B LA CRÉATION MONÉTAIRE

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Niveau: Secondaire, Lycée, Première
B – LA CRÉATION MONÉTAIRE 1 – Les fonctions de la monnaie a) – Les trois fonctions traditionnelles de la monnaie Tout le monde connaît l'histoire du chasseur de daim et du chapelier. Jusqu'alors, notre chasseur n'avait eu aucun mal à trouver des artisans aimant suffisamment le gibier pour être prêts à accepter un ou plusieurs daims abattus par le chasseur en échange de la chaise, du sel ou des flèches qu'il convoitait et qui lui permettaient de mettre un peu de fantaisie et de plaisir dans une existence par ailleurs bien difficile. Mais le jour où est censée se passer cette histoire, le chasseur n'eût pas de chance : ce chapeau si joli, si flatteur pour la prestance de notre homme, le chapelier ne voulait rien entendre pour le céder au chasseur. Ce jour-là, l'humanité toute entière fit un grand pas en avant : le chasseur eût l'idée de la monnaie. Un bien ayant une valeur reconnue par tous - coquillage, bétail, noix de coco, etc. -, capable d'être stocké en conservant cette valeur et servant d'intermédiaire entre les échangistes pour rompre le troc, frein majeur à la multiplication des échanges. la valeur d'usage du bien en question se muait en une valeur d'échange, étalon permettant de mesurer universellement l'ensemble des autres biens ( et services) proposés à l'échange par les producteurs. Cette histoire, ou une semblable, nous l'avons tous lue un jour ou l'autre: les manuels, les livres d'initiation à l'économie en sont pleins.

  • paiement

  • création monétaire

  • dépôt

  • développement de la division du travail et des échanges incompatibles avec la poursuite du troc

  • public

  • lien social

  • banque

  • montant initial de dépôts


Publié le : vendredi 1 septembre 2000
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B – LA CRÉATION MONÉTAIRE
1 – Les fonctions de la monnaie
a) – Les trois fonctions traditionnelles de la monnaie
Tout le monde connaît l'histoire du chasseur de daim et du chapelier. Jusqu'alors, notre chasseur n'avait eu aucun mal à
trouver des artisans aimant suffisamment le gibier pour être prêts à accepter un ou plusieurs daims abattus par le chasseur en
échange de la chaise, du sel ou des flèches qu'il convoitait et qui lui permettaient de mettre un peu de fantaisie et de plaisir dans
une existence par ailleurs bien difficile. Mais le jour où est censée se passer cette histoire, le chasseur n'eût pas de chance : ce
chapeau si joli, si flatteur pour la prestance de notre homme, le chapelier ne voulait rien entendre pour le céder au chasseur. Ce
jour-là, l'humanité toute entière fit un grand pas en avant : le chasseur eût l'idée de la monnaie. Un bien ayant une valeur
reconnue par tous - coquillage, bétail, noix de coco, etc. -, capable d'être stocké en conservant cette valeur et servant
d'intermédiaire entre les échangistes pour rompre le troc, frein majeur à la multiplication des échanges. la valeur d'usage du bien
en question se muait en une valeur d'échange, étalon permettant de mesurer universellement l'ensemble des autres biens ( et
services) proposés à l'échange par les producteurs.
Cette histoire, ou une semblable, nous l'avons tous lue un jour ou l'autre: les manuels, les livres d'initiation à l'économie en
sont pleins.
(Source : Denis Clerc,
La monnaie un vecteur du lien social, Alternatives économiques,
Hors-série n° 45, Septembre 2000)
Q1
– Quels sont les trois inconvénients du troc dans l'échange de marchandises ?
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Q2
– Quelles sont les trois fonctions de la monnaie évoquée dans le texte ?
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Q3
– Pouvez-vous donner une définition de la
monnaie.
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b) – La monnaie vecteur du lien social
L'histoire montre combien le développement de la monnaie a tenu à des causes autres que purement économiques. Ainsi, de
nombreuses civilisations ont promulgué des lois réclamant le versement de compensations lors de jugement d'actes de violence.
le mot « payer » vient du latin
pacare,
qui signifiait à l'origine pacifier, apaiser ou faire la paix avec quelqu'un. De même, le
paiement d'une dot, afin de dédommager le père de la perte des services rendus par sa fille, était - et reste encore - une coutume
dans nombre de sociétés. Les obligations religieuses rendaient également nécessaires des paiements réguliers. Sans oublier les
impôts et autres prélèvements imposés de tout temps par les princes à leurs sujets. Monnaie-violence, monnaie-mariage,
monnaie pieuse, monnaie-taxe, les causes n'ont pas manqué pour induire des besoins de paiement qui ont joué un rôle important
dans le développement des signes monétaires. les nécessités du commerce ont aussi leur part, mais elles sont loin d'être la
cause unique de l'utilisation croissante de la monnaie.
