Fermé le samedi

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Publié le : lundi 26 mars 2012
Lecture(s) : 37
Source : univ-tours.fr
Nombre de pages : 8
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Fermé le samedi
Jean-Luc JOHANNET Né le 22 février 1951 à Blois
Il reçoit une formation approfondie à l’École d’Architecture de Normandie et suit les cours de gravure (eau-forte) et de sculpture à l’École des Beaux-Arts où il a comme professeur Jean Leleu. Il participe, en tant qu’architecte, à des projets tels que celui du nouvel opéra de la Bastille. Il est même Lauréat National pour son étude d’aménagement de la place Napoléon à la Roche-sur-Yon (Vendée) en jardin fantastique. La rigueur et la logique de l’architecte (Johannet est un des spécialistes fran-çais des dômes géodésiques) trouvent leur plein épanouissement dans une autre expression plastique, la sculpture. Architecture et sculpture sont indis-sociables chez Johannet ; les recherches, nées de l’admiration qu’il porte à l’œuvre onirique et savante d’A. Gaudi, le « merveilleux » slave (l’église de la transfiguration de KIJI), l’architecture religieuse indienne et l’œuvre écrite de H. P. Lovecraft, s’interpénètrent et se complètent donnant naissance à des œuvres bâties ou sculptées d’une remarquable variété. Johannet réussit cet apparent paradoxe, à savoir fabriquer une sorte « d’Art Brut » intellectualisé, unique et difficilement classable à partir de science et nature, cultures et mythes, passés systématiquement à la « moulinette sur-réaliste » du merveilleux onirique. La rencontre d’éléments composites, bois, plâtre, béton, os et de techniques diversifiées, initiative déjà fort riche en elle-même, est exaltée par les ressour-ces de l’imaginaire. Les responsables du Musée de la Compagnie de l’Art Brut à Lausanne ne s’y sont pas trompés en l’invitant à venir présenter ses œuvres dans cette insti-tution.
Exposition
La bibliothèque universitaire de Blois présente sur ses murs une cinquantaine de dessins originaux à l’encre et colorisés d’un grand raffinement, ainsi que des études en carton qui ponctuent de volumes cette exposition ; ces der-niers, objets de réflexion, de laboratoire, ou d’études, nourrissent et inspirent les enfants du Service de pédopsychiatrie de l’Hôpital de Blois. Les œuvres exposées introduisent à l’univers fécond et imaginaire de Jean-Luc Johannet, à sa grande curiosité ; l’artiste s’en explique volontiers avec générosité. Vous pouvez contacter la bibliothèque afin que Jean-Luc Johannet présente lui-même cette exposition à des groupes d’étudiants ou d’élèves.
Objet-monde
Tout objet qui possède une richesse de formes et de significations est un « objet-monde » pour Jean-Luc Johannet. Il peut être simplement un outil universel (ex : la fonction d’un casse-noix en pince de crabe mais qui garde sa fonction tout en ayant un autre sens), mais aussi une architecture de cathédrale (ex : celle de Chartres, faite de la main d’une foule d’artisans de différents corps de métiers : vitraux, statues, chapiteaux, peintures, voûtes, colonnes, dalles en mosaïque d’un la-byrinthe, mobiliers, etc… bref, une bâtisse interprétable à l’infini). Les fonctions symboliques sont extrêmement nombreuses et débordent leur fonction initiale. La roue est l’objet-monde le plus connu.
Baies
Géographiquement indéfinissable, la baie est une ambiguïté géolo-gique entre terre et mer. L’immensité dangereuse des sables dit « mouvants » contribue à la création de mythes, entre le liquide et le solide ; le mouvement de l’eau rattrape le piéton imprudent à la vitesse d’un cheval au galop. C’est un lieu primitif où peut naître et se débattre toute vie.
Temples et citadelles
Nous sommes dans le domaine de la hauteur contrairement à la baie. Les demeures des Dieux sont des montagnes (l’Olympe en Grèce, Méru dans l’Himalaya etc...) qui sont des constructions naturelles. Accéder à toute citadelle ou temple suppose un cheminement com-plexe, périlleux (Mont St Michel). Une fois la porte franchie, il faut avec effort poursuivre l’ascension. C’est une agglomération physique comme la pétrification de stalagmites, prolongation humaine des poussées telluriques, continuation architecturale d’un phénomène géologique. La citadelle elle-même sauvegarde ; derrière la porte existe la sécu-rité d’un monde proche du ciel. Bien que terrestre, il est bâti sur des phénomènes géologiques, au-dessus des nuages.
