Evaluation des dispositifs paysans de suivi des EF

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1 PROJET DE MISE EN ŒUVRE D'UN DISPOSITIF DE VEILLE ET DE RENFORCEMENT DES PERFORMANCES DES EXPLOITATIONS FAMILIALES SEPTEMBRE 2011 GESTION FONCIERE AU SENEGAL : ENJEUX, ETAT DES LIEUX ET DEBATS Etude Avec le soutien de : Réalisé en collaboration avec : Evaluation de la contribution des dispositifs paysans au processus du forum sur les exploitations familiales et à la mise en œuvre de ses conclusions Avec le soutien financier de :
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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PROJET DE MISE EN ŒUVRE D’UN DISPOSITIF DE
VEILLE ET DE RENFORCEMENT DES PERFORMANCES
DES EXPLOITATIONS FAMILIALES





GESTION FONCIERE AU SENEGAL : Etude
ENJEUX, ETAT DES LIEUX ET DEBATS

Evaluation de la contribution des dispositifs

paysans au processus du forum sur les

exploitations familiales et à la mise en œuvre
de ses conclusions


Réalisé en collaboration avec :


Avec le soutien de :
Avec le soutien financier de :
SEPTEMBRE
2011
1
Ce document qui porte sur les dispositifs paysans de suivi des exploitations familiales, met
l’accent en particulier sur ceux mis en œuvre par la FONGS et qui ont été soutenus par divers
programmes depuis le début des années 1990’ :
• Le programme triennal (1991-1994) axé sur les Echanges-Formation-Appui entre
• Associations (PEFA) ;
• Le programme biennal (1995-1997) axé sur le renforcement de la capacité
d’autoprogrammation
• des associations ;
• Le programme quadriennal (1998-2002) axé sur les services à la base ;
• Le Programme pour autonomiser la réflexion et l’action durable des OP (PARAD 1 et
PARAD 2, successivement en 2003-2006 et en 2007-2010 ;

Ces programmes successifs de plus en plus orientés sur la transformation des exploitations
familiales ont été fortement soutenus par divers alliés qui ont participé à un consortium de
partenaires dont la composition a toujours évolué : (SOS Faim, DDC Suisse,
AGRITERRA, Solidarité, Oxfam NOVIB, EZE, Fondation de France, etc.).

Le document a été réalisé par CNCR/FONGS et IPAR, avec la contribution des plateformes
paysannes du Bénin, du Burkina Faso, du Mali et du Niger qui ont travaillé à identifier les
dispositifs de suivi des exploitations familiales mis en œuvre dans leurs pays respectifs, et à
en faire une première analyse.

Ce travail de capitalisation a été financé par la DDC Suisse, dans le cadre du projet de mise en
œuvre d’un dispositif de veille et de renforcement des performances des EF (DVRC), et mis
en œuvre par la FONGS et IPAR.


