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  • cours - matière potentielle : l' histoire
153 Mohammed Fadhel TROUDI Docteur en Droit international, Enseignant-chercheur associé à l'Académie de Géopolitique de Paris. Directeur du Pole Méditerranée (MENA) de l'Observatoire de la Mer noire, du Golfe et de la Méditerranée- OBGMS. LA STRATÉGIE ARABE DE LA CHINE ■ Napoléon Bonaparte disait : « quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera ». Plus d'un demi-siècle après la naissance de la Chine populaire, le cours de l'histoire chinoise apparaît aujourd'hui plus stable sans être néanmoins dépourvu d'interrogations.
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Publié le : mardi 27 mars 2012
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Mohammed Fadhel TROUDI
Docteur en Droit internationa l, Enseignant-chercheur associé à
l’Académie de Géopolitique de Paris. Directeur du Pole Méditerranée
(MENA) de l’Observatoire de la Mer noire, du Golfe et de la
Méditerranée- OBGMS.
LA STRATÉGIE ARABE DE LA CHINE
■ Napoléon Bonaparte disait : « quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera ».
Plus d’un demi-siècle après la naissance de la Chine populaire, le cours de l’histoire chinoise
apparaît aujourd’hui plus stable sans être néanmoins dépourvu d’interrogations. En dépit d’une
image ternie notamment par les évènements tragiques de 1989 sur la Place Tiananmen, la Chine
a pu accélérer la marche de son développement économique et son ouverture sur le monde, no-
tamment arabe, renouant ainsi avec son héritage culturel et historique national et une stratégie
de pénétration, basée sur le respect mutue l et sur un marché gagnant-gagnant, ce qui peut pro-
bablement permettre aux pays ara bes de sortir du verrou américain et occi dental.
■ Napoleon Bonaparte said, « When China awakes, the world will tremble ».
More than a half a century after the birth of the People’s Republic of China, the course of Chinese
history seems more stable today but not void of numerous interrogations. Despite an image tarnished
by the tragic events that took place in 1989 at Tiananmen, China has been able to accelerate its pace of
economic development and has opened up to the outside world, notably to the Arab world, reignited its
