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Contribution à l'étude et à la mise en valeur du patrimoine minier de la région des Pays de la Loire Secteur clef de l'économie ligérienne, l'industrie minière marque fortement de son empreinte l'ensemble des départements de la région des Pays de la Loire. A bien des égards, la mine en détermine l'histoire sociale et la physionomie des paysages. Reliant ensemble l'homme à son territoire, elle opère encore comme un puissant marqueur d'identité culturelle.
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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Contribution à l’étude et à la mise en valeur du patrimoine
minier de la région des Pays de la Loire


Secteur clef de l’économie ligérienne, l’industrie minière marque fortement de son
empreinte l’ensemble des départements de la région des Pays de la Loire. A bien des égards, la
mine en détermine l’histoire sociale et la physionomie des paysages. Reliant ensemble
l’homme à son territoire, elle opère encore comme un puissant marqueur d’identité
1culturelle.

Aussi notre étude consiste-t-elle à offrir un panorama de ce patrimoine minier régional ; une
vue d’ensemble permettant d’en saisir la mesure, d’en évaluer l’ancrage, la portée, d’en cerner
les principaux traits afin d’en établir le profil général. L’enjeu étant, une fois aidé de cette
connaissance préalable, d’entreprendre l’étude spécifique de certains sites jugés déterminants
dans la perspective d’une mise en valeur patrimoniale ultérieure.

Ma présente contribution articule ces deux volets : une première partie étant consacrée à
l’analyse de l’inventaire des principales données patrimoniales du secteur minier régional ;
une seconde partie traitant plus spécifiquement d’un des sites majeurs précédemment
2observé – la mine d’étain d’Abbaretz (Loire-Atlantique) .


I – Panorama du patrimoine minier régional

A – L’industrie minière des Pays de la Loire

1) Mine ou carrière ? Une mise au point méthodologique s’impose de prime abord. En
effet, le constat d’un certain confusionnisme entretenu dans l’emploi de chacun de ces termes
oblige à une clarification. Le recensement des sites miniers impose l’établissement d’une
classification et l’adoption d’une terminologie rigoureuse.
Contrairement aux usages, la distinction entre mine et carrière n’est pas le fait du type
d’exploitation (il existe autant de mines à ciel ouvert que de carrières souterraines). Mais il
s’agit là de notions juridiques définies par le Code Minier en fonction du type de substance
extraite.
Est dite mine, toute exploitation reposant sur l’extraction des métaux et hydrocarbures
(combustibles) ; carrière, celle procédant à l’extraction de matériaux de construction – ainsi,
et à proprement parler, La Mine bleue désignant l’ardoisière de Noyant-la-Gravoyère relève
d’un abus de langage (!). Adoptant cette distinction, notre inventaire des sites miniers exclut
volontairement l’ensemble des ardoisières et autres carrières de pierre de notre corpus.



1 L’analyse du patrimoine minier de la région des Pays de la Loire dont je me propose ici l’exposé s’inscrit dans le
cadre d’un programme de recherche et d’étude mené par le Service de l’inventaire du Patrimoine du Conseil
Régional auquel je fus associé en qualité de collaborateur temporaire.
2 Rappelons dans cette introduction que la contrainte de temps imposée à la recherche documentaire ainsi que le
caractère parfois aléatoire des informations recueillies dans le cadre de notre travail de repérage (pré-
inventaire) ne permettent qu’une interprétation provisoire et précaire nécessitant d’être enrichie et affinée par
de nouvelles recherches. 2) L’Etat exerce un contrôle complet sur l’extraction des « matériaux concessibles »
3 4relevant de l’industrie minière. En lien avec le BRGM , la DREAL en assume localement la
charge de la surveillance et de la prévention des risques (tels qu’affaissements,
effondrements, fontis, etc.) pour le compte de l’administration centrale. En Pays de la Loire,
comme partout ailleurs, la DREAL a donc entrepris d’inventorier l’ensemble des sites miniers
de la région dans un tableau régulièrement mis à jour. Exhaustif, leur recensement des
quelques 250 sites constitue le support initial de notre travail.

Tout juste renseignée de quelques informations de nature essentiellement juridique (nom du
propriétaire, nature et validité du titre, date d’octroi et de péremption, etc.), la seule
énumération des sites miniers demeure inexploitable - aucune interprétation satisfaisante ne
pouvant en être tirée.

