l'île de tulipatan offenbach

Publié par

  • redaction - matière potentielle : des textes jean - claude
  • cours - matière potentielle : la révolution
1Retrouvez plus d'informations sur l'île de tulipatan offenbach //saison 11/12// dOSSieR pédagOgique
  • scène du théâtre des bouffes-parisiens
  • mixité dans les écoles
  • entourage du souverain cacatois
  • œuvre atypique
  • jeu des questions à…
  • pantalon
  • coin coin
  • coin-coin
  • opéra
  • opéras
  • fille
  • filles
Publié le : lundi 26 mars 2012
Lecture(s) : 55
Source : operatheatredesaintetienne.fr
Nombre de pages : 19
Voir plus Voir moins

t
d
e
l
l
a
’îe d
an tulip
offenbach
//saison 11/12//
1Retrouvez plus d’informations sur www.operatheatredesaintetienne.frOSSieR pédagOgiqueDossier réalisé sous la direction de David Camus
Coordination générale élodie Michaud
Rédactions des textes Jean-Claude Yon, Muriel Mura Contact Marie-Anne Mazza
Suivi de fabrication Maxime Riquelme Chargée de la médiation et de l’action culturelle
Document téléchargeable sur 04 77 47 87 54
www.operatheatredesaintetienne.fr marie-anne.mazza@saint-etienne.fr
2u
i
d
a
a
b
l
t
a
t
u
d
offenbach
’île de tulipan
OpéR Ouffe en 1 acte,
livRet ’HenR cHiv O et lfRed R
Direction musicale Laurent Touche
Mise en scène Yann Dacosta
Décors et lumières Jean-Claude Caillard
Costumes Philippe Léonard
Hermosa Flannan Obé
Théodorine Sarah Laulan
Alexis Laetitia Ithurbide
Romboïdal François Rougier
Cacatois Frédéric Bang-Rouhet
Orchestre Symphonique Saint-étienne Loire
Mardi 3 janvier 2012 : 14h30
Mercredi 4 janvier 2012 : 15h
Grand Théâtre Massenet
Durée : 1h sans entracte
En français surtitré
Production : Opéra de Rouen Haute Normandie
3Retrouvez plus d’informations sur www.operatheatredesaintetienne.fr4 Retrouvez plus d’informations sur www.operatheatredesaintetienne.frl
a
p
p
r
p
o
l
d
a
l
l
à
p
p
c
à
p
p
l
o
p
e
.6 écouverte de ’œuvre SOmmaiR Les personnages
L’histoire
Note sur l’œuvre
.8 utour de ’œuvre
Contexte historique
Il était une fois… les flles et les garçons…
Fille - garçon, c’est pareil ?
.10 roduction
Le jeu des questions
Les Maîtres d’œuvre
Les solistes
.12 lefs pour une sortie ’ péra
.13 propos de ’ péra
.14 essources supplémentaires
.18 Glossaire
5Retrouvez plus d’informations sur www.operatheatredesaintetienne.frh
s
e
u
q
c
a
f
l
l
l
a
t
d
c
f
o
e
t
n
l
b
î
a
b
o
écouverte de ’œuvre
’le de ulipan Jacques ffenbach (1868)
es personnaGes
Hermosa (flle de Romboïdal et de Théodorine) Flannan Obé
Théodorine (femme de Romboïdal) Sarah Laulan
Alexis (fls de Cacatois XXII) Laetitia Ithurbide
Romboïdal (le Grand Sénéchal) François Rougier
Cacatois XXII (Duc de Tulipatan) Frédéric Bang-Rouhet
’histoire
Romboïdal, grand ofcier, a eu un fls mais son épouse Théodorine,
craignant pour lui la guerre et ses périls, l’a déclaré comme flle sous le
nom d’Hermosa. La «jeune flle», en grandissant, ne rêve que de plaies
et de bosses et joue avec fusils et pistolets au lieu de s’adonner à la
couture...
