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CHAP 2 - CROISSANCE, CAPITAL ET PROGRÈS TECHNIQUE 2.1 – QUELS SONT LES FACTEURS QUI CONTRIBUENT LE PLUS A LA CROISSANCE ? Introduction : De la croissance potentielle à la croissance effective 1 - Les économies ont toutes des limites de vitesse. Laissez-les les dépasser pendant un temps et l'inflation repart. Quelle est la limite de vitesse de l'économie mondiale? Rien que les chiffres de base donnent à penser qu'elle augmente au fil du temps. Ainsi, entre 1983 et 1994, elle était en moyenne de 3,3%; entre 1995 et 2006, de 4,0%; et, depuis 4 ans, de 4,8%. La vitesse de croissance économique est liée au potentiel sous-jacent de l'économie. La production potentielle part de l'hypothèse d'un déploiement raisonnablement complet de la population active et du capital national. Dans les économies arrivées à maturité, la croissance économique potentielle vient de la croissance de la population active (croissance démographique naturelle, immigration et évolutions durables de la participation au marché du travail), de la croissance du capital national (nouveaux investissements des entreprises) et de l'innovation ou de nouvelles technologies. Par exemple, le potentiel de croissance américain est estimé à environ 3,0% par an, tandis que le potentiel français se situe autour de 2,0%. La croissance effective est la croissance observée pour une période.

  • capital

  • ………………………………………………………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………………………………………………………

  • …………………………………………………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………………………………………………………………………………………

  • pib

  • taux d'emploi

  • faiblesse prolongée de l'investissement

  • potentiel


Publié le : lundi 18 juin 2012
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CHAP 2 - CROISSANCE, CAPITAL ET PROGRÈS TECHNIQUE


2.1 – QUELS SONT LES FACTEURS QUI CONTRIBUENT LE PLUS A LA CROISSANCE ?

Introduction : De la croissance potentielle à la croissance effective

1 - Les économies ont toutes des limites de vitesse. Laissez-les les dépasser pendant un temps et l’inflation repart.
Quelle est la limite de vitesse de l’économie mondiale? Rien que les chiffres de base donnent à penser qu’elle augmente au fil
du temps. Ainsi, entre 1983 et 1994, elle était en moyenne de 3,3%; entre 1995 et 2006, de 4,0%; et, depuis 4 ans, de 4,8%.
La vitesse de croissance économique est liée au potentiel sous-jacent de l’économie. La production potentielle part de
l’hypothèse d’un déploiement raisonnablement complet de la population active et du capital national. Dans les économies
arrivées à maturité, la croissance économique potentielle vient de la croissance de la population active (croissance
démographique naturelle, immigration et évolutions durables de la participation au marché du travail), de la croissance du
capital national (nouveaux investissements des entreprises) et de l’innovation ou de nouvelles technologies. Par exemple, le
potentiel de croissance américain est estimé à environ 3,0% par an, tandis que le potentiel français se situe autour de 2,0%.
La croissance effective est la croissance observée pour une période. À court terme, la production peut être supérieure ou
inférieure à son niveau potentiel en fonction des fluctuations de la demande finale (consommation des ménages, dépense
publique, investissement des entreprises, variation des stocks et demande étrangère).
Il en va autrement des économies émergentes. Leur croissance est généralement alimentée par un processus de
transformation sous-jacent lié à une forte augmentation du capital national (pour rattraper les grandes économies par des
investissements massifs) ou au passage de travailleurs d’emplois improductifs à des emplois productifs. En Chine, par
exemple, des entreprises d’État improductives sont progressivement démantelées et les travailleurs passent à de nouvelles
entreprises manufacturières, ce qui entraîne une augmentation très rapide du potentiel national. Beaucoup croient que le taux
de croissance potentiel de la Chine est d’environ 10%. Parallèlement, le potentiel de l’Inde augmente d’environ 6% par an, les
travailleurs passant de l’agriculture au secteur manufacturier et aux services. Ces deux taux de croissance potentielle
diminueront dans les 10 à 20 prochaines années, à mesure que ces deux pays rattraperont les grandes économies.
(Source : Stephen Poloz, Le relèvement de la vitesse de la croissance mondiale, http://www.edc.ca, 11 avril 2007)

