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1SOMMAIREIIIII AVANT PROPOS 2 LE FILM 1 - Génériques 3 3 - Résumé 4 4 - Le réalisateur 4 5 - Filmographie 7 5 – Propos du réalisateur 8 APPROCHES DU FILM 1 – Découpage séquentiel 11 2 – Les personnages 20 3 – Le traitement cinématographique 24 4 – La critique 27 AUTOUR DU FILM 1 - Contexte de production du film!: les tensions politiques et sociales dans l'Etat d'Israël 29 2 – Des pistes autour du film 31 PETIT LEXIQUE DU JUDAÏSME 35 BIBLIOGRAPHIE 42

  • fanatisme contre l'histoire

  • communauté juive

  • film de transition entre l'intérêt du cinéaste pour l'architecture

  • carrière de documentariste politique avec charisma

  • codes de vie traditionnels

  • entité politique


Publié le : lundi 18 juin 2012
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Source : crdp.ac-bordeaux.fr
Nombre de pages : 43
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SOMMAIREIIIII
AVANT PROPOS 2
LE FILM
1 - Génériques 3
3 - Résumé 4
4 - Le réalisateur 4
5 - Filmographie 7
5 – Propos du réalisateur 8
APPROCHES DU FILM
1 – Découpage séquentiel 11
2 – Les personnages 20
3 – Le traitement cinématographique 24
4 – La critique 27
AUTOUR DU FILM
1 - Contexte de production du film!: les tensions 29
politiques et sociales dans l’Etat d’Israël
2 – Des pistes autour du film 31
PETIT LEXIQUE DU JUDAÏSME 35
42BIBLIOGRAPHIE
1AVANT-PROPOS .
Le fanatisme contre l’histoire
« Car quand on n’a pas conscience de l’oubli, de l’épaisseur du passé, il est impossible de mener à bien le
travail de l’anamnèse, de mettre à distance le texte pour le poser devant soi tel un objet à commenter et à
critiquer. » (…)
Car il y a toujours une intense et terrible revendication de pureté dans le discours intégriste, un retour à la
pureté afin de nier la modernité et ses impuretés. C’est une pensée très sereine qui vise à l’élimination des
1autres systèmes. » Abdelwahab Medded, 1997
« Cette volonté de figer le judaïsme dans un refus de la modernité n’en est pas moins elle-même une nouveauté.
(…)Les orthodoxes contemporains (…) ont fabriqué un judaïsme fondamentalement moderne contre la
modernité, à partir d’une sélection des sources susceptibles de faire autorité et d’imposer les normes de
comportement retenues, d’une lecture elle même sélective de ces sources, et d’une interprétation fortement
biaisée du passé juif
2- en fait, ils nient l’histoire. Ce qu’on nous présente dans sa pureté est une tradition réinventée. »
Jean Christophe Attias, 2001
Il est tout autant amer que symptomatique, que le sujet de ce quatorzième Festival international de film
et d’histoire, consacré au fanatisme, accorde une large place à la représentation cinématographique de
l’intégrisme religieux contemporain.
Il s’agit non pas de réfléchir sur un discours narratif et historique sur une période donnée mais de
projeter des témoignages culturels différents sur un phénomène toujours contemporain qui révèle que
le cinéaste, les personnages et les spectateurs sont aussi des personnes appartenant à l’Histoire en train
de se faire, responsables, ou tout du moins parti prenant des choix de société.
Dans la société mondiale contemporaine meurtrie par les dissensions et les violences nationales et
religieuses, la question du fanatisme, des codes de vie intégristes, de l’interprétation des préceptes et
des écritures, et celle de la vie en communauté (à l’intérieur et au-delà d’une confession, dans un
territoire national multiconfessionnel) est un enjeu primordial pour tenter de favoriser la paix politique
et sociale entre les peuples et les pays.
Kadosh qui se situe à Jérusalem, terre des trois monothéismes, n’est pas un film sur le racisme et la
xénophobie du fanatisme religieux. Kadosh est un film qui préfère réfléchir sur les conséquences
dramatiques et suicidaires dont l’intégrisme menace les propres individus de sa communauté. À partir
de là, le cinéaste Amos Gitaï a mis en exergue la vie des femmes que les trois religions monothéistes
ont traditionnellement cantonné à un rôle mineur au service de la communauté.
