Note 6 - Conservation des sols-corrigé

De
Publié par

  • mémoire
  • exposé
Pôle Développement Durable et Territoires Méditerranéens – Responsable : Yvette Lazzeri – CERIC, Université Paul Cézanne - 3 avenue Robert Schuman 13628 Aix en Provence - Février 2011 La conservation des sols : un enjeu pour les territoires méditerranéens Le sol, entité naturelle aux formes multiples, est le système le plus complexe étudié par la science. Le sol est une rencontre entre les roches, la flore et la faune dont l'inventaire reste à faire, l'air, et l'eau, sans quoi rien ne serait possible.
  • pôle développement
  • développement durable dans l'espace méditerranéen
  • détérioration de la qualité de vie des habitants
  • zones de loisirs
  • méditerranéenne de l'ex-yougoslavie
  • terre
  • terres
  • eau
  • eaux
  • environnement
  • environnements
Publié le : mardi 27 mars 2012
Lecture(s) : 16
Source : pole-developpementdurable.univ-cezanne.fr
Nombre de pages : 5
Voir plus Voir moins
 http://www.pole-developpementdurable.univ-cezanne.fr
LesNotes duPôle6
 La conservation des sols : un enjeu pour les territoires
méditerranéens
Le sol, entité naturelle aux formes multiples, est le système le plus complexe étudié par la science. Le sol est une rencontre entre les roches, la flore et la faunedont l'inventaire reste à faire, l'air, et l'eau, sans quoi rien ne serait possible. Les argiles, une poussière de minéraux, constituent et abritent nutriments et microorganismes. Le sol est un épiderme de quelques cm à 300 m. Cette peau de la terre est de plus en plus sollicitée, voire maltraitée. Or, les processus permettant sa formation et sa régénération sont extrêmement lents (1000 ans pour un cm de sol), ce qui en fait une ressource non renouvelable à l’échelle humaine. Garder le sol vivant pour le maintenir productif, est un impératif pour la survie de l’humanité [1]. Le sol : un enjeu pour la vie humaine Les sols jouent un rôle crucial pour l'activité humaine et dans la survie des écosystèmes. Ils assurent au moins six fonctions significatives pour la vie humaine [2] : - Production de biomasse par l'agriculture et la sylviculture ; - action de filtrage, de tampon et de transformation entre l'atmosphère, les eaux souterraines et le couvert végétal, protégeant l'environnement et en particulier les humains, en
Février 2011
préservant la chaîne alimentaire et les réserves d'eau potable ; - habitats biologiques et réserves de gènes importantes (davantage que toute la biomasse au-dessus) ; - support de multiples usages économiques et sociaux (bâtiments, infrastructures de transport, zones de loisirs...) ; - source de matières brutes (eau, énergie, argile, sable et gravier pour la construction,) ; - patrimoine géologique et culturel faisant partie intégrante du paysage et «mémoire »de l’humanité (vestiges archéologiques….). …………………………..mais une ressource limitée - Les terres cultivables sont une denrée rare sur la planète. Elles représentent 2500 millions d’ha (soit 22% des terres émergées hors déserts, surfaces occupées par les glaces et les lacs). Parmi les terres encore disponibles, beaucoup sont situées dans des régions écologiquement sensibles. Celles-ci sont largement occupées par des forêts (Amazonie…). Les mettre en culture représenterait un risque écologique considérable. - Entre l’urbanisation et les différentes dégradations que subit le sol, 12 à 16 millions d’ha de terres cultivables disparaissent chaque année.