2 - Contributions à l'évolution du PIB de 2010, aux prix de 2005, en points de PIB

2010

Dépenses de consommation finale + 1,1
Dont : Dépenses de consommation finale des ménages + 0,8
Dépenses de consommation finale des administrations publiques + 0,3
Formation brute de capital fixe - 0,2
Dont : Sociétés et entreprises individuelles non financières + 0,2
Variations de stocks + 0,6
Commerce extérieur + 0,1
Dont : Importations de biens et services - 2,2
Exportations de biens et services + 2,3
Taux de croissance du produit intérieur brut (en %) + 1,5
(Source : Insee 2011)

Q1 – Quelle est la différence entre la croissance potentielle et la croissance effective d’une économie ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
Q2 – Quels sont les facteurs qui déterminent l’offre potentielle de production ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………
 ………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………
 ………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………
Q3 – Expliquez la phrase soulignée :
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………
Q4 – Faites une phrase avec 1,1 à la ligne : dépenses de consommation finale dans le tableau 2 ?
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… Q5 – Etablissez l’équation liant la croissance du PIB et celle des composantes de la demande :

Hausse du PIB =………………………..+…………………………..+…………………………+………………………..

Q6 – A l’aide du vocabulaire suivant remplissez le schéma suivant : variation de la consommation, facteur travail,
progrès technique, variation de la FBCF, facteur capital, variation du commerce extérieur.







Croissance potentielle




Croissance effective









A – La croissance extensive : le rôle de la quantité des facteurs de production

a) – La notion de croissance extensive

La croissance économique est définie comme une augmentation durable de la production au cours du temps. […]
Prenons l’exemple d’un agriculteur, qui utilise une année de son temps, un hectare de terre et un cheval pour produire une
tonne de blé. Travail, cheval et terre sont les facteurs de production, le blé est le produit. […] La production naît de la mise en
œuvre simultanée des facteurs que sont le travail et le capital, terme générique désignant les instruments de tous ordres à la
disposition du travailleur (ici : le cheval et la terre).
Supposons maintenant que notre agriculteur ait eu deux enfants, maintenant à l’âge adulte, qui reprennent la ferme alors
que leur père se retire. Chacun s’équipe d’un cheval, et ils défrichent un hectare supplémentaire de terre. […]
Dans cette nouvelle situation, le produit a augmenté par rapport à la période précédente, il y a eu croissance de
l’économie. Le doublement du produit provient d’un doublement de la main d’œuvre et du capital utilisés. C’est là un
mécanisme de la croissance économique : l’augmentation du produit s’explique par celle de la quantité de facteurs mis en
œuvre dans la production.
(Source : Dominique Guellec, « Croissance et innovation », Nouveau Manuel de SES, La Découverte, 2003)

Q1 – A partir de cet exemple, pouvez-vous donner une définition de la croissance extensive ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………

b) – La quantité de travail

1 – Marx, qui écrit un demi-siècle après les auteurs classiques, a sous les yeux l'immense transformation de la société
anglaise, induite par la révolution industrielle. Le point de départ de Marx est simple : si, comme le disent les auteurs
classiques, le travail est la source des valeurs produites, quelle est la nature du profit ? Si le prix de la marchandise était à
concurrence du coût salarial (ou encore : si la valeur d'une marchandise est égale à la valeur du nombre d'heures travaillées),
comment les capitalistes pourraient-ils réaliser un profit ? [...]
Seul le travail possède cette propriété de donner plus d'heures qu'il n'en coûte pour le reproduire (dans ses fonctions
physiologiques). Plus précisément, Marx introduit une nouvelle notion : la « force de travail », propriété de l'ouvrier et qui est
louée au capitaliste. La « force de travail », c'est l'ensemble des capacités physiologiques qui rendent un ouvrier propre à
travailler, et son prix - le salaire - est ce qui est nécessaire pour maintenir l'ouvrier en état de travailler : ce que les classiques
appellent le « salaire de subsistance ». Une fois qu'elle est louée au capitaliste, l'emploi de la « force de travail » appartient à
ce dernier. Ce produit correspond au nombre d'heures durant lesquelles l'ouvrier peut travailler : celles-ci excèdent (lorsque la
production des moyens de subsistance de l'ouvrier est suffisamment développée) le nombre d'heures qui sont nécessaires à
sa subsistance. Un ouvrier dont l'alimentation exige, disons, la consommation d'un produit qui coûte quatre heures à fabriquer
peut travailler huit heures ou plus. L'écart entre les deux, c'est à dire l'écart entre la valeur de la force de travail et la valeur
qu'elle peut produire, est « la plus value », qui donne la base de la théorie économique de Marx.
(Sources : Daniel Cohen, Les infortunes de la prospérité, Julliard Agora Pocket, 1994)


