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AvAnt,je pensAis quil pArlAit tout seul Une exposition edetVJ:   inady-al UGca sVnodlaterna, GisèleVienne e du 14 janvier au 11 février 2012
        
Alison Moffett,Quarantine II, 2008 Graphite sur papier, 225 x 280 cm
UNE EXPOSITION A VISITER AVEC VOS CLASSES ET VOS GROUPES JUSQU’AU 11 FEVRIER 2012
L’expositionAvant, je pensais qu’il parlait tout seulprésentée au centre d’art, s’inscrit dans le cadre du festival Collection d’hiver au Parvis lequel, cette année, donne la parole aux artistes femmes, qu’elles créent pour le théâtre, la danse, le cinéma ou dans le domaine des arts plastiques. Au centre d’art, nous rencontrons Gisle Vienne, que l’on a plus l’habitude de croiser sur les plateaux de théâtre puisqu’elle est metteur en scne et chorégraphe. Elle a imaginé pour le centre d’art une installation conçue comme une pice de théâtre, avec des personnages et une dramaturgie liés  l’univers des spectres et des maisons hantées ! Gisle Vienne a invité deux autres artistes plasticiens, dont les univers sont trs proches du sien,  jouer avec elle dans cet espace théâtralisé. Il s’agit de Vidya Gastalon qui a réalisé des peintures et des sculptures  la fois organiques, vénimeux et hallucinognes , et de JeanLuc Verna qui propose des portraits fantômes. Nous sommes donc ici  la croisée des chemins, dans une création assurément transdiscilplinaire qui combine  la fois les jeux scéniques et les arts plastiques.
Le Service des publics vous pésente ce dossier comme une aide possible pour préparer votre visite scolaire, ainsi que des pistes pédagogiques ciblées en relation avec l’exposition  explorer en classe. Les visites que nous vous proposons avec vos classes et vos groupes, les ateliers, les différents workshops et rencontres sont autant d’entrées possibles pour une approche sensible et créative des oeuvres présentées dans l’ exposition. Retrouvez le programme détaillé des activités organisées autour de l’ exposition en dernire partie de ce dossier. La visite et son atelier de création, ainsi que les différents événements liés  l’expositionAvant, je pensais qu’il parlait tout seulsont gratuits et s’adaptent  tous les niveaux scolairesà partir du cycle 3.
Rservation obligatoire au : 05 62 90 60 82 centredart@parvis.net
SOMMAIRE
1re partie : 4Prsentation de l’exposition p.   5 p.> Les artistes et les oeuvres  > L’installation «habitée» de Gisle Vienne p. 6   p.> Les oeuvres visionnaires de Vidya Gastaldon 8  > Les portraits fantômes de JeanLuc Verna p.11                                                                                                    2me partie : En classe, prparer et approfondir la visite de l’exposition  > Apparitions  > Petite iconographie des apparitions  > Comment figurer une apparition ?       > Dans les programmes scolaires  > La Renaissance : figurer l’invisible au coeur du visible  > XIXe sicle : le sommeil de la raison  > XIXe sicle : apparition et synchrétisme  > XXe sicle : absolu et abstraction  > XXe sicle : faire apparaître l’inconscient   
3me partie : propossVisites et ateliers autour de l’exposition  > Activités autour de l’exposition  pour les scolaires  > Les événements autour de l’exposition  pour les scolaires  > Activités pour le horstemps scolaire
          
    
p. 14 p. 15 p. 16 p. 16 p. 16 p. 17 p. 18 p. 18 p. 19 p. 20
p. 21 p. 22 p. 23 p. 24
Contacts :................................................................................................................................      p. 25                                                                                                                                                               
1re partie :
Prsentation de l’exposition Avant, je pensais qu’il parlait tout seul
JeanLuc Verna, SuzanneJanet Prault, black widow, 2011. Transfert sur panneau de bois circulaire rehauss de pierre noire, crayon de couleur noir, voiles de coton et de soie, plumes de coq, de dinde et d’autruche. Crdit Photo : Marc Dommage. c l’artiste et galerie Air de Paris, Paris 
Les artistes et les oeuvres L’espace d’exposition est un lieu contrast Conçue comme une pice de théâtre, l’exposition du Parvis mêle deux vocabulaires artistiques : celui des arts plastiques (dessins, peintures, sculptures et installation) et celui des arts de la scne (scénographie théâtrale, mise en lumire et espace sonore, avec deux personnages servant un texte). Les oeuvres des trois artistes Gisle Vienne, Vidya Gastaldon et JeanLuc Verna dialoguent dans un espace contrasté  la fois inquiétant et doux, étrange et familier, sombre et lumineux. Les productions de chaque artiste sont de facture différentes les unes des autres : dessins académiques de Jean Luc Verna, peintures et sculptures organiques ou géométriques de Vidya Gastaldon, installation scénique avec un automate de Gisle Vienne. Les artistes occupent chacun une partie de l’espace : les oeuvres de JeanLuc Verna et de Vidya Gastaldon se voient d’emblée lorsque l’on entre dans l’exposition, alors que l’installation de Gisle Vienne se découvre seulement au fond de l’espace d’exposition. On pourrait même dire que les oeuvres sont mises en tension les unes par rapport aux autres. En même temps, elles sont animées d’un même esprit de création, car les oeuvres présentées dans l’exposition tiennent  la fois du surgissement et de l’incarnation.