Ce film porte en lui l’horizon de la vision moderne et laïque de l’émancipation et de
l’épanouissement individuel de la femme dans la société contemporaine. Il souligne de fait la violence
de la mort physique ou sociale (hors de la communauté) de la femme. Face à une interprétation
univoque des textes par certains courants religieux, les femmes, personnes et personnages aimantes et
souffrantes, se débattent tragiquement au cœur d’une lutte qui tente de concilier leur rôle sacré
ancestral de mère et d’épouse et la reconnaissance moderne de leur désir.
Ce film est un magnifique témoignage de l’importance, pour la laïcité, de débattre, à côté de
l’exclusion des autres cultures, de la lourde menace de destruction psychique et physique des individus
qu’engendrent les communautés monothéistes intégristes.

1 Réplique à l’intégrisme, Cahiers du Cinéma n°517, octobre 1997, entretien d’Abdelwahab Medded avec
Antoine de Baecque
2 Les juifs ont-ils un avenir ?, Esther Benbassa et Jean Christophe Attias, Edition J.C Lattès, 2001, p127
2LE FILM .
1 – Générique technique
Production Amos GITAÏ, Michel PROPPER et Laurent
TRUCHOT
Producteur exécutif Shuky FRIDMAN
Distribution Océans Films (Paris)
Scénario original Eliette ABECASSIS, Jacky CUKIER et Amos
GITAÏ
Réalisation Amos GITAÏ
Assistant réalisateur Shai GANI
Monteur Kobi NETANEL et Monica COLEMAN
Directeur de la photographie Renato BERTA
Ingénieur son Michel KHARAT
Compositeurs Musicaux Charlie HADDEN, Michel PORTAL et Louis
SCLAVIS
Décors Miguel MARKIN
Maquillage Ziv KATANOV
Costumes Laura DINULASCO
Scripte Gadi NEMAT
Durée : 110 minutes
Sortie en France : 1er septembre 1999
Le film a été sélectionné au Festival de Cannes.
2 – Générique artistique
Rivka Yaël ABECASSIS
Meir Yoram HATTAB
Malka Meital BARDA
Yossef Uri Ran KLAUZNER
Rav Shimon, le rabbin Yussef ABU WARDA
Yaakov Sami HORI
Elisheva, la mère Lea KOENING
La gynécologue Rivka MICHAELI
Nota!: Le personnage du rabbin est un véritable clin d’œil du réalisateur Amos Gitaï, homme
laïc et ami de grands réalisateurs palestiniens comme Elie Souleman, à la situation
contemporaine de conflit entre Israël et l’entité politique palestinienne. En effet, le rabbin est
joué par un acteur palestinien!!
33 - Résumé
Le quartier Mea Shearim, à la périphérie de la ville de Jérusalem, est le lieu de regroupement
de la communauté juive orthodoxe. Ce quartier maintient des codes de vie traditionnels et
archaïques qui en font un quartier à part. La population refuse d’utiliser la télévision et la
radio, qui propagent les méfaits profanes de la modernité. Les annonces qui concernent
l’ensemble de la communauté sont communiquées par différents placards sur les murs du
quartier.
Chaque couple marié du quartier vit selon un rythme immuable et une lecture à la lettre de la
Torah qui circonscrit très précisément la place de l’homme et de la femme. La femme
s’occupe de la maison et des enfants mais elle est aussi celle qui a la responsabilité de
pourvoir aux besoins financiers du couple en travaillant. Le mari du couple juif orthodoxe met
à profit son temps quotidien pour apprendre et discuter les enseignements et les prescriptions
de la Torah.
Amos Gitaï utilise pour sa fiction ce quartier pour lequel toute image est suspicieuse. Il nous
met en présence de deux sœurs Rivka, l’aînée, et Malka, la cadette.
Rivka, mariée depuis dix ans et amoureuse comme au premier jour de Meir, est écartée de la
communauté car malgré la beauté des liens qui les unissent son couple reste stérile.
