Dissertation d'histoire Durée : 7 heures Sujet : Le rôle de la mer ...

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classe de seconde, Secondaire - Lycée, 2nde
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Dissertation d'histoire Durée : 7 heures Sujet : Le rôle de la mer dans les relations entre les pays d'Islam et le monde latin (milieu Xe- milieu XIIIe siècle). Remarques générales Le sujet proposé en 2003 pour la dissertation d'histoire ne posait pas de problèmes particuliers. La mer est au cœur des relations entre les pays d'Islam et le monde latin entre 950 et 1250. De plus, la question d'histoire médiévale inscrite pour la deuxième année consécutive à l'agrégation interne, venait à la suite de son inscription à l'agrégation externe et avait donné lieu à la publication d'un grand nombre d'ouvrages de base ou
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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Source : trf.education.gouv.fr
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Dissertation d’histoire Durée : 7 heures Sujet :Le rôle de la mer dans les relations entre les pays d’Islam et le monde latin (milieu Xe-milieu XIIIe siècle).Remarques générales Le sujet proposé en 2003 pour la dissertation d’histoire ne posait pas de problèmes particuliers. La mer est au cœur des relations entre les pays d’Islam et le monde latin entre 950 et 1250. De plus, la question d’histoire médiévale inscrite pour la deuxième année consécutive à l’agrégation interne, venait à la suite de son inscription à l’agrégation externe et avait donné lieu à la publication d’un grand nombre d’ouvrages de base ou plus spécialisés.  Malgré la parution de ces livres récents, un grand nombre de candidats semblent encore se présenter au concours sans la lecture de livres spécialisés et se contentent des connaissances acquises antérieurement pour l’enseignement de la question portant sur la « Méditerranée au XIIème siècle » en classe de seconde. D’autres exploitent des connaissances générales en les « maritimisant », en particulier ceux qui ont déjà étés candidats l’année dernière et qui disposaient d’un corpus de documents posés lors de l’épreuve sur dossier. D’autres se servent de la Méditerranée comme d’un simple décor plaqué sur quelques généralités. Dès lors les copies se réduisent à la mise en valeur d’un vide de connaissances précises sur le sujet. Le sujet est souvent abordé sous l’angle de l’expansion latine, ce qui confirme la méconnaissance de l’historiographie récente. Certains candidats se contentent de quelques clichés sur l’Islam et les musulmans, et si les remarques idéologiques sont globalement moins nombreuses que l’année dernière, on a pu néanmoins relever quelques expressions fâcheuses telles que : « une enclave musulmane en terre chrétienne » pour désigneral-Andalus, « l’invasion arabe stoppée à Poitiers », la « vie harmonieuse » dans la Sicile normande, le « miracle de l’intégration réussie des trois cultures » en Sicile et al-Andalus ; ou encore quelques remarques naïves sur les peuples qui se font la guerre au lieu de chercher à se comprendre et à se connaître.  Bien souvent le thème de l’expansion latine n’est pas mieux traité. L’aspect naval des croisades et de laReconquista, la conquête maritime des îles et des côtes, la lutte contre la piraterie musulmane sont absents ou n’apparaissent que sous forme de généralités. Même le commerce maritime se réduit parfois à une simple liste de produits échangés. En revanche, les auteurs des bonnes copies montrent une analyse plus poussée des systèmes commerciaux et des groupes marchands, des techniques maritimes et commerciales, du réseau des routes maritimes et des ports, des politiques maritimes, du droit de la mer..., et citent des exemples précis et datés en relation avec une démonstration.  Le jury n’a pas relevé trop d’erreurs de syntaxe. En revanche, il déplore les nombreuses fautes d’orthographe ; en particulier de très nombreux candidats ignorent que certains termes prennent une majuscule comme le mot « Etat », comme les noms de lieu (mer Méditerranée, mer Noire, Italie du Sud, Péninsule ibérique...), comme les noms de peuples et de dynasties (Francs, Latins, Arabes, Turcs, Omeyyades, Almohades...), mais pas les adeptes des religions (chrétiens, musulmans et juifs...). De même la confusion entre Islam
