LE GENERIQUE

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SOMMAIRE AVANT PROPOS 1 LE FILM - LE GENERIQUE 2 - LE SYNOPSIS 3 - LE REALISATEUR 4 APPROCHES DU FILM - LA GENESE 5 - LES PERSONNAGES 7 - L'ACCUEIL CRITIQUE 10 PISTES PEDAGOGIQUES - LA SEQUENCE INAUGURALE 14 - UN PLAIDOYER FEMINISTE 15 - UN REQUISITOIRE CONTRE L'INTEGRISME 17 - UN CINEMA REALISTE 18 - L'ESPACE 20

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Publié le : lundi 18 juin 2012
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Source : crdp.ac-bordeaux.fr
Nombre de pages : 23
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SOMMAIRE
AVANT PROPOS 1
LE FILM
- LE GENERIQUE 2
- LE SYNOPSIS 3
- LE REALISATEUR 4
APPROCHES DU FILM
- LA GENESE 5
- LES PERSONNAGES 7
- L’ACCUEIL CRITIQUE 10
PISTES PEDAGOGIQUES
- LA SEQUENCE INAUGURALE 14
- UN PLAIDOYER FEMINISTE 15
- UN REQUISITOIRE CONTRE L’INTEGRISME 17
- UN CINEMA REALISTE 18
- L’ESPACE 20The Magdalene Sisters
AVANT PROPOS
Lorsqu’au mois de mai on m’a proposé de rédiger le dossier
de Magdalene Sisters, j’avais déjà projeté d’emmener des élèves
de seconde au cinéma pour voir ce film. C’est donc riche de
cette expérience que j’ai réalisé ce travail. Je ne prétends pas
offrir une lecture exhaustive du film mais plutôt présenter
modestement ce que j’ai expérimenté avec ma classe. Il s’agit
plus d’une démarche pédagogique que théorique.
èmeCette 14 édition du Festival du Film d’Histoire a pour
thème «!Les Fanatiques!», un sujet toujours d’actualité et sur lequel
VOLTAIRE s’était déjà penché. Dans son Dictionnaire
philosophique (1769) il nous donne la définition suivante!: «!Le
fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce
que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui
prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des
prophéties, est un enthousiaste!; celui qui soutient sa folie par le
meurtre, est un fanatique.!» Et il ajoute!:!«!Je pense avec vous que
le fanatisme est un monstre mille fois plus dangereux que
l’athéisme philosophique. SPINOSA n’a pas commis une seule
mauvaise action!: CHASTEL et RAVAILLAC, tous deux dévots,
assassinèrent HENRY IV.!»
1769 – 1964 – 2003!: les époques changent mais les maux et
les mots restent.
1The Magdalene Sisters
LE FILM
LE GENERIQUE
FICHE TECHNIQUE
Scénario et réalisation Peter MULLAN
Productrice déléguée Frances HIGSON
Co-producteur Alan J.WANDS
Producteurs Ed GUINEY et Paul TRIJBITS
Image Nigel WILLOUGHBY
Décors Mark LEESE
Montage Colin MONIE
Musique Craig ARMSTRONG
Costumes Trisha BIGGAR
Maquillage Dianne JAMIESON
Son Colin NICOLSON
Distribution des rôles Lenny MULLAN
FICHE ARTISTIQUE
Sœur Bridget Géraldine McEWAN
Margaret Anne-Marie DUFF
Bernadette Nora-Jane NOONE
Rose!/Patricia Dorothy DUFFY
Crispina Eileen WALSH
Una Mary MURRAY
Katy Britta SMITH
Sœur Jude Frances HEALY
Sœur Clémentine Eithne MCGUINNESS
Sœur Augusta Phyllis MCMAHON
Josephine Rebecca WALSH
Eamonn Eamonn OWENS
Brendan Chris SIMPSON
Seamus Sean COLGAN
Le Père Fitzroy Daniel COSTELLO
2The Magdalene Sisters
LE SYNOPSIS
Irlande, comté de Dublin, 1964.
Europe, les débuts du féminisme, de la liberté sexuelle et l’explosion du rock’n roll.
Lors d’un mariage, alors que la fête bat son plein, Margaret
est violée par son cousin. La nouvelle se propage comme une
traînée de poudre, son père est alerté et la honte s’abat sur la
famille. On décide aussitôt de l’éloigner du clan!: au petit matin, le
curé de la paroisse vient chercher Margaret.
Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En
grandissant, devenue jolie, elle attire les regards et le désir des
jeunes gens du quartier. Considérant que sa nature et son
caractère la destinent au pire, la direction de l’orphelinat la confie
alors à l’unique institution susceptible de la maintenir dans le droit
chemin.
Rose vient de donner naissance à un petit garçon. Elle n’est
pas mariée. À l’hôpital, tandis que sa mère refuse de lui adresser la
parole, le prêtre, dépêché par son père, lui annonce que son
enfant sera bien plus heureux élevé au sein d’une famille
catholique, digne et respectable. Séparée de son nouveau-né,
Rose est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine.
Arrivées ensemble, les trois jeunes filles sont immédiatement
confrontées à Sœur Bridget qui dirige l’établissement et leur
explique comment ici, par la prière et le travail, elles expieront
leurs péchés et sauveront leur âme.
3The Magdalene Sisters
LE REALISATEUR
Scénariste, réalisateur et comédien, Peter MULLAN est né en
1959 à Glasgow. C’est en 1993 qu’il fait ses débuts de réalisateur
avec Close, court-métrage pour lequel il gagne le Michael
Samuelson Award du Meilleur Film et qui marque le début de sa
collaboration avec la productrice Frances HIGSON. Good day for
he bad guys en 1995 et Fridge en 1996 sont récompensés à
travers le monde (Bilbao, Palm Springs, etc…) et en 1999, son
premier long métrage, Orphans, est primé à Venise, Barcelone,
Angers.
Comédien, Peter MULLAN a reçu le Prix d’Interprétation
Masculine à Cannes en 1998 pour son rôle dans le film de Ken
LOACH, My name is joe. Il avait débuté au théâtre dans les
années 80, se produisant en particulier dans les prisons. Au
cinéma, on a pu le voir dans Riff Raff de Ken LOACH, Rédemption
de Michael WINTERBOTTOM, Mademoiselle Julie de Mike FIGGIS,
Braveheart de Mel GIBSON, Ordinary Decent Criminals de Taddeus
O’SULLIVAN, ou Petits meurtres entre amis et Trainspotting de
Danny Boyle.
On le verra prochainement dans Young Adam de David
MACKENZIE, et Helen of Peckham, premier long-métrage d’Emily
YOUNG. Pour la B.B.C, Peter MULLAN a également réalisé plusieurs
épisodes de la série Cardiac Arrest et joué dans Taggart, Ruffian
Hearts et Rab C Nesbitt.
4The Magdalene Sisters
APPROCHES DU FILM
LA GENESE (Notes de production)
The Magdalene Sisters s’inspire de l’histoire de milliers de
femmes rejetées par leur famille et livrées à l’Eglise. Déclarées
«!filles perdues!», incarcérées sans avoir commis de crime, elles
étaient pauvres, orphelines, victimes de viol, «!fille-mères!», parfois
jolies, donc dangereuses ou bien pas assez intelligentes, voire
handicapées. Les «! Magdalene Homes!» ont été créés dans
èmel’Irlande de XIX siècle. Ils doivent leur nom à Marie-Madeleine,
pécheresse devenue Sainte femme après s’être repentie aux
èmepieds de Jésus qui la laissa les lui laver. À l’aube du XX siècle,
ces institutions sont reprises par l’Eglise, placées sous la direction
des Sœurs de la Miséricorde, à la discipline de fer, et transformées
en laveries. Les pensionnaires y travaillent sans rémunération dix
heures par jour, sept jours sur sept, coupées du monde, lavant le
linge des hôtels, des universités et autres institutions des alentours.
L’état irlandais, ne pouvant alors assumer une politique sociale,
encourage les familles à incarcérer illégalement leurs «!filles
perdues!», tandis que la société y voit pour celles-ci une pénitence
salvatrice.
Grâce à la puissance du clergé, ces institutions sont
maintenues jusque dans les années 70. Il faudra cependant
attendre 1996 pour que le dernier de ces couvents-prisons soit
fermé. Ce n’est qu’en 1992, grâce au succès de la pièce de
théâtre Eclipsed que l’attention du public se porte sur la situation
désespérée des pensionnaires. L’auteur de la pièce Patricia BURKE
BROGAN, elle-même ancienne pensionnaire, tenait à briser le
silence autour de cette partie de l’histoire de la société irlandaise
qui condamna nombre de ses filles à passer leur vie dans des
conditions dignes d’un roman de Dickens!: malnutrition, violences
physiques, interdiction de tout contact avec l’extérieur. Les
pensionnaires n’avaient aucun droit, si ce n’est celui de travailler
et d’expier. Des émeutes éclatent dans les années 60 et plusieurs
des dix couvents irlandais ferment dans les années 70.
