cahier chant de la terre - Mahler

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Opéra et Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon Saison 2010-2011 Gustav Mahler Das Lied von das Erde Egon Schiele, Paysages Tous droits réservés, diffusion limitée et gratuite à l'usage pédagogique cahier pédagogique générale publique saison 10-11 Service Jeune Public et Actions Culturelles Contact : 04 67 60 02 81 réservations groupes scolaires auprès du service Jeune Public et Actions Culturelles au 04 67 60 02 81
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Publié le : lundi 26 mars 2012
Lecture(s) : 162
Source : opera-orchestre-montpellier.fr
Nombre de pages : 21
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Opéra et Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon
Saison 2010-2011
Gustav Mahler
Das Lied von das Erde



Egon Schiele, Paysages
Tous droits réservés, diffusion limitée et gratuite à l’usage pédagogique



cahier pédagogique générale publique
saison 10-11

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A propos de Gustav Mahler



Gustav Mahler est né en 1860 dans l’Empire d’Autriche (aujourd’hui République
Tchèque) et mort en 1911 à Vienne. Il est, de son temps, un célèbre chef
d’orchestre. Aujourd’hui, son nom évoque un compositeur novateur, à la charnière
eentre la musique de la fin du XIX siècle et l’époque moderne. Lorsqu’il compose Das
Lied von der Erde, en 1908, il est meurtri par des évènements terribles et par un mal-
être perpétuel.

Né de parents juifs, il se sent vite rejeté et très attiré par le catholicisme, si bien qu’il
ira jusqu’à se faire baptiser. Mais sa reconversion ne le guérit pas de son malaise vis-
eà-vis de ses origines. Les évènements historiques du début du XX siècle le perturbent
ed’autant plus que sous le III Reich, sa musique est bannie. L’antisémitisme tient un
rôle important dans sa décision de quitter la direction de l’Opéra de Vienne en 1907.
Il s’exile aux Etats-Unis où il connaît une carrière de chef d’orchestre beaucoup
moins glorieuse qu’en Europe. Bien que nostalgique de ses années passées à
Vienne, il appréciera à New York les occupations constantes qui l’empêchent de
sombrer dans la déprime.

En 1886, il rencontre Alma, une jeune femme de 20 ans sa cadette, dont il tombe
amoureux. Baignée depuis toujours dans le milieu artiste et elle-même compositrice,
Alma permet à Mahler de rencontrer de nombreux artistes. Il l’épouse en 1902 et
exige d’elle qu’elle cesse de composer afin qu’il conserve le « monopôle » artistique
de la famille. De leur union, naissent deux filles, dont l’aînée meurt en 1907 de la
scarlatine.

Durant chaque été de sa carrière de chef d’orchestre, il se réfugie à Tolbach, dans
les Dolomites. C’est dans cette maison de vacance qu’il compose la plupart de ses
œuvres. Ses journées estivales sont consacrées au sport et aux promenades pour, le
soir, s’isoler et retranscrire les musiques que la nature lui avait soufflées. Mais après
l’effervescence des saisons musicales auxquelles il participe, Mahler a toujours
beaucoup de difficulté à se sentir apaisé et inspiré au début de l’été.

Cet été 1908 fut d’autant plus difficile. Une fille morte, un poste de directeur perdu,
un sentiment de rejet et… un diagnostic médical alarmant qui l’empêche de
continuer ses activités sportives !

C’est pourtant cet été-là qu’il reçoit de son ami Theobald Pollak un recueil de 83
poèmes chinois traduits en allemand par Hans Bethge, sous le titre La Flûte chinoise.
Pollak suggère à Gustav Mahler une idée intéressante… mettre ces textes en
musique. Lorsqu’il lit les textes, Mahler se sent (enfin !) compris et a l’impression que
toutes ses craintes, ses angoisses et ses émotions sont retranscrites dans ces poèmes.

