Le numérique une aubaine pour l'histoire

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30 APPLICATIONS PÉDAGOGIQUES L e s im a g e s n u m é ri q u e s Le numérique, une aubaine pour l'histoire L'histoire des arts a vite vu quel bénéfice il y avait à exploiter les technologies : d'abord du côté des enseignants, pour stocker les images et les présenter, puis, de plus en plus, du côté des élèves, qui rendent leurs productions sous forme numérique, du simple texte saisi au DVD. Michel Lechevalier PROFESSEUR D'HISTOIRE DES ARTS AU LYCÉE GÉRARD-DE-NERVAL, NOISIEL, 77 COORDONNATEUR ACADÉMIQUE DE CRÉTEIL I l y a maintenant une dizaine d'années quel'histoire des arts est venue compléter la listedes enseignements artistiques dispensés en lycée. Le succès est au rendez-vous, puisque aujourd'hui 140 lycées offrent cette discipline à leurs élèves, soit comme spécialité pour les litté- raires, soit en option pour toutes les sections. Il ne s'agit pas d'un enseignement de pratique artistique, mais de mise en perspective historique de ces pratiques. Il englobe non seulement les arts plastiques autour de l'architecture, de la peinture et de la sculpture mais aussi la musique, la photographie, le cinéma, la bande dessinée, le théâtre… Les cours sont assurés par une équipe de professeurs de différentes disciplines, arts plastiques, éducation musicale, histoire, lettres… des partenariats étant par ailleurs mis en place avec les institutions culturelles du voisinage.

