LE RISQUE ET LA PROMESSE DE NOTRE MONDE URBAIN

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Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la majorité de la population mondiale vit dans des zones urbaines, et cette proportion ne cesse de croître. D'ici 2050, 7 personnes sur 10 vivront dans des villes. La quasi-totalité de la croissance démographique aura lieu dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans certaines des villes enregistrant l'essor le plus rapide, la population va être multipliée par deux au cours des huit prochaines années.
  • habitants des établissements informels aux processus formels
  • face aux conséquences des vagues de chaleur, de la pollution atmosphérique, des tempêtes, des inondations et des maladies infectieuses
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Publié le : mardi 27 mars 2012
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CONCLUSION LE RISQUE ET LA PROMESSE DE NOTRE MONDE URBAIN
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la majorité de la population mondiale vit dans des zones urbaines, et cette proportion ne cesse de croître. D’ici 2050, 7 personnes sur 10 vivront dans des villes. La quasi-totalité de la croissance démographique aura lieu dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans certaines des villes enregistrant l’essor le plus rapide, la population va être multipliée par deux au cours des huit prochaines années.
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Intrinsèquement, l’urbanisation n’est ni positive ni négative. Globalement, elle a été source d’opportunités, de prospérité et de santé pour les pays. Les populations urbaines sont généralement mieux loties que les habitants des zones rurales : elles disposent le plus souvent d’un meilleur accès aux services sociaux et sanitaires, et bénéficient d’un taux d’alphabétisation plus élevé et d’une espérance de vie plus longue. Dans le même temps, on observe d’importantes disparités entre les citadins. Une croissance démographique rapide et imprévue peut peser sur la capacité des autorités à surveiller la qualité de l’air et de l’eau, à construire l’in-frastructure requise et à apporter les services essentiels. À l’échelle de la planète, un citadin sur trois vit aujourd’hui dans un taudis ou dans un établissement informel. Les pouvoirs publics vont se heurter à de nouvelles difficultés étant donné l’accroissement du nombre des personnes qui viennent vivre en ville.
De nombreuses villes sont exposées à une triple menace : les maladies infectieuses aggravées par les piètres conditions de vie ; les maladies chroniques non transmissibles et autres affections se dévelop-pant à la faveur du tabagisme, d’un régime alimen-taire déséquilibré et du manque d’exercice physique, et les traumatismes (résultant notamment des accidents de la route) et la violence. Cette menace découle d’une interaction complexe entre différents déterminants de la santé en milieu urbain, dont l’in-salubrité des conditions de vie et l’insuffisance des infrastructures et des services.
Ce rapport a mis en évidence la répartition inéquitable de ces menaces sur la santé au sein des villes. Les familles au revenu le plus faible sont celles qui ont le plus grand risque de souffrir de problèmes de santé, dont la malnutrition et un fort taux de mortalité des
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enfants de moins de cinq ans. Elles accèdent moins facilement aux services de santé, tels que l’assistance d’un personnel de santé qualifié pour les accouche-ments, et sont également désavantagées sur le plan des conditions de vie, par exemple pour l’accès à l’eau courante. Point important, ces inégalités suivent un gradient social, affectant donc aussi les classes moyennes au moins dans une certaine mesure. Causes de désavantages et maladies se concentrent également dans certains quartiers. Outre la situation socio-écono-mique et le quartier, la mauvaise santé de certains citadins s’explique aussi par la marginalisation et la discrimination sociales dont ils font l’objet pour des aspects de leur identité qu’ils ne peuvent pas changer (âge, sexe ou handicap, notamment).
Ces inégalités en milieu urbain ont beau ne pas être visibles à l’œil nu, elles n’en existent pas moins partout, dans les pays riches comme pauvres, sur tous les continents et dans toutes les cultures. Aucune ville, grande ou petite, riche ou pauvre, à l’Est ou à l’Ouest, au Nord ou au Sud, n’est épargnée. Et parce que ces inégalités sont omniprésentes, tous les diri-geants locaux et nationaux devraient réfléchir aux moyens de les vaincre.
L’avenir de nos villes n’est pas encore joué. Il renferme à la fois un risque et une promesse. Dans quelle mesure allons-nous voir ce risque, et non cette promesse, devenir réalité ? Tout dépend de nous.
Le risque, si nous n’agissons pas, est de voir les inéga-lités continuer à se répandre parmi les citadins, avec encore plus de souffrances découlant de maladies et autres problèmes de santé, alors qu’elles étaient évitables. Le risque est de devoir redoubler d’efforts pour faire face aux conséquences des vagues de chaleur, de la pollution atmosphérique, des tempêtes, des inondations et des maladies infectieuses. Le risque est que certains pays n’atteignent pas les objectifs du Millénaire pour le développement, et n’exploitent donc pas tout leur potentiel économique et humain.
De l’autre côté, il y a la promesse de villes propices à une bonne santé pour tous. Riches et pauvres, jeunes et vieux, hommes et femmes, migrants et citoyens, tous seront en mesure de bénéficier du meilleur état de santé possible.
Cette promesse pourra devenir réalité à partir du moment où nous réorienterons nos approches tradi-tionnelles. Cela suppose de réassocier santé publique et urbanisme au sein d’un cadre de gouvernance urbaine à plusieurs niveaux. Le présent rapport montre quel rôle moteur les responsables municipaux et les autorités locales peuvent endosser pour combiner les talents et les pouvoirs de tous les secteurs. Une action réussie passe par la mobilisation des associations de citoyens et de tous les niveaux de gouvernement (local, provincial et national) dans des efforts conjugués et coordonnés de lutte contre les inégalités en santé en milieu urbain.
