LE MODÈLE PSYCHOÉDUCATIF TEL QUE VISÉ AU CJM-IU

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D éfi j eu ne ss e O ct ob re 2 01 1 v ol . X V II I no 1 4 Le modèle psychoéducatif a été retenu au Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire (CJM-IU) comme base méthodologique afi n de repenser le dévelop- pement des services de réadaptation avec hébergement. On pourrait s'étonner de ce choix de redonner une place à un modèle né au milieu du siècle précédent, ayant connu essor puis quasi oubli lorsque le mouvement de désinstitutionnalisation s'est généralisé.
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  • intervention en milieu de réadap- tation
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Publié le : mardi 27 mars 2012
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Modèle psychoéducatif
LE MODÈLE PSYCHOÉDUCATIF TEL
E
QUE VISÉ AU CJM-IU
Andrée Le Blanc, M. ps. éd., agente de planifi cation,
de programmation et de recherche, DSPAU, CJM-IU
Le modèle psychoéducatif a été retenu au Centre nombre de même que la durée des placements en centre
jeunesse de Montréal – Institut universitaire (CJM-IU) de réadaptation ont pu être réduits signifi cativement. À
comme base méthodologique afi n de repenser le dévelop- la fi n des années 1990, un cri d’alarme a été lancé avec » pement des services de réadaptation avec hébergement. force par un comité sur la réadaptation en internat
On pourrait s’étonner de ce choix de redonner une place piloté par l’Association des centres jeunesse du Québec
à un modèle né au milieu du siècle précédent, ayant (ACJQ), donnant lieu à un rapport mieux connu sous le
connu essor puis quasi oubli lorsque le mouvement nom de ses cosignataires : le rapport Gendreau-Tardif
de désinstitutionnalisation s’est généralisé. Divers intitulé Une intervention qui doit retrouver son sens, sa
1facteurs ont certainement concouru à ce mouvement place et ses moyens . Ce rapport rappelait la nécessité
et on se permettra d’en évoquer quelques-uns. Au fur de continuer de développer et d’enrichir aussi la réadap-
et à mesure que les coûts se sont multipliés, tant les tation avec hébergement et fournissait des repères pour
maisons d’enseignement, les hôpitaux que les centres s’en assurer.
d’accueil se sont mis à questionner
le bien-fondé de « l’hébergement »
de leur clientèle. La mise en place L’IMPACT DE CES EFFORTS SE FAIT SENTIR ET LE NOMBRE DE MÊME
des chartes des droits et des libertés QUE LA DURÉE DES PLACEMENTS EN CENTRE DE RÉADAPTATION
a également participé à changer ONT PU ÊTRE RÉDUITS SIGNIFICATIVEMENT.
le regard du citoyen sur des insti-
tutions qui avaient fait partie du
paysage depuis des décennies, voire
des siècles. Plus timidement du côté des sciences du Le choix du modèle psychoéducatif n’est sans doute
comportement humain, mais assurément du côté des pas étranger aux retombées de ce rapport qui rappelait
sciences de la santé, la recherche rendait maintenant l’urgence de relancer et de systématiser l’évolution de
disponibles de nouvelles formes de traitement la réadaptation en internat. L’option pour le modèle
permettant de ne plus héberger le patient que pour fait non seulement partie des choix du CJM-IU,
quelques heures. mais a aussi été retenu comme base du Programme
national de formation (PNF) de l’ACJQ, pour son
Dans cette foulée, les centres jeunesse du Québec ont mis volet de perfectionnement offert au personnel de
et continuent de déployer beaucoup d’énergie à inven- réadaptation de tous les centres jeunesse du Québec.
torier, expérimenter, implanter et améliorer des façons Outre le fait que ce modèle soit un produit essentiel-
d’aider les jeunes et leurs familles dans leur propre lement québécois, il comporte également d’autres
environnement. L’impact de ces eff orts se fait sentir et le propriétés prometteuses pour le développement
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de l’intervention, que l’on résumera outils de nombreuses disciplines des d’être eff ectuées aussi bien dans le
ainsi : il fournit une méthodologie sciences de la nature et même des cadre de la mission psychosociale que
systématique, capable d’intégrer les sciences appliquées. Qu’il s’agisse dans celui de la réadaptation dans le
diff érentes facettes de l’intervention de l’observation, de l’évaluation milieu de vie. Toutefois, lorsqu’une
de réadaptation sans toutefois en pré-intervention, de la planifi - intervention de réadaptation avec
restreindre la capacité d’invention et cation, de la communication ou de hébergement vient s’ajouter à l’inter-
d’innovation. Mais qu’entend-on par l’évaluation post-intervention, vention psychosociale, ces opérations
« modèle psychoéducatif »? elles existent sous diverses formes prennent alors d’autres dimensions.
