METACOGNITION DE LA FATIGUE MENTALE ET CONTRIBUTION DE L'EPS A L'EDUCATION POUR LA SANTE

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  • cours - matière potentielle : eps

  • leçon - matière potentielle : contraignantes


METACOGNITION DE LA FATIGUE MENTALE ET CONTRIBUTION DE L'EPS A L'EDUCATION POUR LA SANTE Atelier A - Education pour la Santé, milieu scolaire et APS Annie Mansy-Dannay* et Alain Guerrien** UPRES EA 2453 « Temps, Emotion et Cognition », Université Charles De Gaulle * Faculté des Sciences du Sport et de l'Education Physique, Université de Lille II, 59 790 Ronchin, tel : , Email : ** UFR de Psychologie, Université Charles De Gaulle – Lille 3, BP 149, 59 653 Villeneuve d'Ascq, cedex, tel : , Email : La prise de conscience, depuis quelques années, de l'importance du bien-être mental dans la Santé justifie amplement une réflexion et des recherches sur le rôle éducatif que peut jouer l'école dans le développement des connaissances métacognitives de l'élève. Les activités rencontrées dans le domaine scolaire nécessitent une implication durable, c'est à dire une attention soutenue génératrice de fatigue mentale. La prévention par l'élève de sa fatigue mentale suppose qu'il puisse la différencier de la fatigue physique. Le cours d'EPS peut-il fournir des occasions privilégiées pour faire apparaître cette différenciation ? Nous avons pu effectivement montrer chez des élèves de collège, en golf, une dissociation entre l'évolution des fréquences cardiaques et l'évolution des auto-évaluations de fatigue mentale.