Q1 – Quel est le seul facteur créateur de richesses selon les Classiques et Karl Marx ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………… …………………………
Q2 – Quelle différence fait Karl Marx entre le travail et la force de travail ?
 ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………
 ………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q3 – Quelle est la valeur de la force de travail ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………
Q4 – Comment le capitaliste obtient-il la plus-value ? Que va-t-il en faire ?
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2 – En 2002, le PIB de la zone euro est d'un quart inférieur à celui des États-Unis, le PIB par européen est inférieur de
28% au PIB par américain et la productivité par heure de travail en Europe est inférieure de 6% à la productivité par heure de
travail aux États-Unis. De 1993 à 2003, la croissance annuelle en zone euro a été inférieure de plus de 1 point à la croissance
de l'économie américaine, l'évolution du PIB par habitant moins rapide de trois dixièmes de point par an et celle de la
productivité horaire de 4 dixièmes de point par an.[…]
Les écarts sur la quantité de travail expliquent que le niveau de vie soit plus faible en zone euro alors que la productivité
observée est à peu près la même. En 2002, la population de la zone euro est légèrement supérieure à la population des
États-Unis, et la part de la population en âge de travailler dans la population totale est exactement la même dans les deux
économies, à 67%. Ainsi les caractéristiques démographiques ne sont pas un facteur d'explication du retard de production ou
de niveau de vie de la zone euro en 2002. Elle dispose même à cette date d'un peu plus de personnes en âge de travailler.
En revanche les caractéristiques du marché du travail et la durée du travail sont à l'origine d'un écart très important sur le
nombre moyen d'heures travaillées par personne en âge de travailler, 1 300 par an aux États-Unis et 990 en zone euro, soit
24% d’écart. Trois facteurs, aujourd'hui bien documentés, mènent à ce résultat. Le taux d’emploi est plus beaucoup plus faible
en zone euro chez les 15-24 ans et les 55-64 ans. Par ailleurs le taux de chômage est plus élevé d'environ 2 points. Au total,
parmi les 15-64 ans, 64% ont un emploi en zone euro contre 72% aux États-Unis. Enfin la durée annuelle du travail des
employés est inférieure de 15 % en zone euro à ce qu'elle est aux États-Unis. Ces éléments expliquent pourquoi la zone euro
accuse un tel retard sur le niveau du PIB par habitant alors que sa productivité horaire n'est que légèrement inférieure à celle
des États-Unis.
(Source : Laurent Ménard, Analyse économique de la Direction de la prévision, n° 37, avril 2004)

Q1 – Quel sont les deux éléments retenus par l’auteur pour expliquer la différence entre la croissance des Etats-
Unis et celle de la zone euro ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………….…
Q2 – A partir du texte et du vocabulaire suivant, complétez le schéma : durée annuelle du travail, population en
âge de travailler, population, population active occupée.


























Quantité de travail

Q3 – Quelle est la différence entre la population active et la population active occupée ?

Population active = ………………………………………..+……………………………………….


Q4 – Quels sont les éléments qui déterminent selon-vous la croissance de la population active ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………
 ………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………
Q5 – Comment calcule-t-on le taux d’emploi ?

Taux d’emploi = ………………………………………/………………………………………………………..