dans nombre de domaines. Toutefois,
HUIT OPÉRATIONS lorsqu’il est question des opéra- L’observation
PROFESSIONNELLES : CINQ EN tions organisation, animation et Les matériaux d’observation directe
PARTAGE AVEC LE PROCESSUS utilisation, on se rapproche sensi- disponibles dans le cadre d’un suivi
CLINIQUE INDIVIDUEL blement du cœur de ce que signifi e psychosocial sont nécessairement
Le modèle comprend huit opéra- l’intervention de réadaptation. Bien limités par les contextes de contact
tions professionnelles, constamment que ces trois opérations constituent entre un observateur unique, le jeune
appelées à entrer en action, à se un sous-ensemble fortement identifi é et le milieu familial. Dans le cadre
combiner et à contribuer les unes aux à la psychoéducation, on gardera en d’une unité de vie ou d’un foyer,
autres. Leur interdépendance est telle tête que le modèle psychoéducatif non seulement le nombre d’obser-
que toute amélioration dans l’actua- implique bel et bien huit opérations vateurs vient de se multiplier, mais
lisation d’une opération se répercute indissociables les unes des autres. également celui des contextes et des
sur la qualité des autres : l’inverse On trouve ci-dessous une repré- centrations possibles d’observation.
s’avère malheureusement tout aussi sentation de l’enchaînement des Une variété extraordinaire de situa-
vrai, chaque appauvrissement de opérations, telle que modélisée par tions potentielles d’observation
fi gure 1
l’une ayant des conséquences sur la Boscoville 2000. Voici un aperçu de devient disponible, à condition, bien
précision et l’adéquation de réali- ce que signifi e chacune d’elles. sûr, d’exercer cette opération avec
sation des autres. Ces opérations une certaine vigilance.
ne peuvent être décrites comme Cinq opérations contribuent au
étant des exclusivités propres au processus clinique appliqué à chaque Mais avant de décrire cette vigilance,
modèle, puisque plusieurs de ces situation d ’enfant portée à l’attention il importe de clarifi er le sens donné
opérations font partie du coff re à du CJM-IU et sont susceptibles ici au mot « observation » : on le
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décrira comme l’opération consistant Autre défi de l’observation en
à « recueillir de l’information sur contexte de vécu partagé, l’obser-
une personne en interaction avec vateur est un être humain! C’est
un environnement en regardant, donc dire que les faits observés
en écoutant, afi n de percevoir dans passent non seulement par les sens
leur contexte des gestes, des mouve- limités de l’observateur, mais aussi
ments, des paroles, des expressions. par les fi ltres de son aff ectivité et de
Tous les sens sont mis à contribution son intelligence. L’éducateur obser-
et doivent ensuite traduire ce qui a vateur peut être interpelé, percuté
été perçu dans un langage propre à par ce qu’il a perçu, selon ce que
2être communiqué » . cela lui fait vivre. Il cherche aussi
à donner un sens à ce qu’il observe
Une vigilance est assurément et peut teinter son observation des
requise pour que l’observation interprétations, voire des jugements
devienne une opération profession- de valeur qu’il lui attribue. Dès le
nelle valide et crédible. Un premier début de l’entraînement à l’obser-
niveau de vigilance est à accorder vation, de même que tout au long
au degré d’attention à concentrer de sa pratique professionnelle,
et à conserver : il est nécessaire de on gagne à exercer une vigilance
vouloir observer et de s’organiser sur ces distinctions entre les faits
pour retenir ce qui a été capté par les observés, les émotions soulevées
sens. Le travail quotidien de l’édu- par ces mêmes faits à l’intérieur de
cateur fait en sorte qu’il est très rare soi et les hypothèses qui surgissent
qu’il puisse ne faire qu’observer : au à leur sujet. L’idée n’est pas de
contraire, il est continuellement en dévaluer tout ce qui ne serait pas
action tout en observant. Il anime de l’observation directe, supposée
ce qu’il a préalablement planifi é, « objective », mais plutôt de bien
organisé, le réorganise à l’occasion distinguer les « produits dérivés » tation à l’intérieur duquel l’obser-
sur-le-champ, communique, utilise d ’obser vation pour mieux s’en ser vir. vateur regarde évoluer un jeune et
parfois certains événements et Les émotions soulevées, voire les ses pairs infl uence lui aussi leurs
3évalue ce qui est en train de se passer. résonances corporelles ressenties faits et gestes : le milieu demeure
Retenir ce qui a été observé demande par l’observateur de même que les certes riche en matériel à observer,
aussi de développer certains moyens
pour ne pas laisser s’échapper ce qui
a été perçu : la mémoire humaine UNE VIGILANCE EST ASSURÉMENT REQUISE POUR QUE
ne pouvant emmagasiner indéfi - L’OBSERVATION DEVIENNE UNE OPÉRATION PROFESSIONNELLE
niment, il importe de se donner VALIDE ET CRÉDIBLE.