5The Magdalene Sisters
Mais si l’Eglise perd un peu de son influence, c’est surtout le
progrès économique permettant aux ménages de s’acheter une
machine à laver, qui aidera à la libération de ces femmes. En
1996, une cinquantaine d’entre elles vivaient encore dans le
dernier couvent. À ce jour, l’Eglise n’a formulé aucune excuse, ni
proposé aucun dédommagement aux femmes qui, des années
durant, ont travaillé pour son compte.
En 1994, la chanteuse Joni MITCHELL enregistre la chanson
The Magdalene Laundries, devenue depuis l’hymne des
survivantes des laveries.
C’est après avoir vu sur Channel Four le documentaire Sex In
A Cold Climate, consacré à la détresse des femmes prisonnières
de ces couvents, que Peter MULLAN a écrit le scénario de The
Magdalene Sisters. Révolté par l’injustice faite à ces femmes, il a
voulu raconter l’histoire des couvents de Marie-Madeleine à un
large public. Les témoignages filmés des victimes ont été sa
principale source d’information. Peter MULLAN est fasciné par
l’incroyable mainmise que l’Eglise a exercée à l’époque sur la
société irlandaise!: «!Quand j’ai demandé à une de ces femmes à
quoi ressemblait l’Irlande des années 60 pour une jeune fille, elle
m’a répondu!: «!Pensez au K.G.B!». Elle a raison, il y a de ça. Si le
curé déclarait qu’il voulait votre enfant, vous deviez le lui confier
et ne plus jamais poser de questions. La situation était insensée.
Personne ne questionnait l’Eglise.!»
Le réalisateur a choisi de situer The Magdalene Sisters dans
les environs de Dublin, en 1964. À une époque où bien des
femmes, à travers le monde, découvraient la liberté, des jeunes
filles se battaient quotidiennement pour survivre dans ces laveries
contrôlées par l’Eglise. Peter MULLAN interprète lui-même le rôle
du père d’Una, une des pensionnaires du couvent qui tente de
s’échapper. «!L’Eglise, la foi, la famille et sa réputation lui importent
plus que sa propre fille. Voilà tout le problème.!» À une époque où
la condition sociale d’une famille était déterminée par son
honneur et sa réputation, beaucoup de gens comme lui devaient
littéralement se battre pour maintenir leur rang.
6The Magdalene Sisters
Lui-même acteur, Peter MULLAN sait que les comédiens ont
besoin d’espace pour nourrir leur personnage. «!Il faut parfois les
laisser chercher, faire des erreurs, trouver lentement.!»
Pour compléter la distribution, il a engagé deux femmes qui
ont vécu dans les laveries, une pensionnaire et une religieuse, qui
ont veillé à l’authenticité du film. «!J’ai pris certaines libertés
artistiques, mais leur présence sur le plateau me permettait de ne
pas m’égarer. Je pouvais me dire que ce que nous faisions était
aussi proche de la réalité que possible!».
LES PERSONNAGES
Peter MULLAN s’est focalisé sur trois figures emblématiques!:
la victime sacrifiée (Margaret), la Vénus révoltée (Bernadette) et
la soumise (Rose-Patricia).
MARGARET
Adolescente devenue trop vite femme par le crime dont elle
a été victime. Le viol semble ici moins grave que le fait d’avoir
grandi si vite et indépendamment de l’Eglise. En l’envoyant au
couvent, le prêtre la renvoie à son statut d’enfant dépendant qui
ne peut grandir sans l’aval catholique. Mais son visage est
définitivement marqué par la souffrance qui l’a fait vieillir
prématurément.
BERNADETTE
Élevée dans un orphelinat, la jolie jeune fille suscite la
convoitise des garçons qui viennent s’agglutiner devant les grilles
de l’école. Des fenêtres, le proviseur la regarde et voit en elle une
potentielle diablesse et pécheresse. Elle sera enfermée au
couvent pour ainsi anticiper la faute. Révoltée d’être punie pour
un crime qu’elle n’a pas commis, Bernadette est prête à tout pour
sortir de cette prison!: ce système pervers pousse à la faute.
