CHAP CROISSANCE DÉVELOPPEMENT ET CHANGEMENT SOCIAL

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CHAP 1 - CROISSANCE, DÉVELOPPEMENT ET CHANGEMENT SOCIAL 1.1 – LA CROISSANCE ECONOMIQUE EST-ELLE FACILEMENT MESURABLE ? A – La notion de croissance économique 1 – Quelle culbute ! En 1820, le milliard d'hommes qui peuplait alors la planète produisait, du fait de son activité économique, pour un peu plus de 4 000 milliards de francs de revenus. En 1992, les 5,4 milliards d'hommes en ont produit...165 000 milliards de francs. Miracle des exponentielles, car cette multiplication par quarante correspond en fait à un rythme annuel moyen de croissance de 2,2%. Un chiffre bien faible en apparence, mais qui répété année après année durant cent soixante dix ans - la durée de deux vies humaines -, a bouleversé le mode de vie de très nombreuses personnes. Et sans doute rompu bien des équilibres sociaux et environnementaux que les sociétés humaines avaient bâtis au fil des siècles. Une fois retirée de l'augmentation de la population, la production par tête a été multipliée par huit, so it un rythme annuel moyen de 1,2%. (Source : Denis Clerc, Alternatives économiques n° 150, Juillet-Août 1997) 2 – Après la seconde guerre mondiale et jusqu'au premier choc pétrolier, la croissance économique de la France a été vive et régulière. De 1949 à 1974, le PIB en volume 1 a progressé de + 5,4 % en moyenne annuelle.

  • pays en développement

  • premières dans le cadre de la première révolution industrielle

  • économie mondiale depuis le milieu des années

  • production mondiale

  • pib

  • …………………………………………………………………………………………………………………………………


Publié le : lundi 18 juin 2012
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CHAP 1 - CROISSANCE, DÉVELOPPEMENT ET CHANGEMENT SOCIAL



1.1 – LA CROISSANCE ECONOMIQUE EST-ELLE FACILEMENT MESURABLE ?


A – La notion de croissance économique

1 – Quelle culbute ! En 1820, le milliard d’hommes qui peuplait alors la planète produisait, du fait de son activité
économique, pour un peu plus de 4 000 milliards de francs de revenus. En 1992, les 5,4 milliards d’hommes en ont
produit...165 000 milliards de francs. Miracle des exponentielles, car cette multiplication par quarante correspond en fait à un
rythme annuel moyen de croissance de 2,2%. Un chiffre bien faible en apparence, mais qui répété année après année
durant cent soixante dix ans - la durée de deux vies humaines -, a bouleversé le mode de vie de très nombreuses
personnes. Et sans doute rompu bien des équilibres sociaux et environnementaux que les sociétés humaines avaient bâtis
au fil des siècles. Une fois retirée de l’augmentation de la population, la production par tête a été multipliée par huit, soit un
rythme annuel moyen de 1,2%.
(Source : Denis Clerc, Alternatives économiques n° 150, Juillet-Août 1997)

2 – Après la seconde guerre mondiale et jusqu’au premier choc pétrolier, la croissance économique de la France a été
1vive et régulière. De 1949 à 1974, le PIB en volume a progressé de + 5,4 % en moyenne annuelle. Cette croissance était
alors portée pour l’essentiel par les activités industrielles et de construction d’une part, les services principalement
marchands d’autre part. Depuis le premier choc pétrolier, le rythme annuel de progression du PIB a nettement baissé, à +
2,2 % en moyenne. Cette croissance repose désormais beaucoup plus sur la valeur ajoutée dégagée par les services
marchands, qui a augmenté de 2,9 % par an.
(Source : Gérard Bouvier et Charles Pilarski, Soixante ans d’économie française, Insee Première, juillet 2008)
1En volume = calculé à prix constants

Q1 – A partir des deux textes, essayez de donner une définition de la croissance économique
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………
Q2 – Quel indicateur a-t-on retenu pour mesurer la croissance économique ?...................................................
Q3 – Définissez la valeur ajoutée et le PIB à partir des mots suivants : Production, TVA, Subventions, Somme des VA,
Consommations intermédiaires, Droits de douane :



 VA =…………………………………..-…………………………………………………………………


 PIB =………………………………+……………+………………….…………-………………………



3 – Tendances longues de la croissance en France (PIB en euros constants 2005)



Q4 – Que signifie en euros constants 2005 ? Faites une phrase avec le PIB de 1960.
……………………………………………………………………………………………………………………………..………………………..……
…………………………………………………………………………………………………………………………………..
...........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
Q5 – A partir du graphique, calculez de deux façons la croissance française entre 1960 et 2010
 Coefficient multiplicateur =…………………………………………………………………………………...................………
……………………………………………………………………………………………………………………...................…..  En % la hausse est de …………………………………………………………………………………………...................…..
………………………………………………………………………………………………………………………...........…


Q6 – A partir de ce graphique, faites une phrase avec 8 en 1960
……………………………………………………………………………………………………………………..……………………………………….........
Q7 – Que peut-on dire de la croissance française depuis 1960 ?
 …………………………………………………………………………………………………………………..………………………….......…….............
.................................................................................................................................................................………
 ……………………………………………………………………………………………………………...……………...……………………………………………………………………….......…...…
…........................................................................................................................................................................

er 4 – PIB, croissance trimestrielle en % et en niveau (100 = 1 trimestre 2001)






Q8 – A partir de ce graphique, essayez de définir :
 L’expansion =………………………………………………………………………………………………………............................
...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
 La récession =…………………………………………………………………………………………………...................……........
...............................................................................................................................................................................................
...............................................................................................................................................................................................
Q9 – Déterminez sur le graphique du taux de croissance une phase d’expansion, une phase de ralentissement et les trois
périodes de récession depuis 1960 en France.
 Expansion=………………………………………………………………………………………………………...............................
..............................................................................................................................................................................................
 Ralentissement = ……………...................…….........
..............................................................................................................................................................................................
 Récession = …………………..........................…...
..............................................................................................................................................................................................