des trucs pour conserver les faits
avant de pouvoir les consigner plus
formellement. Cela ne signifi e pas idées qui lui viennent, peuvent mais il conserve ses limites de
qu’il ne puisse y avoir de circons- devenir un matériel servant non milieu « artifi ciel » en quelque
tances où un intervenant puisse seulement à la connaissance de soi, sorte, et induisant possiblement des
être dégagé de l’animation et se mais aussi à la connaissance du ou attitudes, des interactions qu’on ne
faire principalement observateur des « observés ». Il importe de garder verrait peut-être pas dans d’autres
ou même pouvoir employer des en tête que l’éducateur observateur - contextes. On peut certainement
instruments plus systématiques aussi objectif qu’il puisse tendre penser que quel que soit le contexte,
ou standardisés d’observation. Le à l’être - demeure impliqué, voire tôt ou tard « le naturel revient au
fait demeure toutefois que dans la imbriqué dans ce qu’il sélectionne, galop », mais on gagne à se rappeler
grande majorité des cas, l’inter- décrit, parmi tout le fl ot d’actions et de ce biais et à rester à l’aff ût
venant observe tout en demeurant d’interactions dont il est témoin. d’autres sources d’observation dans
engagé dans la réalisation de d’autres contextes (par exemple :
plusieurs autres opérations profes- La vigilance est aussi de rigueur dans école, famille, milieu de loisirs, de
sionnelles. l’optique où le milieu de réadap- travail…).
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Enfi n, une autre dimension envers chacun des individus, mais également que dans les guides qui l’accompa-
laquelle rester vigilant est la les sous-groupes et le groupe qu’ils gnent. Lorsque l’évaluation devient
quantité d’observations accumulées peuvent former. Les rôles que les uns multidisciplinaire par l’ajout de
et la diversité des occasions d’obser- prendront par rapport aux autres, l’intervention d’une équipe éducative,
vation recueillies, préférablement les jeux d’infl uence, les alliances et elle implique alors la coordination de
par plusieurs observateurs. Explorer, antagonismes qui surgiront sont l’action de plusieurs collaborateurs
par exemple, où en est un jeune tous sujets d’observation, puis qui recueillent tous de l’information
dans le domaine personnel sous le deviennent matériaux d’évaluation et lui donnent chacun un sens.
volet psychocorporel, demande aux puis de planifi cation d’intervention
éducateurs observateurs de regarder auprès de l’entité groupe. L’opération L’évaluation initiale signifi e toujours
dans bien des situations diff érentes, professionnelle qu’est l’observation colliger un grand nombre d’informa-
notamment comment le jeune habite reste donc un outil essentiel, appli- tions, provenant soit d’entretiens
son corps, comment il le traite et cable tant au groupe qu’à l’individu avec le jeune et sa famille ou avec
s’en sert. La diversité des contextes et son potentiel de perfectionnement des personnes les entourant, soit
d’observation, la fi nesse des éléments demeure quasi illimité. de rapports antérieurs de profes-
recueillis, la sensibilité aux excep- sionnels ayant joué un rôle auprès
tions (et pas juste aux « tendances L’évaluation pré-intervention d’eux, de l’analyse de certains tests
lourdes ») contribueront toutes à L’expression « évaluation pré- ou instruments de mesure et bien
accroître la validité et la fi abilité de intervention » signifi e davantage sûr, des observations recueillies
l’évaluation qu’on pourra en tirer, évaluation pré-plan d’intervention par l’équipe éducative. L’évaluation
de même qu’à la planifi cation qui en intégré, puisque l’intervention de consiste ainsi à extraire les constats
résultera. réadaptation elle-même démarre principaux de ces diverses sources,
souvent dès la préparation de à faire des liens afi n d’en proposer
Avec ces dimensions en tête, l’édu- l’admission d’un jeune. Le processus une lecture ordonnée et ensuite, à
cateur observateur garde à la fois la d’évaluation est précisément décrit proposer une interprétation sous
préoccupation de mieux connaître dans le processus clinique, de même forme d’hypothèses. Chacune de
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ces étapes demeure tributaire de La dimension ethnoculturelle en pensant à comment on tiendra
la quantité et surtout de la qualité englobe tout un champ de connais- compte de comment il se sent,
des informations recueillies, de sances qui demande souvent à être en abordant certains sujets avec
même que de la communication du investi pour que l’évaluation prenne lui. L’évaluation s’applique aussi
procédé employé pour en arriver aux plus justement en compte le contexte à l’entité groupe pour estimer ses
hypothèses formulées. écosystémique plus large dans lequel dispositions, en vue d’adopter les
s’inscrit l’histoire relationnelle de la stratégies qui aideront à le mobiliser.