De son côté, l’entourage du souverain Cacatois XXII, voulant lui
épargner la nouvelle de la naissance d’une énième flle, lui annonce la
naissance d’un fls, le prince Alexis. Le «jeune garçon» passe son temps à
rêver et à humer les feurs … J (1819 - 1880)
Et voilà que les deux se rencontrent, et tombent amoureux : panique ioGraphie
à bord, on leur dit à chacun séparément la vérité afn d’empêcher tout
mariage. Mais les jeunes, pas si simplets qu’ils en ont l’air, prennent les
Né à Cologne, en Allemagne, en
choses en main.
1819, Jacques Ofenbach commence
à composer dès l’âge de 9 ans.
Violoncelliste et musicien talentueux,
NB : les termes soulignés ainsi sont à retrouver dans le glossaire (p. 18).
il est admis au Conservatoire de
Paris à l’âge de 14 ans et débute
sa carrière en France comme soliste
virtuose. Indiscipliné, il dut quitter
l’établissement au bout d’un an pour
rejoindre l’orchestre de l’Opéra Comique. En 1840, à la suite du
décès d’un de ses frères, il retourne à Cologne. Durant ce séjour,
sa mère décède également. De retour à Paris, il peine à se faire
reconnaître comme compositeur et sa carrière n’est véritablement
lancée qu’avec la fondation du Théâtre des Boufes-Parisiens en 1855
et la création du genre de l’opérette avec la pièce Les deux aveugles.
Cette année est aussi celle de la Grande Exposition Universelle de
Paris.
Désormais, il règne sur la scène musicale du Second Empire. La
guerre de 1870 entre l’Allemagne et la France oblige une fois
encore Ofenbach à se faire discret. Son succès est toujours immense
à l’étranger mais en France, son heure est passée. Qualifée de
«prussienne», sa musique n’intéresse plus. Ofenbach fait encore une
tournée triomphale aux États-Unis, mais il a le mal du pays. De retour
en France, il continue à composer : Madame Favart, puis son ultime
chef-d’œuvre, les Contes d’Hofmann, synthèse entre la musique
légère et la musique classique.
Il meurt à Paris dans la nuit du 4 au 5 octobre 1880 à 61 ans quatre
mois avant la création des Contes d’Hofmann. Il est enterré au
cimetière de Montmartre.
6 Retrouvez plus d’informations sur www.operatheatredesaintetienne.frl
o
n
te sur ’œuvre
Au sein du répertoire ofenbachien, L’Île de Tulipatan est à bien des
eégards une œuvre atypique. 73 pièce du compositeur, elle est créée le
30 septembre 1868 sur la scène du Théâtre des Boufes-Parisiens plus de
six ans après qu’Ofenbach ait cessé de diriger l’établissement qu’il avait
fondé. Sa dénomination « opéra boufe » est incongrue car, ne dépassant
pas un acte, elle aurait dû, en toute logique, être qualifée d’« opérette
boufe ». Peut-être Ofenbach, en choisissant ce terme plus noble, a-t-il
voulu inscrire sa nouvelle œuvre dans la lignée de ses récents succès,
La Belle Hélène (1864), Barbe-Bleue (1866), La Vie parisienne (1866),
La Grande-Duchesse de Gérolstein (1867).
Pour l’heure, Ofenbach a l’ambition de faire un coup d’éclat pour Si L’Île de Tulipatan suscite un tel accueil, c’est que, ainsi que l’écrit
marquer son retour aux Boufes-Parisiens où il n’a plus donné d’ouvrage le critique du Figaro, « de la première scène à la dernière, - et puisque
nouveau depuis le demi-échec des Bergers en décembre 1865. Afn musique il y a - c’est un crescendo formidable dans l’éclat de rire. »
de montrer l’étendue de son talent, ce ne sont pas moins de deux Désireux de se montrer à la hauteur de leur nouveau collaborateur,
nouvelles pièces qu’il fait jouer le 30 septembre : Le Fifre enchanté ou Chivot et Duru ont en efet écrit un de leurs livrets les plus désopilants.
