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27 et 28 octobre 2011 Colloque Dynamiques des espaces ruraux et périurbains : Le développement durable face à la mondialisation Résumés des communications
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Publié le : mardi 27 mars 2012
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Source : univ-evry.fr
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27 et 28 octobre 2011

Colloque
Dynamiques des espaces ruraux et périurbains :
Le développement durable face à la mondialisation




Résumés des communications











Axe 1
Les politiques publiques face aux dynamiques organisationnelles des populations
rurales : enjeux de pouvoirs et émergence de la société civile.

La dynamique partenariale entre ville et agriculture à l’échelle d’une région métropolitaine :
bilan et perspective en Ile de France.

-Ségolène Darly, université Paris 8.

La région Ile-de-France accueille l’une des plus vastes métropoles urbaines d’Europe.
L’agglomération parisienne en constitue le cœur urbanisé, mais son influence s’étend bien au-
delà des limites régionales. Au-delà de 20km du centre de Paris, l’agriculture occupe encore
une proportion significative, voire la grande majorité, de l’espace des territoires périurbains de
l’agglomération. Dans le document de Schéma Directeur qu’elle a adopté en 2008, la Région
Île-de-France reconnaît à cette agriculture une fonction structurante dans son projet de
métropole durable. Elle affiche ainsi son soutien à la dynamique partenariale qui se développe
entre ville et agriculture sur son territoire.
Le premier objectif de cette intervention est d’analyser la diversité des échelles et des
modalités de cette dynamique afin de démontrer qu’elle se rapproche à de nombreux égards de
celle de la « nouvelle gouvernance rurale » impulsée à partir des années 1990 par les politiques
européennes et américaines de développement rural (Edwards et al., 2000) : un modèle fondé
sur une coordination essentiellement stratégique des différentes administrations publiques pour
la mise en cohérence des politiques de développement et un transfert important de moyens et
responsabilités de mise en oeuvre opérationnelle à l’échelon local, accordé sous réserve d’un
effort de consultation et de participation de toutes les composantes de la population locale.
Le second objectif de ce travail est d’évaluer si la dynamique partenariale francilienne soulève
les mêmes préoccupations que celles qui sont généralement associées à ce modèle de «
nouvelle gouvernance » des politiques de développement rural. Cinq grandes préoccupations
(Woods, 2005) seront ainsi examinées : l’existence de jeux d’acteurs locaux qui excluent de
l’organisation partenariale des représentants de certains segments d’intérêt de la population
locale, le manque de légitimité démocratique des nouvelles structures de gouvernance, l’impact
des inégalités de ressources dont disposent les partenaires potentiels pour s’impliquer dans le
fonctionnement d’une organisation partenariale, les représentants de l’autorité publique ayant
tendance à dominer ce fonctionnement, le risque d’accentuation des inégalités territoriales
entre les collectivités locales « riches » ou « pauvres » en capacités d’organisation partenariale
et, enfin, l’instabilité des cadres institutionnels des partenariats accentuée par la faible durée de
vie des programmes de développement qui les financent.
Notre réflexion s’appuie sur l’exploitation bibliographique de nombreux rapports d’études et
documents opérationnels produits en Île-de-France au cours de la dernière décennie, ainsi que
sur le traitement de données recueillies au cours d’entretiens menés auprès d’élus et d’agents
de développement local dans le cadre de nos propres recherches en Île-de-France.

2
Des intercommunalités de l’ouest francilien face à l’évolution des espaces périurbains : vers
une adaptation aux pratiques et aux demandes des ménages ?

- Claire Aragau, LADYSS, université Paris X ; Martine Berger, LADYSS, université
Paris 1 ; Didier Desponds, MRTE, université Cergy Pontoise, Lionel Rougé, université de
Caen.