On ne peut parler d’évaluation sans famille et du jeune. De mille et une façons, une forme
parler de la culture scientifi que et d’évaluation spontanée s’exerce et
clinique accumulée par chacun au fi l Ce rappel du processus individuel emploie des critères plus ou moins
de ses études, puis de son parcours d’évaluation en début d’intervention explicites, par lesquels on donne
professionnel et qui viennent teinter nous amène à considérer également un sens à ce que l’on observe. Ces
ce processus d’évaluation. Plusieurs l’évaluation à faire de l’impact de critères implicites ne seront ramenés
disciplines tant du côté des sciences chaque arrivée dans la dynamique à la conscience parfois que par des
humaines que de celui des sciences présente d’un groupe en réadap- questions spontanées, formulées par
de la nature ne cessent d’apporter de tation. Constamment appelée à se une personne de l’extérieur.
nouvelles contributions à la compré- modifi er, la chimie d’un groupe ne
hension du fonctionnement humain : se résume jamais à l’addition de ses L’évaluation pré-intervention fait
il n’est assurément pas réaliste à parties. Les innombrables interac- ainsi partie intégrante du fl ot
notre époque de pouvoir les saisir tions entre les jeunes eux-mêmes et continu des opérations profession-
toutes, mais il importe de chercher à entre les adultes et les jeunes sont nelles, qui doit être ponctuellement
se donner une vision cohérente, qui appelées à se moduler au fi l de l’évo- interrompu pour que soit possible
puisse être communiquée, à l’inté- lution tant d’une équipe que d’un de prendre un recul et considérer les
rieur de l’équipe éducative comme
aux partenaires de l’intervention. Le
défi d’une vision cohérente n’est pas
IL IMPORTE DE CHERCHER À SE DONNER UNE VISION COHÉRENTE, simple à relever, alors que foisonnent
QUI PUISSE ÊTRE COMMUNIQUÉE, À L’INTÉRIEUR DE L’ÉQUIPE des développements dans diverses
ÉDUCATIVE COMME AUX PARTENAIRES DE L’INTERVENTION.approches, apportant des éclairages
tous plus intéressants les uns que
les autres pour mieux comprendre
le comportement humain puis
intervenir sur les diffi cultés qui s’y groupe et demandent, elles aussi, à éléments qui donnent ses tangentes à
produisent. être évaluées afi n d’ajuster l’inter- notre évaluation. Moments de super-
vention en fonction des besoins vision, d’échange clinique, comités
Les approches écosystémique, démontrés. d’équipe, consultation clinique,
cognitive comportementale, psycho- formations, consultation intercul-
dynamique, cognitive développe- L’évaluation formelle prévue au turelle sont des moyens précieux
mentale, de réduction des méfaits, processus clinique ne constitue notamment, de prise de conscience
centrée sur la théorie de l’atta- pas pour autant la seule utilité de et d’enrichissement de ses propres
chement, pour n’en nommer que cette opération professionnelle qui, référents d’évaluation, au quotidien
quelques-unes, viennent enrichir comme les autres, peut s’appliquer comme plus formellement à travers
non seulement certains de nos à grande comme à petite échelle. le processus clinique.
repères et instruments d’évaluation, En eff et, l’évaluation se pratique au
mais également d’autres opéra- quotidien, tel qu’en prenant connais- La planifi cation de
tions professionnelles. Qu’on pense, sance avant le lever des observations l’intervention
par exemple, à l’évaluation de la de la soirée précédente et en faisant La planifi cation de l’intervention
fonction des excès et défi cits propre des hypothèses sur les besoins qui individuelle a été une des premières
à l’approche cognitive comporte- risquent de se présenter ce matin. cibles de la création du processus
mentale : elle suppose aussi des orien- Elle se fait aussi sur-le-champ, en clinique établi par le CJM-IU. Le
tations d’observation, teintera la interprétant, par exemple, l’obser- plan d’intervention est devenu
planifi cation et infl uencera plusieurs vation que l’on fait du jeune qui s’en une assise familière de l’inter-
composantes de l’organisation. vient à sa rencontre de semaine et vention tant psychosociale que de
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réadaptation. On ne s’y attardera d’ajuster ses façons de s’exprimer La communication écrite formelle
donc que très peu. (par les mots, le ton, les gestes, les est, pour sa part, régie par des règles
attitudes corporelles…) aux façons plus offi cielles. Les outils jalonnant
La planifi cation de l’intervention de l’interlocuteur de décoder ces le processus clinique et encadrant la
auprès de sous-groupes ou d’un messages. Ce décodage peut être pratique en centre de réadaptation
groupe demande tout autant de soin teinté par bien des facteurs : étendue fournissent des repères pour la
que la planifi cation de l’intervention de vocabulaire, bagage ethnoculturel rédaction de chacun d’eux.
