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1 Contact : Valérie Abrial + 33 (0)1 78 09 49 55 + 33 (0)6 46 20 03 77 Le Laboratoire 4, rue du Bouloi 75001 Paris +33 (0)1 78 09 49 50 DOSSIER DE PRESSE Design cellulaire François Azambourg & Don E. Ingber 24 septembre 2010 - 30 janvier 2011 Expérience 10 (c ) A za m bo ur g / L e La bo ra to ire
  • design cellulaire aux marges de l'éco-environnement et du développement
  • frontières de l'éco-conception
  • scientifi ques
  • ques inhé- rents
  • design cellulaire
  • scientifi
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Publié le : mardi 27 mars 2012
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DOSSIER DE PRESSE

Contact :
Valérie Abrial
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Design cellulaire
François Azambourg & Don E. Ingber
24 septembre 2010 - 30 janvier 2011
10Expérience
Le Laboratoire
4, rue du Bouloi 75001 Paris
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1
(c) Azambourg / Le LaboratoireSOMMAIRE
p 3 Communiqué de presse
p 4 Scénographie
p 5 Interview croisée entre David Edwards (fondateur du Laboratoire) et François Azambourg
p 8 Entretiens entre Caroline Naphegyi (Directrice artistique du Laboratoire) et François Azambourg
p 10 Interview de Don E. Ingber par David Edwards
p 12 Biographies
p 18 Partenariats
P 19 Informations pratiques
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2 COMMUNIQUÉ
Du 24 septembre 2010 au 30 janvier 2011, Le Laboratoire présente une
exposition expérience inédite sur la thématique de l’eau et plus particuliè-
rement celle de son transport. Comment le rendre écologiquement fi able
et plus naturel ?
Pour répondre à cette problématique, le designer François Azambourg et le
scientifi que Don E. Ingber ont réunit un panel de chercheurs et se sont attachés
à inventer un modèle de contenant qui soit au plus proche de la nature.
Imaginons la possibilité de transporter l’eau en s’inspirant du modèle de la cellule
biologique… Cette suggestion soulevée à Harvard à l’automne 2008, lors d’un
cours mené par le fondateur du Laboratoire, le Professeur David Edwards, est à
l’origine des travaux en cours au Laboratoire. Elle pourrait sembler utopique et
pourtant elle s’avère être réalisable grâce à l’intervention d’experts renommés.
François Azambourg travaille depuis à des nouvelles formes de design cellulaire
et élabore la scénographie de l’exposition qui sera présentée au Laboratoire.
Dans une volonté participative, il a convié ses étudiants de l’ENSCI à s’inscrire
activement dans le projet.
L’expérience est menée en étroite collaboration avec le scientifi que américain
Don E. Ingber, spécialiste de la biochimie cellulaire et David Edwards ; accom-
pagné des chercheurs français Raphaël Haumont et Sidi Bencharif, spécialistes
de la physique-chimie des matériaux.
L’exposition Le Design Cellulaire présentera les étapes fondamentales inhéren-
tes à la réalisation du projet ; des essais réussis mais également loupés ; et enfi n
des nouvelles formes de bouteilles autour d’un design cellulaire et éphémère….
(c) Azambourg - Le Laboratoire
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3 SCÉNOGRAPHIE
L’exposition Le Design cellulaire a la particularité de présenter tous les processus
de création qui ont été mis en oeuvre au cours de l’expérience.
Sur le modèle d’un quotidien de laboratoire de recherche, le projet est montré de
façon à tout dévoiler : des essais aux succès, des prototypes aux produits fi nis en
passant par les échantillons et les échecs.
François Azambourg a choisi de rester au plus proche de la vérité scientifi que.
Sa mise en scène de l’expérience, aux frontières de l’éco-conception, rejoint les
process de la nature elle-même.
C’est en s’inspirant d’une algue que le designer a créé une sculpture arborescente
qui se fait l’écho des différentes voies de recherche. Par le biais de cette installa-
tion, les différentes approches de réfl exion sont exposées ; certaines voies ayant
abouti, d’autres étant toujours en cours d’exploration.