Dans une atmosphère anxieuse et baignée de chagrin, la famille Mahler arrive à
ème ème er èmeTolbach le 11 juin 1908. En juillet, il termine le 2 Lied, puis le 3 , le 1 , le 4 , et
èmefinit le 5 en septembre. Au cours de la composition, ses angoisses disparaissent
peu à peu et d’après ses amis, il finit l’été calme et patient.
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Sa carrière de chef d’orchestre doit reprendre et il emporte avec lui les manuscrits. Il
profite de quelques moments de calme pour recopier et orchestrer l’œuvre… œuvre
èmequi n’a toujours pas de titre. L’appeler 9 Symphonie… ? Ce titre avait déjà porté
malheur à trois de ses prédécesseurs (Beethoven, Schubert et Bruckner). Ce n’est
qu’au mois de décembre que Mahler griffonne le titre Das Lied von der Erde (Le
Chant de la terre), sous lequel il note, en minuscule, Neuvième Symphonie en quatre
mouvements. Il travaille pour donner un sous-titre à chacune des parties : Chant à
boire, De la douleur de la Terre, Le Solitaire en automne, De la jeunesse, De la
beauté, L’Homme ivre au Printemps, L’Adieu.

Bien qu’il soit satisfait de sa composition, Mahler n’arrive pas à se résoudre à la faire
exécuter, probablement par peur d’y être trop sensible. Il confit la partition à Bruno
Walter en 1911… Celui-ci ne parvint pas à traduire son émotion par des mots.
Mahler, qui n’attend pas de critique positive ou négative lui parle de la conclusion
de l’œuvre : « Qu’en pensez-vous ? Est-ce que c’est seulement supportable ? Est-ce
que les gens ne vont pas se suicider après l’avoir entendu ? »

Quand Gustav Mahler meurt, le 18 mai 1911, Das Lied von der Erde n’a pas encore
été créé. Lorsque Bruno Walter la dirige pour la première fois le 20 novembre suivant,
cette œuvre débute une longue série d’œuvres posthumes du compositeur. Pour la
première fois, un compositeur s’est risqué au mélange de deux styles musicaux : le
lied et la symphonie. Traitant de la terre, de la nature et de l’impuissance de
l’Homme face à ces éléments, cet ouvrage met le chanteur et l’orchestre sur un
pied d’égalité. Les deux se mêlant parfaitement et discourant de façon fabuleuse et
naturelle.

Gageure pour le chef d’orchestre et pour les musiciens, Das Lied von der Erde offre
une immense palette de couleurs, issues de sentiments mélancoliques et
nostalgiques mais aussi de l’origine de l’œuvre littéraire, La Chine. Un opus qui ouvre
eles portes à la musique moderne du milieu du XX siècle et dont on ne peut sortir
indifférent.




















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Une inspiration nouvelle : la Chine



« J’ai beaucoup travaillé… Je ne sais pas moi-même comment appeler cette chose.
Le temps qui m’a été octroyé a été bon et je pense que c’est la chose la plus
personnelle que j’ai faite. »

GUSTAV MAHLER (Lettre à Bruno Walter) à propos de Das Lied von der Erde.

èAu début du XX siècle, la Chine est à la mode. En 1900, l’Exposition Universelle
présentée à Paris permet de découvrir l’Orientalisme. Puccini compose un de ses
opéras les plus célèbres en 1904, Madame Butterfly, puis, Turandot. Et Bethge publie
son adaptation de poèmes Chinois sous le titre La Flûte Chinoise en 1907. Mahler
n’échappe donc pas au courant orientaliste lorsqu’il lit les textes de Bethge que lui a
envoyés Pollack.

Rappelons la situation du compositeur au début de l’été 1908. Trois évènements
dramatiques l’ont amené vers la dépression et le mal-être. Il se sent seul, incompris et
impuissant. Au travers des poèmes de Bethge, il découvre la culture chinoise qui va
lui apporter une grande consolation. A l’époque, Mahler est en quête de
dépaysement, tant sur le plan culturel que sur le plan géographique. Sans pour
autant s’y rendre, Mahler va trouver, dans la poésie chinoise, sagesse, humilité, paix
et fragilité… autant d’émotions qui font écho à son état d’esprit.