2
SOMMAIRE
1 Introduction .................................................................................................................... 5
2 Description des dispositifs paysans de la FONGS.......................................................... 7
2.1 Description du processus du forum....................................................................................... 7
2.1.1 Contexte et Justifications du Forum.................................................................................. 7
2.1.2 Un forum : pour quelles finalités ? .................................................................................... 9
2.1.3 Le Processus du Forum.................................................................................................... 10
2.1.4 Le Forum Proprement dit ................................................................................................ 11
2.1.5 Les Résultats du Forum.................................................................................................... 12
2.1.6 L’Après Forum.................................................................................................................. 14
2.2 Description des dispositifs « FONGS » de suivi des exploitations familiales et de veille sur
les politiques ..................................................................................................................................... 15
2.2.1 Fondements des dispositifs paysans de suivi des exploitations familiales et de veille sur
les politiques.................................................................................................................................. 15
2.2.1.1 Le caractère double des sources et des utilisations des informations produites.......... 16
2.2.1.2 L’ancrage sur le dispositif socio organisationnel et les préoccupations du mouvement
paysan 17
2.2.2 Les acteurs des dispositifs et leurs intérêts respectifs .................................................... 18
2.2.2.1 Les exploitations familiales ............................................................................................ 18
2.2.2.2 Les associations de base................................................................................................. 19
2.2.2.3 Les coordinations régionales.......................................................................................... 20
2.2.2.4 La fédération .................................................................................................................. 20
2.2.2.5 La plateforme : le CNCR ................................................................................................. 21
2.2.3 Les outils utilisés.............................................................................................................. 23
2.3 Aperçu sur quelques dispositifs paysans de la sous région ................................................. 24
3 Evaluation des dispositifs paysans de la FONGS..........................................................25
3.1. Contribution des dispositifs paysans au processus du forum et de l’application de ses
conclusions ........................................................................................................................................ 25
3.2. Fonctionnalité des dispositifs : forces ou avantages, faiblesses ou limites......................... 26
3.2.1. Forces ou avantages des dispositifs paysans................................................................... 26
Des dispositifs très opérationnels .................................................................................................. 26
Des animateurs endogènes engagés ............................................................................................ 27
De bonnes instances de collecte, d’analyse et de validation des données .................................... 27
3
L’implication des animateurs dans la confection des outils .......................................................... 27
3.2.2. Faiblesses ou limites des dispositifs paysans .................................................................. 27
Un suivi peu régulier et des outils de collecte des données peu diversifiés ................................... 27
L’échantillon souvent réduit et donc non représentatif................................................................ 28
Les capacités limitées des animateurs........................................................................................... 28
La faible qualité et la disparité des bases de données................................................................... 28
La sous-exploitation des données.................................................................................................. 29
Une approche genre non affirmée................................................................................................. 29
Le partage et la diffusion limités des résultats ............................................................................. 29
3.2.3. Fiabilité par rapport aux dispositifs scientifiques ou non-paysans................................ 30
4 Pertinence et efficacité des dispositifs paysans pour influencer les politiques et améliorer
les pratiques.........................................................................................................................31
4.1. Production d’informations actualisées ................................................................................ 32
4.2. Capacité d’alerte sur la situation socio-économique des exploitations familiales et de leurs
organisations ..................................................................................................................................... 32
4.3. Connexions avec les enjeux et dynamiques nationales, régionales et mondiales en cours 32
4.4. Support de production d’argumentaires convaincants pour les décideurs politiques........ 33
5. Perspectives et recommandations pour des dispositifs plus fiables et efficaces de suivi
34
Pour un suivi plus régulier avec des outils de collecte des données bien diversifiés ....................... 34
Un échantillon plus représentatif pour plus de fiabilité.................................................................. 34
Le renforcement des capacités des animateurs ............................................................................... 35
La constitution de base de données aux différents niveaux pour mieux opérationnaliser les
dispositifs de suivi ............................................................................................................................. 35
Une exploitation et une analyse plus approfondies des données .................................................... 35
Pour des dispositifs de suivi intégrant la dimension genre............................................................... 35
Pour une meilleure dissémination et partage des informations et des résultats............................. 36
Pour une mise en synergie des différents dispositifs paysans et non paysans................................. 36


