Musée et mémoire – Journée internationale des musées 2011

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Musée et mémoire – Journée internationale des musées 2011 La Journée internationale des musées, créée en 1977 par le Conseil international des musées (ICOM), est célébrée chaque année aux alentours du 18 mai. Partout dans le monde, les musées fêtent cette journée en organisant des activités. Le thème retenu pour la prochaine édition de la Journée internationale des musées (JIM) est « Musée et mémoire ». Pour se préparer à la JIM 2011, un atelier a été organisé en septembre à Berlin lors duquel des représentants de l'ICOM et d'autres organisations « conservatrices de mémoire » (le Conseil international des archives (ICA), la Fédération
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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Source : network.icom.museum
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Musée et mémoireJournée internationale des musées 2011 La Journée internationale des musées, créée en 1977 par le Conseil international des musées (ICOM), est célébrée chaque année aux alentours du 18 mai. Partout dans le monde, les musées fêtent cette journée en organisant des activités. Le thème retenu pour la prochaine édition de la Journée internationale des musées (JIM) est « Musée et mémoire ». Pour se préparer à la JIM 2011, un atelier a été organisé en septembre à Berlin lors duquel des représentants de l’ICOM et d’autresorganisations «conservatrices de mémoire » (le Conseil international des archives (ICA), la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions (IFLA), le Conseil de coordination des associations d'archives audiovisuelles (CCAAA) et le programme Mémoire du monde de l'UNESCO, qui vise la conservation du patrimoine documentaire)se sont mis d’accord pour coopérer en vue de célébrer la JIM et son thème. J’étais invitée à Berlin en tant que représentante du programme Mémoire du monde de l’UNESCO. L’atelier était organisé par le Comité international pour les musées littéraires (ICLM) de l’ICOM et l’Association des musées de la grande région (AMGR, réseau transfrontalier qui fédère les établissements de Sarre, Rhénanie-Palatinat, Lorraine, Wallonie et Luxembourg). Le lieu choisi pour l’atelier, tout près de sites qui sont pourl’Allemagneun rappel des e événements tragiques de l’histoire de sonsiècle, se prêtait bien à une discussion XX centrée autour de la mémoire. L’atelier s’est dérouléà la Maison de la Sarre à Berlin, qui donne sur le mémorial aux Juifs assassinés d’Europe, un terrain de 1.900 mètres carrés sur lequel se détachent, aussi austères qu’impressionnantes, 2.700une pour stèles, chaque page du Talmud, un des textes canoniques juifs. Au sous-sol du mémorial, un centre d’information présente la liste complète de toutes les victimes juives connues de l’Holocauste, fournie par le mémorial Yad Vashem en Israël.Tout proches également, des vestiges du mur de Berlin, qui a longtemps coupé en deux la ville, de 1961 à 1990, etCheckpoint Charlie, le poste-frontière de l’armée américaine qui contrôlait, sur la rue Friedrichstrasse, les passages entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Il s’y trouve aujourd’hui unmusée, qui commémore en allemand, anglais, français et russe son rôle central dans la guerre froide, durant laquelle il fut un point de tension constant.
Une exposition à l’air libre,Topographie de la terreur, retrace l’histoire de l’Allemagne, de l’apogée puis la chute du troisième Reich aux événements qui ont conduit à la chute du mur de Berlin il y a 20 ans en passant par la division du pays en Est communiste et Ouest démocratique. À l’aide de panneaux, d’images forteset d’enregistrements audio, l’expositionprésente sans rien épargner au visiteur l’une des pages les plus noires de l’histoire de l’humanité. Il est terrifiant de prendre un audioguide et d’entendre la voix d’Hitler, l’homme qui s’est rendu coupable, par ses mots et ses actions, d’une destruction à grande échelle dont les traces sont encore visibles dans le Berlin d’aujourd’hui.
Près de l’expositionTopographie de la terreur setrouve le musée Martin-Gropius-Bau, pensé lors de sa fondation au dix-neuvième siècle comme musée des arts appliqués et reconverti aujourd’hui en espace dédié aux expositions temporaires, à l’art et à la culture. Sa somptueuse façade a été soigneusement restaurée, à l’exception de la statue située à l’entrée.Noire de saleté, mutilée par les bombardements, elle incarne les ravages que provoque la guerre.
En tant que présidente du Comité consultatif international du programme Mémoire du monde, ma tâche lors de l’atelier était de souligner le rôle des musées dans ce programme, et en particulier leur présence dans les registres internationaux, régionaux et nationaux de la Mémoire du monde, qui dressent à ces trois niveaux une liste du patrimoine documentaire d’importance mondiale.
L’objectif de ces registres et de sensibiliserle public au rôle que joue le patrimoine documentaire dans la préservation de la mémoire du monde et de le protéger d’une destruction pour cause de catastrophe naturelle, actes de violence d’origine humaine, négligence ou manque de soins.Élargir l’accès au patrimoine documentairedans le monde entier est un autre objectif clé du programme Mémoire du monde.
Les musées ne sont pas aussi présents dans les registres de la Mémoire du monde que les bibliothèques ou les archives : des 193 collections actuellement inscrites au registre international de la Mémoire du monde, seules 23 appartiennent à ou sont conservées dans un musée. Or les musées jouent un rôle considérable pour ce qui est de recueillir et conserver la mémoire et de la rendre accessible. Les musées réunissent des documents ainsi que des objets en trois dimensions, mais également du patrimoine oral. Ils rendent accessibles ces documents grâce à leurs expositions et, de plus en plus, grâce à leur site internet.