Si la monnaie comporte une dimension économique indéniable, elle a été, et reste, aussi un instrument de lien social. Michel
Aglietta et André Orléan en font même l'une des expressions fondamentales du rapport d'appartenance qui lie les individus entre
eux. Qu'elle prenne la forme d'une dette avec une obligation de paiement et de remboursement, ou qu'elle soit l'un des symboles
d'une communauté politique et sociale, la monnaie comporte des dimensions que la science économique traditionnelle est bien
en peine de rendre, elle qui n'offre tout bonnement aucune théorie de la monnaie..
C'est justement parce qu'elle comporte cette dimension sociale qu'une certaine stabilité de la valeur de la monnaie est
considérée comme un élément essentiel de l'équilibre des sociétés. Car c'est l'une des condition de la confiance des acteurs
économiques, aussi bien que des citoyens dans la pérennité de l'ordre social.
(Source : Christian Chavagneux,
La monnaie, pouvoir et société, Alternatives économiques,
Hors-série n° 45, Septembre 2000)
Q1
– A partir du texte, remplissez le texte à trous à l'aide du vocabulaire suivant :
confiance (2), identité, langage, communauté,
première, légitime, liens, violence, admis.
La monnaie n’a pas qu’une fonction utilitariste, elle a aussi une dimension sociale pour plusieurs raisons :
D’une part, parce que derrière les échanges monétaires se cachent des.....................sociaux qui ne sont pas
seulement marchands. Alliances matrimoniales (la dot), alliances claniques (le tribu), alliance religieuse
(l’obole)…La monnaie se substitue à la..........................pour compenser les pertes dues à un mariage, une
mort, un accident…
La monnaie est constitutive du lien social. Elle est à la source de la société marchande,
parce que, sans elle, personne n'accepterait de se séparer de ce qui lui appartient contre quelque chose
dont il risque de ne pouvoir se défaire. Cet objet produit à la fois de la............................(puisque chacun
l'accepte, je l'accepte, d'où un sentiment d'appartenance sociale) et de la violence (violence mimétique :
puisque chacun la désire, je la désire, d'où une lutte potentielle).
D’autre part, parce que la monnaie est le symbole de l’appartenance à une........................................humaine
sur un territoire donné. La monnaie représente une forme de «.......................commun » utilisé au sein d’une
même « communauté » de paiement. En établissant des règles communes à tous les individus, elle permet
de relier les individus : producteurs et clients. Elle contribue à l’émergence d’une conscience d’appartenir à
un même monde. Elle forge une........................commune, permet de souder une population. La création de
l’Euro a été ainsi le symbole d’une communauté de destin entre les peuples européens de la zone euro qui
veulent éviter le retour des guerres fratricides. En ce sens, la monnaie est ............................dans le lien
social.
Enfin, parce que la monnaie repose sur la...............................de tous en son acceptation par les autres. On
accepte de se séparer d’une richesse matérielle contre de la monnaie parce que l’on sait qu’elle permettra
l’acquisition d’autres richesses matérielles. Monnaie et confiance sont indissociables. En effet, Si la monnaie
remplit ses fonctions économiques, c’est qu’elle est un instrument...............par tous et en toute circonstance.
La confiance
rend la monnaie......................au sein d’une société.
c) – La monnaie, instrument du pouvoir politique
1
– On a l'habitude de considérer comme normal qu'à un État donné corresponde une monnaie nationale, émise et contrôlée
par les autorités publiques: les États-Unis ont le dollar, le Royaume-Uni la livre, etc. Et on s'attend à voir le gouvernement exercer
un monopole sur la création et la gestion de la monnaie nationale. Ce monopole, bien évidemment, signifie pouvoir.
Le monopole sur la monnaie induit quatre avantages principaux. Il fournit un symbole politique puissant de promotion du
sentiment d'identité nationale - un instrument particulièrement utile pour les dirigeants inquiets de possibles divisions internes.
L'autorité d'un gouvernement est plus forte lorsque tous les citoyens se sentent liés ensemble par le sentiment d'appartenir à une
même communauté. Par le simple fait de son utilisation quotidienne par tous, une monnaie nationale souligne justement
l'appartenance de chacun à une collectivité. Un rôle qui ressemble à celui joué par une langue nationale, que beaucoup de
gouvernements (en particulier en France) s'attachent à promouvoir. Une monnaie nationale sert à homogénéiser des groupes
sociaux divers, voire antagonistes.
Le monopole monétaire permet aussi aux gouvernements de bénéficier d'une source potentielle importante de revenus pour
financer les dépenses publiques. Ce que les économistes appellent le seigneuriage (défini d'un point de vue technique comme
l'excès de la valeur nominale d'une monnaie par rapport à son coût de production ). L'idée est qu'un gouvernement qui ne peut
recourir à l'impôt ou à l'emprunt pour financer ses dépenses pourra toujours utiliser la création monétaire, s'appropriant ainsi une
partie des ressources disponibles au détriment du secteur privé, forcé d'accepter cette création monétaire. Le monopole de la
création de monnaie donne également au gouvernement un outil essentiel de gestion de l'économie: la politique monétaire peut
être utilisée pour servir l'action étatique, que ce soit par la manipulation des taux d'intérêt ou par celle du taux de change. Enfin, le
monopole public sur la monnaie trace une frontière explicite entre l'État et le reste du monde, renforçant encore l'autorité
politique.