B – Une croissance inégale dans le temps et dans l’espace

1 – Evolution des PIB mondial et régionaux (en milliards de dollars internationaux de 1990 et en %)

1500 1820 1870 1913 1950 1973 2010
Etats-Unis 0,8 13 98 517 1 456 3 347 9 585
Japon 7,7 21 25 72 161 1 243 2 820
Europe occidentale 44,3 164 370 906 1 402 4 134 8 828
GB 2,8 36 100 225 348 676 1 400
Allemagne 8,1 26 71 237 265 916 1 741
France 10,9 38 72 145 220 684 1 468
Total des pays avancés 53 208 507 1 564 3 198 9 435 22 810
Russie et Europe de l'Est 15 51 129 354 695 2 064 3 420
Afrique 18 31 40 73 195 529 1 835
Amérique-Latine 7 14 28 122 424 1 398 5 106
Total Asie (hors Japon) 154 390 397 593 825 2 634 18 667
Chine 61,8 229 190 241 240 572 7 050
Inde 60,5 111 135 204 222 495 2 800
Total des pays en développement 194 486 595 1 142 2 139 6 625 29 028
PIB Mondial 247 694 1 102 2 706 5 337 16 060 51 838
(Source : Angus Maddison, Economie mondiale, une perspective millénaire, Ocde, 2001 actualisé 2011)

Q1 – Calculez la part des pays avancés et des pays en développement dans le PIB mondial. Inscrivez vos résultats dans le
tableau suivant.

1500 1820 1913 1973 2010
Pays avancés
Pays en développement
PIB Mondial 100 100 100 100 100

2 – Taux de croissance annuel moyen du PIB en volume par grande zone (en %)

1500-1820 1820-1870 1870-1913 1913-1950 1950-1973 1973-2010
Pays avancés 0,43 1,8 2,7 1,9 4,8 2,4
Pays en développement 0,28 0,4 1,5 1,7 5,0 4,1
- Afrique 0,16 0,5 1,4 2,7 4,4 3,4
- Amérique latine 0,21 1,4 3,5 3,4 5,3 3,6
- Asie (hors Japon) 0,29 0,4 0,9 0,9 5,2 5,4
Total Monde 0,3 0,9 2,1 1,8 5,0 3,2

Q2 – A l’aide des documents, complétez le texte à trous :

Lorsque l’on observe les PIB et les .......................................................................depuis le XVIe siècle,
on s’aperçoit que la croissance est :

 Un phénomène récent : Avant le XVIIIe siècle, la production mondiale augmentait très faiblement
(moins de...........% par an) et de façon très irrégulière, l'expansion étant suivie de profondes crises liées
aux mauvaises récoltes. Au début du XIXe siècle la production réelle n’augmentait que de .............%
par an dans les pays de la Première révolution industrielle. Ce taux a atteint les .........% par an pendant
les Trente glorieuses (1945-1975) dans les pays industrialisés et, de nos jours, des pays émergents,
comme la Chine, peuvent dépasser les 10% l’an.

 Un phénomène irrégulier : On peut établir plusieurs périodes. La Deuxième Révolution industrielle
(1870-1913) a connu une croissance mondiale supérieure au..................de celle de la Première (1820-
1870). Cette accélération a été interrompue par les deux guerres mondiales et la crise de 1929 pour les
pays occidentaux. La production mondiale n'augmente plus en moyenne que de ..........% par an. De
même, les 30 glorieuses ont pris fin avec la « crise » des « 20 piteuses » (1975-1995) qui s’est traduite
par un fort ralentissement de la croissance. Entre 1973 et 2010, on observe une perte de ..........points
de croissance par apport à la période précédente. De nos jours, la croissance mondiale est tirée par le
dynamisme des pays émergents (Chine, Inde, Brésil…).

 Un phénomène inégalement réparti :

 La GB (vers 1780) et la France (vers 1840) démarrent les premières dans le cadre de la Première
Révolution industrielle (Charbon, Acier, Textile). Ces deux pays représentent .........% de la production
mondiale en 1820 et près de la moitié de la production industrielle mondiale. Les pays non occidentaux,
qui représentaient plus de.........% de la production mondiale ne suivent pas à cette époque le train de la
croissance. Entre 1820 et 1870, leur croissance est......fois moins forte que celle des pays avancés.
 Les USA, l'Allemagne et le Japon démarrent au moment de la deuxième Révolution industrielle
(Electricité, Pétrole, Chimie), dans les années 1870, et rattrapent assez vite la GB et la France. Entre
1870 et 1913, la part de la GB dans la production industrielle mondiale passe de 1/3 à 1/6ème et celle
des USA du quart au tiers. Au sortir de la Seconde guerre mondiale, les USA réalisent plus du .............
de la production mondiale contre ...........% pour l'Allemagne, la France et la GB réunies et .....% pour le
Japon.

