Conférence des médias Swissmem du 15 novembre 2011 à Berne

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Embargo: 15.11.2011, 11h00 Le texte prononcé fait foi. Conférence des médias Swissmem du 15 novembre 2011 à Berne «La situation reste tendue» Exposé de Monsieur Hans Hess, président de Swissmem Mesdames, Messieurs, Le « médecin d'urgence » a stabilisé le patient. Il reste cependant à l'hôpital. C'est ainsi que je perçois la situation de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux.
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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Source : swissmem.ch
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Conférence des médias Swissmem du 15 novembre 2011 à Berne
«La situation reste tendue»
Exposé de Monsieur Hans Hess, président de Swissmem
Mesdames, Messieurs,
Embargo: 15.11.2011, 11h00
Le « médecin d’urgence » a stabilisé le patient. Il reste cependant à l’hôpital.
Le texterononcé fait foi.
C’est ainsi que je perçois la situation de l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux. Je remercie le «médecin d’urgence», c’estàdire la Banque nationale suisse (BNS) de défendre de façon conséquente le cours minimal de CHF 1,20/€ depuis des semaines déjà et d’avoir l’intention de continuer à le faire. Ceci apporte une certaine stabilité et permet de planifier l’avenir.
Par cette mesure, la BNS a légèrement allégé la situation difficile de l’industrie d’exportation. Bien que l’intervention soit survenue un peu tardivement, elle n’est cependant pas trop tardive. La majeure partie des entreprises prend ses décisions budgétaires pour l’exercice suivant et dessine sa stratégie com merciale pour les années à venir entre septembre et décembre. Lorsque en été le cours de change me naçait de sombrer et que l’incertitude de l’industrie d’exportation était énorme, l’introduction de ce cours plancher a permis de respirer quelque peu. Les entreprises savent désormais de nouveau avec quel cours calculer leurs offres et avec quelles prévisions établir le budget 2012. Cependant, il reste un grand nombre d’entreprises obligées d’envisager et de prendre des mesures supplémentaires même avec un cours de CHF 1,20/€. Ceci s’est confirmé une nouvelle fois au cours des dernières semaines.
Pour Swissmem ceci constitue aussi une certaine satisfaction. En effet, il y a environ 18 mois déjà que Swissmem commençait à prévenir des conséquences néfastes de la force du franc. J’ai longtemps eu l’impression que nos avertissements n’étaient pas pris au sérieux. En février dernier, Swissmem publia les résultats d’une enquête effectuée auprès de ses entreprises membres à ce sujet, ce qui alerta les médias et finalement aussi la BNS. J’ai tenu des entretiens intéressants avec la direction de la BNS, ce qui a réconforté mon espoir qu’elle lancerait la bouée de sauvetage en cas d’urgence. Après de longues hésitations, la politique a également reconnu la gravité de la situation. Notre travail de sensibilisation constant a finalement porté ses fruits.
Voici que je m’adresse de nouveau à vous et je vais commenter dans quelques instants les résultats du deuxième volet de l’enquête sur les conséquences de la force du franc effectuée parmi nos entreprises membres. Nous avons réalisé cette enquête dans la période de septembre/octobre 2011, donc environ six mois après la première enquête et une semaine après l’annonce de la BNS de vouloir fixer un cours plancher. 280 entreprises, soit environ 28 % de nos entreprises membres, ont répondu. L’enquête peut de ce fait être considérée comme représentative. Il s’agit toutefois d’une autoévaluation de la part des entreprises concernant les conséquences qu’elles doivent subir en raison du franc fort.
Pour commencer j’aimerais vous rappeler que l’industrie MEM exporte 80 % de ses produits, dont pres que deux tiers vers la zone euro et un peu moins de 20 % vers la zone dollar US. Cela signifie que plus de 80 % des exportations de notre branche dépendent de l’évolution du cours de l’euro et du dollar. Ces faits soulignent l’importance du problème pour l’industrie MEM.
Exposé de Hans Hess du 15.11.2011
Situation aggravée – plus d’un tiers des entreprises opère dans la zone de pertes
Les résultats de l’enquête confirment les craintes que j’avais avancées au cours de l’été. La situation s’est encore aggravée. Finalement, ceci n’est pas surprenant. En effet, au moment de la première en quête, le cours se situait encore à CHF 1,30/€.