Notre proposition de communication s’appuie sur une recherche financée par le PUCA (dans le
cadre du programme sur « La mobilité et le périurbain à l’impératif de la ville durable :
ménager les territoires de vie des périurbains ») et s’intéresse à la réorganisation des mobilités
et aux dynamiques de repolarisation dans les franges périurbaines de l’Ile-de-France Nous
nous centrerons ici plus particulièrement sur un secteur allant du sud des Yvelines au Vexin
(Val d’Oise) en passant par les franges orientales de l’Eure-et-Loir et de l’Eure. Les résultats
présentés sont fondés sur l’exploitation d’une centaine d’entretiens semi-directifs réalisés
auprès des résidents et des acteurs politiques locaux. Afin de resituer le contexte de ces
enquêtes, nous décrirons l’évolution récente des formes et des processus de la périurbanisation
dans ce secteur en mobilisant en particulier des données censitaires.
L’analyse des modes de vie des habitants de ces espaces met en évidence une inflexion des
comportements de mobilités, d’une stricte dépendance à la ville centre à l’ancrage dans des
territoires de proximité dotés d’une relative autonomie en termes d’emplois et de services.
Nous questionnerons ensuite plus particulièrement les formes d’organisation des acteurs
locaux, les modes d’administration territoriale et leurs impacts sur le devenir des territoires
ruraux face à la complexification des processus de périurbanisation et à l’évolution des
mobilités.
Souvent considérés comme un symbole d’un échec des politiques publiques d’aménagement et
d’urbanisme fonctionnant au coup par coup, les espaces périurbains, en particulier ceux de
l’Ouest francilien et de ses franges, n’offrent-ils pas les signes d’une évolution des actions des
politiques locales dans le sens, si ce n’est d’un ménagement, du moins d’un aménagement
procédant d’une anticipation et de la construction de projet, opérant la synthèse entre des
injonctions nationales et des attentes et évolutions locales ? En lien avec l’évolution des
pratiques, des besoins et des attentes des résidents, on assiste dans les secteurs étudiés à un
enrichissement de la réflexion menée par les acteurs de ces territoires pour, sinon impulser, du
moins accompagner une « maturation » des espaces périurbains, même si les effets de contexte
sont prégnants.
Si toutes ces orientations ne dépendent pas uniquement des collectivités locales (les politiques
nationales et européennes ont aussi leur rôle à jouer), ces dernières occupent néanmoins une
place importante dans les inflexions observées. Deux aspects seront abordés : d’une part
l’élargissement des enjeux auxquels les élus souhaitent répondre, d’autre part les
reconfigurations territoriales dans lesquelles ils sont engagés.
On observe en effet que la préoccupation de durabilité percole jusque dans les politiques
publiques locales s’appliquant à ces espaces, du moins à certains d’entre eux : les élus prennent
cette injonction à leur compte et s’engagent dans un « urbanisme du périurbain », un
aménagement qui n’est pas un copié / collé de ce qui se fait dans la ville et les couronnes
proches, mais qui adapte les injonctions des politiques nationales aux spécificités du contexte
en « périurbanisation ». Les acteurs locaux comprennent qu’ils doivent s’adapter aux mutations
et aux nouvelles demandes sociales. Cela s’accompagne alors d’un glissement de compétences,
d’un élargissement des thématiques. Notre recherche met ainsi en évidence l’émergence de
réflexions nouvelles sur le plan des transports, du logement, ou des services. Autant de
réflexions qui conduisent à reconstruire les territoires autour de nouvelles formes de
polarisation. L’élargissement des thèmes et des compétences des collectivités conduit alors à
repenser l’organisation institutionnelle des espaces périurbains.
3
Œuvrant à un projet politique visant à préserver les spécificités des espaces périurbains tout en
les adaptant aux exigences nouvelles aussi bien sociales qu’environnementales, les acteurs de
ces territoires semblent être des vecteurs de leur entrée en durabilité.

***
Décentralisation et coordination de la politique environnementale : complexité
institutionnelle en matière de politique environnementale en France

- Jean De Beir, EPEE, TEPP (FR CNRS n°3126), université d’Evry

Assurer le meilleur état de l’environnement au plan économique au moindre coût social résume
l’objectif économique de la politique environnementale. Nous nous interrogeons sur
l’efficience de la répartition des instruments de cette politique entre les différents niveaux
administratifs.
Nous montrons d’abord, à travers une démarche positive, que la complexité institutionnelle en
matière de politique environnementale en France révèle finalement le poids toujours
déterminant de l’État en la matière. Il détient l’essentiel des instruments de nature économique.
Dans une perspective plus normative, nous cherchons à déterminer les fondements des règles
de répartition des différents types d’instruments de la politique environnementale au sein des
niveaux administratifs?
***

Agriculture et acteurs agricoles aux prises avec les territoires de gouvernance urbaine

- Monique Poulot, Gecko, université Paris Ouest Nanterre la Défense.