Ponts & Portes
Le pont relie les rives d’un cours d’eau, mais aussi l’amont et l’aval du chenal ; possédant deux axes, il est un objet cardinal. Les portes ont la fonction d’occulter l’intérieur d’un meuble, d’une demeure, d’une cité, etc... Les portes gardent des secrets, peuvent s’ouvrir vers des jardins de paradis ou se refermer sur l’enfer.
Véhicules
Les « véhicules » ont un caractère fascinant et universel. Dans le bouddhisme, les véhicules sont représentés par des disques au sommet d’un Stûpa, par des roues de pierre aux 4 coins du temple hindou du char de Dieu, le char d’Hélios... Ils sont susceptibles de permettre, en provenance ou en partance, des voyages et transferts vers l’Au-delà, mais aussi vers la poésie, le rêve, l’émotion. Les véhicules hybrides animaux entrent dans la conception des « ob-jets-mondes » de Jean-Luc Johannet. Ils sont un casse-tête pour la circulation dans les villes qu’ils encombrent aux feux rouges et sur les routes (Blois-Orléans) par leur lenteur de déplacement, traînés péni-blement mais triomphalement par un tracteur « familial » vétuste (la « Tartaroga »,1996). Plus encore est envahissante la folle envergure des ailes de 7 mètres de « L’oiseau euphorique » (1986), oiseau gigan-tesque exposé sur le parvis de la Halles aux grains à Blois, invité à se poser, grâce à Thévoz, devant le musée d’Art Brut de Lausanne, pour reposer désormais au milieu d’un bassin au seuil de l’Ecole Polytech-nique de cette ville ; adopté, l’oiseau mécanique en bois est devenu le sigle de la fameuse école d’ingénieurs suisse.
Merveilleuses mathématiques Le monde merveilleux des mathématiques contient des multiples constants : Pi = 3,14 pour tout ce qui est circulaire, harmonie des sphères, et, le nombre d’or = 1,618, ou son contraire 0,618, pour la rythmique de la croissance en biologie végétale, voire même dans la structure du carbone. L’application dans les arts donne les principes d’harmonie architecturale, musicale, picturale, etc. ; dans l’Antiquité, les Egyptiens, Pythagore... avaient déjà compris cela. Nous devons la découverte d’une nouvelle classe d’objets mathé-matiques à Benoît Mandelbrot (Franco-américain, 1924-2010) qui a permis la compréhension d’objets fractals : formes purement mathé-matiques et informatiques, qu’on retrouve d’ailleurs à l’état naturel (visibles dans le brocoli, dit « chou romanesco »). Jean-Luc Johannet conçoit des géodes (la « Maison-terre » du Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire en 2010, la « Tarta-roga », 1996), et beaucoup d’autres sculptures-objets ou maquettes réalisées au 1/10e selon des calculs mathématiques ; ces calculs ap-portent une cohérence adaptée à la physique des matériaux, ils per-mettent la complexité et surtout alimentent son inspiration. Voici comment Jean-Luc Johannet commente lui-même l’objet frac-tal exposé :  « Une génération de formes « enfantent » des formes différentes ; parents et enfants sont différents pourtant ils sont d’une même fa-mille ; soit, ici, cette succession de formes imbriquées les unes dans les autres selon cette logique : icosaèdre  icosaèdre étoilé  demi-dodécaèdre  demi-dodécaèdre étoilé  quintuple trièdre  penta-gone  dodécaèdre  dodécaèdre étoilé  (à nouveau le cycle re-commence) icosaèdre  icosaèdre étoilé  etc., cela donne un objet fractal, et c’est infiniment beau ».
Ingénierie chinoise
Le pont merveilleux chinois de la dynastie Song* (entre 960 et 1279), maintient les poutres entre elles par un tressage rigide qui figure une voûte circulaire, sans doute née de l’observation du tressage du pa-nier de pêche en osier basculé à l’horizontal. *sous cette même dynastie furent découvertes la poudre et la boussole.