Malka, amoureuse d’un chanteur marginalisé par la communauté car il a porté les armes, est
mariée de force à un jeune talmudiste proche du rabbin.
La souffrance de sa sœur aînée et la violence de son désir d’émancipation personnelle,
permettront à la cadette de prendre le chemin de la révolte.
La compassion et l’amour des deux sœurs, en butte à la violence inique de la Loi religieuse et
à l’incompréhension des hommes, n’empêcheront pas leur déchirement et leur fuite (physique
ou mortelle) en dehors de la communauté.
3 – Le réalisateur
Amos Gitaï, cinéaste israélien né à Haïfa le 11 octobre 1950.
èmeLors de sa venue au 20 Festival des Trois Continents de Nantes, Amos Gitaï a été
interviewé par Emmanuel Burdeau et Olivier Joyard au sujet de sa “reconnaissance en dehors
de (son) pays”. “Quelle responsabilités cela vous donne par rapport à votre pays?” “Vous
sentez-vous le porte parole d’un cinéma national?”Amos Gitaï répondit :
“Je peux soutenir mes idées, pas toujours populaires et en tous les cas, jamais majoritaires.
Celles-ci correspondent au désir d’une partie des Israéliens d’entretenir avec les Régions un
3rapport alternatif à l’officielle confrontation.”
Amos Gitaï, 1999
Ses grands parents maternels, Eliahu et Esther Munchick Margalit, combattants pour la
réalisation d’une utopie communautaire laïque sont à l’origine de sa nationalité israélienne.
Tous deux d’origine russe et de religion juive, ils ont collaboré activement, au début du siècle,
à la fondation des premiers kibboutz (Amos Gitaï a lui-même vécu brièvement dans une

3 L’interview est reproduite dans les Cahiers du Cinéma, n°532, février 1999, p59-60.
4communauté avec ses parents) et aux mouvements syndicaux en Palestine. Sa grand-mère a
certainement influencé son petit-fils pour le tournage de Berlin Jérusalem (1989) qui raconte
la rencontre de deux femmes étrangères en Terre Promise.
Son père, Munio Gitaï, né en Pologne en 1909, a étudié à l’école architecturale allemande du
Bauhaus et a travaillé à Berlin. Dès 1934, Munio Gitaï, s’exile hors de l’Allemagne pour
rejoindre la Palestine. Dès lors, il enseigne l’architecture à Haïfa et réalise plusieurs édifices
collectifs publics (école, théâtre) et urbains (kibboutz et pans de quartiers d’Haïfa et de
Jérusalem).
La première vocation scolaire d’Amos Gitaï prolonge tout d’abord la carrière paternelle!: il
étudie de 1971 à 1975 l’architecture à Haïfa. Il couronne ses études en 1976 par un diplôme
supérieur de l’Université californienne de Berkeley, où il demeure de 1976 à 1979. Il est
aujourd’hui titulaire d’un doctorat d’architecte. Parallèlement, et cela dès 1972, il commence
à tourner ses premiers films en caméra super 8. Son premier court-métrage s’intitule Faces.
Amos Gitaï a tourné ses images dans le ghetto de Memphis. Suivent des documentaires d’art
architectural.
1973 fut l’année de son incorporation militaire. Cette année correspond à la riposte d’Israël
dans la guerre du Kippour. Il a été blessé lors de la chute de son avion, abattu en territoire
ennemi. Il témoigne de ce conflit et de son expérience traumatisante dans le film Kippour
(2000) et dans un documentaire du même nom tourné en 1996 où il n’hésite pas à souligner
son engagement dans la carrière cinématographique après le cauchemar que fut cette guerre.
1973, c’est aussi l’année de tournage de son premier film en 16 mm Ahare qui signifie Après,
un film personnel sur la guerre d’octobre 1973.
En 1976, il inaugure sa carrière de documentariste politique avec Charisma.
En 1977, il commence sa carrière audiovisuelle en travaillant pour la télévision israélienne,
pour laquelle il tourne différents documentaires et plusieurs émissions. Selon ses propos, ce
sont ses difficultés avec la télévision et la censure israélienne, devenue paroxysmique lors du
tournage de La Maison (Bait, House, 1981) qui l’ont conduit à embrasser définitivement le
choix cinématographique de documentaire et de fiction. Ce désormais célèbre documentaire
commandé par les autorités israéliennes, et toujours censuré jusqu’à maintenant, évoquait la
reconstruction d’une propriété palestinienne en faveur d’un nouveau propriétaire juif israélien.