 Pendant les Trente glorieuses, les pays Européens et le Japon rattrapent progressivement le niveau de
vie américain au moment où triomphent les industries liées au Fordisme (Automobile, équipement
ménager…). La croissance du Japon dépasse les 9% par an en moyenne durant cette période et celle
de l'Europe occidentale approche les 5% par an. Dans le sillage des pays « développés », les
« nouveaux pays industrialisés » (NPI : Corée du sud, Taïwan…) accentuent leur démarrage à un
rythme élevé (plus de 6% l'an en moyenne).

 Le ralentissement qui affecte l’économie mondiale depuis le milieu des années 1970 affecte davantage
les pays d’Europe et le Japon que les Etats-Unis. Le rattrapage européen et japonais est interrompu.
Les « pays émergents » profitent de la crise pour rattraper leur retard. Mais, ce sont les NPI d'Asie, la
Chine et l'Inde qui tirent cette croissance. Pour les pays d'Amérique Latine et pour l'Afrique, il s'agit de
décennies perdues qu’elles essayent de rattraper depuis les années 2000. La récession des années
2009-2010, qui touche essentiellement les pays occidentaux alors que les pays asiatiques continuent
sur leur lancée, accentue le rattrapage des pays émergents et le "basculement de la richesse" vers les
pays du Sud. En 1973, les pays avancés réalisaient ........% de la production mondiale et les pays en
développement ..........%. De nos jours, la production des premiers ne représentent plus que .........% du
PIB mondial et celle des pays en développement ..........%. La Chine est devenue la deuxième
puissance économique mondiale !

C – Les limites du PIB comme indicateur de croissance des richesses

1 – La sous-évaluation de l’économie souterraine ou informelle

En gros, comme l’a montré Jean-Charles Willard, l’économie souterraine peut se décomposer en trois secteurs. Tout
d’abord, une activité productive, mais illicite : le commerce de drogue, le proxénétisme, etc. Cette part échappe
complètement aux comptables nationaux qui ne tentent pas de l’évaluer. Il existe ensuite tout un pan de l’économie où
l’activité est légale, mais non déclarée. Soit parce que les entreprises elles-mêmes ne sont pas déclarées : du peintre
amateur qui offre ses services pour l’appartement du voisin aux ateliers clandestins organisés : on parle alors de travail au
noir. Soit parce que l’entreprise est enregistrée, mais qu’elle ne déclare pas l’ensemble de son activité : il s’agit de fraude
fiscale. Les comptables nationaux redressent les statistiques de base pour tenir compte de cette économie souterraine.
L’Insee l’estime à 4% du PIB.
(Source : Louis Maurin, Alternatives économiques n° 143, décembre 1996)

2 – La sous-évaluation des activités non marchandes

a – Le PIB exclut de sa mesure nombre d’éléments essentiels au bien-être social et individuel, mais qui ont, pourrait-on
dire, la malchance d’être gratuits : l’air que l’on respire, le silence de la nuit, un paysage que l’on admire...Il ne prend pas
plus en compte toutes les activités non marchandes qui contribuent de manière majeure à notre bien-être : les services
rendus entre voisins, le bénévolat et, bien entendu, tout le travail domestique, la préparation des repas, le ménage, le
lavage et le repassage du linge, l’éducation des enfants dans le cadre familial.
(Source : Louisa Toubal, Philippe Frémeaux, Alternatives économiques n° 193, juin 2001)

b – Si ce travail était rémunéré, c'est à dire si l'on engageait des cuisinières, des bonnes et des gardes d'enfants, au
lieu de dépendre des maîtresses de maison, le PIB inclurait ce type de services au titre de la production finale puisqu'ils
seraient achetés sur le marché. Le travail des maîtresses de maison n'étant pas rémunéré, il est exclu du PIB. La difficulté
posée ici est que l'on considère des services rendus "à l'extérieur" de la maison. Les laveries, les pâtisseries, les
restaurants, etc., font tous le travail qui est habituellement effectué à la maison. Ainsi, le fait de monétariser l'activité fait
grimper les statistiques du PIB, ce qui ne reflète pas complètement la production réelle.
(Source : R.Heilbroner et L.C.Thurow, Comprendre la macro-économie, Economica, 1981)

3 – La non prise en compte de la répartition des richesses

Le revenu national peut ainsi contribuer à combler le fossé entre statistiques et perceptions. A condition toutefois que
l’on publie également la répartition du revenu national, et que l’on ne s’arrête pas aux moyennes… Les dernières séries que
nous avons réalisées avec Emmanuel Saez montrent ainsi que la part du revenu national allant aux 1 % des Américains les
plus riches est passée de moins de 9 % en 1976 à près de 24 % en 2007, soit un transfert de 15 points de revenu national.
Entre 1976 et 2007, 58 % de la croissance américaine a ainsi été absorbée par 1 % de la population (ce chiffre atteint 65 %
entre 2002 et 2007).
(Source : Thomas Piketty, Libération, 10 octobre 2009).