La Flûte Chinoise de Bethge est un recueil de 80 poèmes inspirés de poèmes chinois.
L’auteur n’a pas traduit littéralement ces textes mais en a fait une adaptation
allemande. Mahler prit le soin de lire tous les poèmes un à un, avant de n’en choisir
que sept pour Das Lied von der Erde :

- Chanson à boire de la douleur de la Terre (d’après Li-Tai-Po)
- Le solitaire en automne (d’après Tchang-Tsi)
- Le Pavillon de porcelaine (d’après Li-Tai-Po)
- Sur le bord (d’après Li-Tai-Po)
- Le buveur au printemps (d’après Li-Tai-Po)
- En attendant un ami (d’après Mong-Kao-Jen)
- Adieu à un ami (d’après Wang Wei)

(ces titres sont ceux de Bethge, dans La Flûte Chinoise)











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Li-Tai-Po (701-762), dont quatre poèmes sont utilisés dans Das Lied,
est l’un des poètes les plus importants de la littérature chinoise qui
s’inspira beaucoup de l’aspect fantastique de la Terre sauvage et
qui passa une grande partie de sa vie à voyager à travers la Chine.
Chanson à boire de la douleur de la Terre et Le buveur au
printemps décrivent la Terre comme source de douleur et
conseillent à l’Homme de s’enivrer pour faire face à la mort, tout en
gardant les yeux ouverts.


Mahler n’a-t-il pas lui-même dû faire face à des évènements tragiques avec
l’obligation de continuer à vivre (il a encore une fille à élever) ? Sa source d’ivresse
pourrait se situer dans la musique, qui avait pour lui plus de valeur que la tendresse
nécessaire au bien-être de son couple.

Les chants 3 et 4 de Das Lied, sont tirés des poèmes de Li-Tai-Po. Ils évoquent
l’illusion de la jeunesse, de l’amitié, de l’amour, de la… espoirs, donc, un à un
effondrés dans la vie de Mahler.

Le deuxième texte utilisé pas Mahler est inspiré du poète Tchang-Tsi, issu d’une
famille noble, nommé professeur au Collège Impérial. Les poèmes de Tchang-Tsi
étaient destinés à être chantés ; le poète attachait une grande importance aux
rimes. Le solitaire en automne évoque l’aspiration au sommeil et au repos. En
choisissant ce texte, Mahler confesse son besoin profond de rompre avec la cruelle
réalité de sa vie.

Les deux derniers textes, En attendant un ami et Adieu à un ami, constituent, à eux
deux, le dernier chant de Das lied. Les deux poètes Mong-Kao-Jen et Wang Wei
étaient deux amis proches. Les deux poèmes pourraient être considérés comme une
correspondance, le premier parlant de l’espoir de revoir un ami qui demeure
silencieux et absent, et le second étant un adieu de l’ami en question. Mahler
fusionnera ces deux poèmes et y intègrera ses propres vers.

Une fois les textes mis en musique et après avoir défini l’ordre des chants, Mahler
renomme certaines des parties de Das Lied von der Erde, réalisant le programme
suivant :

1. Chanson à boire sur la douleur de la Terre
2. Le solitaire en automne
3. Sur la jeunesse
4. Sur la beauté
5. L’ivrogne au printemps
6. l’Adieu







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Das Lied fon der Erde


Instrumentation

Pour la première fois dans l’Histoire de la musique, un compositeur entreprend un
travail qui va mélanger deux genres piliers : la symphonie et le lied. Le titre et le sous
titre annoncent cela : Das Lied von der Erde, Symphonie pour ténor, alto (ou
baryton) et grand orchestre.

Deux chanteurs interprètent les textes, non pas accompagnés par un orchestre, mais
en réelle communion avec ce dernier ; les chanteurs sont véritablement considérés
comme partie intégrante de l’orchestre. Mais cet aspect d’unité n’est qu’une
façade. En réalité, à l’écoute, l’impression que nous avons est celle d’un orchestre
de solistes. C'est-à-dire que chaque instrument interprète « sa » partition, donnant
l’impression d’une improvisation générale, alors que tout est parfaitement mesuré.

L’orchestre doit être très ample (ce qui rend la tâche encore plus difficile pour les
chanteurs) : 1 flûte piccolo, 3 flûtes (la troisième doublant la partie de second
piccolo), 3 hautbois, 1 cor anglais, 3 clarinettes (la troisième doublant la partie de
petite clarinette en mib), 1 petite clarinette, 1 clarinette basse, 2 bassons, 1
contrebasson, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 1 tuba, des percussions (timbales,
tam-tam, drum basse, cymbales, caisse claire, glockenspiel, triangle, et tambourin),
1 celesta, 2 harpes, 1 mandoline et cordes, violons 1, violons 2, altos, violoncelle et
contrebasses.