J’ai saisi l’occasion de porter à l’attention de collègues de muséesétrangers et d’organisations non-gouvernementales des exemples du travail accompli par le Musée
national australien et par d’autres établissementspour souligner l’importance du patrimoine documentaire et de la mémoire dont il est dépositaire.
Le Musée national et la Bibliothèque nationale australiens coopèrent actuellement pour recueillir les témoignages des « Australiens oubliés », ces 500.000 enfants immigrés ou pupilles de la nation qui ont grandi au vingtième siècle dans des internats ou foyers d’accueil,ce qui, pourla plupart d’entre eux,se traduit par des souvenirs douloureux et une vie brisée.
Afin de reconnaître et de ne pas oublier les expériences vécues par ces hommes et ces femmes dans leur enfance, le ministère de la Famille, du Logement, des Services à la communauté et des Affaires aborigènes(FaHCSIA) finance l’exposition du Musée national australien intituléeInside: Life in Children's Homes(À l’intérieur: la vie dans les foyers d’enfants), prévue pour novembre 2011 et dont les commissaires sont le Dr Jay Arthur et le Dr Adele Chynoweth. La préparation de l’exposition est encore en cours, maisdes informations sont déjà disponibles sur le site du musée à l’adresse suivante: www.nma.gov.au/blogs/inside.
Le Dr Joanna Sassoon dirige le projetde la Bibliothèque nationale sur l’histoire oraledes Australiens oubliés. Les photos, autres documents, enregistrements et autres témoignages de ces Australiens sont disponibles sur le site webForgotten Australians: Our History (Australiensoubliés :notre histoire)à l’adresse suivante: http://forgottenaustralianshistory.gov.au/index.html.
Le témoignage de Wilma Robb, Australienne oubliée, a été enregistré lors d’une interview dans le cadre du projet de la Bibliothèque nationale, et sera inclus également dans l’exposition du Musée national. Lors d’un séminaire au musée le 7 octobre 2010, me MRobb a fait part de ce qu’elle avait vécu ainsi que de sa détermination à raconter son histoire, malgré « les horribles souvenirs » qui lui revenaient. Car, pour elle, « il est important de ne pas seulement connaître l’histoire, mais d’avoir entendu la personne la raconter et de voir les photos de la petite fille qui a dû vivre dans un internat dès l’âge 1 de cinq ans ».
Le Musée national australien collabore également avec des établissements étrangers qui lui prêtent du patrimoine documentaire pour le rendre accessible à un public mondial. L’exposition en cours dans laStudio Gallerydu musée, intituléeExploration & Endeavour: the Royal Society of London and the South Seas(Exploration et voyages
1 Natasha Rudra, «Painful stories of a country’s shame»,Canberra Times, 8 octobre 2010
scientifiques, l’aventure de l’Endeavour: laRoyal Societyde Londres et les mers du sud), fait découvrir au public des documents clés pour comprendrel’histoire de laRoyal Societyet son rôle dans l’exploration du Pacifique et l’étude scientifique du continent e e australien de la fin du 18au début du 19siècle.
Les documents exposés témoignent des avancées dans les domaines de la navigation, l’hygiène et la nutrition, la météorologie, l’astronomie et la zoologie réalisées grâce aux voyages d’exploration dans le Pacifique, dans lesquels laRoyal Societyses membres et ont joué un grand rôle. Ces documents font également la lumière sur la personnalité de certains des principaux acteurs de l’histoire des contacts entre l’Europe et le Pacifique, notamment James Cook et Sir Joseph Banks. Les visiteurs qui s’intéressent à d’autres documents que ceux exposés ou qui ne peuvent venir à l’exposition (ou les deux) peuvent se tourner vers le site du musée, qui a mis en ligne chaque page de chaque document, et permet au lecteur de faire un zoom sur la partie qui l’intéresse. L’exposition est en ligne à l’adresse suivante :http://www.nma.gov.au/exhibitions/exploration_and_endeavour/. Que peuvent faire les muséespour attirer l’attention sur le rôle important qu’ils jouent pour recueillir, conserver et rendre accessible cette mémoire présente dans les documents les plus divers ?L’ICOM a proposé un certain nombre de thématiques pour la JIM 2011, y compris : Soins et accès aux collections (y compris documentaires) Histoire des musées : quel est le thème de votre musée ? Mémoire oubliée Mémoire, continuité et identité (y compris familiale) Jusqu’à mai 2011, l’ICOM promouvra le thème «Musée et mémoire» de la JIM 2011 grâce à des affiches en 36 langues et un site web dédié. Ce dernier proposera du contenu se rapportant aux thématiques ci-dessus ainsi que des exemples de meilleures pratiques et de projets communs,conçus lors de l’atelier à Berlin,proposés pour la JIM 2011. Roslyn Russell Conseillère en muséologie spécialisée en histoire, programmes publics et marketing
Images
Vue partielle du mémorial aux Juifs assassinés d’Europe (appelé aussi mémorial de l’Holocauste), à deux pas de la porte de Brandebourg, au centre de Berlin
Statue mutilée à l’entrée dumusée Martin-Gropius-Bau, témoin des ravages provoqués par la guerre
Vestiges du mur de Berlin, rappel d’une ville et d’un pays autrefois divisés
ExpositionTopographie de la terreur, encadrée par le plus grand pan encore debout du mur de Berlin Photos : Roslyn Russell
Dessin représentant un ornithorynque, de l’expositionExploration and EndeavourPhoto mise à disposition par laRoyal Societyde Londres
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