individuelle. Elle met à contribution de référence, problématique de santé
chacun des membres de l’équipe et mentale, diffi culté d’acceptation de L’évaluation post-intervention
fait l’objet d’une animation et d’une la situation d’intervention, pour ne L’évaluation après un certain temps
coordination à travers la responsa- nommer que ceux-là. On comprend d’intervention est également prévue
bilité de programmation. Outre la ici combien la sensibilité déployée au processus clinique, à travers la
détermination d’objectifs généraux dans l’observation et l’évaluation révision périodique du plan d’inter-
à poursuivre à travers les activités peut être contributive à l’amélio- vention. La réalisation de cette
de chaque jour au long d’une saison, ration de la communication. opération suppose bien entendu que
la planifi cation concerne aussi la l’observation soit sans cesse active
conception de tout ce qui sera mis Les règles de la communication et permette d’accumuler de l’infor-
en place pour faire cheminer ces ne sont guère différentes si l’on mation non seulement sur la réali-
objectifs auprès des jeunes et du examine la communication avec les sation des objectifs planifi és, mais
groupe qu’ils forment. La planifi - collègues à l’intérieur d’une équipe également sur les diff érents facteurs
cation se préoccupe donc de chacune éducative, avec des collègues de qui y ont contribué. Identifi er ces
des composantes humaines et l ’établissement (par exemple : inter- facteurs parmi la multitude des
matérielles et de leurs possibles venants psychosociaux, de l’accès, variables impliquées dans une inter-
interactions. du service de santé, du soutien vention psychosociale n’est pas chose
clinique…) ou des partenaires simple, même pour l’intervenant et
À l’image de toutes les autres opéra- d’autres établissements (scolaire, observateur aguerri. Si bien que l’éva-
tions, la planifi cation s’exerce CSSS, tribunal de la jeunesse, luation (autant pré que post-inter-
également à une échelle plus loisirs, organismes communau- vention, d’ailleurs) demeure un vaste
« micro », dans l’instantanéité taires). Bien sûr, le souci du respect terrain de recherche et de dévelop-
d’une interaction. Une planifi cation des règles éthiques et de confiden- pement en sciences humaines.
spontanée se réalise lorsque l’édu- tialité guide aussi bien la sélection
cateur réajuste dans sa tête un de l’information concernant les Dans l’intervention de réadaptation
objectif qu’il se fi xe dans l’immédiat jeunes et leurs familles que la avec hébergement, cette évaluation
face à un jeune et les moyens façon de la communiquer. Il n’est en cours d’intervention connaît un
qu’il prendra dans les prochaines cependant pas toujours facile autre degré de complexité de par la
minutes. Par exemple, lorsqu’il doit de procéder à cette sélection de variété d’expériences qu’elle fournit
informer un jeune d’une nouvelle qui l’information à communiquer. Une aux jeunes. Les propriétés de ces
le décevra beaucoup : l’objectif sera certaine subjectivité reste présente expériences en elles-mêmes - à
alors que le jeune puisse encaisser dans cette sélection, ce qui n’est pas commencer par la vie en groupe, pour
la nouvelle sans perdre tous ses sans conséquence parfois. Il arrive ne nommer que celle-là - ainsi que
moyens, et tant pis si quelques gros en effet de constater qu’un parte- leur réalisation eff ective infl uencent
mots surgissent. L’éducateur plani- naire aurait profité d’informations la réalisation des objectifs. Discri-
fi era alors rapidement où et comment que l’autre n’a toutefois pas cru miner parmi la quantité de facteurs
il lui annoncera la chose et comment bon lui fournir. Garder en tête la impliqués lesquels ont eu un impact
il tentera de le soutenir. perspective de celui à qui s’adresse sur la progression vers les objectifs
la communication ne coule pas demeure un défi de taille. La
La communication toujours de source; des rappels sont description de la prochaine opération
L’opération professionnelle qu’est nécessaires aussi bien à l’intérieur professionnelle, l’organisation, per-
la communication est présente à d’une équipe éducative que dans la mettra de se faire une meilleure idée
tout instant dans l’intervention communication interdisciplinaire, de ce qui peut constituer l’expérience
de réadaptation. Qu’il s’agisse de de façon à ce que le choix de ce qui de réadaptation et de mieux en
communiquer avec les jeunes ou est transmis permette à l’autre observer les diverses composantes
avec leurs parents, il est nécessaire d’optimiser son travail. interagissant les unes avec les autres.
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La fi nalité de l’évaluation en cours placés en internats. Principalement dans le cadre de la pratique en milieu
d’intervention demeure l’ajustement grâce aux eff orts rassembleurs et de réadaptation.
de l’une ou plusieurs des opérations à la plume de Gilles Gendreau et de
professionnelles en vue d’améliorer Jeannine Guindon, ce modèle s’est La structure d’ensemble et
les résultats de l’intervention. peu à peu structuré donnant lieu l’organisation
4à des ouvrages qui ont laissé des L’organisation est l’opération profes-
TROIS OPÉRATIONS PLUS traces durables. Au fur et à mesure de sionnelle par laquelle l’intervenant
SPÉCIFIQUES À LA sa maturation, le modèle psychoédu- en réadaptation prépare de façon
RÉADAPTATION catif a trouvé aussi sa pertinence et concrète les diff érents moments qu’il
En abordant les trois opérations sa portée dans la pratique éducative sera appelé à partager avec un groupe,
professionnelles suivantes, nous en plusieurs autres milieux, dont un sous-groupe ou un individu.