Le centre d’art est une maison hante On a souvent comparé le centre d’art du Parvis  une grotte dont il peut en effet soutenir la symbolique, en tant que lieu où prennent forme des images et des rituels, en plus de certaines similitudes spaciales (lieu résiduel, caché et difficile d’accés  voir dossier pédagogique de l’expositionArchivisions 2 quand l’oeuvre a lieu). Comme la grotte, la maison hantée est assimilée  un réceptacle d’énergie où se jouent des opérations magiques, des phénomnes surnaturels. Dans l’exposition, les artistes font appel  l’univers des fantômes, des esprits,  ce qui prend corps et  ce qui se désincarne,  ce qui apparaît et  ce qui s’efface,  ce que l’on voit et  ce qui se cache derrire les apparences...
L’exposition est une pice de thâtre Comme dans une pice de théâtre, tout est mis en oeuvre dans l’exposition pour nous donner l’impression que l’on entre dans un lieu «autre», comme un rêve ou une vision. L’espace ainsi scénographié contraste fortement avec le supermarché, c’estdire le réel qui nous entoure. La lumire crépusculaire de l ‘exposition, entre blanc et bleu, le dispute aux murs peints en noir créant une ambiance entre jour et nuit. Les sons et les voix, émanant de l’installation théâtralisée de Gisle Vienne au fond du centre d’art, emplissent tout l’espace et transforment la perception que l’on a du lieu.
Vue gnrale de l’expositionAvant, je pensais qu’il parlait tout seul
L’installation habite de Gisle Vienne :Last spring : a prequel
Située derrire un mur au fond de la salle d’exposition, l’installation de Gisle Vienne se découvre par surprise, comme un surgissement. Même si on ne la voit pas d’emblée, l’installation donne pourtant le ton  l’ensemble de l’exposition : les tonalités froides de l’éclairage diffus, l’amplitude sonore de la bande son qui accompagne ce que l’on voit s’emparent de la totalité de l’espace. On découvre ici une scne, comme un grand plateau de théâtre, sur lequel est placé un personnage, un adolescent qui hape le spectateur avec son récit étrange. On se rend vite compte qu’il s’agit d’un automate. Cependant, la relation réalité/fiction fonctionne ici  merveille : on ne peut détacher notre regard de ce personnage pas tout  fait vivant. C’est aussi pourquoi cet adolescent habillé comme n’importe quel enfant de son âge nous fascine tant on ne sait plus distinguer le réel de l’artifice, d’autant plus que ce personnage respire, gligne des yeux et... nous parle !
Gisle Vienne est née en 1974. Elle vite et travaille  Grenoble et Paris.
Vue partielle de l’installation de Gisle Vienne,Last spring : a prequel, 2012
Dans ses créations, Gisle Vienne mêle théâtre, danse, art de la marionnette et arts plastiques. Elle investit aussi bien les espaces d’exposition que les plateaux de théâtres. L’artiste crée des spectacles et des installations déroutants où le fantasme se mêle  la réalité. Comme ici avecLast spring : prequel. a
Un texte crit par Dennis Cooper Dennis Cooper est un auteur subversif américain qui brouille les pistes de la narration dans ses oeuvres poétiques ou romanesques avec l’intervention de doubles fictifs du ou des personnages, accentuant ainsi le brouillage entre la fiction et la réalité. Au Parvis, le texte est écrit pour l’automate et sa marionnette  gaine, qui sont tous deux les interprtes de la pice mise en scne par Gisle Vienne. Le texte raconte l’histoire d’un jeune garçon pris au pige d’une maison qui se referme sur lui, jusqu’ faire corps avec lui. La marionnette qu’il manipulait devient peu  peu maître de son corp, maître de son esprit et maître des lieux. Les deux personnages s’adressent aux spectateurs  tour de rôle, ils n’entretiennent pas de dialogue ce qui rajoute  l’atmosphre inquiétante et schizophrénique de la scne qui se joue devant nous. «Last spring : a prequel» signifie littéralement le printemps dernier : épisode précédent. Nous nous trouvonsnous mêmes, en tant que spectateurs,  l’intérieur d’une histoire au long cours. On peut aussi traduire le titre par «le dernier saut».