Q6 – Quels sont les éléments qui déterminent selon-vous le taux d’emploi
 …………………………………………………………………………………………………………………………
 ………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………

3 – Emploi et quantité de travail dans certains pays

Tvam %
1913 1950 1973 2010
1913-2010
Population active occupée en millions
- Etats-Unis 40 60 88 141 + 1,3
- Japon 26 38 56 63 + 0,9
- France 19 19 21,5 26,6 + 0,3
- Royaume-Uni 19 22 25 27 + 0,4
Durée annuelle du travail en heures
- Etats-Unis 2 600 1 909 1 797 1 690 - 0,4
- Japon 2 620 2 076 2 166 1 713 - 0,4
- France 2 550 2 241 2 027 1 561 - 0,5
- Royaume-Uni 2 630 2 218 2 016 1 647 - 0,5
Quantité de travail en milliards d’heures
- Etats-Unis 104 115 158 233 + 0,8
- Japon 68 73 121 108 + 0,5
- France 48 43 43
- Royaume-Uni 50 49 50 44 - 1,3
(Source : B.Keizer, L.Kenigswald, La triade économique et financière, Seuil 1996, actualisé Ocde 2011)

Q1 – Comment a-t-on calculé la quantité de travail dans le tableau ?

Quantité de travail =………………………………………….x…………………………………………………..


Q2 – Complétez le tableau pour la France en 2010
Q3 – Quelles informations tirez-vous du tableau ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………
 ………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………

c) – La quantité de capital

1 - Le capital fixe productif comprend les moyens de production relativement durables (dépassant la durée du cycle de
production) et participant directement à la fabrication des biens ou à la réalisation de la prestation de service. C'est le cas en
particulier des biens d'équipement : machines, outils, bâtiments, matériels de transport,…



Le capital fixe productif se distingue du capital productif circulant qui se définit comme l'ensemble des biens et services
utilisés pendant un cycle de production : matières premières, énergie, fournitures, services nécessaires à chaque stade de la
production. Le capital circulant est le terme utilisé pour désigner les actifs détenus par l'entreprise et destinés à ne pas y
rester durablement, c'est-à-dire pendant moins d'un cycle d'activité. C'est le cas en particulier des stocks de matières
premières, des en-cours de production, des produits (intermédiaires, finis) et autres approvisionnements et des stocks de
marchandises.
(Sources : Insee 2009)

Q1 – Qu’est-ce que le capital fixe productif ?
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q2 – Qu’est-ce que le capital productif circulant ? Connaissez-vous un autre terme pour le désigner ?
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
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2 – La thèse de Karl Marx : Quittons l'exemple simple où la production n'exige que du travail. Comment se présente le
capital ? Le capital est l'ensemble des machines et autres instruments nécessaires à la fabrication des marchandises que les
capitalistes doivent mettre entre les mains des ouvriers. La valeur d'une marchandise est dès lors la somme de ses coûts de
fabrication, travail plus capital. Mais tandis que la valeur de location du travail est inférieure au produit qu'elle délivre, le
capital, lui est comme du « travail mort » : il ne peut que « restituer » ce qu'il a coûté. La contradiction qui signe le destin du
capitalisme devient alors manifeste. Une immense accumulation de capital est nécessaire pour produire des marchandises,
mais la base sur laquelle repose le profit est elle-même constante, ou à peu près : c'est la force de travail.
(Sources : Daniel Cohen, Les infortunes de la prospérité, Julliard Agora Pocket, 1994)

Q2 – Comment Karl Marx considère-t-il le capital fixe ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………… …………………………
3 – La thèse des néo-classiques : En 1956, un économiste américain Robert Solow (prix Nobel en 1987), proposa une
théorie explicative de la croissance qui connut un grand retentissement. La croissance écrivait-il en substance, est comme le
sport automobile : il faut disposer d’une voiture disposant de carburant (le capital) et d’un conducteur (le travail). L’analyse de
la croissance repose sur l’idée qu’il existe une relation entre le volume du PIB et la quantité de facteurs mis en œuvre pour
l’obtenir, à savoir la quantité de travail et de capital. Pour déterminer la contribution du facteur travail, on tient compte de la
croissance de l’emploi et de la variation de la durée du travail. Pour mesurer la contribution du capital, on procède de la même
manière. On additionne les deux contributions et on observe si elles expliquent la totalité de la croissance du PIB.
(Source : Denis Clerc, Alternatives économiques, n° 162, Septembre 1998)

