Collège des Salins Villeneuve lès Maguelone

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Niveau: Secondaire, Lycée, Terminale

  • leçon - matière potentielle : interminables


1 Marceau DEBAILLE 3°, Collège des Salins, Villeneuve lès Maguelone 2009 La vieille Kdf-Wagen « Aïe ! -Excuse-moi mon chéri. » Une goutte de sang rouge vif perle sur ma peau. La légère douleur de l'aiguille disparaît très vite et j'admire mon nouvel uniforme. Ma mère ajuste une dernière fois l'ourlet du pantalon et se relève, un sourire admiratif aux lèvres : « Quand ton père te verra, il ne t'en voudra plus. » D'un geste répété des milliers de fois, elle époussète le col de la chemise café au lait que je porte pour la première fois. Enfin elle noue la cravate autour de mon cou et me donne un baiser sur la joue en me glissant : « Tu es le plus beau garçon de tout le Reich » Elle quitte la chambre et me laisse seul. Mon regard se pose à nouveau sur le miroir. Les coutures neuves me grattent un peu. Etait-ce bien la peine ? Tous ces cris, ces pleurs, ces repas sans un mot, tout cela pour faire comme les autres, pour rejoindre les copains, et m'éloigner de l'amour que me portent mes parents… Arrête. Bien sûr que cela en vaut la peine. Heinrich et Hantz t'en parlent depuis des mois. Là-bas, on est autonome, on apprend à devenir des hommes.

