du progrès technique n'ont pas apporté toutes les réponses et l'orien tation récente de la réflexion irait vers une analyse plus endogène du phénomène de croissance

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du progrès technique, n'ont pas apporté toutes les réponses, et l'orien- tation récente de la réflexion irait vers une analyse plus endogène du phénomène de croissance Les premières analyses sont diverses, partielles ou inadaptées Les auteurs classiques : la « lutte» contre l'état stationnaire Les économistes classiques écri- vent aux débuts de la révolution industrielle en Angleterre. S'ils sont conscients des transformations majeures qui se déroulent sous leurs yeux, ils n'appréhendent pas natu- rellement la croissance comme un processus de longue période, susceptible d'améliorer durablement les niveaux de vie de la population. Néanmoins, la pensée classique en la matière est caractéristique d'une grande diversité de points de vue qui peuvent s'expliquer par les caracté- ristiques et les objectifs de chacun des auteurs. Adam Smith met en avant la nécessaire extension des marchés pour permettre le développement de la division du travail (extension des marchés pendant la révolution indus- trielle). L'auteur de la Richesse des nations apparaît comme un précur- seur dans de nombreux domaines. C'est essentiellement de l'observation d'une manufacture d'épingles qu'il va bâtir sa théorie de la division du travail1. De la division du travail « découle tant d'avantages » qui permettent d'augmenter les perfor- mances de l'industrie et les rende- ments. Néanmoins, Adam Smith indique que la division du travail est limitée par la taille du marché, elle- même reposant sur la physionomie des transports (document 1).

  • hypothèses de base de la théo

  • xxe siècle

  • croissance economique

  • investissement en capital humain

  • théorie de la croissance endogène


Publié le : mardi 19 juin 2012
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Économie
La croissance s’explique-t-elle ?
Jean-Marc HUART, professeur de SES au lycée Gaston-Berger de Lille
L’étude de la croissance économique est un des thèmes majeurs des sciences
économiques et sociales, et il apparaît en grande place dans le programme des lycées
et des classes préparatoires aux grandes écoles. D’ailleurs, l’intitulé du programme
de terminale ES n’est-il pas « Croissance, développement et déséquilibres » ?
L’objectif de cet article est de proposer un recul théorique et analytique
et un dossier documentaire pouvant être utilisé avec des élèves
ou pour la formation du professeur. Il se propose de « faire le point »,
sans prétendre à l’exhaustivité.
a recherche des explications du progrès technique, n’ont pas la division du travail (extension des
à la croissance économique a apporté toutes les réponses, et l’orien- marchés pendant la révolution indus-L toujours constitué un enjeu tation récente de la réflexion irait trielle). L’auteur de la Richesse des
majeur de la théorie économique. vers une analyse plus endogène du nations apparaît comme un précur-
Adam Smith dans ses Recherches phénomène de croissance seur dans de nombreux domaines.
sur la nature et les causes de la C’est essentiellement de l’observation
richesse des nations ou, avant lui, d’une manufacture d’épingles qu’ilLes premières analyses
François Quesnay dans son Tableau va bâtir sa théorie de la division sont diverses,
1économique ne se posaient pas du travail . De la division du travail
partielles ou inadaptées
d’autres questions. Or, la croissance, « découle tant d’avantages » qui
c’est-à-dire l’augmentation soutenue, Les auteurs classiques : permettent d’augmenter les perfor-
pendant une période longue, de la la « lutte » mances de l’industrie et les rende-
production d’un pays, est un phéno- contre l’état stationnaire ments. Néanmoins, Adam Smith
mène relativement récent puisqu’il Les économistes classiques écri- indique que la division du travail est
devient durable à partir de la vent aux débuts de la révolution limitée par la taille du marché, elle-
première révolution industrielle. Le industrielle en Angleterre. S’ils sont même reposant sur la physionomie
e
XX siècle va renforcer le processus, conscients des transformations des transports (document 1). Il faut
en l’accélérant, même après 1945, majeures qui se déroulent sous leurs dire que les transports anglais du
emalgré des périodes importantes de yeux, ils n’appréhendent pas natu- XVIII siècle étaient relativement
ralentissement notamment pendant rellement la croissance comme modestes. Adam Smith assiste à la
les années 30 ou à partir de 1974. un processus de longue période, construction des routes (les Turnpike
Dans ce contexte nouveau, les susceptible d’améliorer durablement roads) et des canaux. La croissance
économistes vont donc se demander les niveaux de vie de la population. économique peut donc être liée à la
de manière récurrente s’il est possible Néanmoins, la pensée classique en la croissance de la taille des marchés,
d’expliquer la croissance, mais force matière est caractéristique d’une elle-même dépendant d’ailleurs de
est de constater que les explications grande diversité de points de vue qui l’implication du pays dans le com-
ont pendant très longtemps été peuvent s’expliquer par les caracté- merce international. Ce thème sera
insuffisantes. ristiques et les objectifs de chacun
Si les analyses traditionnelles des auteurs.