Pôle Développement Durable et Territoires Méditerranéens – Responsable : Yvette Lazzeri – CERIC, Université Paul Cézanne - 3 avenue Robert Schuman 13628 Aix en Provence- http://www.pole-developpementdurable.univ-cezanne.fr
- 1600 millions d’hectares sont déjà cultivés etparticulier dans quelques pays (Tunisie, Algérie, compte tenu de la dégradation des terres…Espagne, Grèce, Portugal, Albanie). Environ - Il ne reste que 600 millions d’hectares à300 000km² de zones côtières européennes cultiver d’ici à ce que la population mondiale soitsubissent une désertification qui touche près de stabilisée en 2050. Il faudra alors produire plus17 millions de personnes [4]. de nourriture mais avec moins de terre car la Les causes majeures de la dégradation des superficie moyenne des terres cultivables par sols en Méditerranée: habitant ne cesse de diminuer (0.15ha en 2050, -La pression de l’urbanisation, liée à la 0.43ha en 1960).croissance démographique etau développement - D’ici 2025, la moitié des terres irriguées touristique, en particulier dans les zones perdront leur productivité à cause de leur littorales. La plupart des villes se sont installées salinisation. dans des zones agricoles très riches : c’est le cas - Chaque naissancenécessite un tiers d’hectare de la Mitidja, dans les plaines côtières d’Algérie. de plus à exploiter et il y a chaque semaine entre Le développement des routes et des autoroutes 1,5 et 2 millions de bouches à nourrir en plus. dévore de plus en plus d’excellentes terres - 30 à 40 millions d’hectares par an doivent être cultivables. cultivés pour nourrir le monde et à ce rythme, en 2030, la terre et l’eau ne suffiront plus. -Les sols s’épuisent parsurexploitation, surpâturage, ou mauvais traitementsà des liés La dégradation des sols dans les pays techniques mal adaptées. Certains pays (Egypte, méditerranéens Syrie, Tunisie) connaissent des problèmes de salinisation des sols: une utilisation intensive Le sol est exposé à une dégradation physique, des eaux d’irrigation entraîne une remontée de chimique et biologique,affectant ses capacités à l’eau dans le sol et une augmentation progressive assurer une ou plusieurs de ses fonctions.Il de la concentration en sel lors de l’évaporation, peut s’agir d’une perte quantitative de sol (en jusqu’à aboutir à une stérilisation du sol. Dans surface ou en profondeur), d’une diminution de d’autres pays, la culture intensive du coton, du sa fertilité ou de différents types de pollution : soja ou du maïs a parfois vidé le sol d’une partie salinisation, acidification, excès d’engrais ou de de sa matière organique, entraînant une perte de pesticides, métaux lourds…[3]. sa fertilité. D’une manière générale, beaucoup trop de matières nutritives sont prélevées par La dégradation des sols en Méditerranée est un rapport à la capacité des sols à reconstituer phénomène ancien qui s’est aggravé dans les leurs réserves. dernières décennies, sous l’effet de facteurs Dans de nombreux pays, l’utilisation intensive de naturels (précipitations, vent, ruissellement….) pesticides a aussi largement contribué à la et d’actions anthropiques néfastes (surpâturage, dégradation des sols. surexploitation des ressources forestières, irrigation mal conduite, urbanisation…). Selon - L’érosion hydrique et éolienne des sols. Dans la leur caractéristique (topographie, composition, région méditerranéenne, le climat, le relief couverture végétale…), les sols offrent des accidenté (pentes abruptes et fort capacités de résistance plus ou moins forte. morcellement), ainsi que la longue histoire de L'érosion des sols et la salinisation augmentent l’intervention humaine ont entraîné des taux le risque de désertification des régions les plus d’érosion plus alarmants que dans d’autres vulnérables. 60% des zones rurales régions de la planète. méditerranéennes encourent un risque modéré ou important de dégradation de sol, en Pôle Développement Durable et Territoires Méditerranéens – Responsable : Yvette Lazzeri – CERIC, Université Paul Cézanne - 3 avenue Robert Schuman 13628 Aix en Provence- http://www.pole-developpementdurable.univ-cezanne.fr