Bait, film de transition entre l’intérêt du cinéaste pour l’architecture et le cinéma, porte déjà
une interrogation sur les enjeux de territoire pour la nation israélienne.
Les oppositions politiques et idéologiques n’ont, en outre, pas cessé d’accompagner les
productions du réalisateur, qu’il s’agisse du documentaire antimilitariste Journal de
Campagne (1982) ou du plaidoyer contre l’orthodoxie religieuse qu’est Kadosh (1999).
Loin d’être découragé par les réticences politiques de son gouvernement vis-à-vis de ses
films, Amos Gitaï se consacre dans la première partie des années 80 à une fastidieuse
réflexion sur la mémoire et l’identité juive. Wadi (1981) filme une vallée qui abrite Juifs et
Arabes!; In search of identity (1981) interroge l’identité et la définition du peuple juif!; Yoman
Sade (Field Diary, Journal de Camapagne, 1982) évoque la guerre au Liban. La chaîne
anglaise Channel Four, qui finança une partie du dernier court-métrage cité, est resté un
producteur fidèle pour Amos Gitaï. Après plusieurs documentaires militants sur la lutte
sociale et économique tournés à travers le monde, notamment en Asie (sur la main d’œuvre
populaire avec Ananas (1983) et Bangkok-Bahrein (1984)), Amos Gitaï a réalisé son premier
long-métrage de fiction cinématographique en exil en 1985 avec Esther. Le film a été présenté
à la semaine de la critique à Cannes. L’histoire port sur une des rares héroïnes de la Bible.
C’est une parabole pessimiste qui rappelle que les anciennes victimes peuvent très facilement,
avec le pouvoir et la passion de la vengeance, devenir les nouveaux bourreaux. «!Je voulais
5parler de ce qui se passait en Israël, mais à travers un geste métaphorique en jouant de la
4parabole à partir du Texte.!»
Installé à Paris dès 1985, Amos Gitaï continue ce qui va composer une trilogie de l’exil avec
Berlin Jérusalem (1989), Naissance d’un Golem (1991) et Golem, L’esprit de l!‘exil (1991).
Ces trois fictions sont co-financées par la chaine européenne La Sept-Arte. Amos Gitaï a
depuis lors toujours profité de financements européens, en plus des financements israéliens,
pour défendre sa vision d’Israël partout dans le monde. Entre temps, Amos Gitaï est demeuré
grand conteur contemporain des mythes politiques!: notamment ceux de l’Amérique dans
Political Myths (1977), Cultural Celebrities (1980) et American Myhologies (1981), voire
même Brand new Day sur la tournée d’Eurythmics.
En 1991, il prolonge son récit documentaire sur l’histoire israélo-palestinienne entamée avec
Wadi Salib Riots (1979) et Wadi (1981) grâce à Wadi, 10 ans après. Ces dernières années
d’exil sont fidèles à sa réputation prolixe, riches de productions diverses, notamment de mises
en scène de performances de théâtre!: Métamorphose d’une mélodie (1992) et La guerre des
fils de Lumière contre les fils des Ténèbres (1993) qui fait l’inauguration de la Biennale de
Venise. Il tourne en 1993 une fiction intitulée Jardin Pétrifié. Avant de mettre un terme à son
exil européen, Amos Gitaï tourne trois documentaires sur l’extrême droite en Europe!: Dans
la vallée de la Wuper (1993), Queen Mary (1993) et Au nom du Duce (1994).
En 1994, il prend la décision de revenir en Israël avec sa femme Rivka et ses deux enfants.