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1 Introduction
L’agriculture occupe une place de choix dans l’économie des pays africains où la majorité de la
population tire sa nourriture et ses revenus du secteur agricole. L’essentiel des productions agricoles
nationales est assuré par les exploitations familiales qui, malgré de multiples contraintes et les
risques inhérents à l’agriculture, subsistent, se pérennisent voire se développent, faisant ainsi preuve
d’une grande capacité d’adaptation.
L’accroissement de la productivité des exploitations agricoles familiales s’avère à la fois comme un
impératif et une opportunité pour l’amélioration de la sécurité alimentaire, l’accélération de la
croissance pro-pauvre et la réduction de la pauvreté.
Dans l’ensemble, en dépit des contraintes qui freinent son développement, l’agriculture africaine
recèle d’énormes potentialités. Le défi majeur est de lever ces contraintes, de valoriser ces
potentialités et saisir les opportunités pour bâtir une agriculture performante, compétitive et durable
en mesure de stimuler la croissance économique et de réduire considérablement la pauvreté.
Pour relever ce défi, les Etats africains ont certes un rôle fondamental à jouer tout comme les
exploitations familiales. Le Sénégal offre un exemple de forte mobilisation des exploitations
familiales regroupées au sein d’organisations autonomes pour mieux prendre leur destin en main et
contribuer au développement agricole et rural du pays. Ces organisations paysannes se sont
constituées en une Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal (FONGS)
affiliée à une structure faitière mère dénommée le Conseil National de Concertation des Ruraux
(CNCR). Le CNCR est une plateforme affiliée à son tour à d’autres organisations sous-régionales et
régionales. En Afrique, le mouvement paysan a atteint un certain dynamisme dans son évolution et
se veut comme premier leader de développement de l’agriculture. Cette dynamique du mouvement
paysan sénégalais s’inscrit dans une mouvance sous-régionale qui place les organisations paysannes
au cœur des politiques de développement agricole.
Depuis les années 1990, la FONGS a développé une vision et une démarche d’appui centrées sur la
promotion de l’exploitation familiale. La FONGS a introduit beaucoup d’initiatives innovantes à
travers la mise en place d’un ensemble de dispositifs opérationnels ayant conduit en 2010 à
l’organisation d’un forum international sur « Comment les exploitations familiales peuvent nourrir le
Sénégal ? ».
Les dispositifs paysans de suivi des exploitations familiales revêtent une grande importance pour le
CNCR et la FONGS dans la production d’informations renouvelées sur leur dynamique d’évolution.
5
Ces informations sont capitales pour la construction d’argumentaires convaincants servant à
influencer les politiques agricoles et rurales et les processus de transformations économiques et
sociales en faveur des exploitations familiales.
Pour capitaliser le processus du forum et faire une analyse critique des dispositifs paysans de suivi
des exploitations familiales en vue de leur amélioration, grâce à l’appui financier de la Direction du
Développement et de la Coopération Suisse (DDC), la FONGS a noué un partenariat avec l’Initiative
Prospective Agricole et Rurale (IPAR) qui se veut un cadre de recherche stratégique et prospective et
de dialogue inclusif.
Le présent document qui est un produit de ce partenariat FONGS-IPAR fait : i) l’économie du
processus du forum, ii) la description des dispositifs paysans de suivi des exploitations familiales de la
FONGS, iii) l’évaluation de ces dispositifs de suivi en identifiant leurs forces et leurs faiblesses, iv)
l’analyse de leur fiabilité par rapport aux dispositifs scientifiques ou non paysans, v) l’analyse de leur
pertinence et de leur efficacité, et v) des recommandations pour leur renforcement.
Une telle étude vient à son heure dans un contexte marqué par la coexistence d’une multitude de
dispositifs pilotés par les paysans, d’une part et par la recherche, les structures de développement et
les projets, d’autre part. Les conditions de créer des synergies entre les différents dispositifs et de
tendre vers un observatoire sur les exploitations familiales se précisent.