4 – La non prise en compte des dépréciations

a – Il faut dès maintenant cesser d’utiliser le PIB (produit intérieur brut) et privilégier le PNN (produit national net). Le
PNN, que l’on appelle plus communément «revenu national», était d’ailleurs largement utilisé en France jusqu’en 1950, et
l’est encore aujourd’hui dans les pays anglo-saxons. Il est toujours possible de le calculer à partir des tableaux détaillés de
la comptabilité nationale établis par l’Insee.
Malheureusement, il n’est jamais mis en avant, ni dans les publications officielles, ni dans le débat public. C’est
dommage, pour une raison que l’on peut résumer simplement : en tentant de mesurer l’ensemble des revenus réellement
disponibles pour les résidents d’un pays, le revenu national cherche à mettre l’homme au centre de l’activité économique,
alors que le PIB traduit dans une large mesure l’obsession productiviste des Trente Glorieuses.
Le PIB est le reflet d’une époque où l’on croyait que l’accumulation de marchandises industrielles était une fin en soi, et
que la croissance de la production allait tout résoudre. Il est plus que temps aujourd’hui d’effectuer un retour au revenu
national. Quelles sont les différences entre le PIB et le revenu national ? La première est que le PIB est toujours «brut»,
dans le sens où il additionne l’ensemble des productions de biens et services, sans retrancher la dépréciation du capital qui
a permis de réaliser ces productions. En particulier, le PIB ne prend pas en compte l’usure des logements et des bâtiments,
des équipements et des ordinateurs, etc. L’Insee réalise pourtant des estimations minutieuses de cette dépréciation, qui
sont évidemment imparfaites, mais qui ont le mérite d’exister. En 2008, le total est estimé à 270 milliards d’euros, pour un
PIB de 1 950 milliards d’euros, d’où un produit intérieur net de 1 680 milliards.
La prise en compte de cette dépréciation permet par exemple de constater que les entreprises françaises sont
actuellement en situation d’épargne négative : elles distribuent à leurs actionnaires plus que ce qu’elles ont véritablement à
distribuer, si bien que ce qui leur reste ne permet même pas de remplacer le matériel usagé. Plusieurs pays ont également
commencé à intégrer dans leurs estimations la dépréciation du capital naturel et les dégâts causés à l’environnement dans
le processus de production. Ces efforts doivent être poursuivis.
La seconde différence est que le PIB est «intérieur», dans le sens où l’on cherche à mesurer les richesses produites sur
le territoire intérieur du pays considéré, sans se préoccuper de leur destination finale, et en particulier sans tenir compte des
flux de profits entre pays. Par exemple, un pays dont l’ensemble des entreprises et du capital productif serait possédé par
des actionnaires étrangers pourrait fort bien avoir un PIB très élevé, mais un revenu national très faible, une fois déduits les
profits partant à l’étranger. Dans la France de 2008, cette correction ne fait guère de différence : d’après l’Insee et la Banque
de France, les résidents français possèdent au travers de leurs placements financiers grosso modo autant de richesses
dans le reste du monde que le reste du monde en possède en France. Mais il en va tout autrement dans de nombreux pays,
et pas seulement dans les pays pauvres, comme le montre le cas irlandais.
(Source : Thomas Piketty, Libération, 10 octobre 2009).

b – Faute d’évaluer les biens et services gratuits, le PIB n’est pas à même de mesurer les effets de leur éventuelle
dégradation sur le bien-être : la pollution de l’air, le bruit, le trou de la couche d’ozone ou les entrées de ville ravagées par
les panneaux publicitaires et les hangars des centres commerciaux. La comptabilité nationale qui ne prend en compte que
les flux monétaires n’intègre pas dans son raisonnement l’état de l’environnement, c’est-à-dire l’évolution du stock et de la
qualité des ressources naturelles qui servent de support à la vie. Non seulement le PIB ne prend pas en compte les dégâts
engendrés par la croissance, mais ceux-ci contribuent au contraire à son augmentation puisque tout ce qui engendre un
surplus de richesses marchandes est bon à additionner. Les embouteillages font ainsi augmenter le PIB en élevant la
consommation d’essence, même s’ils contribuent à épuiser les ressources non renouvelables. De même, les accidents de la
route enrichissent l’économie, via les activités qu’ils engendrent : services de secours, frais d’hôpitaux, réparation
automobile.
(Source : Louisa Toubal, Philippe Frémeaux, Alternatives économiques n° 193, juin 2001)

5 – Une surévaluation du bien-être

a – Selon Andrew Clark, chercheur à l'Ecole d'économie de Paris, penser que l'économie ne s'occupe que de
matérialité est une erreur : "Le projet de l'économie politique est la maximisation du bien-être, et l'utilité est à la base de la
théorie économique. Or, ni l'une ni l'autre ne sont des réalités matérielles, mais l'appréciation que les individus portent sur
les biens dont ils disposent. Il s'agit bien de sentiments !" Pour M. Clark, les experts ont fait un raccourci entre satisfaction et
volume de production parce qu'ils avaient observé une corrélation entre les deux jusqu'à ce que l'Américain Richard
Easterlin démontre, en 1974, le paradoxe qui porte désormais son nom : à partir d'un certain seuil de revenus, la satisfaction
n'augmente plus.
Bien des experts s'efforcent depuis d'expliquer le paradoxe d'Easterlin. Pour les uns, il y aurait "des variables omises".
La croissance du produit intérieur brut (PIB) génère des "externalités négatives" (pollution, inégalités, criminalité). Corréler,
mesurer et pondérer ces externalités permet d'élaborer des indicateurs, de faire la balance entre externalités positives et
négatives de la croissance, et d'orienter les politiques publiques (d'environnement, de sécurité, d'aide sociale...).
M. Clark préconise de tourner ces difficultés en utilisant comme unité de mesure pour la valeur d'une variable "la
satisfaction que disent en tirer les gens", sachant qu'il ne sera mesuré là qu'une "utilité relative" (à celle des autres ou à une
situation passée). Par ce biais, assure-t-il, il est possible de calculer "l'effet net" d'une décision - créer un espace vert,
augmenter un impôt -, qui peut servir de référence à une politique économique.
(Source : Antoine Reverchon, Le Monde du 29 janvier 2008).