(civilisation) et islam (religion) est très fréquente. Les barbarismes et anachronismes sont nombreux : « Freycinet » pour Fraxinet, « Galiza » pour Geniza, « Viking » pour Normand de Sicile, parler de Frédéric de Prusse ou de Guillaume le Conquérant au moment des croisades, de « l’évêque » de Cluny... De même, les erreurs géographiques comme les « ports » d’Antioche, de Kairouan, de Tlemcen et de Lucques...  Enfin, pour terminer ces quelques remarques d’ordre général, il faut rappeler que la dissertation d’histoire est un exercice rédigé qui ne doit comporter aucun titre à l’exception du sujet lui-même, ni aucun graphique ou carte. Les candidats qui ont ajouté des titres de parties ont bien souvent pensé que cela les dispensait de rédiger des transitions. Quant aux cartes, elles sont d’autant plus inutiles qu’elles peuvent difficilement répondre à un sujet qui porte sur plus de trois siècles. L’introduction. L’introduction est une partie importante de la dissertation et la plupart des candidats apportent un soin particulier pour sa rédaction. Il s’agit de définir le sujet, de poser une problématique, d’annoncer et justifier un plan. La définition du sujet ne consiste pas à juxtaposer des définitions de termes mais à mener une réflexion d’ensemble pour en connaître les composantes et les limites. De très nombreux candidats ont centré leur réflexion sur la mer Méditerranée et non sur la mer en général ; ils ont, de ce fait, exclu l’Atlantique et la mer Rouge. D’autres ont parlé d’« espace méditerranéen » plus que de mer et ont donc traité de l’ensemble des relations entre pays d’Islam et monde latin en incluant les croisades et la Reconquista, ce qui les a entraînés dans de longs développements hors sujet (statut des dhimmis, traductions, histoire de la Sicile normande...). Ici la mer est au centre du sujet (la guerre maritime, la piraterie, les politiques maritimes, les flottes, les routes et les ports, les bateaux et les marins, le commerce maritime et les marchands, les techniques maritimes et commerciales, la perception de la mer...), et ces différents aspects doivent être étudiés en Méditerranée, mais aussi dans l’Atlantique et en mer Rouge (expédition de Renaud de Châtillon). En outre, il faut s’interroger sur les possibles contacts (guerriers, commerciaux, culturels) que la mer favorise ou contrarie (notion de frontière), ainsi que sur son instrumentalisation pour dominer l’autre. Le « rôle de la mer » doit enfin être implicitement mis en parallèle avec celui « de la terre » pour qu’il soit possible d’évaluer l’importance relative de l’une et de l’autre dans les différentes relations entre pays d’Islam et monde latin. Les candidats ont souvent cité dans leur introduction, ou au cours de leur dissertation, quelques travaux d’historiens plus ou moins récents ou des études de sources qui ont fait avancer la recherche historique. Fernand Braudel est l’historien que l’on retrouve le plus souvent, qualifié parfois de « grand spécialiste de la Méditerranée au XIIe siècle ». Il ne suffit pas de citer un ou plusieurs auteurs ou une source importante ; encore faut-il présenter l’oeuvre de ces historiens sans erreur chronologique et préciser en quoi ces travaux sont utiles pour traiter le sujet. Ainsi, Henri Pirenne et Maurice Lombard apparaissent dans un certain nombre de copies, mais leurs thèses respectives sont rarement explicitées. De même, l’importance des archives de la Geniza du Caire et des travaux de Goïtein a justement retenu l’attention de certains candidats, mais de nombreuses erreurs ont été commises dans leur présentation ou dans l’exploitation qui peut en résulter, en particulier en accordant aux marchands juifs un rôle important, voire pour certains, un « monopole », dans le commerce entre les pays d’Islam et le monde latin de 950 à 1250, alors que les archives de la Geniza les montrent au contraire confinés à l’intérieur du monde musulman, à quelques exceptions près. La problématique ne peut se limiter à une série de questions concernant la mer ou les relations entre pays d’Islam et monde latin. Elle doit servir de fil directeur à une démonstration. Entre le milieu du Xe et le milieu du XIIIe siècle, la mer n’est jamais
totalement absente des relations entre les pays musulmans et le monde latin. Elle joue en effet un rôle primordial dans les échanges commerciaux, elle partage avec la terre le champs des conquêtes et des événements guerriers ; il n’y a que pour les contacts culturels que son rôle paraît a priori plus diffus ou plus faible. Cependant, si le rôle de la mer semble majeur pendant trois siècles, c’est le monde musulman qui tire avantage de la situation au début de la période, au détriment du monde latin, tandis que c’est l’inverse qui se produit à partir de la fin du XIIe siècle, en particulier après la troisième croisade. Mais dans tous les cas, la mer est un instrument de domination qui conforte les conquêtes terrestres et assure la suprématie politique, militaire et commerciale. Il faut donc cerner les éléments de cette domination maritime musulmane, puis latine, déterminer ceux qui ont pu favoriser ou restreindre les relations avec l’autre monde et analyser le passage d’une domination à l’autre, à la fois en Méditerranée et dans l’Atlantique. Sans être totalement impossible, un plan thématique paraît a priori