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Publié le : vendredi 8 juin 2012
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Source : univ-littoral.fr
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METACOGNITION DE LA FATIGUE MENTALE ET
CONTRIBUTION DE L’EPS A L’EDUCATION POUR LA SANTE
Atelier A - Education pour la Santé, milieu scolaire et APS
Annie Mansy-Dannay* et Alain Guerrien**
UPRES EA 2453 « Temps, Emotion et Cognition », Université Charles De Gaulle
* Faculté des Sciences du Sport et de l’Education Physique, Université de Lille II, 59
790 Ronchin, tel : 03 20 88 73 71, Email :
amansy@mailsc.univ-lille2.fr
**
UFR de Psychologie, Université Charles De Gaulle – Lille 3, BP 149, 59 653
Villeneuve d’Ascq, cedex, tel : 03 20 41 63 46, Email :
guerrien@univ-lille3.fr
La prise de conscience, depuis quelques années, de l’importance du bien-être mental
dans la Santé justifie amplement une réflexion et des recherches sur le rôle éducatif que
peut jouer l’école dans le développement des connaissances métacognitives de l’élève.
Les activités rencontrées dans le domaine scolaire nécessitent une implication durable,
c’est à dire une attention soutenue génératrice de fatigue mentale.
La prévention par l’élève de sa fatigue mentale suppose qu’il puisse la différencier de la
fatigue physique. Le cours d’EPS peut-il fournir des occasions privilégiées pour faire
apparaître cette différenciation ? Nous avons pu effectivement montrer chez des élèves
de collège, en golf, une dissociation entre l’évolution des fréquences cardiaques et
l’évolution des auto-évaluations de fatigue mentale. Comment l’élève analyse-t-il sa
fatigue en cours d’EPS ? Une seconde étude au collège fait apparaître une
méconnaissance du travail cognitif réalisé en cours d’EPS, et une méconnaissance de la
fatigue mentale en général.
Mots-clés : Fatigue mentale, métacognition, EPS
Type de communication souhaité : communication orale
Support technique : transparents
METACOGNITION DE LA FATIGUE MENTALE ET
CONTRIBUTION DE L’EPS A L’EDUCATION POUR LA SANTE
Annie Mansy-Dannay* et Alain Guerrien**
UPRES EA 2453 « Temps, Emotion et Cognition », Université Charles De Gaulle
* Faculté des Sciences du Sport et de l’Education Physique, Université de Lille II,
59 790 Ronchin, tel : 03 20 88 73 71, Email :
amansy@mailsc.univ-lille2.fr
**
UFR de Psychologie, Université Charles De Gaulle – Lille 3, BP 149, 59 653
Villeneuve d’Ascq, cedex, tel : 03 20 41 63 46, Email :
guerrien@univ-lille3.fr
La prise de conscience, depuis quelques années, de l’importance du bien-être mental
dans la Santé justifie amplement une réflexion et des recherches sur le rôle éducatif que
peut jouer l’école dans le développement des connaissances métacognitives de l’élève.
Les activités rencontrées dans le domaine scolaire nécessitent une implication durable
de la part de l’élève. La plupart des apprentissages scolaires supposent un étalement
dans le temps, donc un renouvellement continu de la focalisation attentionnelle et une
persistance de l’activité. Tout enseignant sait à quel point il est difficile de maintenir
l’attention des élèves lors de leçons contraignantes par leur difficulté ou les répétitions
qu’elles engendrent. On parle alors devant ces états vécus subjectivement comme
désagréables de baisses d’attention, de chutes de vigilance, parfois de fatigue. Tous ces
concepts, familiers dans le langage courant, sont difficiles à discriminer sur le plan
scientifique. La notion d’attention soutenue est celle qui correspond le mieux à ces
situations où le sujet doit effectuer une activité sur une durée plus ou moins longue. Le
concept d’attention recouvre une multiplicité de processus (Camus, 1996) contribuant
par exemple à la focalisation sélective (ou sélection attentionnelle) et au maintien de
l’attention (ou attention soutenue). On peut remarquer, avec Camus, que les
composantes sélectives de l’attention sont aujourd’hui bien mieux connues que les
mécanismes de son maintien.
La notion de fatigue est polysémique. Parfois, elle est comprise comme englobant
fatigue physique et fatigue mentale. Parfois, elle est réduite à son aspect pathologique
(fatigue chronique). Le plus souvent, la fatigue mentale demeure ignorée à l’école, et
ceci même en EPS, où l’étude de la fatigue porte essentiellement sur ses composantes
physiques. La notion de fatigue mentale demeure relativement mal connue et peu
étudiée en psychologie cognitive. Si elle est couramment définie comme un phénomène
survenant consécutivement à un effort cognitif prolongé, elle reste néanmoins difficile à
opérationnaliser. Sans doute faut-il distinguer une fatigue objective, qui se traduit par
une dégradation observable dans les performances, et une fatigue subjective,
caractérisée par un sentiment de déclin de l’efficience, une impression de difficulté à
focaliser son attention sur l’activité en cours, et de devoir fournir un effort accru pour la
mener à bien.
Les résultats de nos recherches récentes ont fait apparaître un certain nombre de
principes pour favoriser le bien-être mental, le maintien de l’attention, la satisfaction de
la personne, et minimiser sa fatigue mentale (Guerrien et Mansy, 2002 ; Guerrien et al.
2002). Parmi ces principes, il apparaît que l’organisation inter-séances et intra-séance
des activités de l’élève en EPS constitue un aspect privilégié pour la prévention des
fluctuations de l’attention, ce qui souligne l’importance de la didactique et de la
pédagogie mises en oeuvre par l’enseignant. Toutefois, la réflexion sur les conditions
organisationnelles de prévention de la fatigue mentale ne peut suffire à expliquer
l’appropriation et la gestion par l’élève de son fonctionnement mental. En effet, pour
que l’élève puisse gérer efficacement son fonctionnement attentionnel en tenant compte
de son état de fatigue mentale, il lui est nécessaire de pouvoir identifier celle-ci et la
différencier de la fatigue physique.
Le cours d’EPS peut-il fournir des occasions privilégiées pour faire apparaître cette
différenciation ?
La première étude présentée permet de répondre par l’affirmative. Chez 12 élèves de
classe de 4
ème
inscrits en section golf, nous avons pu montrer une dissociation entre
l’évolution des fréquences cardiaques (mesurées toutes les 5 minutes pendant une
séance d’une heure quarante cinq) et l’évolution des auto-évaluations de fatigue
mentale. Le constat de telles dissociations pourrait constituer un bon moyen de prise de
conscience par l’élève de l’existence de la fatigue mentale et de ses déterminants. La
prise de conscience de ce que l’activité physique réclame aussi un effort cognitif va à
l’encontre de bien des idées reçues : l’EPS ne peut être assimilée à une simple activité
de défoulement ; une efficience attentionnelle soutenue y est nécessaire et l’orientation
motivationnelle peut contribuer à moduler l’efficience cognitive.
Comment l’élève analyse-t-il sa fatigue en cours d’EPS ?
Dans le cadre d’une seconde étude, menée auprès de 47 élèves de classe de 5
ème
et de
3
ème
, nous avons pu mieux connaître les représentations que les élèves se font du travail
en EPS. Ainsi, pour la question « Quand travailles-tu le plus en EPS ? », les élèves
adhèrent massivement à la proposition « Quand je fais un effort physique », alors que
les choix sont beaucoup plus partagés sur la proposition « quand je suis amené(e) à
réfléchir ». Les choix en désaccord avec cette dernière proposition ont d’ailleurs
tendance à l’emporter sur ceux qui l’approuvent. C’est la représentation du travail
« cognitif » lui même qui est en jeu dans ce processus. En effet, pour la question
« Après quelle activité es-tu le plus fatigué(e) ? », la proposition « après un effort
physique » est plébiscitée, tandis que la proposition « après un devoir surveillé » a
tendance à être réfutée.
Par la richesse des sollicitations qu’elle implique et par la variété des ressources
sollicitées,
l’EPS
nous
semble
constituer
une
discipline
d’enseignement
particulièrement adaptée à un travail éducatif centré sur les métacognitions de la fatigue,
de la fatigue mentale, de l’attention. Cette contribution originale à une meilleure
connaissance chez l’élève des déterminants de son bien-être mental et de sa santé rejoint
de nombreuses finalités de dosage de l’effort, de connaissance de soi et de gestion de sa
vie physique, soulignées dans les Instructions Officielles.
Références
Camus, J.F. (1996).
La psychologie cognitive de l’attention
. Paris, Armand Colin.
Guerrien, A., Mansy-Dannay, A., Brumaud, N., Caron, N., Demars, F. & Roussel, V.
(2002) .
La succession des activités scolaires : effets attentionnels et motivationnels des
compétences sollicitées lors de deux enseignements consécutifs et à l’intérieur d’un
même enseignement
, Pädagogische Psychologie und ihre Anwendungen, Editions
Verlag Die Blaue Eule, Essen, à paraître.
Guerrien, A. & A. Mansy-Dannay (2002)
Attention Soutenue et Motivation : une
approche chronopsychologique
, Psychologie Canadienne, à paraître.
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