(Source : Benjamin J.Cohen,
La monnaie
et
le pouvoir
des
Etats, Alternatives économiques,
Hors-série n° 45, Septembre 2000)
2
– Par le traité de Maastricht du 7 février 1992, les douze pays membres de la Communauté européenne décident de
construire un espace monétaire européen dans lequel circulera une monnaie unique. Cette décision s'inscrit logiquement dans la
continuité de la construction européenne: un marché unique est difficile compatible avec une utilisation de monnaie différentes.
Mais cette décision est lourde de conséquences: désormais, c'est la Banque centrale européenne, indépendante du pouvoir
politique, en liaison avec les banques centrales des pays membres, qui gérera l'émission de la monnaie unique. Cela signifie que
les pays souverains renoncent au droit régalien de « battre monnaie » et s'accordent librement pour transférer leur souveraineté
monétaire à une institution communautaire.
(Source : Anne-Marie Gronier ,
Manuel Nathan,
2001)
Q2
– A partir des textes, remplissez le texte à trous à l'aide du vocabulaire suivant : inflation, institutions, symbole, création, bien
collectif, dépenses, politique, confiance, monopole, légale, croissance.
La monnaie a également une fonction politique puisque l’Etat a un............................d’émission de la monnaie
..................... Elle est un..............................indivisible qui ne peut être privatisé et qui réclame des............................
politiques.
La monnaie est le........................du pouvoir politique et de la communauté nationale qui s’y rattache. Ce
pouvoir et cette appartenance à un territoire s’affichent sur les instruments monétaires (la tête du souverain
sur les pièces, le symbole de la nation et les frontières de l’Union pour l’Euro…).
La.................monétaire a été également un des moyens pour l’Etat de financer ses.........................publiques.
Ce pouvoir de faire fonctionner « la planche à billet » a été cependant limité pour que l’Etat ne soit pas tenté
de régler ses dettes par de l’inflation.
Enfin, l’Etat a pour mission de maintenir la..............................dans la valeur de la monnaie. Il doit donc en
réglementer l’usage et mener une.........................monétaire pour, à la fois, limiter..................... et encourager
la....................................
Q2
– Quelles sont les pouvoirs politiques remis en cause par la naissance de l'Euro ?
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2 – Les formes de la monnaie
a) – L'histoire traditionnelle de la monnaie : la dématérialisation de la monnaie
1
- Plus ou moins vite, la monnaie marchandise est devenu monnaie métallique, de cuivre, d'argent ou d'or. Ces métaux
précieux nécessitent un travail assez complexe pour être extraits, fondus, purifiés, moulés, frappés, bref, transformés en pièces,
travail qui leur assure une "réserve de valeur" suffisamment constante dans le temps pour inciter les gens à s'en servir, et
suffisamment difficile à contrefaire pour que le faux monnayage soit réduit. Et comme, en outre, ces métaux peuvent se diviser, ils
ont permis à la monnaie de franchir une nouvelle étape : de monnaie de compte qu'étaient l'unité de bétail ou le coquillage
précieux, le métal permet à la monnaie de devenir monnaie de règlement. Le troc est rompu, définitivement, puisque la monnaie
n'est plus seulement une référence extérieure, un instrument de mesure, mais la contrepartie de l'échange. Dans la présentation
traditionnelle, parallèlement à sa complexification, la monnaie s'est dématérialisée au fil du temps. Des monnaies marchandises
initiales, on est passé aux monnaies métalliques, émises uniquement par le prince car il fallait bien cette autorité souveraine pour
attester de la qualité du métal et du poids des pièces. D'où l'apparition, assez vite, de la frappe, destinée à authentifier la pièce
émise par le visage de celui qui en attestait la pureté et le poids. Et comme ils se trouvaient toujours des petits malins pour rogner
le métal, le rainurage sur les tranches eut pour fonction d'empêcher cette triche sur la monnaie. Puis de la monnaie métallique, on
passa à la monnaie billet, plus facile à transporter, à cacher, à manipuler et à stocker. Il y eut d'abord le billet de banque (c'est-à-
dire émis par un commerçant spécialisé, qui allait devenir banquier, pour attester de la remise des espèces), ensuite le papier-
monnaie, c'est-à-dire le papier émis par une autorité qui lui donne pouvoir libératoire (il sert à éteindre une dette) et cours légal
(nul ne peut refuser le paiement effectué avec cet instrument). On passe ensuite de la monnaie fiduciaire (le papier-monnaie non
convertible en or ou en argent) à la monnaie scripturale, celle qui est gérée par la banque : née du crédit, elle circule par écriture
dans les comptes de l'institution qui la gère. Enfin, la monnaie électronique - autre forme de monnaie fiduciaire - paraît, à ce jour,
comme la forme la plus achevée de cette dématérialisation : l'informatique permet d'effectuer automatiquement et sans délai les
écritures correspondantes, alors que le chèque suppose de nombreuses manipulations.