cultural and historic tradition and its strategy of penetration based on mutual respect, and a win-win
engagement, which will probably help Arab countries escape American and Western grips.
ﻪﮐ ﻥﺮﻗ ﻢﻴﻧ ﺯﺍ ﺶﻴﺑ ﺯﺍ ﺲﭘ .« ﺪﻳﺯ ﺮ ﻟ ﺪﻫﺍﻮﺧ ﺎ ﻴﻧﺩ ،ﺩﻮﺷ ﺭﺍﺪﻴﺑ ﻦﻴﭼ ﯽﺘﻗﻭ» : ﺖﻔﮔ ﯽﻣ ﺕﺭﺎﭘﺎﻨﺑ ﻥﻮﺌﻠﭘﺎﻧ ■
ﻪﭼﺮ ﮔ ،ﺪﺳﺭ ﯽﻣ ﺮﺗ ﺕﺎﺒﺛ ﺎﺑ ﺮﻈ ﻧ ﻪﺑ ﻦﻴﭼ ﺦﻳﺭﺎﺗ ﺮﻴﺴﻣ ﻥﻮﻨﮐﺍ ،ﺩﺭ ﺬﮔ ﯽﻣ ﻦﻴﭼ ﻖﻠ ﺧ یﺭﻮﻬﻤﺟ ﺶﻳﺍﺪﻴﭘ ﺯﺍ
ﻦﻳﺍ ،1989 ﻝﺎﺳ ﺕﺎﻗﺎﻔﺗﺍ ﺯﺍ ﺪﻌﺑ ًﺎﺻﻮﺼﺨﻣ ﻦﻴﭼ ﻩﺮﻴ ﺗ ﺮﻳﻮ ﺼ ﺗ ﻢﻏﺭ ﯽﻠﻋ .ﺖﺳﺍ ﯽﻗﺎﺑ ﯽﺗﻻﺍﻮﺌﺳ ﺯﻮﻨﻫ
ﻪﺑ ًﺎﺻﻮﺼﺨﻣ ﻥﺎﻬ ﺟ یﻭﺭ ﻪﺑ ﺍﺭ ﺶﻳﺎ ﻫ ﺭﺩ ﻭ ﺪﻫﺩ ﺏﺎﺘﺷ ﺍﺭ ﺩﻮﺧ یﺩﺎﺼﺘﻗﺍ ﻪﻌﺳﻮﺗ ﺖﮐﺮﺣ ﺖﺴ ﻧﺍﻮﺗ ﺭﻮﺸﮐ
ﺮﺑ ﻪﮐ ، ﺵ ﺍ ی ﺫﻮﻔﻧ یﮋﺗﺍﺮﺘﺳﺍ ﻭ ﯽﺨﻳﺭﺎﺗ- ﯽﮕﻨﻫﺮﻓ ﺙﺍﺮ ﻴ ﻣ ﺎﺑ ﺍﺭ ﺩﻮﺧ ﻪﻄﺑﺍﺭ ﻭ ﺪﻳ ﺎ ﺸ ﮕﺑ ﺏﺮﻋ ﻥﺎﻬﺟ یﻭﺭ
ﺭﺍﺮﻗﺮﺑ ﻩﺭﺎﺑﻭﺩ ،ﻩﺪ ﻧﺮﺑ- ﻩﺪﻧﺮﺑ ًﺎﺣﻼﻄﺻﺍ ،ﻩﺪ ﻧﺮﺑ ﻑﺮﻃ ﻭﺩ ﺯﺍ ﻞﮑﺸﺘﻣ یﺯﺎﺑ ﺭﺩ ﻭ ﻞﺑ ﺎﻘﺘﻣ ﻡﺍﺮﺘﺣﺍ یﺎﻨﺒﻣ
ﺎﻫ ﯽﺑﺮﻏ ﻭ ﺎﻫ ﯽﻳﺎﮑ ﻳﺮﻣﺍ ﺕﺭ ﺎﺳﺍ ﺯﺍ ﻪﮐ ﺪﻫﺪﺑ ﺍﺭ ﻥﺎﮑﻣﺍ ﻦﻳﺍ ﺏﺮ ﻋ یﺎﻫﺭﻮﺸﮐ ﻪﺑ ﺪﻳﺎﺷ ﻪﮐ ﯽﺘﮐﺮﺣ ،ﺪﻨﮐ
. ﺪﻧﻮﺷ ﺝﺭﺎﺧ
153
GGéo n°33.indd 153éo n°33.indd 153 23/11/11 19:0923/11/11 19:09eLa stratégie arabe de la Chine GÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011
ﻒﺼﻧ ﻦﻣ ﺮﺜﻛﺃ ﻰﻀﻣ ". ﺰ ﺘﻬﻳ ﻑﻮﺳ ﻢﻟﺎﻌ ﻟﺍ ﻥﺈﻓ ،ﻦﻴﺼ ﻟﺍ ﻮﺤﺼ ﺗ ﺎﻣﺪﻨﻋ" : ﺕﺮﺑﺎﻧﻮﺑ ﻥﻮﻴﻠﺑﺎﻧ ﻝﺎﻗ ■
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ﺱﺎ ﺳﺃ ﻰﻠﻋ ﺔﻴﻨﺒﻤﻟﺍﻭ ﻕﻮﺴﻟﺍ ﻕﺍﺮﺘﺧﺍ ﻰﻠﻋ ﺔﻤﺋﺎﻘﻟﺍ ﺎﻬﺘﻴﺠﻴﺗﺍﺮﺘﺳﺇﻭ ﻲﺨﻳﺭﺎﺘﻟﺍﻭ ﻲﻓﺎﻘﺜﻟﺍ ﺎﻬﺛﻭﺭﻮﻣ ﻲ ﻴﺤ ﻳ
ﺝﻭﺮﺨﻟ ﺍ ﻦﻣ ﺔﻴﺑﺮﻌﻟﺍ ﻝﻭﺪﻟﺍ ﻦﻜ ﻤﺗ ﺪﻗ ﺎﻤﺑﺭ ﻲﺘﻟﺍ ،ﻦ ﻴﺒﻧﺎﺠ ﻠﻟ ﺔﺤﺑﺮﻤ ﻟﺍ ﻕﻮﺴ ﻟﺍ ﺃﺪﺒﻣ ﻰﻠﻋ ﻭ ﻝ ﺩ ﺎﺒﺘﻤﻟﺍ ﻡﺍﺮﺘﺣﻻ ﺍ
. ﻲ ﺑﺮﻐ ﻟﺍ ﻭ ﻲﻜﻳﺮﻣﻷﺍ ﻞ ﻔﻘﻟﺍ ﻦﻣ
eL’émergence de la Chine comme puissance montante de cette f n du xx  siècle
résulte de sa capacité prouvée de faire cohabiter deux traditions, celle de manier à
bon escient les ressources que lui of rent la technologie occidentale tout en conso-
lidant ses traditions propres tissées depuis des millénaires. La question qui se pose
est la suivante : le monde est-i l en train d’assister, en même temps qu’à l’émergence
inéluctable de la Chine, à un retour vers un mon de plus normal, par conséquent
moins marqué par une longue et brutale domination européenne ?. Assiste-on à
l’af aiblissement de l’impérialisme américain et européen ? La crise économique et
f nancière si grave d’aujourd’hui va-elle dans le même sens qu’’un a f aiblissement de
l’impérialisme mondial, qui pousse toutes les puissances au désespoir en causant des
frictions entre e lles, chacune cherchant à alléger ses pro blèmes au dépens de l’autre?