C’est le commencement au milieu des années 90 d’une période artistique de documentaires et
de fictions qui privilégient la situation contemporaine du pays. Amos Gitaï souligne dans ses
interviews que l’année 1994 correspond à l’arrivée de la gauche israélienne au pouvoir pour la
première fois depuis 1978, après l’Intifada et la guerre au Liban. Ce court moment
d’ouverture politique trouve un écho dans le cinéma d’Amos Gitaï, un lieu de réflexion
capable de briser les tabous et de réfléchir sur les problèmes de mémoire. Devarim en 1995
inaugure une trilogie (prévue comme telle dès le départ) et sa rencontre professionnelle avec
le directeur photo Renato Berta. La trilogie contemporaine d’Israël à travers les villes de Tel
Aviv et ses pionniers (Devarim), Haïfa et sa population israélo-arabe (Yom Yom, 1997) et
Jérusalem et ses ultra-orthodoxes (Kadosh, 1999) passe, selon les propos de son auteur
«!d‘une vision livresque à une vision contemporaine!» mais aussi «!plus physique et plus
romanesque!», «!d’une vision d’extérieur d’Israël, disons en plan lointain à une vision
5rapprochée.!» Ces trois portraits cinématographiques s’attardent sur les choix idéologiques et
sociaux de la population israélienne, symbolisés par l’attention d’Amos Gitaï à l’architecture
qui guide la fiction de chacune de ces villes. Le peuple israélien est montré tiraillé par l’utopie
fondatrice et un idéal de tolérance, la lutte politique et l’espoir laïc, et enfin, le souvenir des
persécutions et de l’Holocauste et le repli communautaire. Dans le très récent livre de Serge
Toubiana, Amos Gitaï parle avec angoisse de l’avenir possible qui tenterait de réunir «!une
série d’enclaves!: les Ashkénazes arrivés dans les années 40-50, les familles de métissage
6judéo-arabe et les orthodoxes de Jérusalem.!»
Kadosh lui a permis de rencontrer le producteur français Michel Propper et d’étendre ses
financements en Europe. C’est aussi le film de sa consécration internationale à Cannes et
auprès du public.

4
Propos recueillis par Serge Toubianna dans Exils et Territoires. Le cinéma d’Amos Gitaï, Arte Editions, Les
Cahiers du Cinéma, 2003, p50.
5
idem, p62.
6 idem, p63.
6Après Give peace a chance (1994), ses documentaires politiques de la fin des années 90
soulignent le changement de situation politique du pays suite à l’assassinat d’Itzhak Rabin!:
L’arène du meurtre (1996), Milim (1996), Guerre et paix à Vésoul (1997) co-réalisé avec le
cinéaste palestinien Elia Souliman, Souvenirs de la guerre (1997), Zion, auto émancipation
(1998), Une maison à Jérusalem (1998), Tapuz (1998) et Wadi Grand Canyon (2001). Tous
ces documentaires reflètent son angoisse face à la montée de la tentation politique de
l’intégrisme en Israël.
Comme pour rivaliser avec la rapidité des images médiatiques sur la région qui déferlent
partout dans le monde, Amos Gitaï a mis en place un système de production et de tournage
particulier. Profitant d’une famille d’acteurs fidèles, il a choisi de privilégier les budgets
serrés et les tournages rapides depuis 2000 dans un contexte tendu de crise. Il a ainsi
enchaîné les réalisations de Kippour (2000), Eden (2001) d’après l’œuvre d’Arthur Miller,
Kedma (Vers l’Orient, 2002) sur les conditions de création de l’Etat d’Israël et Alila (2003),
encore inédit. En 2001, il a également participé à la réalisation du film 11’09’01 qui présente
une image de différentes villes du monde au moment des attentats sur les Etats Unis.
5 - Filmographie
1973 - Talking About Ecology [cm!; doc.!; inédit]
1974 - Après (Ahare)
1976 - Charisma [cm!; doc.!; inédit]
1977 – Dimitri [cm!; doc.!]
1977 - La Frontière Hagvul [cm!; doc. ]
1977 - Singing in Afula / Shrim Be Afula [cm!; doc.!; inédit]
1977 - Political Myths [cm!; doc.!; inédit]
1977 - Public House / Shikun [cm!; doc.!; inédit]
1977 - Under the Water / Betoch Hamaim [cm!; doc.!; inédit]
1978 - Architectura [cm!; doc.!; inédit]
1978 - Wadi Rushmia [cm!; doc.!; inédit]
1979 - Wadi Salib Riots / M'Ora'ot Wadi Salib [cm!; doc.!; inédit]
1979 - Cultural Celebrities [cm!; doc.!; vidéo!; inédit]
1979 - Carter en visite en Israël (Bikur Carter B'Israel) [cm!; doc. ]
1980 - La Maison (House / Bait) [doc.]