b – PIB par habitant et niveau de satisfaction de la vie quotidienne





















c – Si une année le PIB (ou le PNB) augmente en France de 5 milliards de francs, en raison d'un développement des
dépenses consacrées à l'éducation, et s'il croît une autre année du même montant en raison d'une hausse de la production
de cigarettes, les deux chiffres font apparaître une même "croissance" du PIB. [...]
(Source : R.Heilbroner et L.C.Thurow, Comprendre la macro-économie, Economica, 1981)

6 – Le PIB reste un indicateur indispensable

a – Cependant, malgré toutes ses imperfections, le PIB demeure le moyen le plus simple dont nous disposons pour
faire la somme de l'ensemble des activités marchandes de l'économie. Si l'on désire estimer son bien-être, il est préférable
de se servir d'indicateurs sociaux spécifiques indiquant la durée de notre vie, le niveau de notre santé, l'accès plus ou moins
aisé à une bonne médecine, les caractéristiques de notre régime alimentaire, etc., autant d'éléments qu'il nous est
impossible de déterminer à l'aide des seuls chiffres du PIB. Mais nous ne nous intéressons pas constamment au bien être,
en partie parce qu'il est trop difficile à résumer au moyen d'une mesure unique. Par conséquent, pour le meilleur ou pour le
pire, le PIB est devenu le point de référence utilisé par la plupart des pays.
(Source : R.Heilbroner et L.C.Thurow, Comprendre la macro-économie, Economica, 1981)

b – Le PIB comptabilise tout ce qui est produit, sur une période donnée, par du travail rémunéré au sein d'une
économie. Comme tout indicateur, il repose sur des conventions. Le PIB traduit en effet un double consentement: en
comptabilisant la production marchande à son prix de marché, il exprime le consentement des individus à payer pour ces
biens et ces services. En intégrant également la production des administrations publiques, sur la base de leur coût de
production, il reflète aussi les choix collectifs d'une société donnée et son consentement à l'impôt. La valeur qu'il exprime
procède donc d'une double procédure de validation: le marché et le vote du Parlement. Difficile de dépasser une telle
convention de richesse dans une économie monétaire et une société démocratique.
Le PIB est aussi la clé de voûte d'un système de comptabilité nationale, qui offre une représentation cohérente de
l'économie, en permettant d'agréger une multitude d'activités de nature très diverse par le biais des conventions monétaires.
A ce titre, c'est un instrument irremplaçable pour comprendre comment la richesse monétaire est à la fois produite (par
quelles branches d'activité, par combien de travailleurs?), utilisée (est-elle consommée, investie, exportée, stockée?) et
répartie (dans quelle proportion rémunère-t-elle le travail et le capital?). La croissance du PIB reste, enfin, un facteur
essentiel pour apprécier la croissance de l'emploi, la soutenabilité des finances publiques ou encore l'avenir des régimes de
retraites.
(Source : Sandra Moatti , Alternatives économiques dossier web n° 002 - février 2010)

Q1 – A l’aide des documents, complétez le texte à trous ?

Initialement destiné à fournir aux gouvernements un moyen de pilotage des politiques économiques,
le....…... est devenu, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l’instrument privilégié de mesure de
l’activité. Il fait pourtant, de longue date, l’objet de nombreuses critiques :

1. Il prend mal en compte les activités de l'économie …………………. ou informelle, qui regroupe toutes
les activités productrices qui échappent aux ………………........nationaux. Cette économie comprend :

 Les activités productrices légales non……………….. : fraude ou évasion fiscale d’entreprises déclarées,
travail au noir ou production non déclarée d’entreprises n’ayant pas d’existence légale
 Les activités ……………………telles que le trafic de drogue, la prostitution,...
Les comptables nationaux essaient d’évaluer une partie de ces activités à partir d’enquêtes. Ainsi, la
production de l'Italie fait l'objet d'un redressement égal à 17% de son PIB déclaré. Celle de la France de
4%. Mais, il restera toujours une partie de la production qui échappera aux statistiques particulièrement
dans les pays en développement.

2. Il sous-évalue les activités non………………………: le PIB privilégie les activités marchandes même s’il
prend en compte des ……………….. non marchands produits par les administrations publiques évalués
à leurs ……….....de production. En conséquence :

 Il sous-évalue l'auto…………………………. des ménages (production des jardins, construction ou
réparation du logement, élaboration des vêtements…) qui représente souvent une grosse partie de la
production réalisée dans les pays les moins avancés.
 Il ne prend pas en compte la production............marchande, réalisée par la femme au foyer (travail
domestique), le mari bricoleur, le bénévole ou l'entraide de voisinage, qui représente pourtant une
fraction non négligeable de l'activité hors-marché. Or, ces activités sont génératrices de bien-...............,
soit à travers les biens et services qui sont ainsi autoconsommés, soit directement dans le cas du loisir.
La commission estime la production domestique à 35% du PIB dans le cas de la France, mais les
comptables nationaux ne disposent pas toujours de données suffisamment précises pour tenir compte
de cette production dans leurs agrégats. Des études plus précises sur le temps de travail domestique
sont donc indispensables pour affiner l'évaluation de cette production.