En montrant l’état actuel de la recherche, Le Laboratoire invite à pousser encore
plus loin les investigations et tend à prouver que l’innovation est toujours en mou-
vement.
Dans une salle adjaçente sont exposées les nouvelles formes de contenant, celles
qui suggèrent une eau designée, transportées par de nouvelles formes au plus
proche de la nature.
Un design cellulaire aux marges de l’éco-environnement et du développement du-
rable.
(c) François Azambourg - Le Laboratoire / Elément de scénographie
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4 IINTERVIEW CROISÉE ENTRE DAVID EDWARDS,
FONDATEUR DU LABORATOIRE ET
FRANÇOIS AZAMBOURG
Le projet Design Cellulaire est né au cours d’une discussion entre Da-
vid Edwards et ses étudiants, qui ont imaginé la possibilité de créer
une bouteille dont le matériau s’inspire du modèle de la cellule biolo-
gique. Deux ans plus tard, ce design écologique voit le jour au Labo-
ratoire. Comment avez-vous vécu les prémisses de cette histoire ?
David Edwards : En fait, l’idée de mes étudiants était plutôt liée à un objet
de transport inspiré par la cellule biologique, plus proche de notre « Pumpkin
»* d’aujourd’hui. En décembre 2009, je commençais à me dire qu’une réalité
de la cellule biologique c’est l’indissociabilité du contenant et du contenu.
Sur le conseil de Caroline Naphegyi, j’ai contacté François, en lui deman-
dant s’il pourrait être intéressé par un projet de design d’une bouteille avec
cette particularité ; une bouteille écologiquement neutre, plutôt naturelle. Il
s’est montré immédiatement curieux, et a commencé à explorer la nature
des fruits. De fait, on a réellement collaboré à partir de janvier 2010.
François Azambourg : Le projet fait coexister deux axes : la grande ques-
tion de l’eau et celle de son transport. Cela amène à des voies nouvelles
enthousiasmantes ! Surtout lorsque l’on prend en considération les problè-
mes actuels que soulèvent les bouteilles en plastique et les problématiques
d’énergies non renouvelables. Ce n’est un secret pour personne : la pollu-
tion est aujourd’hui diffi cilement maîtrisée.
A considérer les aspects du projet dans son rapport au transport et à l’éco-
logie, cela nous amène sur une expérience qui nous permet d’inventer une
nouvelle façon de voir le contenant. Nous sommes dans un sujet très ac-
tuel.
L’exposition a la particularité de montrer toutes les étapes du pro-
jet ; à l’image d’un documentaire, le visiteur pourra s’immerger dans
la recherche et les évolutions qui ont habité votre travail ; celui des
designers et des scientifi ques. Que cherchez-vous à démontrer en
dévoilant les moments clés de vos travaux ? En intégrant de manière
exclusive les visiteurs dans les secrets du Laboratoire ?
D.E. : Cette idée venait entièrement de François. Je l’apprécie beaucoup.
Au Laboratoire, on est toujours fasciné par l’opportunité, et motivé par le
défi de faire entrer le public dans le processus de création ; d’ailleurs c’est le
sens même du Laboratoire, à la fois lieu de recherche et d’exposition.
F.A. : Le lien avec la teneur même du Laboratoire n’est pas anodin. On
n’y entre comme dans un lieu de recherche. En montrant les rouages de
l’expérience, on exprime clairement la volonté de clarifi er les propos assez
complexes de la recherche ; nous clarifi ons une certaine pensée.
L’exposition présente le début d’une discussion dont les contraintes de pré-
sentation en septembre induisent un arrêt dans un segment temporel ; la
conversation quant à elle, se poursuit. En réalité, nous présentons un work
in progress ; car les choses ne s’arrêtent pas là et la scénographie suggère
la continuité de ce travail.
