HISTOIRE ET EVOLUTION DES RACES OVINES FRANÇAISES

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HISTOIRE ET EVOLUTION DES RACES OVINES FRANÇAISES Sommaire Introduction 1- Les races anciennes 2- La mérinisation 3- Le croisement avec les races anglaises 4- La fixation des races 5- Les races laitières 6- La sélection 7- Les races prolifiques INTRODUCTION Le mouton a longtemps été considéré comme le « ramasse-miettes » de l'agriculture française. Il a longtemps été réparti de façon à peu près égale sur l'ensemble du territoire. Ainsi, au début du siècle (cf. figure 1), il occupait, dans la moitié nord, les région de culture céréalières et de betterave à sucre, ainsi que les zones herbagères périphériques. Dans la partie sud du pays, on le trouvait dans les zones de parcours non utilisable pour la culture. Après un très fort développement vers la fin du second empire (environ 16 millions de brebis), l'espèce verra ses effectifs décroître en France jusque dans les années 60, pour plafonner aujourd'hui autour d'un effectif de 6 à 7 millions de brebis. Cette décroissance est la conséquence des changements profonds qui ont marqués l'agriculture au 20ème siècle, liés à la modernisation et à l'intensification de la production. Ainsi, dans la partie nord, de nombreux facteurs vont concourir à fonte très importante des effectifs. Cela concerne tout autant l'abandon de la jachère, la diminution des sous-produits de l'agriculture laissés sur les parcelles, que le développement des grandes cultures et l'utilisation des herbicides (plus d'herbe dans les parcelles après récolte) ou la disparition des bergers (réduction des coûts

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Publié le : mardi 19 juin 2012
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HISTOIRE ET EVOLUTION DES RACES OVINES FRANÇAISES
Introduction
4- La fixation des races
INTRODUCTION
Sommaire
1- Les races anciennes
5- Les races laitières
2- La mérinisation
6- La sélection
3- Le croisement avec les races anglaises
7- Les races prolifiques
Le mouton a longtemps été considéré comme le « ramasse-miettes » de l’agriculture française. Il a longtemps été réparti de façon à peu près égale sur l’ensemble du territoire. Ainsi, au début du siècle (cf. figure 1), il occupait, dans la moitié nord, les région de culture céréalières et de betterave à sucre, ainsi que les zones herbagères périphériques. Dans la partie sud du pays, on le trouvait dans les zones de parcours non utilisable pour la culture. Après un très fort développement vers la fin du second empire (environ 16 millions de brebis), l’espèce verra ses effectifs décroître en France jusque dans les années 60, pour plafonner aujourd’hui autour d’un effectif de 6 à 7 millions de brebis. Cette décroissance est la conséquence des changements profonds qui ont marqués l’agriculture au 20ème siècle, liés à la modernisation et à l’intensification de la production.
Ainsi, dans la partie nord, de nombreux facteurs vont concourir à fonte très importante des effectifs. Cela concerne tout autant l’abandon de la jachère, la diminution des sous-produits de l’agriculture laissés sur les parcelles, que le développement des grandes cultures et l’utilisation des herbicides (plus d’herbe dans les parcelles après récolte) ou la disparition des bergers (réduction des coûts salariaux. A l’opposé, la moitié sud verra ses effectifs se maintenir, où même croître dans certaines zones, en relation avec le soutien apporté par la politique agricole commune (primes, ...) et une bonne adéquation entre les races présentes (races locales, rustiques) et les contraintes dues aux conditions de milieu prévalant dans ces régions. Cette évolution aura pour conséquence le développement des races rustiques de la zone sud, alors que celles de la zone nord, plus productives, faites pour l’élevage intensif, connaîtront une forte érosion (cf. Figure 1). Ce mode de développement est très différent de celui observé par exemple chez les bovins.
a
Figure 1. Evolution de la
localisation du cheptel ovin sur le
territoire français entre (a) 1929 et (b) 1980.