difficile pour traiter un tel sujet sur une durée de trois siècles. Le plan thématique classique autour des relations guerrières, commerciales et culturelles aboutit à une dissertation déséquilibrée et sans problématique liée à la mer. En outre, ce plan ne permet pas de faire ressortir l’évolution chronologique du rôle de la mer et gomme largement les ruptures. Les meilleurs copies ont adopté un plan chronologique autour de la problématique suivante : celui qui domine la mer domine l’autre (ou la mer, instrument de domination de l’autre). Celui qui domine la mer domine l’autre. Dans un premier temps, au Xe siècle, le « lac musulman » et la maîtrise de la Méditerranée et de l’Atlantique permettent aux capitales arabes qui sont au contact du monde latin (Cordoue, Kairouan/Mahdiya, puis Le Caire) d’en contrôler la plupart des côtes. La mer est alors un espace largement dominé politiquement et économiquement par les musulmans. Elle joue un rôle réduit dans des relations entre monde musulman et monde latin elles-mêmes limitées. En Péninsule ibérique, les contacts guerriers comme les échanges commerciaux ou les apports culturels (Gerbert d’Aurillac) sont essentiellement terrestres. En Provence, la présence d’épaves de bateaux musulmans témoignent de l’emprise musulmane sur la région, non de contacts avec les Latins grâce à la mer. Seule l’Italie du Sud peut, grâce à la mer et au prix d’une intégration économique auDar al-Islam, développer ses relations commerciales et culturelles avec la Sicile et l’Ifriqiya fatimides. Un renversement de tendance se dessine toutefois en Méditerranée à la fin du Xe siècle et au début du XIe siècle : chute du Fraxinet en 972, perte de la Crète et de Chypre (961 et 964), prise de la Sardaigne par les flottes latines en 1015-1016. Les raids musulmans vers le nord s'essoufflent (Narbonne, 1018) et une nouvelle période débute, comme en témoigne la migration des Fatimides vers l'Egypte (972) ou, après 1010, le choix d'une voie terrestre et non plus maritime pour les pèlerins en route vers Jérusalem. Avec la prise de la Sardaigne par les flottes de Pise et de Gênes, commence une phase d’expansion maritime des cités italiennes et des Normands qui luttent pour étendre leur domaine maritime, ouvrir des relations commerciales avec les pays musulmans et conforter les conquêtes terrestres des Latins au Levant, en Péninsule ibérique et en Ifriqiya. Les Latins trouvent en face d’eux des Etats musulmans en pleine recomposition politique et dont les rapports à la mer se transforment. Ces nouveaux Etats sont dirigés par des dynasties non arabes (Almoravides, Almohades, Eyyoubides) qui luttent contre les conquêtes latines au nom d’un renouveau de l’islam, ce que n’avaient pas fait les dynasties arabes précédentes, tout en favorisant les relations commerciales avec les Latins qui ne sont pas directement impliqués dans les conflits terrestres. Pendant cette période, le rôle de la mer s’intensifie : les opérations navales deviennent un élément majeur de l’affrontement entre pays musulmans et monde latin
en Péninsule ibérique, en Ifriqiya et au Levant. Simultanément, les flottes latines cherchent à éradiquer la course musulmane pour lui substituer un commerce maritime pacifique. Enfin, à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle, on assiste à un certain partage tacite de l’espace mer/terre entre les Latins et les musulmans qui consacre la domination latine sur la mer sans toutefois anéantir complètement les flottes musulmanes. Cette nouvelle donne entraîne une relative limitation du rôle de la mer dans les affrontements guerriers et un renforcement de la domination maritime et commerciale des Latins. En Orient, la domination navale latine est manifeste après l’échec des tentatives navales de Saladin et la reconquête d’Acre par les flottes de la troisième croisade. En Occident, la supériorité latine n’est pas aussi évidente. La flotte almohade contribue à l’éviction des Normands d’Ifriqiya. Surtout, elle contrôle l’Atlantique et le détroit de Gibraltar en infligeant une sévère défaite aux Portugais. Parallèlement, le rôle de la mer s’intensifie avec la multiplication des traités de paix et de commerce entre Latins et pays musulmans qui ne s’affrontent pas directement sur les champs de bataille terrestres, ce qui permet aux cités maritimes italiennes (Pise, Gênes et Venise), ainsi qu’à Marseille et Barcelone au XIIIe siècle (mais pas aux Normands), de dominer les routes commerciales en Méditerranée vers le Maghreb et vers l’Egypte (mais pas dans l’Atlantique), ainsi que sur les routes maritimes internes au monde musulman (Ceuta -Tunis - Alexandrie). Au terme de ces trois siècles, on assiste à la naissance d’un nouvel équilibre. Les Latins ont repoussé la présence musulmane dans le bassin occidental de la Méditerranée et sur les côtes de