Une installation conçue comme une maison hante Derrire l’automate, on peut voir des dessins énigmatiques sur le mur, sorte de combinaisons ésotériques tracées aux crayons de couleur. Il s’agit de plans d’architecture dessinés de manire obsessionnelle et qui rappellent un jeu. Cette grande fresque dévoile l’architecture du lieu dont l’automate se dit prisonnier et qu’il faut rapprocher de la structure même du texte qu’il interprte : le personnage est en fait piégé dans son propre dialogue. Ces dessins sont les plans d’une maison composée de plus d’une centaine de pices. Gisle Vienne fait ici référence  la maison fantasmagorique de Sarah Winchester veuve de l’inventeur de la célbre carabine et construite selon les injonctions que lui livraient dans son sommeil, les âmes des victimes de l’arme  feu. Cette maison irréelle a été batie en 1884 en Californie en dehors de toute logique d’échelle et d’espace. Ainsi ce sont quelques 160 pices munies de fenêtres ouvertes dans le sol, de portes qui donnent dans le vide, et d’escaliers qui ne mnent nulle part qui confrent  cette maison toute sa démesure et son étrangeté !
Les dessins au mur (détail)
Une maison hante pense comme une partition musicale Les dessins des plans des centaines de pices de la maison hantée qui emprisonne le personnage de l’installation de Gisle Vienne peuvent faire penser  la topographie de celles de la maison de Sarah Winchester, tant ils paraissent complexes et absurdes. Chacun de ces plans est le résultat d’une association combinatoire réalisée par le musicien Stephen O’Malley  partir d’un protocole simple basé sur le lancé de dés dans l’esprit de composition aléatoire de John Cage (19121992) compositeur de génie dont les sources d’inspiration sont aussi bien  chercher du côté de l’histoire des pratiques musicales que de celles des arts plastiques, de l’architecture, de la danse, du théâtre, de la poésie, de la philosophie bouddhiste ou de la mycologie et qui déclarait : « Le son n’existe pas en soi, il jaillit plutôt  chaque fois ». C’est bien de ce jaillissement dont se sert Stephen O’Malley pour écrire cette partition architecturale sur le mur de la salle d’exposition. Stephen O’malley est le fondateur du groupe Sunn O))) marqué par le style «drone doom» qui utilise la technique musicale du bourdon pour créer des atmosphres basées sur la notion de vide.
L’automate et la marionnette : les esprits du lieu Dans l’installation de Gisle Vienne, le personnage de l’adolescent et un automate qui manipule une marionnette gaine. En fait, on découvre que c’est la petite marionnette qui manipule l’automate. L’automate et la marionnette jouent sur l’ambiguïté entre le vivant ou l’inanimé. L’automate, ébauche ou transfiguration mécaniste de la vie, ou caricature du vivant, auxilliaire de la magie et chargé de merveilleux fascine les foules depuis l’Antiquité. L’automate fait partie intégrante de la tradition des arts de la scne et du cinéma comme par exemple dans le film de Renoir laRègle du jeuou dansThe Band Wagonde Vicente Minelli, et encore dans des films fantastiques ou de sciencefiction où il est un personnage de l’action dont le statut et ambigu,  la fois machine et acteur. Au théâtre, certaines oeuvres ont pu mettre en scne des comédiens ou danseurs imitant des automates, comme l’opéra de
Maurice RavelL’enfant et les sortilègesqui met en scne tout un peuple d’automates incarnés. L’attraction séculaire exercée par les automates ne s’explique pas seulement par l’émerveillement qu’ils provoquent. L’automate attire par son ambiguïté même qui joue sur les oppositions du vrai et du faux, du vivant et du nonvivant, du naturel et du surnaturel et, plus encore, du naturel et de l’artificiel entre lesquels on hésite. Le besoin de créer des simulacres a toujours été lié  l’art et le désir d’animer la statue (on peut alors se référer  Pygmalion). L’automate est un objet d’illusion et c’est en ce sens que Gisle Vienne l’utilise et le met en scne ici. Il répond au désir de croire au merveilleux,  l’obscur besoin d’être trompé. Le mouvement et la répétition de ce mouvement, son caractre saccadé, sont troublants et attirants : on peut se rendre compte de l’attraction exercée pendant les fêtes de fin d’année par les vitrines animées des grands magasins. L’automate est inquiétant aussi, il ne paraît ne devoir jamais s’arrêter, il peut se détraquer : nous sommes devant lui comme l’apprentisorcier qui ignore le maîtremot.