Chacun sait que la domination américaine au Moyen orient représente un argu -
ment essentiel pour la réussite de la stratégie mondiale des États-Unis qui souhaite-
rait imposer son modèle au monde entier. En ef et les États-Unis veulent s’assurer le
contrôle des gigantesques ressources pétro lières de la région pour donner à l’Amé-
rique les moyens de manipuler l’économie mondiale et par conséquent de limiter,
voire de gommer toute concurrence des autres pays développés. Je pense à la Chine,
à l’Inde et pro bablement à la Russie.
Les fondements de la pensée stratégique chinoise
L’apparition de nouveaux acteurs ma jeurs sur la scène mondiale comme l a
Chine qui propose une toute autre straté gie d’échanges et de relations basées sur un
partenariat d’égal à égal, peut fortement gêner la puissance américaine notamment
dans sa quête inlassable de grands espaces et de nouvelles sources de matières pre-
mières en tête des quelles les hydrocarbones notamment dans les pays arabes et en
Afrique, dans le but de mieux diversif er son approvisionnement .
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GGéo n°33.indd 154éo n°33.indd 154 223/11/11 19:093/11/11 19:09eGÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011 La Chine à la croisée des chemins
Sans vouloir verser dans un anti-américanisme primaire, je note que les États-Unis
sont aujourd’hui dans l’incapacité de peser sur les grands bouleversements mon diaux.
En choisissant souvent la facilité et le court terme dans la conduite de leur politique
étrangère, ils ne sont plus aujourd’hui à l’abri de nouveaux concurrents déterminés à
repenser les termes du débat stratégique, dans un espace désormais fragmenté.
En somme, ils entretiennent la peur d’un empire somme toute t héâtral et d’une
expansion narcissique notamment dans le monde arabe. Le résu ltat désormais
consommé se voit dans l’échec de la réalisation de leurs objectifs stratégiques dont
l’exemp le irakien et a fghan en est l’illustration parfaite. L’apparition d’acteurs ma-
jeurs sur la scène mondiale que les États-Unis sont incapables de contrôler, particu-
lièrement la Chine, est de nature à comp liquer davantage une tâc he déjà complexe
pour les Américains. Cette situation ouvre un boulevard pour la Chine, puissance
montante, qui semble décidée à utiliser tous les moyens en sa possession pour jouer
à fond sa chance. Loin de toute arro gance ou d’imposition de ses vues par la force, la
Chine propose particu lièrement aux A fricains et aux Arabes, une po litique alternative
basée sur le respect mutue l et un marché de gagnant-gagnant, ce qui permettra pro-
bablement à ses pays de sortir quelque peu du verrou im périaliste américain.
Il est opportun de si gnaler à titre d’exemple la réussite du rapprochement entre
la Chine et l’Améri que latine, qui peut servir d’exem ple à re produire dans le monde
arabe. En ef et, l’Amérique latine trouve dans le commerce avec Pékin, un marché
parfaitement en état de recevoir ses produits. La Chine importe du Brésil des quan-
tités importantes de produits extraits du so ja. De son côté le Venezuela de Chavez,
a négocié avec la Colombie pour construire un oléoduc vers le pacif que. Cette pla-
teforme a pu accroître les ex portations pétrolières de Caracas vers la Chine, privant
ainsi les États-Unis d’une manne dont elle en a tant besoin surtout que l’Amérique
dépend du Venezuela à hauteur de 14% de leur im portation en pétrole. Cet exem ple
de rapprochement réussi sino latin, est-il en cours de se re produire au Moyen-Orient
et au Maghreb ?