(Source : Denis Clerc,
La monnaie un vecteur du lien social, Alternatives économiques,
Hors-série n° 45, Septembre 2000)
2 - Evolution de la structure de la masse monétaire M1 en France (dans la zone Euro pour 2010) en %
En %
1789
1870
1950
2010
Monnaie métallique
96
69
4
0,3
Monnaie fiduciaire
4
17
40
5,3
Monnaie scripturale
0
14
56
94,4
(Source : J.Bouvier,
Un siècle de banque française,
Hachette, 1973, Actualisé 2010)
Q1
– Quelle forme prend la monnaie avant l'utilisation des métaux ?
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Q2
– Quels sont les avantages procurés par la
monnaie métallique
?
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Q3
– Quelles raisons poussent les banques à remplacer la monnaie métallique par de la
monnaie papier
?
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Q4
– Comment font-elles pour créer de la monnaie papier ? Pourquoi l'État intervient-il ?
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Q5
– Quelles raisons poussent les banques à créer de la
monnaie scripturale
?
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Q6
– Quelle forme prend ce type de monnaie ?
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Q7
– Par quels moyens circule-t-elle ?
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Q8
– Quelles sont les principaux changements dans la structure de la masse monétaire depuis 1789 ?
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Q9
– Cocher les cases correspondantes :
Monnaie
divisionnaire
Monnaie
fiduciaire
Monnaie
scripturale
Ce n’est pas de
la monnaie
Pièces de 2€
Pièces d’or
Carte bleue
Carnet de chèque
Billet de 10€
500 €
sur un compte courant
Chèque cadeau d’un magasin
b) – Critiques de la thèse de la dématérialisation
Selon les tenants de la théorie de la dématérialisation progressive, l’évolution s’est clairement opérée dans le sens d’un
détachement croissant du fait monétaire de la réalité-marchandise dont il est issu. Si le sens général de cette évolution peut être
retenu sans difficulté, la thèse de la dématérialisation, exprimée sans nuances, doit toutefois susciter quelques réserves. Trois
raisons essentielles plaident en faveur d’une telle circonspection :
1. Cette thèse situe l’origine première de l’évolution qui mène à la monétarisation de l’économie dans le système de troc.
Or nombre d’historiens, s’appuyant sur les enseignements les plus récents de l’ethnologie et de l’archéologie,
considèrent que le troc est une vue de l’esprit : les monnaies, dans leurs formes les plus primitives, sont aussi anciennes
que l’histoire ; l’échange direct de marchandises contre d’autres marchandises n’est pas la règle générale régissant le
commerce primitif. Certains spécialistes de l’histoire de la monnaie parlent même de « fable du troc ».[...]
2. La thèse de la dématérialisation relie ensuite la monnaie à une origine strictement commerciale ; à un développement de
la division du travail et des échanges incompatibles avec la poursuite du troc. Or, les monnaies des sociétés
traditionnelles ont des fonctions sociales qui transcendent largement la seule fonction de moyens de paiement.[...]
3. La thèse de la dématérialisation s’appuie enfin sur une vision mécaniste et strictement linéaire de la succession des
différentes formes de la monnaie. Or l’histoire, attentivement considéré, nous invite à rompre avec un schéma causal par
trop figé. En Occident, par exemple, les premières formes de monnaies scripturale circulent bien avant l’apparition et la
généralisation de la monnaie-papier.
(Source : M.Bassoni et A.Beitone,
Monnaie, théorie et politiques
, Sirey 1997)
Q1
– Quelles sont les critiques apportées à la thèse de la dématérialisation ?
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c) – La notion de masse monétaire
Lorsqu'elles veulent mesurer la quantité de monnaie en circulation, les banques centrales utilisent des statistiques baptisées
"agrégats monétaires". Les différents agrégats monétaires mesurent la quantité de monnaie détenue par les agents non
financiers résidents. La monnaie possédée par les institutions financières et les non-résidents en est exclue. La notion de
monnaie est alors très étendue. On passe de la monnaie au sens strict (les billets, les comptes à vue, M1) aux actifs monétaires
de moins en moins liquides et à la "quasi-monnaie". Il s'agit des actifs qui ne peuvent servir directement (sans transformation) de
vraie monnaie, de moyen de paiement. Par exemple un livret de Caisse d'épargne: essayez d'acheter un disque avec un Livret
jeune! Ces actifs sont pratiquement sans risque de perte de valeur nominale et, surtout, ils peuvent se transformer
immédiatement en monnaie moyen de paiement sans coût - ou presque de transformation.
Au quotidien, cependant, le public passe allègrement d'un agrégat à l'autre. Je peux retirer de l'argent de mon livret
d'épargne (dans M2) pour aller acheter avec mes billets (dans M1) une place de cinéma. Ou bien, quand, au début des années
90, les taux d'intérêt à court terme ont explosé - autour de 10% alors qu'ils sont maintenant autour de 4% - tout le monde a vidé
son livret d'épargne pour se précipiter vers les Sicav monétaires (passage de M2 à M3).
Là où la situation se complique, c'est lors du passage entre ce qui est mesuré comme monnaie dans les agrégats et les actifs
financiers non liquides, plus risqués et/ou moins facilement transformables en monnaie, lequel passage se fait de plus en plus
facilement. On parle de placement : P1 (en gros, les Plans d'épargne logement et divers), P2
(globalement les obligations et
assimilés) et P3 (les actions).