  • affreuse odeur de cheveux brûlés

  • oreilles avec ton engin

  • front contre la vitre

  • vieille école

  • goutte de sang rouge

  • rire

  • bouteilles pleines d'alcool dans le brasier

  • quand ton

  • goutte de sueur au front


Publié le : vendredi 8 juin 2012
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Source : ac-montpellier.fr
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1
Marceau DEBAILLE
3°, Collège des Salins, Villeneuve lès Maguelone
2009
La vieille Kdf-Wagen
« Aïe !
-Excuse-moi mon chéri. »
Une goutte de sang rouge vif perle sur ma peau. La légère douleur de l’aiguille disparaît très
vite et j’admire mon nouvel uniforme. Ma mère ajuste une dernière fois l’ourlet du pantalon et
se relève, un sourire admiratif aux lèvres : « Quand ton père te verra, il ne t’en voudra plus. »
D’un geste répété des milliers de fois, elle époussète le col de la chemise café au lait que je
porte pour la première fois.
Enfin elle noue la cravate autour de mon cou et me donne un baiser sur la joue en me
glissant : « Tu es le plus beau garçon de tout le Reich » Elle quitte la chambre et me laisse
seul.
Mon regard se pose à nouveau sur le miroir. Les coutures neuves me grattent un peu.
Etait-ce bien la peine ? Tous ces cris, ces pleurs, ces repas sans un mot, tout cela pour faire
comme les autres, pour rejoindre les copains, et m’éloigner de l’amour que me portent mes
parents…
Arrête. Bien sûr que cela en vaut la peine. Heinrich et Hantz t’en parlent depuis des
mois. Là-bas, on est autonome, on apprend à devenir des hommes. Là-bas, pas de leçons
interminables d’arithmétique, on fait de l’exercice, on joue à la guerre.
Même le Führer en a parlé au congrès de Nuremberg. Il a dit que c’était la meilleure voie pour
devenir un bon citoyen allemand.
Un cri m’arrache à mes pensées. C’est Erik, mon petit frère qui fait sa crise. Il est fou
de rage que je parte aux jeunesses hitlériennes pendant que lui reste auprès des parents. Il est
trop jeune, il aura 6 ans au mois d’octobre.
Mais alors que les pleurs et les cris continuent au rez-de-chaussée, la lumière s’allume
dans la chambre de la maison voisine. C’est la chambre d’Heidi. Nos deux foyers ne sont
séparés que de quelques mètres et nos fenêtres se font face.
J’ai toujours été très amoureux d’Heidi ; aussi en la voyant rentrer, je fais mine de ne
pas l’avoir aperçue et m’agrippant à la tringle des rideaux, je commence une série de
tractions. Au bout de trois, je lâche la tringle, épuisé. Heidi me sourit d’un air bienveillant et
je comprends le ridicule de la situation. Plein de honte, je renvoie un sourire crispé et sors de
ma chambre.
C’est l’heure. J’emprunte le couloir jusqu’à l’escalier et dévale les marches avec
enthousiasme. Mais un poids m’arrête net. Mon père, assis sur l’un des gros fauteuils du
salon, me lance un regard noir. Je suis tétanisé. Ce regard exerce sur moi une force énorme.
Soudain je ne suis plus le garçon qui se pavanait quelques secondes plus tôt
dans son nouvel
uniforme. Je suis un fils qui a déçu son père. Ma mère sentant le malaise dans la pièce, fait
comme si de rien n’était et du ton joyeux qu’elle prend souvent pour abréger ce genre de
situation, s’exclame :
« Allez chéri, Klaus t’attend dans l’auto, file ! Sois sage et écoute ce que l’on te dit.
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- Oui maman. A ce soir ! »
Je ne demande pas mon reste. Je sors de la maison et rejoins la voiture qui stationne
dans la rue.
En cette fin d’automne, le ciel est gris mais pas menaçant. Les dernières feuilles
encore accrochées aux platanes craquent sous le vent d’ouest. L’air est doux. C’est le temps
de ces dimanches interminables où papa bricole, maman tricote, Erik s’invente un monde et
moi, je tourne en rond.
Le ronronnement de la voiture me berce et je me colle à la vitre de la vieille KdF-Wagen
qui me conduit.
« Alors gamin ! T’es pas bavard ! T’es pas content d’aller là-bas ? Pourtant c’est toi qui a
insisté pour aller chez les généreux marsouins d’Hitler !
-
Oh si si ! Je suis content ! Je vais retrouver les copains. J’ai hâte d’y être !
-
Tes parents ont enfin accepté. Entre nous, gamin, c’est pas trop tôt, ça commençait à