L’érosion hydrique est due à l’excès ou à la violence des pluies. Un ruissellement intense entraine la disparition de quantités de terres considérables et principalement de la couche la plus fertile des sols fragiles. Au Portugal, en Grèce et en Espagne, une grande partie des terres (68%, 43% et 41% respectivement) est fortement menacée par l’érosion hydrique, dans de plus fortes proportions qu’en Italie et en France méditerranéenne (27% et 29% respectivement) [2].L’érosion éolienne se manifeste surtout dans les zones arides et semi-arides, due à l’arrachement par le vent des particules fines de la surface du sol. La menace pour les sols est soit d’être recouverts par des sables ou des dunes apportées par le vent, soit d’être réduits à l’état de squelette après la disparition des éléments fins emportés par le vent. Dans certaines parties de la Méditerranée (Grèce, Albanie, partie méditerranéenne de l’ex-Yougoslavie) l'érosion est devenue irréversible et à même quasiment cessé à certains endroits,... faute de sols à ronger [2]. La déforestation, la surexploitation ou de mauvaises pratiques agricoles constituent les facteurs aggravants. Un sol nu, dénué de tout couvert végétal, forêt, pâturages ou cultures agricoles, devient extrêmement sensible à l’érosion par la pluie ou le vent.
-Une perte de la biodiversité des sols.La plus grande partie de la biodiversité terrestre vit dans le sol et non au-dessus. Plantes, vers-de-terre, fourmis, insectes, araignées, bactéries, champignons… tous ces organismes assurent la réalisation des grandes fonctions du sol. Toute dégradation du sol (par imperméabilisation, érosion, tassement, ou salinisation) affecte cette biodiversité et fait chuter la fertilité de la terre.
Des effets environnementaux et socio économiques négatifs
-Sur le plan environnemental, la dégradation des sols contribue à la perte de la fertilité des sols, de carbone, d’azote et de biodiversité, à la diminution de la capacité de rétention de l'eau, à la perturbation des cycles des gaz et des nutriments et à la réduction de la dégradation des contaminants. La détérioration des sols influence ainsi directement la qualité de l'eau et de l'air, la biodiversité et le changement climatique. -Du point de vue socio économique, le phénomène réduit la productivité agricole, contribue à la détérioration de la qualité de vie des habitants, en réduisant leur capacité à s’approvisionner en aliments, bois et eau. Il peut également altérer la santé de la population. L’augmentation de la mortalité infantile, la réduction de l’espérance de vie, la pauvretéet les famines sont associées à la désertification et à la dégradation des sols [2]. Enfin, il génère des coûts financiers importants, estimés à 38 milliards d’euros par an pour l’Union européenne et à plus de 100 millions d’euros pour la Tunisie et l’Espagne [4]. dispositions institutionnelles pour la Les protection des sols Contrairement au changement climatique ou la biodiversité qui relèvent de l’environnement, le sol n’est pas considéré comme un bien public mondial et ne fait pas l'objet de mesures de protection spécifiques. En Méditerranée, tous les gouvernements ont ratifié la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (1994), qui les engage à lancer des initiatives nationales et régionales pour la protection des sols (amélioration de la législation, nouvelles lois, politiques à long terme et programmes d’action). Au niveau européen, la problématique des sols est abordée dans le cadre de plusieurs
Pôle Développement Durable et Territoires Méditerranéens – Responsable : Yvette Lazzeri – CERIC, Université Paul Cézanne - 3 avenue Robert Schuman 13628 Aix en Provence- http://www.pole-developpementdurable.univ-cezanne.fr