étaient partielles et vite inadaptées, Adam Smith met en avant la
1. Adam Smith, Recherches sur la nature les tentatives d’analyse quantitative, nécessaire extension des marchés
et les causes de la richesse des nations,
tout en mettant en évidence le rôle pour permettre le développement de Livre premier, chapitre 3, 1776.
42 . DEES 124/JUIN 2001
❚repris par David Ricardo qui mettra taux de profit amenant l’économie Néanmoins, les analyses de Schum-
en avant le rôle essentiel du com- vers une crise inéluctable. peter cadrent moins avec le marxisme
merce international pour lutter contre Mais les analyses en termes de qu’avec le contexte des années 30-40
l’état stationnaire (rôle de la lutte croissance stationnaire se heurtent à pendant lesquelles on observe de
eanti-Corn Laws de Ricardo). Après la croissance au XIX et les premiers profondes transformations du système
une courte expérience de libre- néoclassiques vont réfléchir en termes capitaliste marquées par une inter-
échange à partir de 1786, la situation d’équilibre statique et abandonner vention croissante de l’État.
ebritannique du début du XIX siècle l’analyse dynamique. Il faudra des
est marquée par une protection auteurs hétérodoxes comme Joseph Les auteurs keynésiens
douanière importante représentée par Schumpeter pour revenir à une insistent sur le rôle
les Corn Laws. De cette loi douanière analyse en termes de croissance. de la demande globale et sur
de 1815, David Ricardo va tirer une l’instabilité de la croissance
analyse de la croissance pessimiste: Des auteurs hétérodoxes, La période de l’entre-deux-guerres
l’analyse en termes de croissance sta- comme Joseph Schumpeter, se caractérise par un certain nombre
tionnaire (document 3). Pour com- vont insister sur le processus d’instabilités monétaires, financières
prendre la théorie ricardienne de de croissance et économiques: crise de reconversion
la croissance, il faut revenir à son Schumpeter va mettre en avant la de 1921, hyperinflation allemande en
analyse de la rente, elle-même dépen- dynamique du capitalisme et le rôle 1923, fonctionnement houleux du
dant de la théorie des rendements essentiel des innovateurs dans ce système monétaire international de
décroissants de la terre. En effet, les contexte qui sont les garants de Gênes, krach boursier de Wall Street
propriétaires fonciers mettent en l’innovation (document 5). C’est elle (22 octobre 1929), crise de 1929…
culture des terres de moins en moins qui « met et maintien en mouvement Dans ce cadre, la pensée de John
fertiles. Le prix du blé, unique, la machine capitaliste». Les innova- Maynard Keynes (1883-1946) va
dépend donc du coût de production tions se caractérisent par de nouveaux émerger. L’objectif de l’auteur
de la terre la moins fertile, c’est-à- produits, de nouveaux marchés, de britannique est de comprendre
dire la dernière mise en culture. Les nouvelles combinaisons productives l’émergence d’un nouveau capita-
propriétaires des terres plus fertiles et de nouveaux modes d’organisation lisme (ce que Karl Polanyi appel-
ont intérêt à ce que des terres moins du travail qui arrivent par grappes, lera (1944) «la grande transforma-
riches soient cultivées, car la renta- une innovation majeure en amenant tion »). Il en sortira de nouveaux
bilité de leur exploitation ira en d’autres. Cette discontinuité amène outils d’analyse qui bouleverseront
augmentant. Le niveau global de la une croissance cyclique sur le long la science économique: la monnaie
rente tend donc à monter. En outre, terme. Schumpeter étudie les cycles peut être demandée pour elle-même,
avec la croissance du prix du blé, le « Kondratiev », d’une durée de l’investissement est à l’origine et au
montant global des salaires versés quarante ans environ, mus par les cœur du circuit économique, la
tend lui aussi à progresser car les grappes d’innovations. Une phase demande anticipée par les entrepre-
salaires atteignent au moins le haussière permet aux innovations de neurs guide leurs actions, celle-ci
minimum de subsistance. Les profits, se diffuser à l’ensemble de l’écono- n’assure pas obligatoirement le plein
qui représentent un résidu, tendent mie. La concurrence rend plus emploi…
donc à baisser et avec eux l’accumu- faibles les perspectives de profit. La Les années 30 et 40 vont être mar-
lation, facteur de croissance. Cette phase B du cycle se caractérise quées par la volonté de généraliser
diminution peut être contrariée par par de nombreuses disparitions l’analyse keynésienne dans un cadre
du progrès technique ou par une d’entreprises incitant à l’innovation. dynamique en présentant des modèles
ouverture internationale permettant C’est la phase de « destruction recherchant, compte tenu du contexte
de repousser les limites de l’état créatrice». Mais Joseph Schumpeter historique, les conditions de la stabi-
stationnaire (document 4). Karl termine néanmoins sur une vision lité de la croissance. La croissance
Marx va reprendre à son compte la plus pessimiste (1942), car si sera équilibrée si toutes les variables