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5 L’échec appartient fondamentalement aux essais scientifi ques inhé-
rents à toute recherche. Peut-on considérer, qu’à défaut d’être une
défaite, il est riche d’enseignement et porteur d’espoir ?
La scénographie donnera à voir ces échecs ; que souhaitez-vous dé-
montrer réellement ?
D.E. : Les moments clés de chaque processus de création sont ces mo-
ments où on s’arrête devant un résultat surprenant ; on apprend, on réfl échit.
Vue de l’extérieur, on pourrait voir un échec. En fait, on imagine une certaine
voie de développement et puis on comprend que cette voie n’existe pas,
ou ne sera jamais fructueuse. On ne découvre rien si nos hypothèses sont
toujours confi rmées. L’échec, en ce sens, est au cœur de la découverte.
F.A. : Ce ne sont pas des échecs mais des expériences dans l’expérience
en elle-même couronnée de succès à la fi n. Dans la recherche, on est face
à des situations nouvelles qui nous donnent toujours envie d’aller plus loin.
Comment s’est déroulée votre collaboration ? Les contraintes scienti-
fi ques ont-elles parfois fait obstacles aux souhaits du designer ? Ou
diriez-vous qu’elles ont contribué à développer un design novateur ?
D.E. : Les contraintes scientifi ques et technologiques étaient importantes,
effectivement, et je dirais que, depuis le début, le design et la recherche
scientifi que étaient complètement mêlées. François voulait tout compren-
dre, intégrer dans son design la réalité de la nature.
F.A. : Les contraintes sont une évidence. C’est également ce que la scéno-
graphie tend à démontrer. L’histoire des objets, c’est la confrontation entre le
rêve et la réalité. Le design ramène l’objet dans le rêve et non la réalité. Et la
part qui est non résolue créé un terrain sur lequel on va bâtir de nouveaux
projets.
La donne écologique et environnementale est un aspect fondamental
du projet Design Cellulaire. Quels sont les enjeux du design écologi-
que aujourd’hui ?
D.E. : Je travaille à Harvard dans un institut d’engineering inspiré par la
biologie et en septembre je chapote une session à Cambridge UK dans le
contexte d’une conférence internationale sponsorisée par les académies de
science aux Etats-Unis et en Europe, intitulée encore une fois « engineering
inspiré par la biologie » … Le fait est que la nature devient aujourd’hui la plus
grande source d’inspiration du design, comme l’engineering, un phénomène
encourageant étant donné l’état écologique fragile de la planète.
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6 F.A. : Je suis presque né dans l’économie de projet. Cette donnée m’accom-
pagne depuis longtemps. La vrai question c’est : qu’est-ce-que peut nous
rendre la Terre ? Car les dogmes sur l’écologie sont plutôt effrayants. Nous
devrions, en réalité, nous interroger sur la déconnexion de l’individu d’avec
la Nature. Aujourd’hui, qui d’entre nous mange aux rythmes des saisons ?
C’est important de retrouver nos fondamentaux, un bon sens paysan. Il y a
encore beaucoup d’efforts à faire en ce sens.
Suite à l’exposition, avez-vous l’intention de poursuivre vos recher-
ches sur le terrain du design cellulaire? Quel avenir imaginez-vous
pour la nouvelle bouteille ?
D.E. : Oui, bien sur, ce n’est que le début ! J’imagine une nouvelle tech-
nologie, ou plusieurs nouvelles technologies, commercialisées pendant les
années à venir.
F.A. : Dans la mesure où nous sommes dans un work in progress, oui,
l’expérience continue avec une équipe de spécialistes et scientifi ques. La
diffi culté dans la forme fi nale de la bouteille est de trouver justement une
forme qui soit au plus près des codes marketing connus pour une bouteille
mais dont le design soit décalé et montre qu’il se passe quelque chose.
*Le Pumpkin est un sac innovant qui permet de transporter de l’eau grâce à un design inspiré par le
modèle de la cellule biologique. Son prototype est actuellement exposé au LaboShop.