Q1 – En quoi la thèse des néo-classiques diffère-t-elle de celle des Classiques et de Marx ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………… …………………………

4 – Si le stock de capital augmente au même rythme que le PIB, l’économie peut continuer à croître de manière équilibrée
sans buter sur les capacités physiques de production. Si le capital physique augmente moins vite que la production, un effort
d’investissement est nécessaire pour éviter l’apparition de goulots d’étranglement, venant entraver la croissance. Si, en
revanche, le stock de capital augmente plus vite que la production, l’apparition de capacités de production excédentaires est à
craindre.
Pour l’ensemble des secteurs de l’économie, le taux d’accroissement du capital productif physique, net d’amortissements,
était de 6 % par an au début des années 70. Il est tombé à moins de 3 % au milieu des années 80. La vague
d’investissements de 1986-1990 l’a fait remonter à 4,4 % en 1990. Puis, il a fortement diminué pour se situer à un niveau
inférieur à 2 % en 1994 et 1995. Il remonte ensuite très légèrement à partir de ce point bas. Mais il faut attendre l’année 2000
pour que le taux d’accumulation du capital retrouve son niveau de 1984, soit le niveau qu’il avait avant le cycle de reprise de
l’investissement de la fin des années 80. Il diminue pourtant dès l’année 2001. Le mouvement de reprise de l’investissement,
observé à la fin des années 90, apparaît donc bien modeste en comparaison de celui constaté une décennie plus tôt. Le
ralentissement du rythme d’accumulation du capital productif apparaît, en outre, plus marqué que le ralentissement de la
croissance. Une insuffisance du stock de capital est susceptible de faire obstacle à une accélération – durable – de la
croissance du PIB au-delà de 2 % l’an. Cette faiblesse prolongée de l’investissement contraste défavorablement avec la
vigueur de l’investissement américain, et fait craindre pour le potentiel de croissance de l’économie française.
(Source : Joël Bourdin, Les déterminants de l’investissement, Rapport du Sénat n° 35, Octobre 2002)

Q1 – Comment doit croitre le stock de capital fixe pour que la croissance potentielle ne diminue pas ?
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………… …………………………………
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5 – Augmentation du stock de capital fixe productif dans les pays de l’Ocde

Tcam
1950 1973 2010 1950-2010
en %
Capital fixe en milliards de $ aux prix de 2010
- Etats-Unis 3,4 8 700 22 264 65 988
- Japon 1 170 10 240 29 485 5,5
- France 1 550 4 350 9 120 3,0
- Royaume-Uni 2 520 4 970 10 005 2,3
Capital par tête en $ 2010
- Etats-Unis 14 500 25 300 46 800 3,2
- Japon 3 070 18 290 35 580 4,2
- France 8 180 20 230 34 280 2,4
- Royaume-Uni 11 470 19 870 37 050 2,0
(Source : Angus Maddison, L’économie mondiale 1820-1992, Ocde, actualisé 2011)

Q1 – Comment a-ton calculé le capital par tête ou intensité capitalistique ?

Capital par tête =……………………………………./………………………………………………


Q2 – Faites une phrase avec les nombres en caractère gras du tableau
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………
 ………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q3 – Quelles informations tirez-vous du tableau ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
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B – La croissance intensive : le rôle de la productivité des facteurs de production