l’Atlantique en s’appropriant toutes les îles et, malgré leurs déboires militaires en Orient, ils se sont solidement installés en tant que partenaires commerciaux. Seuls la mer Rouge et le golfe Persique sont encore fermés aux Latins. Pour une grande part, la mer aura été le vecteur de leur expansion militaire et commerciale. La mer fut donc à la fois un instrument de domination et un révélateur des rapports de force. Par ailleurs ce nouvel équilibre, encore entaché par de nombreux actes de piraterie, valorise de nouveaux espaces maritimes aux extrémités de la Méditerranée. Le sac de Constantinople en 1204 consacre le déclin de la puissance byzantine et favorise l’expansion des Turcs qui s’installent progressivement sur les côtes anatoliennes de mer Noire et de Méditerranée. La naissance d’une « Romanie vénitienne » au XIIIe siècle, suivie de celle d’une « Romanie génoise » au XIVe siècle, mettra les Latins au contact de ces nouveaux partenaires musulmans. Au Levant, la chute des Etats latins de Terre Sainte n’affecte pas outre mesure les cités maritimes italiennes : Gênes et Venise reportent sur la Petite Arménie et sur la mer Noire leurs activités maritimes en profitant de la « paix mongole », et marginalisent pour un temps leurs relations avec l’Egypte et la Syrie mameloukes soumises audevetumpapal. En Occident, les Catalans prennent progressivement le relais des Italiens et s’imposent au XIVe siècle comme les interlocuteurs latins privilégiés des pays du Maghreb et, grâce à leur conquête des Baléares, de la Sicile et de la Sardaigne, transforment la Méditerranée occidentale en une « Manche catalane ». En outre, malgré l’échec castillan pour porter la ReconquistaAfrique (expédition de Salé en 1260), l’ouverture du détroit de Gibraltar en permet, avant la fin du XIIIe siècle, à la navigation génoise d’atteindre de nouveaux horizons vers les côtes atlantiques de l’Afrique (expédition Vivaldi) ou vers l’Europe du Nord.
Proposition de plans’articule autour des éléments présentés précédemment et qui (qui reprend les plans des meilleures copies). I La mer au Xe siècle : un espace de la domination musulmane. 1) Situation au Xe siècle. - Rappel de la chronologie des conquêtes des côtes et des îles en Méditerranée en dans l’Atlantique et des lieux de contact entre pays musulmans et les Latins. - Le rapport de forces au milieu du Xe siècle. « Lac musulman » et domination maritime en Atlantique.  2) Les moyens de la domination maritime musulmane. - Un réseau d’arsenaux à la disposition des Omeyyades de Cordoue et des Fatimides de Kairouan/Mahdiya, puis du Caire. - Une flotte importante et un personnel spécialisé au service des souverains (le qai’d al-Bahrandalou).  3) Les conséquences de cette politique pour les relations avec les Latins. - Raids maritimes sur les côtes latines considérées comme espace de guerre (Dar al-Harb). - Possibilité d’un espace de protection pour les Latins qui acceptent d’entrer dans la mouvance musulmane et d’intégrer de fait leDar al-Islam (Amalfi et l’Italie du Sud). II A partir du début du XIe siècle, la mer devient un lieu d’affrontement entre des pays musulmans en pleine recomposition politique et des cités maritimes latines en phase d’expansion.  1) Une modification des rapports à la mer des cités maritimes italiennes comme des pays musulmans : - Dans les cités maritimes italiennes : contestation de la supériorité maritime des musulmans favorisée par la croissance démographique, par le début de l’autonomie communale, par l’émergence d’une élite marchande. - Dans les pays musulmans, déclin des autorités maritimes centralisées. En Péninsule ibérique : chute du califat de Cordoue et échec de lataïfa maritime d’al-Mujahid. En Ifriqiya : déplacement du califat fatimide au Caire, perte de la Sicile et conséquences « maritimes » de l’invasion hilalienne. Il en résulte un développement de la piraterie musulmane.  2) Un affrontement en deux étapes : - XIe siècle en Méditerranée occidentale et en Atlantique : Conquête de la Sardaigne et raids latins contre les centres de pirates musulmans ; coalition latine contre Mahdiya en 1087. - Fin XIe-début XIIe : élargissement du champ de l’expansion maritime des Latins en Méditerranée orientale (ravitaillement de la première croisade, conquête et défense des côtes et des ports du Levant, transport des renforts par les flottes latines). Interventions ponctuelles des flottes latines sur les côtes méditerranéennes et atlantiques de Péninsule ibérique (Valence, Tortose, Alméria, Lisbonne). Conquête de la côte ifriqiyenne par les Normands. - Un affrontement encouragé par la papauté dès le début du XIe siècle (Calabre, 1005 ; Mahdiya, 1087 ; appel de Clermont, 1095). Un affrontement maritime qui mêle les intérêts militaires et commerciaux et sur lequel se fondent les mythes fondateurs des cités maritimes.