nous approchons de ce qui a d’abord le milieu naturel. Les opérations Cette opération est intimement
été considéré comme le propre de la organisation, animation et utilisation liée à l’exercice des opérations dont
réadaptation avec hébergement. On trouvent certes leurs applications il a été question plus tôt; appuyée
se rappelle que le modèle psychoédu- dans les actions posées par les éduca- sur l’observation des individus et
catif a pris forme au Québec dans la teurs de milieu, mais on comprendra du groupe, puis sur l’évaluation de
pratique d’éducateurs partageant le que dans la perspective de ce leurs besoins et de leurs capacités
quotidien d’enfants et d’adolescents document, elles seront examinées actuelles, l’organisation vient concré-
tiser ce qui a été planifi é à l’intention
du groupe. Étant donné la complexité
de ces opérations, l’auteur principal
du modèle psychoéducatif, Gilles
5Gendreau , a illustré sa pensée à l’aide
d’une structure d’ensemble, mettant
en évidence les diff érents aspects
de la réalité à orchestrer, lorsqu’on
parle de planifi er, puis d’organiser
l’expérience de réadaptation. Bien
que la structure d’ensemble serve
énormément à la planifi cation, il a
été choisi de la présenter de façon
plus détaillée en l’associant à l’opé-
ration organisation.
Cette structure d’ensemble, connue
pendant de nombreuses années
comportant dix composantes, en
comprend maintenant treize. Les
trois composantes additionnelles
(soit groupe de pairs, parents,
autres professionnels) constituent, à
toutes fi ns pratiques, des précisions
apportées à deux composantes qui les
incluaient auparavant. L’examen du
schéma de la structure d’ensemble,
tel qu’illustré par le groupe Bosco-
ville 2000 permettra de comprendre
davantage l’évolution de la structure.
Une des propriétés intéressantes de
la structure d’ensemble est qu’elle
permet de systématiser la planifi -
cation et l’organisation en réadap-
fi gure 2
tation à diff érentes échelles; elle
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est tout aussi utile pour penser mis au service d’une démarche de l ’intérieur d ’un groupe n’est jamais une
l’ensemble d’un site, un service, réadaptation. Chaque personne ainsi chose acquise une fois pour toutes :
que pour planifi er et organiser un orientée en centre de réadaptation c’est pourquoi l’équipe éducative
moment très précis dans l’année, est toutefois unique et demande à doit demeurer à l’aff ût de la commu-
comme, par exemple, une fête de être comprise pour qui elle est, dans nication qui prend place entre les
fi n d’année. Chacune de ses compo- le contexte sociofamilial et ethno- membres du groupe, de la nature des
santes peut servir à préparer comme culturel qui est le sien. Il a déjà été liens qui se font et défont et des rôles
à analyser rétrospectivement une préalablement question des opéra- qui s’y prennent. Guider un groupe
réalisation à petite ou à grande tions professionnelles servant à dans la résolution des tensions qui
échelle. construire cette compréhension de s’y créent inévitablement, dans l’éta-
qui est le sujet. Travailler à ce que blissement d’un « vivre ensemble »
Ce n’est pas par hasard que la chaque jeune arrive à donner un sens propice à la découverte de qui on est,
structure d’ensemble est schéma- constructif à son séjour et à faire de qui on veut devenir reste à la fois
tisée selon deux axes, l’un vertical sienne sa démarche de réadaptation un projet et un défi d’équipe toujours
réunissant les humains aux deux constitue un défi continuellement d’actualité. Les réalités diverses que
pôles et l’autre horizontal, plaçant renouvelé pour les adultes proposant vivent les services de réadaptation
les composantes structurelles en leur aide. Favoriser l’implication et font en sorte que certains groupes
position de satellites, gravitant l’action du jeune, faire en sorte qu’il sont régulièrement percutés par
autour du point de rencontre entre soit écouté, entendu comme sujet des arrivées et des départs subits,
les deux pôles. L’axe vertical est (et non comme objet d’intervention) que l’on pense aux unités recevant
central, c’est sur la justesse de son demande une attention et une sensi- des jeunes en détention provisoire
appréciation que repose en bonne bilité constantes de la part des inter- ou en retour en garde durant la
partie l’équilibre de la structure. venants. période de surveillance sous la Loi
Les composantes satellites ne sont sur le système de justice pénale pour les
pas accessoires pour autant, loin de adolescents (LSJPA) ou aux unités de
Groupe de pairs
là : chacun de ces éléments est inter- transition (en vertu soit de la Loi sur
relié aux autres, si bien qu’ils s’inter- L’intervention de réadaptation la protection de la jeunesse (LPJ), ou
infl uencent de façon dynamique. avec hébergement se vit en groupe, de la Loi sur les services de santé et les
Toute altération de l’une a des réper- appelé à devenir lui-même un levier services sociaux (LSSSS)) et d’enca-
cussions sur l’ensemble des autres. potentiel d’intervention. Toutefois, drement intensif.