Les quinze dernières années ont vu une inflation territoriale, notamment pour instaurer une
gouvernance urbaine : les aires métropolitaines rassemblent désormais, dans le cadre de SCOT
ou d’autres procédures, des espaces urbains, périurbains et ruraux, où s’élaborent les politiques
d’aménagement de la ville élargie. Cette ingénierie territoriale (Lardon et Piveteau, 2005 ;
Roux et Vanier, 2008) renforce souvent l’implication des acteurs de la ville et conduit à de
nouvelles structurations autour de coordinations puissantes susceptibles de peser sur les
décisions (les études sur le NIMBY l’ont abondamment démontré). Mais ces nouveaux
territoires deviennent aussi le lieu de négociations autour de l’agriculture puisque dans
plusieurs pays d’Europe occidentale près de 50% des surfaces agricoles (41% en France) se
situent dans les espaces périurbains et urbains. L’enjeu est de taille pour les agriculteurs quand
la désignation des espaces mutables versus espaces agricoles devient un exercice des plans et
schémas d’urbanisme et organise l’agriculture des prochaines années. Loin de leur
structuration traditionnelle, territoriale entre départements et cantons, ou par produits avec les
associations de spécialistes, les acteurs agricoles peinent à se faire entendre dans ces nouvelles
configurations territoriales. Voit-on apparaître de nouvelles formes d’organisation de la
profession ? Quelle prise de parole et qui prend la parole ?
La communication s’attachera ainsi à présenter, à partir de plusieurs cas français, les
aggiornamentos difficiles de la profession agricole et de ses satellites (SAFER, ADASEA…).
D’une part, le syndicalisme traditionnel dominant a pris avec retard le tournant périurbain ;
surtout les modes de régulation Etat-Profession n’y ont plus cours et les scènes locales
participent d’un éclatement toujours plus grand de la profession ; enfin, les territoires de
gouvernance urbaine n’ont guère de cohérence avec les territoires de l’agriculture d’où la mise
en oeuvre de stratégies foncières, spatiales ou économiques porteuses de nouvelles ruptures
dans la profession.
***
4

Le portage de foncier agricole : une relation entre usage et propriété des sols bouleversée

- Christine Leger, Agrotec, Cemagref de Grenoble.

Un des dispositifs phares aujourd’hui de l’action publique foncière, est le portage foncier,
constituant une intervention forte de moralisation de la répartition de la terre. Si le portage de
foncier agricole est traditionnellement confié aux SAFER en France, il se renouvelle
aujourd’hui considérablement tant en France qu’en Europe. En effet, la société civile se
saisissant des enjeux de préservation des espaces agricoles et soutenant un certain type
d’agriculture, de nouvelles institutions (associations, collectivités territoriales…) interviennent
aujourd’hui par portage foncier et ce sur le long terme, parfois via la levée de capitaux privés
(Land Trust en UK ou aux USA, association type « Terres de liens » en France…). Ce qui
relevait auparavant du seul domaine de l’acteur public voit ses contours élargis à d’autres types
d’acteurs, en particulier privés, aux objectifs variés (Dracke, 2001). Or cette intervention
publique sur le marché constitue une remise en perspective de la relation entre l’usage et la
propriété des sols agricoles, vers une certaine déconnection des deux, tant dans les formes que
dans les attentes. Cette relation s’en trouve bouleversée notamment dans les espaces
périurbains largement soumis aux phénomènes de pression urbaine et de spéculation foncière.
Dans cet article nous proposons un éclairage micro-économique de ces processus à travers
deux analyses de dynamiques particulièrement prégnantes aujourd’hui dans les espaces
périurbains. D’une part nous nous intéressons à cette question à partir des rapports micro-
économiques qui existent entre les propriétaires et les usagers du sol – ou fermiers agricoles –,
inscrits dans le système foncier local, et aux conflits portant sur l’usage du sol qui émergent
entre eux. D’autre part nous l’interrogeons à partir des dynamiques des exploitations agricoles,
et des logiques d’accès au foncier que les agriculteurs développent afin d’adapter leur outil
productif au contexte.
***

La participation suscitée encadrée, « nouvel » algorithme de l’action publique en milieu rural
tunisien : L’exemple des groupements de développement agricole (GDA)

- Aude-Annabelle Canesse, IEDES et IDR, université de Paris 1.P. Sorbonne.