3) Cet affrontement n’est pas général : Les Amalfitains ont préservé leurs relations commerciales avec les Fatimides et les ont accompagnés en Egypte. Ils sont rejoints par les Italiens du Nord dès avant la première croisade. III La mer dominée par les Latins (deuxième moitié du XIIe - 1250).  1) Une domination navale totale en Orient et partielle en Occident. - Orient : Les tentatives de Saladin pour recréer une flotte en Egypte et leur échec. Les 500 bateaux de la troisième croisade et la maîtrise de la mer par les Latins. - Occident : Les politiques navales des Almoravides et des Almohades. Participation de la flotte almohade à l’éviction des Normands d’Ifriqiya. Guerre dans l’Atlantique avec les Portugais. Eviction des flottes latines de l’Atlantique et contrôle du détroit de Gibraltar par les Almohades. 2) Une généralisation des traités de paix et de commerce entre Latins et pays musulmans qui ne s’affrontent pas directement en Péninsule ibérique, en Ifriqiya ou au Levant.  - Chronologie de ces traités depuis le milieu du XIIe siècle (Egypte et Maghreb). - Conséquences maritimes de ces traités : obligation de réprimer la course pour faire de la mer un espace de paix. Développement d’un droit maritime. 3) Les Latins s’approprient l’essentiel du commerce : Pise, Gênes et Venise puis Marseille et Barcelone au XIIIe siècle. - Ils dominent les routes commerciales entre les ports latins et les pays musulmans (quatre ports ouverts aux Latins au Maghreb à l’époque almohade et trois ports ouverts en Egypte) et sont présents sur la route interne au monde musulman (Ceuta - Tunis - Alexandrie). - Ils transportent des produits et matières diverses réclamés par les partenaires latins et musulmans. - Les marchands latins sont présents dans les ports musulmans et sont autorisés au XIIIe siècle à former de petites communautés résidant sur place (leur statut, rôle dufunduq, des consuls...). - Absence d’une communauté marchande musulmane dans les pays latins et manque de bateaux musulmans.  4) Rôle réduit ou diffus de la mer dans les relations culturelles. - Rôle essentiel de la mer, mais difficile à repérer, dans les échanges des techniques maritimes et commerciales. Transfert de vocabulaire technique entre les langues arabe et latine. - Rôle réduit de la mer dans la transmission des savoirs : peu de savants ont traversé la mer pour transmettre leurs connaissances ou s’initier à la culture de l’autre. Constantin l’Africain, Fibonacci et Idrisi sont des exceptions. D’autres combinaisons étaient possibles et le jury a apprécié toutes celles qui permettaient aux candidats de montrer l’évolution chronologique du rôle de la mer expliquant le passage d’une domination à l’autre. Par ailleurs, le jury a été sensible aux qualités d’analyse présentées par certains candidats en dépit d’un plan parfois difficile à tenir. Il a valorisé les copies qui hiérarchisaient les informations, celles qui montraient que le candidat savait maîtriser l’emploi d’un vocabulaire spécialisé (Dar al Harb, Qai’d al-Bahr, Thaghr...) en l’introduisant dans une démonstration raisonnée, celles qui donnaient des exemples précis et datés pour conforter leur analyse (par exemple le financement de la cathédrale de Pise par le
produit des raids maritimes du XIe siècle). Il a également valorisé les copies qui montraient le lien entre guerre et commerce et qui entrecroisaient les différents aspects du sujet, celles qui tentaient d’expliquer l’absence d’un groupe de marchands autonomes dans les sociétés musulmanes, celles qui détaillaient les politiques maritimes des pays musulmans, celles qui évoquaient les rivalités entre les cités latines pour la conduite d’opérations navales comme pour l’obtention d’avantages auprès des souverains musulmans, celles qui nuançaient la domination maritime des Latins en fin de période et qui insistaient sur le rôle de l’océan Atlantique. Pour le Jury, Philippe Gourdin et Philippe Sénac, avec la collaboration de Eric Bonhomme, Daniel Pichot, Monique Rolland-Simion, Maryse Tillier-Dumas et Benoît Verny
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