Lorsque le B2i est arrivé son annonce a étéreçue comme une reconnaissance par tousles enseignants qui depuis longtemps s'in vestissaient dans les nouvelles technologies convaincus de leur intérêt pour leur enseigne ment souvent sans compter le temps qu'ils accor daient cette activité chronophage Enfin l'ins titution par un acte officiel affirmait la promotion de l'usage des nouvelles technologies dans l'en seignement

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Le B 2 i 14 TRIBUNE LIBRE TR IB UN E LIBRE Lorsque le B2i est arrivé, son annonce a étéreçue comme une reconnaissance par tousles enseignants qui depuis longtemps s'in- vestissaient dans les nouvelles technologies, convaincus de leur intérêt pour leur enseigne- ment, souvent sans compter le temps qu'ils accor- daient à cette activité chronophage. Enfin, l'ins- titution, par un acte officiel, affirmait la promotion de l'usage des nouvelles technologies dans l'en- seignement. Et puis il a fallu le mettre en place. Bien sûr, tous les établissements n'étaient pas encore suf- fisamment équipés, bien sûr les enseignants pas assez formés, bien sûr certains chefs d'établisse- ment s'en désintéressaient et certains profes- seurs de technologie avaient parfois du mal à se positionner et oscillaient entre l'appropriation jalouse et l'indifférence. Mais c'était un début et il fallait réunir les atouts en présence (personnes- ressources et matériel) et faire avec. Seulement voilà, concrètement, comment faire ? De l'enthousiasme au désarroi Il n'aura fallu que quelques mois pour que le Ministère mette à disposition des enseignants les documents d'accompagnement sur Educnet et les exemples de feuilles de position et d'attesta- tion sur Eduscol. Cette initiative est certes fort louable, mais ne semble pas avoir suffi à mobili- ser les troupes.