Il s’impose alors une opération de sélection consistant à ne retenir des sites de notre
inventaire ceux-là seulement qui, au cours de leur histoire, furent l’objet d’une véritable
exploitation (présentant le témoin d’une activité d’extraction réelle telle que donnant lieu à
une concession ou à un permis d’exploitation).

Une fois notre inventaire épuré, il s’agit par la suite d’enrichir notre corpus de
renseignements qualitatifs d’ordre tout à la fois historique (avec le rappel des principales
étapes de l’histoire du site), géographique (lieu-dit, commune, département), iconographique
(carte postale et/ou photographie ancienne et récente) et enfin, patrimoniaux (détails des
vestiges constatés et mis en valeur).


3) En présence d’un corpus ramené à une centaine de sites, nous pouvons dès lors
esquisser les premiers traits du portrait de l’activité minière régionale :

- Quand ?
Elle se situe dans une fourchette large de cent cinquante ans entre la fin du premier tiers du
XIXe siècle et la seconde moitié du siècle passé (une étude plus précise nous permettant
notamment de distinguer une périodisation des exploitations par type de
substances extraites : telle que la précocité et la constance de l’implantation des houillères sur
5le territoire, le caractère tardif et éphémère des sites uranifères et aurifères).

- Qui ?
Si la détermination du nombre de mineurs concernés au cours de cette longue période ne
peut être établi avec précision, une estimation prudente de plusieurs milliers d’ouvriers
6mineurs paraît plausible.
Une quarantaine de sociétés exploitantes se disputent l’ensemble des concessions ; toutes
7n’étant d’ailleurs pas dévolue à l’exploitation de telle ou telle substance particulière.

- Quoi ?
De très nombreux gisements métallifères font la richesse du sous-sol ligérien. Parmi toutes les
substances extraites, retenons principalement la houille, le fer, l’uranium, l’antimoine, l’or et

3 BRGM, Bureau de Recherches Géologiques et Minières (EPIC).
4 DREAL, Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement.
5 La très grande variabilité des durées d’exploitation des sites ne permet pas d’établir une moyenne satisfaisante.
6 La plupart conjugue leur travail à la mine avec une activité agricole de complément.
7 A l’exclusion toutefois de l’exploitation des sites d’uranium par la seule COGEMA. l’étain. L’argent, le plomb, le cuivre, le zinc ou le tungstène, souvent recherchés, ne furent que
très rarement l’objet d’une véritable exploitation - nous en délaisserons ici l’étude.


4) Plusieurs prismes d’analyse sont désormais possibles.
Nous proposons dans cette synthèse d’étudier plus particulièrement l’industrie minière de la
région à partir des sites d’exploitation en focalisant notre attention sur le type de substance
extraite et la géographie de leur implantation.

Quelques projections graphiques nous permettront d’en mieux saisir la réalité :

4% 5%
6%
Houille
Fer 10% 49%
Uranium
Antimoine
26% Or
Etain


De toutes les substances métallifères présentes dans le sous-sol des Pays de la Loire, la
houille, le fer et l’uranium se distinguent nettement :

8- Les Pays de la Loire constituant l’un des principaux bassin houiller du territoire nationale ,
l’extraction du charbon représente à elle seule près de la moitié des sites miniers implantés
dans la région.

- L’importance du secteur métallurgique l’atteste : la forte présence du minerai de fer dans la
région transparaît ici nettement ; les sites d’extraction du fer représentant plus du quart de
notre corpus.

- Enfin, stratégique au développement du nucléaire français, l’extraction de l’uranium
constitue un véritable pôle de l’activité minière régionale.



8 Après le conflit de 1870 et l’annexion de l’Alsace-Lorraine par la Prusse, on cherchera longtemps les possibilités
d’opérer le transfert à l’ouest du principal pôle d’extraction minier français alors sous occupation.
- Pourcentage des sites par départements (toutes substances confondues) :

Sarthe 9%
Mayenne
17%
Vendée 18%
Maine-et-Loire
36%
Loire-
Atlantique 20%




- Répartition des sites par substances extraites et par départements :


Etain
Or
Antimoine
Uranium
Fer
Houille




Egalement présents sur l’ensemble des cinq départements (le Maine-et-Loire et la
Mayenne plus particulièrement), les très nombreux sites d’extraction de houille se
répartissent (selon un axe NO/SE) en trois ensembles homogènes correspondant aux principaux bassins houillers de la région : de Chantonnay à Faymoreau (85) ; de Nort-sur
Erdre (44) à Doué-la-fontaine (49) ; de Saint-Pierre-la-Cour (53) à Asnières-sur-Vègre (72).