La monétarisation de ces activités fait ………………….le PIB sans croissance véritable de la richesse
produite. Ainsi, le fait de faire laver son linge dans un pressing au lieu de le laver soi-même augmente
le PIB sans que la richesse créée ait véritablement augmenté. Inversement, comme le soulignait Alfred
Sauvy, « épousez votre femme de ménage et vous ferez …………...... le PIB ».
3. Le PIB ne nous dit rien sur la façon dont il est réparti. Bien que la plupart des commentateurs se
concentrent sur l’évolution du PIB, c’est celle du PIB par ………………….. qui importe pour comparer
les niveaux de vie : cela permet de tenir compte des facteurs démographiques.

 Ainsi, si la croissance de la population est ……………….. à la hausse de la production, la croissance ne
se traduira pas par une amélioration du niveau de vie des populations.
 De même, le PIB par tête n'est qu'une moyenne qui peut masquer des évolutions dans la répartition des
revenus : son augmentation peut ainsi aller de pair avec une amplification des ………………….. mettant
en cause la cohésion sociale et génératrice de coûts sociaux liés à l’insécurité ou au stress. Si les
richesses créées sont accaparées par une toute petite minorité de la population, on peut s’interroger
sur l’utilité de la croissance.
 Au-delà même de la distribution des revenus et des patrimoines, le PIB ne tient pas compte des
…………………. dans l’accès aux services publics, à l’éducation, à la culture, à la santé, qui peuvent
entraver l’obtention d’une croissance forte et régulière sur le long terme, précisément parce que ses
concepteurs étaient convaincus qu’elles régresseraient spontanément avec au fur et à mesure du
développement. Il n’est affecté par ces disparités que lorsqu’elles se traduisent par des réductions de la
consommation globale.

4. Enfin, le PIB ne prend pas en compte les …………... de la croissance. Il ne permet pas de mesurer
l’amélioration du …………………. de la population. On constate qu’à partir du seuil de……………dollars
par habitant, il n’y a plus de corrélation positive entre l’accroissement de la richesse distribuée et le
degré de …………….........……des populations. Le bien-être ne peut se confondre avec la richesse
matérielle.

 D’une part, parce que le PIB additionne des productions qui ont une faible …….........………. sociale
(l’armement, les cigarettes, etc.) avec des productions à forte utilité sociale (les soins médicaux,
l’électricité, les aliments…) ;
 D’autre part, le PIB prend très mal en compte les services fournis par la...................(l'air, l'eau...). Il
comptabilise comme une production courante la valeur des ………………. naturelles mises sur le
marché mais oublie de mesurer les services..........................offerts par la nature. Ainsi, les abeilles
rendent un service gratuit en contribuant à la reproduction sexuée des plantes à fleurs. Cet apport aux
principales cultures mondiales en 2005 peut être évalué à 153 milliards d'€, ce qui représente 9,5 % de
la valeur de la production alimentaire mondiale. La disparition des abeilles pourraient avoir un effet
dévastateur sur les cultures. Or, le PIB néglige ces atteintes à l'………………………… parce qu’aucun
agent n’en supporte les coûts (………………….. négatives). Il faut donc retirer au PIB les .......................
du capital économique pour obtenir le Produit intérieur net (PIN). Mais cette mesure classique du PIN
ne tient pas compte ni de l' ………………............des ressources naturelles ni de l'usure du capital
humain.
 En revanche, le PIB comptabilise des productions qui sont destinées à …………………… les dégâts,
les nuisances, les externalités négatives, provoqués par la croissance de la production (équipements
antibruit, antipollution...). Ainsi, la pollution d’une rivière va nécessiter sa dépollution qui sera
considérée comme une …………………….. de la richesse alors qu’elle ne fait que remettre en état ce
qui a été détruit par la production. Certains économistes proposent de les soustraire du PIB pour
mesurer la croissance du "Bien être national".

5. Cependant, malgré toutes ces imperfections, le PIB demeure le moyen le plus ………….pour connaître
la croissance économique d'un pays. Il ne faut pas, en effet, confondre croissance et le progrès
économique. La première porte sur l’augmentation des richesses quel qu’en soit les usages, la
répartition ou les dommages causés à l’environnement alors que le ……………. économique suppose
une amélioration du bien-........... des populations. Pour mesurer cette amélioration, de nombreux
rapports ont proposé de prendre en compte le degré de ......................................de la population soit
par des enquêtes subjectives soit en retenant une panoplie d'............................... économiques, sociaux
et environnementaux. En 2011, l'Ocde a mis au point l'indice " mieux vivre " comme alternative au PIB.
Cet indicateur, qui regroupe 19 variables, est destiné à mesurer le bien-être des habitants des 34 pays
développés membres de l'OCDE (le niveau d'éducation, le niveau de sureté, le niveau de vie, la qualité
de l'emploi, l'espérance de vie...). Or, on constate que le classement obtenu des pays reste assez
fortement corrélé au PIB par habitant. Cependant ces types d'indicateurs sont plus adaptés à la notion
de développement qu'à celle de...............................













1.2 – LA CROISSANCE ENTRAÎNE-T-ELLE TOUJOURS LE DEVELOPPEMENT ?

A – Les notions de développement économique et de développement humain

a) – La définition du développement

1 – Quelques indicateurs de développement


PIB par habitant Part de l'agriculture Téléphones Espérance de vie à
1
(en dollars constants dans la valeur mobiles la naissance
Pays
PPA 2005) ajoutée (nombre d'abonnés (en années)
(% du PIB) pour 100 habitants)

1970 2010 1980 2010 1990 2010 1980 2010
Etats-Unis 19 928 42 478 3,0 1,0 3 97 74 79
Corée du sud 1 921 21 100 17,0 3,0 1 98 66 80
Chine 151 2 965 33,0 10,0 0 56 66 73
Inde 64 268 1 011 34,0 18,0 0 45 56
Ethiopie 156 241 61,0 51,0 0 5 44 56
(Source : PNUD, Rapport sur le développement humain, www.unpd.org et Banque mondiale, WDI 2011)

Espérance de vie à la naissance = le nombre d’années qu’un nouveau-né devrait vivre si les règles générales de mortalité
au moment de sa naissance devaient rester les mêmes tout au long de sa vie.