jaser dans le quartier et avec les flics de l’oncle Adolf qui sont partout, vaut mieux pas
se faire remarquer, si tu vois ce que je veux dire.
Un
peu gêné, j’esquisse un sourire pour toute réponse. Klaus, je le connais depuis
longtemps. Il est employé à la mairie, chargé des espaces verts. Et comme en cette saison plus
grand chose n’est vert, il donne des coups de main et avec sa voiture de fonction, il fait des
commissions. C’est ma mère qui lui a demandé de m’emmener. Tout le monde l’aime bien,
Klaus. Il est au courant de tout ce qui se dit dans le quartier. Moi aussi je l’aime bien. Parfois,
à la sortie de l’école, je vais jardiner avec lui. Alors il me parle, je sais qu’il n’aime pas
beaucoup Hitler mais il se tait. Il dit que cela ne le regarde pas et que de toute façon, qu’il en
parle ou non, ça ne change rien.
Dans la voiture, le silence se fait. On n’entend plus que les soubresauts réguliers du
moteur.
Les platanes bien alignés qui bordent la route défilent sous mes yeux comme si je
regardais un film sans histoire, sans début ni fin. Mon histoire de Hitlerjuden a un début. Mais
pas encore une fin.
Ça a commencé en avril, les hommes en noir ont placardé des affiches par-dessus celle
du cirque et de l’orchestre de musette itinérant. Ils sont aussi venus dans l’école et ils nous ont
expliqué que les jeunesses hitlériennes étaient le fleuron de la société allemande. Les futures
forces vives de l’Allemagne y apprennent à aimer et à défendre l’Allemagne, notre Führer, et
notre famille. Ils ont dit que c’était la route toute tracée pour devenir un acteur de la gloire et
de la puissance de la grande nation aryenne. Ils nous ont montré des images en couleur
d’enfants qui rient, qui s’entraînent ou encore rangés en bataillon au garde-à-vous devant
Hitler.
Nous étions impressionnés. A la récréation, tout le monde y allait de son
appréciation :
« Hé les mecs ! Vous vous imaginez, on va jouer à la guerre tous les dimanches, et au moins
les vieux nous lâcheront la grappe.
-
Peter a raison, il faut tous y aller, on va se poiler là-bas !
-
Et vous avez vu l'uniforme SS ? Ils ont vraiment de la classe !
-
Avec ça, Georges, tu va taper dans l’oeil d’Heidi !
-
Mais dépêche-toi, le nouveau commence à lui tourner autour ! »
Tous mes copains explosèrent de rire et moi aussi mais d’un rire forcé. C’est là que j’ai
décidé d’aller prendre un des formulaires d’inscription aux Jeunesses hitlériennes posés sur le
bureau de la maîtresse. Pour les copains, et pour Heidi, et pour le nouveau, et pour
l’Allemagne.
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De ces quatre motivations, la dernière est de loin celle qui m’enchante le moins. A la
maison, l’ambiance n’est pas très patriote et bien qu’ayant grandi dans un contexte belliqueux,
donner mon sang pour mon pays ne m’enthousiasme pas outre mesure, pas
autant que
certains de mes amis.
Et puis la guerre est pour moi une chose lointaine qui n’a d’existence que sur les pages
cornées d’un livre d’histoire, sur une peinture à l’huile accrochée au mur d’un vieux château
en Bavière, dans la tête d’un officier au passé soi disant glorieux, maintenant seul, boiteux et
sans
un
sou.
Bref
la
guerre
dans
mon
esprit
ce
n’est
qu’un
mot.
Ce soir-là, sur le chemin du retour, j’étais gai comme un pinson, inconscient encore de la
crise familiale que j’allais déclencher quelques jours plus tard.
Dans la rue déserte, je simule une escarmouche contre des soldats polonais armés de
tromblons archaïques comme dans l’affiche placardée sur le portail de l’école. Après une
facile victoire,
j’ouvre le portillon du foyer familial en m’assurant qu’aucun agent
communiste ne m’a suivi. Je saute enfin sur la poignée de la porte et entre dans la maison à la
manière d’Hitler qui descend du ciel dans
Le Triomphe de la volonté.
Mon père stoppe net
mon élan :
« Georges, tu ne cesseras donc jamais de faire le guignol ? » Il est assis dans le salon,
l’oreille tendue vers le vieux poste de radio. Une voix comme rongée par l’acide s’en
échappe.
Je m’approche de lui et l’embrasse, un peu déçu qu’il n’ait pas remarqué mon allusion
cinématographique.