La plupart des mines de fer est, elle, assez significativement concentrée sur les départements
du Maine-et-Loire (dans le Segréen notamment) et de Loire-atlantique (le Pays de
Châteaubriant), à l’exclusion de tout autre département.

Les sites d’extraction d’uranium s’égrènent, quant à eux, tout au long d’un gisement qui, selon
un axe NO/SE, s’étend de Piriac-sur-Mer (sur la presqu’Ile Guérandaise - 44) à Treize-Vents
(85) ; la majorité d’entre eux se situant toutefois dans la partie Sud-Est du territoire, à la
jonction des trois départements de Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Vendée.

Observons la proximité géographique des mines d’étain et d’antimoine, respectivement
implantés sur les département de Loire-Atlantique (de Marsac-sur-Don à Abbaretz) et
Vendée ; et soulignons la présence de trois mines d’or (La Lucette à La Genest-Saint-Isle - 53,
Rouez à Rouez-en-Champagne – 72, et La Bellière à Saint-Pierre-Montlimart - 49) qui, pour
n’être pourtant pas nombreuses sur la région, n’en demeurent pas moins, de par leur
importance économique, culturelle et symbolique, parmi les sites miniers les plus
emblématiques des Pays de la Loire.

Notons enfin le déséquilibre constaté dans la distribution géographique des sites miniers
(toutes substances confondues) par départements – la riche dotation du Maine-et-Loire
contrastant ici nettement avec la Sarthe, faiblement pourvue.





B – Quels patrimoines ?

91) L’industrie minière implique la mise en place d’une infrastructure spécifique .
Généralement celle-ci dépend de la catégorie métallogénique, de la nature et du volume du
minerai extrait, de l’importance des effectifs mobilisés, de l’orographie de la région, de
l’époque de construction, etc.
Indépendamment de ces considérants, l’infrastructure de la mine peut être appréhendée au
travers de ses différentes fonctions - principales et secondaires.
Par fonctions principales, comprenons l’infrastructure – fixe (édifices) ou mobile (machines et
appareillages) - directement employée à l’activité d’extraction ainsi qu’au traitement ou au
transport du minerai. Les fonctions secondaires de l’infrastructure minière référent quant à
elles à la ventilation, l’exhaure, la production d’énergie, l’organisation, le stockage, etc. ; soit
toute infrastructure – fixe ou mobile – concourant indirectement à l’économie globale du site
minier.

La majeure partie de l’infrastructure mobile - machines d’extraction, skips, concasseurs,
broyeurs, etc. - ayant disparu (ferraillée après la fermeture du site ou accaparée par des
10collectionneurs privés ), le champ de notre étude patrimoniale sera ici circonscrit au seul
11patrimoine matériel immobilier (l’infrastructure dite fixe) et paysager .


2) La présence de vestiges bâtis ne concerne qu’une partie seulement des sites de notre
corpus. Nous y trouvons toutefois de nombreuses et diverses constructions dans un état
inégal de conservation (faisant parfois l’objet d’une reconversion, plus rarement d’une
restauration, mais le plus souvent laissés à l’état de ruine).
Notons qu’en présence de nombreux bâtiments demeurant encore non identifiés, cette
présentation nécessiterait d’être plus tard enrichie d’une étude documentaire plus
approfondie et couplée à une enquête de terrain minutieuse ; l’approche de l’archéologie
industrielle s’avèrerait ici précieuse.