La Navigation en Loire Depuis l’antiquité la Loire est une voie navigable. Son rôle fut essentiel jusqu’au milieu du XIXème siècle : du point de vue historique, la flotte gauloise aux voiles de cuir se battait contre les navires romains à Nantes, les drakkars Wikings remontaient le cours de la Loire en pillant ses riverains puis en s’y installant en tant que voie de transit, voie d’eau jusqu’à Orléans pour conti-nuer sur Paris par la route pour le commerce (ex : vins, vinaigre, vaisselles,…avec les Hollan-dais et les Anglais) en ce qui concerne le tourisme (artistes-voyageurs : Comtesse de Sévigné, Turner, Flaubert…) Le train (vers 1850) donne le coup de grâce ; la navigation périclite ; la Loire tombe dans le Patrimoine de l’Humanité (UNESCO). De nos jours, on reconstitue et adapte (par motorisation) des gabar-res, des coches (du XVIème au XIXème siècle), des fûtreaux… pour des promenades contemplatives et culturelles, par goût de l’histoire et des arts et qui témoignent d’une proximité reconquise sur la vie naturelle de ce fleuve emblématique. Jean-Luc Johannet est un des acteurs de ce renouveau de la batel-lerie comme architecte et constructeur au sein de l’Association de la Marine de Loire (reconstruction d’un chaland de Loire «Dame Crue », 1987). Les principes sont les mêmes : un fond plat pour passer les bancs de sable, une voile carrée (comme les Wikings) qui permet au vent d’ouest arrière de remonter le courant du fleuve, la piautre, procédé très ancien de gouvernail avec sa rotation oblique qui peut être re-levé... Ces procédés traditionnels et ingénieux ont permis à nos aïeux la domestication de ce fleuve sauvage.
La Terre Creuse « Jardins corps et âme », thème 2010 du « Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire », a permis de fédérer autour d’une structure géodésique de Jean-Luc Johannet une équipe de soi-gnants et d’enfants de l’Hôpital de Blois*. C’était le seul jardin où l’on entrait à l’intérieur entièrement ; c’était une caverne. Les babyloniens croyaient vivre dans la terre sous une voûte minérale étoilée selon leur cosmogonie. Cette représentation cosmogonique circulaire de l’habitat est commune à beaucoup de cultures (nomades préhistori-ques, dogons, aztèques, sibériens, esquimaux, etc.). L’enfant vient du ventre de sa mère et les petits hommes, le peuple-enfant, les nains, vivent sous terre dans les mythologies nordiques. Ici les enfants sont venus peupler de leurs créations (land-art, villages de terre, poupées d’alu, visages avec plantes, masques d’animaux totems protecteurs, etc.) la partie convexe et concave du dôme géodésique**. *Service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent , (CMSP) **la géodésie (du grec : gê, « Terre » et daío, « diviser ») s’occupe de la détermination de la forme et des dimensions de la Terre dans son ensemble, autrement dit, de la figure de la Terre.
Châteaux de paille
Les « châteaux de paille », au sens de « châteaux de sable », contraire-ment à l’utopie dont l’étymologie grecque signifie « sans lieu », sont nés précisément à partir de lieux, comme ici celui de la Beauce où est né Jean-Luc Johannet ; œuvres sur site, parce que le site existe et engendre l’imaginaire. Ces demeures éphémères, dont la paille sera récupérée puis vendue, sont conçues avec le potentiel de machine-ries agricoles, actuelles et locales. Destinés à exister un jour, quand le prince viendra, ces temples de paille rappelleront au loin les flèches de la cathédrale de Chartres, pointant sur l’étendue infinie, étape di-gne du chemin de St Jacques de Compostelle… L’artiste a conçu pour ces champs qui s’ennuient à chaque saison morte une fois les blés coupés, un « char à voile » praticable dans ces immensités de chaumes, plaines balayées par les vents, tristement esseulées de leurs moulins disparus. Projet destiné à exister un jour, cette fois, sous l’égide d’un roi… de la paille.
Illustrations des commentaires de Jean-Luc Johannet
Sanchi, Madhya Pradesh, IIIe siècle
Casse-noix
Temple du soleil de Konarak
Cathédrale de Chartres et La Beauce
Nombre d’Or
Oiseau-euphorique, 1987
Tartaroga, 1996
Objet fractal
Badami, Kanataka,1855, Inde
Baie du Mont St Michel
Brocoli romanesco
Dame Crue sur la Loire, 1996
Maison-terre à Chaumont, 2010
Bibliothèque universitaire François-Rabelais, site de Blois, 6, place Jean Jaurès ( 2ème étage bât. Abbé Grégoire, entrée côté colonnades ) 41000 Blois 02-54-90-26-05 / Ouverture de 8h30 à 18h30 du lundi au vendredi
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