(Source : Patrick Castex,
Qu'est-ce que la monnaie
?
Alternatives économiques.
Hors série n° 45, Septembre 2000)
Q1
– Qu'est-ce que la masse monétaire au sens strict ?
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Q2
– Cocher les cases correspondantes :
M1
Quasi-monnaie
M2-M3
Placement
500 €
sur un compte courant
10 000 € en actions
50 000 € dans un plan d'épargne logement
5 000 € dans un livret d'épargne
30 000 € de Sicav monétaires
300 € de billets
3 – La création monétaire et son contrôle par la Banque centrale
a) – Crédit bancaire et création monétaire
1
- Les banques commerciales sont tentées de ne pas laisser dormir leurs encaisses, d'autant plus qu'on leur propose de les
leur emprunter moyennant un petit profit : le taux d'intérêt. Elles se laissent tenter. Supposons qu'une banque prête un montant
supérieur à ce qu'elle détient en billets. Comment fera-t-elle ? Elle créditera le compte de l'agent non financier qui pourra payer
par chèque, carte de paiement, etc. Apparemment, aucune monnaie n'a été créée, aucune planche à billets n'a ronronné. C'est
faux. De la monnaie a bien été créée, le public possède maintenant dans son actif un moyen de paiement supplémentaire, sous
forme de dépôt à vue créé par le crédit (ce sont les crédits qui font les dépôts). De l'autre côté, au passif, le public doit cet argent
à la banque qui, du coup, possède sur le public une créance, le crédit bancaire. Personne n'est devenu plus riche: le public a une
dette de plus et un actif en banque de plus du même montant ; la banque, une créance de plus (le crédit accordé) et une dette de
plus (le dépôt à vue).
Une contrepartie de la masse monétaire vient d'apparaître: le crédit bancaire au public (les ménages ou les entreprises)
nommé crédit à l'économie. Quand le public rembourse tous les crédits accordés, on constate une destruction de monnaie. Rien
n'a brûlé, mais il y a bien destruction de monnaie, car la masse des moyens de paiement des agents non financiers a fondu en
même temps que le crédit, la source qui l'avait fait naître.
Ce crédit bancaire ressemble fort à une création de monnaie de singe. Si le bénéficiaire du crédit veut de la monnaie en
billets, la banque risque de faire faillite : elle n'en a généralement pas assez, c'est le risque d'illiquidité. Elle se précipite alors à la
banque centrale et lui demande un crédit du même montant, pour honorer sa dette, en monnaie sonnante et trébuchante. La
banque centrale hésite, mais se dit que si elle refuse, le système bancaire est par terre; alors, elle accorde le crédit en gros;
comme la banque commerciale l'avait accordé au public.
Après ce refinancement, la banque avec un large sourire fournit les billets demandés. Est-ce de la création monétaire ?
Toujours pas ! De la monnaie fiduciaire a simplement remplacé de la monnaie scripturale : des dépôts à vue ont disparu à l'actif
du public, remplacés par les billets, et ils ont disparu du passif de la banque commerciale, en même temps que les billets de
banque à l'actif.
Tout crédit bancaire est-il donc source de création monétaire ? Non, si la source du crédit est la collecte d'une épargne
existant déjà ; et si, par exemple, les ménages transfèrent une partie de ce qu'il y a sur leurs comptes à vue vers un plan
d'épargne logement, il y a une destruction monétaire, du fait de la baisse du montant de monnaie utilisable immédiatement. De
même, si les banques commerciales émettent des obligations (c'est à dire empruntent de l'argent) souscrites par le public, on a
une autre destruction monétaire : la masse monétaire détenue par le public passant dans les mains des banques disparaît, pas
physiquement, mais en tant que pouvoir d'achat immédiat.
On note qu'il y a un peu plus de la moitié des crédits qui correspond à de la création monétaire. Ces crédits au secteur privé
représentent un peu moins des trois quart des contreparties de la masse monétaire dans Ia zone euro.
(Source : Patrick Castex,
Le miracle de la création monétaire, Alternatives économiques,
Hors-série no45, Septembre 2000)
2
- Une banque doit donc maintenir à tout moment sur son compte, en monnaie centrale (monnaie émise par la Banque
centrale), de quoi respecter les réserves obligatoires
1
, de quoi payer les billets retirés par ses clients et de quoi régler ses
paiements interbancaires. En cas de besoin, elle emprunte des ressources auprès des autres banques (marché interbancaire),
auprès de la banque centrale (refinancement), ou auprès du marché (marché des titres de créances négociables, marché des
obligations, marché des actions), en s'assurant de toujours disposer d'un montant suffisant de ressources pérennes. La
réglementation qui encadre son activité lui impose d'ailleurs d'avoir un montant de fonds propres au moins égal à 8% de ses
actifs risqués.