le Soldat magicien et L’Île de Tulipatan. Opérette boufe de Nuitter et La didascalie initiale donne le ton : « La scène se passe dans l’île de
Tréfeu, le premier ouvrage est d’une veine délicate qui se rapproche de Tulipatan, à 25.000 kilomètres de Nanterre, 473 ans avant l’invention
l’opéra-comique alors que le second afche un net parti-pris boufon. des crachoirs hygiéniques. » Libérée de tout ancrage réaliste, l’action
Le Ménestrel commente cette opposition : « Ainsi L’Île de Tulipatan est développe un des thèmes favoris d’Ofenbach, à savoir l’exercice du
une boufonnerie à tout casser, tandis que Le Fifre enchanté se réfère pouvoir. Le duc Cacatois XXII, autoritaire et violent, fait bonne fgure
presque partout à la manière plus fne, plus légère, et au besoin mêlée dans la galerie des souverains ofenbachiens et le couple politique qu’il
de tendresse que nous avons applaudie dans La Chanson de Fortunio, forme avec son Grand Sénéchal Romboïdal est des plus réussis. Une
dans Le Mariage aux lanternes, Les Bavards, Les Bergers. » Les deux fois de plus, la vie de cour est décrite sous un jour féroce. Théodorine,
œuvres sont très bien accueillies par le public et, à propos de la seconde, l’épouse sentimentale de Romboïdal, est également un personnage
le même journal constate : « L’engouement a tourné au délire ». familier du musicien, à la fois grotesque et touchant. On retrouve aussi
dans l’intrigue imaginée par Chivot et Duru son intérêt burlesque pour
les réalités matérielles (un air est ainsi consacré aux… petites cuillères !).
L’Île de Tulipatan développe également deux autres thèmes, plus
originaux. D’abord, la mise en abyme du théâtre est en permanence
sous-jacente. Elle s’exprime par la parodie (dans son duo avec Hermosa,
Romboïdal reprend un motif de La Juive de Fromental-Halévy) mais aussi
par le fait que Cacatois, à deux reprises, fait allusion à un « chœur de
sortie », comme si l’illusion théâtrale était brisée. Le principal morceau
de l’ouvrage, une barcarolle boufe, est explicitement présenté comme
un morceau de théâtre qui joue avec les poncifs liés à Venise. L’autre
thème, encore plus central dans l’intrigue, est celui de l’identité sexuelle
puisque ni le prince Alexis ni Hermosa ne sont ce qu’ils semblent
être… Ce qui aurait pu donner lieu à des plaisanteries scabreuses
est en fait traité avec une grande délicatesse par Ofenbach et ses
librettistes. Les émois les plus intimes sont ainsi réintroduits au cœur
de la boufonnerie, faisant de L’Île de Tulipatan une des œuvres les
plus originales du répertoire ofenbachien. Le rire et la tendresse y ont
rarement tenu aussi bien en équilibre…
7Retrouvez plus d’informations sur www.operatheatredesaintetienne.frt
l
l
o
a
î
t
autour de ’œuvre
’le de ulipan Jacques ffenbach (1868)
conteXte historique
La France de Napoléon III L’architecture
En 1868, la France est sous le régime du Second Empire (1852 – 1870). L’empereur a choisi le Baron Haussmann pour transformer la ville de
Napoléon III est l’empereur des Français. Le Second Empire se terminera Paris. Le travail est gigantesque et s’étale sur une vingtaine d’années.