Ma mère entre dans le salon.
-
Ulrich, il faudrait penser à acheter un nouvel émetteur, tu nous tortures les oreilles
avec ton engin, dit-elle avec une voix douce. Oh! Tu es déjà rentré Georges, tu ne devais pas
aller chez Madame Seezgot ?
J’élude la question en courant vers elle pour l’embrasser à son tour.
-
Je vais faire mes devoirs !
-
Tu ne serais pas plutôt pressé d’aller jouer avec tes soldats ? corrige ma mère d’un ton
malicieux, petit diable va ! »
Je monte les marches quatre à quatre, rentre dans ma chambre et me jette sur mon lit.
Allongé, les bras en étoile contre les draps blancs sur lesquels sont brodées mes initiales, je
me demande comment je vais dire à mon père que je veux adhérer aux Jeunesses Hitlériennes.
Je me persuade que je n’ai pas à m’en faire, qu’il acceptera évidemment, et qu’il en sera
même
enthousiaste.
Une des roues arrière tombe dans un nid de poule, ma tête, appuyée contre la vitre,
rebondit
sur
le
plexiglas,
le
léger
choc
me
ramène
à
l’instant
présent.
Klaus marmonne quelque chose dans sa barbe. Je me rends compte que je n’ai jamais regardé
son visage, ni prêté la moindre attention à ses traits. Je le vois presque quotidiennement et je
n’ai jamais remarqué le gros grain de beauté sur sa joue droite ou encore ses sourcils noirs et
épais.
C’est un homme d’une quarantaine d’années, bien portant, la démarche débonnaire. Il
a la gouaille de ces bavarois du sud arrivés à Berlin pour travailler dans l’armement. Entre les
usines d’armement et les espaces verts de Wunsdorf, il avait cependant vite choisi. Son
caractère rigolard et sa bonne humeur lui ont permis de s’attirer la sympathie de tout le
quartier. Mais parfois, sous la gaieté, on sent qu’une blessure a meurtri cet homme. Un mot,
une intonation, un rictus et l’on perçoit les contours flous d’un passé rude, bien loin de la
tranquillité d’une petite ville de la banlieue berlinoise.
Quelques gouttes de pluie insignifiantes s’écrasent sur le pare brise.
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« Mon Dieu ! S’il se met à pleuvoir, les géraniums que j’ai plantés chez la mère Vontz
vont tous crever ! »
Je reste silencieux.
« Tu t’en fiches toi, hein ? reprend-il. T’as bien raison, y a bien qu’un vieux croûton
comme moi pour se soucier de quatre misérables bourgeons, pas vrai?
-
Ne t’en fais pas. Regarde, il ne pleut plus. »
En effet, la fine pluie est repartie aussi vite quelle était venue et un autre élément extérieur
attire désormais mon attention. Au loin, au-dessus du centre-ville vers lequel nous nous
dirigeons, d’épaisses volutes noires s’élèvent dans le ciel.
Cette fumée m’inquiète, je ne sais pas très bien pourquoi. Ce n’est peut-être que quelques
pneus indésirables qui flambent.
Quelques dizaines de minutes s’écoulent. Klaus ne semble pas avoir remarqué le panache
de fumée. Bientôt une affreuse odeur de cheveux brûlés remplit l’auto. Mes yeux sont irrités.
Nous entrons dans la ville et traversons le pont qui enjambe la voie ferrée.
Il est onze
heures trente et les gens rentrent du marché les bras chargés de paquets ou traînant un cabas
imprimé écossé d’où dépassent des bouquets de céleris, des bottes de poireaux. Les vieilles
dames, en petits groupes sur les trottoirs, s’échangent les derniers ragots du village. Devant
nous, une charrette tirée par un âne s’immobilise. L’animal, incommodé par l’odeur de la
fumée noire, décide de s’arrêter. L’homme à bord de la charrette descend, insulte et frappe la
pauvre bête avec un nerf de boeuf. Klaus s’indigne:
« Hé! Dis donc le paysan, tu vas le faire avancer ton canasson de malheur ?
-
Mais tu t’es vu avec ton tacot! Si t’es si pressé que ça t’as qu’à descendre et pousser la
carriole ! répond le propriétaire du convoi.
-
Si je descends, en plus de pousser ton tas de bois pourri, je vais te faire un ravalement
de façade ! hurle Klaus en sortant sa tête par la fenêtre.
-
Mais viens donc si tu l’oses !
Klaus se retourne et me dit : « Bouge pas petit, j’en ai pour une minute. »
Et d’un pas volontaire il s’extirpe du véhicule et se dirige vers la carriole. Mon ventre se
noue, j’ai peur que les deux hommes se battent. Klaus est gentil, mais il est de la vieille école