6
2 Description des dispositifs paysans de la FONGS
2.1 Description du processus du forum
2.1.1 Contexte et Justifications du Forum
Un contexte socio-économique et politique particulier a motivé un processus d’évaluation de la
problématique de la productivité des exploitations familiales entre 2008 et 2010 au sein du
mouvement paysan sénégalais et ayant conduit le Conseil National de Concertation et de
Coopération des Ruraux (CNCR) et la Fédération des Organisations Non-Gouvernementales du
Sénégal (FONGS – Action Paysanne) à organiser un forum international sur le thème « Comment les
exploitations familiales peuvent nourrir le Sénégal ? ».
En effet, en 2007-2009, le contexte mondial a été marqué par une série de crises. Le monde a connu
une crise d’ordre énergétique avec la flambée continue et sans précédent du prix du baril de pétrole.
Une crise d’ordre financier s’y ajoute avec la chute des grandes banques américaines et occidentales
perturbant toute l’économie mondiale et créant ainsi une crise d’ordre économique. En plus, une
crise alimentaire traduite par une forte flambée des prix a secoué les pays du Sud et notamment les
pays fortement importateurs. La crise climatique résultant des changements climatiques et les
catastrophes naturelles viennent compléter la série de crises dont le monde a fait face au cours des
dernières années. Ces différentes crises imposent des perspectives d’innovation dans les modèles
technico-économiques de production agricole : les prix de l’engrais chimique et du carburant par
exemple, remettent en cause la rentabilité et la viabilité de l’agriculture industrielle.
L’Afrique, du fait de sa forte vulnérabilité aux chocs, n’échappe pas aux conséquences de ces crises,
et demeure même le continent le plus affecté. Particulièrement, la crise alimentaire a fortement
touché les pays africains comme le Sénégal. En effet, au Sénégal, du fait de sa forte dépendance
alimentaire vis-à-vis des importations, a subi de plein fouet les effets de la crise alimentaire avec une
forte flambée des prix et particulièrement du riz qui est la première céréale de base consommée et
dont près de 75% de la consommation était importée.
Cette vulnérabilité des pays africains résulte d’un problème structurel de long terme dû au sous-
investissement dans le secteur agricole et à la faiblesse des politiques de soutien aux petits
producteurs notamment les exploitations familiales, qui constituent la majorité de la population
s’activant dans l’agriculture (Akin Adesina, 2009). Les conséquences de la crise alimentaire appellent
les décideurs politiques à accorder plus d’attention au niveau de l’offre agricole, aussi bien au niveau
local que global pour réaliser une croissance durable de la productivité (Alain de Janvry, 2009).
7
Par ailleurs, au Sénégal, depuis 2000, des efforts ont été déployés avec des programmes de
subvention des semences, des engrais minéraux et des équipements agricoles. Cependant, ces
programmes souffrent souvent d’un manque d’efficacité du fait de défaillances dans la conception,
l’opérationnalisation et le suivi des opérations. Les exploitations familiales ne peuvent donc en tirer
profit au maximum. Au détriment des pauvres, ces programmes profitent ainsi parfois plus aux
opérateurs économiques (les fournisseurs) et aux grandes exploitations, notamment de type
entrepreneurial et maraboutique.
Au Sénégal, le caractère dirigiste de l’Etat dans l’orientation et la mise en œuvre des
politiques agricoles et rurales ne privilégie pas toujours la concertation en amont. Les programmes
agricoles entre 2003 et 2010 ont été fixés unilatéralement et sans concertation avec les organisations
de paysans ou de producteurs, en général. Ces programmes ont été instables et ne s’inscrivent point
dans la durée, avec de nouvelles priorités affichées chaque année.
De même, l’environnement institutionnel, caractérisé par la multiplication depuis les années 2000,
d’organisations se proclamant représentatives des producteurs, affaiblit le mouvement paysan dans
ses rapports avec l’Etat. Depuis 2009, l’Etat a mis en place son propre syndicat des paysans, qu’il
instrumentalise à son gré, pour tenter de donner corps à ‘‘une révolution verte avec des paysans
organisés au sein d’un seul syndicat et avec une banque verte’’.
Il convient de rappeler que de tout temps, l’Etat a cherché à dominer le monde paysan. Le CNCR a
longtemps combattu pour se faire reconnaître de l’Etat et être un acteur consulté et responsabilisé
entre 1997 et 2000. Mais, ces acquis risquent de s’effriter s’il ne se redéploye pas pour faire face à ce
qu’il convient d’appeler ‘‘les agressions de l’Etat’’. Toutefois, force est de reconnaître que le CNCR
n’a pas intérêt à ce que perdure un bras de fer avec l’Etat, mais plutôt, à nouer une alliance
stratégique avec l’Etat pour jouer pleinement son rôle d’interlocuteur et de défense de la cause
paysanne auprès des pouvoirs publics.
Malgré la place reconnue à l’exploitation familiale dans les textes officiels concernant l’agriculture
(LOASP, ECOWAP), les propositions et stratégies de développement agricole de l’Etat ainsi que les