Considérons un secteur bancaire où la banque centrale impose un taux de réserves obligatoires de 20%. Supposons qu'une
banque ait rassemblé pour 1 000 euros de dépôts. Il lui faudra donc maintenir en permanence sur son compte en monnaie
centrale 200 de réserves obligatoires et elle pourra accorder avec le reste 800 de crédits, créant ainsi 800 de dépôts. Ces dépôts
ne tarderont pas à circuler. Ils serviront à régler un achat dont le bénéficiaire possède un compte dans une autre banque. Cette
dernière enregistre alors 800 de dépôts supplémentaires et devra constituer 20% (donc 160) de réserves obligatoires auprès de
la banque centrale. Ainsi la deuxième banque disposera-t-elle de 640 (800 - 160) de liquidités disponibles pour octroyer un
nouveau crédit. Et ainsi de suite jusqu'à ce que le mécanisme des 20% de réserves obligatoires fasse tendre les liquidités
disponibles vers zéro. Le montant total de monnaie créée à partir des dépôts initiaux de 1 000 euros sera ainsi le résultat de tous
ces crédits, réduits à chaque fois du montant des réserves obligatoires. Au total, dans cet exemple, il sera créé 5 000 euros de
monnaie, soit cinq fois le montant initial de dépôts. On dit que "le multiplicateur de crédit" est de 5. On comprend bien alors que
plus le taux de réserves obligatoires est élevé, et plus le pouvoir de création monétaire des banques est limité.
Fin décembre 2009, les banques de la zone euro avaient accordé au secteur privé (ménages et entreprises) pour 10 770
milliards d'euros de crédits et acheté pour 2 312 milliards d'euros de titres aux entreprises. Ces crédits sont la première source de
création de monnaie dans la zone euro. Les banques ont également apporté leur concours au financement des administrations
publiques (Etat, collectivités locales...) pour 2 865 milliards supplémentaires. A cela s'ajoutent les créances sur l'extérieur: quand
un résident français gagne des devises qu'il décide d'échanger contre des euros auprès de sa banque, cela accroît la quantité de
monnaie disponible. Pour obtenir le total de la monnaie en circulation, il faut retirer du montant total de ces créances détenues
par les banques ce qu'elles ont financé par des ressources collectées sous forme de dépôts ou d'émission de titres dont
l'échéance dépasse deux ans (environ 7 000 milliards), car ce sont des ressources de moyen-long terme qui ne sont pas
assimilées à l'argent que l'on utilise au jour le jour. A la fin décembre 2009, la quantité de monnaie en circulation s'élevait alors à
un peu plus de 9 300 milliards d'euros.
(Source : Jézabel Couppey-Soubeyran, Alternatives Economiques -
n°289 - Mars 2010)
Réserves obligatoires
1
: sur leur compte-courant ouvert auprès de la banque centrale, les banques doivent détenir un minimum
obligatoire de réserves calculé en pourcentage des dépôts qu'elles gèrent et de certaines autres ressources qu'elles émettent.
Q1
– Comment une banque fait-elle pour créer de la monnaie ?
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Q2
– A qui les banques font-elles des crédits ?
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Q3
– Quels risques prend une banque lorsqu'elle accorde des crédits ?
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Q4
– Pourquoi l'auteur dit-il que les crédits font les dépôts ?
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Q5
– Que doit faire une banque lorsqu'elle reçoit un nouveau dépôt ?
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Q6
– Quelle est donc la formule du multiplicateur de crédit ?
Multiplicateur de crédit = 1/....................................................................
Q7
– Quels sont les trois moyens dont dispose une banque pour se refinancer en monnaie centrale lorsqu'elle en manque ?
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Q8
– Tous les crédits sont-ils financés par de la création monétaire ?
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b) – Crédits à l'État et création monétaire
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- L'État qui, s'il doit financer son déficit budgétaire, va aussi profiter de la création monétaire. Il le fait soit en empruntant de
l'épargne déjà existante, en émettant des obligations à long terme ou des bons du Trésor à court terme souscrits par le public ou
par les banques, soit en demandant des avances à la banque centrale. Dans le premier cas, il n'y a pas création monétaire,
simplement transfert par l'emprunt de monnaie existante. Pour le reste, il y a bien création monétaire (financement monétaire de
la politique budgétaire). Comment cela se produit-il ?
La Banque centrale achète, en fournissant des billets de banque, une partie des bons du trésor détenus par les agents non
financiers. Si elle en achète beaucoup, leur valeur va augmenter et, comme ils sont très demandés, le taux d'intérêt que l'État
devra proposer va baisser. On assiste à une création monétaire, car les créances non monétaires se sont transformées en
monnaie. La banque centrale vient de faire une opération
d'open market.
Elle a créée de la monnaie et fait baisser le taux
d'intérêt. Une telle politique lui sert à soutenir l'économie. Si la banque centrale revend, contre des billets, une partie des bons du
Trésor qu'elle avait achetés aux agents non financiers, si elle en vend beaucoup, leur valeur va baisser et le taux d'intérêt
augmenter.
On assiste alors à une destruction monétaire. Elle agit ainsi lorsqu'elle a peur de l'inflation. Une autre contrepartie de la
masse monétaire apparaît: les crédits à l'État qui représentent un quart des contreparties dans la zone euro.
