi
à Montréal une communauté de sœurs de la Congrégation, dont le
principal objet est d'apprendre à lire aux enfants des paysans de la
campagne. Enfin, à Québec, il y a encore un couvent de religieuses
Ursulines, qui sont chargées d'élever des filles de sauvages, et où des
particuliers aisés delà colonie font aussi élever les leurs... » - 4 -
pussent y convenir, de rappeler ceux dont la conduite ne
répondait pas à leur état, et enfin de récompenser ceux,
qui après avoir desservi pendant un certain temps des
cures d'un revenu modique, auraient mérité d'en avoir de
1
plus considérables . »
Toutefois, si Ton s'en rapporte à ces instructions, « le
clergé de la colonie et les sieurs Beauharnais et Hocquart
représentèrent (au gouvernement) qu'il serait plus avanta­
geux, à tous égards, de ne plus .laisser subsister cet usage,
qui avait pu être nécessaire dans les commencements de
l'établissement de la colonie, par rapport à la difficulté
qu'avaient lès évêques de pourvoir chaque cure d'un sujet
convenable », mais qui n'avait plus désormais sa raison
d'être suffisante. Ils croyaient à la nécessité de fixer les
cures, et ils en donnèrent les motifs. Le Ministre de la
Marine « chargea donc les sieurs de Beauharnais et
Hocquart de se concerter avec Mgr de Pontbriand, pour
examiner la matière avec soin et expliquer leur avis, afin
que Sa Majesté pût prendre un parti définitif à cet
2
égard ». .
En 1749, Sa Majesté n'avait pas encore reçu les éclair­
cissements demandés.
Elle avait encore « donné ordre d'examiner les arran­
gements qu'il pourrait y avoir à prendre pour régler la
perception des dîmes dans la colonie, règlement que le
clergé demandait » ; mais sur ce point encore, aucun ren­
seignement ne lui était parvenu.
En confiant à M. de la Jonquière le gouvernement géné­
ral du Canada, le Roi lui prescrivit de se concerter avec
1. On lit dans ces Instruction* : « C'est le séminaire de Saint-
Sulpice à Paris qui est seigneur de Montréal. Il y a une maison où il
entretient toujours un certain nombre de prêtres dont un fait les
fonctions curiales. »
2. Instructions à M. de la Jonquière.

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