Cette communication aborde la mise en œuvre des groupements de développement agricole
(GDA) en Tunisie. Les recherches présentées ici et qui ont abouti à une thèse de Doctorat
(Canesse A.-A., 2011), aident à comprendre les enjeux et les ressorts des politiques
publiques en milieu rural sous l’ère Ben Ali. Observations et entretiens avec les acteurs du
développement rural ont été en partie réalisés dans le cadre d’un programme de développement
exécuté par une agence des Nations Unies diffusant les principes de « bonne gouvernance ».
Les GDA, qui apparaissent après la conférence de Rio, sont considérés comme une « rupture
participative », comme des dispositifs de « gouvernance », et s’inscrivent dans un processus de
développement local. Leurs prérogatives sont élargies et leur mode d’organisation semble a
priori répondre à la nécessité de représenter et d’impliquer la « société civile » : les membres
du conseil d’administration doivent être, dans le dispositif juridique tout au moins, désignés
par élection, les GDA sont désormais en charge du développement de leur zone et doivent
prendre le relais de l’administration.
Ces groupements se situent entre technique de production et technique d’encadrement. En
effet, ce sont en premier lieu des techniques de production, permettant la gestion des
ressources naturelles, améliorant la production et la productivité, les parcours et assurant la
diffusion de meilleures techniques. Mais ils relèvent également des techniques d’encadrement
(Hardy, 1933 ; Gourou, 1969, 1973). Initialement « organisation de l’espace », Pierre Gourou
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les définit par la suite comme « des techniques d’administration élémentaire permettant de
contrôler de vastes surfaces, une population nombreuse, et cela de façon durable » (Gourou
P., 1969). Or historiquement, les institutions rurales tunisiennes participent à la pénétration
territoriale de l’Etat – et il en est ainsi des GDA : ils reviennent à un processus d’inclusion du
centre sur le territoire et à une conception top down de l’action publique.
En effet, si les associations de gestion des ressources naturelles ont connu de nombreuses
« réformes », celles-ci se caractérisent par une réappropriation régulière, un recyclage de
dispositifs existant ou ayant existé. Par la création des GDA, la participation évolue d’une
participation technique administrée à une participation suscitée encadrée, marquée par la
reproduction des routines administratives par le secteur privé (méthodologie des bureaux
d’études) et la prééminence du ministère de l’Intérieur. Celui-ci désigne les membres des
conseils d’administration et permet la monopolisation de ces structures collectives par les
notables locaux ; il peut en revanche bloquer toute activité. Les exemples envisagés mettront
également en évidence la tension entre légalité et légitimité des organisations de producteurs.


Axe 2
Les projets d’aménagement et de développement des espaces ruraux : quelles échelles et
quels critères pertinents pour identifier les impacts écologiques et sociaux


Entre développement des espaces et préservation du patrimoine écologique rural: Les enjeux
de la concertation entre acteurs et échelles de décision dans le territoire essonnien.

- Abdoul H. Ba, LHEST, université d’Evry et Giancarlo Vettori, DDT de l’Essonne.