(Source: Patrick Castex,
Le miracle de la création monétaire, Alternatives économiques,
Hors-série ""45, Septembre 2000)
2 -
C'est un nouveau sigle un peu barbare auquel il va falloir s'habituer : QE2. Il qualifie la deuxième vague de
quantitative
easing
à laquelle la Réserve fédérale américaine (Fed) s'apprête à procéder. Il va consister pour la banque centrale des Etats-
Unis à injecter des centaines de milliards de dollars dans le circuit financier américain, afin de tenter de relancer la machine
économique, totalement grippée. Autrement dit, de façon encore plus simple, à faire fonctionner la planche à billets. Déjà, au plus
fort de la crise, la Fed avait eu recours à ce procédé.
Pour cela, la Réserve fédérale va acheter des obligations d'Etat, avec pour objectif de maintenir les taux d'intérêt à long
terme à de très bas niveaux. Le déversement massif d'argent frais dans le système vise aussi à créer un peu d'inflation - ce qui
n'est pas banal pour une banque centrale. Et à lutter contre les forces déflationnistes qui ont tendance à tirer vers le bas, tout
ensemble, les prix, les revenus, la production, l'investissement et la consommation.
Ne resterait donc que l'arme monétaire ? Elle est à double tranchant, comme l'arme budgétaire. D'abord parce que le virage
pris par la Fed fait entrer la politique monétaire américaine dans des territoires inconnus, potentiellement périlleux. Ensuite parce
que M. Bernanke va nourrir la bulle mondiale de liquidités qui elle-même accroît les distorsions de changes. Créer en masse du
dollar, c'est prendre le risque de l'affaiblir considérablement et de faire du billet vert une sorte de peso argentin. Attention, grand
danger. Enfin, le risque est que les Etats-Unis perdent leur note financière triple A, et que les emprunts du Trésor américain
finissent par ressembler à des "obligations pourries".
(Source : Marie De Vergés,
Le Monde
du 15 octobre 2010).
Q1
– Comment l'État peut-il financer son déficit budgétaire ?
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Q2
– Expliquez la phrase soulignée.
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Q3
– Comment la banque centrale utilise-t-elle les titres de la dette de l'Etat pour réguler la masse monétaire ?
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Q4
– Quels sont les risques de faire marcher la "planche à billet" ?
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c) – Excédents extérieurs et création monétaire
Imaginons que nos habitants exportent plus qu'ils n'importent. Ils obtiennent, disons, 40 en devises, de la monnaie étrangère
qui n'a pas cours légal dans le pays. Le public, qui veut de la monnaie locale, amène ces devises à la banque, laquelle lui fournit
en échange des billets, par une opération de change. L'actif des agents non financier a augmenté de 40 dans leurs dépôts à vue.
Il y a alors une création monétaire dont les devises sont la source. On appelle contrepartie extérieure de la masse monétaire les
devises (l'or étant noyé dans ce concept). Elle ne représente que 3% de la masse monétaire de la zone euro. L'excédent de la
balance des paiements est donc source de création monétaire.
(Source: Patrick Castex,
Le miracle de la création monétaire, Alternatives économiques,
Hors-série n° 45, Septembre 2000)
Q1
– Comment les banques créent-elles de la monnaie avec des devises ?
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Q2
– Cette source est-elle importante ?
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d) – Le contrôle de la Banque centrale
1
– La banque centrale contrôle indirectement la création monétaire des banques, et cela en contrôlant la mesure dans
laquelle elles pourront satisfaire les besoins en monnaie banque centrale engendrés par cette création monétaire. La Banque
centrale intervient sur le marché monétaire pour prêter de la monnaie Banque centrale aux banques moyennant paiement d'un
intérêt, et presque toujours en contrepartie d'une créance détenue par les banques (bons du trésor, effets de commerce, etc.).
Elle peut déjà moduler ses concours en définissant la liste des créances qu'elle accepte de refinancer sur le marché monétaire;
elle étend la liste si elle veut faciliter la création monétaire, elle restreint cette liste dans le cas contraire.
Elle détermine ensuite le taux d'intérêt auquel elle prête de la monnaie Banque centrale, et ce faisant, elle joue un rôle
directeur pour les taux d'intérêt pratiqués entre banques. [...] La Banque centrale peut faciliter le refinancement des banques, et
donc la création monétaire, en offrant beaucoup de liquidités et en faisant baisser les taux d'intérêt, ou, au contraire, freiner la
création monétaire en réduisant son offre de monnaie et en relevant les taux d'intérêt.
Pour renforcer la dépendance des banques à l'égard de la Banque centrale, les autorités monétaires agissent sur les
"réserves obligatoires". A chaque fois qu'une banque accorde un crédit ou reçoit un dépôt, elle doit constituer une réserve
obligatoire bloquée à la banque centrale. Cela crée un besoin en monnaie banque centrale qui vient s'ajouter à celui qui est
associé aux retraits de billets. La banque centrale peut donc faciliter la création monétaire en diminuant le taux des réserves
obligatoires ou au contraire la décourager en relevant ce taux.