Presque chaque instrument pourrait évoquer une émotion : la clarinette pour la
mort ; le hautbois pour la peine…

Structure

Comme nous l’avons vu précédemment, Das Lied von der Erde est divisé en 6
chants. Le premier et le dernier encadrent quatre parties plus courtes. Le premier
pourrait être comparé au premier mouvement (allegro) d’une symphonie. Le
dernier, quant à lui, Adagio, sort de l’ordinaire de par sa longueur (à lui seul, il est
plus long que les cinq autres chants réunis) et son caractère pessimiste et funèbre.
Les parties intermédiaires évoquent les illusions de la vie : la jeunesse, la beauté,
l’amour…

Le ténor et le baryton (ou alto) ne chantent jamais ensemble et sont alternés. Le
ténor chante les chants 1, 3 et 5 alors que le baryton chante les 2, 4 et 6. Sur le plan
symphonique, l’on pourrait structurer l’œuvre ainsi :

1. Allegro
2. Adagio
3 – 5. Scherzos
6. Finale


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Les deux parties principales, 1 et 6, exposent des cellules musicales qui vont être
réutilisées dans chacune des « sous parties ». Cette technique cyclique est un
prémice de ce que deviendra plus tard le travail de Schonberg, avec la musique
sérielle.

Dans la musique de Mahler, nous entendons des sonorités évoquant la Chine.
Mahler avait fait beaucoup de recherches sur la musique chinoise. Il utilisera donc,
dans Das Lied, la gamme pentatonique, employée par les compositeurs chinois.
Mais au-delà des procédés de composition, Mahler ira jusqu’à rechercher des
techniques d’imitations d’instruments asiatiques. D’où l’utilisation de la mandoline,
de la harpe, du tambourin…

La musique de Mahler est caractérisée par l’absence d’éléments mélodiques. A
l’écoute de Das Lied, nous avons une impression de totale improvisation et
d’absence de forme musicale. Ce « flou » est créé, d’une part par l’écriture
musicale, qui rejette toute mise en avant d’un instrument en particulier, et, d’autre
part, par des complexités rythmiques que Bruno Walter eut du mal à diriger, en
particulier dans le dernier chant.


Les chants

Chant à boire de la douleur de la Terre



poème original en chinois
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Schon winkt der Wein im goldnen Pokale, Déjà luit le vin dans la coupe d'or, mais ne
Doch trinkt noch nicht, erst sing ich euch ein buvez pas encore avant que je vous chante
Lied ! une chanson !
Das Lied vom Kummer soll auflachend in die Le chant de la douleur chantera gaiement
Seele euch klingen. en votre âme.
Wenn der Kummer naht, liegen wüst die Quand la douleur approche, déserts sont les
Gärten der Seele, jardins de l'âme,
Welkt hin und stirbt die Freude, der Gesang. se fanent et meurent la Joie et le chant.
Dunkel ist das Leben, ist der Tod. Sombre est la vie, sombre est la mort.
Herr dieses Hauses ! Toi Maître de cette maison !
Dein Keller birgt die Fülle des goldenen Ta cave recèle la plénitude des vins dorés !
Weins !
Hier, diese Laute nenn' ich mein ! Ici, je m’empare de ce luth !
Die Laute schlagen und die Gläser leeren, Faire résonner ce luth et vider les verres, voilà
Das sind die Dinge, die zusammen passen. des choses qui vont bien ensemble.
Ein voller Becher Weins zur rechten Zeit Une coupe pleine de vin au bon moment
Ist mehr wert, ist mehr wert, ist mehr wert als vaut plus que toutes les richesses
alle Reiche dieser Erde ! de cette terre !
Dunkel is das Leben, ist der Tod. Sombre est la vie, sombre est la mort.