La région IDF cumule beaucoup de superlatifs : la plus peuplée (11,5 millions), la plus petite
(12 500 km2), la plus urbanisée, la plus riche économiquement…. des régions françaises.
L’augmentation de sa population entraine un besoin en logement, en zones d'activités, parcs
logistiques, équipements de loisir, en équipement urbains divers. Ces réalisations s’effectuent
au détriment des terres agricoles ou espaces verts. Pour autant certaines activités agricoles
subsistent en IDF. D’ailleurs, de plus en plus de voix s’élèvent (partis politiques comme
EELV, associations de protection de l’environnement, forte demande sociale en produits
agricoles locaux et/ou bio) pour réclamer le maintien de l’agriculture et des espaces verts à la
périphérie des villes. Le département de l’Essonne offre un terrain d’analyse intéressant de
cette tension entre volonté de préserver les espaces naturels, les terres agricoles périurbaines et
construction de logement ou d’autres équipements accompagnant l’étalement d’une métropole.
Il s’agit dans cet article d’interroger les dynamiques des espaces ruraux essonniens en tenant
compte de la proximité de Paris et des stratégies d’aménagement et de développement durable
engagées à l’échelle départementale ou plus locale (triangle vert, parcs naturels, Opérations
d'Intérêt National).
Notre communication sera traitée en trois temps : d'abord une géographie des activités et des
espaces naturels, des terres agricoles essonniens (superficie, production, potentiel de friches
agricoles péri-urbaines). Ensuite, une typologie des dynamiques dans les zones situées à
l’interface espace rural et espace urbain et enfin, une analyse des sites conflictuels et pour
conclure une présentation de scénarii de développement durable conciliant préservation des
valeurs paysagères et écologiques et développement économique à l’échelle du département
essonnien.
Questions à débattre : comment préserver les paysages agricoles et les espaces verts dans les
zones sous fortes pressions foncières ? Comment développer des circuits courts dans les zones
très urbanisées avec des grands centres de distribution de plus en dense (croix blanche,
villabé)? Comment concilier préservation du patrimoine écologique, créer des corridors
6
écologiques (trame verte et bleue) dans un espace très quadrillé par des voies de
communication surchargées (N 104, N20, N6, N7, A10, A6, RER B, C et D) et des
installations aéroportuaires (Orly, Villacoublay). Quel est le rôle des élus des collectivités
locales en termes de mise place d’un espace de concertation, d’une politique de mutualisation
alors même que la carte des intercommunalités va subir des modifications (196 communes en
Essonne). Cette question de la gestion concertée du patrimoine naturel est essentielle ? Il s’agit
de voir à l’échelle du département les politiques de préservation des espaces naturels, leurs
succès et leurs limites mais surtout de réfléchir aux outils pour la mise en place d’une vraie
concertation gage du développement local durable.

***
Les PNR périurbains d’Ile de France : vitrine du développement durable ou (et) instruments
de sélection sociale ?

- Didier Desponds, MRTE, université Cergy Pontoise.

Les territoires ruraux proches des grandes agglomérations sont soumis à de multiples pressions
(foncières, paysagères, démographiques…) qui contribuent à les engager dans des dynamiques
très dissemblables de celles observées dans les espaces du « rural profond ». La proximité de
l’agglomération parisienne constitue à cet égard un cas exceptionnel, du fait de la puissance de
cette métropole et des effets qu’elle induit.
La création des PNR, rendue possible depuis la loi de 1967, a conduit les acteurs locaux à
s’organiser pour déterminer un périmètre, définir un projet, élaborer une Charte qui s’impose
ensuite pour une dizaine d’années (avec renouvellement possible) aux communes membres,
comme vis-à-vis de l’extérieur. Si les PNR apparus dans le rural profond ont d’une manière
générale eu comme projet de maintenir des populations et des services, diversifier le tissu
économique, coordonner une stratégie valorisante de communication basée sur le tourisme, les
PNR proches d’une grande agglomération résultent de dynamiques différentes (réaction à la
menace de la pression urbaine, règles limitant la croissance démographique, stricts mécanismes
de protection des paysages…). La région Île-de-France a ainsi vu se structurer aux franges de
l’agglomération, quatre de ces entités territoriales : Vallée de Chevreuse en 1985, Vexin
français en 1995, Gâtinais en 1999, Oise-Pays-de-France en 2004. Le PNR Boucles de la
Marne et de l’Ourcq dont la création fut envisagée en 2003 n’a finalement pas vu le jour. Les
communes rurales franciliennes pourraient ainsi se distinguer en deux catégories selon qu’elles
appartiennent ou non à un PNR. Actuellement, parmi les 771 communes de moins de 2000
habitants en région Île-de-France, 156 (soit 20,2%) appartiennent à des PNR (voir carte ci-
après).
Les récentes modifications des chartes ont vu des communes nouvelles intégrer les périmètres
des PNR, qu’il s’agisse du PNR Haute vallée de Chevreuse ou de celui du Vexin français.
Dans chacun des cas, les chartes des PNR mettent l’accent sur la qualité environnementale, la
protection des paysages et la défense de la ruralité. Derrière ces mots, il ne faut pas exclure
que transparaissent d’autres logiques, davantage basées sur une volonté de l’entre-soi. Les
conflits d’usage entre les nouveaux résidents et les agricultures exploitants tendraient d’ailleurs
à indiquer que la défense de la ruralité pourrait constituer un prétexte davantage qu’un
engagement de fond.
Au final, il s’agit de chercher à mettre en évidence une possible dualisation des espaces ruraux
franciliens selon qu’ils appartiennent ou non à un PNR et à distinguer les évolutions sociales
de ces territoires en regard de ceux qui sont situés au-delà. Les données exploitées pour creuser
ces questions proviendront des recensements (RGP de 1999 et nouveau recensement de 2007),
ainsi que des fichiers Filocom de la DGI. Il sera ainsi possible d’identifier les dynamiques
sociales spécifiques qui affectent ces territoires, sujet d’un non-dit de la part des acteurs
locaux.
***
7