Des vestiges bâtis liés aux fonctions principales de l’exploitation minière, constatons :

- Plusieurs bâtiments ayant servi d’abris aux machines d’extraction (voir notamment les
sites de Bois I et Bois II sur les communes de Noyant-la-Gravoyère et Nyoiseau) ;

- Quelques laboratoires et autres ateliers directement rattachés à l’usine de traitement
du minerai (le site de La Lucette en conserve un beau spécimen) ;

- De très nombreuses traces d’anciens puits, travers-bancs et descenderies (aujourd’hui
pour la plupart comblés, foudroyés, ennoyés ou recouvert par la végétation) ;

- Quelques chevalements ; certains demeurant en bon état (comme à Montjean-sur-
Loire), d’autres étant partiellement détruits (la tour « Koepe » sur le site de Bois II en
est un bon exemple) ;


9 J’utilise ici les outils d’analyse développés par P-C. Guiollard dans Infrastructures minières : diversité pour une
même fonction (communication au colloque Les paysages de la mine, un patrimoine contesté, Centre Historique
Minier du Nord-Pas de Calais, novembre 2008).
10 Plusieurs ensembles faisant néanmoins l’objet d’une mise en valeur patrimoniale aux Mines de la Brutz.
11 Nous reviendrons plus loin sur la question du patrimoine immatériel. - Enfin, de rares ponts et canaux, directement construits en rapport avec l’exploitation
de la mine à des fins de transport du minerai (c’est notamment le cas du « Pont des
Allemands » à la Ferrière ou du Canal du Layon en Maine-et-Loire).

Des vestiges bâtis liés aux fonctions secondaires de la mine, relevons la présence :

- D’anciennes centrales électriques (reconverties ou à l’abandon), de quelques
cheminées (celles de La Rouxière et de la Bazouge-de-Chemeré sont en bon état) et de
certains châteaux d’eau (toujours debout à Rochetrejoux) - tous liés à la production
d’énergie nécessaire au fonctionnement des équipements de la mine ;

- De nombreuses habitations ouvrières (corons et villages miniers), pour la plupart
toujours investis (telles que la cité Hector Pétin d’Abbaretz ou les maisons de porions
de Saint-Crespin-sur-Moine) ainsi que de belles demeures patronales (châteaux et
bâtisses autrefois habités par le directeur ou le propriétaire de la mine) aujourd’hui
restaurées ou maintenues en très bon état – le Château des Mines de Saint-Georges-sur-
Loire est ici caractéristique ;

- Plusieurs lieux de culte (chapelles des mineurs pour la plupart d’entre eux et quelques
oratoires) dans l’ensemble bien conservés ou ayant fait l’objet d’une restauration à
l’instar de la Chapelle Sainte-Barbe des Mines de Chaudefonds-sur-Layon.


3) Les vestiges paysagers de l’industrie minière régionale présentent un patrimoine d’une
grande diversité ; étrange, insolite et parfois même spectaculaire. Aussi observons-nous :

- De nombreux terrils (crassiers) : la plupart à demi effacés (comme ceux de Saint-
Aubin-Saint-Lambert, à peine visibles sous la végétation) ; certains demeurant toutefois
intacts et culminant à des hauteurs importantes - le terril d’Abbaretz en particulier ;

- Des excavations (dans le cas de mines à ciel ouvert) de toutes dimensions - celle de
Saint-Pierre-la-Cour est exceptionnelle par sa superficie ;

- Des plans d’eau artificiellement créés par l’ennoyage de mines à ciel ouvert - voir
notamment l’étang de La Commanderie à Treize-Vents.


C – Mise en valeur patrimonial

1) Le devenir patrimonial d’un site minier – la mise en valeur de son histoire, de ses
12vestiges bâtis et paysagers – répond de très nombreux considérants :

- Administratifs et légaux :
Considérons principalement la disponibilité des archives du personnel (qu’elles soient
détenues par l’entreprise encore en activité ou par divers autres organismes de gestion), des
archives techniques (sauvegardées par l’entreprise, la DREAL ou le BRGM), et des archives
13sociales (conservées par l’ANGDM ) ainsi que l’ensemble des dispositions de salubrité

12 J’emprunte ici, à nouveau, les catégories d’analyse utilisées par P-C Guiollard dans Conservation et valorisation
du patrimoine minier contemporain : Mines de charbon, d’or et d’uranium en France Métropolitaine, Editions P-C
Guiollard, 2005.
13 ANGDM : Agence Nationale pour la Garantie des Droits des Mineurs. imposant notamment destructions et remblayages aux entreprises - dispositions contribuant
le plus souvent à la destruction de nombreux vestiges en raison des coûts prohibitifs
qu’impliquent leur préservation.