2 – Le développement humain est un processus qui se traduit par l'élargissement des possibilités offertes à chacun.
Vivre longtemps et en bonne santé, être instruit et avoir accès aux ressources nécessaires pour jouir d'un niveau de vie
décent sont les plus importantes. S'y ajoutent la liberté politique, la jouissance des droits de l'Homme et le respect de soi –
ce qu'Adam Smith appelle la capacité de se mêler aux autres sans avoir honte de d’apparaître en public ».
(Source : Rapport sur le développement humain 2010, La richesse des nations, PNUD 2010)

3 – La qualité de la vie d’une population ne peut évidemment pas se réduire à l’importance de son PIB. Le contenu de
ce dernier - du beurre ou des canons ? -, la façon dont il est réparti, avec plus ou moins d’inégalités, la capacité de chacun à
pouvoir accéder aux services de base que sont l’eau courante, l’école, les soins ou le logement, et la qualité des services en
question, tout cela joue autant, sinon davantage, que le niveau du PIB. En veut-on une preuve ? Le Koweït, cinquième des
pays classés selon l’ordre d’importance se trouve relégué à la....31ème place de l’indicateur de développement humain
(IDH). Autre exemple, dans le bas de l’échelle : pour un revenu par habitant similaire, l’IDH de la Guinée est prés de la
moitié inférieur à celui du Vietnam. En Guinée, l’espérance de vie est de 47 ans contre 67 au Vietnam, les adultes y sont
alphabétisés à 36% contre 93% au Vietnam. Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) « Le
principal objectif du développement humain est d'élargir la gamme des choix offerts à la population, qui permettent de
rendre le développement plus démocratique et plus participatif. Ces choix doivent comprendre des possibilités d'accéder
aux revenus et à l'emploi, à l'éducation et aux soins de santé et à un environnement propre ne présentant pas de danger.
L'individu doit également avoir la possibilité de participer pleinement aux décisions de la communauté et de jouir des libertés
humaines, économiques et politiques. »
(Source : Louis Maurin, Alternatives économiques, Hors-série n°46, Novembre 2000)

Q1 – Comment a-t-on calculé le PIB par habitant ?


PIB par tête =……………………………………………………..


Q2 – Quelles sont les deux principales constations que l'on peut faire à partir du tableau ?
 …………………………………………………………………………………………………………………..………………………….......…….............
.................................................................................................................................................................………
 ……………………………………………………………………………………………………………...……………...……………………….......…...…
…........................................................................................................................................................................
Q3 – A partir de ces observations et des textes définissez le développement économique et le développement humain
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………
 …………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q4 – En quoi la croissance économique se distingue-t-elle du développement humain ?
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………… b) – La mesure du développement humain

1 – Le PNUD publie depuis 1990 un rapport annuel sur le développement dans le monde où figure le célèbre IDH, dont
la diffusion mondiale a constitué un succès spectaculaire, au-delà des pays en développement auxquels il était
principalement destiné. Cet indicateur est tout simplement la moyenne géométrique de trois autres données permettant
chacune de classer les pays sur une échelle de 0 à 1 ; le PIB par habitant, exprimé en parité de pouvoir d’achat (depuis
2010, c'est le Revenu national brut par habitant en PPA qui est pris en compte), l’espérance de vie à la naissance et le
niveau d’instruction (mesuré par un indicateur alliant pour deux tiers le taux d’alphabétisation des adultes et pour un tiers le
taux de scolarisation. En 2010, ils ont été remplacé par la moyenne géométrique de la durée moyenne de scolarisation et de
la durée attendue de scolarisation). Chaque indice qui compose l'IDH est calculé de la façon suivante : pour chaque critère
(niveau de vie, santé ou éducation), on mesure la distance (l'écart) qui sépare le pays observé du pays ayant le plus faible
résultat. On divise cet écart par l'écart maximal existant (celui entre le pays ayant le plus fort résultat et celui ayant le plus
faible). Pour chacun de ces indicateurs, le pays le mieux placé reçoit la note de 1 : un IDH de 0,9 signifie que le pays
concerné est, en moyenne, 10% en dessous des meilleurs indicateurs observés dans l’ensemble des pays. Si l’IDH est
inférieur à 0,47, on parlera d’un développement humain faible. S’il est compris entre 0,47 et 0,67, le développement humain
sera moyen. Il sera élevé s'il est compris entre 0,67 et 0,77. S’il est supérieur à 0,77, le développement humain sera très
élevé. Le PNUD a, par la suite, publié annuellement d’autres indicateurs synthétiques : l’indicateur de participation des
femmes à la vie économique et politique (IPF) et l’indicateur de pauvreté humaine (IPH).
(Source : Jean Gadrey et Fanny Jany-Catrice, Alternatives économiques n° 211, février 2003 actualisé 2011)

Q1 – Quelles sont les composantes de l’IDH ? Remplissez le graphique suivant :


IDH












Q3 – A partir de ces données sur l’espérance de vie en 2010, calculez l’indicateur de l’espérance de vie pour la France :
E = 83,2 ans ; E = 20 ans ; E = 81,6 ans (VIE) MAX 2010 = JAPON (VIE) MIN 2010 (VIE) 2010 = FRANCE
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………
Q4 – Faites une phrase avec votre résultat :
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Q5 – Quelle est la formule du calcul de l’IDH ?