Le rapprochement entre la Chine et le monde arabe semble constituer une
opportunité stratégique pour les deux parties, même si l’un des deux partenaires
a pris plusieurs longueurs d’avance sur l’autre. En ef et si la Chine semble aller
de l’avant, le monde arabe donne encore au monde l’ima ge d’une ré gion divisée,
sans aucun dessin politique et straté gique commun, incapable de s’unir autour de
thèmes d’importance ma jeure susceptibles d’en gager l’avenir des peuples de la ré gion.
Toutefois, les printemps arabes déclenchés par la révolution tunisienne et é gyptienne,
permettent d’es pérer un retournement de situation et la mise en place de politiques
155
GGéo n°33.indd 155éo n°33.indd 155 223/11/11 19:093/11/11 19:09eLa stratégie arabe de la Chine GÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011
économiques plus en phase avec les aspirations des peup les arabes. La Tunisie puis
l’Égypte, le Yémen et la Syrie, dans l’attente que d’autres pays du monde arabe ne
connaissent à leur tour des bouleversements profonds capables de bouleverser non
seulement le monde arabe, mais aussi les re lations qu’il entretient avec le reste du
monde, notamment la Chine
En quoi, la Chine peut-elle tirer prof t de cette nouvelle donne arabe? En tant
que grande puissance, la Chine suit la situation de très près, même si elle se refuse à
la commenter. En ef et la possible onde de choc des évènements dans le monde arabe
fait craindre aux dirigeants chinois le risque d’une conta gion, pourtant peu probable,
à la Chine. Comment va-t-elle se com porter ? Jusqu’à quel point les troubles qui
secouent le monde arabe, peuvent-ils peser sur la situation interne de ce grand pays,
sachant que ce type d’évènements est tou jours traité avec une grande prudence, et le
plus souvent assimilé à une forme de chaos dont il faut se méf er.? Autant de ques-
tions que ce travail se propose d’y apporter une es quisse de ré ponses.
Pour bien comprendre la politique chinoise envers le monde arabe, il est op-
portun de rappeler les fondements notamment intellectuels de la pensée straté gique
chinoise qui dicte la nature et le contenu de sa politique étran gère. Il faut admettre
que l’espace straté gique mondial considéré jusqu’alors comme unique, et homo gène,
est probablement en passe de laisser la place à un espace fragmenté. Qu’il s’agisse de
l’Amérique latine ou de la Chine, des puissances dites émer gentes concurrencent
sur le terrain politique et économique, des puissances jadis bien établies. Parmi ces
nouveaux acteurs menaçant l’hé gémonie stratégique américaine, la Chine se place
en bonne position. Cette dernière a en e f et décidé de projeter en dehors de son
environnement immédiat, sa vision du monde partant des fondements de sa pensée
stratégique.
Une des bases de la stratégie chinoise est qu’e lle s’inscrit presque toujours dans le
long terme et c herche avant tout à inf uer sur les ten dances lourdes. Elle ne se construit
pas dans la précipitation et par conséquent s’inscrit dans la durée, tenant compte à la
fois de l’environnement et des stratégies des concurrents directs. Elle s’appuie sur des
comportements iné branlables, ce lui de l’écoute, l’absence de préjugé et d’arrogance et
enf n la disponibilité et la capacité de s’adapter à toutes les circonstances extérieures.
En somme ce premier fondement de la politique étrangère c hinoise peut être résumé
en une p hrase: moduler la situation, ne surtout pas la forcer.
Le deuxième fondement de la straté gie chinoise, s’appuie sur une conception
nuancée du monde contrairement à la vision occidentale qui adopte souvent une
156
GGéo n°33.indd 156éo n°33.indd 156 223/11/11 19:093/11/11 19:09eGÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011 La Chine à la croisée des chemins
approche plutôt dualiste et cartésienne du monde. La conception c hinoise du
monde inf uant largement sur sa straté gie se résume en un mot « le soft power ».
Si le hard power se réfère à l’utilisation des outils traditionnels mis à la disposition
d’un État à savoir la coercition, en brandissant la menace de représailles militaires,
ou encore l’incitation économique et f nancière, à l’opposé le soft power fait appel
à l’habilité pour un État d’obtenir ce qu’il désire par le pouvoir d’attraction du
rayonnement de sa culture et de sa civilisation, de sa conception des re lations in-
ternationales et p lus particulièrement de sa diplomatie. Il a pour ef et de propulser
l’État ou la puissance en question sur la scène mondiale et d’attirer l’attention des
autres acteurs sur la spécif cité d’un acteur donné.