Il importe donc de prendre connais- bien des conditions sont à réunir
sance de la nature de chacune d’elles pour que le groupe devienne un
Parents
et de son rôle dans la structure tel levier. Sans cesse en transfor-
d’ensemble. mation au fi l des interactions qui Quel que soit le degré de présence
s’y produisent, des éléments qui s’y des parents auprès de leur enfant en
Composantes relationnelles ajoutent ou qui le quittent, le groupe diffi culté, ils demeurent des fi gures
de l’axe central demeure une entité à observer fondamentales dans la recherche
fi dèlement afi n d’y déceler les contri- d’identité de leur jeune. Premiers
Sujet
butions - positives ou négatives - aux éducateurs de leur jeune, les parents
Voilà la raison d’être de la structure objectifs de réadaptation communs conservent d’ailleurs, pour la
d’ensemble, en ce qui nous concerne, au groupe. Comme chacun sait, plupart, au cours du placement en
la personne de l’enfant ou de l’ado- l’infl uence des pairs est majeure à réadaptation, la grande majorité
lescent qui séjourne pour quelque l’adolescence et la direction qu’elle des attributs de l’autorité parentale
temps en réadaptation en raison de peut prendre peut varier rapidement tels que défi nis par le Code civil. À ce
ses diffi cultés. Souvent, plusieurs pour ou contre l’harmonisation des titre, il convient de préserver tous
tentatives d’intervention dans le relations à l’intérieur du groupe : les champs d’action où les parents
milieu se sont succédé sans que des elle peut faire vaciller, si ce n’est sont impliqués et à les aider de façon
résultats suffi samment positifs régresser, l’implication de certains à ce qu’ils s’habilitent à exercer leur
en émergent. C’est pourquoi une dans leur démarche. Bien que cela rôle de façon plus effi cace dans les
intervention en milieu de réadap- se vive diff éremment, le groupe est secteurs où ils auraient du mal à le
tation s’avère indiquée, afi n qu’un aussi une entité à prendre en compte jouer. L’alliance que les diff érents
maximum d’heures de la journée chez les 6-11 ans. L’installation d’un intervenants arrivent à créer avec les
serve à l’intervention directe et soit climat propice à la relation d’aide à parents afi n de travailler ensemble
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Modèle psychoéducatif
à un mieux-être avec leur jeune est et d’âges diff érents, une équipe accompagnera la famille de tout
en ce sens, déterminante. À l’inté- éducative partage la responsabilité jeune placé pour une période de plus
rieur de la structure d’ensemble, d’accompagner un groupe de jeunes de trois mois. Professionnel souvent
les parents prennent place à la base et leurs parents dans une démarche appelé à coordonner le plan d’inter-
de la structure, comme éducateurs d’évolution. Animée par un chef de vention intégré, il est susceptible
« naturels » de leur jeune, parmi les service, l’équipe aura à se relayer d’avoir été actif auprès de la famille
autres adultes lui venant en aide. pour mettre en place cette démarche avant que le placement en centre de
à travers la vie quotidienne et en réadaptation ne soit envisagé et de
Dans la perspective de l’inter- orchestrer le déroulement de façon le demeurer après. Dans le meilleur
vention au CJM-IU, il arrive aussi cohérente avec ses partenaires des cas, il représente un élément de
que le parent doive être considéré d’intervention afi n de rejoindre les continuité tout au long de l’inter-
comme « sujet » d’intervention, avec jeunes et leurs parents. Souvent vention du CJM-IU. Responsable
lequel on poursuivra des objectifs de composées de quelques membres de l’application de la convention de
développement de ses compétences à temps complet et de plusieurs services, des mesures de protection
parentales. Dans cette perspective membres à temps partiel, en plus de ou du suivi des sanctions judiciaires,
du parent comme sujet, on plani- personnel occasionnel, les équipes il accompagne aussi les parents dans
fi era, puis organisera alors toutes les éducatives de maintenant rencon- leur recherche de solutions aux diffi -
autres composantes de la structure trent des défi s de communication cultés qui ont conduit au séjour en
d’ensemble. pour assurer une continuité et une centre de réadaptation de leur jeune
cohérence auprès des jeunes qui et aux aspects problématiques qui
Il arrive également que les parents existaient beaucoup moins dans les entravent l’exercice de leurs respon-
se soient considérablement (et centres de réadaptation d’autrefois. sabilités parentales. La concertation
parfois, complètement) éloignés entre l’équipe éducative et l’inter-
de la vie de leur jeune et que ce soit Développer ensemble un milieu venant psychosocial est cruciale
des parents substituts (adulte de la de réadaptation dans l’unité ou le pour la portée de l’intervention.