Le taux des entreprises «négativement touchées» par la force du franc a désormais passé de 54 à 65%. C’est énorme. Le chiffre suivant me donne encore plus de soucis: entre temps, 36 % des entreprises MEM opèrent dans la zone de pertes. Cela dit, plus d’un tiers des entreprises ne survivent actuellement qu’à l’aide de leurs réserves, ce qui anéantit le capital des propriétaires. Si ces entreprises ne prennent pas de mesures leur permettant de refaire surface, leur existence est menacée. Cela signifie que des milliers d’emplois sont menacés. L’étendue des conséquences n’a pour l’instant pas encore atteint les dimensions que l’on pouvait craindre. Ceci est en grande partie le mérite de la BNS.
Reste à craindre cependant qu’il ne s’agisse que d’une trêve. Nous constatons un nouveau potentiel de pression sur l’industrie d’exportation au niveau de l’évolution conjoncturelle. Le marché européen, le débouché principal de l’industrie MEM, ne va probablement pas enregistrer de croissance en 2012. Cela fait deux trimestres déjà que les entrées de commandes sont en recul dans notre branche. Le chiffre d’affaires ne va par conséquent pas évoluer l’année prochaine, il risque même de diminuer. Ceci va encore plus augmenter la pression sur les marges, pour autant qu’il en existe encore. Les prévisions des entrepreneurs ou des responsables de l’achat en ce qui concerne l’évolution future sont, de manière générale, toujours plus pessimistes. Quoi qu’il en soit, ceci n’est pas très encourageant pour 2012.
Permettezmoi d’éclaircir de plus près certains détails de l’enquête. En comparant les résultats de l’enquête actuelle avec ceux de février, nous constatons qu’au niveau des mesures à court et à moyen termes, les chiffres n’ont pratiquement pas changé. Cela prouve que les entreprises ont reconnu déjà très tôt la gravité de la situation et ont engagé des contremesures. Des mesures adoptées, une seule a visiblement encore plus été exploitée: désormais, 80 % des entreprises s’approvisionnent dans la zone euro, alors qu’elles n’étaient encore « que » 70 % en février.
Si l’on jette un coup d’œil sur les mesures touchant directement les collaborateurs, alors nous consta tons que les entrepreneurs de la branche MEM hésitent encore à les concrétiser. Jusqu’à présent, ils ont en effet encore fortement épargné à leurs collaborateurs des mesures tranchantes. Les affirmations que ce sont principalement les salariés qui doivent subir les conséquences le la force du franc ne sont pas correctes. Deux tiers des entreprises doivent assumer une réduction de leur capital en 2011. Nous constatons pourtant une légère augmentation des chiffres sur les mesures « réductions de salaires » et « versementde salaires en euro». Comparées aux autres mesures entreprises, ces valeurs restent toujours très basses.
Vous allez peutêtre maintenant protester et citer les réponses concernant la mesure «Adaptation du temps de travail». En effet, en comparaison, ces valeurs sont bien plus élevées. Je dois cependant relativiser ce résultat. Depuis la fin de cette enquête, une nette tendance de revirement a eu lieu. En chiffres absolus, jusqu’à présent uniquement 22 entreprises, donc environ 3 % de nos membres liés à la CCT, ont augmenté le temps de travail. Nous savons que certaines entreprises qui n’ont pas signé la CCT ont également augmenté le temps de travail. Dans l’ensemble, il n’est pas question de parler d’un phénomène général comme l’affirment les syndicats. Les demandes d’augmentation du temps de travail ont fortement augmenté depuis septembre. Nous pensons que seulement une petite partie des entrepri ses ayant envisagé cette mesure vont effectivement l’appliquer. De plus, le recul des entrées de com mandes va automatiquement éliminer l’alternative d’une augmentation du temps de travail. Sans com mandes supplémentaires, une augmentation du temps de travail n’a aucun sens. Cependant, une autre mesure va certainement prendre de l’importance au cours des prochains mois et trimestres: le chômage partiel.
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Les pertes sur les marges augmentent
Exposé de Hans Hess du 15.11.2011
Vous pouvez le constater, les entreprises luttent. Elles ont pris un grand nombre de mesures effectives à court et à moyen termes pour faire face aux conséquences négatives de la force du franc. Malheureu sement, ceci ne suffit pas encore pour faire oublier les pertes sur les marges. Au contraire: elles se sont encore aggravées au cours du dernier semestre. Plus de la moitié des entreprises, 53 % plus précisé ment, annoncent un recul des marges de plus de 6 % au niveau EBIT. Les reculs au niveau des com mandes et du chiffre d’affaires ont également augmenté.