7The Magdalene Sisters
ROSE
Elle vient d’accoucher et admire son magnifique bébé. À
côté d’elle, sa mère ignore l’enfant né en dehors des liens du
mariage parce qu’il déshonore sa famille. Catholique, Rose
demande pardon d’avoir commis ce péché mortel, croit en la
rédemption et en l’amour de ses parents. Elle se laisse convaincre
quand on lui demande de donner son fils à l’institution religieuse,
tente de le reprendre et hurle sa colère dans les bras de son père
qui la maîtrise avec une froide puissance.
Trois jeunes filles, trois vies bouleversées par trois faits qui
auront la même conséquence. Trois courtes séquences réglées
avec une précision mathématique, qui ouvrent le film pour mener
à la même image et au même résultat. Toutes trois seront
répudiées, cachées de la bonne société irlandaise, recluses au
Magdalene Home, dirigé par Sœur Bridget.
SŒUR BRIDGET
Terrifiante mère supérieure du couvent qui cache derrière
son sourire tranquille un sadisme raffiné. Pour elle, toutes les
femmes sont coupables!: des tentatrices face aux faibles hommes.
Il faut donc supprimer la tentation au plus vite. Séquestrées par
cette organisation cléricale, les jeunes femmes subissent brimades
et humiliations tandis que le couvent se pare de vertus
prétendument humanistes. Cette femme qui commet des
atrocités s’identifie cependant au personnage évangélique
d’Ingrid BERGMAN dans Les Cloches de Sainte-Marie, versant des
larmes pendant la projection du film. Peter MULLAN précise!: «!Tous
les oppresseurs que j’ai connus étaient d’une incroyable sérénité.
Parce qu’ils avaient le pouvoir, bien sûr. Pourquoi auraient-ils eu
peur!? Ce sont les victimes qui font tout le travail, qui tremblent,
qui sont terrorisées. J’ai travaillé dans ce sens avec l’interprète du
rôle, Géraldine McEWAN. Je lui disais!: plus tu souris, plus c’est
intéressant, plus c’est fidèle à la réalité»(1).
8The Magdalene Sisters
CRISPINA
Pauvre fille-mère, simple d’esprit, elle est condamnée à voler
quelques instants fugaces pour regarder son enfant grandir à
travers la grille. Elle n’a finalement pour toute richesse qu’une
médaille bénite de Saint Christophe et qui tentera de se suicider
lorsqu’elle en sera dépossédée. C’est à elle que reviendra le
moment le plus intense du film, lorsqu’elle prendra la parole pour
crier au prêtre qui, pris d’insupportables démangeaisons, ôte
frénétiquement sa soutane : «!You’re not a man of God!! You’re
not a man of God!!…!» Ses cris déchirants font basculer cette
séquence comique en véritable tragédie puisqu’elle signe là son
arrêt de mort.
(1) Florence COLOMBANI Le Monde 05/02/03
Activité proposée
Étudier le rôle des objets symboliques !: la médaille de Saint Christophe qui relie
Crispina au monde extérieur a le pouvoir de lui procurer un apaisement idéal et de
lui faire oublier la réalité. Elle maintient un équilibre fragile entre rêve et réalité, folie
et lucidité!: sa perte sera fatale. Voir aussi l’importance des clefs!: symbole de liberté
pour les fugitives qui arrivent à s’emparer du trousseau ou symbole d’aliénation pour
Sœur Bridget qui a égaré la clef du coffre.
Activité proposée
Étudier les registres dans cette séquence! où se confrontent le prêtre et Crispina!: la
comédie, la farce et la tragédie.
Quant aux personnages masculins, ils sont tous dévalorisés,
qu’il s’agisse des pères de famille, des hommes d’Eglise pervertis,
des adolescents provocateurs ou du cousin, ou plus encore,
ridiculisés comme le prêtre chargé de célébrer l’office lors de la
cérémonie du Saint-Sacrement. Cette satire des hommes a pour
but de révolter le public contre la condition des femmes et les
discriminations qu’elles continuent de subir.
À côté de cette figure symbolique et emblématique du PERE
-guide spirituel ou pater familias- il n’existe qu’une seule
représentation masculine positive, celle du frère de Margaret qui
ose, un court instant, défier cette autorité et libérer sa sœur.
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