Le maintien des activités agricoles en zone métropolitaine : le cas du triangle vert, du plateau
de Saclay, du triangle de Gonesse. Des bonnes intentions aux conflits sociaux.

- Jean Louis Zentelin, CPN, UIT d’Evry.

Nous restreignons notre approche au cas particulier des espaces sous influence métropolitaine,
en nous limitant à un exemple emblématique : celui de l’Ile de France. Pourquoi
emblématique ? Parce que lois et discours y sont démentis par les observations concrètes.
Les textes, les discours : régionalisation, gouvernance, protection des espaces naturels,
développement durable, démocratie participative, participent des textes gouvernementaux.
LOADT (loi Voynet, 1999), la loi de simplification et de modernisation administrative (loi
Chevènement, 1999) et la loi « Solidarité et Renouvellement Urbain » (loi Gayssot-Besson,
2000). Plus précisément environnementales, loi Barnier de 1995, la Loi sur l’Air et
l’Utilisation Rationnelle de l’Energie (LAURE, 1996), loi portant code de l’environnement
regroupant 7 livres (2000). La loi de 2002 relative à la démocratie de proximité renforce le
rôle de la CNDP, pour établir une « bonne gouvernance » entre les différentes parties prenantes
du débat.
Paradoxalement c’est autour du développement urbain que va se jouer le sort d’un espace
rural particulier, le rural sous forte influence métropolitaine. La controverse portera sur la
contradiction entre deux tendances. La première : porter le flambeau de la métropolisation
dans la compétition internationale, Paris fer de lance de l’économie (Sénat), l’Ile de France
redistributrice à travers l’économie présentielle (administrations, tourisme, retraités…), l’Ile de
France comme un gigantesque bassin d’emploi. L’autre approche, face à la double menace du
pic pétrolier et du dérèglement climatique, celle de la précaution, des villes en transition, de la
permaculture (agriculture économe en énergie), des associations pour le maintien de
l’agriculture paysanne (AMAP), de la promotion des cycles courts et de l’agriculture de
proximité.
En premier lieu nous présenterons un exemple emblématique lui aussi, puisque primé par
l’union européenne : celui du Triangle Vert. Aujourd’hui cette association joue à son tour un
rôle d'expert en milieu périurbain. Le cas du plateau de Saclay est plus ancien. Dès après la
seconde guerre l’Etat y installe le CEA et envisage un avenir européen. Mais progressivement
le plateau passe du statut de désert rural à celui de patrimoine naturel et culturel. La décision
de l’État d’y établir un cluster d’envergure européenne contrevient aux affichages initiaux de
démocratie participative. Enfin l’avènement de la société du Grand Paris reproduit la menace
d’urbanisation de terres agricoles, notamment à travers un des 10 Contrats de Développement
Territoriaux lié à la Société du Grand Paris. Ce contrat menace les terres agricoles du triangle
d e Gonesse.
Tout cela nous amène à ré envisager l’actualité d’une thèse qui suppose une volonté implicite
de manipulation de la gouvernance par les pouvoirs publics (Brenner, 2004). Selon ce dernier
les villes, mais aussi les espaces ruraux qui, à travers la nouvelle procédure des pôles
d'excellence ruraux, s'inscrivent dans le nouveau paradigme de la compétitivité, et « il ne faut
pas y voir de nouvelles formes de politiques publiques un retour de l'État providence, mais
bien un traitement des symptômes, visant à renforcer la compétitivité du pays ». (Landel,
Senil, 2008). En conclusion, nous interrogerons la difficulté de faire émerger en France un
intérêt collectif qui ne soit pas défini que par l’Etat.