directives (protection de l’environnement,nécessaire pour étudier la problématique du sol agriculture, développement rural), sansvision danssa globalité, en appréhendant en même d’ensemble ni de politique unifiée. Au niveau destemps, les sols, les plantes, l’eau, l’aménagement, États membres, la situation est très inégale etles systèmes de production et tous les aspects seuls neuf d’entre eux possèdent une législationjuridiques, sociaux et économiques. Sur le plan spécifique en matière de protection des sols,politique, unecampagne de sensibilisation des répondant souvent à un risque déterminé,populations s’impose ainsi qu’une coopération notamment la contamination. Sur la base de ceinternationale entre tous les pays du bassin constat, la Commission européenne a élaboré enméditerranéen de façon à avoir une lecture 2004 [5], «un cadre cohérent et commun departagée des problèmes et des réponses protection des sols, fondé sur les principes deconvergentes (domaines de recherche communs, préservation des fonctions des sols, deétudes comparatives, transfert de savoir, prévention de leur dégradation, d’atténuationconception et mise en œuvre de mesures des effets de cette dégradation, de remise encommunes de protection de l’environnement, état des sols dégradés et d’intégration de cesfinancement…). Toute action isolée à l’échelle considérations dans les autres politiquesd’un pays ne peut être que d’une portée très sectorielles ». La Directive-cadre des sols,limitée.adoptée en première lecture par le ParlementYvette Lazzeri et Daniel Nahon,Université Paul européen en 2007, est toujours en débat. Cézanne Aix Marseille Néanmoins, des travaux de recherche et de collecte de données sur la situation des sols RÉFÉRENCES européens ont été réalisés dans l’UE dans le [1] Nahon D., 2008, L’épuisement de la terre, L’enjeu ème cadre du 4programme-cadre de recherche et du XXIème siècle, Ed. Odile Jacob sciences de développement. Les informations[2] Montanarella L., Les sols, à l’interface de géoréférencées sur les sols dans l’UE sontl’agriculture et de l’environnement, www. ec.europa.eu/agriculture/envir/ collectées par le Bureau européen du sol, chargé [3] Plan Bleu, 2003, Les menaces sur les sols dans les de coordonner les informations sur les sols et pays méditerranéens, Les Cahiers du Plan Bleu 2 répondre aux besoins de données de la [4] IUCN, 2007, Analyse de la situation de la région Commission [2]. méditerranéenne, www.uicnmed.org [5] Union européenne, Directive 2004/35/CE Conclusion Les publications du Pôle La dégradation de l'état des sols partout dans le Ouvrage Le développement durable dans l’espace méditerranéen, monde est un phénomène méconnu et non une gouvernance à inventer –Enjeux et propositions, Y. médiatisé, alors qu’elle peut avoir de graves Lazzeri et E. Moustier, L’Harmattan, 2010 répercussions sur le changement climatique, la biodiversité, l’eau et par voie de conséquence sur Les Notes du Pôle la vie humaine.Note 1/2009: Le développement durable dans l’espace méditerranéen, Magalie Marais et Emmanuelle Moustier La gravité de la situation dans le bassin Note 2/2010 : Créativité, industries créatives, méditerranéen impose de développer une territoires créatifs : un état de l’art, Yvette Lazzeri nouvelle approche quant à une utilisation durable Note 3/2010: Israël-Palestine. L’eau, les bases d’un des sols, qui soit en conformité avec lesaccord futur, Gilbert Benhayoun Note 4/2010: Accès aux services de base, accès à la contraintes de la nature. Le problème est à la terre et droits de l’homme, Yves Berthelot fois scientifique et politique. Une démarche de Note 5/2011 : L’équité territoriale, de quoi s’agit-il?, recherche intégrée et multidisciplinaire est Philippe LangevinPôle Développement Durable et Territoires Méditerranéens – Responsable : Yvette Lazzeri – CERIC, Université Paul Cézanne - 3 avenue Robert Schuman 13628 Aix en Provence- http://www.pole-developpementdurable.univ-cezanne.fr
Pôle Développement Durable et Territoires Méditerranéens – Responsable : Yvette Lazzeri – CERIC, Université Paul Cézanne - 3 avenue Robert Schuman 13628 Aix en Provence- http://www.pole-developpementdurable.univ-cezanne.fr
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.