  • programme de l'histoire des arts

  • option histoire des arts

  • dizaine de minutes sur le thème des journées du patrimoine

  • histoire de l'art

  • professeur d'histoire des arts au lycée gérard

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Publié le : mardi 19 juin 2012
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APPLICATIONS PÉDAGOGIQUES
Les images numériques
Le numérique,
une aubaine pour l’histoire
L’histoire des arts a vite vu quel bénéfice il y avait à
exploiter les technologies : d’abord du côté des
enseignants, pour stocker les images et les
présenter, puis, de plus en plus, du côté des élèves,
qui rendent leurs productions sous forme numérique,
du simple texte saisi au DVD.
Michel Lechevalier
PROFESSEUR D'HISTOIRE DES ARTS AU LYCÉE GÉRARD-DE-NERVAL, NOISIEL, 77
COORDONNATEUR ACADÉMIQUE DE CRÉTEIL
I
l y a maintenant une dizaine d’années que
l’histoire des arts est venue compléter la liste
des enseignements artistiques dispensés en
lycée. Le succès est au rendez-vous, puisque
aujourd’hui 140 lycées offrent cette discipline à
leurs élèves, soit comme spécialité pour les litté-
raires, soit en option pour toutes les sections.
Il ne s’agit pas d’un enseignement de pratique
artistique, mais de mise en perspective historique
de ces pratiques. Il englobe non seulement les
arts plastiques autour de l’architecture, de la
peinture et de la sculpture mais aussi la musique,
la photographie, le cinéma, la bande dessinée, le
théâtre… Les cours sont assurés par une équipe
de professeurs de différentes disciplines, arts
plastiques, éducation musicale, histoire, lettres…
des partenariats étant par ailleurs mis en place
avec les institutions culturelles du voisinage.
L’élève est mis en contact direct avec les
oeuvres, grâce à des voyages d’étude ou des sor-
ties pédagogiques, mais la médiation de l’image,
et particulièrement de l’image numérique, est
évidemment nécessaire pour illustrer l’ensemble
des programmes.
Du matériel de qualité
Le lycée Gérard-de-Nerval de Noisiel à Marne-la-
Vallée est un des premiers à avoir ouvert une
option histoire des arts, dès 1993. Cet enseigne-
ment est aujourd’hui bien enraciné dans l’éta-
blissement puisque près d’un élève sur trois suit
les cours dispensés par une équipe de six pro-
fesseurs de disciplines diverses.
L’ouverture des élèves d’histoire des arts à l’ou-
til numérique nécessite du matériel de qualité. Le
dépôt d’un « Projet multimédia pour l’histoire
des arts » a donc été effectué auprès de l’admi-
nistration du lycée. Le soutien du chef d’établis-
sement et quelques aides au niveau de l’académie
et de la Région ont permis l’acquisition d’un maté-
riel et de logiciels performants (appareils photo
et caméscopes numériques, scanner à plat et
scanner de diapositives et de négatifs, ordina-
teurs dont un portable, vidéoprojecteur, impri-
mantes, différents logiciels Adobe comme Pho-
toshop, Premiere ou InDesign…). Il ne suffit
naturellement pas de posséder un tel matériel, il
faut aussi donner envie aux élèves de s’en servir.
C’est dans cette perspective que l’outil numé-
rique est largement utilisé par les professeurs.
Un support de cours pour l’enseignant
Pendant les cours d’histoire des arts, le vidéo-
projecteur, relié à l’ordinateur portable, est en
fonctionnement permanent. Le plan du cours s’af-
fiche sur le tableau blanc antireflet qui fait fonc-
tion d’écran. Ce plan est présenté sous la forme
d’une page web, afin d’établir des liens entre les
différentes parties et sous-parties de la leçon et
les images ou ensembles d’images numériques
correspondantes. Il suffit de cliquer sur un point
du plan pour faire apparaître l’image. Grâce à ce
va-et-vient entre plan et documents numérisés,
l’élève se repère en permanence dans le dérou-
lement de la leçon.
Certains documents sont naturellement impri-
més et distribués aux élèves, d’autres sont
envoyés directement par le Web à ceux qui en
font la demande, en particulier pour réaliser les
dossiers. Outre les images utilisées pour les cours,
le professeur dispose pour chaque partie du pro-
gramme d’un stock important d’images numé-
riques prises à l’aide d’un appareil photo de bonne
qualité. Celui-ci est complété par la numérisa-
tion de diapositives et par une sélection d’images
prises par les élèves à l’occasion de sorties ou de
« Ainsi, cette
année, deux
élèves ont réalisé
un DVD d’une
durée d’une
dizaine de
minutes sur le
thème des
Journées du
patrimoine à
Noisiel… »
Page d'un mémoire
d'élève en TPE.
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L
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des arts
Extrait du cours de 2
de
sur
les places royales à Paris
(en rouge et dans l’ordre, les liens
hypertextuels vers les images
numériques ci-dessus).
voyages. Le scanner permet de numériser
d’autres documents imprimés avec la prudence
qui s’impose quant au problème des droits. Le
Web, enfin, offre de plus en plus d’images de qua-
lité correcte. Toutes ces images numériques sont
regroupées par thèmes du programme et stoc-
kées sur des CD-Rom mis à la disposition des