I- LES RACES ANCIENNES
b
> 150 000
75 000 - 150 000
< 75 000
Après la phase de domestication au Moyen-Orient (Iran - Irak), plusieurs vagues de migrations vont permettre la colonisation du bassin méditerranéen et de l’Europe. De l’animal archaïque (à queue fine et sans poils) va naître de nombreuses races locales, caractérisées notamment par une tête, un ventre et des membres dégarnis. Ces moutons, présents dans les zones herbagères et de montagne, auront surtout un rôle de (1) récupération et transformation des sous-produits culturaux (céréales, betteraves), (2) exploitation des prés communaux, (3) production de laine et (4) de production de fumier (comme par exemple dans certaines régions viticoles).
II- LA MÉRINISATION
Depuis le Moyen-Age, il existait en Espagne une population à laine très fine : lesMérinos, très probablement constituée à partir d’une mutation apparue dans une population de taille moyenne, cornue et à peau plissée, présente sur la frontière sud de l’Espagne et du Portugal, et vraisemblablement d’origine marocaine (Beni Merine). Si la toison de ces animaux était remarquable (principale qualité recherchée à l’époque) les femelles étaient cependant médiocres laitières et la conformation des agneaux était assez défectueuse. L’Espagne gardait jalousement le monopole de cette population, mais les relations familiales entre les familles e e royales avaient été l’occasion de cadeaux vers le XVII siècle en Allemagne (Saxe) et au XVIII siècle en France (Troupeau bourguignon de Montbard confié à Daubenton). La recherche de l’augmentation de la production lainière (en quantité et en qualité) répondra à une demande sans cesse accrue, liée aux besoins de la population (accroissement démographique), des armées puis de l’industrie.
er En France, Napoléon I rendit obligatoire, pour l’ensemble de la France, l’utilisation de béliers Mérinos en provenance des bergeries nationales ; ceci non pas tant pour augmenter la production de laine que pour en améliorer la qualité (production de laines à carder, payées alors six fois plus que le kg de poids vif de mouton) et ainsi mieux habiller son armée, Cette mérinisation provoqua deux réactions : - dans les zones de plaine ou de transhumance, on créa des populations Mérinos ou mérinisées (plaine du Nord, depuis la Beauce jusqu’à la Belgique, Bourgogne, Sud-Est) dont il subsiste deux descendants, le Mérinos précoce et le Mérinos d’Arles ; - par contre, dans les zones plus difficiles ayant des troupeaux plus réduits, se déplaçant peu, subissant aussi bien la chaleur que l’humidité et souvent exploités à l’extérieur avec les bovins, le Mérinos, mal adapté (animal grégaire, craignant l’humidité et à faible aptitude laitière), fut rejeté. e e Par la suite, fin du XIX et début du XX siècle, le Mérinos fut aussi rejeté de la zone de plaine française du fait de sa conformation inférieure à celle des races anglaises et de leurs croisements. Ainsi, un bon nombre de nos races actuelles ont du sang Mérinos. Toutefois, c’est de cette époque que date l’idée, qui a survécue dans l’esprit de beaucoup d’éleveurs français jusqu’à ces dernières années, que l’orientation vers une toison étendue et une laine fine était contraire à l’amélioration des qualités laitières et de production de viande; de la sorte, l’avantage obtenu sur la finesse par l’utilisation du Mérinos fut souvent perdu parce que l’on chercha par la suite des animaux peu couverts à toisons trop légères.
III- LE CROISEMENT AVEC LES RACES ANGLAISES
Durant le XVIIIe siècle, une véritable révolution dans les méthodes de culture et d’élevage s’était produite en Angleterre, qui avait abouti à la création de races bovines et ovines très améliorées pour la production de viande. Deux groupes de races ovines avaient ainsi été crées : - lesLongwools, de grande taille, à laine longue, assez bien conformées, fécondes et laitières, s’engraissant facilement, très adaptées à l’herbage ; - lesDowns, très précoces, avec une excellente conformation, mais un peu moins rustiques et fécondes que les précédentes.