moyens de mise en œuvre sont de plus en plus orientés vers une agriculture entrepreneuriale ou
« agro-business »avec de nouveaux agriculteurs. Cette orientation se fait au détriment de
l’agriculture familiale jugée archaïque et peu performante, et qui peine à accéder aux ressources et
moyens de production. Avec une population constituée à 60% de ruraux, ayant comme principale
activité économique et source d’alimentation et de revenu l’agriculture au sens large, un
développement durable de l’agriculture en mesure de réduire l’insécurité alimentaire et la pauvreté
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ne peut être escompté sans les exploitations familiales. Accroître durablement les productions agro-
sylvo-pastorales pour mieux faire face au défi de sécurité alimentaire et réduire la dépendance vis-à-
vis des importations passera nécessairement par l’amélioration durable des performances des
exploitations familiales. D’où une remise en question de certaines orientations politiques. Le
Sénégal, comme du reste le continent africain, a besoin d’une révolution verte pilotée par les petits
producteurs qui peut aider à hisser la productivité et faire sortir de la pauvreté les millions de ruraux
(Akin Adesina, 2009).
Par ailleurs, au Sénégal, la pression foncière et la succession des programmes spéciaux sur fond de
réforme foncière non avouée, les politiques d’aménagement du territoire et des terroirs, la
communalisation, sont autant de faits qui amènent à poser le débat sur :
i) Quel avenir pour le paysan sénégalais ?
ii) Quel avenir pour le monde rural sénégalais ? et
iii) Quel avenir pour les organisations paysannes ?
C’est dans un tel contexte que la FONGS et le CNCR, avec le soutien scientifique de leur partenaire de
recherche à savoir l’Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR), ont jugé opportun d’organiser un
forum international pour partager leurs réflexions sur « Comment les exploitations familiales
peuvent nourrir le Sénégal ? ».
2.1.2 Un forum : pour quelles finalités ?
Le CNCR a toujours défendu une vision de l’exploitation familiale, et a donné mandat à la FONGS de
réfléchir à la question à travers son réseau d’associations de producteurs. Cela justifie en partie la
mise en place et l’animation d’un dispositif de suivi des exploitations familiales dans le réseau des
associations membres de la FONGS depuis 1999.
Ce forum a été le prolongement d’un processus de capitalisation et d’évaluation de la productivité
des exploitations familiales auxquelles toutes les associations membres de la FONGS, et les
fédérations d’éleveurs, de pêcheurs et de forestiers membres du CNCR ont participé. IPAR a
accompagné comme allié stratégique, le CNCR et la FONGS dans ce processus sur le plan de la
démarche et de la mobilisation des informations utiles.
Le processus a permis d’argumenter le fait que malgré certaines allégations, l’agriculture familiale
contribue déjà de façon très significative à l'alimentation des populations, et surtout qu'elle pourrait
mieux nourrir le Sénégal si certaines conditions étaient assurées, à savoir :
9
1. Repenser l'approche de la productivité des exploitations en tenant compte des fonctions
complémentaires qu’elles assurent :
1) production agro-sylvo-pastorale,
2) production non agricole,
3) consommation familiale,
4) gestion du terroir,
5) transmission de connaissances et de valeurs sociales ;
2. Faire en sorte que les exploitations familiales maîtrisent mieux leur espace et renouvellent
leurs bases de ressources naturelles, et ainsi assurent de façon durable les bases du progrès
de leurs performances et de leur reproduction ;
3. Construire un tissu économique et social régional qui stimule ces progrès et améliore les
conditions de vie et de travail dans le monde rural.
Le forum avait ainsi pour finalités de :
1) Rendre visible la place, le rôle et la contribution des exploitations familiales et de leurs
organisations à la sécurité ou souveraineté alimentaire;
2) Alimenter le plaidoyer et créer un lobbying en faveur de l’agriculture familiale auprès des
pouvoirs publics (Gouvernement et Ministères, Parlement, Collectivités Locales), des
organisations du secteur privé (commerçants, industries, patronat), de la société civile
(association des consommateurs, ONG) et des partenaires techniques et financiers ;
3) Alimenter des propositions à faire porter par le mouvement paysan ouest africain et
continental.
Ce forum qui est intervenu à un moment où le mépris et les tentatives de déstabilisation dont le
CNCR fait l’objet à travers les actes posés par l’Etat, s’intégrait dans la dynamique de redéploiement
du mouvement paysan autonome, avec un congrès national du CNCR prévu au lendemain de
l’événement.
2.1.3 Le Processus du Forum
Le processus du forum comprend deux phases distinctes :
1) L’information et l’évaluation de la productivité des exploitations familiales à travers le réseau
des associations membres de la FONGS, entre Janvier 2009 et décembre 2009 ;
2) Le portage, l’approfondissement et le partage des résultats à travers le CNCR, entre février et
décembre 2010.
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