élèves. L’image numérique ainsi placée au coeur
du cours d’histoire des arts familiarise l’élève avec
les outils et l’incite à la pratique.
Des productions de TPE numériques
Cette pratique, l’élève a plusieurs opportunités
pour la mettre en oeuvre. D’abord dans le cadre
des TPE, à l’oral desquels il est tenu de présen-
ter une production qui peut être de natures très
diverses mais où l’outil numérique joue un rôle
dans presque tous les cas. Beaucoup d’élèves
choisissent encore la forme classique du petit
mémoire, mais souvent un effort de présentation
est fait à l’aide de logiciels de traitement de texte
et d’intégration d’images numériques. Certains
innovent davantage en réalisant des CD-Rom, des
DVD ou des pages web. Ainsi, cette année, deux
d'entre eux ont réalisé un DVD d’une durée d’une
dizaine de minutes sur le thème des Journées du
patrimoine à Noisiel, pendant lesquelles les élèves
d’histoire des arts du lycée faisaient fonction de
guides. Par un habile montage d’interviews et de
prises de vue sur le vif, ces élèves ont illustré le
thème des politiques culturelles qui figure dans
les programmes d’histoire des arts de la classe
de terminale.
Par ailleurs, l’oral d’histoire des arts du bacca-
lauréat leur offre les mêmes opportunités mais
avec des travaux de plus grande ampleur. Il s’agit
de réaliser un document contenant, outre du
texte, des croquis, des photographies, des repro-
ductions diverses et auquel peuvent être annexés
des extraits de films et divers documents numé-
risés. Chaque année, l’exploitation de l’outil
numérique se développe un peu plus. Le docu-
ment manuscrit des premières années, illustré
de photocopies ou d’images imprimées décou-
pées, a cédé la place à des réalisations saisies sur
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APPLICATIONS PÉDAGOGIQUES
Les images numériques
traitement de texte, largement illustrées par des
images numériques souvent insérées avec perti-
nence et légendées avec soin. Par ailleurs, la réa-
lisation de CD-Rom destinés à appuyer les expo-
sés ou bien l’utilisation de DVD pour analyser
une séquence de film montrent, chez les élèves,
une appropriation croissante des technologies de
l’image numérique fixe ou animée.
Les exigences de l’institution, relayées par l’en-
gagement des enseignants, ont donc largement
initié les élèves d’histoire des arts aux nouvelles
technologies liées à l’image. Cependant, la « frac-
ture numérique » est une réalité. Il faut veiller à
ce que l’usage du numérique ne soit pas source
d’inégalités supplémentaires. L’équipement des
lycées comme la formation des enseignants doi-
vent donc être au niveau des exigences institu-
tionnelles, ce qui, malgré de gros efforts, n’est
pas toujours le cas aujourd’hui. C’est à ce prix
que les nouvelles technologies contribueront à
l’intégration de tous les élèves en les préparant
efficacement à leurs études et métiers futurs.
L’image numérique
dans les programmes
Les programmes d’histoire des arts sont très explicites en
ce qui concerne les compétences attendues des élèves
dans le domaine de l’image numérique.
Dès la classe de seconde, les textes officiels précisent que
ceux-ci doivent être capables « d’utiliser les outils de pro-
duction et de reproduction de l’image, de maîtriser les nou-
velles technologies de l’information et de la communi-
cation (appareil photo numérique, CD-Rom, Internet,
scanner, traitement de texte…) ». À partir de la classe de
première et surtout en terminale, les exigences devien-
nent plus pointues. On demande à l’élève de savoir « sélec-
tionner et produire des images fixes et mobiles (prises de
vue, importation, traitement numérique, montages…), de
combiner des images et des sons… ». Ces exigences se
prolongent dans les programmes de l’option histoire des
arts des classes préparatoires littéraires, récemment
publiés, qui prévoient un « entraînement à la prise de vue
photographique et à l’usage des outils numériques ».
Ces compétences acquises doivent être réinvesties dans
les différentes réalisations exigées. Tout au long de sa sco-
larité au lycée, l’élève tient un journal de bord qui va
prendre une grande importance pendant l’année de ter-
minale puisque c’est à partir de ce journal qu’il va réali-
ser le « document de synthèse » servant de support à l’oral
obligatoire du baccalauréat (spécialité histoire des arts).
Ce document doit, selon les textes officiels, comporter une
trentaine de pages, iconographie comprise, et se référer
à au moins trois domaines artistiques. « Croquis, photo-
graphies, documents iconographiques variés, scénarios
de montages audiovisuels, extraits de textes, choisis
avec rigueur et accompagnés de la mention des sources,
sont étroitement intégrés au travail de rédaction. » Par
ailleurs, la mise en place des TPE depuis trois ans, en pre-
mière comme en terminale, constitue pour les élèves une
autre opportunité d’exploiter les compétences acquises
avec la réalisation d’une production servant de support
à la soutenance orale.
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