vision pessimiste des premiers clas- l’innovateur, par les risques qu’il économiques croissent au même
siques en l’analysant de façon diffé- prend, est le moteur du système et rythme. Or l’investissement a un effet
rente et en lui donnant une autre que cette capacité est permise par sur la demande par le jeu du multi-
dimension. Pour lui l’économie capi- une situation de monopole, la crois- plicateur et sur les capacités par le
taliste porte en elle ses propres sance des entreprises amène une jeu de l’accélérateur. La croissance
contradictions et, s’il reprend à son disparition progressive de « l’entre- ne sera équilibrée que si l’investisse-
compte la conception «classique» de preneur-innovateur ». La propriété ment croît à un taux égal au rapport
la valeur travail, il avance que l’accu- connaît une «évaporation de [sa] entre le taux d’épargne (s) et le coef-
mulation capitalistique a pour effet substance » et l’on tend vers un ficient de capital (v) (document 6) et
de faire baisser tendanciellement les régime socialiste. que ce taux est égal au taux de crois-
DEES 124/JUIN 2001 .43sance de la population. Or le modèle hypothèse est contestable, les conclu- Cette croissance est exogène. Par
Harrod-Domar (1939 et 1946) sions sont suspectes ». Il suffit de ailleurs, des changements techniques
considère que ces trois variables sont permettre une certaine flexibilité de permettent eux aussi de faire croître
2exogènes et indépendantes , de sorte la combinaison productive pour que le niveau de richesse. Solow intro-
qu’une croissance équilibrée est très le phénomène du « fil du rasoir » duit donc un nouveau facteur, un
improbable, elle repose sur « le fil s’écroule et avec lui la question de résidu, qu’il assimile au progrès
du rasoir». l’instabilité de la croissance. Pour technique.
Les premières analyses, qui sont Robert Solow, supposer la fixité des
supposées expliquer la croissance proportions de facteurs est une Des travaux économétriques
jusqu’à la seconde guerre mondiale, hypothèse de court terme et ne peut vont confirmer le rôle
sont relativement dispersées. En en aucun cas expliquer ou permettre du progrès technique
outre, la période de forte croissance d’appréhender la croissance de Les travaux de Cobb et de Douglas
qui intervient dans tous les pays longue période. (1928) (document 7) aboutissent à
développés après la seconde guerre Le modèle reprendra donc à son des études permettant d’appréhender
mondiale renouvelle la problé- compte les hypothèses du modèle le phénomène de croissance et la
matique. néoclassique, comme la substitua- contribution des facteurs de produc-
bilité des facteurs de production, la tion. Les principales recherches comme
décroissance de leur productivité celles de Solow ou de Denison pourLes Trente glorieuses
marginale et la constance des rende- les États-Unis vont mettre en avantmettent en évidence
ments d’échelle. Ses conclusions le fait que les seules contributions du
le rôle essentiel
sont simples : de par la flexibilité facteur travail et du facteur capital
du progrès technique de la combinaison productive, le taux sont insuffisantes. L’introduction
de croissance économique tend inva- d’éléments plus qualitatifs dans lesdans le phénomène
riablement vers le taux de croissance études économétriques comme lede croissance
naturel. Ce taux de croissance naturel niveau d’éducation, l’âge et le sexe
Le modèle de Solow correspond à un niveau du capital par de la main-d’œuvre, l’évolution
représente l’application, travailleur «d’équilibre» (c’est-à-dire structurelle de la population active
dans un cadre dynamique, vers lequel on tend, cet équilibre étant ne suffisent pas à expliquer totale-
de la pensée néoclassique stable). En ce niveau, la consomma- ment le phénomène de croissance.
Le modèle (1957) intervient en tion par tête est à son maximum. L’existence d’un «résidu», non expli-
pleine période de croissance. En effet, Ainsi la croissance de longue période qué, met en exergue l’ignorance sur
les Trente glorieuses, selon l’expres- est équilibrée, mais le niveau de les sources de la croissance. Les
sion popularisée par Jean Fourastié, richesse par tête est stationnaire. C’est travaux de Carré, Dubois et Malin-
se caractérisent par une croissance donc le paradigme ricardien qui est vaud (1972) confirment que, sur
d’une extraordinaire intensité (5 % à nouveau réhabilité. La croissance les 5 % de croissance française
par an), d’une extraordinaire durée dans un cadre concurrentiel permet entre 1951 et 1969, la contribution
(la rupture n’interviendra qu’en d’atteindre le maximum de satisfac- des facteurs travail et capital explique
1973), d’une extraordinaire régula- tion (le niveau de consommation par 2,6 points des 5 % de croissance
rité ( à tel point qu’on évoque tête le plus important) mais implique (document 9). Un «résidu», corres-
l’absence du phénomène cyclique). aussi que le taux de croissance est pondant à la productivité globale
Dans ce cadre, le modèle Harrod- borné. des facteurs explique donc la moitié
Domar est dépassé, et le modèle de Le modèle de Solow, tout en pré- de la croissance économique.