a) – De la croissance extensive à la croissance intensive

1 – Les économistes néo-classiques s'accordent à penser que la production résulte principalement de l'apport de deux
facteurs : le travail et le capital (c'est à dire l'ensemble hétérogène des machines, infrastructures et équipements divers
utilisés pour produire). Or, toujours selon cette grille d'analyse, chacun de ces facteurs a un rendement [factoriel] décroissant.
C'est à dire que, si l'on maintient constant le niveau de l'un des deux facteurs - le travail, par exemple - et que l'on augmente
la quantité de l'autre, la production augmentera, certes, mais dans des proportions de plus en plus faibles. Par exemple : si le
même nombre de travailleurs doit se servir d'un nombre croissant de machines, viendra un moment où une machine de plus
ne servira à rien, faute de temps de travail pour la faire fonctionner correctement. [...]
La croissance du produit final ne peut donc provenir que d'une augmentation des deux facteurs à la fois. On suppose les
rendements d’échelle constants. Si l'on augmente la quantité de travail de 1% et celle de capital de 1%, alors la production
augmentera également de 1%. La croissance ne peut donc être qu'extensive, elle repose sur une augmentation des quantités
utilisées de chaque facteur. On voit le problème : comment expliquer que la croissance en France entre 1950 et 1970 puisse
être de 5% chaque année, alors que le nombre de travailleurs augmente de moins de 1% ? Certes, on peut compliquer un
peu l'analyse, par exemple, en faisant intervenir les différentes qualifications de travail : si le nombre de cadres que l'on
supposera très qualifiés, augmente plus vite que celui des ouvriers non qualifiés, alors cette progression de la qualification
moyenne du travail devient équivalente à une augmentation du nombre de travailleurs. Hélas, les mesures que l'on peut faire,
aussi détaillées soient-elles, aboutissent toutes au même résultat : la moitié environ de la croissance observée peut être
expliquée par une croissance de la quantité - ou de la qualité - des facteurs. Le reste est un résidu inexpliqué. Une sorte de
don du ciel. La réponse, c'est Robert Solow, un économiste américain (prix Nobel en 1987), qui va la donner : ce résidu est dû
au progrès technique. Ce dernier tombe du ciel et permet d'améliorer l'efficacité (la productivité) de chacun des deux facteurs
: il explique que le tout soit supérieur à la somme des parties.
Cette idée d'un progrès technique exogène (c'est à dire venant féconder de l'extérieur l'efficacité du travail et du capital)
n'était, il faut bien le dire, qu'à moitié satisfaisante. D'abord parce qu'elle faisait de la croissance le fruit d'un hasard : et si le
progrès technique se ralentissait ? [...] Mais, surtout, les écarts de taux de croissance entre pays deviennent proprement
inexplicables, puisque le progrès technique est, au fond, acclimatable dans chaque pays.
(Sources : Denis Clerc, Mais d'où vient la croissance ? Alternatives Économiques, juillet août 1995) 2 – Les sources de la croissance (Taux de croissance annuel moyen en %)

1966-1970 1971-1980 1981-1990 1991-1995 1996-2008
Etats-Unis
PIB 3,4 3,2 3,1 2,4 2,8
Travail 1,1 1,6 1,6 1,7 1,3
Capital 0,6 0,5 0,3 0,2 0,5
Résidu 1,2 1,1 1,1 0,8 1,2
Union européenne à 15
PIB 5,0 3,2 2,4 1,7 1,9
Travail - 0,7 - 0,6 0,1 - 0,7 0,9
Capital 1,8 1,4 0,7 1,0 0,5
Résidu 3,8 2,4 1,5 1,4 0,5
(Source : Eurostat 2004 actualisé 2010)

Q1 – A quoi correspond une croissance extensive ? Une croissance intensive ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q2 – Quelles sont les deux principales hypothèses du modèle de Solow sur les rendements ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q3 – Qu’impliquent ces hypothèses sur les rendements dans l’explication de la croissance ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………
 ………………………………
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Q4 – La croissance obtenue peut-elle être attribuée à une simple augmentation de la quantité des facteurs ?
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………
Q5 – Quel est, en conséquence, le facteur principal de la croissance selon Robert Solow ?
……………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………… …………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………
Q6 – Faites une phrase avec les deux chiffres en gras de la dernière colonne du tableau
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
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Q6 – En calculant le % du résidu dans la croissance aux différentes époques, dites quelle est la différence entre
la situation américaine et la situation européenne ?
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………….…
 ………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………….……