Le temps des Longwools... Après 1815, à l’occasion de voyages effectués en Angleterre par des spécialistes d’élevage pour s’y procurer des reproducteurs équins et bovins, les qualités de production de viande (croissance), d’élevage (rusticité, fécondité) et de laine (toisons lourdes et longues) des animaux longwool apparurent aux éleveurs français comme la solution idéale pour améliorer leurs races locales plus ou moins imprégnées de sang Mérinos. Les sujets ramenés d’Angleterre furent utilisés en croisement d’amélioration. Ainsi, les importateurs de Leicester avaient dans l’idée de créer, avec leMérinos, une race à laine longue et fine. Ceci échoua mais laissa une population métisse à forte croissance avec un potentiel de production de viande maigre remarquable, d’où sortirentl’Ile-de-Franceet leBerrichon du Cher. Les béliers de ces populations métisses furent, à leur tour, utilisés sur certaines populations du Sud-Est (Préalpes). De même, le Leicester, le Kent ou le Romney Marsh furent utilisés pour améliorer les races locales du littoral de la Manche et de la Mer du Nord. De ces croisements, proviennent les races d’herbage actuelles. Un autre exemple pourrait être celui de laCharmoiseavec le Kent.
...Puis des Downs Ce mouvement d’importation de races anglaises se trouva aussi accentué par le e développement du libre échange au milieu du XIX siècle : les importations de laine d’Australie, de Russie et d’Asie Mineure, effectuées pour favoriser le développement del ‘industrie textile, provoquèrent alors la chute des prix de la laine, d’où la nécessité de rechercher plus de viande sur les races de l’époque. Des reproducteurs anglais appartenant aux racesDowns, furent aussi alors introduits en vue de la création de troupeaux de race pure destinés à produire des béliers, exactement comme en Angleterre, pour le croisement industriel. LeSouthdown fut ainsi la race la plus e appréciée. Ce n’est que beaucoup plus récemment (seconde moitié du XX siècle) que des populations métisses de ces béliers furent sélectionnées en race pure et donnèrent naissance à deux races bien conformées à face grise : leCharollaiset leVendéen. e La seconde moitié du XIX siècle, avec en particulier la suppression de la protection douanière sur les laines en 1860, fut aussi marquée par le début de la grande régression des
effectifs ovins en France : le cheptel, qui était estimé à 32 millions de têtes en 1852, ne comprenait plus que 16 millions de sujets en 1913 (il n’y en aura plus que 7 millions en 1942).
IV- LA FIXATION DES RACES
Comme pour les bovins, c’est à l’issue de cette grande période de croisement que les races se fixèrent réellement : les concours de comices, la création des associations d’éleveurs, la définition des standards, l’homogénéisation du type par la recherche de la conformité à ses standards, en furent les principales étapes. Parmi les races qui ont ainsi été individualisées, la majorité subsiste encore bien que, du fait de la regression générale des effectifs, un certain nombre hélas soit en voie de disparition, aussi bien en populations montagnardes (Thones et Marthod,Ardes, ...) qu’en type rustiques de plaine (Poitevine,Solognote, ...). Ce recule des races locales rustiques fut dû à plusieurs causes. La première de ces causes a été que les zones agricoles difficiles, souvent dites marginales, ont été les principales victimes de l’exode rural et parfois même de l’abandon agricole, ce dont n’a pas manqué de souffrir leur élevage. La deuxième cause a été l’importation de races ou de lignées proches de la population locale en question mais mieux fixées et mieux sélectionnées : ce fut le cas des races d’herbage du Nord, telles que leBoulonnaisou l’Avranchinqui furent remplacées par leTexelou parfois leBleu du Maine. Dans d’autres cas, l’amélioration et l’intensification de la production agricole en générale et animale en particulier militèrent en faveur de l’introduction de races plus productives : ainsi, le Berrichon du Cherle domina Berrichon de l’Indre,l’Ile-de-Franceaux dépens du s’étendit Mérinos. Le croisement industriel eut parfois un effet analogue : trop étendu, il amena la conservation des femelles F1 (cas duSouth Downdans le Morvan et en Vendée). Parfois enfin, une race locale plus fixée chassa d’autres races : ainsi, laLacaune vis-à-vis desLarzac et autres lozériens; de même actuellement, laTarasconnaisedépens de la aux Castillonnaise dans la chaine pyrénéenne, laPréalpe du Sudaux dépens de laCommune des Alpesdans les Alpes du Sud, laLimousinedépens des aux Ardes,Rava, ..., dans le Nord-Ouest du Massif Central. C’est aussi pendant cette période de fixation que furent organisés les Livres Généalogiques régulièrement constitués, comportant la déclaration de naissance des sujets originaires de parents de race pure et l’admission définitive ouconfirmationdes meilleurs d’entre eux pour constituer des troupeaux inscrits.