Solow va montrer que si l’économie sentant les caractéristiques et les Les travaux de Robert Solow ont
est flexible la croissance est stable et conditions (concurrence et flexibilité) réhabilité le rôle du progrès technique
assure le plein emploi des facteurs d’une croissance équilibrée, échoue que Ricardo et surtout Schumpeter
de production mais tend vers une dans la recherche des facteurs de la avaient déjà abordé. Cependant, cette
situation stationnaire (document 8). croissance à long terme, à moins de analyse n’est pas sans poser plusieurs
3Dès le début de l’article (1957) , le considérer un certain nombre de problèmes.
projet de Robert Solow est clair: il facteurs exogènes. Le premier repose
s’agit de rejeter le modèle Harrod- sur la croissance de la population
Domar qui repose sur une hypothèse active, supposée représenter la
2. Gérard Thoris « Croissance et développementcontestable (la fixité des proportions croissance de la population. En effet,
eéconomique au XX siècle » dans
de facteurs de production) ; or quand le capital par travailleur est Analyse économique et historique des sociétés
contemporaines, tome 1, Paris, Armand Colin, 1995.«quand les conclusions d’une théorie constant, seule la croissance de la
3. Robert M. Solow , « A contribution to the theory
reposent essentiellement sur une population active est susceptible de
of economic growth », Quarterly Journal of
hypothèse fondamentale, et que cette faire augmenter le stock de capital. Economics, 70,1 (February), p. 65-94.
44 . DEES 124/JUIN 2001
❚Mais ces analyses cela, et devant le changement de vont montrer que les effets d’appren-
restent insuffisantes contexte économique, de nouvelles tissage (le learning by doing) permet-
Les explications au résidu sont théories vont se développer dans les tent d’augmenter les rendements. Les
variables car, même s’il est courant années 80, insistant sur le fait que le rendements d’échelle peuvent être
d’attribuer à ce résidu l’appellation processus de croissance vient des croissants au niveau global tout en
de «progrès technique» ou de «pro- comportements des agents écono- restant constants au niveau de la
ductivité globale des facteurs » de miques. firme (document 13) : une innovation
production, on n’a pas «la preuve » provoque un effet externe positif
de ce que l’on avance. En outre, si qui peut profiter à l’ensemble deLes théories
progrès technique est « autonome », l’économie.de la croissance
dû par exemple aux transformations
endogène vont insister
dans l’organisation du travail, il Ces théories font dépendre
sur un processus apparaît comme un troisième facteur le progrès technique
dont on ne sait pas déterminer véri- de nombreux facteursauto-entretenu
tablement l’origine. D’autant plus que Le modèle fondateur des théoriesde croissance
les modèles qui suivent la fonction de la croissance endogène (Romer,
Cobb-Douglas épuisent totalement le Les théories de la croissance 1986) insiste sur le fait que l’accu-
surplus et éludent donc totalement endogène corrigent mulation du capital physique dans
la question de la rémunération des certaines insuffisances une entreprise provoque des effets
facteurs de production. des modèles précédents positifs sur les autres firmes. En effet,
Le modèle de Solow impliquait par Le modèle de Solow a abouti à l’accumulation d’un facteur K qui
ailleurs la convergence internationale présenter les vertus d’une économie peut être le capital physique ou plus
des économies. En effet, le pays lea- flexible, dans laquelle la croissance largement «les connaissances »
der connaissant à terme un niveau peut être équilibrée. Il a montré le entraîne deux séries de mécanismes.
d’équilibre de capital par tête est rôle essentiel du progrès technique Dans un premier temps, l’accumula-
rejoint par les économies moins dans le processus de croissance mais tion et l’utilisation de ce facteur
avancées qui peuvent bénéficier du n’a pas réussi à intégrer celui-ci dans permettent la circulation d’informa-
transfert de technologie, donc d’un une conception cohérente du fonc- tions dont bénéficient l’ensemble des
progrès technique exogène. La tionnement économique, car «il situe firmes. Ensuite, la complémentarité
période des Trente glorieuses permet les sources de la croissance hors du entre les activités (la construction
4d’illustrer cette analyse avec le champ économique » . Les théories de chemin de fer et la production
processus de rattrapage des États- qui voient le jour dans les années 80 sidérurgique) montre que l’investis-
Unis par les économies européennes cherchent justement à endogénéiser sement provoque des externalités
(document 10). Les années 70 sont les facteurs de la croissance, à trouver réciproques. Romer (1990), dans un
marquées également par une accélé- leur origine dans le système écono- second modèle, va mettre en avant le
ration du développement des pays du mique lui-même. rôle de la recherche-développement
tiers-monde à un moment où les Les hypothèses de base de la théo- qui provoque des externalités posi-
économies occidentales connaissent rie néoclassique, comme les rende- tives sur l’ensemble de l’économie.