IDH =………………………………………………………………………………....……………………………………………………


2 – L’indicateur du développement humain en 2010

RNB par habitant Espérance de vie Niveau d’instruction IDH
Population selon la zone En
Durée moyenne Durée attendue en millions en 2010 % En $ En années Indice 1 2 Scolarisation Scolarisation
Pays de l’Ocde 1 124 37 077 80,3 11,4 15,9 0,879
Amérique Latine 596 10 642 74,0 7,9 13,7 0,704
Asie de l’Est 2 183 6 403 72,6 7,2 11,5 0,643
Asie du Sud 2 033 3 417 65,1 4,6 10,0 0,516
Afrique 1 051 2 050 52,7 4,5 9,0 0,389
Monde 6 987 100 10 631 69,3 7,4 12,3 0,624
(Source : PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, http://www.undp.org/french/ 2011)

1Durée moyenne de scolarisation = Moyenne du nombre d’années d'éducation dispensées à des adultes de 25 ans ou plus au cours de
leur vie.
2Durée attendue de scolarisation = Nombre d'années de scolarisation dont un enfant d’âge d’entrée à l’école peut espérer bénéficier si
les taux de scolarisation par âge devaient demeurer inchangés tout au long de la vie de l'enfant.

Q6 – Inscrivez dans le tableau la part en % de chaque zone géographique dans la population mondiale
Q7 – Classez les zones géographiques par niveau de développement  …………………………………………………………………………………………………………………..…………
 ………………..…………
 …………………………………………………………………………………………………………………..…………
 ………………………………………………………………………..…………
Q8 – Ce classement aurait-il été différent si on avait pris en compte uniquement le RNB par habitant ?
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………

B – Croissance et développement entretiennent des liens étroits

a) – La thèse libérale : croissance et convergence des développements

1 – Pour les économistes libéraux “néoclassiques”, le sous-développement ne serait qu’un retard sur la voie royale et
universelle tracée par les pays aujourd’hui développés : c’est bien ce que signifie d’ailleurs le terme “sous-développement”.
Mais ce retard n’est en rien expliqué ; il est seulement décrit par des batteries de critères propres à chaque auteur et qui font
référence à des données démographiques, économiques ou sociales, à la recherche de l’introuvable “indicateur
synthétique”. Cette position est fortement consacrée par la célèbre théorie des étapes de la croissance économique de
l’historien américain W.W.Rostow selon laquelle toutes les sociétés doivent passer par les cinq étapes suivantes : la société
traditionnelle, les conditions préalables au démarrage, le démarrage, le progrès vers la maturité, et l'ère de la consommation
de masse.
(Source : Pierre Dockès, Bernard Rosier, L’histoire ambiguë : croissance et développement en question, PUF 1988)

2 – La phase de transition voit apparaître les conditions préalables au démarrage : les prémices de la science moderne
se diffusent, l’Etat s’édifie peu à peu, de nouveaux hommes animés de “l’esprit d’entre- prise” apparaissent, le commerce
intérieur et international s’élargit. Historiquement, les premiers pays à avoir connu cette phase sont situés en Europe
occidentale. Sur le plan des connaissances, cette phase de transition coïncide avec la révolution newtonienne.
L’étape suivante correspond au décollage proprement dit (take-off) et non à un simple démarrage, comme le suggère la
traduction française. L’économie tire pleinement profit de l’application de la physique newtonienne et de la diffusion des
sciences modernes. Les chemins de fer jouent un rôle déterminant. Historiquement cette phase est atteinte dès le XIXe
siècle par la Grande-Bretagne, à l’occasion de la Révolution industrielle.
Une fois le décollage effectué, l’économie poursuit sa “marche vers la maturité”, soit une longue période de progrès
soutenu. Les premières industries (charbonnages, sidérurgie, industries mécaniques lourdes) sont relayées par de
nouveaux secteurs industriels (chimie, électricité...). Cette phase de maturité est atteinte par la Grande-Bretagne,
l’Allemagne et les Etats-Unis dès la fin du XIXe siècle, soit environ une soixantaine d’années après le début du décollage.
La société de consommation de masse marque une nouvelle ère. Peu à peu, les productions de biens durables et de
services deviennent les principaux secteurs de l’économie. Les Etats-Unis sont les premiers à y accéder à partir de l’entre-
deux-guerres. Dès les années 40-50, une large majorité de ménages américains sont équipés en Frigidaire (69% en 1946),
en automobile (54% en 1948), en télévision (86% en 1956). Des taux d’équipement que la Grande-Bretagne et les autres
pays industrialisés n’atteindront que quelques décennies plus tard.
(Sources : Sylvain Allemand, Les étapes de la croissance économique, Sciences Humaines n° 90, janvier 1999)

Q1 – Comment Rostow analyse-t-il l’histoire de la croissance ?
……………………………………………………………………………………………………………………………….....
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Q2 – Quelles sont les caractéristiques des cinq étapes de la croissance ?
 ……………………………………………………………………………………………………………………..……………………….................
..........................................................................................................................................................……
 ………………………………………………………………………………………………………………………..…………………….................
...........................................................................................................................................................……
 ……………………………………………………………………………………………………………………..…………………………........................
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Q3 – Que devrait-il se passer au bout de ce processus ?
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