1980 - A la recherche de l’identité (In Search of Identity) [doc.]
1981 - Wadi [doc.!; inédit]
1981 - American Mythologies [doc.!; inédit]
1982 - Journal de campagne (Yoman Sadeh) [doc.]
1983 - Ananas [inédit]
1984 - Travail à vendre (Bankok-Bahrain) [doc.]
1984 - Reagan : Image for Sale [doc.!; inédit]
1985 - Esther
1987 - Brand New Day [doc.!; inédit]
1989 - Berlin-Jerusalem (Berlin-Yerushalaim) [doc.]
1990 - Naissance d'un Golem [doc.!; vidéo]
1991 - Wadi 1981-1991 / Wadi, 10 ans après [doc. ]
1992 - Golem, l'esprit de l'exil [doc.!; vidéo]
1992 - Métamorphose d’une mélodie (Gibellina, Metamorphosis of a Melody) [doc. ]
1993 - Dans la vallée de la Wupper (The Neo-Fascist Trilogy : I. In the Valley of the Wupper) [doc.]
1993 - La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres [doc.!; vidéo]
71993 - Queen Mary (The Neo-Fascist Trilogy: II. Queen Mary) [doc.!; vidéo]
1993 - Golem, le jardin pétrifié (Petrified Garden)
1994 - Give Peace a Chance [doc.!; vidéo!; inédit]
1994 - Au nom du Duce (The Neo-Fascist Trilogy : III. In the Name of the Duce) [doc.!; vidéo]
1994 - Théâtre pour la vie (Te'atron Hahaim)
1996 – Devarim (Zihron Devarim)
1996 - L’Arène du meurtre (Zirat Ha'Rezach) [doc.!; vidéo]
1996 - Mots (Milim) [doc.!; vidéo]
1997 - Kippour, souvenirs de guerre [doc.!; vidéo]
1997 - Guerre et paix à Vesoul (War and Peace in Vesoul) [doc.!; vidéo]
1999 - Zion, auto-émancipation [doc.!; vidéo]
1998 - Orange (Tapuz) [doc.!; vidéo]
1998 - Une maison à Jerusalem (A House in Jerusalem)
1998 - Yom Yom [id.]
1999 - Kadosh [id.]
2000 - Kippour (Kippur)
2001 - Wadi Grand Canyon [doc.!; vidéo]
2001 - Eden
2002 - Kedma [id.] 11'09''01 - September 11 / 11 minutes 9 secondes 1 image (11'09''01 - September 11) [sketch «!Israël!]
2003 - Alila [en post-production]
6 – Propos du réalisateur
« Après Devarim à Tel-Aviv et Yom Yom à Haïfa, j’aborde à Jérusalem la dernière partie d’une trilogie
consacrée aux grandes villes israéliennes. (…) Tel-Aviv est purement israélienne alors qu’Haïfa conserve un
fond d’appartenance méditerranéenne. Elle rappelle Alexandrie par sa capacité à fusionner des peuples
d’origines diverses, dans un élan pacifique.
Jérusalem reste une terre de conflits, chargée de symboles et d’histoire. Sans doute, suis-je en train d’affronter
l’épisode le plus difficile et, par là, le plus excitant. »
Amos Gitaï , Cahiers du Cinéma, n°532, p49-50
8APPROCHES DU FILM
1 – Découpage séquentiel
Pré-Générique
(00.00 - 00.11)
Il s’inscrit en lettres blanches sur fond noir .
La musique instrumentale commence au milieu du bref pré-générique.
Séquence 1 - Rituel quotidien du levé conjugal de Meïr et Rivka
Générique
(00.11 – 07.49 / Plan séquence)
Dans une chambre modeste aux murs nus, on aperçoit, tandis qu’au premier plan se devine un
corps de femme endormie dans un second lit jumeau, un homme se réveiller et commencer sa
prière matinale, à faible voix, assis sur son lit. Un premier mouvement d’appareil accompagne
la prière rituelle qui se prolonge pendant que Meïr, debout, revêt les vêtements et les objets
rituels du judaïsme orthodoxe.