le 4 septembre 1870, lors de la bataille de Sedan. La France, menée Les habitations sont rénovées, la ville devient plus salubre, les travaux
par Napoléon III, perd la guerre contre la Prusse, dirigée par Otto von facilitent la circulation avec ses grands boulevards, la sécurité dans
Bismarck. les rues est renforcée, des monuments sont construits (L’Hôtel-Dieu, le
Lorsque L’Île de Tulipatan est créée puis jouée à Paris le 30 septembre Tribunal de Commerce…), des marchés, des gares (Gare de Lyon, Gare du
1868, la guerre est une vraie angoisse pour les Français. Le travail Nord), des hôpitaux, les arrondissements ont chacun leur mairie…
d’Ofenbach mais également celui d’Henri Chivot et Alfred Duru, les
deux librettistes de L’Île de Tulipatan, est de faire rire avec ce qui menace Le style haussmannien
et fait peur. C’est toujours celui que l’on voit dans les rues de Paris. Les bâtiments
C’est une façon de dire que la guerre est stupide. Pour ne pas lui donner ont généralement 5 à 7 étages et sont en pierre de taille, et non plus
trop d’importance, les artistes se moquent d’elle ! Rire de ce qui est en ciment ou en mortier. La toiture est mansardée et les lucarnes
esérieux est une caractéristique des opéras boufons du xviii siècle. correspondent aux chambres de bonnes.

La presse et les écrivains L’Opéra Garnier
Napoléon III n’admet aucun journal d’opposition. Il ne veut aucune En 1874, Napoléon III ft construire un nouvel opéra : l’Opéra Garnier,
critique contre sa façon de diriger la France. Pour paraître, un journal par un certain Charles, du même nom. Ayant échappé de peu à un
doit avoir une autorisation. Tous les fauteurs de troubles sont attentat, il souhaitait que la nouvelle bâtisse soit dans un lieu sûr et que
condamnés par des blâmes et des procès en tout genre lorsqu’ils les rues soient surveillées.
commettent un outrage. L’architecture du bâtiment est du style Second Empire : beaucoup de
Des écrivains comme Victor Hugo, Gustave Flaubert, Charles Baudelaire marbre, de stuc, de fresques et de fantaisies pour marquer la prospérité
ou encore les frères Goncour voient leur liberté d’expression censurée matérielle de la France de l’époque.
notamment à cause de leurs critiques de la société. Depuis l’ouverture de l’Opéra Bastille en 1989, l’Opéra Garnier est
Paradoxalement, durant cette période, la presse et de nombreux artistes consacré au Ballet. Pour le qualifer, on parle souvent du «P alais de
sont pleins de vitalité ! Leur esprit critique se développe et les journaux la danse ».
satiriques font leur apparition : textes et dessins se moquent gentiment
ou durement du régime politique en place. Mais gare aux représailles !
Zoom sur…
…le non-sens
Né en Angleterre, le non-sens est une forme d’humour qui est proche
de l’absurde. Généralement, le sujet est traité avec beaucoup de
gaîté. Les personnages ou les situations sont également drôles.
Dans le non-sens, les phrases sont dépourvues de… sens. Ce n’est pas
ce qu’on nous apprend en grammaire !
Le non-sens est un peu le sens inversé du réel. Il n’y a plus de logique,
on va dans un monde à l’envers. C’est comme dans Alice au Pays des
merveilles : les animaux parlent, le Lièvre de Mars prend le thé…
Le désordre sert à renforcer l’ordre.
8 Retrouvez plus d’informations sur www.operatheatredesaintetienne.frc
i
l
p
f
l
l
aitét une fois… ille / Garçon, ’est areil ?
es filles et les Garçons…
égalité / Identité : ce n’est pas la même chose !