La Chine a misé sur le soft power dont l’objectif est moins d’imposer un système
ou une manière de voir que d’inf uencer im perce ptiblement ses partenaires à travers
le monde. Ce qui m’amène à penser que la Chine tout en utilisant la puissance de son
économie, s’appuie aussi sur ce mécanisme du soft powerr, mettant en avant la force
de sa culture plurimillénaire et sa popu lation, deux vecteurs essentie ls aujourd’hui
1de sa puissance politique et économi que. La multiplication des instituts Confucius
à travers le monde en est l’exem ple parfait du rayonnement culturel de la Chine .
La politique de la main tendue tout en sou plesse avec des acteurs partenaires,
semble être d’une grande ef cacité dans le Tiers-monde, particulièrement en
Afrique et de puis un certain tem ps dans le monde arabe. Il faut ra ppeler que la
Chine se considère d’abord comme un pays du Sud, ayant opté pour une vision sin-
gulièrement dif érente des autres puissances, basée sur l’écoute et la non- in gérence
pour se rapprocher de nouveaux partenaires et gagner leur conf ance. Cette phrase
prononcée par le président ni gérian Olusegun Obasanjo lors du dîner of ciel of-
fert en avril 2006 au Président Hu Jintao, en dit lon g sur le charme qu’exerce en
permanence la Chine sur ses partenaires africains : « Nous souhaitons un jour que la
Chine dirigera le monde, et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous ».
Le grand stratège chinois Sun Tzu, auteur du premier traité de straté gie militaire
écrit au monde «  stratégie militaire du maître Sun », dans lequel, il dévelo ppe des
thèses originales s’inspirant de l’ancienne philosophie chinoise. Il disait, pour en
citer un exemple, que les guerres sont de mauvais au gures, car le vainqueur sera haï
par le vaincu et ses ressources seront d’autant plus dif ciles à ex ploiter sur la durée.
La Chine semble avoir retenu cette leçon dans sa relation avec les pays du Sud, plus
que toutes autres puissances du moment, États-Unis en tête .
La diplomatie chinoise dans le monde arabe s’inscrit dans la droite li gne de l a
politique extérieure de l’em pire du milieu, énoncée pour la première fois en 1953
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GGéo n°33.indd 157éo n°33.indd 157 223/11/11 19:093/11/11 19:09eLa stratégie arabe de la Chine GÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011
par celui qui était le ministre des af aires étrangères C hou En-Laï. Quelques prin-
cipes majeurs fondent la nouvelle diplomatie chinoise dans le monde arabe : respect
mutuel, non-agression, non- ingérence dans les af aires internes, re lations basées sur
l’égalité et les bénéf ces mutue ls et la coexistence paci f que.
Le multilatéralisme chinois en dehors de l’Asie
Très tôt, lors de la conférence de Bandung en 1955 et dans l’euphorie révolu-
tionnaire, la République populaire de Chine a manifesté un intérêt certain pour
l’Afrique et le monde arabe, ce qu’on désignait à cette pério de par le Tiers-mon de.
Une trentaine de pays qui pour la plupart venaient d’accéder à l’indépendance,
comptaient désormais peser sur la politique internationa le. C’est l’économiste et
le démographe Alfred Sauvy qui est à l’origine de l’expression «Tiers Mon de ». En
ef et dans un article publié dans le Nouve l Observateur en 1952, i l désigne pour la
première fois ses pays nouve llement libres sous le terme de Tiers Mon de, en a llusion
2au Tiers État qui avait provoqué la Révolution française . L’on peut lire à Alfred
Sauvy notamment ce passage : « car enf n, ce tiers monde ignoré, exploité, méprisé
comme le tiers État, veut lui aussi, être quelques chose e ».