Le générique artistique commence à apparaître en surimpression en lettres noires à gauche de
l’écran. Le titre du film Kadosh (sacré) apparaît à la fin de la prière et des ablutions de Meïr.
La musique instrumentale démarrée au pré-générique cesse. Les bruits des mouvements et les
paroles psalmodiées de Meïr prennent le relais dans la bande son.
Le second mouvement d’appareil suit le déplacement de Meïr vers le lit de son épouse. Elle se
redresse et son visage entre dans le plan face au visage souriant de Meïr. « Je te respecte tant,
Rivka ».
Le troisième mouvement d’appareil élargit le cadre pour accompagner le départ matinal de
Meïr. La caméra s’attarde sur le regard aimant de Meïr qui prolonge sa présence auprès de sa
femme au moment d’embrasser la mezuzah au seuil de la porte. La porte se referme sur
Rivka.
Cut
Séquence 2 - La prière des hommes à la synagogue
(07.49 - 09.37 / 10 plans)
Meïr s’assoit pour lire et psalmodier la Torah au milieu de plusieurs autres pratiquants en
habits religieux. Les fidèles continuent de remplir le lieu. Plan rapproché de deux visages
féminins aux cheveux camouflés par un tissu, derrière des croisillons de bois. Un contre
champ subjectif, à partir de la vision obstruée des deux femmes, nous révèle le profil de
Youssef, dont le regard rencontre l’objectif de la caméra. « On se marie toute. » Après
l’entrée du rabbin, « Ce ne sera pas mon cas” affirme Malka. Gros plans successifs sur le
9visage paisible de Meïr, le chantre inspiré de la synagogue et le visage contorsionné de
Yossef.
La voie du chantre accompagne toute la séquence.
Cut
Séquence 3 - L’entrevue secrète des amants
(09.37 - 13.15 / 5 plans)
Rivka, les cheveux voilés, fait ses comptes. Bruits d’ambiance de la rue. Elle regarde avec
bienveillance une petite fille de l’autre côté de la fenêtre du magasin. Lorsqu’elle quitte le
magasin après avoir confié les clefs à sa sœur, un jeune homme, qui a attendu son départ,
entre dans le magasin. Malka, dont le visage est au premier plan évoque son mariage arrangé.
« On ne peut rien contre eux. » dit Yaakov. Il s’éloigne d’elle à l’arrière plan et referme la
porte du magasin sur Malka.
Les bruits d’ambiance de la rue étouffés pendant le dialogue des deux amants reprennent. La
musique instrumentale démarre avec le départ de Yaakov.
Cut
Séquence 4 - Querelle liturgique à la Yeshiva entre Meïr et Yossef
(13.15 - 16.38 / 6 plans)
Assis, Meïr lit la Torah silencieusement. Debout, en arrière plan, Yossef entonne une bruyante
litanie à D. pour qu’il l’aide à se concentrer sur son étude des textes. « Car toi seul entends ma
prière!» (sic). Meïr entame un léger mouvement de balancier et retrouve sa concentration.
Tout en commençant à boire un verre de thé, Meïr interroge Yossef sur son interprétation
liturgique de la préparation du thé au moment du Shabbat.
Cut
Séquence 5 - Les douleurs du couple
(16.38 - 22.21 / 8 plans)
Des mains en très gros plans épluchent des oignons. On entend des reniflements en off. Le
plan sur le visage de Rivka révèle les pleurs de la cuisinière. Un long plan (17.30 - 19.40)
s’attarde sur la pudeur du mari et de la femme attablés ensemble. Bruits d’ambiance. Le
dialogue se fait attendre. Rivka entame ensuite un monologue sur la souffrance de Meïr. «
Les gens te montrent du doigt. Les étudiants de la Yeshiva te méprisent. Tes amis ont tous 4
ou 5 enfants. » Elle sait qu’il pense vivre dans le péché. Meïr ne parvient pas à nier ce conflit
intérieur lancinant.
Cut
10

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