à l’école égalité
éducation religieuse Traiter une flle de la même manière qu’un garçon signife que l’on
eà la Renaissance (au xviii siècle), l’éducation des flles concernait les doit proposer des apprentissages, une instruction et une éducation
tâches domestiques et le catéchisme pour la transmission des valeurs identiques à l’un comme à l’autre.
chrétiennes aux enfants. La femme n’est que mère et épouse. Les règles, la politesse, les loisirs, les livres, les jeux… sont les mêmes
L’éducation, réservée à la noblesse, se tient dans les couvents où les flles pour tous. Les garçons peuvent aussi très bien jouer à la poupée ou faire
apprennent le catéchisme ainsi que la lecture et l’écriture. la bagarre et les flles jouer aux petites voitures comme à la maman…
Sous l’Ancien Régime, Fénelon afrmera, dans son Traité de l’éducation
des flles (1687) que leur éducation est capitale pour la société : Identité
puisqu’elles seront mères, elles sont responsables de la valeur de Nous naissons avec un sexe de flle ou de garçon.
l’éducation des hommes. Elles doivent donc, en plus, connaître la La construction de l’identité sexuelle se fait petit à petit et se développe
musique, le chant, la lecture, la broderie… au sein de la société dans laquelle nous vivons et grâce à ceux qui nous
entourent.
Enseignement pour les flles Nous suivons également des codes qui défnissent notre identité de
C’est en 1836 que l’enseignement primaire des flles est possible grâce à genre : vêtements, coifure, attitudes, démarches…
la loi Pelet. Les programmes sont défnis selon les rôles sociaux attribués
aux femmes. Les travaux ménagers et le soin aux enfants sont toujours Comment ça se passe sur l’Île de Tulipatan ?
enseignés. La mère d’Hermosa a déclaré son fls à l’état civil comme étant une flle
Les lois scolaires de 1881-1882 de Jules Ferry installent l’école sans pour qu’il ne parte pas à la guerre. Il a donc dû se comporter comme
diférence d’instructions entre les flles et les garçons. une flle : vêtements, jeux… mais ses goûts le portent plutôt vers les
Elle est désormais gratuite, obligatoire de 6 à 13 ans et laïque. On y fusils, les cors de chasse et les coups de canons ! Quant à la mère de
apprend à compter, à lire et à écrire. la princesse, elle déclara avoir eu un fls. Sa flle s’est donc glissée dans
la peau d’un garçon, même si elle aime uniquement la poésie et la
Mixité dans les écoles lecture....
La mixité dans les écoles publiques ou privées se généralise dans les
années 1960. Cela fait donc environ 50 ans. Ce n’est pas si vieux ! Vos
grands-parents ont sûrement connu ça.
Les flles en pantalon
Pantalon révolutionnaire
Le pantalon fut longtemps interdit aux femmes !
C’est au cours de la Révolution, en 1789, que le pantalon apparaît en
France. C’est un signe révolutionnaire. Les sans-culottes, ceux qui mènent
la bataille, portent des pantalons longs, généralement en bure et rayés,
contrairement aux aristocrates qui portent des culottes courtes et des Zoom sur…
bas de soie.
…’opéra bouffePour l’Église et l’opinion populaire, une femme qui portait le pantalon
était une flle de mauvaise vie. Un décret de la Loi du 26 Brumaire de
C’est Jacques Ofenbach qui a inventé l’opéra boufe.l’an IX de la République lui interdisait de porter le vêtement du sexe
opposé. En réaction aux opéras sérieux, des compositeurs ont écrit des œuvres
plus légères, que l’on qualife de boufonnes. On leur a donné le nom
Pantalon sur autorisation d’« opera bufa », autrement dit, en français, d’opéra-boufe. Le propos
Ce n’est qu’en 1909 qu’on a permis à la femme de porter un pantalon est de distraire le public et de le faire rire.
pour faire du vélo ou du cheval mais uniquement sur autorisation Pour que le public saisisse le sens comique, les phrases musicales
préfectorale. Plus tard, en 1920, elle pourra le porter pour jouer au golf, sont généralement courtes et il n’y a pas de récitatifs.
pour skier ou rester à la maison. L’opéra boufe est diférent de l’ opéra-comique qui lui, peut traiter de
Dans les années 60, le pantalon est enfn autorisé. sujets très sérieux. Carmen de Bizet est un des opéras-comiques les
plus connus, ou encore Manon de Jules Massenet.