Trois acteurs vont organiser la philosophie tiers-mondiste : l’indien Jawaharlal
Nehru, successeur et héritier du Mahatma Gandhi veut mettre en avant la néces-
sité d’une union et d’une lutte par des moyens pacif ques, l’égyptien Gamal Abdel
Nasser, qui symbolise le nationalisme arabe et Zhou Enlai, premier ministre chinois
qui, fort du prestige et de la puissance numérique de la Chine populaire, voulait lui
donner l’image d’un pays qui soutient les luttes contre toute forme d’impérialisme
dans le monde. Ils se déf nissent contre les essais nucléaires, la politique des blocs,
et le colonialisme. La Conférence de Bandun g se tient du 18 au 24 avril 1955 et re -
groupe 29 pays (15 asiatiques, 9 du Moyen-Orient et 5 africains). L’Af ghanistan, la
Birmanie, le Cambod ge, le Ceylan (l’actuel Sri Lanka), la République populaire de
Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Ja pon, le Laos, le Né pal, le Pakistan, les Phili ppines,
le Siam (l’actuelle T aïlande), la République Démocratique du Vietnam (Nord
Vietnam),La République du Vietnam (Sud Vietnam) l’Arabie saoudite, l’É gypte,
l’Iran, l’Irak, la Jordanie, le Liban, la Syrie, la Tur quie, le Yémen la Côte-de-l’Or
(l’actuel Ghana), l’Éthiopie, le Libéria, le Soudan et la Libye. La Ré publique po-
pulaire de Chine a été é galement membre pendant un temps du mouvement des
non-alignés crée suite à la déclaration de la Havane en 1949. Son but est d’assurer :
l’indépendance nationale, la souveraineté, l’inté grité territoriale et la sécurité des
pays non alignés dans leur lutte contre l’impérialisme, le colonialisme, le néo-co-
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GGéo n°33.indd 158éo n°33.indd 158 223/11/11 19:093/11/11 19:09eGÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011 La Chine à la croisée des chemins
lonialisme, la ségrégation, le racisme, le sionisme, et toute forme d’agression étran-
gère, d’occupation, de domination, d’interférence ou d’hégémonie de la part des
grandes puissances ou des blocs politique.
La Chine a été le premier pays non arabe à reconnaître le gouvernement pro -
visoire d’Algérie, créé en septem bre 1958. Si après la mort de Mao Ze dong, la
présence c hinoise en A frique est devenue p lus discrète, se limitant à certains inves-
tissements ci blés comme au Bénin, la Chine a rapidement repris une po litique de
rapprochement avec les pays africains et arabes, comme en témoigne son intérêt
pour l’Égypte et l’Algérie et récemment pour le Maroc. En ef et la Chine considère
l’arabisme comme une variante du tiers-mondisme, il est également l’expression
de la lutte des classes et ses partisans les plus acharnés se plaçaient dans son camp.
Depuis toujours, f dèle à sa stratégie de petits pas, la diplomatie chinoise est
fondée sur le principe du dévelo ppement pacif que, orientation conf rmée après
l’accession au pouvoir de Hu Jintao en 2002. Tout en privilé giant des relations
harmonieuses et stables avec ses voisins asiati ques, la Chine, membre permanent du
Conseil de sécurité de l’ONU, au jourd’hui première puissance démo graphique et
deuxième puissance économique mondiale, cherche à se placer sur un pied d’é ga-
lité avec les autres grandes puissances mondiales qu’il s’a gisse des États-Unis, de
la Russie ou de l’Union euro péenne. Ce faisant, Pékin dévelo ppe sa présence éco -
nomique via des partenariats solides avec les pays du Sud notamment en Afri que
et dans le monde arabe. La politique chinoise est une politique caractérisée par
des évolutions en petites touches, l’ob jectif étant de défendre les intérêts du pays
notamment l’accès aux hydrocarbures sur le lon g terme. Pékin défend ses intérêts
vitaux sous le couvert de la solidarité avec les pays du Sud et prof te de sa puissance
pour réaliser ses desseins straté giques au risque souvent de créer le ressentiment et
de faire peur.
Le dévelo ppement économi que de la chine et son a ppétit insatiable en pétrole,
lui imposent de redé ployer sa diplomatie af n de s’assurer des dis ponibilités en
matières premières, ce qui pousse au jourd’hui le pays à se tourner vers l’Afrique,
l’Amérique latine et le monde arabe. La pénétration chinoise en Afri que est à cet
égard emblématique et surtout à contre-courant de la straté gie européenne et amé-
ricaine, puisque pékin par altruisme ne conditionne jamais son aide et ses investis -
sements souvent colossaux à un quelconque critère politique. Il faut si gnaler que les
principaux partenariats noués par la chine, en dehors de l’Asie orientale, se fondent
sur des coopérations économiques ou militaires ciblées avec des partenaires f ne-
ment choisis. Dans le cas du monde arabe, particulièrement au Moyen-Orient,
159
GGéo n°33.indd 159éo n°33.indd 159 223/11/11 19:093/11/11 19:09eLa stratégie arabe de la Chine GÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011
la chine a signé des partenariats surtout avec l’Arabie saoudite grand producteur
et ex portateur du pétrole et l’Iran dont les re lations sont exce llentes. En ce qui
est de l’Afrique, les liens sont étroits avec des pays comme l’Afrique du sud et le
Zimbabwe, deux pays richement dotés en matières premières et qui n’ou blient pas
le soutien de pékin dans la lutte contre l’apartheid et plus largement dans leur lutte
contre la colonisation britannique. La chine a également beaucoup investi dans
trois pays producteurs de pétrole, notamment au Nigeria en Ango la et au soudan.