parenté, famille d’accueil régulière foyer constitue non seulement un
ou spécifi que) qui soient devenus défi de gestion, mais aussi un enjeu Bien d’autres professionnels du
les personnes signifi catives dans la de réadaptation. Cela demande à CJM-IU gravitent aussi autour du
vie du jeune. Ces adultes prennent chaque éducateur tout au long de sa jeune et jouent un rôle dans les
alors place dans la constellation de vie professionnelle de cultiver et de actions à prendre pour soit diminuer
la structure d’ensemble à l’intérieur déployer diff érents aspects des savoir, les diffi cultés, résoudre la compro-
de la composante parents, à côté savoir-faire et savoir-être. L’enjeu du mission ou réduire les risques de
des parents biologiques qui peuvent transfert et du maintien des exper- récidive. Que l’on pense aux éduca-
avoir gardé une présence à distance tises dans ces années de change- teurs de soutien scolaire des écoles
ou à temps partiel. Selon l’his- ments démographiques importants de site, aux intervenants en réadap-
toire familiale et la direction que et de mobilité de la main-d’œuvre tation par le travail, aux conseillers
prendra le projet de vie, la compo- pour les jeunes professionnels en à l’accès, au personnel des services de
sante parents prendra une forme demande dans tout le réseau, teintera santé, aux animateurs de milieu, aux
diff érente, qu’il importe de saisir et non seulement la composante éduca- réviseurs, aux consultants cliniques,
prendre en compte avec le plus de teurs dans les prochaines années aux éducateurs de réinsertion (pour
justesse possible, dans le respect des mais aussi celle regroupant les autres ne nommer que ceux-là), tous contri-
droits et responsabilités des uns et professionnels. buent à une part de l’intervention.
des autres. Sans minimiser l’aspect La coopération entre ces diff érents
légal des liens familiaux, il importe intervenants demeure un élément-
Autres professionnels
d’être à l’aff ût des liens d’atta- clé du succès de l’intervention.
chement qui ont pu se créer au fi l du Au premier chef, on évoquera les autres
développement de l’enfant. professionnels en commençant par La collaboration avec des interve-
l’intervenant psychosocial territorial nants œuvrant dans d’autres établis-
accompagnant la famille, qui jouera sements, qu’ils soient publics ou
Éducateurs
souvent aussi le rôle de personne communautaires, s’appuie sur les
Composée d’hommes et de femmes de autorisée en vertu de la LPJ, ou de mêmes principes, avec une vigilance
formations et d’expériences diverses, délégué jeunesse en LSJPA, en vertu supplémentaire pour la confi den-
parfois d’origine ethnoculturelle de la LSSSS; l’intervenant territorial tialité. La communication avec le
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personnel scolaire, parfois médical, composante qui forme le centre de la se mobilisent pour les réaliser. Certes,
demeure généralement essentielle structure, appartenant à la fois aux le temps dont on dispose pour inter-
pour mener à bien les objectifs deux axes. Il s’agit de la composante venir vient aussi conditionner les
d’intervention. La concrétisation du « objectifs ». objectifs à proposer, afi n de les doter
projet de vie demande aussi que les d’une probabilité raisonnable de se
jeunes soient accompagnés dans leur voir atteints.
Objectifs
découverte, voire leur implication à
l’intérieur de diff érentes ressources Les objectifs constituent le point de Les objectifs viennent identifi er des
de la collectivité : cela signifi e pour jonction des composantes, donnant actions à accomplir par le jeune : selon
les intervenants de tisser des liens de leur sens et leur direction à toutes le contexte dans lequel on emploie
collaboration avec diff érents types les composantes horizontales. Ils la structure d’ensemble, ces actions
d’organismes, liés parfois au monde fournissent aussi un point de conver- peuvent être de portée assez générale
du travail, du loisir ou de l’enga- gence des eff orts tant des adultes ou très précise. Ce qui compte tout
gement communautaire. Un parte- que du jeune et de ses pairs. On d’abord, c’est que le jeune soit bel
nariat de bon aloi, où les bénéfi ces comprend ici l’insistance apportée et bien l’auteur de l’action et non
sont mutuels, gagne alors à s’ins- par le processus clinique à l’impli- quelqu’un qui la subit (par exemple :
taller, tout en demeurant respec- cation du jeune, des parents et des formuler « Le jeune reçoit l’aff ection
tueux du droit des jeunes et de leur intervenants à la détermination des dont il a besoin », cela peut bien sûr
famille à la confi dentialité. objectifs d’intervention. Il en va de correspondre à un grand besoin,
même pour les objectifs de réadap- mais le jeune a bien peu de prise sur
Voilà qui termine ce survol du sens tation, à longue portée comme à la réalisation d’un tel souhait, qui ne
de chacune des cinq composantes bien plus petite échelle : plus les peut être considéré alors comme un
relationnelles formant l’axe central objectifs sont taillés à la mesure des objectif.).
de la structure d’ensemble. capacités et des fragilités du jeune,
plus ce dernier et ses parents sont Il importe également que l’action
Composantes « structurelles » impliqués dans leur choix et leur formulée dans l’objectif soit obser-
de l’axe horizontal défi nition, plus les intervenants font vable : faute d’être complètement
L’examen des composantes dites alliance avec eux autour de ces cibles, mesurable, on devrait pouvoir déter-
horizontales débutera par cette meilleures sont les chances que tous miner si elle s’accomplit ou non, et
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