***

8
Les conflits d’usages liés à l’eau et au sol dans la plaine de la Mitidja en Algérie

- Fatiha Chikhr Saïdi, chargée d’enseignement, université d’Evry

L’objectif de cette contribution est de montrer les conflits d’usage liés, d’une part à
l’occupation de l’espace et, d’autre part à l’accès aux ressources en eau. Cette étude vise à
mettre en avant les causes structurelles et conjoncturelles qui expliquent les mécanismes
d’évolution des espaces ruraux et périurbains en Algérie.
Notre champ d’étude est la Mitidja, vaste plaine agricole située au centre de l’Algérie et au sud
d’Alger.
Face à une augmentation des besoins en espace et en eau de la capitale, la Mitidja, riche en
cultures céréalières et maraîchères, est en danger. L’occupation de la terre et la demande en
eau évoluent selon les priorités, générant alors de vives tensions. Aussi, la concurrence à
l’accès à l’eau et à la terre conduit les différents acteurs à mettre en avant des stratégies qui
remettent en cause le principe de « bonne gouvernance ». En effet les agriculteurs adoptent
des stratégies individuelles, pour contourner les mesures mises en place par les acteurs publics,
face à la population urbaine qui, elle aussi, élabore ses propres stratégies. Ce qui soulève la
question de la cohérence des politiques publiques en matière hydraulique, urbaine et agricole.
Dans le cadre d’une politique de développement durable, la Mitidja est donc confrontée à de
nombreux défis et enjeux.

Effets des grands projets d’aménagement sur les dynamiques des exploitations agricoles
périurbains

- Christine Leger et Françoise Alavoise Mornas, Cemagref Grenoble

Une dimension centrale à la mise en œuvre de politiques d’aménagement et de projets de
développement économique ou d’infrastructures, est la maîtrise foncière. En effet l’espace est
la première ressource nécessaire à un tel développement. Or l’espace, dans les territoires
périurbains, est concerné par de nombreux enjeux sociaux et environnementaux, et à ce titre est
reconnu comme une ressource épuisable devant être économisée (SDEC, 1999). L’agriculture
notamment, est concernée comme gestionnaire à moindre coût (Bertrand et al. 2006) de ces
espaces porteurs d’aménités environnementales. L’activité – économique –agricole est ainsi
considérée comme centrale dès lors que l’on parle de politique d'aménagement. En revanche
elle est absente des projets de développement économique ou des projets d’infrastructure,
davantage perçue comme une réserve foncière pouvant être mobilisée à n’importe quel
moment. Habituellement la dynamique d’emprise de ces projets sur les espaces agricoles est
traduite en termes de surface artificialisée ou d’impact paysager. Nous proposons dans cet
article de nous intéresser à son impact spatial d’un point de vue social et micro-économique, à
un niveau local. Ainsi, à partir d’une étude empirique fine des logiques foncières des
agriculteurs en contexte périurbain, dans trois territoires rhônalpins qui ont été ou sont
actuellement sous le coup de divers projets d’aménagement, nous donnons des éléments
d’analyse des conséquences sociales et agricoles du climat d’incertitude antérieur à la
réalisation de tels projets.

***

Gouverner les déchets : une affaire urbaine en milieu rural : le cas de l’industrie nucléaire

- Philippe Brunet, CPN, université d’Evry.