b) – Productivité et croissance intensive

1 – La productivité est, en effet, le déterminant essentiel de la richesse des nations, pour paraphraser Jean Fourastié.
Elle constitue la mesure de l’efficacité économique d’un pays. La productivité est le rapport entre une production et les
facteurs qui ont permis de la réaliser. Il y a trois approches de la productivité, selon le facteur de production que l’on prend en
compte : la productivité du travail, la productivité du capital, ou la productivité globale des facteurs c'est-à-dire la productivité
de l’ensemble des facteurs utilisés.
La productivité s’obtient en rapportant la production d’une entreprise, d’une branche ou d’un pays, aux facteurs néces-
saires à sa réalisation (travail et capital). Cette définition de la productivité se rapporte à son niveau. Or, les évolutions de la
productivité – ou « gains de productivité » – sont déterminantes dans le processus de croissance. L’évolution de la
productivité se définit ainsi comme l’augmentation de la production divisée par celle d’un (ou des deux) facteur(s) de
production : cet indicateur traduit l’augmentation de l’efficacité du (ou des) facteur(s) de production.
La productivité de l’ensemble des facteurs de production, appelée productivité globale des facteurs (PGF), est calculée
en rapportant la production au volume de travail et de capital. Une augmentation de la PGF traduit (et mesure) l’augmentation
de la production qui n’est pas imputable aux deux facteurs de production, ou, pour le dire autrement, qui est supérieure à celle
résultant de la seule augmentation des deux facteurs de production. La PGF est ainsi considérée comme la meilleure mesure
de l’efficacité globale de la combinaison productive, du processus productif. Elle est présentée le plus souvent comme une
mesure du « progrès technique ».
Si l’on prend en compte le seul facteur travail, on dispose de deux indicateurs de la productivité du travail :
- la productivité par tête, qui rapporte la production aux effectifs ;
- la productivité horaire, qui rapporte la production au nombre d’heures travaillées.
(Source : Joël Bourdin, Productivité et niveau de vie, Rapport du Sénat n° 189, Janvier 2007)

2 – Evolution du PIB et de la productivité apparente du travail dans les principaux pays industrialisés

Tcam % 1950 1973 2010
1950-2010
PIB en milliards de $ 2010
- Etats-Unis 2 208 5 364 14 537 3,19
- Japon 258 1 989 4 512 4,88
- France 348 1 079 2 220 3,13
- Royaume-Uni 575 1 117 2 314 2,35
Productivité du travail par tête en $ 2010
- Etats-Unis 103 320 36 350 61 266 1,75
- Japon 6 822 35 741 71 680 3,99
- France 17 944 49 983 86 842 2,66
- Royaume-Uni 25 665 44 550 85 287 2,02
Productivité du travail horaire en $ 2010
- Etats-Unis 19,0 34,1 61,1 1,97
- Japon 3,3 16,5 41,8 4,32
- France 8,0 24,7 55,6 3,28
- Royaume-Uni 11,6 22,1 51,8 2,52
(Source : Angus Maddison, L’économie mondiale 1820-1992, Ocde actualisé 2011)

Q1 – Quelle différence faites-vous entre le niveau de productivité et les gains de productivité ?
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 …………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q2 – Comment mesure-t-on la productivité globale des facteurs ?


Productivité globale des facteurs =


Q3 – A quoi correspond-t-elle ?
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Q4 – Donnez la formule de la productivité par tête et de la productivité horaire du travail :



Productivité par tête du travail =




Productivité horaire du travail =

Q5 – Faites une phrase pour chaque nombre en caractère gras
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Q6 – Retrouvez les deux équations liant le PIB, la productivité du travail, l’emploi et la durée du travail


PIB = Productivité du travail par tête x..........................................................

PIB = Productivité horaire du travail x...........................................x........................................................


Q7 – Quelles sont les principales informations du tableau :
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Q3 – Avec les mots suivants : hausse de la consommation, baisse du coût unitaire, hausse de la demande,
hausse de l’investissement, hausse de la production, hausse des profits, hausse des salaires réels, remplissez le
schéma suivant :


Economies d’échelle
Gains de productivité = hausse des

quantités produites en moins de
temps


































Q4 – Que montre ce schéma :
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c) – Les facteurs exogènes aux gains de productivité