et n’a rien contre une petite confrontation physique. La charrette n’est qu’un prétexte et nul
doute que lorsqu’ils se seront assez frictionnés, ils repartiront apaisés, en se serrant la main.
Mais ils n’ont pas le temps d’en arriver là qu’un homme affolé, les cheveux en bataille, la
goutte de sueur au front et les yeux écarquillés arrive en courant dans la rue. Il crie : « La
boutique ! La boutique ! Ils ont… ! Oh mon Dieu ! Oh c’est affreux ! » La voix pleine de
sanglots, il court au hasard des rues, comme dément, sans que personne ne puisse l’arrêter.
Claus et moi échangeons un regard et en un dixième de seconde, tout s’enchaîne dans nos
têtes : l’homme en pleurs, c’est Monsieur Muller le perruquier, le panache de fumée, l’odeur
de cheveux brûlés, ils ont brûlé sa boutique. Seule interrogation : qui sont-ils ?
Aussitôt Klaus remonte dans la voiture et se dirige vers la boutique toute proche. Plus
nous approchons de l’incendie, et plus les passants sont courbés, les yeux toujours plus
livides, incrédules, à chaque carrefour le voile de fumée obscurcit un peu plus la lumière
hésitante de l’automne, à chaque rafale de vent les relents écoeurants de cheveux carbonisés
emplissent l’air déjà saturé.
Enfin, nous arrivons devant la boutique. Mon corps se fige littéralement. Le front contre la
vitre, les yeux écarquillés, incapable de bouger, de respirer ou de penser, je reste là.
Klaus hurle quelque chose que je n’entends pas. Ce que je vois est tout simplement affreux :
Heinrich, Hantz et tous les autres camarades que je suis censé rejoindre aux jeunesses
hitlériennes, jettent des bouteilles pleines d’alcool dans le brasier, tabassent le fils Muller de
huit ans en scandant les slogans anti-juifs appris en classe quelques jours plutôt, ils lui
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crachent dessus, lui enfoncent des pieux de bois dans le ventre, le rouent de coups de pieds, le
tout sous le regard bienveillant du SS chargé de l’encadrement de l’escadron de JH.
Je sens monter en moi une sensation que je ne connais pas, affreusement douloureuse.
Une énorme boule brûlante remonte de mon ventre, gagne mes poumons et mon crâne. Je sue
énormément. Mes membres tremblent, j’ai très chaud. Cette sensation inconnue, c’est la
haine. Pour la première fois de ma vie, la haine fait battre mon coeur. La haine contre eux,
contre ce SS qui attend les bras croisés, contre cette vielle dame qui regarde le spectacle
terrifiant depuis sa fenêtre, contre les pompiers sur le trottoir d’en face qui n’interviennent
pas, contre Hitler et son plein emploi de malheur, contre cet uniforme et mon obstination à le
porter.
J’explose. Je cours, criant, hurlant des sons stridents, je déchire mon uniforme et me rue
sur les incendiaires, je frappe de toutes mes forces, gesticule comme un fou, enfonce mes
doigts dans les yeux du premier meurtrier en herbe qui passe à ma portée, croque une oreille
avant qu’une main vigoureuse me projette à travers la vitrine du magasin.
Me voilà à plat ventre, étalé sur les bris de verre au milieu des flammes, baignant dans
mon sang qui suinte d’innombrables coupures. Je crache le morceau de chair arraché dans le
combat. J’ai très mal. Une première flamme me frôle, puis une seconde, puis une troisième.
Un rat agonisant se traîne à quelques centimètres de ma face. Du sang s’échappe de ses
orbites, de sa bouche, de ses oreilles. Je sens alors le liquide bouillonnant envahir ma bouche,
comme l’animal innocent, mon sang quitte mon corps. Le rat me jette un dernier regard si
humain que, de nous deux, je ne sais plus qui est l’être développé et supérieur. Je repense aux
rires des enfants dans le film que les SS nous ont montré à l’école. Je sais à présent que ce
rire, c’est le rire de la haine, de la violence et de l’horreur, c’est le rire du Diable.
Le rat, dans un spasme, pousse son dernier soupir. Je l’imite quelques secondes plus tard.
Deux destins bien étranges. Un rat et un homme, réunis dans la mort par la folie d’un pays et
d’un Führer. Voilà ce qu’Hitler a fait de l’homme : un rat.
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