Face aux résultats de l’enquête et des données trimestrielles actuelles, j’ai de la peine à rester opti miste. Je conclue que:
cours de CHF 1,20/€ est insuffisant pour de nombreuses entreprises de l’industrie MEM pour sou le lager sensiblement la situation difficile. Par rapport à l’euro, le franc suisse est surévalué de 10 %.
les mesures possibles, effectives à court et à moyen termes, engagées par les entrepri désormais, ses sont épuisées. Elles n’ont pas suffi à endiguer les pertes sur les marges. Le pilier que formait la forte demande au premier semestre risque de se plier, voire de s’écrouler. Si la conjoncture continue à se refroidir et que le franc persiste au niveau actuel, alors les entreprises vont être obligées de prendre des mesures supplémentaires parfois très sévères.
Les conséquences de ces mesures se reflètent dans les résultats de l’enquête. 22 % des entreprises ont déjà transféré leurs activités d’investissement à l’étranger. 33 % prennent en compte la possibilité d’une telle mesure. Le scénario est le même lorsqu’il est question de « Transferts dans la zone euro ». 19 % des entreprises l’ont déjà effectué. 35 % des entreprises l’envisagent. Les augmentations de ces chiffres sont importantes par rapport à février 2011. En fin de compte cela signifie que la Suisse va per dre des capacités de production et des emplois. Les salaires en Suisse sont également toujours plus discutés. Nous pensons que nos entreprises ne vont pouvoir accorder que des augmentations de sa laire trèsmodestes en 2012, et encore si elles en ont les moyens.
Voici un graphique que me laisse extrêmement songeur.
Calculés en euro, les coûts salariaux unitaires ont massivement augmenté en Suisse au cours des trois dernières années. En 2007, ils se trouvaient encore au niveau de l’Allemagne et nettement audessous de l’Italie, de la France, de l’Espagne ou de la Grèce. Désormais, les coûts salariaux unitaires de nos concurrents sont nettement inférieurs. En d’autres termes, la compétitivité de la place industrielle suisse s’est massivement détériorée au cours des trois dernières années. Une étude du « BAK Basel » montre que la productivité n’a pas augmenté de la même manière au cours des dernières années. Globale ment, cette évolution renforce la pression sur l’augmentation de l’efficience, ce qui implique également des transferts dans des pays aux coûts salariaux unitaires moins élevés.
Attentes de Swissmem
Que faire dans une situation pareille? L’enquête le prouve, les entreprises agissent et vont prendre des mesures supplémentaires pour retrouver la compétitivité perdue. Swissmem va les soutenir avec tous ses moyens. Nous attendons de la BNS, du gouvernement suisse et du nouveau parlement qu’ils pren nent les mesures suivantes pour améliorer les conditions cadres de l’industrie d’exportation:
1. Dansle cadre de sa communication, la BNS n’a cessé de signaler que le franc suisse reste suréva lué, même à un cours de CHF 1,20/€ et qu’au besoin elle allait prendre des mesures supplémentai res pour l’affaiblir davantage. Le cours de change doit se rapprocher de la parité du pouvoir d’achat
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Exposé de Hans Hess du 15.11.2011
qui se situe actuellement à environ CHF 1,38/€. Il semble que la valeur de la parité du pouvoir d’achat va diminuer à moyen termes, ce qui améliore la compétitivité de l’industrie d’exportation suisse. Du point de vue de Swissmem cependant, la nécessité d’un affaiblissement du franc suisse à court terme est évidente. C’est cependant à la BNS de décider comment atteindre cet objectif.
2. Lesinnovations restent le moyen le plus efficace pour assurer la compétitivité internationale de l’industrie. Ce constat n’est pas nouveau. Les innovations ne se réalisent cependant pas du jour au lendemain. Aujourd’hui, les entreprises sont confrontées à la difficulté de ne pas pouvoir compter sur un encouragement de la recherche et du développement régulier de la part de la Confédération. Dans les années 2009 et 2010, les moyens accordés par la CTI étaient beaucoup trop insuffisants. C’est ainsi que l’année dernière un nombre important de demandes pour des projets prometteurs fut refusé avec la mention « approuvé sans financement ». En raison du train de mesures de la Confé dération, les moyens accordés sont plutôt trop élevés. Et pourtant ces soutiens financiers sont très convoités et la CTI doit gérer une véritable ruée de demandes pour des projets d’innovation de la part des PME. L’EPF, les instituts de recherche et les hautes écoles s’investissent également forte ment, ce dont nous les remercions sincèrement. Cependant, le Conseil fédéral a décidé de n’accorder ces aides de financement que jusqu’à fin 2011. Cette décision risque d’entraîner une di minution des aides financières en 2012 et dans les années qui suivent. Une telle politique « Stop andgo » est incompréhensible et contreproductive. Depuis des années déjà, Swissmem exige un budget fondamental plus élevé et constant pour la CTI. Il est essentiel que la Confédération accorde dans les années à venir des moyens suffisants pour des projets CTI afin que l’encouragement de l’innovation puisse être efficace à l’avenir encore.