9d
u
m
u
m
p
p
m
à
a
e
t
l
l
a
e
u
l
m
p
u
à
a
p
a
production
Jeu des questions …
Yann acost, metteuR en Scène

Quels sont les éléments de la mise en
scène qui permettent d’identifer le
non-sens ?
Le décor est surplombé par un panneau
lumineux sur lequel est écrit « île était une
fois ». Le non-sens s’appuie toujours sur le langage. On joue avec les sons
et les sens. Ce que j’aime bien dans cette fable c’est qu’elle se passe
Jeu des questions … sur une île. Le mot « île » c’est un peu la contraction de « il » et « elle ».
laurent ouche, Dans ce conte, « île » serait le féminin de « il ». C’est très enfantin, très
diRecteuR muSical sophistiqué à la fois, et ça donne le ton tout de suite.

Pourquoi la musique d’Ofenbach est- Pourquoi les costumes sont-ils aussi extravagants ?
elle descriptive ? Pour placer cette histoire dans un univers de conte de fées. L’idée de
Il a un jeu avec les consonances, départ est tellement énorme (deux enfants qui auraient vécu 18 ans
les onomatopées, les bruits d’animaux sans que personne ne connaisse leur véritable genre !) que l’histoire ne
comme dans le numéro autour du canard et de l’orchestre qui fait peut être qu’un conte pour enfants. Mais, comme dans tous les contes,
coin-coin. Le génie d’Ofenbach est de produire une musique qui illustre il y a un  ancrage dans notre monde réel, une morale et un message.
beaucoup. C’est aussi une invitation au voyage. Le titre, déjà très drôle, Pour moi, c’est un vrai conte de fées et les personnages sont tout droit
est magique, comme le nom de Cacatois… qui fait beaucoup rire ! sortis de livres illustrés pour enfants.
Enfants - adultes autour d’Ofenbach, un plaisir partagé ? Existe-t-il encore de nos jours des Alexis et des Hermosa ?
Cette musique plaît à tous. Il y a des degrés de lecture avec les jeux, Des milliers ! Cela est plus ou moins fort selon les origines sociales,
les notes, les critiques de l’hypocrisie, la satire, la caricature… Grands culturelles et géographiques mais il y a des milliers d’enfants et
et petits s’amusent. On aime cet hymne à la liberté parce qu’on voit vite d’adultes de par le monde qui ne sont pas en harmonie avec le rôle que
qu’il s’agit d’une supercherie inventée par les adultes et qu’elle ne tient la société leur a attribué.
pas la route !
Quel est le message de cet opéra boufe ?
Comment cette musique s’écoute-t-elle ? La fable raconte que nous devons nous afranchir du rôle qu’on nous
La musique d’Ofenbach est d’une qualité telle qu’elle n’a pas besoin donne. La société semble rassurée quand les flles aiment le rose et
d’avoir été entendue pour être perçue. Elle est facile à écouter, les garçons le bleu. Mais nous ne sommes pas là pour lui faire plaisir.
immédiate, très rythmée. On va droit au but. Pour les plus férus, il y a Chacun doit s’accomplir, avec ses contradictions, ses diférences et ses
souvent des citations sur l’opéra sérieux, comme des rappels, des clins ressemblances.
d’œil… La pièce nous parle clairement du genre (être un garçon et être une
flle) mais on nous accorde aussi d’autres types de rôles : être un enfant
de bonne famille, être le fls ou la flle de, être le rigolo de service, ropos recueillis ar Riel R
être le cancre de la classe… Ne nous laissons pas enfermer dans des
stéréotypes, chaque personne est bien plus complexe que cela. […]
La vérité est toujours en nous. Il suft d’être à son écoute et de lui
laisser la place de se révéler.
ropos recueillis ar Riel R
10 Retrouvez plus d’informations sur www.operatheatredesaintetienne.fr

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.