S’agissant de ce dernier, Pé kin y a fortement investi dans l’exploitation et dans le
raf nage du pétrole, mettant une sour dine sur le conf it de la province du Darfour,
considérant la question comme une a f aire interne au sou dan, ce qui ne l’a pas em-
pêchée d’envoyer une force multinationale d’interposition dans la province. Mais
qu’en est-i l de son action en direction du monde arabe ?
La chine et le monde arabe, des intérêts partagés
La politique étrangère de la chine repose sur les principes généraux stipulés par
le paragraphe 12 de la constitution chinoise : rôle de locomotive de la chine pour
les pays du tiers-monde ; non-in gérence dans les af aires intérieures des États ; coo -
pération bilatérale et multilatérale mutuellement avanta geuse, c’est le principe de
développement pacif que, qui a été conf rmé en 2002 par l’arrivée au sommet de la
chine de M. Hu Jintao. La diplomatie chinoise poursuit quelques ob jectifs majeurs,
en tête des quels se trouve le dévelo ppement économi que du pays, ce qui vient en
soutien au deuxième ob jectif, celui de la consolidation de son statut de grande
puissance émer gente. On peut en citer un troisième et non des moindres, celui
d’assurer la pérennité du ré gime communiste au pouvoir, probablement l’ob jectif
prioritaire aujourd’hui. en ef et l’ef ondrement de l’union soviétique, a persuadé
les dif érents dirigeants communistes chinois, de Den g Xiaoping à ses successeurs,
Jiang Zemin puis Hu Jintao, aujourd’hui, de poursuivre non seulement les réformes
et le développement du pays mais d’accélérer son inté gration à l’économie mon-
diale, considérée comme une condition sine qua non à l’accès au statut de puissance
à la fois politique et militaire. Bastion de la plus grande révolution communiste
survenue dans le tiers monde, et lieu de ressourcement de nombreux es poirs révo-
lutionnaires, la chine accélère son dévelo ppement économi que et son ouverture au
monde extérieur, tout en renouant avec son riche hérita ge culturel et historique na -
tional, ce faisant elle est probablement en train de réussir une action de réforme en
profondeur de la société internationale. En renforçant sa di plomatie économique
et ses échan ges culturels avec le monde extérieur, la chine considère en ef et que le
160
GGéo n°33.indd 160éo n°33.indd 160 223/11/11 19:093/11/11 19:09eGÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011 La Chine à la croisée des chemins
contexte internationa l est favorable à la réalisation de ces o bjectifs si interdépen-
dants. Dans ces conditions perçues comme propices et favorables aux opportunités
stratégiques, la chine marque sa vo lonté non seulement de pren dre part au nouve l
ordre internationa l qui se prof le mais surtout de le façonner et l’adapter à ses in-
térêts vitaux tout en en évitant de heurter frontalement les États-Unis.L’action de
pékin à l’extérieur se présente désormais comme la diplomatie d’un nouvel ordre
mondial, mettant en avant la nécessité de promouvoir une approc he nouve lle des
relations internationales, basée sur la justice et la raison dans la conduite des af aires
du monde. en somme ai der à sortir d’un monde unipolaire ren du possible par
l’éclatement de l’union soviétique et favoriser la promotion d’un multilatéralisme
eef ectif, enjeu majeur de ce début du xxi siècle. La vocation à l’hégémonie de la
chine qui n’est pas que sym bolique, est en passe de se trans former en aspiration à la
domination territoriale et po litique de certaines zones stratégiques dont le monde
arabe fait partie intégrante. À la f n des années soixante dix, la diplomatie chinoise
jusqu’àlors teintée de coopération militante sur fond d’idéologie tiers-mon diste, est
rapidement passée à une nouve lle approche diplomatique marquée par le réalisme
et le pragmatisme dans ses rapports avec les pays arabes et a fricains. Deux questions
essentie lles atten dent des réponses : comment la Chine inf uence t’e lle le monde
arabe et comm ent ce dernier peut l’inf uencer en retour après les printemps ara bes
qui vont sans dire inquièter le pouvoir communiste c hinois ?