3. Enparlant d’innovation, je suis obligé de souligner une nouvelle fois l’importance de la libre circula tion des personnes. Des innovations ne sont réalisables qu’à l’aide des meilleurs spécialistes à tous les niveaux. Ceuxci manquent à l’industrie. Et cette situation ne va pas changer en cas de crise. A l’avenir non plus, le marché du travail suisse ne sera pas en mesure de résoudre à lui seul ce pro blème. Par conséquent, l’accès aux marchés du travail européens est d’une importance capitale pour l’industrie. Nous nous opposons à tout genre d’expérimentations avec la libre circulation des personnes envisagées par l’UDC et rejetons avec véhémence son initiative « Stopper l’immigration massive ». Là aussi, nous avons besoin du soutien du parlement et de la population.
4. Lesdernières données trimestrielles le prouvent une nouvelle fois. Les marchés de croissance actuels et futurs ne se trouvent pas en Europe. Tandis que les exportations vers l’UE ont diminué de 0,2 % au cours des trois premiers trimestres, l’Asie affiche avec +11,9 % encore une croissance solide. Afin que l’industrie puisse mieux profiter des chances qui s’offrent, la Confédération doit rapidement conclure les accords de libreéchange prévus avec l’Inde, la Chine et autres marchés de croissance. A ce niveau, le Département fédéral de l’économie et le Conseiller fédéral Schneider Ammann fournissent un très bon travail.
5. Comptetenu des coûts salariaux unitaires massivement augmentés en Suisse, j’aimerais une nou velle fois rappeler la gravité de la situation au nouveau parlement. Il a la possibilité de veiller à ce que la charge fiscale, les taxes et contributions soient abaissées, dans l’intérêt de la compétitivité in ternationale de l’industrie suisse d’exportation. Ceci concerne tout particulièrement le secteur éner gétique. Les entrepreneurs font leur devoir – jour après jour! J’invite le parlement à en faire de même.
6. J’aimeraisaussi m’adresser aux partenaires sociaux. Pour sauver les entreprises et donc aussi des emplois en Suisse, les entreprises ont besoin d’une marge de manœuvre. Je demande aux parte naires sociaux de ne pas s’entêter et toujours refuser, mais de soutenir des solutions prometteuses. Les entreprises et les collaborateurs sont tous dans la même barque.
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Mesdames, Messieurs,
Exposé de Hans Hess du 15.11.2011
La situation de l’industrie MEM reste difficile. Les données trimestrielles actuelles, les résultats de notre enquête ainsi que les prévisions des entreprises m’empêchent d’être optimiste. Les données conjonctu relles annoncent un premier semestre 2012 difficile. Et si le cours de change persiste au niveau actuel, les annonces de licenciements et de transferts de production à l’étranger vont augmenter le semestre prochain. Toutes les entreprises ne survivront pas à cette crise.
Mais à moyen terme, le patient va pouvoir quitter l’hôpital. Et encore: le remède de cheval actuel va nous rendre plus performants. L’industrie d’exportation suisse est obligée de s’investir bien plus dans l’efficience et l’innovation que sa concurrence étrangère. Non seulement ceci assure la survie, mais augmente aussi la compétitivité à long terme. Cependant, les prémices en sont des conditionscadres les meilleures possibles. Un jour ou l’autre ces prochaines années le cours du franc suisse va s’adapter à la parité du pouvoir d’achat. C’est alors que nous profiterons d’une avance de 10 % sur notre concur rence. Mais le chemin jusquelà ne va pas se faire sans sueur.
Je vous remercie de votre attention.
Berne, le 15 novembre 2011
Information supplémentaires:
Swissmem Communication Kirchenweg 4 CH8008 Zurich Tél. 044 384 41 11 / fax 044 384 42 42 Email: presse@swissmem
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