Pour lutter contre ces inégalités, il faut commencer par chercher à savoir quels habitants sont touchés par quels problèmes de santé, et pourquoi. En étudiant les informations disponibles par ce prisme, les villes comprendront mieux quels sont les problèmes, où ils se situent et comment y remédier de manière optimale. Des outils comme Urban HEART et UrbanInfo peuvent aider à rassembler les données factuelles à partir desquelles agir.
Une fois que la nature et l’ampleur des inégalités en santé seront comprises, il sera possible de prendre des mesures dans plusieurs domaines. Différentes options seront alors envisageables : améliorer l’environnement naturel et bâti, l’environnement social et économique, la sécurité alimentaire et la qualité des denrées alimentaires, ainsi que la gestion des services et des urgences sanitaires. Les priorités ne seront pas les mêmes d’une ville à l’autre, mais en tout état de cause, les interventions retenues devront être réalisa-bles, durables et fondées sur des données factuelles.
Nous nous trouvons de toute évidence à un point de basculement dans l’histoire, qui nous entraîne vers un monde de plus en plus urbanisé. Nous pouvons voir le risque aussi bien que la promesse se concrétiser, et tout dépend de nous. Il est de notre responsabilité collective de veiller à ce que les villes soient des lieux de vie propices à la santé de chacun, aujourd’hui et demain. Nous avons tous un rôle à jouer pour que cette aspiration devienne réalité.
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Un rôle à jouer pour chacun : qui i peut faire quoi ?
MINISTÈRES DE LA SANTÉ
S’informer davantage sur les déterminants de la santé et sur la manière dont les choix de politique publique influent sur la santé des citoyens.
Prendre les devants pour coopérer avec d’autres secteurs, dont le logement, le transport, l’industrie, l’eau et l’assainissement, l’éducation, l’environne-ment ainsi que les établissements financiers.
Donner l’exemple : faire des villes des lieux de vie plus sains et plus agréables.
Encourager l’utilisation des évaluations de l’impact sur la santé et l’environnement dans les plans et la politique d’urbanisme.
AUTORITÉS LOCALES
Favoriser la collaboration au sein des autorités locales par des forums et un dialogue entre les responsables de la santé publique et les urbanistes.
Instaurer des partenariats avec les organisations non gouvernementales et les associations de citoyens ; mettre en place un mécanisme permettant aux professionnels de la santé de participer aux réflexions sur l’urbanisme et les transports.
Introduire un système de partage de l’information sur la nature des inégalités en santé et sur les avancées dans la lutte contre ces inégalités entre les pouvoirs publics, la société civile et la population.
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SOCIÉTÉ CIVILE
Veiller à ce que les habitants participent pleinement à la définition des mesures et des programmes qui ont une incidence sur leur vie.
Associer les habitants des établissements informels aux processus formels en constituant des groupes, des associations et des fédérations. Petites ou grandes, les organisations constituées par les habitants pauvres des villes doivent s’unir pour comprendre les conditions sociales et économiques dans lesquelles ils vivent, trouver des solutions pratiques à ces problèmes, lutter contre la marginali-sation et obtenir l’accès aux biens et aux services auxquels ils ont droit.
Travailler avec les pouvoirs publics aux processus participatifs de planification et d’établissement des budgets de manière à allouer une plus grande proportion des budgets d’investissement municipaux aux priorités arrêtées par les quartiers et les groupes de citoyens.
CHERCHEURS Produire et systématiser des données permettant de remédier aux nombreuses lacunes de l’information, notamment sur :
Les avantages potentiels de l’urbanisation et de la croissance urbaine ;
Les inégalités en santé désagrégées par quartier ;
L’efficacité des méthodes se fondant sur l’anticipa-tion pour résoudre les problèmes des inégalités en santé en milieu urbain ;
L’importance d’associer tous les citoyens aux décisions qui influent sur leur habitat et leur santé.
i Cette attribution des rôles aux différentes parties prenantes n’a rien de prescriptif et ne saurait être exhaustive. Il existe plusieurs possibilités pour établir une telle énumération. Tout ce rapport défend l’idée d’une « approche englobant tous les pouvoirs publics » et toutes les parties prenantes susceptibles d’influer sur l’équité en santé en milieu urbain
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Intégrer les évaluations de l’impact sur la santé dans URBANISTES l’étude des autres solutions possibles pour l’urba-nisme et les politiques publiques. Utiliser la réglementation sur le zonage et l’occupa-tion des sols afin d’empêcher l’exposition des citadins aux émissions polluantes et aux dangers émanant des activités industrielles et commerciales, des déchets et AGENCES INTERNATIONALES des produits chimiques et des transports. Promouvoir et soutenir les mesures propices à un Élaborer et adopter des pratiques de construction environnement sain. protégeant la santé des usagers en veillant à la qualité de l’air intérieur, à la sécurité, au bruit, à l’eau, à l’as-Diffuser les enseignements tirés de l’expérience. sainissement et à la gestion des ordures ménagères, entre autres déterminants de la santé en milieu urbain.Défendre le droit des femmes, ainsi que les stratégies de lutte contre la pauvreté et de promotion de l’équité. Construire des villes compactes, où les citadins puissent facilement accéder aux espaces verts, auxEncourager les décideurs à produire et à utiliser transports en commun et aux pistes cyclables, ainsides informations sociodémographiques afin qu’aux services de santé, à l’éducation et autresd’optimiser les décisions engageant l’avenir des services élémentaires.zones urbaines.
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