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Département de sociologie Gilles Gagné Faculté des sciences sociales Bureau 3473 Université Laval Tél : 656-2131 (2226) Automne 2010 Soc-3002 Épistémologie et sociologie PRÉSENTATION Au sens large, l'épistémologie est le champ problématique qui s'est formé à la rencontre des différentes modalités de la réflexion portant sur le problème de la connaissance. Au sens étroit, le plus fréquent au XXe siècle, « une » épistémologie est une théorie de la connaissance scientifique, c'est-à-dire un exposé de ce qui la distingue des autres formes de la connaissance et qui en fait la valeur.
  • transformations de l'arbre en question
  • projet de la connaissance
  • inachèvement
  • caractères extérieurs de la connaissance empirique
  • visée opératoire
  • conception scientifique du monde
  • crise des sciences sociales
  • autonomie
Publié le : mardi 27 mars 2012
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Source : fss.ulaval.ca
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Département de sociologieGilles Gagné Faculté des sciences socialesBureau 3473 Université LavalTél : 6562131 (2226) Automne 2010 gilles.gagne@soc.ulaval.ca Soc3002 Épistémologie et sociologiePRÉSENTATION Au sens large, l’épistémologie est le champ problématique qui s’est formé à la rencontre des différentes modalités de la réflexion portant sur le problème de la connaissance. Au sens étroit, le plus fréquent au XXe siècle, «une »épistémologie est une théorie de la connaissance scientifique, c’estàdire un exposé de ce qui la distingue des autres formes de la connaissance et qui en fait la valeur. Un tel exposé, qui fait sien la visée de la science, voudra mettre en lumière ses conditions de possibilité, un enquête qui tendra alors à se déployer entre deux bornes : en s’interrogeant sur la forme générale de cette pratique – l’autonomie de la visée de connaissance – on ira vers les conditions sociales et historiques de cette autonomie, jamais vraiment assurée; et en s’interrogeant sur ses contenus matériels – les opérations cognitives et leurs objets – on ira vers les conditions psychologiques (et méthodologiques) de la cognition. Dans les cas extrêmes, la société sera posée comme un cadre dont la science doit s’extraire et l’entendement naturel sera désigné comme un biais qu’il lui appartient de redresser. Une fois engagée sur cette voie, ou sur les deux à la fois, l’épistémologie deviendra l’idéologie de la science, et plus exactement l’idéologie de son aspiration à tenir dans le vide, une fonction qui vouera ses praticiens à l’épuisement professionnel et qui les poussera finalement à clamer l’inexistence de la science après s’être appuyés sur elle pour démasquer la vanité de tout le reste.  Cequi me semble ainsi former le chemin «critique » (commedans «masse critique »)du projet épistémologique depuis un siècle est cependant loin d’en contenir
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toute la matière. Ce sera le premier but du cours que de s’en assurer. La connaissance reste pour la sociologie une pratique comme les autres parce qu’elle dépend de régulations objectives réflexivement saisissables. Dès sa naissance officielle chez Comte la sociologie a été amenée à partager avec la philosophie le problème de la connaissance pour en faire la modalité essentielle de la réalité sociale et pour s’établir ellemême comme connaissance scientifique des formes antérieures de la connaissance. Cette entreprise, qui devait commencer par faire l’impasse sur la providentielle « maturité de la raison »qui la rendait possible, fut ensuite emportée dans une cascade de doutes par l’inachèvement du projet reconstructif des Lumières, inachèvement devenu patent au tournant du XXe siècle. Si la mort de Dieu n’a pas alors entraîné celle de la science, c’est que le siècle américain avait déjà entrepris de subordonner avec souplesse la visée contemplative de la science moderne à la visée opératoire de ses organisations, proposant ainsi à la «connaissance valable» de nouvelles fondations, lui assurant de nouvelles certitudes, lui laissant entrevoir de nouveaux triomphes, prolongeant le nomdela science dans une utilité effective, efficace et efficiente, sonnante et trébuchante. C’est sur cette base que l’on verra, par exemple, renaître une épistémologie autour des machines à connaître, des machines à apprendre, des machines à découvrir et des machines à penser, autant de capacités cognitives dont l’homme semblait avoir été le simple précurseur avant d’en devenir le brave « constructeur ». La résolution de problèmes, la reconnaissance des formes, l’invention de schèmes cognitifs, tout un vocabulaire de la « cognition » fut alors transférer des hommes aux choses avant de leur être appliqué en retour par la pédagogie « scientifique ».Et ainsi de suite: les ruisseaux de «la »recherche coulent maintenant vers leur source en toute eschérienne tranquillité.  Cecours n’a pas d’abord pour but d’emprunter la voie de l’épistémologie afin de définir par son moyen le statut de la sociologie dans l’arbre de la connaissance. Notre intention est plutôt de comprendre les transformations de l’arbre en question en les situant dans le cadre plus général de la mutation postmoderne. Bien que ces deux démarches soient impossibles « à la limite », elles ne sont cependant pas équivalentes, ni dans leur mise en œuvre, ni dans leur manière d’assumer la contradiction qu’elles portent. Ainsi, l’extériorité, l’indépendance et l’autonomie qui semblent nécessaires à notre