Le rapport entre l’urbain et le rural à propos des questions environnementales peut être vu
comme un rapport de dépendance à l’environnement du second à l’égard du premier.
9
La domination de la ville sur la campagne, tant des points de vue économique, politique et
culturel, est constitutive de l’histoire longue des établissements humains. La prise en compte
contemporaine des questions dites environnementales n’y déroge pas. En s’insérant dans ce
principe vraiment durable, le gouvernement des déchets industriels en apporte une preuve,
alors même qu’il se heurte à une contradiction. En effet, dans nos sociétés industrielles, le rural
est associé à certaines qualités que ne possèderait par l’urbain (nature bienveillante, calme,
paysages ordonnés et« verts » etc.) qui conduit, relativement aux nouvelles questions
environnementales, au souci de préservation, de protection. Or, de fait, cet imaginaire est sans
cesse remis en cause par la réalité des rapports de production et de reproduction industriels qui
suppose, largage, stockage ou entreposage, selon les cas, de l’inutile et du consommé. En effet,
dans ce cadre, l’urbain doit nécessairement maintenir et entretenir sa relation de domination
sur le rural par un rapport de dépendance à l’environnement impliquant des servitudes
nouvelles et surtout irréversibles pilotées essentiellement par le monde urbain.
On traitera de cette problématique à partir de l’analyse sociohistorique de l’industrie minière
de l’uranium, maillon essentiel de l’industrie nucléaire et, donc, pour le cas de la France, de sa
production énergétique.

Axe 3
Agriculture durable : comment concilier sécurité alimentaire, préservation des
ressources et savoirs faire locaux ?

Durabilité agricole et devenir : l’exemple singulier des territoires du Nord Beira portugais.

- Christine Roux

La proposition de communication s’articule autour de deux axes de réflexion et repose sur les
concepts de durabilité, d’hystérésis et de gouvernance. La méthode utilisée est démonstrative
(en quoi l’agriculture du Nord Beira portugais répond-elle aux critères de la durabilité) et
interrogative (quels sont les enjeux et le devenir de ce modèle agricole ?).
Il s’agit dans un premier temps de montrer que l’agriculture des territoires du Nord Beira
portugais située entre Viseu et Lamego répond au modèle de développement durable. Dans sa
2dimension environnementale, l’agriculture actuelle de cette micro-région (3000km ) est
marquée, dans ses mutations, par la prise en compte très forte de systèmes traditionnels dans
l’occupation, l’appropriation du sol et les systèmes de production (phénomène d’hystérésis).
Or, les sociétés du Nord Beira ont su capter les bénéfices de la législation européenne
exactement au moment où l’Europe, dans le cadre de la Réforme de la Politique Agricole
Commune en 1992, valorisait et soutenait les produits territorialisés : DOP et IGP. Dans le
domaine économique, l’agriculture des territoires du Nord Beira n’entre que partiellement dans
le modèle de durabilité. Il existe incontestablement une certaine autonomie de l’exploitation
moyenne. Les emprunts y sont extrêmement limités, la dépendance extérieure pour
l’approvisionnement de l’exploitation en produits fertilisants ou en aliments pour bétail y est
très réduite. De même, dans le processus de commercialisation des produits, les acteurs du
Nord Beira (excepté pour les producteurs avicoles) savent jouer de la concurrence et jonglent
entre les différentes offres selon leurs intérêts. Aussi, nombre d’éléments raccrochent l’agriculture du
modèle durable. Avec 19 543 exploitations au dernier recensement de 1999 disponible à l’échelle de
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la freguesia (commune) et des densités de population agricole familiale de 121 individus/km de
SAU, il s’agit de campagnes vivantes.
Il y a néanmoins des bémols importants à cette « position préférentielle » dont sembleraient se
prévaloir les agriculteurs du Nord Beira intégrés dans le modèle durable qui questionnent l’avenir de
l’agriculture de ces territoires. L’absence de transition entre l’agriculture paysanne et l’agriculture de
qualité pose des problèmes importants d’émiettement de la production, d’approvisionnement
discontinu des filières de commercialisation en aval. La situation, due aussi au non passage à un
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