- Economiques :
Capital non négligeable de l’entreprise, désireuse de s’en assurer un certain profit au moment
de la fermeture, le patrimoine immobilier (qu’il s’agisse du logement des employés, des
bâtiments administratifs et techniques) qui n’a pas été détruit fait souvent l’objet d’une
revente pour un réemploi ou une réaffectation.

- Historiques, sociaux et culturels :
Considérons ici l’importance de certains facteurs tels que la nature du minerai extrait, le type
de sociétés exploitantes, le secteur d’implantation géographique ou la durée de l’exploitation,
dans la détermination du destin patrimonial d’un site minier.

- Politiques :
Entendons là le rôle fondamental du secteur associatif dans l’intérêt porté à l’étude et à la
sauvegarde du patrimoine minier, ainsi que celui non moins décisif des élus quant aux
moyens mis à disposition pour en assurer la conservation et la mise en valeur.





2) La mise en valeur du patrimoine de l’industrie minière en Pays de la Loire est
plurielle. Nous en livrons ici une typologie synthétique permettant d’en cerner les traits
14principaux :

14 Précisons que notre synthèse ne porte que sur 40% des sites de notre corpus – aucune information au sujet
d’une quelconque mise en valeur patrimoniale n’ayant pu être établie pour la plupart d’entre eux.
Constatons en premier lieu l’activité de plusieurs associations qui, par la publication de
nombreuses études de cas, l’animation d’un site web, le montage d’expositions ou
l’organisation d’excursions et autres sorties de terrain, s’attachent (expressément ou entre
autres domaines d’interventions) à la défense et à la valorisation d’un patrimoine minier local.
Citons notamment les associations « Sainte-Barbe des mines », « Les chemins crespinois » ou
« La Cicadelle » en Maine-et-Loire ; « Réveil du Patrimoine au pays des deux Lays » et « La
Ferrière Patrimoine » en Vendée ; « Ans Traces Sites » en Sarthe ; ARRA (Association pour la
Recherche de la Région Ancenienne) en Loire-Atlantique.

De même, observons l’existence de plusieurs musées tels que :

- Le Musée mines et minéraux de La Ferme de l’Orme (Blain, Loire-Atlantique) propose
une mise en valeur du monde de la mine (reconstitution d’un site du début du siècle,
exposition d’outils du mineurs, etc.) et du sous-sol des Pays de la Loire (collection de
minéraux, initiation à la minéralogie, etc.).

- Le Centre minier de Faymoreau (Vendée) offre un tour d’horizon sur les cent trente
années d’exploitation du charbon en pays vendéen - musée et expositions, visites d’un
village minier et de la chapelle des mineurs, etc.

- La Maison du mineur et des énergies (Saint-Crespin-sur-Moine, Maine-et-Loire)
qui, implantée sur le carreau de la mine de l’Ecarpière (site d’extraction du minerai
d’uranium), se consacre aux thématiques de « l’énergie et de l’électricité ».

15- Le «parc-musée» des Mines de La Brutz (Teillay, Ille-et-Vilaine) qui, aménagé sur les
sites d’anciennes mines de fer, retrace l’histoire de l’industrie minière du bassin
breton-angevin au XXe siècle - chantiers de réhabilitation, reconstitution de galeries,
présentation de photographies, d’archives, de matériel, etc.

Notons la présence de quelques sites et parcours d’interprétation, pour la plupart issus d’une
collaboration entre associations locales et collectivités territoriales :

- La Route du charbon en Pays d’Ancenis (Loire Atlantique) offre un circuit de tourisme
industriel conçu par l’ARRA et la Communauté de Communes d’Ancenis. Evoquant la
physionomie des chevalements, des bornes (placées à chacune des étapes du circuit,
sept en tout), délivrent de l’information (textes, schémas, photos, etc.) sur l’histoire du
charbon dans la région (fruits de la recherche universitaire, récits, mémoires,
anecdotes, folklores et témoignages).

- Le site d’interprétation d’Epagne à Saint-Maurice-des-Noues (Vendée), mis en place
par l’association Réveil du Patrimoine au pays des deux Lays et le Conseil Général de
Vendée. Autour du chevalement en béton armé (27m), le visiteur découvre la
lampisterie, le vestiaire et le magasin de l’ancien carreau de la mine, aujourd’hui
valorisé par différents supports multimédia (points audio, écran vidéo, etc.).