  • découragement de la part des personnes-ressources en charge

  • personne ressource

  • cd-rom du commerce

  • organisation consé- quente

  • enseignants en salle informatique

  • problèmes techniques

  • outil de gestion


Publié le : mardi 19 juin 2012
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Source : cndp.fr
Nombre de pages : 3
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LIBRE l n’y a pas de « pensée B2i » et le sujet est tout i désigné pour une Tribune libre desDossiersLes auteurs sollicités disposent d’un bon poste d’observation sur la question et leurs opinions contradictoires, parfois franchement critiques, sont susceptibles de faire avancer le débat. Parole est ici donnée à: – une enseignante, aide de proximité dans l'utilisation pédagogique des TICE, qui a suivi la mise en place du B2i dans une dizaine de collèges au cours de l'année scolaire 2001-2002; – un observateur qui, grâce à ses contacts européens, a pu esquisser une image des diverses formes de validation en vigueur ou en projet; – un chercheur intéressé par la question des TICE et par celle de l’innovation; – un des principaux animateurs d’un maintenant célèbre bulletin électronique qui avait lancé une enquête en ligne sur le sujet du B2i. Précieux complément dans le CD d’actu, la rubrique « Articles et Dossiers » propose un ensemble tout à fait significatif des textes parus dans les revues amies et sur la Toile.
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Cinq atoutsp la mise en œu
Caroline d’Atabekian
ANIMATRICE POINT M…DIA CONSEIL ACAD…MIE DE CR…TEIL
Comment faire pour que la validation du B2i puisse devenir un acte naturel de l'enseignant dans sa classe?
orsque le B2i est arrivé, son annonce a été reçue comme une reconnaissance par tous vLestissaient dans les nouvelles technologies, les enseignants qui depuis longtemps s'in-convaincus de leur intérêt pour leur enseigne-ment, souvent sans compter le temps qu'ils accor-daient à cette activité chronophage. Enfin, l'ins-titution, par un acte officiel, affirmait la promotion de l'usage des nouvelles technologies dans l'en-seignement. Et puis il a fallu le mettre en place. Bien sûr, tous les établissements n'étaient pas encore suf-fisamment équipés, bien sûr les enseignants pas assez formés, bien sûr certains chefs d'établisse-ment s'en désintéressaient et certains profes-seurs de technologie avaient parfois du mal à se positionner et oscillaient entre l'appropriation jalouse et l'indifférence. Mais c'était un début et il fallait réunir les atouts en présence (personnes-ressources et matériel) et faire avec. Seulement voilà, concrètement, comment faire?
De l'enthousiasme au désarroi Il n'aura fallu que quelques mois pour que le Ministère mette à disposition des enseignants les documents d'accompagnement sur Educnet et les exemples de feuilles de position et d'attesta-tion sur Eduscol. Cette initiative est certes fort louable, mais ne semble pas avoir suffi à mobili-ser les troupes. Si les documents d'accompagne-ment permettent par des exemples concrets de bien cerner l'esprit du B2i, qui ne consiste pas en simples tests d'informatique mais doit permettre de valider des compétences dans un contexte pédagogique ayant un objectif disciplinaire, ils présentent des exemples d'activités TICE simples
our réussir vre du B2i
et s'adressent de ce fait à des enseignants novices qui, généralement, ne se sentent pas encore en mesure de mettre en œuvre le B2i, cependant que les enseignants qui utilisaient déjà les nou-velles technologies dans leurs cours et qui, eux, prennent en charge la validation du brevet, ne trouvent pas de réponse concrète aux problèmes d'organisation induits par le B2i. La difficulté en effet vient davantage du côté de l'organisation pratique que de l'usage pédago-gique des TICE, et c'est sur ce point que nous avons rencontré le plus de découragement de la part des personnes-ressources en charge de sa mise en place. Quand on est en cours, avec vingt-cinq élèves sur les ordinateurs, comment faire quand cinq d’entre eux nous appellent à tour de rôle pour nous demander de valider telle ou telle compétence (à supposer qu’ils soient bien infor-més du fonctionnement du B2i), s'il faut pour chacun prendre cinq minutes pour vérifier que la compétence est acquise, remplir et signer la feuille de position…?« Ah non, moi je valide les compétences de mes élèves après le cours », me dit avec détermination un professeur de fran-çais, décidément motivé. Un administrateur réseau désespéré:« Les feuilles de position, c'est une catastrophe; ils les perdent ou ils ne les ont jamais sur eux, on ne sait plus ce qui a été validé, il y a de fausses signatures… » C'est dans ce climat de perplexité croissante qu'ont commencé à poindre çà et là quelques ini-tiatives heureuses dont les plus opportunes se sont imposées, et tout particulièrement les outils de gestion informatisés permettant le suivi cen-tralisé des résultats des élèves. Enfin, on pouvait en quelques clics de souris avoir accès à la feuille de position d'un élève, lui soumettre un exercice pour vérifier l'acquisition de la compétence pour laquelle il nous sollicitait, et valider celle-ci. Dans le district dont je m'occupe, pourtant, en tant qu'aide de proximité pour tout ce qui concerne l'utilisation pédagogique des nouvelles technologies, c'est généralement le décourage-ment qui l'emporte chez les personnes-res-sources :les enseignants (quand ils savent ce qu’est le B2i) n'ont pas le temps de s'y impliquer,
ne veulent pas faire l'effort de se servir de la base de données – qui par ailleurs est difficile à ins-taller sur le réseau –, le chef d'établissement ne suit pas, ou bien a confié le tout aux professeurs de technologie (quand ils ne sont pas tombés dans le piège de faire passer une épreuve B2i en fin d'année à partir de CD-Rom du commerce)…
Les clés de la réussite
J'ai pourtant vu deux collèges où le B2i me parais-sait bien parti. Ils existent. Et, à partir de ce constat, j'ai pu déterminer cinq points absolu-ment nécessaires pour que le B2i fonctionne dans un établissement. Le premier, et le plus important, concernele chef d'établissement. Rien de constructif ne se fait dans un collège dont le principal est indiffé-rent au B2i. Il faut non seulement qu'il y prête attention, mais encore qu'il en ait compris l'esprit (j'ai vu un chef d'établissement commander lui-même des CD-Rom B2i pour faire passer une épreuve terminale aux élèves). Il faut encore qu’il parvienne à réunir une équipe pour en organiser la mise en place et à lui accorder du temps. Il rend considérablement service à cette équipe si, en outre, il prend lui-même le temps de présen-ter aux enseignants le B2i et de leur faire part de l'intérêt qu'il y porte. Le deuxième atout estune équipe motivée; des enseignants évidemment favorables au B2i, qui en saisissent l'intérêt, et désireux d'impliquer les autres enseignants dans l'aventure informa-tique. Les personnes-ressources savent que faire venir les enseignants en salle informatique n'est pas chose facile et que s'ils y parviennent il faut les aider non seulement à préparer leurs cours, mais encore les assister dans leur déroulement et,
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pourquoi pas, se charger, au moins les premières fois, de valider quelques items en passant. Le troisième point découle des deux précé-dents :l'équipe d'enseignantsen charge de la mise en place du B2i doit êtredisponible. Là encore, rien ne peut se faire s'il n'y a pas un temps pour s'occuper des problèmes techniques (mise en service et maintenance de la base de données entre autres) et pédagogiques (présentation du B2i aux enseignants, des documents d'accompa-gnement, explicitation, assistance, etc.). Il faut aussique l'information passe auprès des élèves! J'ai vu un collège où, lors des cours en salle informatique, les élèves ont pris l'habitude de solliciter les enseignants pour la validation de leurs compétences. Dans ce collège, on avait accordé en début d'année à la personne-ressource une heure par classe de troisième pour présenter le B2i, ses enjeux, son esprit, son organisation. Il faut, enfin,des outils adaptés. Un livret papier peut servir, il ne suffit généralement pas. Le rapport de l'IGEN de juillet 2001 préconisait un système de validation à l'échelle nationale « permettant [...] de garder mémoire des com-pétences validées: carte à puce en possession de l'élève, données liées aux applications informatiques de gestion des élèves, etc. ».Sans aller jusqu'aux cartes à puce, on peut déplorer que cette proposition n'ait pas trouvé d'écho jusque-là et qu'il ait fallu qu'une dizaine d'outils de ce type aient été créés de façon quelque peu anarchique, sans concertation, souvent par les enseignants eux-mêmes qui en ont ensuite fait bénéficier leur académie, outils qui se font aujour-d'hui concurrence.
Le B2i ne mange pas de pain
Certains projets d'envergure ont remué les foules ces dernières années: TPE, IDD… modifiaient la DHG et supposaient une organisation consé-quente. Le B2i, lui, est passé presque inaperçu. Il faut dire qu'il ne dérange pas beaucoup: il ne menace pas les heures d'enseignement, et seuls les enseignants impliqués dans les nouvelles tech-nologies se sont sentis concernés et ont salué son arrivée. Si après deux ans il en ressort un certain découragement, on l'attribuera peut-être au peu d'écho qu'ont eu les recommandations de l'Ins-pection générale en juillet 2001. On pourra aussi s'interroger sur les objectifs qui ont présidé à l'élaboration de ce brevet: il est là pour « réduire la fracture numérique », nous dit-on, et faire adopter aux élèves une attitude citoyenne face aux nouvelles technologies. Mais personne n'a jamais dit que le B2i était instauré pour favoriser l'usage des nouvelles technologies dans l'ensei-gnement.
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