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propre entreprise pourront être « empruntées » aux pratiques mêmes qui, dans la société, s’appliquent à transformerla société (ou qui ont pour effet de la destituer): tant qu’il existe une hiérarchie des capacités d’action sur les pratiques sociales, en effet, et que s’y reproduisent des rapports de domination qui transforment la société, il reste possible aussi de placer son propre regard à ce point de vue objectif et de comprendre l’orientation générale de la transition postmoderne (où nous voulons situer les pratiques de la connaissance). Réfléchir d’abord depuis cette modalité ontologique du rapport d’objectivation qu’est le rapport à soi de la société n’est pas la voie royale de l’épistémologie, loin de là: mais cela permet d’assumer d’entrée de jeu le projet de la connaissance en le pratiquant et de comprendre les limites de ses visées positives depuis l’intérieur. PLAN DES EXPOSÉS ET DES LECTURES « Plaidoyer pour la sociologie 30 Situationde la sociologie : misères de la quête de à l’intention des débutants », août science Gilles Gagné 6 Fêtedu travail sept. « La sociologie (malgré 13 Lesconditions de la science moderne et de la tout) », Gilles Gagné sept. redécouvertede l’antiquité Le berceau universitaire. Une deuxième institutionnalisation : Académies de la Renaissance et sociétés savantes. La Révolution copernicienne. Les autres révolutions. La différenciation des domaines de la pratique. « La crise des sciences 20 Lescaractères extérieurs de la connaissance sociales », Michel Freitag, p. sept. empiriquemoderne 1à 20 Mathématique, expérience, théorie Dialectique et société, Michel 27 Unegénéralisation à rebours: la théorie Freitag, p. 183 à 205. sept. freitagiennede la pratique a) Le rapport d’objet Dialectique et société, Michel 4 oct.b) Les modalités ontologiques du rapport d’objet Freitag, p. 127 à 165.
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11 Congéuniversitaire oct. Discours sur l’esprit positif, 18 Origineset développement de la crise Auguste Comte, « Loi de oct. épistémologiqueau XXe siècle l’évolution intellectuelle de a) Hume et le problème de l’induction l’Humanité », p. 39 à 79. b) Les jugements synthétiques c) Le positivisme de Comte et le premier rejet de la « métaphysique » d) La méthode expérimentale pour les nuls… e) …et les querelles de méthode pour les autres 25 Semainede lecture oct. « La conception scientifique 1f) « Il n’y a pas de jugement synthétique »; Le du monde »,Manifestes du nov.positivisme logique et le mouvement pour l’unité de cercle de Vienne, p. 108129. la science « De la liberté de pensée et de 8g) La solution poppérienne d’une science sans discussion », J. S. Mills,De nov.fondement la liberté, p. 83 à 143. La formation de l’esprit 15h) La sociologie de la science de Kuhn scientifique, Gaston nov. Bachelard, p. 13 à 28. « La crise des sciences 22i) La description de la signification; de la sociales », Michel Freitag, p. nov.phénoménologie à la cybernétique. 21 à 40« L’invention de la réalité », 29j) Luhmann : operationnal closure, irritation, Paul Watslawick, p. 9 à 27. nov.information; le constructivisme radical? k) Retour sur la question du sens « La crise des sciences 6 déc.« LA » recherche et la fin de la science moderne sociales », Michel Freitag, p. La connaissance de la société : la contribution de la 41 à 60critique La sociologie comme critique des formes hétéronomes de régulation du « savoir ». 13 Essaien classe déc.
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ÉVALUTION  Lesétudiants feront deux travaux (de 5 à 10 pages) où ils exposeront l’argument central des deux ouvrages suivants: Karl Popper,La logique de la découverte scientifique, Paris, Payot, 1973 (1934) et Thomas Kuhn,La structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983 (1962). Bien que cela se saisisse dans le mouvement même de comprendre la démarche et l’idée directrice de ces ouvrages, des indications seront données en classe sur les parties qui peuvent être négligées (ou traitées de manière rapide) pour les fins de ces deux travaux (lesquels s’appuieront cependant sur le texte même des ouvrages qui font objet de l’enquête). (50%) Douze petits textes d’accompagnement, facultatifs mais recommandés, seront proposés au fil des exposés. Les étudiants qui soumettront par écrit (en quelques lignes) une question pertinente (ou un commentaire critique central) portant sur 6 de ces textes seront automatiquement notés A+ (en descendant suivant le nombre de soumissions) pour cette partie de l’évaluation. (25%) A la fin, les participants au cours rédigeront un essai en classe à partir d’une e question, essai qui sera corrigé comme doit l’être une dissertation de 3année de sociologie. (25%)
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