èmeDepuis le 8 congrès du P.C.C. en 1956, la république populaire de chine s’est
lancée dans une politique d’ouverture bien au delà de sa zone d’inf uence ré gionale,
notamment vers l’Amérique latine, et particulièrement l’Afrique à qui l’empire du
milieu consacre plus de 40 % de son aide extérieure et une partie du monde arabe.
Cette nouvelle phase politique l’a obli gée à dessiner une straté gie chinoise pour le
tiers monde, avec pour en jeu de taille, la satisfaction de ses besoins grandissants
en matières premières et contre balancer autant que faire se peut la puissance amé-
ricaine sans véritablement entrer en confrontation directe avec les États-Unis. Si
en Asie, la straté gie de pékin se résume à une équation simple à savoir : s’imposer
comme la première puissance face au japon, son concurrent direct, ce qui peut
donner à la politique asiatique de la chine une connotation im périale, qu’en est-il
de sa politique arabe  ?
Depuis la décennie quatre vin gt, Pékin a instauré un partenariat solide avec
le monde arabe. Dans une de ses interventions , l’ancien ambassadeur chinois au
Maroc, Cheng Tao, a clairement dévoilé les atouts et les arcanes de la politique
étrangère de la Chine dans cette partie du monde. C’est une politique basée sur le
161
GGéo n°33.indd 161éo n°33.indd 161 223/11/11 19:093/11/11 19:09eLa stratégie arabe de la Chine GÉOSTRATÉGIQUES N° 33 • 4 4 TRIMESTRE 2011
respect mutue l de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et tout particu lièrement,
sur le bénéf ce réciproque « gagnant-gagnant » ou «  win-win », déclara- t-il.
Tout comme sa politique africaine, l’action de Pékin au Maghreb et au Moyen -
Orient se résume à une politique d’occupation de terrain via des partenariats et
des forums économiques. Un des constats stratégiques par faitement intégrés par la
diplomatie pékinoise, est que la Méditerranée est un lieu de présence des puissances
du moment, la Chine est par conséquent consciente de la nécessité d’intégrer cet
espace. Parallèlement, certains pays arabes cherchent à diversif er leurs relations en
s’ouvrant à de nouveaux acteurs émergents, c herchant ainsi à sortir du suivisme
économique et po litique qui a jusqu’à présent caractérisé leurs rapports avec l’Occi-
dent en général et les États-Unis en particulier. Ces tentatives menées par les Etats
arabes ont permis de densif er leurs relations avec un ensemble de pays désigné
par les quatre lettres « BRIC », en l’occurrence Brési l, Chine, Inde et Russie. Ce
rapprochement s’est opéré dans le cadre d’un mouvement Su d-Sud, mené par des
pays d’Amérique du sud, notamment le Brésil et des pays nord-africains principa-
lement l’Algérie et des pays arabes du Moyen-Orient, avec le soutien de la Chine
et la Russie. Ce désir dbes de développer des politiques étrangères multi-
directionne lles et de diversif er leurs rapports commerciaux internationaux, n’a pas
échappé à la vigilance de Pékin qui s’intéresse d’autant plus au monde arabe, que les
derniers bouleversements de cette partie du monde inquiètent la Chine.
Aujourd’hui, celle-ci f gure parmi les premiers partenaires commerciaux de
nombreux pays maghrébins notamment l’Algérie dont la RPC est le sixième four -
nisseur. La pénétration chinoise du marché ma ghrébin est réelle, au jourd’hui nom-
breuses sont les entre prises chinoises dans le bâtiment ou encore dans la télé phonie,
qui sont devenues de véritables rivales des groupes occidentaux notamment français
comme Dumez ou encore Bouy gues. La Chine multiplie depuis quelques temps l a
construction d’infrastructure, secteur dans le quel les com pétences et le savoir-faire
chinois sont indiscutables. La Chine a entamé un lar ge redéploiement des activités
de ses grands groupes industriels vers l’Afrique du Nord principalement dans le
textile, l’électroni que et l’alimentaire, lui permettant ainsi d’occu per le terrain et de
promouvoir ses produits. La présence économi que et le dévelo ppement commercial
avec ces pays semblent être les deux piliers du pro jet socialiste chinois, en somme le
business, ce qui est pour le moins paradoxal car c’est un mode de pensée que Mao
n’aurait jamais imaginé.
En ef et, la priorité de Pékin, n’est plus celle de Mao à savoir unif er le Tiers
monde sous la bannière du socialisme chinois. Désormais , la Chine est avant tout
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