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7 ENTRETIEN ENTRE CAROLINE NAPHEGYI, DIRECTRICE ARTISTIQUE
DU LABORATOIRE ET
FRANÇOIS AZAMBOURG
Caroline Napheygi : Quand David m’a demandé de réfl échir à un designer
susceptible d’imaginer une « bouteille » dont le contenant serait fait de son
contenu, sur le modèle d’une cellule biologique, j’ai immédiatement pensé à
vous. Sans doute parce qu’il s’agissait avant tout de donner corps à un objet
à partir d’une matière donnée. De votre côté, qu’est-ce qui vous a interpelé
dans la proposition initiale de David ?
François Azambourg : J’ai répondu à votre invitation de façon toute à fait
naturelle et évidente. Les problématiques que suggère le projet sont très
proches de l’actualité. Comment résoudre le problème de l’emballage plas-
tique comme contenant de l’eau et le problème de son recyclage ? Il y a
encore beaucoup de choses à défricher sur ce terrain là. L’idée réellement
plaisante est de se dire que la biologie peut contribuer à trouver des solu-
tions à ces problèmes fondamentaux.
Caroline Napheygi : Philippe Louguet* parle de vous comme « celui qui
ré-enchante la matière en interprétant ces logiques à travers une démar-
che expérimentale ». La matière en question, la cellule biologique, était
relativement « immatérielle », et donc peu manipulable comparé à d’autres
matériaux avec lesquels vous avez pu travailler. Comment décririez-vous le
cheminement de votre démarche, les étapes de votre recherche en tant que
designer ?
François Azambourg : Cette matière « immatérielle » n’entre pas dans
une démarche contradictoire. J’ai toujours recherché et travaillé sur la ma-
tière molle ; celle qui à trait à un univers fl exible, souple, voire non fi ni. La
question du contour fl ou de l’objet m’intéresse ; je vois cela comme une
performance, car la matière a ses limites. L’idée de pousser la matière dans
ses limites pour atteindre un résultat maximum est très enthousiasmant.
C’est d’ailleurs ce que nous montrons dans la scénographie rendue au plus
simple du discours.
Caroline Napheygi : Dès les premières réunions, vous avez suggéré d’ob-
server la nature, (le grain de raisin, le quartier de mandarine, l’œuf d’oiseau
ou de poule…), avant même d’imaginer un objet. Votre démarche, basée
d’abord sur l’observation empirique, est très proche de celle d’un scientifi -
que. La collaboration avec des scientifi ques est-elle pour vous une premiè-
re expérience ? Cette expérience ouvre-t-elle un champ d’expérimentation
pour le futur ?
François Azambourg : J’ai un esprit scientifi que par nature ; mes études
ont porté dans un premier temps sur la technologie. Donc, pour moi, il est
naturel de travailler en harmonie avec les scientifi ques. C’est une collabo-
ration très équilibrante. Ensemble, nous sommes dans l’expression de ce
que nous avons envie de faire. Avec l’exposition Design Cellulaire, nous en-
gageons les prémisses d’une expérience. Nous annonçons les premières
étapes. Les choses sont en route. Au fond, il existe un univers qui s’ouvre à
nous : celui de la biologie au service du design et de l’industrie.
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8 Caroline Napheygi : Vous avez associé en plus de l’équipe scientifi que
proposée par le Laboratoire, une équipe de jeunes designers de l’ENSCI,
où vous enseignez. Comment concevez-vous une recherche collective ?
François Azambourg : Dans la mesure où l’expérience se passe au Labo-
ratoire, il me semblait naturel de fonctionner à l’instar d’un vrai Laboratoire.
Celui qui justement implique une recherche collective avec scientifi ques,
designers et étudiants. J’ai donc fait appel à mes étudiants de l’ENSCI pour
que toutes les entités de l’ensemble fassent cohésion dans l’expérience
scientifi que.