1 – Le capitalisme constitue, de par sa nature, un type ou une méthode de transformation économique et, non seulement
il n'est jamais stationnaire, mais il ne pourrait jamais le devenir. Or, ce caractère évolutionniste du processus capitaliste ne
tient pas seulement au fait que l'activité économique se déroule dans un cadre social et naturel, et dont les transformations
modifient les données de l'activité économique : certes, ce facteur est important, mais, bien que de telles transformations
(guerres, révolutions) conditionnent fréquemment les mutations industrielles, elles n'en constituent pas les facteurs
primordiaux. Le caractère évolutionniste du régime ne tient pas davantage à un accroissement quasi-automatique de la
population et du capital, car ces facteurs eux aussi constituent des conditions et non des causes premières. En fait l'impulsion
fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de
consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types
d'organisation industrielle, tous éléments créés par l'initiative capitaliste. L'ouverture de nouveaux marchés nationaux ou
extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l'atelier artisanal et la manufacture jusqu'aux entreprises
amalgamées telles que l'U.S.Steel, constituent d'autres exemples du même processus de mutation industrielle qui
révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en
créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de Destruction Créatrice constitue la donnée fondamentale du
capitalisme.
(Source : Joseph Schumpeter, Capitalisme, Socialisme et Démocratie, 1942, Edition .Payot 1973)

Q1 – Quel est pour Schumpeter le facteur principal de la croissance économique ?
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Q2 – Quelles sont les composantes du progrès technique selon Schumpeter ?
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 ………………
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Q3 – Que provoque le progrès technique selon Schumpeter ?
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2 – La société Alcatel poursuivie par un inventeur de Vallauris (Alpes-Maritimes) pour avoir copié son projet breveté de
téléphone portable avec miroir incorporé a été condamnée mardi par le tribunal correctionnel de Grasse à lui verser la somme
de 100.000 euros. M. Waldmann réclamait 150.000 euros. Herbert Waldmann, 68 ans, reprochait à l'équimentier en
télécommunications, devenu Alcatel-Lucent, de lui avoir volé son idée en sortant il y a quatre ans un téléphone portable à
clapet muni d'un miroir. En février 2002, il avait en effet proposé à la société un modèle similaire dont il avait déposé en mai
2001 le brevet à Institut national de la propriété intellectuelle (INPI). "Nous avons reçu votre proposition et nous vous en
remercions. Nous avons étudié votre offre avec beaucoup d'attention. Cependant, nous ne sommes pas intéressés par votre
offre", lui avait répondu Alcatel quelques semaines plus tard. Lors des audiences du procès, en mai, l'avocat d'Alcatel-Lucent,
Me Patrice de Cande, avait affirmé que M. Waldmann "n'a rien inventé du tout. Il s'est contenté de combiner un miroir et un
téléphone, qui sont deux objets extrêmement banals". Le tribunal a au contraire estimé que l'entreprise s'était rendue
coupable de contrefaçon de la propriété intellectuelle au préjudice de cet inventeur qui est également à l'origine de la ceinture
de sécurité pour femme enceinte, du lit adaptable à la taille de l'enfant, de la cuillère-paille et de l'indispensable "Duo-can" qui
permet de tenir d'une seule main son sandwich, ses frites et sa boisson.
(Source : AFP, 17 septembre 2008)

Q1 – A partir de cet exemple, quelle différence faites-vous entre une invention et une innovation ?
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3 – L’innovation de procédé est associée à l’adoption de méthodes de production nouvelles ou sensiblement améliorées.
Ces méthodes peuvent impliquer des modifications portant sur l’équipement ou l’organisation de la production. Elles peuvent
viser à produire des produits nouveaux ou améliorés, impossibles à obtenir à l’aide des installations ou des méthodes
classiques, ou bien à augmenter le rendement dans la production de produits existants. Elles peuvent enfin conférer
davantage de souplesse à la production, abaisser les coûts ou bien encore limiter les déchets, les atteintes à l’environnement,
les coûts de conception des produits ou améliorer les conditions du travail.
On distingue habituellement deux grandes formes de l’innovation de produit. D’une part, la conception de produits très
largement nouveaux. On parle alors d’innovation radicale de produit. D’autre part, l’amélioration des performances de produits
existants, on parle alors d’innovation progressive de produit ou d’innovation incrémentale.


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