V- LES RACES LAITIÈRES
La traite des brebis, sans être très répendue, l’était autrefois plus qu’actuellement, surtout dans les Alpes et les Pyrénées. Néanmoins, le prix de vente avantageux du lait destiné à la fabrication du Roquefort maintint cette production au sud du massif Central et dans l’Ouest pyrénéen, au contact de l’une des zones de brebis laitières de l’Espagne. La population locale de la première région, dite duLarzac, fut peu à peu envahie par une autre race métisse, la Lacaune, elle-même créée dans la Montagne Noire à partir de la Lauragaise et de métis anglais. Dans l’ouest des Pyrénées, resta en place une population à laine jarreuse (Manech,Basco-Béarnaise) analogue à la population espagnole.
VI- LE DÉMARRAGE DE LA SÉLECTION RATIONNELLE
L’orientation de la production de viande ovine a beaucoup contribué à l’évolution des races françaises : en effet, la production d’un type de sujets de boucherie très homogène, constitué par des agneaux soit légers (15 à 19 kg de carcasse), soit plus lourds (19 à 24 kg de carcasse) et âgés soit de 90 à 120 jours (agneaux blancs), soit de 5 à 10 mois (agneaux gris), imposait d’améliorer la qualité laitière des mères et la précocité des jeunes, d’où la mise en place des contrôles de performances dans les élevages. Au plan des qualités recherchées, l’excès de gras est un défaut lourdement pénalisé : la couverture de gras doit être légère, laissant apparentes des zones rosées au gigot et au garrot; de même, la conformation, surtout au niveau de la musculature du dessus (côtelette), doit être très bonne. Ainsi, les Ile-de-France,Berrichon du Cher,CharollaisetVendéenreprésentent un type très apprécié auquel se joignent en agneaux lourds lesTexel etBleu du Maine. Ces mêmes races, avec les trois anglaises (Suffolk,Hampshire etDorset Down) fournissent aussi les béliers de croisement industriel. En effet, le croisement des races locales avec ces béliers est également pratiqué en France, mais moins que dans d’autres pays, les éleveurs préférant renouveler leur troupeau sans achats à l’extérieur. Ainsi, le prix de vente supérieur des agneaux de qualité les engage souvent à rechercher des sujets de mieux en mieux conformés, d’où une évolution des races locales dont de bons exemples sont fournis par laPréalpe du Sudet laLacaune-viandequi sont parmi les races les plus appréciées.
VII- L’UTILISATION DES RACES PROLIFIQUES
Pour améliorer la productivité pondérale des troupeaux, il faut, compte tenu de la limite des poids de carcasse recherchés par le marché, améliorer la fécondité. C’est l’origine des essais d’utilisation en croisement rationnel de races très prolifiques et laitières, mais pas très bien conformées et adaptées à d’autres conditions d’élevage que celles existant en France. A près de nombreux essais avec la Frisonne et laRomanov, c’est cette dernière qui est apparue
la plus intéressante, soit en croisement avec des races locales pour obtenir des femelles F1 destinées au croisement industriel, soit avec des races améliorées telles que laBerrichonne du Cherobtenir une population maintenue en métissage. Dans la première méthode, il pour importe d’utiliser des races déjà bien conformées, telle laCharmoise, ou assez correctement conformées mais très laitières et à forte croissance, telle laLacaune. Les résultats spectaculaires obtenus par ces croisements ont conduit les éleveurs de beaucoup de races françaises à entreprendre un très important effort d’amélioration par sélection de la prolificité, et des résultats très intéressants ont déjà été obtenus dans cette voie.
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