- Le site des Malécots et la Chapelle Sainte-Barbe-des-Mines (Maine-et-Loire), mis en
valeur par l’Agence de Développement Loire en Layon, l’association Sainte-Barbe-des-
Mines et les communes de Chalonnes-sur-Loire et Chaudefonds-sur-Layon – une

15 Bien que situées administrativement en dehors de la région des Pays de la Loire, les Mines de la Brutz incluent
dans leur « parc » les sites miniers ligériens limitrophes de Soulvache et Rougé (Loire-atlantique). découverte des puits (toujours visibles), du chevalement reconstitué (13m) ainsi que
de la chapelle (XIXe siècle) entièrement restaurée.

Certains sites bénéficient encore d’une protection juridique : que l’on songe ici au
chevalement de Montjean-sur-Loire (Maine-et-Loire) ayant récemment fait l’objet d’un
classement au titre des Monuments Historiques (2004). Construit en pierre sur une hauteur
de 32m en 1874, le chevalement du « puits de la Tranchée » est aujourd'hui considéré comme
l'un des plus importants des treize chevalements de mine de charbon conservés sur le
16territoire national.

Enfin, terminons cet aperçu par la simple évocation de quelques uns des types de
reconversions auxquelles se prête l’infrastructure minière régionale :
Citons notamment les phénomènes de réemploi du bâti dans le cadre d’activités industrielles
nouvelles (c’est le cas de La Lucette notamment) ou de son réaménagement en vue de
nouvelles fonctions (en ateliers d’artistes comme « Central 7 » sur le site de Bois II) ;
l’aménagement de centres de loisirs - publics ou privés (tels qu’observés à Abbaretz ou à
Crossac, etc.) ; ou encore l’installation récente de centrales solaires et autres équipements
photovoltaïque (cela concerne plus particulièrement les mines d’uranium telles que
l’Ecarpière ou La Commanderie, etc.).


3) L’industrie minière en Pays de la Loire ne s’en est allée sans laisser de traces.
Appréciée en termes d’ampleur et de diversité, la grande richesse du patrimoine minier
régional ressort manifestement de ce premier aperçu. Aussi, dépositaire de très nombreux
vestiges auxquels l’étude archéologique et géographique assure de l’importance, la région des
Pays de la Loire trouve ici la marque d’un de ces traits culturels les plus singuliers.

Quelques éléments d’analyse se dégagent à présent de notre panorama :
Notons, en premier lieu, la relative correspondance entre les principales caractéristiques de
l’activité minière régionale et celles des structures de mise en valeur patrimoniale ; soit une
quasi symétrie entre la typologie de l’industrie minière (appréciée en terme de substances
extraites et de géographie d’implantation) et la typologie du patrimoine minier observée (la
prédominance des dispositifs de mise en valeur des sites charbonnier et du département de
Maine-et-Loire se distingue nettement).

Observons de même la relative concordance entre les caractéristiques du patrimoine minier
de la région des Pays de la Loire et celles observées sur l’ensemble du territoire national. A
savoir, là encore, la surreprésentation des houillères (jouissant d’une popularité – culturelle
et symbolique – incomparable) ; le déficit de visibilité des sites uranifères – et ce malgré leur
17riche implantation ; l’avenir encore hypothétique des sites aurifères toujours en attente d’un
réel projet de mise en valeur.

Rappelons enfin toute l’importance respective du rôle des associations – attachées à la
défense d’un patrimoine minier local encore déconsidéré ou trop marginal, elles demeurent
bien souvent à l’origine de la redécouverte et du regain d’intérêt porté à cette histoire – et de
la volonté politique des élus en terme de mise en valeur patrimoniale.


16 Le site propose aussi la visite de l’ancien local de la machine à vapeur ainsi que le logement du mécanicien.
17 A noter toutefois ici le caractère inédit des entreprises patrimoniales de l’exploitation du minerai d’uranium
telles que « La Maison du Mineur et des énergies » de Saint-Crespin-sur-Moine ou « Collecte de la mémoire orale »
menée par la Communauté de communes de Moines et Sèvre.

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