Das Firmament blaut ewig und die Erde Le firmament demeure d'un bleu éternel, et
la terre restera immuable et fleurira au Wird lange fest stehen und aufblühn im
Lenz. printemps.
Du aber, Mensch, wie lang lebst denn du ? Mais toi, Homme, combien de temps vivras-
tu ?
Nicht hundert Jahre darfst du dich ergötzen Tu ne profiteras même pas cent ans de
An all dem morschen Tande dieser Erde! toutes les babioles pourrissantes de la terre !
Seht dort hinab ! Regardez là-bas !
Im Mondschein auf den Gräbern Au clair de lune, sur les tombes, s’accroupit
hockt eine wildgespenstische Gestalt. une forme spectrale et sauvage.
Ein Aff ist's ! C’est un singe !
Hört ihr, wie sein Heulen hinausgellt in den Écoutez comme son hurlement retentit parmi
süßen Duft des Lebens ! les doux parfums de la vie !
Jetzt nehm den Wein ! Maintenant vous pouvez boire votre vin !
Jetzt ist es Zeit, Genossen ! Il est temps, compagnons !
Leert eure goldnen Becher zu Grund ! Videz vos coupes d'or jusqu'à la lie !
Dunkel ist das Leben, ist der Tod ! Sombre est la vie, sombre est la mort.




Ces strophes sont encadrées par un refrain : « Sombre est la vie, sombre est la mort ».
Ce refrain ne sera jamais chanté de la même façon mais sa structure rythmique
restera la même : succession de blanches pointées.


La musique exprime à merveille les sentiments qu’évoque de ce texte. Nous
entendons d’évidents élans lyriques pour l’évocation de la Terre qui refleurit à
chaque printemps. Puis, l’inverse ; un dénuement total lorsque est évoquée la courte
vie de l’Homme sur Terre.
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Lorsque le texte décrit le singe, ici considéré comme la véritable nature de l’Homme,
nous noterons l’utilisation du registre aigu de ténor. Cela permet d’imiter, ou du
moins, d’évoquer les cris de l’animal en question.



Ce chant est particulièrement difficile à chanter car il est presque constamment
écrit dans le registre aigu. Rares sont les ténors qui possèdent ces notes aigues avec
la puissance nécessaire pour être entendu malgré la force de l’orchestre.


Le Solitaire en automne



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Herbstnebel wallen bläulich überm See ; Les brumes de l'automne déferlent bleues sur
le lac ;
Vom Reif bezogen stehen alle Gräser ; pris dans le givre se dressent toutes les herbes
Man meint', ein Künstler habe Staub vom on dirait qu'un artiste a répandu une poudre
Jade de jade sur les fleurs délicates.
Über die feinen Blüten ausgestreut.

Der süße Duft der Blumen is verflogen ; Le doux parfum des fleurs s'est évanoui un
Ein kalter Wind beugt ihre Stengel nieder. vent glacé fait pencher leurs tiges.
Bald werden die verwelkten, goldnen Blätter Bientôt les pétales dorés et fanés des fleurs
Der Lotosblüten auf dem Wasser ziehn. de lotus dériveront sur l'eau.

Mein Herz ist müde. Mon cœur est fatigué.
Meine kleine Lampe Ma petite lampe s'est éteinte
Erlosch mit Knistern ; en grésillant et m’incite au sommeil ;
es gemahnt mich an den Schlaf. Je viens vers toi, lieu de repos intime !
Ich komm zu dir, traute Ruhestätte ! Oui, donne-moi le repos, j'en ai tant besoin
Ja, gib mir Ruh, ich hab Erquickung no t! pour apaiser ma détresse !

Ich weine viel in meinen Einsamkeiten. Je pleure beaucoup dans ma solitude.
Der Herbst in meinem Herzen währt L'automne dans mon cœur dure depuis trop
zu lange. longtemps.
Sonne der Liebe, willst du nie mehr scheinen, Soleil de l'amour, ne brilleras-tu plus jamais
Um meine bittern Tränen mild pour sécher tendrement mes larmes
aufzutrocknen? amères ?

Les croches continues aux cordes font apparaître le paysage d’automne, triste,
mélancolique et las.


Les instruments vont entrer progressivement, dans le calme, évoquant, chacun, une
mélodie issue du thème principal du premier chant. Sous la simplicité apparente de
ce chant, les difficultés et irrégularités vont s’introduire petit à petit, jusqu’à l’élan
mélodique correspondant au « soleil de l’amour ».


Cet élan est très vite freiné… cet amour n’est qu’illusion !
Ce mouvement servira d’adagio dans l’aspect symphonique de l’œuvre.









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