un profond ralentissement écono- ments décroissants, impliquaient La recherche est une activité spéci-
mique. En revanche, les années 80 que le progrès technique ne pouvait fique, motivée de manière endogène
amènent des divergences toujours être considéré que comme un phéno- par les rentes de monopole des inno-
plus profondes entre les pays les plus mène exogène. Avant les années 80, vateurs (on peut remarquer au pas-
riches et les pays les plus pauvres quelques auteurs ont cherché à sortir sage la filiation schumpéterienne).
(document 11) et également un du cadre restreint de la concurrence Elle a pour conséquence de créer de
certain déphasage des conjonctures pure et parfaite pour analyser les nouveaux inputs qui viennent s’ajou-
et des résultats économiques entre les transformations économiques obser- ter aux précédents en accroissant la
pays développés (document 12). vées. Dès 1928, les travaux de Young division du travail. On entre alors
La période de forte croissance représentent les premières ébauches dans un processus de rendements
d’après-guerre a ouvert la voie à de de la théorie de la croissance endo- croissants.
nouvelles théories qui mettent en gène. Young cherche à généraliser Le modèle de Lucas (document 14)
avant le rôle essentiel du progrès les travaux… d’Adam Smith (!) permet de prendre en compte le rôle
technique. Cependant celui-ci reste montrant que la division du travail
encore mystérieux, et la combinai- permet de façon continue d’augmen-
son productive reste encore une ter les débouchés et provoque donc
4. B. Amable et D. Guellec, « Les théories de la« boîte noire» dans laquelle il paraît un processus cumulatif de croissance.
croissance endogène », Revue d’économie
difficile de pénétrer. Pour répondre à En 1957 et 1962, Kaldor et Arrow politique, mai-juin 1992, n° 102.
DEES 124/JUIN 2001 .45
❚de l’investissement en capital humain librer le décalage entre le rendement ser le rendement social. En outre, la
et d’expliquer les inégalités de crois- social et le rendement privé de l’in- croissance auto-entretenue est pos-
sance entre nations, car plus un pays novation ou de la recherche. En outre, sible et illimitée. Elle répond même à
est développé moins la formation une politique de subventions ou de un processus cumulatif.
est coûteuse. Les pays faiblement dotés prise en charge de la recherche est
en capital humain (les PVD) se carac- très efficace. L’État doit financer les Conclusion
tériseront plutôt par une croissance dépenses d’éducation quand la pro-
quantitative de la population alors que ductivité sociale est supérieure à la Les théories de la croissance sont
les pays dotés d’un stock initial élevé se productivité privée d’une dépense donc inséparables du contexte dans
caractériseront par des comportements d’éducation. lequel elles naissent. Après de
de formation. On explique ainsi les dis- La politique de la concurrence se longues hésitations, les théories
parités entre les pays, car plus le niveau trouve aussi redéfinie par les théories de la croissance endogène ont l’avan-
du capital humain est élevé, plus la de la croissance endogène car, si le tage de chercher à expliquer le
productivité marginale du capital est modèle néoclassique traditionnel progrès technique, donc la croissance,
élevée également, ce qui engendre un prône le respect absolu des règles de en le faisant reposer sur les compor-
déplacement du capital physique vers la concurrence, on comprend qu’une tements des individus. Il est, de ce
les pays riches. La mobilité du capital situation de monopole soit incitative point de vue, surprenant de consta-
vers les pays développés crée plutôt pour la recherche-développement. ter qu’Adam Smith avait, dès 1776,
5une augmentation des disparités inter- Tout le problème est alors de définir eu certaines intuitions réhabilitées
nationales, contrairement aux modèles le niveau optimal de concurrence dans les années 80.
n é oclassiques susceptible d’encourager l’innova- En outre, les évolutions écono-
qui prédisent la convergence. Plus tion sans nuire au consommateur, miques récentes, caractérisées par la
largement, la mise en évidence de ces comme le prouve la déclaration reprise économique aux États-Unis
notions réhabilite le processus de la Direction générale de la concur- puis, plus récemment, en Europe,
historique dans l’explication de la rence, de la consommation et de la confirment que la croissance, mue
croissance, en ce sens que «l’histoire répression des fraudes en 1998: «En par les nouvelles technologies de l’in-
compte » ainsi que le cadre institu- matière de concentration, la Direc- formation et de la communication,
tionnel. Les comportements sont tion générale s’efforce de concilier est liée à la recherche, à la formation
donc à l’origine des phénomènes de une logique de croissance externe des et l’apprentissage, à l’investissement
croissance ce qui fait que la croissance entreprises avec un niveau satisfai- dans un cadre institutionnel favorable.