Les oeuvres visionnaires de Vidya Gastaldon
L’art de Vidya Gastaldon mêle dessin, artisanat populaire, art minimal, vocabulaire scientifique, formes géométriques et références mystiques. Elle réalise des dessins, des peintures et des sculptures, des oeuvres qui semblent être le produit d’hallucinations et qui prolifrent dans les lieux où elle expose comme au Parvis où elles se répartissent sur les murs, au sol ou en suspension  l’entrée de la salle. Chaque image, chaque forme que Vidya Gastaldon met en oeuvre est avant tout considérée pour sa valeur d’usage, sa capacité  transformer le quotidien,  participer  l’élaboration d’une vision qui, bien que cryptée, se veut radieuse et bienfaisante. C’est en cela que son œuvre peutêtre considérée comme « psychédélique ». Apparu au début des années 1960, le psychédélisme fut un gigantesque mouvement populaire de démocratisation de savoirs sacrés (venus d’Orient), scientifiques (l’acide lysergique diéthylamide), et avantgardistes (le Surréalisme européen). Cette conception émancipatrice et domestique de l’art, son apprentissage via la maîtrise progressive de techniques artisanales aussi déconsidérées qu’ardues, est au cœur de la pratique de Vidya Gastaldon, dont chaque sculpture demande des centaines d’heures de tricot et de broderie, et dont les peintures sont réalisées dans un état quasi hypnothique.
Vidya Gastaldon est née en 1974. Elle evit et travaille  Genve.
Vue partielle des oeuvres de Vidya Gastaldon au Parvis. Au premier plan lesTétraèdes Advaita, 2007
Des apparitions Les oeuvres picturales de Vidya Gastaldon jouent sur le principe de l’apparition. Dans ses tableaux, elle surperpose différents lieux, milieux et motifs qui finissent, en se mélangeant, par révéler au spectateur une infinité de ramifications et de monstres hybrides. C’est un moteur fondamental de son oeuvre, hérité de la philosphie orientale, qui induit l’importance de l’instantané, ce moment où la forme apparaît. La création et la réception de ses dessins intgrent une dimension magique et aussi psychologique, ses oeuvres fonctionnent comme des tests projectifs pour ellemême comme pour le spectateur.
Smile lesson, 2011. Aquarelle, crayon de couleur, gouache, mine de plomb
Par exemple, dansSmile lessonau Parvis (et reproduit cidessus) on peut voir une infinité de motifsprésenté nous apparaître, lorsqu’on regarde bien l’oeuvre, dans un paysage tourmenté. Les mondes marins et terrestres fusionnent et inventent une nouvelle biosphre ou gueule de dragon, paysage montagneux, ciel nuageux, vague impétieuses, plumes duveteuses, comte fulgurantes, monstre liquide, oeil de tigre, aube crépusculaire et organes fumants se démêlent tour  tour dans un grand corps commun. Un art divinatoire Vidya Gastaldon utilise l’aquarelle pour son potentiel de hasard et d’accident. Ce médium, difficilement contrôlable (taches, traces de doigts…), que l’artiste laisse libre d’évoluer, est  même, selon elle, de «dire» quelque chose : « C’est comme une forme de divination, au lieu de lire dans la fumée ou le marc de café, on lit dans les formes et les tracés. Je dis ON car il y a moi et celui qui verra le dessin ! J’ai parfois l’impression d’être passive et non créative, je me sens littéralement en train d’obéir  la matire. Mon travail est alors de rendre visible  travers un soulignement minutieux des entités cachées, des esprits/figures/formes, des volontés propres. Un vaste écosystme d’esprits, les uns grimaçants, agonisants, les autres souriants ou endormis. « Ils » ordonnent, j’exécute comme un zombie possédé. Je suis comme l’outil d’une forme de volonté, mais savoir si elle est extérieureintérieure ou supérieure inférieure reste une question en suspens. On trouve des références sur la croyance en ces esprits dans beaucoup de cultures.»