(Source : Jacques Généreux,
Introduction
l
'économie,
Seuil Coll. Points Economie, 1992)
Q1
– A l'aide du texte, remplissez le schéma avec les mots suivants :
action sur les taux d'intérêt, taux de réserves obligatoires,
coût du crédit plus ou moins élevé, action sur la liquidité, achat ou vente de titres
.
Les outils de la
politique monétaire
Les banques peuvent
accorder plus ou moins de
crédits
Les banques vont disposer
de plus ou moins de
liquidités
Les agents économiques
vont demander plus ou
moins de crédits
2 –
Le décalage de politique monétaire s'accentue entre les pays anglo-saxons et ceux de la zone euro. Deux jours après la
Banque du Canada, la Banque d'Angleterre a abaissé, jeudi 6 décembre, d'un quart de point son taux de base, à 5,5 %. Et la
Réserve fédérale américaine (Fed) devrait procéder, mardi 11 décembre, à son troisième assouplissement monétaire depuis
l'été. La Banque centrale européenne (BCE) a au contraire opté, jeudi, pour la fermeté et le statu quo. Elle a laissé inchangé, à 4
%, son taux de refinancement, en laissant même entendre que celui-ci pourrait être relevé prochainement.
Ces stratégies opposées semblent refléter des philosophies monétaires différentes. Aux Etats-Unis et en Angleterre, les
banques centrales privilégient aujourd'hui le soutien à la croissance et l'aide à un système bancaire en pleine déroute après la
crise des crédits immobiliers à risques, les fameux subprimes. Quitte à ce que cette souplesse se traduise par une poussée
d'inflation.
La priorité de la BCE, au contraire, reste la lutte contre les pressions inflationnistes, au détriment du soutien à l'activité. Le
discours tenu jeudi par son président, Jean-Claude Trichet, à l'issue du conseil des gouverneurs, a confirmé ce choix. Ces
tensions inflationnistes s'expliquent par la flambée des prix de l'énergie et des denrées alimentaires. Même s'il a reflué depuis
deux semaines, le cours du baril a frôlé les 100 dollars, ce qui a entraîné une forte hausse des prix de l'essence. Les cours des
matières premières agricoles (blé, lait, huile, etc.) s'envolent eux aussi. En Allemagne, le beurre était 48 % plus cher en
novembre qu'un an plus tôt, la laitue coûtait 74 % de plus.
La BCE craint par dessus tout ce que les économistes désignent sous le nom "d'effets de second tour", c'est-à-dire le fait que
la hausse des prix à la consommation se propage aux salaires. "En agissant fermement et au moment opportun, nous garantirons
que des effets de second tour et des risques sur la stabilité des prix à moyen terme ne se matérialisent pas", a martelé M. Trichet.
Il est "essentiel" que les syndicats ne demandent pas de hausses de salaires très élevées susceptibles de mettre en danger
durablement la stabilité des prix, a-t-il souligné, une allusion aux négociations en cours en Allemagne.
(Source : Pierre-Antoine Delhommais, Le Monde du 08 décembre 2007)
3
– Les banques prises dans la tourmente de la crise des subprimes sont soulagées, au moins pour quelque temps.
L'opération massive et inédite entreprise par la Banque centrale européenne (BCE), mardi 18 décembre, a apaisé ponctuellement
les désordres du marché monétaire qui affectaient les établissements les plus fragiles. L'autorité a permis aux banques
d'emprunter pour deux semaines un montant spectaculaire de 348,6 milliards d'euros au taux de 4,21 %. L'objectif était de leur
permettre de se refinancer à moindre coût et d'éviter une paralysie totale du marché du crédit interbancaire.
Depuis cet été, la crise des subprimes - du nom de ces crédits hypothécaires américains à risque nichés dans les comptes
de certaines banques - a provoqué un mouvement de défiance généralisé. Les établissements financiers, ignorant dans quelle
mesure leurs homologues détiennent ces produits explosifs, refusent de se prêter mutuellement ou n'acceptent de le faire qu'à un
coût très élevé.
En ouvrant ainsi massivement les vannes du crédit, elle a su rassurer le marché et fait baisser significativement le niveau des
taux interbancaires. Ces injections de liquidités pallient ainsi au manque de marge de manoeuvre de la BCE pour résoudre la
crise. Du fait de tensions inflationnistes, la banque centrale rechigne à baisser son taux d'intérêt censé réduire mécaniquement et
globalement le coût du crédit.
L'action spectaculaire de la BCE illustre aussi la gravité de la crise. Celle-ci ne semble plus circonscrite aux subprimes et la
sphère financière. Désormais la menace d'une récession aux Etats-Unis et le ralentissement de la croissance en Europe
inquiètent aussi les marchés et incitent les banques à la prudence.
(Source : Claire Gatinois, Le Monde du 20 décembre 2007)
Q2
– Quels sont les objectifs des banques centrales lorsqu’elles contrôlent la création monétaire ?
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Q3
– Expliquez pourquoi la banque centrale américaine et la BCE n’ont pas les mêmes politiques en 2007.
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Q4
– La BCE se désintéresse-t-elle vraiment de la croissance économique ?
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