devient un phénomène auto-entretenu sant de concurrence ». Ces débats En outre, Internet permet d’étendre
qui n’est plus borné. rappellent d’ailleurs les nouvelles encore les marchés et auto-entretient
théories du commerce international la demande. On est en passe de voir
Finalement, les théories qui ont largement inspiré les théories résolu le «paradoxe de Solow » qui,
6de la croissance endogène de la croissance endogènes . en 1987, voyait des ordinateurs
réhabilitent certaines L’État doit aussi financer les infra- partout, sauf dans les statistiques de la
formes d’interventions structures publiques (modèle de productivité!
de l’État Barro, 1990). Cette prise en compte
Pour que l’innovation soit encou- modifie considérablement la manière
ragée, l’État doit mettre en place une « libérale » de considérer l’État. Si
5. Pierre-Alain Muet, « Un panorama des théories
législation sur le respect de la pro- les néoclassiques ne voient en l’État contemporaines », Revue de l’OFCE, juin 1993,
n° 45, repris dans Problèmes économiquespriété intellectuelle, il doit encourager que l’éviction que provoque l’impôt,
n°2510-2511, 5-12 mars 1997.
la recherche-développement, favori- les économistes de la croissance
6. Pour une présentation des nouvelles théories du
ser la création d’entreprises dites «à endogène considèrent qu’une action commerce international, on pourra consulter l’article
de Jean-José Quilès, « L’avenir du débat libre-capital-risque ». En effet, une poli- structurelle de l’État, pour des actions
échange/protectionnisme », DEES, n° 120,
tique de brevet permettra de rééqui- précises et choisies, visent à favori- juin 2000.
46 . DEES 124/JUIN 2001
❚Dossier documentaire
Document 1. Adam Smith (1776),
Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations.
Livre premier, chapitre 3
«Puisque c’est la faculté d’échanger qui donne lieu à la division du travail, l’accroissement de
la division du travail doit par conséquent toujours être limité par l’étendue de la faculté
d’échanger ou, en d’autres termes, par l’étendue du marché. Si le marché est très petit,
personne ne sera encouragé à s’adonner entièrement à une seule occupation, faute de pouvoir
trouver à échanger tout le surplus du produit de son travail, qui excédera sa propre consom-
mation, contre un pareil surplus du produit du travail d’autrui qu’il voudrait se procurer.
[…]
Comme la facilité des transports par eau ouvre un marché plus étendu à chaque espèce
d’industrie que ne peut le faire par le seul transport par terre, c’est aussi sur les côtes de la mer
et le long des rivières navigables que l’industrie de tout genre commence à se subdiviser
et à faire des progrès; et ce n’est d’ordinairement que longtemps après que ces progrès
s’étendent aux parties intérieures du pays. »
Document 2. Paul Bairoch (1997), Victoires et déboires, Folio Histoire
Produit national brut par habitant
(exprimé en dollars et prix des États-Unis de 1960)
Pays Pays Pays développés Monde
le plus développé * du tiers-monde
1750 230 182 188 188
1800 242 198 188 190
1860 575 324 174 218
1913 1 350 662 192 560
1950 2 420 1 050 200 690
1995 5 230 3 320 480 1 100
* jusqu’en 1860 : Royaume-Uni, après cette date : États-Unis.
Note : pour passer en dollars et prix de 1995, il convient de multiplier ces chiffres par 5.
Document 3. David Ricardo (1817),
Des principes de l’économie politique et de l’impôt,
chapitre VI, « Des profits »
Premier extrait
«Les profits tendent naturellement à baisser, parce que, dans le progrès de la société et de la
richesse, le surcroît de subsistances nécessaires exige un travail toujours croissant. Cette
tendance, ou, pour ainsi dire, cette gravitation des profits, est souvent et heureusement arrêtée
par le perfectionnement des machines qui aident à la production des choses nécessaires,
ainsi que par l’effet des découvertes agronomiques, qui nous donnent le moyen d’épargner
une portion de travail et de diminuer ainsi le prix des articles de première nécessité pour la
consommation de l’ouvrier. Le renchérissement des arère nécessité et des
salaires a cependant des bornes ; car aussitôt que les salaires auront monté (comme dans le
cas que nous avons déjà posé) à 720 l., total de la recette du fermier, il ne pourra plus y avoir
d’accumulation, puisque aucun capital ne saurait plus donner de bénéfice; on n’aura pas
besoin alors d’une augmentation du travail, et la population aura atteint son maximum. Bien
avant ce terme même, la réduction des profits aura arrêté toute accumulation ; et la presque
DEES 124/JUIN 2001 .47totalité des produits du pays, les ouvriers une fois payés, appartiendra aux propriétaires
fonciers et aux collecteurs des dîmes et des autres impôts.»