Un art sotrique Est ésotérique ce qui vient de l’intérieur. L’enseignement ésotérique ne consiste pas en la transmission d’un savoir, mais conduit  une connaissance intérieure, cachée, qui se révle par les textes et les rites sacrés. Incommunicable au moyen d’un langage discursif, l’enseignement ésotérique ne peut se transmettre que par des symboles, des mythes, des paraboles, des images ou des actes rituels. Dans l’exposition au Parvis, Vidya Gastaldon se sert de la figure géométrique du triangle avec lesTétraèdes AdvaitaetFloating mountain. LesTétraèdesjouent sur les codes combinatoires des chiffres, ainsi un volume triangulaire compte bien quatre surfaces et s’apparente au tétraktys, série des quatre premiers nombres dont la somme est égale  dix. Sa pyramide récle, suivant la symbolique pythagoricienne, l’ensemble des connaissances : de la forme créée (base  Terre) on parvient  l’esprit créateur (pointe  Ciel).
Floating Mountain 3 (Mt. Hasho), 2006. Laine et fil de fer, 300 x 215 cm
A l’entrée de la salle d’exposition, Vidya gastaldon a installé son oeuvreFloating Mountain 3 (Mt. Hasho)qui apparait littéralement tel un fantôme, s’extrayant de la lumire froide et bleutée qui baigne l’ensemble de l’exposition. Montagne magique, organisme vivant éthéré éctoplasme, la forme réalisée en fils de laine noirs et blancs évolue au gré du passage des visiteurs. L’allusion au Mont Hasho a un sens caché, puisque cette montagne n’existe pas réellement : il faut y voir une référence auMont Analoguedu pote René Daumal pour qui l’ascension est évidemment de nature spirituelle, l’élévation est un progrs vers la connaissance. Quant au nom de cette montagne, il fait référence au mot «ashes» en anglais, les cendres en français. Valeur résiduelle par excellence, la cendre est ce qui reste aprs l’extinction du feu et désigne ainsi symboliquement le cadavre, le résidu du corps aprs que s’y est éteint le feu de la vie. Mais tout ce qui est associé  la mort relve aussi du symbolisme de l’éternel retour. C’est pourquoi la cendre est associée au principe yang, donc au soleil,  l’or et au feu. Ce qui explique pourquoi dans de nombreux rituels religieux les prêtres répandent de la cendre au sommet des montagnes.
Une histoire de Sarah Winchester Sur les murs, une série d’aquarelles s’inspire en partie de la maison hantée et de la vie de Sarah Winchester. Ces petits tableaux, drôles et exotiques (petit démon cornu sortant de la théire de Sarah, vaisselle volant, dans une danse endiablée, autour de la maison, Sarah prisonnire d’une maison devenue niche, l’incroyable construction de Sarah sorte d’attraction de Walt Disney...) sont associés aux autres représentations de paysages de Vidya Gastaldon. Ensemble, ils provoquent des associations d’images et d’idées créant des petites histoires, sorte de fables ou de contes. On peut ainsi découvrir les peintures de Vidya Gastaldon au Parvis comme on feuilleterait les pages d’un livre illustré.
Les portraits fantômes de JeanLuc Verna JeanLuc Verna est un artiste aux multiples facettes. Son œuvre trouve tour  tour des terrains d’expression dans le dessin, le cinéma, la musique, la photographie ou sur sa propre peau (tatouages, piercings…), sans qu’aucune forme d’expression ne soit indissociable des autres. Chaque image de son œuvre est une réaffirmation de sa propre existence et de sa propre artificialité qui font de luimême son propre instrument. Le dessin est la colonne vertébrale de son travail, et passe, sans distinction, du mur au corps et inversement. JeanLuc Verna sculpte son corps, le tatoue et le met en scne, manipulant la question de l’identité et mélangeant les genres sexuels et culturels. C’est ainsi qu’il a été acteur dans le spectacle de Gisle VienneI Apologizeen 2004 créé d’aprs un texte de Dennis Cooper. Son oeuvre est truffée de figures féeriques et fantomatiques, de sirnes, de centaures, de créatures hybrides, de fées squelettiques et de stars déchues comme Siouxsie Sioux, exégérie punk, son idole, sa muse, qui tient dans son œuvre une place unique et que l’on retrouve bien sûr dans l’exposition dans plusieurs portraits qui tiennent autant de l’icone, du portrait mortuaire, du suaire, que de l’apparition miraculeuse. JeanLuc Verna est né en 1966. Il vit et travaille  Paris.
Les dessins de JeanLuc Verna dans l’exposition au Parvis