* critique d’art, d’architecture et de design, historien de l’art, conférencier, professeur chercheur
d’architecture et de design, architecte, plasticien.
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9 INTERVIEW DE DON E. INGBER PAR DAVID EDWARDS
Les récents travaux de scientifi ques et ingénieurs semblent particulière-
ment s’inspirer de la biologie et de la nature. Quelles en sont d’après vous
les raisons ? Pouvez-vous nous donner quelques exemples de recherches
que vous menez en la matière ?
Don E. Ingber : Nous sommes à un tournant de l’histoire dans la mesure où nous
nous rendons compte à présent que notre planète ne pourra longtemps supporter
les effets qu’engendre la croissance des activités humaines. Les modes actuels de
production et de consommation d’énergie, de fabrication de produits et de construc-
tion d’habitat ne sont pas viables à long terme car ils épuisent les ressources na-
turelles essentielles. Sur le volet santé, nous dépendons de traitements à base de
produits de synthèse qui causent plus de mal que de bien parce qu’ils sont peu
ou pas « compatibles » avec nos organismes. À l’inverse, la nature a développé
des stratégies pour construire, contrôler, fabriquer et produire de l’énergie par des
moyens qui sont respectueux à la fois de notre environnement et de notre corps.
Dans les travaux menés à l’Institut de Bio-ingénierie de l’Université d’Harvard que
je dirige, nous cherchons à utiliser les stratégies d’auto-organisation, d’adaptation et
de sélection mobilisées par le monde du vivant pour développer des micro-organis-
mes qui proposent de nouvelles fonctions, telle la capacité à produire de l’énergie
ou à fabriquer des protéines naturelles à haute effi cacité thérapeutique. Nous nous
attachons également à réaliser des matériaux biodégradables à usage de grande
consommation, reproduisant par exemple la résistance de l’aluminium tout en étant
deux fois plus légers. Il s’agit en l’occurrence d’éléments assemblés à la manière de
cuticules d’insecte à partir de matériaux chimiquement identiques. Nous travaillons
aussi sur de minuscules appareils implantables qui imitent la capacité de l’embryon
à stimuler la formation d’organes, en vue d’applications médicales régénératives.
Quand vous êtes-vous intéressé à ce type d’expérience, pourquoi et quelles
pourraient en être les implications ?
D.I. : J’étudie depuis plus de trente ans les processus mis en place par la nature
pour fabriquer des cellules vivantes présentant des propriétés organiques, telles
que la capacité à changer de forme, à se déplacer, à se développer. C’est ainsi que
j’ai découvert la puissance de systèmes d’auto-organisation qui se construisent à
partir de petits éléments et qui développent de nouvelles propriétés mécaniques ou
structurelles du fait de leur architecture interne. Cela m’a conduit à créer Molecular
Geodesics Inc au milieu des années 1990, une entreprise qui s’intéressait à la créa-
tion de « matériaux biomimétiques » imitant la façon dont les substances du vivant
sont conçues à l’échelle micro ou nanoscopique. Mais les capacités techniques
étaient alors limitées. Grâce aux récentes collaborations entre biologistes, ingé-
nieurs, physiciens et chimistes, nous avons maintenant la capacité de réaliser des
structures qui adoptent pratiquement n’importe quelle forme souhaitée à l’échelle
nanométrique à partir de matériaux élémentaires, en programmant des molécules
qui s’auto-assemblent de manière contrôlée.
Nous avons également beaucoup appris sur la façon dont les systèmes vivants
s’auto-organisent, s’adaptent à leur environnement et développent de nouvelles
propriétés tout à fait incroyables. Nous allons donc au-delà de la simple bio-ingénie-
rie, qui applique des principes d’ingénierie à la résolution de problèmes médicaux,
pour aborder une nouvelle phase dans laquelle nous appliquons ces principes bio-
logiques pour trouver des solutions d’ingénierie entièrement nouvelles. C’est ce que
nous appelons « l’ingénierie inspirée du vivant ».
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