Second extrait
«Les effets de l’accumulation doivent donc être différents selon les pays et, surtout, selon la fer-
tilité du sol. Quelque étendu que soit un pays dont le sol est peu fertile, et où l’importation des
subsistances est prohibée, les moindres accumulations de capital y produiront des grandes réduc-
tions dans les taux de profit et causeront une hausse rapide de la rente. Au contraire, dans un
pays peu étendu, mais fertile, il peut y avoir un grand fonds de capital accumulé sans dimi-
nution notable dans le taux des profits, ou sans une forte hausse dans la rente des terres,
surtout si la libre importation des vivres y est permise.»
Document 4. Croissance économique et croissance du commerce international
En % par an
Croissance Croissance
de l’industrie mondiale du commerce international
eXVIII 1,5 1,1
1780-1830 2,6 1,4
1830-1840 2,9 2,8
1840-1860 3,5 4,8
1860-1870 2,9 5,5
Document 5. Joseph Schumpeter (1942),
Capitalisme, socialisme et démocratie
« Le capitalisme, répétons-le, constitue, de par sa nature, un type ou une méthode de
transformation économique et non seulement il n’est jamais stationnaire mais il ne pourrait jamais
le devenir. Or ce caractère évolutionniste du processus capitaliste ne tient pas seulement au
fait que la vie économique s’écoule dans un cadre social et naturel qui se transforme
incessamment et dont les transformations modifient les données de l’action économique :
certes, ce facteur est important, mais, bien que de telles transformations (guerres,
révolution, etc.) conditionnent fréquemment les mutations industrielles, elles n’en constituent pas
les moteurs primordiaux. Le caractère évolutionniste du régime ne tient pas davantage à un
accroissement quasi automatique de la population et du capital, ni aux caprices des systèmes
monétaires – car ces facteurs, eux aussi, constituent des conditions et non des causes premières.
En fait, l’impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est
imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et
de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle – tous
éléments créés par l’initiative capitaliste.»
Document 6. Le modèle Harrod-Domar, P.-A. Muet, Revue de l’OFCE, juin 1993,
repris dans Problèmes économiques n° 2510-2511, 5-12 mars 1997
Investissement net
Détermination de la demande
Accroissement de capital ∆ =
(multiplicateur)
Augmentation des capacités: Augmentation de la demande :
∆s d∆Q = ∆Q =v s
Équilibre
∆ s=
v
48 . DEES 124/JUIN 2001Document 7. Principes de la fonction Cobb-Douglas
En 1928, Cobb et Douglas proposent une fonction de production permettant, au niveau
macroéconomique de représenter le phénomène de croissance. Cette fonction s’exprime de
la façon suivante.
Soit Y la valeur de la production.
1-Y = F (L,K) = L K où L représente le facteur travail et K le facteur capital, avec 0<≤1.
1. Pourquoi cette forme de fonction ?
Cette fonction a l’avantage de représenter des facteurs de production substituables.
Elle vérifie les hypothèses de court et long terme de la théorie néoclassique :
– à court terme la productivité marginale de chacun des deux facteurs est décroissante: la
productivité marginale du facteur travail se mesure en calculant et en étudiant la variation
de la dérivée partielle première de la fonction de production.
-1 1- -2 1-′ ′′F (L,K) = L K (cette fonction est décroissante car la dérivée seconde (F = (-1) L K )L L
est de signe négatif) ;
– à long terme les rendements d’échelle sont constants: la fonction Cobb-Douglas étant une
fonction homogène, il est possible de déterminer la nature des rendements d’échelle. Si chaque
facteur de production est multiplié par λ > 0, la production est elle aussi multipliée par λ.
1- 1- 1-F (λL,λK) = (λL) (λK) = λ λ L K = λF (L,K).
2. Que représente ?
Si l’on calcule la dérivée partielle de la fonction de production :
-1 1-′ ′F = L K = λY/L, donc = L/Y F = Lw/Y car le salaire w correspond, selon l’hypothèseL L
néoclassique à la productivité marginale. représente la part des salaires dans la valeur de
la production totale. Soit pour la France = 0,7.
Document 8. Le modèle de Robert Solow
La fonction de production qu’utilise Robert Solow permet de déterminer le revenu national Y
par la relation : Y = F (L,K). La fonction peut être une Cobb-Douglas. La fonction étant homo-
gène de degré 1 (les rendements d’échelle étant constants), il est possible de déterminer la pro-
duction par actif en divisant par L :
Y = Y/L = F (L/L, K/L = F (1,k) = f (k) où k représente le capital par actif.
D’après l’hypothèse de décroissance de la productivité marginale des facteurs de produc-
tion, la fonction f (k) est croissante mais la croissance est ralentie.
Si s est le taux d’épargne, égal aussi au taux d’investissement, l’investissement par travailleur
se mesure de la façon suivante : i = sf (k), mais l’investissement par travailleur peut aussi se
mesurer de la manière suivante : i = k + nk où k représente la variation du capital par tête
consécutif à une opération d’accumulation et nk augmentation du capital par travailleur en
place consécutif à une augmentation de la population
active de n.
Donc sf (k) = k + nk et ainsi k = sf (k) - nk, ce qui signifie que
y nk
la variation du capital par travailleur représente la différence
entre l’investissement par tête et l’augmentation par tête
consécutive à une croissance de la population active.
Représentons sur le graphique ci-contre la droite nk et la
courbe sf (k). Elles se coupent en un point correspondant au
niveau de capital par tête k*.
R. Solow montre que l’on tend vers ce niveau k*.
En effet, si k < k* alors sf (k) > nk alors k est positif et le
restera jusque k*.
Inversement, si k > k* alors sf (k) < nk et l’on tend vers k*.
k* k
La signification est claire: à long terme, le niveau de capital
DEES 124/JUIN 2001 .49par tête est stable et la croissance ne correspond plus qu’à la croissance de la population qui
permet d’accroître le niveau du capital total K pour rester au même niveau de capital par
tête. La croissance économique dépend donc de la croissance du capital, qui dépend lui-
même de la croissance de la population. La croissance est stable.
Solow introduit une nouvelle source de croissance sous la forme du progrès technique exogène.
Il convient alors, dans la fonction Cobb-Douglas d’origine, d’ajouter un nouveau facteur A:
α 1-αF (LK,A) = AL K .
Document 9. Une estimation de la contribution des facteurs à la croissance économique.
Analyse du taux de croissance français (1949-1963), d’après L. Stoléru,
L’Équilibre et la Croissance économique, Dunod (1973),
repris dans P. Combemale et A. Parienty (1993), La Productivité, collection Circa, Nathan
(en pourcentage)
Taux de croissance annuel de la production intérieure brute 5,1
Part de la main-d’œuvre
Emploi dans les branches - 0,2
Durée du travail 0,1
Qualité (âge, sexe) 0,1
Éducation 0,2
Migrations agricoles 0,4
Contribution globale de la main-d’œuvre 0,6
Part du capital
Accumulation du capital productif 0,8
Rajeunissement et qualité du capital 1,1
Contribution globale du capital 1,9
Facteur résiduel 2,6
Document 10. Le rattrapage : productivité horaire du travail d’après Maddison,
repris dans D. Guellec et P. Ralle (1997), Les Nouvelles Théories de la croissance,
collection Repères, éditions La Découverte
Base 100 = États-Unis 1990
Productivité horaire du travail
100
10 États-Unis
France
Allemagne
Japon
1
1860 1880 1900 1920 1940 1960 1980 2000
Échelle logarithmique
50 . DEES 124/JUIN 2001
✖✖✖✖✖✖✖✖Document 11. La non-convergence internationale :
évolution du PNB par habitant des cinq pays les plus riches et les plus pauvres
(en dollars de 1990),
A. Maddison (1990), L’Économie mondiale 1820-1992, OCDE
Les plus riches : États-Unis, Suisse, Japon, Allemagne, Danemark.
Les plus pauvres : Éthiopie, Congo (ex-Zaïre), Tanzanie, Bangladesh, Myanmar.
25000
20000
15000 Les plus riches
Les plus pauvres10000
5000
0
1950 1973 1992
Document 12. Des exemples de divergence dans les années 80 : l’exemple du chômage.
Source BIT, calculs personnels
Évolution de l’écart type entre les taux de chômage
6
5
4
0CDE3
G72
Europe (12)
1
0
Document 13. Croissance endogène et externalités,
B. Amable et D. Guellec, «Les théories de la croissance endogène»,
Revue d’économie politique, n°102, mai-juin 1992, p. 314-375
«D’une façon générale, le rôle des externalités dans le processus de croissance donne une
grande importance au contexte institutionnel permettant la coordination entre agents en
dehors du marché. Les différences entre pays de ce point de vue peuvent contribuer à expli-
quer les différences entre les dynamismes techniques. Ainsi, le Japon se caractérise par une
forte densité des échanges d’information et de contrats stratégiques entre agents. Les firmes
se coordonnent autour de projets technologiques de grande ampleur, vendeurs et acheteurs
d’équipements définissent ensemble des produits. Le rôle du MITI en tant que coordinateur,
garant ou même planificateur, est dans ce cadre souvent déterminant. Au sein des firmes
également, la circulation de l’information est très dense: entre salariés et employeurs, entre
salariés eux-mêmes, entre départements (le rôle important des départements chargés de la vente
et de la production, au côté des services de recherche dans le processus d’innovation). Il
existe aussi en Allemagne une multiplicité d’institutions dont le rôle est de développer les
échanges d’informations concernant la technologie: associations d’ingénieurs, instituts publics
ou privés servant d’interface entre recherche fondamentale et appliquée, centres de recherche
communs entre entreprises de taille moyenne, etc.»
DEES 124/JUIN 2001 .51

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